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Le phénomène Macron
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PostPosted: Sat 10 Jun - 15:24 (2017)    Post subject: Le phénomène Macron Reply with quote

Qui est Ismaël Emelien, le très discret stratège de Macron ?





Ismaël Emelien, trente ans, est l'un des plus proches conseillers d'Emmanuel Macron.@ Capture d'écran du documentaire "Macron : les coulisses d'une victoire", de Yann L'Henoret.


Conseiller spécial à Bercy, il a été l'un des premiers à tenir la maison En Marche!. Ismaël Emelien, l'un des plus proches d'Emmanuel Macron, sera sans nul doute appelé à jouer un rôle à l'Élysée.
PORTRAIT
L'homme n'aime ni la lumière, ni les portraits. Même celui en dernière page de Libération, petite consécration du petit gratin parisien, a été décliné. Ce n'est pas comme ça qu'Ismaël Emelien voit son métier. Plutôt logique pour un conseiller de l'ombre, serait-on tenté de croire, mais il n'aurait pas été le premier à vouloir des éclipses de notoriété. Depuis 2014, le jeune homme -30 ans cette année- est l'un des plus proches d'Emmanuel Macron. À ses côtés à Bercy, il l'est toujours au sein d'En Marche!. Et devrait, naturellement, continuer de l'accompagner à l'Élysée.
Premiers pas rue de la Planche. Les deux hommes se sont rencontrés en 2009. Mais l'histoire de celui que tous ses collègues appellent "Isma" commence trois ans plus tôt. Le natif de Grenoble n'a alors que 19 ans et l'un de ses professeurs à Sciences Po, Dominique Strauss-Kahn, l'entraîne dans sa première aventure politique : la campagne de la primaire de 2006. DSK perd mais ces mois au QG du candidat, rue de la Planche, dans le 7e arrondissement de Paris, ne seront pas perdus pour autant. Ismaël Emelien apprend le métier. Surtout, il rencontre Gilles Finchelstein, strauss-kahnien, directeur général de la Fondation Jean Jaurès et chargé d'études chez Euro RSCG, la société de communication dirigées par Stéphane Fouks.
"C'est l'un des meilleurs". C'est ce dernier qui le cornaque les années suivantes au sein de la Fondation, mais aussi d'Euro RSCG, où il le fait embaucher. Ismaël Emelien se rôde à la veille des moindres mouvements d'opinion, à la communication de crise, à la stratégie politique. Un poste qui l'amènera, comme l'a révélé L'Express, à participer brièvement à la campagne de Nicolas Maduro, prétendant à la présidence du Venezuela à l'époque. Aujourd'hui, il est devenu "l'un des meilleurs" stratèges politiques de Paris, selon Laurent Bigorgne, ami proche d'Emmanuel Macron et directeur de l'Institut Montaigne dans Challenges. "Il a des fulgurances."
Duo à Bercy. Rien d'étonnant à ce que ces fulgurances tapent dans l'œil d'Emmanuel Macron lorsque les deux hommes se croisent, d'abord dans le cadre des activités de la Fondation Jean Jaurès puis, à partir de 2012, à l'Élysée. Ils sont de la même génération, celle qui n'a pas envie de végéter pendant des années avant de pouvoir se lancer à la conquête du pouvoir avec l'accord du Parti socialiste. Ils s'estiment, se font confiance. Lorsqu'en 2014, Emmanuel Macron quitte le secrétariat général de l'Élysée avec l'idée de monter une entreprise, Ismaël Emelien est partant. Finalement, à la faveur d'une cuvée du redressement qui tourne mal et d'un remaniement, le projet change mais le duo reste. Tout le monde part au troisième étage de Bercy, au ministère de l'Économie.
C'est l'un des meilleurs. Il a des fulgurances.


Roi du story-telling. Le Grenoblois se charge de la stratégie, de la communication et des discours de l'Amiénois. C'est lui, notamment, qui chapeaute toute la mise en scène autour de la présentation de la loi Macron au Parlement début 2015. À l'époque, Bercy met le paquet pour montrer que le père de ce texte si controversé attache de l'importance au dialogue avec les députés. Chaque jour d'examen à l'Assemblée, le ministère se fend de communiqués pour expliquer, un à un, les amendements votés, soulignant les discussions et les "enrichissements" apportés par les élus –joli terme pour désigner les compromis bâtis sur des désaccords profonds. Ce faisant, Ismaël Emelien construit patiemment tout un story-telling qui accompagne encore aujourd'hui le nouveau président de la République : celui d'un homme qui adore le débat d'idées et respecte les institutions parlementaires.
"Je propose, il décide, j'exécute". Œuvrant discrètement à Bercy, c'est tout aussi discrètement qu'Ismaël Emelien quitte le ministère, dès la fin avril 2016, pour rejoindre le mouvement En Marche!, créé deux semaines plus tôt à Amiens. Il y occupe les mêmes fonctions qu'au ministère, "en charge de la stratégie et de la communication". Après la démission d'Emmanuel Macron, les deux hommes retrouvent leurs habitudes. Dans le documentaire de Yann L'Henoret, "Macron : les coulisses d'une victoire", diffusé lundi soir sur TF1, le grand public a pu découvrir le visage du conseiller, lunettes à grosses montures et barbe de trois jours. On l'y voit, en doudounes sans manches claire, du genre taiseux, sortir de son silence pour dispenser quelques conseils –"Il faut que tu aies à chaque fois la caresse et la claque", dit-il à Emmanuel Macron. 
S'il n'aime pas parler de lui, il faudra donc que d'autres s'en chargent. Quentin Lafay, qui travaillait déjà à ses côtés à Bercy avant de se charger de la coordination des groupes de travail chez En Marche!, décrit un "garçon formidable". "Discret, bienveillant, c'est un formidable stratège qui apporte sans cesse des idées nouvelles", martèle-t-il. "Cette campagne lui doit beaucoup." Dans les colonnes de Libération, Ismaël Emelien, lui, résumait ainsi son rôle auprès d'Emmanuel Macron : "Entre nous, c'est simple. Je propose, il décide, j'exécute." "Formidable", et modeste avec ça.


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PostPosted: Mon 12 Jun - 14:10 (2017)    Post subject: Le phénomène Macron Reply with quote


La lettre de campagne
de Laurent Joffrin
Raminagrobis Macron
Il y a décidément un style «En Marche». Il fallait voir lundi soir les porte-parole macronistes réagir avec une retenue étudiée au tsunami qui va les porter en masse à l’Assemblée. Une manière impavide de dire «rien n’est joué» quand l’affaire est de toute évidence pliée, pas un mot plus haut que l’autre, un optimisme grave, une sorte de coolitude décidée, une main d’acier dans un gant de soie. Les leaders du nouveau parti dominant adoptent tous le comportement de ces héros de films d’action américain qui traversent les pires dangers avec une détermination décontractée, un sang-froid impavide mâtiné d’une touche d’humour. Steve Mac Queen dans les Sept mercenaires, zen sous les balles, ou Harrison Ford dans Indiana Jones qui se débarrasse d’un sabreur frénétique avec un sourire en coin. Tel Macron-John Wayne résistant avec un visage serein à la poignée de mains de Donald Trump-Liberty Valance. Ou encore comme ces médecins qui parlent doucement au chevet des malades, sur le thème «vous allez vous en sortir». Au chevet du pays, ils jouent eux aussi l’espoir tranquille, le professionnalisme sans esbroufe. Raminagrobis en politique.
Le style, c’est l’homme ? Les aphorismes sont souvent justes, la forme exprime aussi le fond. Longuement méditée, leur stratégie politique a produit des résultats supérieurs à leurs propres attentes. Dosé au trébuchet, leur programme se situe avec une précision obsessionnelle au lieu géométrique de la carte idéologique du pays, à l’intersection du centre droit et du centre gauche, avec un tropisme libéral assumé, destiné à gêner la droite, plus menaçante que la gauche dans cette élection. Quatre victoires dans quatre scrutins successifs (avec celui de dimanche prochain) ne tombent pas par hasard. Il est probable que cette positive-attitude, entreprenante, tolérante dans la forme et prudente dans le fond, a rencontré l’humeur du pays, fatigué des joutes agressives, des diatribes virulentes des extrêmes, des programmes sonores qu’on applique peu ou pas du tout.
«Nous ne cherchons pas à tirer parti des problèmes, nous cherchons des solutions». Tel est le mantra des nouveaux maîtres du pays, baignés pour moitié au moins dans le pragmatisme anglo-saxon de la culture d’entreprise. Il est possible qu’on assiste à une révolution tranquille qui verrait la France sortir peu à peu des affrontements amers, des trémolos stériles, du déclinisme déclinant des Cassandre à la Finkielkraut.
Tout dépendra bien sûr des résultats, qui sont le juge de paix du pragmatisme. Tout dépendra aussi des classes populaires, gagnées à la rhétorique «anti-système» et qui ont fourni les gros bataillons de l’abstention. Après tout, le macronisme est aussi le nouvel avatar des idées de la classe dirigeante, qui vient de réussir à tout changer pour que rien d’essentiel ne change. Sans une baisse significative du chômage, sans amélioration économique visible, tout cela passera comme un rêve. En attendant le verdict, il faut s’habituer au piétinement élégant des légions d’En Marche.
Et aussi
A Paris, au cœur du boboland, En Marche fait un carton. Mais dans les quartiers populaires de Lille c’est la même chose. Macron a réussi à fédérer autour de ses candidats les bobos et les prolos. Une mission qu’on pensait impossible. Encore une fois le sociologisme qui sert de viatique à tant de commentateurs est trompeur.
On souligne ici et là l’inconvénient grave qu’il y aurait à disposer à l’Assemblée d’une majorité écrasante. En Marche pourra compter, si les projections se confirment, sur environ 75% des députés. Victoire en stuc ? Pas tout à fait : plusieurs fois, sous la Ve, un seul courant a dominé de cette manière l’assemblée : en 1968 pour l’UDR, en 1981 pour la gauche, en 1993 pour la droite. A chaque fois ces majorités ont tenu plusieurs années, ni plus ni moins que les autres. L’idée séduisante d’un triomphe en trompe-l’œil ne résiste pas à l’examen.
Henri Guaino, sèchement battu à Paris, a remporté haut la main la palme du mauvais perdant. «L’électorat qui a voté aujourd’hui dans la 2e circonscription de Paris est, à mes yeux, à vomir. Vous m’entendez bien, à vomir, a-t-il lâché sur BFM. Les bobos d’un côté, qui sont dans l’entre-soi de leur égoïsme, et […] cette espèce de bourgeoisie traditionnelle de droite, celle qui va à la messe, qui amène ses enfants au catéchisme et qui après vote pour un type qui pendant trente ans s’est arrangé, a triché par tous les moyens», a-t-il poursuivi, visant Fillon, député sortant de la circonscription qui ne s’est pas représenté. Henri Guaino juge cette droite «un peu pétainiste, vous savez, tous ces gens qui ont voté à la primaire de la droite… » Question : s’il méprise à ce point les électeurs, pourquoi a-t-il sollicité leurs suffrages ?


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PostPosted: Wed 14 Jun - 13:16 (2017)    Post subject: Le phénomène Macron Reply with quote


La lettre de campagne
de Laurent Joffrin
Emmanuel Bonaparte
C’est le thème qui monte et pas seulement en France : la crainte des pleins pouvoirs. Le pont d’Arcole en moins, la razzia d’Emmanuel Macaron sur l’exécutif et bientôt sur le législatif évoque irrésistiblement celle du jeune général Bonaparte après le 18 Brumaire. Nul coup d’Etat cette fois-ci, bien sûr. Mais l’éjection radicale des députés sortants par la vague macronienne rappelle immanquablement la célèbre apostrophe de Murat à Saint-Cloud : «Foutez-moi tout ce monde-là dehors !» En plus courtois, naturellement mais avec le même résultat. Valeurs actuelles, qu’on a connu moins chatouilleux sur les libertés publiques, met les pieds dans le plat en portraiturant le président en Premier consul passant les Alpes sur son cheval blanc (en fait, c’était un âne…) avec ce titre sans ambiguïté : «Macron 1er, les dangers des pleins pouvoirs».
Au vrai, l’affaire a peut-être été lancée… Par le New York Times. Dans un éditorial cinglant, le quotidien new-yorkais fustige le projet d’inscription de l’état d’urgence dans la loi ordinaire, qui lui paraît contraire aux principes constitutionnels. Libération avait précédé le NYT en titrant «Contre l’état d’urgence permanent». Mais, selon Régis Debray, nous sommes déjà américains, ce qui donne un écho plus éclatant aux voix venues des Etats-Unis…
On se gardera de crier au loup : Mussolini ne perce pas forcément sous Macron, restons calmes. Mais tout de même : les projections parlementaires ramènent l’opposition de gauche à une tête d’épingle, ce qui ne suffira pas pour jouer les aiguillons. La droite survivra mais, divisée entre «constructifs» et droitiers impénitents, elle ne pèsera guère. De toute manière, pour paraphraser Audiard, une masse de novices en marche ira toujours plus loin que douze députés assis. D’autant que l’électorat conservateur, peut-être à suite des signaux d’alarme tirés par la presse sur le code du travail et l’état d’urgence, est passé avec armes et bagages chez Macron. A Neuilly et dans le XVIème, la bourgeoisie a déjà choisi : pour que rien ne change, il faut que tout change. Comme le coup de balai en cours épargne soigneusement les intérêts des possédants, il n’y a aucun risque pour Marie-Chantal à rallier la révolution centriste avec l’ardeur des convertis. Vive Macron, diantre !
 Une presse tenue en lisière
A cela s’ajoute une communication inspirée de celle d’Obama, qui avait domestiqué d’un large sourire la presse américaine. Macron verrouille son expression, elle-même réduite au minimum au nom de la rareté présidentielle. La presse est tenue en lisière et quand une source interne donne des infos aux journalistes, on agite aussitôt la menace d’un procès pour «vol de documents», comme vient de le faire la ministre du Travail. A ce train-là, nous atteindrons bientôt l’idéal de tous les régimes : une information sans journalistes.
Cette concentration des pouvoirs posera problème. Là encore, le parallèle napoléonien plane sur la nouvelle république. Il s’agit de réformer au pas de charge, sans trop s’embarrasser de ceux que Bonaparte appelait «les bavards», c’est-à-dire les députés, en visant sans cesse le centre de l’échiquier politique, ce qui désarme les oppositions. «Ni bonnet rouge, ni talon rouge», disait Napoléon (si sans-culotte, ni aristo). «Ni droite ni gauche», dit Macron. Un Consulat sans les roulements de tambour. On se reportera à l’un des aphorismes les plus signifiants du futur empereur : «Il faut imposer au peuple le gouvernement qu’il souhaite.» Le macronisme est un bonapartisme souriant.
Et aussi
Philippot bouc émissaire ? Marine Le Pen a joint sa voix à celle de Nicolas Bay pour critiquer le numéro deux du FN, coupable d’avoir précocement évoqué une «refondation» du parti et, surtout, d’en tenir avec acharnement pour la sortie de l’euro, qui aurait effrayé les électeurs. L’effroi en question a surtout été répandu par l’incompétence noire de la candidate FN au cours de son funeste débat contre Macaron. Mais de cela on parlera moins.
Myriam El Khomri veut «muscler la jambe gauche» du macronisme en actes. Louable intention. Encore faudrait-il qu’il y eût une jambe gauche. Pour l’instant En marche s’en remet surtout à son pied droit.
Premier couac gouvernemental, donc. Bayrou maintient sa position malgré le recadrage du Premier ministre. Il continuera, malgré qu’on en ait, à dire leur fait aux journalistes trop curieux. Le Béarnais n’aime guère les réprimandes, lui qui se voit en d’Artagnan du nouveau souverain, avec le même caractère ombrageux. Un d’Artagnan moins juvénile que dans les Trois Mousquetaires. Avec sa longévité, on pense plutôt un personnage de Vingt Ans Après.

Laurent Joffrin

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PostPosted: Tue 20 Jun - 13:23 (2017)    Post subject: Le phénomène Macron Reply with quote

La lettre de campagne
de Laurent Joffrin
Drastique éthique
Infortune de la vertu, prospérité du vice… Sylvie Goulard, ministre des Armées, ne souhaite pas faire partie du gouvernement que doit nommer Emmanuel Macron avant demain soir. Elle entend montrer sa bonne foi et assurer sa défense hors de l’équipe Philippe dans l’affaire des salariés du Modem qu’on soupçonne d’avoir été rémunérés par le Parlement européen.
Le cas est donc plus gênant qu’on pouvait le penser a priori. On sait qu’il y a deux sortes d’assistants dans ce Parlement, ceux qui œuvrent au sein de l’assemblée pour aider le député européen et ceux qui effectuent un travail politique dans sa circonscription. Le Modem pourrait plaider que cette disposition autorise ces assistants du deuxième type à effectuer un travail pour le parti. Mais si l’on ne trouve aucune trace d’une tâche quelconque effectuée dans la circonscription du député concerné, le problème devient nettement plus aigu. Les bulletins de salaire des assistants apportent un élément de suspicion, malgré les dénégations énergiques de François Bayrou. Il apparaît par exemple que la standardiste du Modem a été rémunérée en partie par l’argent européen. Ce qui sort probablement du cadre régulier. Police et justice doivent faire la lumière sur ces cas litigieux.
Les intéressés pourraient rétorquer que rien n’est encore établi et qu’ils ne sont pas mis en examen. Mais ils sont les premiers à réclamer la moralisation de la vie publique. Le retrait de Sylvie Goulard est la conséquence directe de cet assaut de vertu proclamée, tout comme la sortie du gouvernement de Richard Ferrand, soumis à une enquête préliminaire dans l’affaire de Brest. Goulard et Ferrand pourraient être les premiers d’une série plus longue : plusieurs responsables du Modem, François Bayrou en tête, sont mis en cause.
L’affaire est gênante pour Emmanuel Macron, qui risque de perdre dans cette affaire le concours de ses alliés principaux (à moins que cela, finalement, ne l’arrange). Mais elle peut aussi se retourner en sa faveur : on le créditera de la cohérence au moment où son gouvernement présente une loi qui doit «restaurer la confiance» dans la classe politique. Pour une fois, ceux qui prêchent pour l’éthique en tirent toutes les conséquences.
Prospérité du vice : ces mises à l’écart (deux pour l’instant) tranchent avec le comportement du FN dans une affaire similaire dont la réalité, elle, a été prouvée. Plusieurs assistants du parti frontiste, voués en principe à un travail au sein du Parlement européen, n’y mettaient jamais les pieds, consacrant tout leur temps au travail politique pour le FN. Le Parlement a exigé le remboursement des sommes concernées. Non seulement le FN s’abstient d’en tirer la moindre conséquence mais Marine Le Pen a même refusé de se rendre à la convocation des enquêteurs.
Les contempteurs du «système», donc, en profitent largement et opposent aux investigations judiciaires un déni arrogant. Alors que les supposés membres du même système se comportent avec plus de rigueur quand ils sont mis en cause. Sans doute suffit-il de se proclamer du côté du peuple contre les élites pour s’affranchir des règles minimales qui s’appliquent aux dites élites. Eternelle tromperie du populisme.
Et aussi
• La croissance est «solide», annonce l’Insee. La plupart des clignotants de la conjoncture, c’est un fait, passent au vert. La reprise se confirme, à un rythme modéré mais en légère accélération (1,6% prévu cette année). Le chômage devrait poursuivre sa lente décrue. Ainsi «l’inversion de la courbe» promise par Hollande finit par se produire - mais un peu tard. Objet de l’ire des socialistes battus, le président sortant a tiré les marrons du feu. C’est Macron qui les mange.
Il n’est «pas impossible» que de nouveaux membres de LR entrent au gouvernement. Le centrisme du gouvernement, décidément, se place à la périphérie de la droite, plus que de la gauche.
• Merkel macronisée ? La chancelière est en tout cas d’accord pour «discuter» des propositions françaises sur la zone euro : un ministre des Finances commun, un budget européen. Bonnes paroles ou réelle volonté ?


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PostPosted: Thu 22 Jun - 16:55 (2017)    Post subject: Le phénomène Macron Reply with quote

La lettre de campagne
de Laurent Joffrin
Macron et les sept nains
Face au gouvernement Philippe II, ce pack de macroniens, de macronistes et de macronophiles, y aura-t-il une opposition ? Oui. Beaucoup d’oppositions : sept. Telles les paramécies, les partis politiques français se reproduisent désormais par scissiparité. Ils se coupent en deux ou en trois et continuent leur vie comme des organismes autonomes, à chaque fois plus petits.
Entre les pour et les contre Macron, cinquante nuances de bleu, de rose ou de rouge s’épanouissent : opposition frontale, opposition nuancée, opposition constructive, coopération distante, coopération franche, alliance énamourée. Entre ces diverses postures, les courants se scindent en autant de sous-groupes. On en compte sept, désormais, à l’Assemblée. La vie politique française prend ainsi l’allure d’un conte de Grimm : Macron et les sept nains.
De gauche à droite, chacun prend son rôle : la France insoumise, atrabilaire à souhait, sera Grincheux. Le PCF miraculé et discret est Timide. Le PS qui doit reprendre sa pédagogie à zéro est Prof. Le Modem qui n’en revient pas d’avoir plus de trente députés est Joyeux. Les «constructifs», qui laisseront le gouvernement en paix, se reconnaissent dans Dormeur. Et le groupe LR maintenu qui vient de reconduire à sa tête Christian Jacob, dont les capacités intellectuelles sont parfois mises en doute, est Simplet. Reste le septième nain, Atchoum, pour le Front national, ce qui ne veut pas dire grand-chose. On verra plutôt dans Marine Le Pen la méchante reine qui veut tuer le Prince Charmant de l’Elysée et sa Blanche-Neige.
La métaphore s’arrête là. Il ne manquera pas d’orateurs fiévreux, de procureurs pointilleux, de contempteurs compétents pour animer le débat parlementaire. La démocratie n’est pas en péril. Mais l’univers politique est radicalement neuf, avec une grosse étoile centrale qui attire les planètes voisines au risque de les faire fondre, et laisse les autres en orbite lointaine, minuscules dans le froid sidéral. Pour reconstituer une opposition digne de ce nom, il faudra de nombreuses étapes. En Marche d’un côté, la longue marche pour les autres.
Et aussi
François de Rugy, écolo d’expérience, se verrait bien au perchoir. Il a toutes les qualités requises sauf une : il n’est pas une femme. Quoique omnipotent, Emmanuel Macron n’y peut pas grand-chose. Beau joueur, Rugy en a convenu volontiers. Dans une assemblée féminisée, l’élection d’une présidente et non d’un président serait logique. Ecce homo, ou ecce mulier ?
En pleine cohérence le Front national dénonce les affaires qui troublent la majorité mais Louis Aliot refuse de se rendre à la convocation des policiers qui enquêtent sur les assistants parlementaires du FN. Vérité en deçà de Montretout, erreur au-delà.
Bonne interview de Macron dans le Figaro, avec le rappel utile de ce qui unit les Européens : «L’Europe est le seul endroit où les libertés individuelles, l’esprit de démocratie et la justice sociale se sont mariés à ce point.» Il y a certes des progrès à faire dans ces trois domaines. Mais il est juste de dire qu’en comparaison des autres régions du monde, l’Union a réussi quelque chose. L’obsessionnelle propagande des souverainistes et des populistes avait fini par le faire oublier.


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PostPosted: Mon 26 Jun - 13:12 (2017)    Post subject: Le phénomène Macron Reply with quote


La lettre de campagne
de Laurent Joffrin
Le roi en son Parlement
Décidément, dans ce vieux pays républicain, le monarchisme paie… En jouant à fond des mécanismes gaulliens de la Ve République, cette monarchie élective, Emmanuel Macron ne cesse de renforcer sa position. Il compose un gouvernement où les experts sans autonomie politique dominent et où ses alliés du Modem n’ont plus de poids lourd reconnu. Il fait élire à l’unanimité et à main levée son ami et soutien de la première heure Richard Ferrand comme président du groupe En Marche à l’Assemblée, malgré l’affaire brestoise un peu douteuse dans laquelle il se débat. Carvounas, député socialiste qualifie la procédure de «soviétique». Le président organise sa communication de manière impérieuse, imposant aux médias une parole rare et soigneusement calibrée. Il met en scène avec un art consommé son intronisation internationale, contrôlant avec minutie la mise en scène de ses apparitions. Voilà maintenant qu’il envisage - c’était une proposition de campagne – de se produire en gloire devant les deux chambres réunies en Congrès au château de Versailles, à la manière du président américain dispensant chaque année son «discours sur l’état de l’Union». Ou bien, compte tenu du lieu, à l’instar des monarques de l’ancien temps prononçant devant les Parlements un «lit de justice», parfois appelé «séance du roi en son Parlement», pour annoncer au royaume des décisions importantes.
Curieusement, cette conception du pouvoir, verticale, unifiée, hiératique et solennelle, semble plaire à cette nation si souvent frondeuse. En s’emparant de tous les leviers à sa disposition – tous légaux et constitutionnels, il faut le préciser, point de dictature là-dedans - le président rassure de toute évidence le pays. On peut même avancer l’idée que le petit monde médiatique, si prompt à critiquer les puissants, ratifie de facto ce retour aux fondements de la Ve. Sarkozy et Hollande avaient éprouvé dès leur élection l’humeur batailleuse de la presse, l’un par excès de désinvolture communicante, l’autre par excès de normalité.
A l’inverse, les premiers couacs du nouveau pouvoir, spectaculaires à souhait, n’entament guère sa popularité. Quatre ministres doivent démissionner à cause des affaires, record de France à ce stade du quinquennat ; le président prône l’accueil des réfugiés mais son ministre de l’Intérieur défend à Calais une position rigoureusement inverse ; le ministre de l’Agriculture annonce qu’un pesticide hautement contesté aura droit de cité mais le ministre chargé des questions écologiques, approuvé par le Premier ministre, le contredit directement : ces couacs retentissants glissent sur l’image gouvernementale comme sur les plumes d’un canard.
En d’autres temps, on aurait aussitôt crié à la cacophonie. Il y a cette fois une forme d’immunité macronienne. Les partisans d’une démocratie parlementaire et participative devront réfléchir à ce paradoxe : tout le monde demande un gouvernement de plus en plus ouvert et représentatif ; mais les mêmes jugent le pouvoir non sur ses méthodes plus ou moins démocratiques mais sur ses résultats. Hypothèse : ouvrant une nouvelle phase de la vie politique, l’opinion souhaite au fond d’elle-même que le nouveau pouvoir réussisse. Dans ces conditions, aux yeux de beaucoup de Français, le redressement qu’on espère vaut bien une messe versaillaise. Inquiétant pour l’opposition…
Et aussi
Quelques perfidies entre camarades : alors que François Ruffin, député d’Amiens, a annoncé qu’il se rémunérerait «au smic» et qu’il donnerait à «des œuvres» le reliquat de son salaire de parlementaire, Alexis Corbière, porte-parole de la France insoumise, qui a soutenu Ruffin lors de l’élection, précise sans avoir l’air d’y toucher que le néo-smicard «dispose d’autres sources de revenus». Discrète vacherie qui relativise le sacrifice du député d’Amiens. Corbière a raison sur un point : l’idée de payer les députés au smic est absurde. Si l’indemnité des parlementaires est confortable, c’est pour les affranchir de la tentation de monnayer leur influence, vieille idée républicaine. Cela ne marche pas toujours. Mais si les députés et les sénateurs étaient ramenés au salaire minimum, la nature humaine étant ce qu’elle est, ils chercheraient, pour une partie d’entre eux, à s’assurer quelques rémunérations complémentaires, plus ou moins discrètes. On doit aussi craindre que seuls ceux qui peuvent compléter ce revenu austère se présentent. A vouloir démocratiser l’Assemblée en imposant un revenu très bas aux députés, on obtiendrait probablement l’effet inverse en sélectionnant de facto les candidats les plus prospères. Corbière ne le dit pas mais le pense manifestement : le geste de Ruffin est démagogique.
Benoît Hamon lance samedi prochain sa boutique personnelle de «refondation» de la gauche. Il souhaite un «mouvement ouvert» qui «dépasse les partis». Louable intention. Il lui faudra surtout dépasser le score de 6% obtenu lors de la présidentielle…


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PostPosted: Wed 28 Jun - 11:21 (2017)    Post subject: Le phénomène Macron Reply with quote

La lettre de campagne
de Laurent Joffrin
Valls mélancolique
Valls quitte le PS. Logique… Celui qui a inventé la théorie des deux gauches irréconciliables pouvait difficilement se réconcilier avec un PS passé dans l’opposition, alors même que les idées d’En Marche sont tout autant celles de Valls. C’est affaire de conviction, chose respectable. Valls ne croit plus au socialisme, ni comme idée, ni comme pratique : il rompt, infidèle à ses camarades et à son passé, mais fidèle à lui-même.
Il y a un peu plus de deux ans, c’est lui qui a rattrapé Macron, reparti vers le privé, pour en faire un ministre de l’Economie qui devait être son allié. La politique est ironique. Macron devenu maître de l’heure, et peut-être de la décennie, Valls doit se glisser en bout de table au banquet des marcheurs, seigneur déchu qui doit se contenter de la place du pauvre. Il quitte le parti de Jaurès pour celui d’un Lecanuet enfant, ou d’un Clemenceau assagi. Drôle de parcours.
Les erreurs d’analyse ont joué leur rôle. Il y a deux ans, Valls était persuadé qu’il fallait courir après les électeurs passés à droite, raisonnement autant sondagier que cohérent avec son tropisme idéologique. Las ! S’il est vrai que nombre d’électeurs étaient tentés par le réformisme pragmatique que Macron allait incarner avec éclat, il est dangereux en politique de faire litière de ses soutiens naturels. A force de trouver ses camarades trop à gauche, il s’est lui-même rejeté vers la droite. Premier ministre socialiste, Valls a heurté les socialistes, imposant à Hollande la déchéance de nationalité, erreur à la fois symbolique et grave, qui a mécontenté une base attachée aux valeurs d’ouverture. Puis il a insisté lourdement pour promouvoir la loi travail de Myriam El Khomri, qui allait fournir à la gauche de la gauche un thème en or, même si les dispositions finalement choisies étaient moins nuisibles que ce qu’en disaient les tracts vengeurs des Insoumis. Mitterrand sur ce point reste incontournable : avant de partir à la conquête des sceptiques, il faut consolider sa base. Valls a déconcerté sa base. Il croyait mordre sur la droite ; il a mordu sa gauche.
Il a oublié, en fait, les leçons de son maître Rocard. Réformiste, réaliste en économie, Michel Rocard n’oubliait jamais que le socialisme était aussi un rêve, celui d’une société réconciliée, nourrie des mille initiatives des citoyens, égalitaire mais libertaire, libertaire mais égalitaire. Certes le réalisme est un impératif catégorique - «les faits sont têtus», disait Lénine, comme Valls à son échelle. Mais sans l’idée d’un monde différent, qui tienne les promesses de l’égalité, ce réalisme-là tourne à vide ou bien rejoint le prosaïque pragmatisme des conservateurs.
Voilà un grand talent gâché. Bon orateur, homme d’action, sachant parler mais aussi décider, Valls se voyait en Clemenceau de la gauche nouvelle, patriote, laïque et progressiste, dont les avertissements sont salutaires. Il est ramené au sort d’un supplétif du macronisme. Dommage.
Et aussi
Raffarin quitte la politique et lance une ONG dédiée à la paix dans le monde. Œuvre pie s’il en est. Faute de ramener l’harmonie dans son camp, l’ancien Premier ministre de Chirac, homme de compromis, veut apaiser les conflits entre les peuples. Ce n’est pas forcément plus ardu.
François de Rugy, député écologiste très centriste, sera le prochain président de l’Assemblée. Deux femmes s’étaient présentées pour occuper le perchoir. Elles sont recalées. La qualité de l’impétrant, ambitieux et habile, a eu raison de la nouveauté, qui eût illustré la cause féministe en politique. On préfère un homme connu à des femmes inconnues. La longue marche de l’égalité des genres continue…
Les «constructifs» de la droite choisissent deux coprésidents de groupe, Frank Riester (LR) et Stéphane Demilly (UDI), peu connus du public. Le PCF désigne André Chassaigne, vieux routier du Parti et de l’Assemblée. Somme toute, le communisme est aussi un traditionalisme.


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La lettre de campagne
de Laurent Joffrin
Moralisation et poujadisme
François de Rugy, nouveau président de l’Assemblée, veut réformer les règles qui organisent la vie parlementaire et le travail des élus. Fort bien : il y a beaucoup à faire dans ce domaine et l’image des élus s’est tellement dégradée avec le temps et les affaires qu’ils ne peuvent rester inertes. Rationalisation, moralisation, rabotage des privilèges accordés aux parlementaires, tout cela est bel et bon.
On doit néanmoins confesser un malaise : cette mise en question systématique de la représentation nationale finit par exhaler des relents inquiétants. Ce matin sur France Inter, de Rugy répondait aux auditeurs sur ce sujet. A écouter les interventions, on finissait par penser que le citoyen questionneur considérait les députés comme un vaste club de ripoux arrogants qu’il fallait impitoyablement traquer. Personne ne conteste qu’il y ait parmi eux des moutons noirs, indolents, absents ou douteusement rémunérés ailleurs. Faut-il demander pour autant l’abattage du troupeau ?
Rappelons quelques vérités : si les députés bénéficient d’une immunité judiciaire – partielle – que seul un vote peut lever, c’est pour éviter que l’exécutif, comme cela se voyait en d’autres temps, puisse faire pression sur eux par des moyens obliques et policiers. On dira que ce sont des pratiques d’un autre âge. Certes. Mais qui peut jurer qu’un ministre de l’Intérieur manœuvrier et quelque peu cynique n’usera jamais contre un adversaire de l’autorité qu’il exerce sur ses policiers, par exemple pour favoriser l’ouverture d’une enquête préliminaire dont le déclenchement public embarrassera grandement l’intéressé, qu’il soit ou non coupable ?
Depuis vingt ans, les mécanismes de contrôle ont été régulièrement renforcés, rendant les abus de plus en plus risqués. Un seul exemple : la création d’une «Haute autorité de la transparence» consécutive à l’affaire Cahuzac et les déclarations de patrimoine devenues obligatoires sont à l’origine de deux affaires spectaculaires qui ont brutalement perturbé la carrière des intéressés : l’affaire Thévenoud et l’affaire Fillon. Contrairement à l’idée souvent reçue, la moralisation ne cesse de progresser.
Il n’est pas illogique en démocratie de fournir aux élus les moyens de travailler correctement et de disposer d’un revenu comparable à celui d’un cadre supérieur. C’est le cas dans la plupart des démocraties (voir le statut des sénateurs américains…). Il s’agit à la fois de favoriser la qualité du travail législatif et – par réalisme – de limiter les tentations de corruption, qui augmenteraient beaucoup si le revenu des parlementaires était fixé trop bas.
Cela n’invalide en rien la nécessité de clarifier et de renforcer les règles appliquées aux élus. Mais l’état d’esprit sommairement inquisiteur qu’on sent poindre dans le débat public – et qui épargne si souvent le secteur privé - porte un nom dans la politique française : le poujadisme.
Et aussi
Front syndical ? La CGT récuse en bloc le processus de discussion lancé autour des ordonnances sur le Code du travail et annonce une journée de grève en septembre. La CFDT exige une réunion «multilatérale» avant de fixer sa position. FO estime que les consultations en cours «vont dans le bon sens». Les syndicats aussi divisés que les partis ?
Le décret autorisant les communes et les établissements à revenir à la semaine de quatre jours pour les écoliers est paru. Ainsi il apparaît que les enfants ne sont pas du tout les mêmes selon leur situation géographique. Selon qu’ils habitent un département ou un autre, une commune ou une autre, ils n’ont donc pas besoin du même rythme scolaire. Etrange, non ?
Le Figaro déterre la hache de guerre du «mariage pour tous». Dans un éditorial angoissé, il conjure le président de ne pas suivre l’avis du comité d’éthique, qui vient de se prononcer en faveur de l’extension de la PMA aux couples homosexuels et aux femmes seules. Il évoque un enjeu «anthropologique», et oppose le droit de l’enfant à celui des parents. Bizarrement, toutefois, il ne demande pas l’abrogation de la PMA pour les couples hétérosexuels stériles, qui existe depuis des lustres et met aussi en jeu le «droit de l’enfant» tel que le conçoit le journal. C’est donc bien son extension aux homosexuels qui heurte le Figaro et non son existence en soi. Droit de l’enfant ou discrimination ?


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PostPosted: Thu 29 Jun - 13:53 (2017)    Post subject: Le phénomène Macron Reply with quote

La lettre de campagne
de Laurent Joffrin
Zeus va parler
Jupiter à Versailles… Le choc des symboles aura lieu lundi, quand Emmanuel Macron s’adressera aux deux chambres réunies en Congrès au château bâti par Louis XIV. A vrai dire la comparaison avec le Roi Soleil ne colle guère. Point de cour innombrable, de guerres incessantes, de perruques frisées ou de révocation de l’Edit de Nantes, ni de pouvoir absolu. En revanche Jupiter-Zeus est plus ressemblant. D’abord parce que l’intéressé a dit lui-même qu’il fallait à la France un pouvoir «jupitérien», que le QG situé à l’Elysée s’appelle… Jupiter et qu’on peut y manier la foudre. Enfin et surtout parce que les premiers pas de la présidence Macron semblent inspirés tout droit des mœurs de l’Olympe. Du haut du sommet de l’Etat, le jeune Dieu des dieux voit tout, peut tout et décide de tout. Il délègue ses enfants dans le monde visible, Edouard Philippe devant remplir la mission d’Héraklès et ses douze travaux, Ferrand jouant le rôle de Persée, Castor et Pollux remplacés par Castaner et Griveaux. Il s’exprime rarement et toujours de manière hiératique, verticale, lapidaire, déniant aux pauvres mortels de la presse le droit de s’adresser directement à lui, apparaissant furtivement dans l’univers terrestre sous des avatars divers, non pas taureau, satyre ou cygne, mais pharaon au pied de la pyramide, colonel en jeep, start-upper, tennisman ou standardiste à l’Elysée.
Une de ses nymphes communicantes a donné la clé de ce laconisme : la pensée de Zeus est «trop complexe», a-t-elle dit, pour se prêter au dialogue avec des journalistes. Seuls les autres dieux en ont la primeur, et on espère qu’elle est malgré tout plus claire que les oracles de la Pythie. On en saura plus lundi quand Jupiter tonnant descendra de l’Olympe pour délivrer son message aux myrmidons d’En marche et aux hoplites des autres partis. Macron-Zeus n’a pas épousé sa sœur Héra mais Brigitte, déesse plus avenante et moins comploteuse, qu’il aima toutefois, tel Zeus amoureux, dès le plus jeune âge, à l’insu de ses parents. Son père Hollande, à la différence de Cronos ne dévorait pas ses enfants (ce qui aurait pourtant été une précaution utile), mais Zeus-Macron l’a bien renversé par la ruse, comme il fit de Cronos, dieu du temps dont il hérite en se proclamant «maître des horloges». Zeus est donc bien installé par-delà les nuages, invisible la plupart du temps aux mortels sauf pour de courtes apparitions. Avec cette menace qui place sur la tête de tous les présidents, seraient-ils les plus les plus divins : dans la mythologie, l’Elysée, quoique calme et verdoyant, est une région de l’enfer…
Et aussi
Thierry Solère fracture un peu plus la droite. Son élection au poste de troisième questeur de l’Assemblée, traditionnellement dévolu à l’opposition, a suscité l’ire bruyante de la droite LR maintenue. «Constructif», Solère est tenu ses anciens amis pour un auxiliaire de la majorité. Ou un opposant de sa majesté.
Un sondage Kantar-Sofres-Onepoint donne toujours 54% d’opinions favorables à Emmanuel Macron. Etat de grâce ? Pas tout à fait. D’abord parce que les résultats sont contrastés selon les origines sociales des personnes interrogées : 74% d’approbation dans les classes aisées, mais seulement 44% dans les classes populaires. Et surtout, au même stade de son quinquennat, François Hollande bénéficiait d’une cote légèrement supérieure. On connaît la suite.


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PostPosted: Mon 3 Jul - 14:20 (2017)    Post subject: Le phénomène Macron Reply with quote

La lettre de campagne
de Laurent Joffrin
L'insoumission potache
Rebelles estampillés, les députés de la France insoumise ne seront pas à Versailles pour écouter le président, pas plus que le groupe du PCF et quelques UDI réfractaires. Les communistes ont convoqué une manifestation rue des Etats- Généraux à Versailles, sans doute pour représenter le Tiers-Etat courroucé par le monarque élyséen. Pourquoi pas ? Ce boycottage présente l’avantage tactique d’incarner une opposition frontale qui sera la ligne de conduite de la gauche de la gauche pendant le quinquennat. Cette manifestation ira-t-elle jusqu’au château pour ramener à Paris «le boulanger, la boulangère et le petit mitron» ? Sans doute non, puisque le boulanger en question rentrera de lui-même à l’Elysée dès son discours achevé.
On remarquera surtout que cette absence relève plus du contresens historique que de l’action d’éclat. C’est en changeant les Etats Généraux divisés par ordre en une seule assemblée et en opposant ses orateurs aux porte-parole du monarque qu’est né le Parlement actuel. Les partisans de la réforme du royaume, bientôt ceux de la Révolution, ont fait l’Histoire et investissant pour les subvertir les anciens Etats Généraux, et non en s’en retirant. Tout cela s’est passé à Versailles. Le refus de paraître prive l’Assemblée de deux opposants de marque, Mélenchon et Chassaigne, dont l’intervention aurait pu rehausser d’un beau morceau d’éloquence parlementaire la séance du Congrès. On ne s’est pas privé, dans Libération de moquer les solennités calculées de «Manupiter», président qui se situe délibérément sur l’Olympe national pour assurer son autorité. Mais justement : dans une démocratie, même présidentielle, c’est le Parlement qui incarne l’autre pilier de la légitimité républicaine. En s’exprimant devant lui, le président fait un coup de com, certes. Mais il rend aussi hommage, implicitement, au rôle de l’Assemblée, tel qu’il a été conçu par les pères fondateurs, par un discours long et construit qui appelle une réaction, ou une réfutation, elle aussi argumentée. C’est la logique du débat public en régime représentatif. Quitter la place, c’est mettre en cause le principe même de cette délibération collective au profit d’une expression purement médiatique. Pas très malin…
Un peu ridicule aussi, ce refus d’accepter les codes vestimentaires jusque-là en vigueur. «Nous sommes les nouveaux sans-culottes, pas question de porter une cravate», disent ces révolutionnaires du col ouvert. Sauf que la culotte aux temps révolutionnaires désignait l’aristocratie et le pantalon le peuple révolté. Rien de tel avec la cravate, portée pendant des lustres par toute la classe moyenne et une grande partie des classes populaires – qui forment le Tiers-Etat - et abandonnée en premier lieu chez les bobos et dans le monde des grandes entreprises, d’abord au nom du «friday wear», puis par la contagion de la décontraction californienne. Quand François Ruffin, porte-parole du peuple, arbore une chemisette blanche à manches courtes, il ressemble plus à un trader de salles de marché qu’à un ouvrier amiénois. Nous ne sommes pas loin du «fashion faux pas».
L’insoumission potache permet de faire parler de soi. Coup de com contre coup de com, donc. Dans cette veine, on peut faire mieux : venir en séance avec des chapeaux pointus et des langues de belle-mère ou placer un coussin péteur sous le séant du président de l’Assemblée. Tant qu’à s’afficher dans la radicalité, autant aller jusqu’au bout…
Et aussi
La manière «jupitérienne» d’Emmanuel Macron n’est pas seulement le fruit d’une inclination personnelle. Un sondage analysé par pascal Perrineau, professeur de sciences politiques et responsable du programme Viepol, montre que pour 86% des personnes interrogées, la France «a besoin d’un vrai chef pour remettre de l’ordre», et 84 % que «l’autorité est une valeur qui est trop souvent critiquée». Ils sont certes 67% à juger que le système démocratique est le meilleur possible, mais ceux qui pensent le contraire sont de plus en plus nombreux et pas seulement parmi les électeurs des partis extrêmes. Macron ne répond pas seulement à un caprice personnel mais à une attente.
Benoît Hamon quitte le PS et lance sa petite boutique, avec un succès d’affluence mesuré. Mauvaise nouvelle pour le vieux parti : Hamon avait renouvelé avec une certaine réussite, en début de campagne tout du moins, le corpus idéologique des socialistes. Mais sa campagne – ratée - n’en avait pas bénéficié. Les frondeurs ont pratiquement tout perdu, avec 6% des voix à la présidentielle et un seul député à la nouvelle assemblée, Régis Juanico. Ils tentent de survivre hors du parti. Hamon affirme qu’il prend pour exemple «le processus d’Epinay». Curieuse référence : le congrès d’Epinay avait permis l’unification de plusieurs courants sous la houlette de Mitterrand, alors que les frondeurs se séparent de «la vieille maison». Hamon a peut-être voulu parler d’un Epinay à l’envers.


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PostPosted: Mon 3 Jul - 15:38 (2017)    Post subject: Le phénomène Macron Reply with quote

Quels sont les livres sur le portrait officiel du président Emmanuel Macron ?

  
Le président Jupiterrien s'est fait tirer le portrait : Emmmanuel Macron a dévoilé le portrait officiel, qui sera bientôt affiché dans tous les lieux de l'administration française. Quand les présidents avaient pris l'habitude de poser devant une bibliothèque, Macron choisit, lui, une fenêtre ouverte vers l'extérieur, et deux iPhone posés sur le bureau pour la modernité. Mais aussi trois livres, visibles en arrière-plan...
    

  
    

En attendant de revoir le Code du Travail, Macron s'est penché sur des classiques, qu'il a voulu exhiber fièrement derrière lui. Ce sont donc trois livres que l'on retrouve, dont un, ouvert : il s'agit des Mémoires du Général de Gaulle. La grande prêtresse de la communication du président, Sibeth Ndiaye, un peu égratignée par les médias pour sa volonté de tout contrôler, a diffusé une vidéo de Macron choisissant très sérieusement la page du livre...  
   
twitter-tweet wrote:
#AvecLePrésident pour son portrait officiel. @soazigdlm pic.twitter.com/TSFXhEWLEy
— Sibeth Ndiaye (@SibNdiaye) 29 juin 2017



 
  
Pour les deux autres, empilés devant l'horloge à la gauche du président Macron, il s'agit d'un exemplaire du livre d'André Gide, Les Nourritures terrestres, et du fameux roman de Stendhal, Le Rouge et le Noir. Si la filiation dans une certaine tradition de la littérature française — et de la manière dont elle décrit le pouvoir — est évidente, on repassera pour la modernité.  
   
Quant à De Gaulle, qui reste décidément la référence de la politique française, rupture ou non, son image a quelque chose d'écrasant pour le jeune président : certes, il est le Général de la Seconde Guerre mondiale, auréolé de gloire, mais aussi celui de la Guerre d'Algérie et de mai 68, beaucoup moins avenant...  
   
Cela dit, sur un plan littéraire, notons que les Mémoires de De Gaulle sont les écrits d'un politique entré dans La Pléiade de Gallimard, ce qui n'est pas donné à tout le monde...
  
   

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PostPosted: Mon 3 Jul - 15:50 (2017)    Post subject: Le phénomène Macron Reply with quote

Big Macron is watching you !
polemia.com/big-macron-is-watching-you/



Michel Geoffroy, essayiste
♦ « Une image vaut mieux que dix mille mots » dit un proverbe oriental. Le portrait officiel du président de la République, Emmanuel Macron, confirme l’adage.
Que voit-on en effet sur ce portrait ? Emmanuel Macron en grand et en plein milieu de l’image. Difficile de ne pas le voir : il occupe tout l’espace en buste et de face !
Fini de rire
Et il nous regarde droit dans les yeux avec un petit sourire, en serrant un peu les mâchoires. Emmanuel Macron, à l’évidence, est content de lui : le voilà président de la République.
Mais son sourire semble déjà contraint. Finis les grands sourires médiatiques et séducteurs de la campagne électorale, en effet ! Dotée d’une totale majorité légale, Emmanuel Macron n’est plus à l’heure de la séduction mais à celle du pouvoir…
Emmanuel Macron se tient d’ailleurs devant un bureau, bien appuyé sur ses mains aux deux alliances. On pourrait même dire qu’il s’y cramponne, à ce bureau. Comme pour signifier à ceux qui n’auraient pas encore compris –notamment les abstentionnistes – qu’il n’entend pas lâcher le pouvoir de sitôt.
Le surveillant général
Le président nous regarde un peu comme un surveillant général qui reçoit un élève turbulent pour le sermonner. A l’évidence, le président entend mâter ces cochons de Français, comme dirait Frau Merkel, si rétifs à l’immigration, à la flexibilité et à la mondialisation.
Le cadrage de la photo renforce l’impression carcérale : derrière le président il y a bien une fenêtre ouverte avec un bout de ciel nuageux, mais son buste nous cache complètement la perspective. Le président nous bouche la vue : pour accéder à l’air libre, il faudra attendre qu’il parte, manifestement. Le premier ministre va devoir s’y résigner.
La cime des arbres que l’on devine lui dresse, en outre, par contraste, des sortes de cornes ou d’ailes verdâtres qui donnent un curieux air sardonique au personnage. Et, flanqué à sa gauche du drapeau européen, à sa droite du drapeau français – vague réminiscence de la fonction – qui encadrent l’image, la perspective se trouve fermée latéralement cette fois.
A l’évidence on ne va pas rigoler tous les jours en Macronie !
Une impression de malaise
A vrai dire il est difficile de regarder longtemps ce portrait officiel sans ressentir une impression de malaise ou d’étouffement. Il y a comme quelque chose qui sonne faux.
D’abord, la pause se veut sans doute détendue, comme si le président recevait des copains ou des collaborateurs. Mais, agrippé au rebord de son bureau, il ne donne plus le sentiment d’être En Marche, comme pendant la campagne électorale : mais, au contraire, d’être installé et de nous boucher toute perspective. Fallait-il donc comprendre que la marche ne visait que l’accès au pouvoir personnel d’Emmanuel Macron ?
Ensuite, sa tenue civile, qui pourrait être celle de n’importe quel grand patron décoré, détonne un peu dans ce décor que l’on a voulu respectueux des traditions officielles : table et encrier de style, livre ancien ouvert, vieille pendule, dorures aux fenêtres. Il doit donc s’agir sans doute des symboles de cette culture française qui, comme à Versailles, n’existe pas (*). Mais alors pourquoi les avoir repris ?
Et pourquoi avoir mis un smartphone bien en évidence ? Sans doute pour montrer aux demeurés que nous sommes que ce président, moderne, ne s’enferme pas dans la tradition ? On aura en tout cas une pensée émue pour les communicants qui ont dû débattre des heures de la meilleure place pour ce fameux smartphone, appelé à un destin national : à gauche ? à droite ? devant ? derrière ? dans la poche ?
Enfin, pourquoi le président nous regarde-t-il si fixement ? Un peu comme le serpent Khââ dans le dessin animé tiré du Livre de la jungle, quand il susurre « Aie confiance » au petit Mowgli qu’il projette d’étouffer ?
Car on attend plutôt d’un homme d’Etat qu’il scrute l’horizon, qu’il fixe le cap, comme un capitaine qui rassure l’équipage dans la tempête. Mais le capitaine Macron, lui, ne regarde pas dehors ; il tourne, au contraire, le dos à la fenêtre et fixe l’équipage dans le blanc des yeux : comme s’il ne le comprenait pas, comme s’il allait le psychanalyser dans le silence de son cabinet ou comme s’il devait le surveiller.
Ayez confiance, braves gens : Big Macron is watching you !
Michel Geoffroy
30/06/2017
(*) A Lyon le 5 février 2017, Emmanuel Macron a affirmé : « Il n’y a pas de culture française. Il y a une culture en France. Elle est diverse. »
Correspondance Polémia – 1/07/2017
Image : Photo officielle du président Emmanuel Macron
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La lettre de campagne
de Laurent Joffrin
Copie à revoir
En cette journée de résultats du bac, le verdict est tombé pour les deux élèves Philippe et Macron : le premier passe, le second redouble. La copie du Premier ministre était classique mais elle mérite au moins la moyenne celle du Président, venteuse à souhait (sauf dans sa partie institutionnelle), l’oblige à un rattrapage l’année prochaine.
On dira qu’Edouard Philippe bénéficiait d’un avantage naturel : l’annonce d’un programme de gouvernement fournit une substance toute faite à l’orateur, qui leste spontanément son propos. C’est une mince excuse : quand on convoque les deux chambres pour un exercice solennel retransmis en direct à toute la France, mieux vaut réussir son coup. Non que le texte du Président ait été mal écrit ou mal pensé. Au contraire, la langue en était maîtrisée et les idées étaient celles de la campagne, qui ont conduit l’intéressé à l’Elysée, contre toute attente en début de parcours. Mais l’adresse du Président, trop longue, monocorde dans sa déclamation vibrante, exempte de formule frappante et d’envolée bien venue, nous ramène à une vérité négligée en ces temps de rejet de la politique traditionnelle : dans sa fonction naturelle qui est «de dire des choses à des gens», la politique reste un métier.
Les prédécesseurs d’Emmanuel Macron le savaient, qui ont su, tous, réussir leurs grands oraux. De Gaulle, auteur français en langue latine, a fourni des discours qui restent dans l’Histoire. Il écrivait tout et apprenait par cœur ses péroraisons, qu’on cite encore aujourd’hui. Pompidou, quoique ancien banquier, a donné quelques discours retentissants, par exemple en 1968 à l’Assemblée quand il a diagnostiqué à chaud la crise de civilisation qu’exprimaient «les événements». Giscard aux penchants technocratiques possédait un sens de la formule inimitable – «Oui, mais» à De Gaulle, «vous n’avez pas le monopole du cœur» pour Mitterrand, «regarder la France au fond des yeux» en début de campagne, et aussi cette extraordinaire performance réussie alors qu’il était ministre des Finances : présenter sans notes et pendant deux heures le budget de la nation aux parlementaires, sans jamais hésiter sur une phrase. Longtemps inégal, Mitterrand, à force de meetings, avait acquis une maîtrise consommée qui alliait polémique à la Clemenceau et lyrisme à la Jaurès. Chirac pouvait s’extraire, le temps d’un «discours fondateur», de la rhétorique mécanique qu’il pratiquait trop souvent. Sarkozy aidé par Guaino a prononcé en janvier 2007 un chef-d’œuvre d’entrée en campagne. Hollande a marqué les esprits avec son discours du Bourget, comme avec son anaphore – «Moi président…» - qui a laissé Sarkozy sans voix.
Macron débute : cela se sent et se voit. A trop vouloir gagner les sommets, il se perd dans les nuages. Pour l’instant, on retient de lui non un style mais un hurlement : «C’est mon projeeeeeet !» Comme disait Cyrano : «Ah non ! C’est un peu court, jeune homme. On pouvait dire… Oh ! Dieu ! … bien des choses en somme.» Ce sera pour l’année prochaine.
Et aussi
• Pour cause de déficit aggravé, les principales mesures fiscales promises par Macron sont repoussées à plus tard. Ce n’est pas illogique : le nouveau gouvernement se sent tenu de respecter ses engagements européens. Mais il ne l’a pas dit pendant la campagne. Pour moins que cela, on a dressé un réquisitoire lancinant contre François Hollande. Le gouvernement plaide qu’il vient de découvrir, grâce à la Cour des comptes, l’étendue des difficultés. Etrange : il y a un an, l’un des titulaires de Bercy, inspecteur des Finances de surcroît, en principe au fait de l’état du budget de la France, s’appelait Emmanuel Macron.
• Les ennuis commencent ? Un quart des Français seulement ont jugé «convaincants» les deux discours-programmes d’Emmanuel Macron et d’Edouard Philippe. Quand on vient de gagner triomphalement quatre tours de scrutin avec le même projet, c’est mince.


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PostPosted: Fri 7 Jul - 13:29 (2017)    Post subject: Le phénomène Macron Reply with quote

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de Laurent Joffrin
Un délicieux instant
Nicolas Hulot promet la fin des voitures à énergie fossile en 2040. Belle utopie concrète, qui fait entrevoir une ville plus humaine et plus responsable. L’urbanité restaurée grâce à l’imagination technologique… Mais si l’on voit la cité radieuse sur la colline, le chemin pour y accéder se perd dans une brume intermédiaire. On saisit le but : quels sont les moyens ? Parmi les constructeurs automobiles, on évalue à 10% au plus la part de la voiture propre – alimentée à l’électricité ou bien au gaz végétal – dans deux décennies. Nous sommes à 1% aujourd’hui : restent 99% à réaliser. A moins que monsieur Hulot nous prête son vélo, ce qui serait jour de fête pour le trafic.
Ce hiatus entre changement promis et avancées concrètes symbolise-t-il le macronisme en actes ? Le risque est réel : on part pour le Nouveau Monde et on s’arrête à l’île d’Oléron. On met en marche une révolution puis on échoue à la première réforme. Au vrai, il faut souhaiter la réussite de l’entreprise en cours. Non pour en approuver béatement les projets - il ne manquera de mesures contestables à dénoncer, de gestes malencontreux à critiquer. Mais pour sauver la politique, si mal en point et si nécessaire. Cela suppose le rétablissement de l’action publique, bonne ou mauvaise. Rien ne serait pire qu’une stagnation dans les méandres où s’enlisent si souvent les gouvernements. Cela vaut aussi pour l’opposition, plus que jamais nécessaire : il lui faut quelque chose à quoi s’opposer, elle a besoin d’une politique qu’elle réfutera, pour en proposer une autre. Un simple ravalement de façade laisserait le champ libre à ceux qui veulent jeter bas la maison commune.
Les meilleures choses - ou les pires - ont une fin. Avec ce cent douzième numéro, cette lettre de campagne s’arrête aujourd’hui, pour cause d’horizons séducteurs. Elle reprendra en septembre pour suivre au jour le jour le changement de monde qu’on nous promet. Il y a aura de quoi faire… En attendant, merci pour leur fidélité à tous ceux qui l’ont suivie, merci à tous ceux qu’elle a intéressés comme à tous ceux qu’elle a horripilés. Dans les deux cas, c’est une marque d’intérêt, qui honore l’auteur. Ce fut pour lui un délicieux instant.


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PostPosted: Tue 11 Jul - 16:12 (2017)    Post subject: Le phénomène Macron Reply with quote

M. Macron, le terrorisme c’est l’islam, pas le réchauffement climatique ! Publié le 10 juillet 2017 - par Albert Nollet - 66 commentaires - 2 307 vues












Monsieur le Président Macron, vous avez été élu après une campagne brillante une « blitzkrieg » audacieuse, en entrevoyant un chemin, dans lequel vous avez su vous engouffrer, quelle que soit l’aide médiatique, politique et judiciaire dont vous avez pu bénéficier.
Par un ami dont le fils a eu votre épouse comme professeur, j’ai entendu beaucoup de bien sur elle en tant que professeur. Il m’a été confirmé qu’elle était parait-il formidable et adorée de ses élèves. C’est plutôt positif. Cela donne de l’espoir…
Vous formez semble-t-il un couple intelligent et pragmatique, et ayant eu une réelle expérience de la vie civile, vous n’êtes a priori pas de ces apparatchiks, qui ont fait de la politique toute leur vie, pour gagner leur pain, en oubliant parfois de redescendre sur terre.
Malgré les nombreux détracteurs qui peuvent lire ce site, et qui s’opposeront à vous donner une chance, je continue, pour l’instant, à vous faire confiance pour vous adapter dans l’année qui vient aux réalités françaises, que vous êtes peut être en train de découvrir, via les nombreux rapports qui je n’en doute pas arrivent sur votre bureau de président tous les jours.
C’est pourquoi, comme j’ai été atterré et affolé par vos paroles prononcées à Alger indiquant que la France avait commis un crime contre l’humanité, je suis atterré lorsque j’entends que vous liez terrorisme et réchauffement climatique…
Monsieur Le Président : Le terrorisme d’aujourd’hui n’est pas lié au réchauffement climatique : il est lié à l’Islam, et à son djihad, c’est-à-dire la guerre sainte que le monde musulman veut faire à l’Occident et au monde entier pour imposer la loi islamique : la charia.

Combien faut-il de bêtise, voire de paresse, ou de manque de courage et de soumission pour essayer de « vendre » avec aplomb pareille explication.
La charia est la doctrine la plus rétrograde, et le plus régressive qui puisse exister sur cette planète. Elle ne produit rien de bien, rien de bon, rien de saint, ne crée aucun bonheur, aucun bien-être, et n’est porteuse d’aucune tolérance et d’aucune paix. Il suffit de constater l’état de malheur des pays où elle est appliquée. Il suffit de constater l’état de déliquescence avancée et d’accroissement de la terreur, que prennent certains quartier de notre pays. Ce phénomène n’est même pas lié à notre passé colonial. Il se passe la même chose en Suède, aux Pays Bas, en Grande Bretagne, en Belgique, et partout où l’islam rampant commence à ronger et à gangrener notre société, pour mieux la saper et la détruire.
A moins d’être totalement stupide (et je reste poli…), je ne comprends comment vous et votre épouse, pouvez rester indifférent à tous les signes de délitement, et de décrépitude de notre nation, qui ne sont pas uniquement liés à des problèmes économiques, ni comment vous pouvez donner toutes sortes d’explications fallacieuses et sottes, pour ne pas froisser les porteurs de haine qui mettent toutes leurs forces à répandre leur idéologie mortifère et destructrice.
N’êtes-vous pas sensible au sort des femmes dans les quartiers islamisés ?  N’êtes vous pas sensible à la souffrance de nos compatriotes qui n’en peuvent plus de l’islam, qui s’impose à eux tous les jours ?

N’êtes-vous pas sensible à l’affolement des Français, qui voient chaque jour une immigration de remplacement toujours plus exigeante qui cherche à broyer nos valeurs pour imposer les leurs, la plupart du temps d’origine islamique, alors que leur simple présence chez nous démontre que nos valeurs sont largement supérieures aux leurs – sinon, ils seraient très heureux de rester chez eux.
Vous avez fait le congrès à Versailles, ce symbole de la sophistication et de la beauté de l’histoire de France et occidentale. Quelles que soient les beautés architecturales que l’on peut trouver en Afrique, ou dans le monde musulman, ces réalisations sont très loin derrière la sophistication des merveilles que notre histoire et notre civilisation ont pu produire. C’est indéniable quoi qu’on en dise…
Monsieur Macron, si vous pensez être plus fort que des mouvements de population d’une ampleur sans précédent que l’on appelle le grand remplacement, si vous pensez qu’on peut attenter sans crainte et sans réplique à nos valeurs, par des milliers de discours haineux, qui sont répandus chaque jour en France par les soldats d’Allah, vous vous mettez le doigt dans l’œil. Et jusqu’au coude.
Tôt ou tard, cela cédera. Votre monde 2.0 chimérique et virtuel s’effondrera. Ce sera un tsunami, pour la France et pour l’Europe. C’est inévitable, c’est inéluctable si l’on ne fait rien. La défaite, c’est vous qui la subirez. Et les Français avec. Et ce sera un désastre…
Avec le sémillant Justin Trudeau, ou le crypto Musulman Hussein Obama, vous vous présentez en chantres du mondialisme et de la tolérance, contre les idées d’un Donald Trump.
Je vous fais le pari que les USA vont décoller comme une fusée, et larguer très loin l’Europe en la laissant se débrouiller avec le chaos qu’elle est en train de créer. Même Bill Gates, que l’on ne peut pas taxer de racisme, et qui a toujours eu une vision claire des choses, tire la sonnette d’alarme pour l’Europe toute entière, car il a remarqué qu’elle se dirige forcément vers le chaos. Dans deux ans, il y aura un gouffre entre les deux mondes.
Les USA, seront encore plus une superpuissance, avec un plein emploi, et un optimisme à tout va. L’Europe s’enfoncera dans le doute et la morosité, en voyant son passé attaqué de toute part, délégitimé, s’effriter, couvert d’opprobre et de honte… par des personnes qui ont les mains pleines de sang par ailleurs, et qui ne proposent que la dictature islamique ou chaviste chez eux, et qui ont leurs fidèles relais en France, avec les représentants de la France insoumise.
Monsieur le Président. Quelles que soient vos idées sur le monde, quel que soit votre optimisme, quelle que soit votre vision, quelle que soit votre capacité à « aller de l’avant », en faisant l’autruche sur ces problèmes d’islam et d’immigration, dont les sondages soigneusement occultés, par magie, durant les élections, montrent qu’ils sont les premières inquiétudes des Français, vous n’arriverez à rien si vous ne vous attelez pas à ce problème de manière ferme, de la même manière que Donald Trump qui a définitivement pris le leadership de la défense des valeurs occidentales et du monde libre (et bien entendu pas contre les patriotes…).
Monsieur Macron, vous perdrez votre pari de redresser la France, vous perdrez les Français, et vous perdrez la France, si vous ne prenez pas par les cornes le taureau fou furieux de l’islam, du multiculturalisme, et de l’immigration qui nous submergent.
Je ne sais pas si vous me lirez… mais je ne suis pas le seul à le dire…
Quoi qu’il en soit, Monsieur le Président, vous aurez été prévenu… et pas qu’une fois.
Albert Nollet




 

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