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Melenchon/Valls/Hamon/Fillon/Macron/Marine Le Pen
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PostPosted: Wed 1 Feb - 14:16 (2017)    Post subject: Melenchon/Valls/Hamon/Fillon/Macron/Marine Le Pen Reply with quote


La lettre de campagne
de Laurent Joffrin
Fillon: une mince chance de survie
Au bout du tunnel de l’affaire Penelope Fillon, les fillonistes voient encore un rai de lumière. Ils sont pratiquement les seuls : les dégâts dans l’opinion sont considérables, la droite est accablée et, déjà, les hypothèses de «plan B», récusées en public, circulent dans les conversations «off». Mais il y a tant de coups de théâtre dans cette campagne que la survie de Fillon peut aussi y figurer…
Le scénario, ténu, est le suivant : au terme de leurs investigations, les enquêteurs, quoique dubitatifs sur la réalité du travail fourni par Penelope Fillon, estiment qu’ils n’ont pas de base légale pour accuser le couple. La définition du poste d’assistant parlementaire est floue, le Parlement considère que c’est aux députés ou aux sénateurs d’organiser le travail de leurs salariés, et il s’agit en l’espèce de démontrer l’inexistence d’une activité, ce qui est un exercice logique et pratique très malaisé. Dans ce cas, la justice conclut à l’absence de preuves, qui bénéficie aux mis en cause et classe l’affaire. Aussitôt, la machine à communiquer se met en marche. Voyez ! La justice blanchit Fillon, c’était bien un complot des médias et des opposants, un acharnement partisan, une opération d’officine, etc. Cela ne convaincra pas grand-monde mais fournira une défense rhétorique aux partisans du candidat LR, qui se retrancheront avec force indignation derrière la décision judiciaire. Touché mais pas coulé, le bateau Fillon poursuivrait donc sa route…
Scénario fragile, dangereux, mais possible. La morale y perdra et la réputation de la classe politique en sortira encore un plus abîmée. Dans des pays un tant soit peu rigoureux, Fillon se serait déjà retiré de la compétition. Outre l’énorme doute qui pèse sur sa défense, il est établi que le candidat n’a pas dit la vérité lors de ses interventions télévisuelles, au moins par omission. Déjà un sondage Elabe place Fillon derrière Le Pen et Macron au premier tour de la présidentielle. La vraie décision, en fait, revient aux responsables du parti LR : ils devront arbitrer entre un remplacement catastrophique et un maintien désastreux. Garder un candidat affaibli ou sauter dans le vide d’un plan B totalement baroque. A moins que de nouvelles révélations ne viennent résoudre d’un coup leur douloureux dilemme…
C’était hier
• Si, si, Macron a un programme, qu’on se le dise ! Le jeune premier à l’insolente baraka est venu sur France Inter décrire une série de mesures partielles, sociales et économiques. Mesures intelligentes, intéressantes, discutables aussi, qu’on peut intégrer dans un projet de centre gauche ou de centre droit. Social libéralisme ou libéralisme social, comme l’on veut. La chauve-souris Macron, mi-volatile-mi-rongeur, continue son vol, poussée par le vent des sondages.
• Yannick Jadot ne rentrera pas «dans des bidouillages d’appareil». Noble résolution. Il y a fort à parier, néanmoins, que le candidat Europe Ecologie-les Verts négociera son retrait en échange de quelque chose pour son parti. Des promesses sur le programme mais aussi quelques sièges. Le tout enrobé dans le refus héroïque des marchandages du «système». Comme on s’en souvient, les Verts ont toujours récusé les arrangements de congrès et les manœuvres de couloir…
• Manuel Valls joue le jeu. Il appelle ses troupes à rester groupées et condamne donc implicitement ceux de ses partisans qui voudraient rejoindre Emmanuel Macron. Réglo. Mais aussi malin : pour espérer reprendre le parti en cas de défaite de la gauche en avril, il ne faut pas commencer par l’abandonner.


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PostPosted: Fri 3 Feb - 17:29 (2017)    Post subject: Melenchon/Valls/Hamon/Fillon/Macron/Marine Le Pen Reply with quote


La lettre de campagne
de Laurent Joffrin
Hologrammes en campagne
Jean-Luc Mélenchon tient meeting dimanche, à Lyon en chair et en os, à Paris, sous la forme d’un hologramme. Amusante innovation. Mais le véritable hologramme, c’est Fillon. Quand on le regarde, on voit à travers. Il court partout en criant «Le complot ! Le complot ! Le complot !» comme Toinette dans Molière répétait «Le poumon ! Le poumon ! Le poumon !» Mais personne n’y croit. C’est un martyr imaginaire. Son épouse, plus victime que coupable, vient de lui donner le coup de grâce. Reprenons sa phrase, prononcée en 2007 et diffusée jeudi soir sur France 2 devant plus de cinq millions de spectateurs : «Je n’ai jamais été assistante de mon mari ou quoi que ce soit de ce genre.» Comme on ne voit pas pourquoi elle aurait menti, interrogée avec candeur par une journaliste britannique, sans aucune pression ni enjeu, elle ruine la défense de son mari qui maintient dur comme fer qu’elle travaillait pour lui d’arrache-pied.
On se demande même si elle savait vraiment qu’elle était au même moment payée par l’Assemblée. Si ses propos reflètent la vérité, il s’agit bien d’un emploi fictif, et donc d’un enrichissement personnel, puisque l’argent tombait sur le compte familial. Selon les sondages, les trois quarts des Français pensent la même chose. C’est donc bien un candidat fantôme qui bat les estrades, ou bien un de ces personnages de dessin animé qui a franchi la limite du précipice sans s’en apercevoir et qui court dans le vide avant de tomber d’un coup.
Il reste à savoir qui se dévouera pour débrancher l’hologramme. La lecture du Figaro ce matin est édifiante. La droite profonde commence à se révolter, les caciques cherchent un plan B et l’éditorial de Guillaume Tabard se termine par cette phrase : «Gérard Larcher est pressenti pour cette tâche délicate. Ce moment, semble-t-il, approche.»
C’était hier
• Marine Le Pen présente son programme ce week-end. Elle en a déjà dévoilé une partie dans diverses interventions. Elle prévoit deux référendums dans la foulée des élections : l’un pour quitter l’euro, l’autre pour inscrire dans la Constitution le virage nationaliste qu’elle prévoit de prendre dès son élection. Une sorte de Brexit – ou «Frexit» – au carré. Au moins, les choses sont claires : en la portant à l’Elysée, les Français tourneraient le dos à quarante années d’histoire européenne. En adoptant la préférence nationale et en supprimant le droit du sol, à un siècle entier de tradition républicaine. Comme disent les commentateurs distraits, le FN se recentre. Sur la xénophobie.
Hamon a vu un trou de souris. Les ennuis de Fillon, la baisse de Mélenchon dans les sondages, l’espoir que Macron ne tienne pas la distance, la minivague qui le porte depuis la primaire : il se prend à rêver à l’impossible. S’il y a trou, il est petit. Mais comme tout change tous les jours dans cette campagne, les chameaux peuvent aussi passer par le chas d’une aiguille… D’où l’exercice d’équilibriste auquel il se livre. Sortant de chez Hollande, qui l’a reçu aimablement mais ne l’a pas raccompagné sur le perron, il a indiqué qu’il «gardait le cap», mais reconnu aussi, du bout des lèvres, «qu’il y a des acquis» dans le bilan du quinquennat et qu’il pourrait «enrichir» son projet, ce qui laisse la porte ouverte à une amodiation. Peut-on contenter tout le monde et son PS ? C’est le défi de l’heure.
• Le spread – la différence entre les taux d’intérêt – s’élargit avec l’Allemagne. En raison des incertitudes de la campagne, les prêteurs demandent plus à la France qu’à ses voisins. Pour l’instant, l’effet reste limité. Mais s’il augmente, les programmes des candidats devront en tenir compte. Tous ou presque prévoient un accroissement du déficit au début du prochain quinquennat. Ils devront dire comment ils le financent.


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PostPosted: Mon 6 Feb - 16:29 (2017)    Post subject: Melenchon/Valls/Hamon/Fillon/Macron/Marine Le Pen Reply with quote

 

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PostPosted: Tue 7 Feb - 16:29 (2017)    Post subject: Melenchon/Valls/Hamon/Fillon/Macron/Marine Le Pen Reply with quote

rise d’otages au parti LR. Sous la menace d’un explosif puissant – la peur du chaos – François Fillon a obligé la droite française à se soumettre à ses volontés. Désarmés, impuissants, ces pauvres quidams ont dû obtempérer. Le candidat reste candidat, perinde ac cadaver. Qu’il vente, qu’il pleuve ou qu’il neige, il ira jusqu’au bout. Au XVIIe siècle, le corsaire Jean Bart était monté à bord d’un gros vaisseau avec un baril de poudre et avait menacé de faire tout sauter si l’équipage ne se rendait pas. Le Jean Bart de la politique s’appelle Fillon. Si l’équipage ne se rend pas, il fait tout sauter. L’équipage s’est rendu. Les dissidents ont baissé pavillon. Le député Fenech, qui avait lancé l’idée d’un remplacement express du candidat, est rentré dans son trou la queue basse. Fillon ne veut voir qu’une seule tête. Celles qui dépassent tomberont.
C’est la principale réussite de la conférence de presse bien menée qu’il a tenue lundi. Tuer d’un coup d’hypothèse du plan B qui commençait à prendre corps. La lecture du Figaro, ce fidèle trompette de l’armée conservatrice, est édifiante. Lundi, le journal caressait dans l’angoisse la solution Juppé. Mardi tout rentre dans l’ordre. Dans un ordre du jour martial, ses éditorialistes jurent leur fidélité au général qu’ils songeaient à démettre la veille. Silence dans les rangs !
Reste à convaincre les électeurs. Pas facile : Fillon n’a apporté au dossier aucun élément tangible. La candide déclaration de Penelope Fillon, confirmée sur un ton furibard par la journaliste britannique qui l’avait recueillie, reste dans tous les esprits. Celle qui est censée avoir travaillé dans l’ombre a dit en pleine lumière qu’elle ne faisait rien. Les écrits passent, la parole demeure. Le pire est que cela peut marcher. Avec le temps, les polémiques s’estompent, quel que soit leur contenu. Décidément, la post-vérité gagne sans cesse du terrain dans nos démocraties incertaines. Fillon est victime de la presse et Marine Le Pen d’un complot ourdi par les eurocrates… Les emplois fictifs ? Une fiction inventée par les médias. Les «faits alternatifs» deviennent plus forts que les faits tout courts. Inquiétant.
C’était hier
• Ceux qui mettent les rieurs de leur côté gagnent la faveur du public. C’est ce qu’a réussi Emmanuel Macron lundi soir à Bobino en s’invitant de manière impromptue à une réunion du mouvement En Marche. «Si on vous dit que j’ai une double vie, c’est mon hologramme.» En se moquant avec un certain culot des rumeurs qui lui prêtent une liaison avec un élégant sultan des médias, il a prévenu le scandale et coupé l’herbe sous le pied aux amateurs de ragots. Bien joué…
• Sarkozy ira devant les juges. Lui aussi avait dénoncé en son temps «l’acharnement» des médias, le parti pris des enquêteurs, la perfidie des juges d’instruction. Prenant leur temps, les magistrats ont réfuté cette rhétorique venteuse. L’ancien président voulait revenir au palais de l’Elysée, il ira au palais de Justice. Sarkozy au tribunal, Juppé condamné pour emplois fictifs, Chirac condamné pour les mêmes faits, Fillon sous enquête policière. La droite française a décidément des difficultés avec la loi.
• Marine Le Pen accuse Fillon de «mensonge» dans l’affaire des emplois supposés fictifs. Voilà qui ne manque pas de sel, dans la mesure où elle est accusée par le Parlement européen de faits quasiment identiques. Un proverbe anglais dit «You don’t throw stones when you have a glass house». Quand vous avez une maison en verre, vous ne jetez pas de pierres…
Laurent Joffrin Directeur de la publication de Libération
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PostPosted: Wed 8 Feb - 14:24 (2017)    Post subject: Melenchon/Valls/Hamon/Fillon/Macron/Marine Le Pen Reply with quote

Hamon, président normal
Habile Hamon… Le candidat socialiste démarre plutôt bien sa campagne. Son déplacement de cette nuit, auprès des travailleurs du métro, est judicieux. Les hommes politiques s’adressent souvent à ceux qui se lèvent tôt. Lui va voir ceux qui ne se couchent pas. Ils le méritent. Hamon a compris qu’il fallait tenter de renouer les liens entre socialistes et couches populaires ; il est temps : pas d’autre voie pour une victoire éventuelle. Mais la route sera longue. L’incessante propagande sur «la gauche bobo» a porté ses fruits. On assimile désormais les socialistes à la classe dirigeante privilégiée en oubliant la vraie, celle qui possède le capital. Ils ont beau avoir abaissé l’âge de la retraite pour les longues carrières, instauré le tiers payant, créé le compte pénibilité ou le compte personnel d’activité, maintenu l’Etat-providence intact, l’obsessionnel réquisitoire de la «vraie gauche» et de l’extrême droite contre les sociaux-démocrates a installé l’idée que le peuple avait répudié la gauche de gouvernement. Ce qui est largement outrancier. Dernière en date : Marine Le Pen qui fustige «la gauche du fric». Celle qui fut longtemps la châtelaine de Montretout, qui est l’héritière de son parti, qui se déplace en voiture avec chauffeur et vit aux frais du Parlement européen a effectivement des leçons à donner…
Hamon tend donc à corriger ces caricatures. Avec un handicap probable. En faisant assaut de simplicité, en refusant de jouer l’homme providentiel, en confessant qu’il n’a pas la science infuse, Hamon est cohérent avec son projet de VIe république, qui doit mettre fin au système de monarchie républicaine dans lequel nous vivons. Il ne sera pas le sauveur suprême. Fort bien. L’ennui, c’est que nous sommes toujours dans la Ve République et non dans la VIe. François Hollande en son temps avait lui aussi joué sur cette corde de l’humilité en promettant d’être un «président normal». On s’était vite aperçu que l’opinion, somme toute, ne goûtait guère cette normalité. Ce qu’il gagnait en proximité, il le perdait en autorité. Les Français ont coupé la tête du roi, mais ils en ont gardé une étrange nostalgie. Ils voient encore, pour beaucoup d’entre eux, le président comme une sorte de souverain, qui a reçu non l’oint du Seigneur, mais l’oint du peuple. Trop normal, Benoît ?
C’était hier
• Difficile de tourner la page, surtout celle du Canard Enchaîné. Cette fois Penelope Fillon est accusée par le journal d’avoir touché des indemnités de licenciement. Elles étaient déjà comptées dans le décompte publié par son équipe de campagne, dit Fillon, leur montant est exagéré et elles étaient légales. Arguments qu’il faut entendre. Mais la vraie question, faut-il le rappeler, n’est pas là. Ces rémunérations étaient-elles ou non la contrepartie d’un travail réel ? Toujours pas de réponse convaincante sur ce point crucial…
• La contre-attaque Fillon se déploie. La presse de droite fait donner les grandes orgues avec ce refrain : une droite, un chef, un Fillon. Le candidat conteste la légalité du parquet financier, il écrit aux Français dans Ouest-France. «Les médias» sont sa cible prioritaire. Fillon dénonce «la violence inouïe» dont il a été victime, «la fureur des forces qui se sont déchaînées» contre lui. On explique dans Libé ce qu’il en est. L’intensité de la réaction médiatique est surtout liée aux explications confuses, contradictoires et partielles données par Fillon une fois les informations du Canard publiées. Il aurait donné à l’opinion publique des éléments précis et convaincants que la campagne se serait arrêtée dans la minute. Nul complot, donc. L’interrogation légitime de journalistes dont l’une des fonctions est de vérifier ce que disent les hommes publics.
• Un seul juge - et non deux - a signé l’ordonnance de renvoi en correctionnelle des prévenus de l’affaire Bygmalion, dont Nicolas Sarkozy. Les voies de la justice sont parfois impénétrables et les conflits entre magistrats ne renforcent pas son image. Les avocats de l’ancien président ont raison de s’en étonner. Cela change-t-il le fond de l’affaire ? Pas sûr. Le même arrêt de renvoi estime à quelque 20 millions d’euros le dépassement des dépenses dans la campagne Sarkozy de 2012. Une somme coquette, tout de même. Si Sarkozy avait été élu, sa victoire aurait été entachée d’un fort soupçon de triche et d’illégalité. Qu’il y ait une ou deux signatures sur l’arrêt de renvoi, il paraît aujourd’hui logique que tout ce petit monde réponde de ses agissements devant un tribunal…
• Plan B comme Bayrou… Le leader du Modem a cogné comme jamais sur Fillon, qu’il présente comme un homme «sous l’influence des puissances d’argent » dont la candidature est «une atteinte à la décence». Il annonce qu’il «prendra ses responsabilités» face à lui. L’affaire n’est pas anodine. Bayrou prépare sa candidature. Il espère attirer à lui la droite sociale et le centre en siphonnant les voix de Fillon empêtré dans ses scandales. S’il y va, il peut reprendre à Macron ces électeurs centristes que le mouvement En marche a détournés du Modem. Mauvais pour Fillon, mauvais pour Macron. Avec deux centristes en face de lui, Hamon est en meilleure position : les quelque 20% d’électeurs qui veulent voter Macron pourraient se diviser. Du coup le candidat de gauche pourrait arriver dans le trio de tête. Ou dans le duo…
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PostPosted: Wed 8 Feb - 14:30 (2017)    Post subject: Melenchon/Valls/Hamon/Fillon/Macron/Marine Le Pen Reply with quote

Macron dément avec humour une rumeur de liaison avec Mathieu Gallet


Les insinuations de ses adversaires politiques sur sa sexualité se multipliaient, Emmanuel Macron a mis les choses au clair. Ici le 21 janvier 2017 à La Défense.
afp.com/CHRISTOPHE ARCHAMBAULT

Invité surprise d'un meeting d'En Marche! à Paris, le candidat à la présidentielle Emmanuel Macron a pour la première fois évoqué publiquement la rumeur qui lui prête une relation avec Mathieu Gallet, président de Radio France.
Personne ne s'attendait à le voir, personne ne s'attendait à ces propos. Emmanuel Macron a créé la surprise, ce lundi soir, en assistant à un meeting organisé par les adhérents parisiens de son mouvement En Marche! au théâtre de Bobino, alors qu'il n'était pas prévu au programme. Dans une salle pleine ( 1000 personnes), il a prononcé un discours politique très offensif, bien plus percutant que celui tenu à Lyon, le 4 février
Et surtout, le candidat à l'élection présidentielle a abordé le sujet qui court les salles de rédaction et les réseaux sociaux: sa supposée homosexualité et, en particulier, la relation qu'il entretiendrait avec Mathieu Gallet, président de Radio France. "Je suis tel que je suis, je n'ai jamais rien eu à cacher", a-t-il dit. "J'entends dire que je suis duplice que j'ai une vie cachée ou autre chose." "C'est désagréable pour Brigitte [Macron], et comme je partage mes jours et mes nuits avec elle, elle se demande comment je fais", a-t-il ajouté, mêlant l'humour et l'hommage à sa femme.  
Et de préciser, en pleine affaire Fillon: "Je ne l'ai jamais rémunérée pour cela." Toujours sur le registre de l'humour, ou plutôt de l'ironie, il a ajouté: "Si on vous dit que j'ai une double vie avec Mathieu Gallet, c'est mon hologramme, mais ça ne peut pas être moi." 
 

Une mise au point relayée sur les réseaux sociaux par l'une de ses porte-parole, Laurence Haïm 
 

Le FN et Hamon attaqués
Le président d'En Marche! est passé à une phase très offensive de sa campagne. Il a attaqué le Front national et son "projet de repli mortifère", François Fillon qui parle d'un Etat en faillite en 2007, mais laisse "600 milliards d'euros de dettes" en quittant le pouvoir, en 2012, Benoît Hamon victime du "syndrome de Peter Pan", et l'extrême gauche qui ne cherche plus à "protéger les gens au travail, mais les gens du travail". Il a notamment défendu sa proposition d'ouverture des bibliothèques le dimanche en moquant ceux qui pensent que "le dimanche, on reste chez soi à manger de la blanquette de veau en famille".
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PostPosted: Thu 9 Feb - 13:41 (2017)    Post subject: Melenchon/Valls/Hamon/Fillon/Macron/Marine Le Pen Reply with quote

On le sait, Macron n’a pas de programme. En tout cas pas encore. C’est à coup sûr volontaire : moins il en dit, plus il prospère, puisque chacun projette sur lui ses espoirs ou ses fantasmes. C’est une sorte de Narcisse altruiste : il regarde sa propre image dans un étang mais permet aux autres de faire la même chose. Beaucoup se reconnaissent en lui parce qu’ils se reconnaissent eux-mêmes. C’est un miroir à multiples facettes, un hologramme collectif. Il devra pourtant, un jour ou l’autre, montrer son vrai visage. En fait, on le connaît. Personnage nouveau, Macron est aussi l’héritier d’une ancienne tradition : le social-libéralisme à la française. C’est une école intellectuelle au long cours, née dans les années 1950, qui cherche à échapper à l’alternative socalisme-capitalisme en prônant une économie de marché plus souple alliée à un Etat social protecteur. Libéralisation économique et réforme sociale… Avec des nuances, on trouve les partisans de cette synthèse très raisonnable, souvent portée par des hauts fonctionnaires (comme Macron) autour de Pierre Mendès-France en 1954 (Simon Nora, Alfred Sauvy et quelques autres), à l’Express de Jean-Jacques Servan-Schreiber et Françoise Giroud, au club Jean Moulin dans les années 1960, au cabinet de Jacques Chaban-Delmas en 1969 (Nora encore, Delors…), chez Giscard en 1974 mais aussi parmi les rocardiens, à la fondation Saint-Simon dans les années 1980, puis dans des clubs comme Temps réel ou les Gracques, entre droite sociale et deuxième gauche.
L’ennui, c’est que ce courant influent au sommet n’a jamais débouché politiquement. Mendès a été éliminé par Mitterrand ; l’ambition présidentielle de JJSS a tourné court, Chaban a été tué par Pompidou et Chirac, Delors n’a pas voulu se présenter, Rocard n’a pas pu. Seul François Hollande, somme toute, a mis en œuvre ces idées qui flottent dans l’air depuis si longtemps, conseillé… par le jeune Emmanuel. Il y a gagné une impopularité mortelle. Entre foi gaulliste et orthodoxie socialiste, entre souverainisme et radicalité, le social-libéralisme n’a pas la cote en France. Dernier rejeton de la lignée, Macron est le premier à avoir porté si haut cette sensibilité jusque-là diffuse. Belle performance, mais fragile héritage…
C’était hier
La tunique de Nessus des emplois supposés fictifs étreint toujours Fillon. Dans trois sondages, il est éliminé du second tour. Quant à son affaire judiciaire, elle a peu de chances de déboucher rapidement. Au Palais de Justice, on est convaincu que le dossier ne sera pas classé. Il y aura information judiciaire et peut-être, bien pire, un renvoi direct en correctionnelle. La casserole est bien accrochée. Il doit aussi répondre à des questions gênantes sur sa société de conseil. Evidemment, la présence d’Axa et de Marc Ladreit de Lacharrière parmi ses clients assombrit quelque peu le tableau. Là encore, rien d’illégal sans doute. Mais des liaisons insistantes et dangereuses.
Devant une phalange d’éditorialistes, Fillon se plaint de la presse «à 90% contre lui». Toujours la théorie du complot… C’est pourtant à droite qu’on trouve les contempteurs les plus durs. Dernier en date, Nicolas Dupont-Aignan, qui parle d’un «conflit d’intérêts monstrueux (sic)» entre le candidat LR et la compagnie Axa. Le complot s’étend.
Telle une salamandre, Marine Le Pen continue à échapper à toute sanction politique en dépit de son affaire d’emplois tout aussi supposés fictifs que ceux de François Fillon. Le feu ne la touche pas. Pour combien de temps ?
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La lettre de campagne
de Laurent Joffrin
Fillon : la messe est dite ?
Dimanche matin, en la paroisse de Saint-Gilles à la Réunion, François Fillon a communié. Comme on ne saurait accomplir ce rite sans avoir au préalable confessé ses péchés, il serait logique qu’à un moment ou à un autre, le candidat LR ait avoué ses turpitudes réelles ou supposées dans le creux d’une oreille bienveillante et ecclésiastique. Un prêtre, quelque part, connaît donc la vérité sur l’affaire Fillon. Dommage qu’il soit tenu par le secret de la confession…
Qu’il ait ou non respecté la règle romaine, François Fillon a reçu, bien involontairement, une leçon de morale chrétienne pendant la lecture de l’Evangile. Le père Russel Torpos a lu ce passage de Saint-Mathieu, édifiant en diable : «Accorde-toi vite avec ton adversaire pour éviter que ton adversaire ne te livre au juge et qu’on ne te jette en prison. Amen je te le dis, tu ne t’en sortiras pas avant d’avoir payé jusqu’au dernier sou.» Puis celui-ci : «Si tu commets une faute, même si tu n’en as pas conscience, tu es responsable…» Au huitième rang des fidèles, le candidat n’a pas bronché…
On ne le répétera jamais assez : il a grand tort. Dans le Journal du Dimanche, (avant ou après la messe ?), il annonce que son retrait ouvrirait «une crise de régime» car «cela aboutirait à priver un courant de pensée, qui est majoritaire en France, de candidat crédible». Les autres leaders de la droite apprécieront : aucun d’eux, selon Fillon n’est «crédible».
Encore l’Evangile : il s’agit d’un péché d’orgueil. Car la «crise de régime», en fait, est déjà là. On sait que les juges, au vu des éléments rassemblés, ne peuvent pas classer le dossier sans suites. Ils ouvriront une information judiciaire, ce qui pourrait déboucher sur une mise en examen en pleine fin de campagne (c’est peu probable). Ou bien ils gèleront toute décision, ce qui laissera le doute perdurer. Ou enfin ils choisiront de renvoyer le prévenu directement devant le tribunal correctionnel, ce qui sous-entendrait qu’ils ont accumulé des charges crédibles contre le couple Fillon : encore pire. Le retrait rapide du candidat est la seule solution honorable, dans l’intérêt même de la droite républicaine. Une fois le choc passé, il faudrait bien trouver un champion. Personne ne peut croire qu’aucun chef de file LR n’est en mesure de se porter candidat. Alain Juppé, tout à fait «crédible», pourrait se faire violence. Ou bien laisser la place à un espoir LR. Dans ce domaine, ce n’est pas le vide qui menace la droite mais plutôt le trop-plein. Après tout, les électeurs de droite sont toujours là. S’ils ont un candidat, ils voteront…
C’était hier
• François Hollande veut remodeler l’Ile de la Cité, avec l’aide de l’architecte Dominique Perrault. L’idée est bonne : l’île est un patrimoine unique, berceau de l’ancienne Lutèce et longtemps siège du pouvoir royal – et des tribunaux révolutionnaires sous la Terreur. Mais elle est mal mise en valeur. Une bonne idée aussi pour laisser dans l’Histoire une trace incontestable, comme l’avait fait François Mitterrand avec la Très Grande Bibliothèque ou Jacques Chirac avec le musée du quai Branly. La Cité est occupée aux deux tiers par des esplanades. Il y en aura bien une pour porter le nom de «place François Hollande». On peut même aller plus loin. Le Palais de Justice abandonné par les magistrats pourrait aménager une «cour Christiane Taubira» et la préfecture de police un «square Manuel Valls». Il y a aussi des sous-sols nombreux. On trouvera bien un «cachot Emmanuel Macron».
• L’équipe de campagne de Benoît Hamon, présentée samedi dernier, est orientée à gauche et comprend des représentants éminents de la société civile. Elle est aussi marquée par l’empreinte tutélaire de Martine Aubry, qui tient le jeune Benoît pour son fils spirituel. C’est la mère de Lille… On peut y voir, en tout cas, une revanche sur la primaire perdue de 2011 face à François Hollande. Avec ce défi, qui place la barre plutôt haut : Hollande après avoir triomphé de Martine Aubry, a été élu président de la République. A toi, Benoît.
• Yannick Jadot est satisfait des discussions entamées avec Benoît Hamon. L’idée est de trouver un programme commun qui lance une «dynamique». Croix de bois, croix de fer, ils n’ont pas parlé circonscriptions. Pour l’instant… Le sujet importe forcément au parti Europe Ecologie-Les Verts. Les écologistes défendent la planète mais ils ont aussi les pieds sur terre.
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PostPosted: Wed 15 Feb - 14:34 (2017)    Post subject: Melenchon/Valls/Hamon/Fillon/Macron/Marine Le Pen Reply with quote

La peur
Cette fois, c’est sérieux. Jusqu’à présent la crainte suscitée par la montée du Front national avait comme limite la théorie du «plafond de verre», selon laquelle Marine Le Pen se heurterait, quoi qu’il arrive, à l’hostilité des deux tiers de l’électorat et donc qu’elle ne pourrait réunir sur son nom la majorité nécessaire à son accession au pouvoir, quand bien même le Front continuerait à progresser.
La campagne surréaliste qui se déroule sous nos yeux fait craqueler cette ancienne conviction. Les commentateurs ont déjà relevé les nombreux facteurs qui favorisent le parti lepéniste : la persistance de la crise sociale, les attentats terroristes, les difficultés européennes dans la gestion des réfugiés, les troubles en banlieue, le discrédit des institutions de Bruxelles, les affaires qui empoisonnent la vie démocratique, le rejet des élites… A cela s’ajoutent la victoire de Donald Trump et le Brexit, qui tendent à faire précédent en montrant que la victoire des courants nationalistes dans les grandes démocraties n’est plus une perspective abstraite. Jour après jour, l’actualité fait le miel des frontistes sans qu’ils aient besoin de faire campagne.
Solidement installée sur un socle de quelque 25% d’électeurs, Marine Le Pen fait figure de favorite pour accéder au second tour. Peut-elle gagner le duel qui s’ensuivra? Jusqu’ici on répondait non. Mais si l’on se livre au jeu des hypothèses, les certitudes chancellent. Dans deux cas au moins le risque prend corps. Si un Fillon affaibli parvient à se hisser dans la compétition finale, pourra-t-il rallier sur son nom les électeurs du centre et de la gauche sans lesquels il ne peut gagner? Pas si sûr. On peut craindre une abstention massive à gauche et une défection des classes populaires rebutées par la purge libérale proposée par la droite classique. Danger…
Si Benoît Hamon rassemble la gauche et franchit l’obstacle, on peut craindre symétriquement la désertion des électeurs du centre de la droite allergiques au programme du candidat socialiste, conjuguée avec le ralliement au FN de la fraction la plus identitaire du parti LR. Deuxième danger.
Reste Emmanuel Macron, désormais favori, qui réunit dans les enquêtes d’opinion environ 60% de l’électorat au second tour. Enquêtes fragiles à ce stade. Immanquablement, la rhétorique du Front fera de Macron le champion des «élites mondialisées». Comme Macron est effectivement soutenu par une partie de la classe dirigeante (mais pas seulement, loin de là…), l’électorat populaire peut être sensible aux arguments du FN, sur fond de rejet de l’Europe et de l’immigration.
En principe, il n’y a pas de majorité xénophobe en France et le spectre d’une destruction de l’Union européenne inquiète l’opinion, y compris dans les milieux populaires. En principe…
C’était hier
• Georges Fenech, frondeur LR, persiste et signe après la réunion qui a permis à François Fillon de faire taire les oppositions au sein de son camp: «J’ai assisté hier à nouveau à une séance de câlinothérapie autour de François Fillon où personne ne veut lui dire la vérité ou très peu de monde», a-t-il dénoncé. «On est dans […] le bal des hypocrites, ou le bal des faux-culs», a-t-il ajouté. «Il nous dit il n’y a pas de plan B, mais c’est lui qui nous le dit. On n’aurait pas pu imaginer […] peut-être aussi ce qu’on appelle un saut générationnel?», a lancé le député, citant en exemple «François Baroin, Xavier Bertrand, Laurent Wauquiez (et) Valérie Pécresse.» Mais alors pourquoi le texte qu’il avait prévu de présenter a-t-il disparu?
• La lecture attentive du Figaro est souvent édifiante. Alors que le quotidien bétonne pour soutenir la candidature Fillon, ses lecteurs sont sur une autre ligne. Dans un sondage Internet, le Figaro demande à ses internautes s’ils sont d’accord avec Fillon quand il affirme qu’il n’y a pas de meilleure candidature que la sienne. Ce matin, 54% des quelque 100 000 personnes qui se sont exprimées répondaient non, contre 46% pour le oui. Autrement dit, une majorité de lecteurs pensent à l’inverse des éditorialistes qu’ils sont censés lire tous les jours. Fragile pouvoir des médias…
• Cette campagne est décidément sans précédent. En 2012, au même moment de la compétition, François Hollande avait déjà livré sa mémorable prestation au Bourget et sorti de son chapeau la proposition de taxer les salaires des dirigeants du privé à 80% (pour contrer la percée de Mélenchon). Sarkozy enchaînait les meetings (avec les conséquences que l’on sait sur ses comptes de campagne), Bayrou se démenait, tout comme Mélenchon. Aujourd’hui Hamon démarre sa campagne, Bayrou hésite, Fillon a du mal à tenir des meetings et on parle surtout d’emplois supposés fictifs. O tempora, o mores…
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PostPosted: Thu 16 Feb - 14:54 (2017)    Post subject: Melenchon/Valls/Hamon/Fillon/Macron/Marine Le Pen Reply with quote

Une couronne d'épines pour Fillon
Le parquet financier est-il adepte du supplice chinois ? Le quart de décision qu’il vient de prendre en déclarant qu’il ne pouvait pas classer sans suite le dossier Fillon – ce dont on se doutait – prolonge d’autant le chemin de croix du candidat LR. Le non-classement ne signifie nullement que Fillon soit coupable. Mais que des charges consistantes (ou des doutes sérieux) pèsent sur son affaire d’emplois supposés fictifs.
Ce nouveau délai, s’il se prolongeait, pose deux problèmes contradictoires. Si les juges financiers décident de renvoyer directement Fillon devant le tribunal correctionnel, avec procès à la clé, cet événement surviendra au plus fort de la campagne. Le candidat ne manquera pas de hurler à l’ingérence judiciaire dans le processus démocratique, même si la procédure est strictement légale. S’il s’agit d’une information judiciaire, l’enquête recommencera, avec un risque de mise en examen, et donc d’interruption brutale de la candidature Fillon.
Mais si les choses restent indéfiniment en suspens, et que Fillon est élu, la conclusion judiciaire de l’affaire sera repoussée de cinq ans. Une partie de l’opinion aura, à juste titre, le sentiment qu’un responsable politique, une nouvelle fois, passe au travers des procédures, à la différence de tant de citoyens lambda. François Fillon avait demandé une décision judiciaire rapide. Il en est réduit à tabler sur la lenteur. Malsain à tous égards.
C’était hier
• Vito Sarkoleone a donc adoubé Michael Fillon au cours d’un déjeuner avec armes au vestiaire. Le parrain retiré de la droite française joue l’intérêt de la famille contre les rancœurs personnelles. Fillon ravale sa fierté pour sauver l’unité du clan. Contre Solozzo-Le Pen et Barzini-Macron, il faut serrer les rangs avant d’aller «to the mattresses» (à la guerre, dans le jargon). Comme le dit une autre réplique culte du film de Coppola : «It’s not personal. Strictly business.»
• Emmanuel Macron qualifie la colonisation de «crime contre l’humanité». Aussitôt, la droite et le FN lui tombent dessus à bras raccourcis pour dénoncer «cette détestation de notre histoire», «cette repentance permanente». En fait, Macron ajoute dans le même entretien en Algérie : «Mais en même temps, je ne veux pas qu’on tombe, tout en reconnaissant ce crime, dans la culture de la culpabilisation sur laquelle on ne construit rien.» De l’art difficile de la synthèse… Pour qui considère d’un œil froid l’histoire algérienne, difficile de ne pas qualifier de «crime contre l’humanité» les «enfumades» commandées par le général Cavaignac ou le général Bugeaud lors de la conquête, et qui consistaient à asphyxier avec de grands feux de bois des centaines – voire des milliers –d’autochtones, hommes femmes et enfants, réfugiés dans des grottes. De même, la féroce répression qui a suivi les émeutes de Sétif en 1945, totalement disproportionnée, avait pour objet de répandre une terreur punitive et dissuasive sur la population civile algérienne, qu’elle ait ou non participé aux troubles du 8 mai. Longtemps occultées, les horreurs de la «pacification» coloniale glacent rétrospectivement le sang. Ce qui n’implique pas qu’on absolve les méthodes cruelles employées par le FLN contre les civils français, contre les harkis, ou contre les sympathisants du MNA, l’autre branche du nationalisme algérien.
• François Hollande ne change pas. Epinglant sur la poitrine méritante et lettrée de Philippe Sollers la médaille du mérite national, il s’est une nouvelle fois livré aux bons mots dont il est coutumier. «Vous vous méfiez de tous les pouvoirs et vous avez pensé que le mien, s’achevant dans quelques semaines, vous permettait de ne rien risquer […] Aussi je veux saluer votre geste à mon égard.» Puis, «sans lien avec l’actualité», il a rappelé que son hôte n’avait «jamais repris l’usine de casseroles» familiale. Une certitude (non-partisane) : Fillon est moins drôle.
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PostPosted: Fri 17 Feb - 15:32 (2017)    Post subject: Melenchon/Valls/Hamon/Fillon/Macron/Marine Le Pen Reply with quote

Macron, nulle part et ailleurs
Dieu est «une sphère infinie dont le centre est partout et la circonférence nulle part», disait Pascal, qui le tenait d’Aristote ou d’un autre penseur de l’Antiquité (il y a débat). Ainsi en va-t-il du très mystique Emmanuel Macron. Il est partout et nulle part. C’est un furet politique, vif et insaisissable. Il est avec François Hollande et contre lui, avec Philippe de Villiers en parlant à la gauche, avec Jeanne d’Arc, chère aux républicains mais aussi aux monarchistes. En France, il voit certains mérites dans la colonisation, mais la définit en Algérie comme «un crime contre l’humanité». Il s’explique ensuite, mais il n’a pas l’art de la synthèse qu’on attribue souvent à son ancien mentor de l’Elysée. Il défend le mariage homosexuel et propose d’étendre la procréation médicalement assistée (PMA) aux couples de femmes. Mais il s’apitoie sur les manifestants qui y sont radicalement hostiles et qui ont, dans leurs défilés, traité les homosexuels comme des anormaux. Il parle d’humiliation mais qui a été humilié dans cette affaire ? Il réprouve l’abaissement de la majorité pénale à 16 ans mais parle aussi de «tolérance zéro» et veut construire 17 000 places de prison supplémentaires. Il rayonne d’une obscure clarté ou, comme la Pythie de Delphes, délivre des oracles incompréhensibles. Libertaire et sécuritaire. Libéral et socialiste, Macron oui, Macron non. Il est une alternance à lui tout seul. Ce n’est plus «En marche», c’est la course du lièvre à travers les champs.
On dira que les positions ne sont pas forcément incompatibles si on fait un (sérieux) effort dialectique. On dira qu’il y a du bon dans la droite et dans la gauche et que Macron le zèbre, aussi noir que blanc, cherche la conciliation des contraires. Il y a une explication plus triviale. Comme la gauche se requinque lentement et que la droite filloniste patauge dans le marécage des affaires, il y a des voix à piquer au parti LR. D’où ce grand écart rhétorique.
Tout s’éclaircira le 2 mars, disent ses partisans, quand le candidat présentera un programme complet au lieu de jouer au clignotant rose et bleu. Ce ne sera pas un catalogue (surtout pas…). On espère que ce ne sera pas non plus un inventaire à la Prévert auquel il ne manquerait que le raton laveur. On attend une vision, non un kaléidoscope.
C’était hier
• Extravagant Fillon… Il avait promis de se retirer s’il était mis en examen. Apparemment, cette promesse ne tient plus, si l’on en croit certaines confidences, ou si l’on entend bien son sbire Eric Ciotti qui prévoit son maintien «quels que soient les aléas». Voilà qui va renforcer la confiance dans ses engagements, et dans la démocratie.
• Les militants écolos ont voté à 89% pour un rapprochement Hamon-Jadot. Les discussions arrivent dans leur phase finale et devraient déboucher sur un retrait du candidat EE-LV. Dira-t-on encore que les écologistes n’ont pas de bon sens ?
• Marine Le Pen n’a pas concédé quoi que ce soit, dit-elle, à la commission du Parlement européen chargée de surveiller ses élus, à propos de l’emploi de son garde du corps comme assistant parlementaire. Peut-être. Mais on ne le répétera jamais assez : légalement, elle est dans la même situation que François Fillon, accusée d’avoir bénéficié d’un emploi fictif.
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PostPosted: Mon 20 Feb - 16:44 (2017)    Post subject: Melenchon/Valls/Hamon/Fillon/Macron/Marine Le Pen Reply with quote

Les funérailles du socialisme ?
La métaphore du «corbillard» utilisée par Jean-Luc Mélenchon pour parler du PS n’a pas arrangé les relations entre lui et Benoît Hamon, vieux militant socialiste. Au vrai, le cadavre dont il parle est plus celui de l’union des gauches que celui du PS, qui trouve avec la candidature Hamon un regain de jeunesse (fragile…). Mais la charge mélenchonienne n’est pas un jugement de réalité: certes il ne veut pas le suivre, mais ce corbillard est quand même devant lui (pour l’instant)… C’est en fait un souhait. Il s’agit pour lui de tuer le PS, ce qui veut bien dire qu’il est encore vivant. Cette volonté non pas homicide mais «particide» pose le problème de la stratégie de la gauche de la gauche : en voulant à toute force éliminer tout ce qui se trouve moins à gauche qu’elle, il y a peu de chances qu’elle puisse un jour gouverner.
La question se retrouve, sous des formes plus ou moins aiguës, dans plusieurs pays. La gauche de la gauche grecque gouverne : mais c’est en jetant par-dessus bord une grande partie de ses convictions. A cet égard, le virage réaliste et européen de Tsípras est bien plus spectaculaire que celui qu’on a reproché avec tant de véhémence à Hollande. La gauche radicale espagnole se déchire à belles dents autour du même dilemme : faut-il se rapprocher ou non de la gauche réformiste ? En attendant, c’est la droite dure qui gouverne à Madrid. En Allemagne, Die Linke est amoindrie par la percée de Martin Schulz, social-démocrate bon teint, qui paraît seul en mesure de menacer Angela Merkel. Seuls les Portugais ont trouvé une formule efficace en soutenant sans participer les socialistes au pouvoir. Il en est résulté des améliorations tangibles du sort des classes populaires.
Mélenchon récuse cette attitude et veut détruire les sociaux-démocrates au lieu de s’allier avec eux. Il veut conserver la pureté du programme très vintage qu’il présente aux électeurs. C’est une réplique moins étatique et plus verte du programme de la gauche française en 1981, avec la même interrogation : peut-on organiser une relance massive de la consommation dans un pays ouvert, dont l’économie souffre d’un manque de compétitivité, comme en témoigne son déficit extérieur ? Mélenchon veut qu’on applique tout son projet et refuse de l’amender au nom de ce qu’il tient pour un compromis honteux. Cette posture intraitable a sa noblesse, qui est celle de la conviction. Mais elle risque le sort de tous les projets purs et durs : quand on demande tout, souvent, on n’obtient rien.
C’était hier
La droite se requinque. Toute considération éthique ravalée, elle soutient son candidat en dépit de ses ennuis judiciaires (aux deux tiers selon un sondage). Elle en appelle au peuple contre la justice. Inquiétant. Certains commentateurs militants en viennent même à magnifier la résistance de Fillon au milieu de cette tourmente. Pour un peu, on le féliciterait d’avoir cyniquement abandonné sa prétention à l’exemplarité. On progresse…
Macron fait le dur apprentissage de la parole publique. Quand on agite des questions aussi sensibles que la mémoire coloniale, il faut bien choisir ses mots. Non que la dénomination de «crime contre l’humanité» soit choquante quand on évoque certains massacres coloniaux, comme les enfumades du duc d’Aumale ou les tueries de Sétif en 1945. Mais quand on l’applique à l’ensemble du processus colonial, on tombe dans la confusion. A ce compte-là, tous ceux qui ont participé au maintien de l’ordre colonial seraient complices de «crime contre l’humanité». Mendès en 1954 ? Mitterrand ? De Gaulle qui a intensifié la guerre en 1958 ? Tout se complique. Pour se faire pardonner des pieds-noirs, Macron a repris la célèbre apostrophe gaullienne prononcée sur le forum d’Alger : «Je vous ai compris.» Cela ne va pas forcément calmer les intéressés. Pour eux, c’est la formule qui les a trompés. Il est vrai que Macron a ajouté : «Et je vous aime.» Alors…
Marine Le Pen est au Liban où elle a rencontré le président Michel Aoun. C’est le premier chef d’Etat en exercice qui consent à une entrevue avec la cheffe du FN. Un point marqué, donc. Avec ce paradoxe à la clé : Aoun, président chrétien, bénéficie du soutien du Hezbollah libanais, qu’on qualifie parfois de «jihadiste chiite» et que plusieurs pays ont inscrit sur la liste des organisations terroristes. Une proximité que Marine Le Pen, qui se présente comme un rempart contre le terrorisme, a oublié de condamner.
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PostPosted: Wed 22 Feb - 15:34 (2017)    Post subject: Melenchon/Valls/Hamon/Fillon/Macron/Marine Le Pen Reply with quote


La lettre de campagne
de Laurent Joffrin
Game of Left
Macron régresse et Fillon repasse devant lui tandis qu’Hamon marque le pas et que Mélenchon revient à son niveau. Une nouvelle fois, le spectre d’un second tour Le Pen-Fillon se profile à l’horizon de la présidentielle. Ces sondages ne valent pas grand-chose – ils n’ont en tout cas aucune valeur prédictive – dans la mesure où la moitié des électeurs n’a toujours pas fait son choix. Mais si d’aventure ces pourcentages se cristallisaient, l’histoire de la gauche depuis trois ou quatre ans ressemblerait à un scénario de la sanglante et massacrante série Game of Thrones. Devant ces luttes furieuses et ces assassinats à répétition, la transposition vient naturellement sous la plume.
• Saison 1. Dans le royaume de Lefteros affaibli et divisé, le roi Hollande, dont les démêlés avec ses favorites entachent le prestige, voit son autorité remise en cause. Pour s’imposer, le baron Valls tue le duc d’Ayrault avec l’aide du comte Montebourg et du chevalier Hamon pour devenir à son tour «main du roi». Il se retourne ensuite contre ses alliés Hamon et Montebourg, qui réussissent toutefois à le blesser à l’aide d’une fronde.
 Saison 2. Le marquis de Macron, raffiné et rusé, épaulé par l’enchanteresse Brigitte qui détient l’élixir de jouvence, trahit le roi Hollande et menace le baron Valls, pendant que celui-ci fait face à une révolte du peuple de «True Left». Contre toute attente, la chevauchée solitaire du marquis de Macron et de son mouvement «au trot» rallie une partie du royaume.
• Saison 3. Confronté aux perfides attaques du marquis de Macron et du baron Valls, le roi Hollande trépasse à son tour sous les dagues de ses ennemis qui répandent son sang sur le trône de fer, tandis que de l’autre côté du mur, les sauvageons LR choisissent comme chef le triste roi Fillon aux pratiques cauteleuses.
 Saison 4. Coup de théâtre, le chevalier Hamon, qu’on croyait trop jeune, réussit à occire le baron Valls avec son épée universelle lors des «noces pourpres» de la primaire, grâce à l’appui de la reine du nord Aubry, laissant les seigneurs Ayrault, Duflot, Hollande, Valls et Montebourg gisant dans leur sang.
• Dans la dernière saison, on verra comment le chevalier Hamon et le marquis de Macron vont réussir à se tuer l’un l’autre, alors que le peuple de «True Left» du chef Mélenchon et les marcheurs blancs qui hantent le pays au-delà du grand mur, avec l’indestructible géante Le Pen, menacent le pays. Pour Lefteros, selon le leitmotiv de la série, «winter is coming».
C’était hier
Bayrou, le Hamlet du centre, va décider, tenant dans sa main le crâne de Lecanuet, d’être ou ne pas être. La chose a son importance : candidat, il affaiblit Macron et peut-être Fillon. Dans ce cas, le jeu se compliquera encore un peu plus.
Loyal mais ronchon, Alain Juppé exclut d’être un recours mais veut que ses idées soient prises en compte. «Il faut marcher sur deux jambes», dit-il, ce qui est toujours un bon conseil. Il demande qu’on ait plus d’égard pour «la droite humaniste». Fillon, une droite inhumaine ?
Nicolas Sarkozy entre au conseil d’administration d’Accor. Dans ses confidences élyséennes, il annonçait élégamment qu’après avoir été président, il se soucierait surtout de «faire du fric». Voilà une promesse en passe d’être tenue.


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PostPosted: Fri 24 Feb - 16:31 (2017)    Post subject: Melenchon/Valls/Hamon/Fillon/Macron/Marine Le Pen Reply with quote


La lettre de campagne
de Laurent Joffrin
Hamon, le petit homme vert ?
Hamon sort du tunnel. Est-ce pour y rentrer ? Après des jours et des jours de tractations obscures, il a topé avec Jadot, ex-candidat d’Europe-Ecologie-Les-Verts. Rappelant certaines lessives d’antan qui étaient «plus blanches que blanches», le programme Hamon devient plus vert que vert. Certains disent même que ce n’est plus un projet socialiste mais un programme écologiste.
Comme sur le site de Bure, il y avait un souterrain caché dans cette discussion de fond : le partage des circonscriptions, tant on sait que les défenseurs de la planète ont la tête dans le ciel mais aussi les pieds sur terre. Au terme d’une négociation au canif, les Verts récoltent une quarantaine de candidatures uniques, dont un tiers pourrait déboucher sur une victoire. En regard de leur force électorale réelle, c’est beaucoup. Mais c’est moins qu’en 2012 quand Martine Aubry avait tenté de gagner la primaire en échangeant des votes écolos contre des concessions électorales. Cécile Duflot a en principe sauvé son siège de députée à Paris, ce qui promet une belle empoignade avec Anne Hidalgo.
Hamon marque donc un point : il a réussi «la petite union de la gauche», selon la formule de Libé. C’est une première étape, même si elle a eu l’énorme inconvénient de geler sa campagne pendant trois semaines, alors que le temps est dramatiquement compté.
Au soir de l’accord, Yannick Jadot a lancé un appel solennel à Jean-Luc Mélenchon pour qu’il rejoigne l’attelage. C’est un fait qu’une arithmétique sommaire additionnant les voix socialistes et celles du tribun rouge laisse entrevoir la possibilité pour les gauches de gagner le premier tour et de mettre en œuvre le programme le plus audacieux – ses adversaires diront le plus utopique – qu’on ait vu depuis 1981. Cette perspective permettra de mesurer le degré de sectarisme du leader du Front de Gauche. Jean-Luc Mélenchon a aussitôt répondu que «la porte était ouverte». Le problème, c’est qu’il se tient sur le seuil, pointant une fourche sur les visiteurs. Un rendez-vous pourrait avoir lieu cette semaine. Avec un risque majeur pour Hamon : s’enfermer de nouveau dans un round de négociations touffues qui fera entrer sa campagne dans un nouveau tunnel. Mélenchon a dit qu’il n’était pas question d’accorder «l’amnistie» à ceux qui ont participé aux gouvernements Hollande. Les mots ont un sens : si les socialistes de gouvernement sont des criminels, à quoi bon discuter ?
C’est tout le problème de Hamon. Il cherche des voix sur sa gauche alors qu’elles sont sur sa droite. Au plus bas de la popularité de Hollande, il y avait encore quelque 10% des Français pour le soutenir. C’est très peu. Mais si ces électeurs votent, c’est beaucoup : 10 points de suffrage, c’est ce qui manque à Hamon pour passer le premier tour. Que va-t-il dire à ces électeurs plus réformistes, plus réalistes ou plus modérés, sans lesquels il n’y a pas de majorité possible ? Pour l’instant, tout occupé à discuter avec Jadot et Mélenchon, il ne leur dit rien. Le risque grandit de les voir rejoindre en masse, faute de mieux, la candidature Macron, à laquelle le ralliement de Bayrou apporte un crédit supplémentaire. C’est le paradoxe des frondeurs : ils combattent le social-libéralisme avec tant de maladresse qu’ils vont finir par le mettre au pouvoir…
C’était hier
Bayrou et Macron sont en pleine lune de miel. Ils l’ont dit hier soir au sortir d’une agape chic. Ce n’est pas étonnant : leurs idées sont à peu près les mêmes et le candidat d’En marche reste autour de 20% dans les enquêtes d’opinion malgré les boulettes de la semaine dernière. Mesuré par le «rolling» de Paris-Match à quelque 18% au sortir de la primaire, Hamon est tombé à 13. Sondages fragiles, certes, mais une baisse de cinq points en un mois veut dire quelque chose : pour la première fois depuis des lustres, le centre devance la gauche de gouvernement. Il y a un an, Macron était encore un ministre à la mode sans base politique ni perspective crédible de candidature. Tout peut encore s’effondrer, mais à l’aune de l’histoire électorale française, c’est du jamais vu.
Macron distille son programme par petites doses. On entrevoit son programme économique : financer des avancées sociales partielles mais incontestables (comme les indemnités de chômage pour ceux qui démissionnent ou qui sont petits entrepreneurs) grâce à une relance de l’entreprise, petite ou grande. Ce programme peut rebuter les allergiques au libéralisme d’un côté, les fans de l’économie de marché de l’autre. Mais il n’est pas incohérent ou inexistant. Il consiste en fait à droitiser quelque peu la ligne suivie par les gouvernements Valls dans ce domaine. La droite dit que Macron et Bayrou sont les vrais continuateurs du quinquennat Hollande (avec une inflexion à droite). Pour une fois, elle a raison.
Marine Le Pen a refusé de se rendre à une convocation policière. Elle ne court pas grand risque à le faire : elle est protégée par son immunité parlementaire. Comme quoi «le système» a parfois du bon pour le Front national : il s’abrite comme les autres derrière les privilèges des élus. Mais si un homme ou une femme du «peuple» dont se réclame Marine Le Pen était dans la même situation qu’elle, il lui serait impossible de mépriser les actes de justice. Deux poids deux mesures : c’est la nouvelle devise du FN.


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Profession : homme d’État

Qu’est-ce qu’un homme ou une femme d’État ? Qu’est-ce qui fait que Churchill, De Gaulle, Mandela ou encore Mitterrand ont marqué l'époque de leur empreinte? Alors que les Français seront bientôt appelés aux urnes pour la présidentielle, Jean-Pierre Bertrand tente de répondre à ces questions à la lumière de l’Histoire. Il a également recueilli le point de vue de personnalités politiques françaises et étrangères ainsi que d’intellectuels, comme Robert Badinter, ancien garde des Sceaux.


 

Regardez la deuxième partie de notre documentaire :

 

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Signature - Nouveau sujet, vérifier dans "Recherche" s'il n'existe pas. Il faut qu'il soit bien étoffé, un titre explicite, bien détaillé avec des preuves fiables et vérifiables


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