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Kateb Yacine/Mohamed Arkoun/Kamel Daoud/Boualem Sansal/Rachid Boudjedra
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PostPosted: Thu 19 May - 20:13 (2016)    Post subject: Kateb Yacine/Mohamed Arkoun/Kamel Daoud/Boualem Sansal/Rachid Boudjedra Reply with quote

«Le totalitarisme islamique va l'emporter» Selon l'écrivain algérien Boualem Sansal, la mondialisation va conduire l'islamisme au pouvoir dans une cinquantaine d'années.




Si "2084", un roman écrit en français qui sort jeudi 20 août en France chez Gallimard, est une oeuvre de pure invention, Boualem Sansal estime que "la dynamique de la mondialisation musulmane se met en place".


"Le terrain à observer est l'Europe. Après le monde arabe et l'Afrique, l'islamisme se propage aussi en Occident avec une présence physique de plus en plus visible de barbus, de femmes voilées et de commerces halal", décrit-il.
L'écrivain Michel Houellebecq, souligne-t-il, a "fait" la même analyse dans son roman "Soumission", où il imagine la France de 2022 gouvernée par un parti musulman.


«La peur de Dieu sera plus forte que celle des armes»
Dans "2084", Sansal imagine un pays, l'Abistan, soumis à la cruelle loi divine d'un dieu qu'on prie neuf fois par jour et où les principales activités sont d'interminables pèlerinages et le spectacle de châtiments publics.
"La peur de Dieu sera plus forte que celle des armes" et "les gens pourront vivre de peu. Ils auront juste besoin de mosquées pour prier, par conviction ou par peur", résume l'écrivain, dont les propos rappellent le projet mis en oeuvre par le groupe djihadiste, Etat islamique en Irak et en Syrie.
Pour l'auteur du "Serment des barbares", les Européens "se trompent sur l'islamisme comme ils se sont trompés sur le communisme" et sous-estiment la menace.
Notamment à cause de l'autocensure sur la montée de l'islamisme, qui "tue le débat" alors que "le débat c'est comme une plante: si on ne l'arrose pas par la contradiction il disparait".
«L'émigration est un vrai drame»
M. Sansal laisse cependant poindre une note d'espoir en soulignant que "tous les systèmes totalitaires s'effondrent". "Après le règne de l'islamisme il y aura une nouvelle mondialisation mais je ne sais pas sous quelle forme", présume-t-il.
Imaginant le sort de son propre pays en 2084, il reste sombre. "Je ne sais même pas si l'Algérie existera en 2084 sous la forme d'un pays moderne relativement administré" car "la fin du pétrole va la conduire dans une situation indescriptible".
L'écrivain, honni tant par les islamistes que par le régime, juge par ailleurs "terrifiant" le flux des migrants algériens vers l'Europe et l'Amérique du Nord. "L'émigration est un vrai drame. Elle touche les riches, les hyper-diplômés. Quand elle atteint un certain seuil en volume cela veut dire que le pays ne peut être sauvé".
Boualem Sansal est jusqu'à présent resté en Algérie, où cet économiste a mené une longue carrière de fonctionnaire, en se souvenant que son pays "était très agréable à vivre" lorsqu'il avait lui-même "entre 20 et 30 ans".
"Après, je n'ai jamais ressenti un besoin suffisamment fort pour me dire: je fais mes valises, je m'en vais . J'ai toujours eu la possibilité de voyager. Je peux émigrer à n'importe quel moment". (afp/nxp)




http://www.tdg.ch/culture/livrestotalitarisme-islamique-emporter/story/2270…
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PostPosted: Thu 19 May - 20:13 (2016)    Post subject: Publicité

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PostPosted: Wed 1 Jun - 14:21 (2016)    Post subject: Kateb Yacine/Mohamed Arkoun/Kamel Daoud/Boualem Sansal/Rachid Boudjedra Reply with quote

Pour Boualem Sansal « l’Europe n’a plus d’avenir : l’Islam va faire éclater notre société »
Juin 01, 20161

are

Boualem Sansal a très récemment donné une interview au quotidien allemand « Die Welt » dont je vous livre ici un extrait, traduit de l´allemand exclusivement pour Europe-Israël.
Boualem Sansal est un écrivain algérien. Il avait obtenu en 2012 le Prix du Roman Arabe, mais celui-ci lui a été retiré après son apparition au Festival des Ecrivains de Jérusalem. Dans son dernier roman « 2084 : La fin du Monde » (Grand Prix de l´Académie Française) parut en 2015, il décrit une dictature religieuse qui, sans être jamais nommé par l´auteur, est manifestement une fiction d´un Islam futur, un Islam universel.
Die Welt: Bien que votre livre ne soit pas ce qu´on pourrait appeler une lecture divertissante, il s´est déjà vendu à plus de 300.000 exemplaires, rien qu´en France. Comment expliquez-vous ce succès?
Sansal: Les gens se réveillent. Ils réalisent que l´islamisation n´est pas un phénomène local, mais concerne toute l´Europe. Nous avons tous peur – même si nous ne voulons pas tous l´admettre.
Die Welt: Quel type d´expérience cela a été pour vous d´écrire un livre aussi sombre?
Sansal: Cela n´a été ni pénible, ni exaltant. Je suis un scientifique et en ceci, j´observe le monde comme un éthologue. Une chose ou l´autre peut m´émouvoir, mais je me ressaisis. Il faut voir les choses en face, de manière rationnelle, sans se mentir à soi-même.
Die Welt: Comment un musulman lit il ce livre?
Sansal: Un musulman comme moi, qui n´est pas croyant mais qui a grandi dans un pays musulman, le lira sans doute comme vous et moi. Ils se trompent en Occident s´ils pensent que tous les musulmans sont islamistes. Ils ont davantage peur de l´Islamisme que les occidentaux.
Die Welt: Depuis les attentats de Paris et Bruxelles, l´Occident a peur aussi
Sansal: Bien sûr, et ce n´est que le début
Die Welt: Une sorte d´avertissement?
Sansal: Oui, après les attentats sur „Charlie Hebdo“, c´était différent. La plupart pouvaient montrer de la compréhension. Ils étaient coupables de blasphémie, quand même. Donc ils disaient : Ce n´est pas bien de tuer, mais regarde ce qu´ils ont fait…
Die Welt: Ils l´avaient cherché, comme la jeune fille en mini-jupe provoque son propre viol?
Sansal: Oui, et en raison de cette logique, les attentats de janvier n´avaient pas été perçus comme un avertissement. Le Bataclan, par contre, a été une attaque islamiste, car cette agression visait «l´autre» en raison de ce qu´il est, de sa culture, son style de vie. C´était un lieu pour les jeunes gens, tout comme les bars, le Stade; des lieux qui définissent l´Occident. Mais, ce processus de prise de conscience, c´est précisément ce que les islamistes veulent provoquer. Ils savent qu´ils ne peuvent pas vaincre l´Occident sur le plan militaire. Ils ne peuvent même pas vaincre les faibles états arabes. Donc, ils doivent amener l´Occident à se détruire soi-même. Ils veulent diviser la société car ils savent que s´ils y parviennent, celle-ci va s´écrouler.
Die Welt: Il y a en France, des intellectuels populistes qui soutiennent la théorie du «grand remplacement», c´est à dire le refoulement de la civilisation occidentale chrétienne et son remplacement par l´Islam.
Sansal: Je trouve l´expression mal choisie. Il ne s´agit pas de remplacer au sens propre les populations, mais plutôt d´une sorte de fusion: La France est en phase d´islamisation.
Die Welt: Au fond, vous êtes du même avis. Notre culture est-elle en train de disparaitre ?
Sansal: En tant que démocrate, oui, je vois notre civilisation disparaitre, et avec beaucoup de regrets car elle a fait avancer l´humanité, même si ses excès nous nuisent depuis un certain temps déjà.
………..
Die Welt: Nous avons recueilli un million de réfugiés, essentiellement des musulmans. Quel est votre pronostic pour l´Allemagne?
Sansal: L´Allemagne a été extrêmement naïve. Sur le long-terme, l´Allemagne est le pays qui est le plus menacé.
Die Welt: En quoi, naive?
Sansal: Parce que l´Allemagne s´est longtemps complu de ne pas être concernée par ces problèmes. L´Islam, c´était en France, au Royaume-Uni, mais pas chez nous ! Et puis, l´Allemagne est, en raison de son expérience des guerres, une société extrêmement tolérante. Il est facile d´en abuser. Lorsque les islamistes algériens ont été chassé d´Algérie, ils ont trouvé refuge en Allemagne, où on leur a accordé le statut de réfugié politique.
Die Welt: Sur quoi fondez-vous votre appréciation que cette guerre des cultures, ce phénomène d´islamisation, entre autres de l´Allemagne, est déjà en cours ?
Sansal: La preuve la plus significative est le „Bataclan“. Ils n´ont pas attaqué une caserne mais une salle de concert, car ils ne visent pas une prise de pouvoir classique, mais veulent mener une « guerre des cultures ». Ensuite, il suffit de jeter un regard sur le monde arabe, dans lequel cette bataille est menée partout et sans retenue. En ce qui concerne l´Allemagne, je ne suis pas trop sûr de ce qui s´y passe. L´Islam turque ne peut être comparé à l´Islam du Maghreb. Les turques qui sont arrivés dans les années 70 ont, dès leur arrivée, travaillé dans l´industrie. En France, les immigrés ont été livré à eux-mêmes. On a simplement mis les algériens, les togolais ensemble et souvent dans des conditions inhumaines.
Die Welt: En Turquie, on assiste en ce moment, avec Erdogan, à une islamisation de la société. Comment cela va-t´il évoluer selon vous?
Sansal: Le retour du Religieux, en particulier chez les jeunes, contamine toute la société et cela sera bientôt perceptible en Allemagne aussi.
Die Welt: Nous avons déja observé cette ingérence et, si l´on veut, contamination par le biais de l´affaire Böhmermann
Sansal: Erdogan se conduit comme un calife; les turques se comportent comme ses sujets. Il s´est déjà fait construire son Palace. L´Empire Ottoman a été sans le moindre doute le plus violent de tous les califats du monde islamique. Nous assistons en ce moment même au retour de cette violence. Erdogan veut rebâtir le Califat, mais il sait que les arabes ne l´accepteront jamais. Peut-être s´imagine t´il étendre son empire vers l´Europe. C´est pour cette raison que l´Allemagne est le pays le plus menacé.
Die Welt: Vous voulez dire, à cause des turques ou à cause des réfugiés ?
Sansal: Ni l´un, ni l´autre. Parce que tous les européens sont emplis de ressentiments à l´égard de l´Allemagne. L´Allemagne est riche, influente, exceptionnellement bien organisée. Les gens ne rêvent de rien d´autre que de la chute de l´Allemagne. Un cauchemar en complète un autre. Et les cauchemars d´Erdogan sont partagé par beaucoup d´Européens.
Die Welt: Si l´on poursuit cette pensée, cela signifie que nous vivrions en Allemagne sous le règne du califat d´Erdogan. Cela parait parfaitement absurde. L´Europe est-elle vraiment « fini » à ce point?
Sansal: Oui, elle n´a plus d´avenir.
Die Welt: Est-ce-que vous pouvez encore dire en Europe ce que vous pensez?
Sansal: Non, je ne peux plus. D´un côté, on m´invite encore, car on a le besoin d´entendre d´autres opinions qui ne sont pas « politiquement correctes ». En même temps, on a peur que j´amène des ennuis.
Die Welt: Qu´est-ce que vous n´avez pas le droit de dire ?
Sansal: Cela, personne ne vous le dit. C´est bien plus subtil. Mais tout ce qui revient à critiser l´Islam pose problème. C´est comme si on pouvait tout critiquer, même Dieu, mais pas l´Islam.
Die Welt: Monsieur Sansal, êtes-vous islamophobe?
Sansal: Pas dans le sens dans lequel ce mot est utilisé. Je n´aime pas l´Islam. Je n´y crois pas et réalise que l´Islam n´est pas seulement un risque, mais un énorme risque. Il va faire éclater notre société.
Die Welt: Votre collègue, Kamel Daoud, a suscité une polémique car il a décrit les jeunes musulmans qui au Nouvel An s´en sont pris aux femmes à Cologne comme étant sexuellement opprimés. Vous êtes de son avis?
Sansal: Daoud vit en Algérie et observe ce type de situation au quotidien. C´est une société de toutes les frustrations, pas seulement sexuelles. Un jeune musulman qui est soudainement confronté à une société libre, va faussement interpréter une femme qui montre son corps.
Die Welt: Le courage et la conviction nous manquent-ils pour défendre nos valeurs?
Sansal: Les Islamistes se battent courageusement pour ce à quoi ils croient; cela il faut leur laisser. En ce qui nous concerne, il me faut malheureusement constater qu´il n´y a rien qui nous stimule. Pour le mot Liberté, autrefois, nous étions prêts à aller au bout du monde. Aujourd´hui, le mot est creux.
Die Welt: Ce n´est pas vrai. Après les attentats de Charlie Hebdo, des millions de gens ont manifesté dans les rues pour la liberté d´expression.
Sansal: Ce n´était rien d´autre qu´une réaction émotionnelle spontanée. Cela n´avait d´autre intérêt que d´offrir une tribune aux Chefs d´Etat, en particulier, ce pauvre Hollande qui ne ferait pas de mal à une mouche. En Algérie, on a vu ce qui arrive lorsque les gens se laissent submerger par les émotions: Des pleurnicheries collectives insensées.
Die Welt: Devons-nous prendre le titre de votre livre au sens littéral : « La Fin du Monde » ? N´y a t´il donc plus d´espoir nulle part?
Sansal: Vous savez, parfois il suffit d´une petite chose, une idée, une phrase et les évènements suivent un autre cours. En Algérie, c´étaient les mots de l´écrivain Tahar Djaout, qui se sont répandu comme une trainée de poudre dans le pays. Les gens ont soudainement ouvert grands leurs yeux. Il avait raison. Ses mots ont donné du courage.
Die Welt: Qu´est-ce qu´il avait dit ?
Sansal: Au cours d´un interview, il a dit avec son sourire modeste: « Si tu parles, tu meurs. Si tu ne parles pas, tu meurs aussi. Alors parle et meurs ! ». La semaine suivante, ils l´avaient assassiné.
© Traduit de l’allemand par Christoph Wittmann pour Europe Israël News
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PostPosted: Sat 11 Jun - 12:38 (2016)    Post subject: Kateb Yacine/Mohamed Arkoun/Kamel Daoud/Boualem Sansal/Rachid Boudjedra Reply with quote

Rachid Boudjedra ▬ Le dalaï-lama n’aime pas les Arabes !
Qui est-ce, ce dalaï–lama ? C’est un authentique produit féodal d’origine tibétaine et qui se veut la grande figure du bouddhisme, avec le désir de récupérer le Tibet, province chinoise et d’en faire un pays dont la philosophie politique serait le bouddhisme, donc la religion, et qui serait alors dirigé par cette caste de moines bouddhistes extrêmement riches et réactionnaires.
Prix Nobel de la paix (?!) il est un suppôt des États-Unis et de l’Otan et veut perpétuer cette caste privilégiée de moines qui ne travaillent pas. Qui vivent sur l’habitant, souvent très pauvre. Qui exploitent les enfants dès l’âge de cinq ans, physiquement et sexuellement, d’une façon révoltante, avec la bénédiction de puissances occidentales qui essayent, à travers cette religion rétrograde, de déstabiliser la Chine. Qui possèdent les plus belles et les plus riches pagodes de toute l’Asie dont de nombreuses possèdent des toits en or massif, particulièrement, au Tibet et en Birmanie qui sont des régions très pauvres.
Récupéré par les pays occidentaux qui ont en fait un dieu vivant comme il se considère lui-même et comme le considèrent certains de ses admirateurs, il vient de faire une déclaration qui ne surprendra que les naïfs politiques. Dans un discours récent et très violent, il vient de dénoncer les pays européens qui accueillent les vagues de réfugiés d’Afrique et du Moyen-Orient, en leur donnant des conseils qui prouvent le racisme de cet homme considéré comme un sage et un apôtre de la non-violence. En effet, le dalaï-lama considère que les Européens qui reçoivent les réfugiés vont être submergés par les Arabes qu’ils accueillent et qui vont polluer et pervertir la civilisation occidentale !
Ce « pacifisme » là est une idéologie fasciste, raciste et exécrable. Mais personne ne s’en soucie ! Rachid Boudjedra / 9 juin 2016 / TSA - Actualité.
http://www.tsa-algerie.com/20160609/dalai-lama-naime-arabes/


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PostPosted: Sun 12 Jun - 18:51 (2016)    Post subject: Kateb Yacine/Mohamed Arkoun/Kamel Daoud/Boualem Sansal/Rachid Boudjedra Reply with quote

▬ Rachid Boudjedra ▬
L’Algérie pays guerrier ?!
L’Algérie a été classée 106e pays non pacifique dans le monde, derrière les États-Unis classés eux 102e : tandis que la Suisse est considérée comme le pays le plus pacifique du monde et qui exporte, même, la paix dans toute la planète!
Dommage que ce pays n’exporte pas un peu de l’argent et de l’or que ses banques reçoivent de personnes qui mettent dans les coffres de la Confédération helvétique, l’argent qu’ils ont volé auprès de leurs États ou auprès de leurs concitoyens, grâce à certaines officines privées qui recèlent les deniers de la corruption.
Ainsi l’Algérie qu’on essaye de fourvoyer dans les sales guerres fomentées par les pays de l’OTAN, partout dans le monde (Moyen-Orient, Afrique et Asie) et qui s’y refuse obstinément, est considérée comme un état belliqueux. Bizarre, non ?
On ne sait pas si la paix concerne, aussi, les conflits sociaux, religieux et ethniques ; et dans ce cas on peut dire que le conflit social des chômeurs du Sud et le conflit ethnico-religieux qui s’est déroulé dans le Mzab sont une atteinte à la paix. Mais, dans ce cas, l’Algérie n’est pas le seul pays où se déroulent des luttes sociales et des combats politiques.
À ce moment, tous les pays du monde devraient être sanctionnés par cette ONG US et qui ose publier sa liste des bons et des mauvais élèves, le jour même où en Californie américaine, une trentaine de personnes ont été abattues dans une discothèque par un énergumène pour des raisons que l’on ignore. En fait, pour rien ! Et qu’en est-il de la France où se déroulent des conflits sociaux très durs, depuis trois mois ? Mais le plus amusant, c’est que dans cette liste, le Qatar fomenteur de guerres au Moyen Orient et terriblement belliqueux, est très bien noté!!
Ceci dit nous savons d’où viennent ces classifications saugrenues et non objectives ; mais le pire, c’est qu’un grand journal algérien, paru aujourd’hui, a trouvé que l’Algérie méritait bien la très mauvaise place qu’elle occupe.
Et c’est ce qui est le plus préoccupant ! Rachid Boudjedra / 12 juin 2016 / TSA - Actualité.


http://www.tsa-algerie.com/20160612/lalgerie-pays-guerrier/






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PostPosted: Fri 24 Jun - 18:42 (2016)    Post subject: Kateb Yacine/Mohamed Arkoun/Kamel Daoud/Boualem Sansal/Rachid Boudjedra Reply with quote

2/222
- Et ils t'interrogent sur la menstruation des femmes. - Dis : "C'est un mal. éloignez-vous donc des femmes pendant les menstrues, et ne les approchez que quand elles sont pures. Quand elles se sont purifiées, alors cohabitez avec elles suivant les prescriptions d'Allah car Allah aime ceux qui se repentent, et Il aime ceux qui se purifient" .
وَيَسْأَلُونَكَ عَنِ الْمَحِيضِ قُلْ هُوَ أَذًى فَاعْتَزِلُواْ النِّسَاء فِي الْمَحِيضِ وَلاَ تَقْرَبُوهُنَّ حَتَّىَ يَطْهُرْنَ فَإِذَا تَطَهَّرْنَ فَأْتُوهُنَّ مِنْ حَيْثُ أَمَرَكُمُ اللّهُ إِنَّ اللّهَ يُحِبُّ التَّوَّابِينَ وَيُحِبُّ الْمُتَطَهِّرِينَ 2/223 Vos épouses sont pour vous un champ de labour; allez à votre champ comme [et quand] vous le voulez et oeuvrez pour vous-mêmes à l'avance. Craignez Allah et sachez que vous le rencontrerez. Et fais gracieuses annonces aux croyants !
نِسَآؤُكُمْ حَرْثٌ لَّكُمْ فَأْتُواْ حَرْثَكُمْ أَنَّى شِئْتُمْ وَقَدِّمُواْ لأَنفُسِكُمْ وَاتَّقُواْ اللّهَ وَاعْلَمُواْ أَنَّكُم مُّلاَقُوهُ وَبَشِّرِ الْمُؤْمِنِينَ
4/34 Les hommes ont autorité sur les femmes, en raison des faveurs qu'Allah accorde à ceux-là sur celles-ci, et aussi à cause des dépenses qu'ils font de leurs bien. Les femmes vertueuses sont obéissantes (à leurs maris), et protègent ce qui doit être protégé, pendant l'absence de leurs époux, avec la protection d'Allah. Et quant à celles dont vous craignez la désobéissance, exhortez-les, éloignez-vous d'elles dans leurs lits et frappez-les. Si elles arrivent à vous obéir, alors ne cherchez plus de voie contre elles, car Allah est certes, Haut et Grand !
الرِّجَالُ قَوَّامُونَ عَلَى النِّسَاء بِمَا فَضَّلَ اللّهُ بَعْضَهُمْ عَلَى بَعْضٍ وَبِمَا أَنفَقُواْ مِنْ أَمْوَالِهِمْ فَالصَّالِحَاتُ قَانِتَاتٌ حَافِظَاتٌ لِّلْغَيْبِ بِمَا حَفِظَ اللّهُ وَاللاَّتِي تَخَافُونَ نُشُوزَهُنَّ فَعِظُوهُنَّ وَاهْجُرُوهُنَّ فِي الْمَضَاجِعِ وَاضْرِبُوهُنَّ فَإِنْ


 

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PostPosted: Tue 12 Jul - 10:43 (2016)    Post subject: Kateb Yacine/Mohamed Arkoun/Kamel Daoud/Boualem Sansal/Rachid Boudjedra Reply with quote

La démocratie est-elle possible chez les « arabes » ? Par Kamel Daoud« Je crois que nous sommes inaptes à la démocratie » soupire Hmed, 44 ans, informaticien à Oran. En face, sa télé et le spectacle de la semaine : le putsch en Egypte. Est-ce un coup d’Etat ? Un peu, beaucoup, pas tellement. Le cas pose la grave question du sens : si on laisse un islamiste gouverner au nom de la démocratie, il tue la démocratie puis tue le temps. Si on l’évince, on tue la démocratie et il devient victime de notre arbitraire. Si on laisse Morsi et les siens, l’Egypte deviendra un califat, un Afghanistan puis un rien du tout traversé de sables et de coupeurs de mains, violeurs de filles. 
Si on l’arrache du Pouvoir, on arrache avec lui la fleur fragile des premières libertés de voter et de choisir. Dès le début de son mandat Morsi a mal géré, s’est octroyé des pouvoirs au-dessus de la Constitution et a cru gouverner les 100% de l’Egypte avec les 52% de ses électeurs. Vision myope mais absolutiste, erreur optique de tous les islamistes au Pouvoir : puisqu’ils détiennent la vérité, ils n’ont pas à négocier avec les autres. Donc, quelques mois plus tard, Morsi a récolté ce qu’il a semé : le désordre, la ruine et la division. Il a été extrémiste dans son déni, faisant passer sa « légitimité » avant l’intérêt de son pays. Grande tradition des égoïsmes de nos régimes.
Et on aura beau faire tourner le cas de l’Egypte dans sa propre tête, il n’y pas d’issue vers le bonheur. La raison ? On se trompe peut-être de géographie : la démocratie est une belle loi de sécurité et de justice mais elle a des conditions. En Egypte ou ailleurs, la faute revient peut-être aux électeurs dans le monde dit arabe : pour être électeur, il faut être citoyen et pour être citoyen, il ne faut pas être seulement client, sujet ou croyant. Or l’électeur chez nous n’existe pas, à peine ou depuis si peu. Il vote mal, ou bien, ou attend trop ou ne demande pas assez. Le trouble du vote est lié aux troubles de la citoyenneté et des droits. Perspectives en abime : pour avoir des citoyens, il faut avoir des écoles qui donneront des électeurs. Mais pour avoir des écoles valables, il faut avoir des idées, une vision du monde et de la justice, un but dans la vie, une raison fondée, des droits. Et pour avoir ce qui précède, il faut avoir la démocratie. Cercle vicieux.
C’est ce qui a fait soupirer H’med l’informaticien : tout pousse à croire au fatalisme du « nous ne sommes pas fait pour la démocratie ». Rien ne nous y encourage, ni la religion, ni l’histoire passée, ni nos régimes, pas même nos révolutions et encore moins les urnes, l’actualité ou le besoin de sécurité pour tous. On vote et se sont des islamistes qui prennent le pouvoir puis tue la démocratie. On ne vote pas, et c’est la dictature ou l’exil. On refuse que les islamistes prennent le pouvoir par la main et la démocratie par les cheveux et se sont les militaires qui arrivent avec leurs tanks et leur communiqué numéro 1. Pas d’issues presque.
On vote par la « rue », le char est un bulletin et la barbe est le résultat des urnes.
Rien ne semble faire accroire que la démocratie est valable pour nous, chez nous, par nous : ni nos vies de famille, nos rapports de couples ou à l’espace public, ni nos traditions mortes et tueuses et encore moins « les printemps arabes » ou les serments des militaires. Le soupir de Hmed est le résumé d’un siècle de tentatives. Cela veut dire que c’est impossible pour certains. D’autres croient que c’est un cycle lent et douloureux. D’autres regardent sans rien dire car cela ne veut plus rien dire ce qui se passe.
Le cas Morsi est le sujet de la semaine et du siècle nouveau car il pousse à redéfinir la démocratie, les moyens de la défendre et de la définir et les sens à lui donner. Le monde des idées est certes beau, mais on vit dans le réel qui oblige à trancher : et entre ma mère et la justice, je choisis ma mère. C’est à dire entre le pays et les droits de Morsi, je choisis mon pays. C’est à dire entre la légitimité d’un Président et la légitimité d’une nation, je choisis la légitimité d’une nation.  Le pays passe avant les urnes et c’est ce que Morsi l’islamiste n’a pas voulu comprendre. L’histoire retiendra aussi qu’il n’a pas eu la générosité de sacrifier sa légitimité pour éviter à l’Egypte de sombrer dans le chaos. Qu’est-ce qu’un pays pour un islamiste ? Un tapis de prière qu’il peut dérouler même au désert. Contrairement au reste du peuple.
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Lettre aux Musulmans, par Tahar Ben Jelloun



Texte publié dans Le Monde du samedi 30 juillet 2016

Par Tahar Ben Jelloun

L’islam nous a réunis dans une même maison, une nation. Que nous le voulions ou non, nous appartenons tous à cet esprit supérieur qui célèbre la paix et la fraternité. Dans le mot « islam » il y a la racine du mot « paix ». Cet aspect a été gommé. C’est violence et brutalité qui apparaissent.

Même si c’est le fait d’un seul individu, les Musulmans sont embarqués dans l’ouragan de la barbarie. La notion de paix est trahie, déchirée et piétinée par des individus qui prétendent appartenir à notre maison et qu’ils ont décidé de la reconstruire sur des bases d’exclusion et de fanatisme. Pour cela ils ont recours à l’assassinat d’innocents. Aucune religion ne permet un tel détournement, une telle cruauté.

LIRE AUSSI: Réponse d’un musulman à la lettre de Tahar Ben Jelloun

Aujourd’hui, une ligne rouge a été dépassée : entrer dans une église, dans une petite ville de Normandie, et s’en prendre à vieil homme, un prêtre, l’égorger comme un vulgaire mouton, puis essayer la même chose avec une deuxième personne, la laisser gisant dans son sang, entre la vie et la mort, crier le nom de Daech puis mourir, c’est une déclaration d’une guerre d’un genre nouveau, une guerre de religion. Nous savons combien ça dure et comment ça se termine. Mal, très mal.

Alors, après les massacres du 13 novembre à Paris, ensuite le massacre de Nice et d’autres crimes individuels, voilà que la communauté musulmane, vous, moi, nos enfants, nos voisins, pratiquants ou pas, croyants ou pas, sommes sommés de réagir. Il ne suffit pas de s’insurger verbalement, de s’indigner encore une fois et dire « ça, ce n’est pas l’islam », non, cela n’est plus suffisant et de plus en plus de gens ne nous croient pas quand on dit que l’islam est une religion de paix et de tolérance.

Nous ne pouvons plus sauver l’islam, ou plutôt si nous voulons le rétablir dans sa vérité, dans son histoire, si nous voulons démontrer que l’islam ne consiste pas à égorger un prêtre, alors il faut sortir en masse dans les rues et s’unir autour du même message : dégageons l’islam des griffes de Daech.
Nous avons peur parce que nous sommes en colère. Mais notre colère est le début d’une résistance, voire d’un changement radical de ce qu’est l’islam en Europe.

Si l’Europe nous a accueillis, c’est parce qu’elle avait besoin de notre force de travail. Si la France a décidé le regroupement familial en 1975, c’est pour donner à l’immigration un visage humain. Alors, il faudra nous adapter aux lois et droits de la république.
Nous devons renoncer à tous les signes provocants d’appartenance à la religion de Mahomet. Nous n’avons pas besoin de couvrir nos femmes comme des fantômes noirs qui font peur aux enfants dans la rue. Nous n’avons pas le droit d’empêcher un médecin homme d’ausculter une musulmane. Nous n’avons pas le droit de réclamer des piscines rien que pour des femmes. Nous n’avons pas le droit de laisser faire des criminels qui ont décidé que leur vie n’a plus d’importance et qu’ils l’offrent à Daech.

D’autre part, nous devons parler, mettre en garde ceux parmi nous qui sont tentés par l’aventure criminelle de Daech. Ce n’est pas de la délation. Au contraire c’est un acte de courage pour assurer la sécurité de tous. Vous savez bien que dans chaque massacre, des Musulmans innocents sont parmi les victimes. Notre vigilance doit être tout azimut.
Alors que les instances religieuses bougent et fassent descendre dans la rue des millions de citoyens appartenant à la maison de l’islam, qu’ils soient croyants ou pas, et qu’ils disent haut et fort que cet ennemi qui égorge un prêtre fait couler le sang de l’innocent sur le visage de l’islam.

Si nous continuons à regarder passivement ce qui se trame devant nous, nous serons tôt ou tard complices de ces assassins.
Nous appartenons à la même nation, ce n’est pas pour autant que nous sommes « frères ». Mais pour le moment, pour prouver que cela vaut la peine d’appartenir à la même maison, la même nation, réagissons, sinon il ne nous restera plus qu’à faire nos valises et retourner dans le pays natal.

Lire aussi: Tahar Ben Jelloun-Jalil Bennani: regards croisés
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Islamisme ou judéo-christianisme

Pierre Rastoin29 Février 2016

Libre opinion de nos lecteurs, femme, islam Actualité



Témoignage chrétien souhaite ouvrir le débat en publiant cette libre opinion de Pierre Rastoin, à propos de Kamel Daoud. Ce dernier a en effet décidé d'abandonner le journalisme suite à de nombreuses critiques. Dans une tribune publiée le 28 février 2016 dans Libération, la romancière franco-tunisienne Fawzia Zouari prenait sa défense. Nous donnons la parole à Pierre Rastoin.

Dans le Monde du 5 février dernier, l'écrivain algérien Kamel Daoud (Meursault, contre-enquête), également rédacteur en chef de l'Echo d'Oran, a publié une tribune retentissante, Cologne, lieu de fantasmes, d'autant plus courageuse qu'il continue à vivre en Algérie. La tourmente médiatique qui l'a suivie a été tellement intense qu'elle a poussé K. Daoud à annoncer qu'il renonçait à son métier de journaliste : dommage !

Il est intéressant de comparer la conception de la femme, vue par les islamistes d'après K. Daoud, et celle qu'essaie de développer notre Occident, façonné depuis des siècles, par ses sources judéo-chrétiennes :

D'après Kamel Daoud :
… Le rapport à la femme est le nœud gordien, le second dans le monde d'Allah. La femme est niée, refusée, tuée, voilée, enfermée ou possédée. Cela dénote un rapport trouble à l'imaginaire, au désir de vivre, à la création et à la liberté. La femme est le reflet de la vie que l'on ne veut pas admettre. Elle est l'incarnation du désir nécessaire et est donc coupable d'un crime affreux : la vie.
C'est une conviction partagée qui devient très visible chez l'islamiste par exemple : l'islamiste n'aime pas la vie. Pour lui, il s'agit d'une perte de temps avant l'éternité, d'une tentation, d'une fécondation inutile, d'un éloignement de Dieu et du ciel, et d'un retard sur le rendez-vous de l'éternité. La vie est le produit d'une désobéissance et cette désobéissance est le produit d'une femme. L'islamiste en veut à celle qui donne la vie, perpétue l'épreuve, qui l'a éloigné du paradis par un murmure malsain et qui incarne la distance entre lui et Dieu. La femme étant donneuse de vie et la vie étant perte de temps, la femme devient la perte de l'âme…

Partant du texte de la Genèse (selon la traduction, très littérale, d'André Chouraqui) :
Ch.1 :…26, Elohims dit :"Nous ferons Adâm (le Glébeux) à notre réplique, selon notre ressemblance. 27, Elohims crée le glébeux à sa réplique, à sa réplique il le crée, mâle et femelle il le crée…

Ch. 2 : 18, YHWH dit : il n'est pas bien pour le glébeux d'être seul ! Je ferai pour lui une aide… 21, YHWH fait tomber une torpeur sur le glébeux.., il prend un de ses côtés et ferme la chair dessus. 22, Il bâtit le côté qu'il avait pris, en femme… 23, Le glébeux dit : "celle-ci, cette fois c'est l'os de mes os, la chair de ma chair, à celle-ci sera criée femme (isha) car de l'homme (ish) elle fut prise. 24, Sur quoi l'homme abandonne son père et sa mère, il colle à sa femme et ils sont une seule chair…
Et il faudra la "faute", la connaissance du bien et du mal, pour que la femme dépasse son simple rôle d'aide, de compagne de l'homme et que Dieu fasse, lui, un geste maternel :
Ch. 3 : 20, Le glébeux crie le nom de sa femme : Hava (la vivante). Oui, elle est la mère de tous les vivants. 21, YHWH fait à l'homme et à la femme des vêtements de peau et les en vêt.
C'est seulement maintenant qu'elle reçoit un nom propre Eve (Hava). Elle est désormais non seulement la vivante mais aussi celle qui donne la vie, la mère de tous les vivants.

De ces textes fondateurs, rédigés par les sages d'Israël vers le 6/7ème siècle BC, sur des traditions beaucoup plus anciennes, sont sorties deux conceptions majeures de notre civilisation judéo-chrétienne, même s'il leur fallut beaucoup de temps pour arriver à maturité… :
•la femme, créée avec l'homme, lui est égale en dignité, même si leurs rôles sont différents et complémentaires. Et, notamment le couple homme/femme prime sur la relation parentale (fin du patriarcat).
•La femme joue un rôle majeur dans la transmission de la Vie, pulsion première de tout vivant (végétal ou animal), voir le récit de la création au tout début de la Genèse. Le judéo-chrétien aime la vie. Ce sera rappelé dans la fameuse exhortation de Moïse au peuple hébreu en Dt 30 : Vois, je te propose aujourd'hui vie et bonheur, mort et malheur… Choisis donc la Vie !

Ces deux conceptions sont en opposition radicale avec celles que préconisent les "islamistes", voire l'islam traditionnel !

Photo : © Claude Truong-Ngoc / Wikimedia Commons
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Islam: il suffirait d’écouter
photo courtoisie wikipédia Boualem Sansal



Joseph Facal
Jeudi, 15 septembre 2016 05:00 MISE à JOUR Jeudi, 15 septembre 2016 05:00




De toutes les idées que j’essaie de transmettre à mes étudiants, il y en a une qui s’avère particulièrement difficile.

Je leur dis que chacun a droit à son opinion, mais que cela ne veut pas dire que toutes les opinions se valent.

Il y a des opinions qui ne reposent sur rien ou presque, alors que d’autres s’appuient sur une connaissance approfondie du sujet par celui qui parle.

Ce relativisme, qui s’interdit de juger ou qui fait de chacun le seul juge qui compte, est la vraie idéologie dominante de notre époque.

Ce refus de hiérarchiser les opinions en fonction de leur crédibilité n’est nulle part plus évident que dans le débat sur l’islam et l’islamisme.

Témoignages

On ne compte plus les intellectuels de culture musulmane qui nous mettent en garde: Abdennour Bidar, Kamel Daoud, Boualem Sansal, Malek Chebel et tant d’autres.

Certains travaillent à moderniser l’islam. D’autres décodent les façons dont l’islamisme radical étend sa toile dans nos sociétés.

Désolé, mais leur témoignage a plus de poids que d’autres. Parfois, ils ont vu monter dans leurs pays d’origine ce qui se répand en Occident.

Mais non, le relativisme, qui carbure aussi à la peur d’être taxé des pires noms, met leurs voix sur le même pied que n’importe quelle ânerie.

Boualem Sansal, par exemple, nous dit: «L’islamisme sait s’adapter; il se fiche de la culture du pays; il veut la détruire et imposer la sienne.»

Voyez Bassam Tibi, aujourd’hui âgé de 72 ans. Né en Syrie, il habite en Allemagne depuis 1962.

Pendant son enfance, dit-il, il a lu le Coran et imbibé cet antisémitisme virulent qui imprègne tout le Moyen-Orient.

Venu en Allemagne pour ses études, il y est resté. Professeur de relations internationales à l’université de Göttingen, il a écrit plus d’une trentaine de livres et enseigné à Princeton, Yale et Berkeley.

Non, ce n’est pas une opinion qui en vaut bien une autre.

Il a longtemps plaidé pour un euro-islam. Il n’y croit plus guère.

Échec

En Allemagne, dit-il, le nombre de nouveaux arrivants et leur profil sont tels que la majorité ne s’intégrera pas et s’entassera dans des enclaves urbaines où régneront le refus de la démocratie, le fanatisme religieux, la misogynie et l’antisémitisme.

Une part du blâme revient, dit-il, au gouvernement allemand, qui s’est imaginé que l’intégration se résume à un emploi et à la maîtrise de la langue. Exactement la même funeste méprise que chez nous.

La clé, dit-il, c’est un nombre raisonnable et l’adhésion à l’identité de la société d’accueil, ce qui suppose qu’une société dise clairement ce qu’elle accepte et ce qu’elle refuse, et donc qu’elle tourne le dos au relativisme multiculturel.

Dans une récente entrevue, il disait avoir longuement conversé avec 10 jeunes Syriens fraîchement arrivés en Allemagne.

Deux parlaient déjà allemand, allaient bien et lui rappelaient sa propre jeunesse.

Les huit autres lui ont dit: «Allah nous a donné l’Allemagne comme refuge, pas les Allemands.»
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PostPosted: Tue 1 Nov - 21:48 (2016)    Post subject: Kateb Yacine/Mohamed Arkoun/Kamel Daoud/Boualem Sansal/Rachid Boudjedra Reply with quote

▬ Tahar Djaout ▬
♦ Lettre de Tahar Djaout à Mouloud Mammeri (Lettre à Da L’mulud)
Cette lettre a été écrite par Tahar Djaout après la mort ( 25 février 1989) de Mouloud Mammeri en 1989 et a été publié par AWAL.
- Comme il va être dur de devoir désormais parler de toi au passe! Quelques heures après ta mort, que ta famille et tes amis ignoraient encore, un universitaire qui venait d’assister a ce colloque d’Oujda d’ou tu revenais toi aussi m’entretenait de toi. Il me disait, entre autres, que tu avais passe sept heures a la frontière; trois heures et demie du cote algérien et autant du cote marocain. En dépit de ce que tu as donne a la culture maghrébine, tu demeurais un citoyen comme les autres, un homme qui n’a jamais demande de privilèges qui a, au contraire, refuse tous ceux qui lui ont été proposes. Depuis le prix littéraire qui a couronne ton premier roman et que tu as refuse d’aller recevoir, tu t’es méfie de toutes les récompenses parce que tu savais qu’elles demandaient des contreparties. Tu n’étais pas de ces écrivains qui voyagent dans les délégations officielles, dans les bagages des ministres ou des présidents, et qui poussent parfois le cynisme jusqu’a écrire, une fois rentres, des articles contre les intellectuels aux ordres des pouvoirs !
- Tes rapports avec le pouvoir (tous les pouvoirs) ont été très clairs; une distance souveraine. Tu étais, au lendemain de l’indépendance, président de la première Union d’écrivains algériens. Mais le jour ou l’on était venu t’informer que l’Union allait passer sous l’autorité du Parti, tu avais remis le tablier avec cette courtoisie seigneuriale qui t’est coutumière. Tu n’acceptais aucune contrainte, aucun boulet a ton pied, aucune laisse a ton cou. Tu étais par excellence, UN HOMME LIBRE. Et c’est ce que AMAZIGH veut dire. Cette liberté t’a coûté cher. De toute façon, tu en savais le prix et tu l’a toujours accepte. Tu as été peut-être le plus persécute des intellectuels algériens, toi l’un des fils les plus valeureux que cette nation ait jamais engendres. Le soir ou la télévision avait annonce laconiquement et brutalement ta mort, je ne pus m’empêcher, en dépit de l’indicible émotion, de remarquer que c’était la deuxième fois qu’elle parlait de toi; la première fois pour t’insulter lorsque, en 1980, une campagne honteusement diffamatoire a été déclenchée contre toi et la deuxième fois, neuf ans plus tard, pour nous annoncer ta disparition. La télévision de ton pays n’avait aucun document a nous montrer sur toi; elle ne t’avait jamais filme, elle ne t’avait jamais donne la parole, elle qui a pérennise en des kilomètres de pellicule tant d’intellectuels approximatifs, tant de manieurs de plume aux ordres du pouvoir.
- Mais je vais clore la le chapitre navrant et long des brimades. Ce serait faire affront a ta générosité et a ta noblesse d’âme que de m’attarder a l’énumération des injustices, des diffamations qui glissaient sur toi comme de simples égratignures, qui te faisaient peut-être mal a l’intérieur mais ne transparaissaient pas. Tes préoccupations étaient ailleurs, tu avais autre chose a faire. Et puis, tu respectais trop les autres, même lorsqu’ils te faisaient du mal. Sans avoir jamais prétendu donner de leçon, ta vie, ton comportement, ton courage et ton intégrité constituaient en eux mêmes un exemple et une leçon. C’est pourquoi, toi l’homme modeste et brillant qui ne se montre gène et pris de court que lorsqu’il s’agit de lui-même, tu as toujours été au coeur de ce qui fait ce pays. Et les 200 000 personnes venues de toute l’Algérie escalader ces « chemins qui montent » pour t’accompagner a ton ultime demeure au coeur du Djurdjura témoignent en quelque sorte de cela. Toi l’homme pacifique et courtois, toi qui ne claques les portes que lorsqu’un pouvoir ou une chapelle quelconque tente de t’embrigader, tu as aide, non par des déclarations fracassantes, mais par ta lucidité, par ton travail intellectuel minutieux et soutenu, au lent cheminement de la tolérance et de la liberté.
▬ Qui peut oublier les débuts de l’année 80 ? Des hommes qui nient une partie de la culture de ce peuple (tout le monde heureusement a oublie leurs noms, car ce ne sont pas des noms que l’histoire retient) t’interdisent de prononcer une conférence sur la poésie kabyle. De partout, de Bejaia, de Bouira, de Tizi-Ouzou, la Kabylie se lève pour défendre ses poètes. Et c’est toute l’Algérie qui, peu a peu, année après année, rejettera les baillons, les exclusions, les intolérances, la médiocrité et qui un jour d’octobre descendra dans la rue pour l’affirmer en versant une fois encore son sang. Toi, l’humaniste sceptique et indépendant qui n’a jamais assené de vérité, qui n’a jamais juge personne, tu étais, presque malgré toi, en amont d’une prise de conscience.▬
- Et voici que nous devons désormais nous passer de ta présence chaleureuse et brillante, de ta superbe intelligence, de ta bonne humeur a toute épreuve, de ton endurance physique (on peut difficilement t’imaginer malade, par exemple) qui te faisait faire des centaines de kilomètres par jour pour aller donner bénévolement une conférence et remonter tout de suite après dans ta voiture. Tu es mort au volant de ta 205 (une voiture de jeune) comme le jeune homme fougueux que tu as toujours été. Sois rassure, Da Lmulud, la dernière image que je garderai de toi ce n’est pas celle, émouvante, du mort accidente que j’ai vu mais celle de ce jeudi 16 février ou nous nous étions retrouves avec d’autres amis a Ighil-Bwamas pour discuter du tournage d’un film. Tu étais élégant et alerte comme toujours, en tennis. Tu étais le premier au rendez-vous. Tu nous plaisantais sur notre retard, disant que tu croyais te tromper de jour. Tu étais aussi le premier a repartir, toujours disponible et toujours presse. Tu avais beaucoup de choses a faire, a donner a cette culture que tu as servie généreusement, sans rien demander en retour, supportant au contraire avec dignité les brimades que ton travail t’attirait. Tu étais impatient en ce jeudi 16 février comme si tu savais déjà que le temps pressait. Je te vois monter dans ta 205 et démarrer bruyamment sur la route difficile tandis que nous étions encore a bavarder. C’était la dernière fois que je devais te voir vivant.
- La jeunesse assoiffée de culture et de liberté t’a toujours reconnu comme l’une de ses figures symboliques, quelques intellectuels et artistes t’ont toujours témoigne amitié, respect ou admiration dans les moments les plus difficiles. Mais ces derniers mois, c’est tout le monde intellectuel et médiatique algérien qui a commence a comprendre ton importance et qui a recherche ton point de vue. C’est vrai que certains medias, qui avaient peur de « se compromettre », te sont demeures fermes jusqu’a ta mort. Mais que de projets auxquels des gens voulaient t’associer ! que de journaux t’ont interviewe ! Et toi, porte et comme enivre par cette brise de liberté, tu te démenais, tu prenais ta voiture, sillonnais les routes et te rendais partout ou l’on te sollicitait. Oran, Ain-El-Hammam (ou tu devais rendre hommage a Si Mohand ou Mhand et ou l’on t’avait offert un burnous), Bejaia. Et enfin Oujda. Au mois de janvier, a Bejaia, ta conférence sur la culture berbère a draine tellement de monde qu’aucun édifice ne pouvait le contenir. Et c’est dans le stade de la ville que des milliers de gens t’ont écoute et ont discute de leur culture. Quelle belle revanche sur l’interdiction de ta conférence en 1980 ! Quel trajet parcouru depuis cette date sur le chemin de l’expression libre !
- Je te revois a cette époque ou nous préparions l’entretien qui allait paraître aux éditions Laphomic. Je me rappelle la vivacité de ton intelligence, ton sens de la repartie, ta pudeur et ta gène lorsque nous sortions du domaine de l’esthétique ou des idées et que je te demandais de parler de toi-même ( ton combat nationaliste, par exemple, ton militantisme au MTLD, ce que tu as souffert durant la guerre, tu ne les évoquais jamais même lorsqu’on te contestait ton passe ou qu’on t’en fabriquait un autre ). Je me rappelle surtout ta jeunesse indéfectible. Je nous revois prenant des glaces dans l’un de ces innombrables salons de thé qui encombrent la rue Ben M’hidi ou dans le café « Le Véronèse » a Paris.
- Tu seras toujours près de nous, éternel jeune homme des Ath Yenni et d’Algérie. Qim di lehna / Tahar Djaout / 25 février 1989.
Photo: Tahar Djaout
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▬ Kamel Daoud ▬
♦ Comment mesurer la grandeur d'un peuple quand il est assis ?
Même cycle: les propriétaires d'Alger lancent une date d'élections puis lancent des crieurs publics lever la foule et la rabattre vers les urnes. Avec presque les mêmes cris amazoniens: c'est un Devoir, l'Algérie a besoin de vous, vous êtes un grand peuple, le monde vous envie, c'est un moment historique. Puis une partie de la foule va voter et les gens d'Alger reviennent à Alger avec le chiffre magique de la participation, s'esclaffent et continuent. Il y a dans les mœurs du régime une routine qui commence à devenir lassante: on vote de plus en plus souvent et pourtant ce sont toujours les mêmes gens qui gouvernent, de plus en plus longuement. Plus on vote, plus ils sont là. Paradoxe des dictatures: c'est l'acte de ne pas voter qui fait changer les choses. Voter, c'est persister. Dans l'erreur.
Comment les propriétaires d'Alger voient le reste de l'Algérie ? Comme un acquis, une garantie contre les oppositions urbaines, comme un vaste réservoir d'acquiescements. Le bon peuple rural votera toujours dans le sens du régime. Avec le FLN ou sans. Il est obéissant, apeuré, manipulable, instinctuel et peu enclin aux changements. La géographie nationale est celle d'un vaste Douar entourant une seule ville blanche et hautaine. Pour les gens d'Alger, les propriétaires, le peuple vote pour le plus fort, c'est-à-dire pour le régime, l'uniforme, la force, le budget, l'Autorisation, le cachet humide, l'argent et le remplaçant de la France dans la symbolique de la hiérarchie. Le peuple ne vote pas pour les idées et le progrès. La seule fois où il a osé faire autrement en 90, il s'est fait punir affreusement; battu et «corrigé». Depuis, plus de dérives ni d'audace. Toutes les élections algériennes sont celles du parti unique national: elles se jouent entre assentiment ou abstention. Le pluralisme n'y entre pas en jeu. Le vote est un rite, pas un choix. Une sorte de Moubayaâ, plébiscite. Pas un exercice de liberté. Voter, c'est comme embrasser le baisemain, mais sans témoin, dans l'isoloir.
Le vacarme des élites urbaines peut faire illusion médiatique mais le Régime sait que c'est le Grand Douar national qui compte: c'est là qu'on réprime les nouveaux leaders et qu'on observe et signale l'émergence des oppositions et des clientélismes que l'on écrase dans l'oeuf. Le Vieux Régime a appris la leçon de l'erreur de la France coloniale: avec mille villages, on peut conquérir une ville. Puis la suivante. En Algérie, celui qui tient Alger et le Douar national, tient le pays. Le FLN est né dans un quartier d'Alger mais c'est surtout un puissant mouvement paysan qui connaît bien la paysannerie algérienne et ses instincts. Donc, on le fera avec nonchalance: on envoie les Ouyahia, les Belkhadem et les autres agiter un peu les dormants. Ces derniers parleront même avec l'insolence des vainqueurs au mouton vaincu: le printemps «arabe» est passé, nous sommes amis, le reste du monde est notre ennemi, vous c'est moi, le changement est une illusion, la démocratie est un complot, nous sommes toujours et pour toujours en 54 ou 62. Le temps ne passe pas et nous non plus. Ma «Révolution» nous unit, votre révolution nous séparera. Et puis on se repose, on laisse le poisson se multiplier et le temps se tasser puis on reprend le cycle de la cueillette.
D'ailleurs, en Europe du 15e siècle, on ne votait pas. On regardait passer les rois. Kamel Daoud / Novembre 2012.
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PostPosted: Fri 25 Nov - 15:38 (2016)    Post subject: Kateb Yacine/Mohamed Arkoun/Kamel Daoud/Boualem Sansal/Rachid Boudjedra Reply with quote

Kamel Daoud ▬
Mais d'où nous viennent les islamistes ?
La religion, c'est comme un appel en absence d'un numéro masqué : vous savez qu'on vous a appelé, mais vous ne savez pas qui. Alors, vous dites que c'est Allah, Dieu, Jéhovah, Bouddha ou le Râ. La révélation, c'est comme un SMS : cela doit vous dire tout, mais en trois lignes et 150 caractères. A vous d'interpréter. La foi est une ligne d'abonné. La croyance se recharge comme des unités. Trêve d'humour. Le sujet du jour est une question : pourquoi les islamistes sont des islamistes qui veulent imposer la chariâ partout ? Ils sont comme nous, vivent et respirent et vont aux toilettes. Pourquoi à un moment, ils se prennent pour les guichetiers du ciel et les émissaires de Dieu ? Pourquoi ils n'aiment pas la nudité, la femme, la liberté, le choix, l'homme, l'urne et le choix du choix ? Pourquoi ils sont comme ça : violents, laids, souffreteux et impénétrables aux nuances de l'humanité ? A quel moment un être humain devient un être islamiste ? Faute d'amour ? De bons livres ? D'accès à canal + ? D'attente déçue ? D'emploi ou de sens ? D'où viennent les Djihadistes justement ? Qui les enfantent ? D'où vient l'islamisme ?
Réponse : de l'école. Ensuite, plus profond, des livres qui sont en circulation, puis des chaines satellitaires religieuses, de la question palestinienne et des échecs sensuels et amoureux et de salaires et de voyages ratés. Ensuite ? Là, il faut le dire comme l'a dit un collègue : de l'Arabie Saoudite. Ce pays qui mange l'argent des pélerins crédules et vit d'être le PDG des Lieux Saints, qui exporte le pétrole vers l'Occident et le wahabisme vers le monde « arabe ». C'est de là que viennent ces idées qui empêchent les femmes de prendre le volant des voitures et les « arabes » de prendre le volant du monde. C'est de là que vient l'argent des élections, des maquis, des Djihadistes. Et ce n'est pas de la propagande bas de gamme pro-occidentale mais la réalité : ce pays exporte la mort et forme nos malades tueurs de lueurs et de levers de soleil. La source du Mal est là : dans ce pays qui lutte contre le terrorisme chez lui mais l'encourage ailleurs comme un désert qui avance. Les islamistes sont les petits pupilles de cette nation familiale : ils y tètent les idées noires et l'irrespect des libertés au nom d'une obligation de croyance. C'est dans ce pays, et son sosie l'Iran, que naissent ces fatwas qui nous ridiculisent et ces Cheikhs pervers chevillés à la libido par la tête la haine.
Car il faut se poser la question sur les « islamistes » et leur origine idéologique. Le rêve d'AQMI, c'est le remake pauvre de ce Royaume. La question a longtemps préoccupée le chroniqueur : d'où viennent les islamistes qui naissent comme nous avant de se transformer contre nous ? Qui a fait que des enfants se transforment en hideux guerriers d'AQMI et d'ailleurs ? Des idées. Des idées surtout qui viennent de ce pays de sable et de mort où un peuple entier est condamné à être serviteur des faux serviteurs de ces Lieux. Du coup, une conclusion : le vrai printemps arabe commencera le jour où ce foyer sombre sera éclairé par la révolte et le sursaut de son peuple qui tourne en rond autour d'une famille. C'est de là que nous viennent ces méchants tristes qui veulent emprisonner nos femmes, voler nos arbres, nous imposer les ablutions après les éternuements et nous faire croire que l'on peut marcher vers la lune, le front en semelle de leurs croyances. C'est le jour où l'on cassera le tabou derrière lequel se cache les Al Saoud pour se proclamer garants de nos croyances et gardiens des espaces sacrés, que nous entameront la marche du monde. AQMI et les autres ? Se ne sont que les enfants perdus de la monstrueuse paternité de ce Royaume. Il ne sert à rien de lutter contre le terrorisme sans s'avouer qu'il a une origine et des Pères fondateurs. Kamel Daoud / Avril 2012.
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Kamel Daoud ▬
♦ La togolisation et autres conjugaisons
C'est une liste de quelques verbes nouveaux du 20-21e siècle.
Se faire libaniser: être divisé par une guerre civile qui en arrive à émietter le pays en guerre de quartiers et de communautés, de voisins de palier puis de proches parents.
Se faire saddamiser: être envahi à cause de son pétrole et de sa grande gueule, être colonisé pour se faire démocratiser puis être découvert dans un trou à Tikritt. C'est aussi en forme directe: saddamiser, c'est mentir pour envahir. Dire que l'ennemi a des armes de destruction massive puis dire que je me suis trompé.
Se faire maliser: c'est être coupé en deux par des islamistes au nord et des incompétents au sud. Se faire maliser est aussi synonyme de se faire soudaniser: se faire couper en deux par l'international, cette fois. Maliser a aussi le sens d'aller en guerre chez les autres, faute de pouvoir mener bataille chez soi. C'est le cas de l'actuel Français François Hollande. Cela peut signifier aussi «encercler», attaquer, entreprendre ou feindre.
Etre algérianisé ? C'est perdre justement la nationalité algérienne et prendre celle d'une guerre civile pour cause d'interruption de processus électoral. Le pays «algérianisé» est un pays où on observe généralement une guerre civile avec la formule classique de «éradicateurs» contre réconciliateurs avec djihadistes contre tous. A le sens de «mauvaise passe», de blocage à grande échelle, d'isolement et de quarantaine. Peu usité après le 11 septembre 2001.
Moubarakiser: finir comme Moubarak. L'une des trois formules de sortie d'un dictateur «arabe»: être lynché (Kadhafi), fuir (benaliser) ou s'allonger sur une civière. Se faire moubarakiser, c'est se faire allonger sur une civière et être jugé sans fin et mourir sans fin aussi.
Benaliser: verbe inventé par les Tunisiens pour parler de la fuite de Ben Ali. Ils ont aussi inventé «se faire trabelsiser» les cheveux. Allusion à l'épouse coiffeuse devenue reine.
La syrianisation: mot synonyme de ventriloquie. Un pays meurt mais n'arrête pas de parler, de tuer et d'agir. La raison, il est «habité» par d'autres puissances occultes qui le «possèdent» au sens de possession diabolique. Se faire syrianiser, c'est ne plus avoir aucune volonté propre, être soutenu biologiquement par un être vivant parasite tiers, se décomposer mais ne pas tomber. Un peu comme les morts-vivants. Cela vient évidemment de Syrie: ce pays n'existe plus, son président est mort mais il continue de parler avec la voix du ministre des AE russe ou le président de l'Iran.
Afghaniser: se dit de sa femme. L'enterrer vivante à Tora-Bora, la voiler avec du métal, la frapper, la dépecer, lui faire manger des bombes. Lui couper la main puis lui demander de serrer la sienne.
Se faire otaniser: c'est être envahi pour son bien. Etre tué pour le bien de tous. Etre défendu contre soi-même et ses propres armes. Etre empêché de se massacrer. Se faire prendre en charge. S'emploie pour fécondation in-vitro et avec la même polémique: est-ce éthique ou pas ?
Se faire togoliser ? C'est partir en Afrique du Sud au nom de l'Afrique du Nord, comme l'équipe algérienne de foot, et perdre le match, perdre l'envie de revenir au pays, perdre l'envie d'avoir un pays, l'envie de vivre et l'envie de se rhabiller ou d'avoir un ballon ou un drapeau. Aucun lien avec le Togo ou seulement avec onze Togolais.
Se bahreiniser: servir du jus d'orange frais dans les prisons, et des coups de feu dans la rue. Se faire sous-traiter sa souveraineté par une puissance voisine comme l'Arabie Saoudite et être le pays exact de l'angle mort des révolutions «arabes». Signifie être invisible médiatiquement.
Se saheliser: devenir un désert vaste et monothéiste. Saheliser un touriste occidental veut dire le kidnapper puis le revendre ou le tuer s'il coûte trop à l'élevage. C'est manger les pays voisins pour faire grossir le sien. On sahelise un pays en détruisant ses mausolées, en coupant ses routes et ses têtes et ses mains et en le déclarant soumis à la chariâ et aux vents de sable. Signifie aussi remonter le temps. Synonyme indirect de maliser. Ou son antonyme. Kamel Daoud / 2013.


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♦ La théorie du complot : un banc public pour faire asseoir les peuples
Un autre ciel, un autre jour. Le fleuve le plus long du monde est Internet. Il coule hors du temps, d'un méridien à l'autre, gambadant sur les créneaux et les insomnies. De quoi y parle-t-on chez nous dans nos têtes ? du complot. Cette vaste théorie qui permet de ne rien faire, de juger le monde sans se juger, de parler pour ne rien dire et dire pour ne rien faire et accuser sans s'accuser et s'expliquer sans agir. La théorie du complot est la théorie favorite du monde dit « arabe », partout, depuis quelques temps. Tout ce qui se passe et se passera, selon les « complotophiles », est l'œuvre du sombre juif, du sionisme mondial, de l'Occident, des ennemis de l'islam ou du Club universel occulte, des forces noirs, des enfants de De Gaulle, de la CIA. Rien n'est notre faute à nous qui tuons nos terres par nos mains et nos crachats. Nous sommes tous manipulés et notre intelligence se limite à le signaler tout le temps au lieu d'en changer l'état. Car le théoricien de la « manipulation » ne fait rien contre la « manipulation » sauf répéter que c'est une manipulation. C'est une règle.
Quand on désigne l'islamisme comme source du mal, c'est l'Occident qui est inculpé et la cause est qu'il nous envie cette religion qu'il veut salir ou nous voler. Quand Daech tue en direct, on trouve des « failles » dans les vidéos de décapitations et on enjambe le crime par une collection de ricanements. Quand les frères Kouachi tirent dans le tas, on s'attarde sur les rétroviseurs et un carte d'identité oubliée dans une voiture. On oublie que l'un des meurtriers a même fait tomber l'une de ses chaussures et qu'il s'est baissé pour la ramasser en live et directe sur les images. Quand un alpiniste français est décapité, on accuse les « Services » ou un clan ou les ennemis de l'Islam Pur. Quand les autres marchent sur la lune, on plisse les yeux pour en douter comme des crocodiles nageant à sec. C'est ainsi, le complot est une vue de l'esprit ? Non, c'est juste qu'il faut appeler les choses par leur noms : suprématie, intelligence, études, stratégies. C'est la cause de la suprématie de L'Occident sur les esprits faibles et les nations fictives. Si on est manipulé c'est qu'on est faible et manipulables et malades et tordus et geignards. Donc la cause du mal n'est pas la manipulation mais le manipulé. Un argument qu'il faut répéter au complotiste en guise de premiers pas dans la thérapie de groupe pour les nations dites « arabes ».
Pour le reste, on arrête d'en déblatérer. La Palestine ? Et bien il faut construire un pays fort pour l'aider au lieu de jouer au photocopieur de la théorie sioniste, du cri « mort au juif ». On s'émeut pour 17 morts en France et pas pour 2000 morts au Nigéria ? Oui et toi tu as fais quoi pour ces 2000 morts ? Tu es sorti marcher et dénoncer ? Non. Le « complotiste » a pour sport favori de dénoncer les « dénonceurs », pas le mal. L'Occident est fourbe ? Mais bon sang l'occident est une nature, un empire. Il n'est ni juste ni injuste ; il est. On le subit parce qu'on n'a pas les moyens de lui tenir tête. Il faut arrêter d'en attendre une morale ou d'en espérer une sainteté. Un empire n'est pas un saint, mais une géographie qui mange les histoires des autres et les dévore. La France ? Chapitre favori des théoriciens du complot en Algérie.
Tout est la faute de la France. Oui ? Non : avant la France on était quoi ? Qui ? Une nation forte ? Une civilisation ? Un empire ? Une conquête de l'espace ? Et après la France ? On a fait de ce pays une Suisse ? Non. Et la liste est longue. Infinie en boucle dans la bouche de l'assis qui regarde le monde avec les yeux plissés et l'âme salissante. Fatigué de ce réflexe de déni qui sert aux « arabes » comme pagne pour cacher la cavité vide du crâne. Fatigués et en colère. C'en est devenu une névrose. Misère spirituelle. Panne de la source. Laideur des visages. Kamel Daoud / Janvier 2015.


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Moi, Boualem Sansal, je réponds à la lettre ouverte de Jean Daniel
Publié le 11-09-2012 à 10h09 - Modifié le 10-09-2012 à 17h35

79 réactions | 22925 lu

 Temps de lecture : 5 minutes


Par Boualem Sansal
Écrivain algérien
LE PLUS. Boualem Sansal a été privé du Prix du roman arabe pour "Rue Darwin", au motif que le romancier s’était rendu quelques semaines plus tôt au Festival international des écrivains de Jérusalem. Le prix lui a finalement été remis, sans dotation financière. Il répond ici à la "Lettre ouverte de Jean Daniel à Boualem Sansal" publiée par "Le Nouvel Observateur" le 19 juillet 2012.
É




Boualem Sansal à la cérémonie de remise du prix de la Paix des libraires allemands à Francfort le 16 octobre 2011 (LOHNES/SIPA).
 
Cher Jean,
 
Dans ta lettre, tu me parles des ambassadeurs arabes à Paris et de leur attitude dans l’affaire du prix du roman arabe 2012.
 
Je reconnais bien là ton élégance d’esprit et de cœur, jamais prise en défaut. "L’ennemi est à terre, laissons-lui la vie sauve, aidons-le à se relever", sembles-tu dire à propos de ces éminents diplomates. Tu trouves que la sanction est passée, ils ont été assez secoués par la démission du jury et la charge des médias. Ils sont embarrassés, dis-tu, ils n’étaient pas vraiment unanimes, et leur refus de me remettre le prix qu’un jury souverain m’avait loyalement décerné, finalement, loin de me causer du tort, m’a servi, il a fait de moi une star.
 
Dans ces États, les écrivains censurés
 
Tu es un maître pour moi, cher Jean, et je tirerais plaisir et honneur à te suivre dans ce raisonnement, mais je ne le peux pas, je ne veux pas être élégant, cela me tuerait de l’être. Je te rappelle que dans les États que ces ambassadeurs représentent à Paris, ville des lumières et de la littérature jusqu’à nouvel ordre, on censure les écrivains, on les surveille à les rendre fous, on les veut obéissants et obséquieux et, quand il plaît au chef, on les jette en prison, on les force à l’exil, et il arrive qu’on les pende.
 
Combien sont-ils à vivre encore dans leurs pays ? Aucun ou très peu, c’est la preuve que la situation est grave. Toute sa vie, ton ami Kateb Yacine le magnifique a été en butte à leurs méchancetés et il en est mort et à ce jour, son nom est interdit de cité. Pareil pour ton autre ami, l’immense Arkoun, honoré dans le monde entier, à qui le gouvernement algérien a refusé une simple tombe dans son petit village de Kabylie. Il est enterré à Rabat et on peut dire qu’il manque doublement aux siens.
 
N’oublions pas que parmi lesdits ambassadeurs, il y a celui qui représente Bachar El Assad, celui qui représente El Bachir, celui qui représente Bouteflika, celui qui représente les Saoud, celui qui… j’en tremble, il y a une année il était parmi eux, le représentant des Kadhafi père et fils !
 
Haine incommensurable
 
Ne nous trompons pas, le fond de l’affaire n’est pas Boualem Sansal, ni sa visite en Israël, ni ses vilains papiers, ni la Palestine, encore moins les Palestiniens, de tout cela ils se fichent comme d’une guigne, le fond, le vrai, le seul, c’est la haine incommensurable, dévorante, que ces gens portent à Israël, dans laquelle ils veulent nous embarquer tous, comme si Dieu le leur avait ordonné, comme s’il n’y avait de vie sur terre que dans la mort de ce pays. C’est cela, j’ai attenté à leur belle et merveilleuse Haine, élevée au rang de religion, avec sa profession de foi, ses sacrements, ses excommunications, ses mises à mort, et son clergé, c’est-à-dire eux, qui font et défont les lois et les vies. Si j’étais revenu d’Israël vomissant de dégoût et tremblant de colère, ils m’auraient médaillé et promu écrivain de génie.
 
Je suis heureux que tu cites Montherlant. Lui s’était converti à l’Algérie, le sait-on ? Il a écrit un livret sur Alger que tous les Algériens, de quelle que nationalité qu’ils soient et où qu’ils se cachent dans le monde, devraient posséder et apprendre par cœur. Son titre seul suffit pour le rendre indispensable à chacun : "Il y a encore des paradis".
 
Le dandy comte de Montherlant était venu à Alger pour quelques jours (la vie en Europe lui pesait, nous sommes dans les années 30, Hitler polluait l’atmosphère), et il est resté cinq longues années, chaque jour un peu plus entiché de son paradis. Il découvrit une vérité :
 
"Il existe une sorte de loi, qui veut que, lorsqu’un écrivain de valeur aime avec passion certain pays ou certain peuple, et que ses livres respirent cet amour, ce pays ou ce peuple, lui réponde par de l’animosité." 
 
Notre pays ou la vérité ?
 
Voilà cher Jean, nous en sommes là, il nous faut haïr pour être dans les bonnes grâces de nos amis. Tu en sais quelque chose, tes amours t’ont valu bien des critiques, ton amour pour l’Algérie, ton amour pour Israël. Et ma foi, on peut le comprendre, aimer très fort un pays, un peuple, c’est le distinguer, c’est l’élever dans son cœur au-dessus des autres, pour, toujours, être plus dur envers lui, et parfois, seulement parfois, être prêt à tout lui pardonner.
 
Qui aimes-tu le plus, ô étranger, notre pays ou la vérité ? La question a-t-elle une réponse autre que celle que lui a donnée Camus ? Ce Camus que tu portes si haut dans ton cœur, comme aussi tous les écrivains d’Algérie, Kateb, Mimouni, et les nouveaux, comme moi, que tu reçois si généreusement, dès lors qu’ils passent à Paris et sont à portée de ton téléphone. C’est ainsi que j’ai partagé avec toi quelques bons repas riches en goût et en fraternité, chez toi, rue Vanneau, et dans tes bureaux au "Nouvel Observateur". C’est émouvant comme tout, ces agapes en famille, pour les méditerranéens de "Là-bas" que nous sommes, pétris dans l’émotion.
 
Tu parles de l’hommage que nous t’avons rendu à Sciences Po. C’était un grand jour, je m’en souviens, j’étais très ému. Lakhdar Brahimi et Elie Barnavi ont été magnifiques et très justes. Je ne crois pas, pour ma part, avoir été brillant, du moins le cœur y était, mais qu’importe en vérité, le public n’était pas là pour nous, il venait t’écouter, toi, t’entendre décrypter pour eux les complexités du monde et leur donner quelques pistes pour trouver le chemin de l’espoir.
 
Tu étais impressionnant, seul sur la scène, assis sur une chaise devant une table d’écolier, parlant à voix basse à un public que tu as tenu en haleine une demi-heure durant. C’est étrange, j’en étais fasciné, tu leur parlais de ce qui obscurcit le monde et le rend inintelligible et dans leurs yeux brillait une lumière. "L’art est l’apothéose de la solitude" disait Beckett. Face au public, fut-il ami, on est seul. Mais après tu fus tellement entouré que nous qui t’avions rendu hommage fûmes oubliés, personne n’est venu nous questionner pour apprendre quelque chose de nous. "Devant l’arbre, on est dans l’ombre" aurait dit un proverbe africain.
 
Notre arme : l'indépendance
 
Il reste la question délicate de la récupération. Tu as bien raison, s’en garder est harassant, combattre ces gens manipulateurs et fourbes est en plus plein de dangers. Ils se sont donné tous les droits, y compris celui de tuer, et affirment les tenir de Dieu. Notre arme, l’indépendance, est bien dérisoire devant leur folie, mais bien assumée, publiquement, elle suffit à les tenir à distance. Comme dans la corruption qui ne fonctionne que si le corrupteur rencontre un corruptible, il n’y a de récupérateurs que parce qu’il existe des récupérables. Ils peuvent évidemment attenter à notre vie, mais c’est là une autre histoire.
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