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Religion et sciences : compromis ou impasse ?
 
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averoes



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MessagePosté le: Lun 25 Déc - 19:15 (2017)    Sujet du message: Religion et sciences : compromis ou impasse ? Répondre en citant

Même après une certaine distance chronologique vis-à-vis de la diffusion de cette vidéo, il va sans dire que le débat est toujours d’actualité, eu égard aux interrogations constamment suscitées par la controverse relative à la question de la relation entre l’Islam et la science, ou encore entre la foi et la raison (Fides et ratio). Ce cadre théorique, étant défini, il est, de facto, légitime de puiser dans le corpus intellectuel des grands penseurs de l’Islam les outils conceptuels nécessaires à la participation à la controverse à laquelle ont participé les deux débateurs présents dans cette vidéo : l’Islam est-il compatible avec la science ? Or, pour concrétiser cette référence à l'univers conceptuel des grands philosophes de l'Islam, quel meilleur exemple s'offre à nous que celui d'Ibn Rushd (l’Averroès des Latins).

Il est de notoriété historique qu’'Ibn Rushd cherchait à distinguer clairement entre deux procédés relatifs à la quête du Vrai pour montrer, en réalité, leur convergence dans l’aboutissement aux mêmes conclusions : la foi –croyance en un dogme dans l’adhésion à une révélation- et la science –au sens d’une connaissance fondée sur la raison (Fasl al-maqâl fîmâ bayna ashsharî'ati wa al-hikmati min al-ittisâl / Discours, ou traité, décisif sur l'accord de la religion et de la philosophie). En réalité, derrière le dessein de concilier deux modes de pensée résolument différents affirmant qu’ils peuvent atteindre les mêmes conclusions, il ne reculait pas devant une propension à émettre un discours et des idées volontairement échafaudés au-delà des capacités d’entendement des profanes, les non-initiés, en professant que la communication du savant envers l’élite intellectuelle doit s’opérer par le truchement d’un langage correspondant à leur haut degré d’intellection. Le fait que l’intelligibilité de ce discours soit inaccessible aux masses a pour vertu, selon lui, de les protéger contre d’éventuels égarements… Ne suggérait-il pas, in fine, qu’il valait mieux ne pas bousculer les masses dans leur compréhension de la foi, ce qui ne manque pas de rappeler, à certains égards, le concept d’impératif catégorique de Kant, eu égard au fait que le philosophe de Cordoue se souciait lui aussi de la cohésion sociale ? Avait-il un discours réservé à la seule élite ? Cela va sans dire. Quelle en était la teneur ? C’est une étude approfondie de l’œuvre du grand philosophe qui pourra nous le dire. Nous n’avons pas la moindre prétention de la conduire ici.
 
Que pense réellement Ghaleb Ben Cheikh ?

En revanche, ce bref rappel de la position d’Ibn Rushd dans cette controverse nous conduit naturellement à nous interroger sur celle de Ghaleb Ben Cheikh, tant celle-ci brille par son ambigüité. Avec la panoplie de termes savants (apophatisme, bijection, isomorphisme, antonomase…) dont il aime se gargariser et qui, en dépit de leur contribution en matière de précision sémantique, souvent ne s’imposent pas quant à l’intelligibilité du débat, notre ami, en versant volontiers dans le pédantisme, comme il le reconnaît lui-même, s’apparente indéniablement à un professeur de vocabulaire ; mais en matière d’islamologie, son apport ne saute pas aux yeux.

À cet égard, dire que la science –connaissance fondée sur le raisonnement et des méthodes d'investigation rigoureuses, vérifiables et reproductibles- et le discours religieux – ensemble de dogmes et postulats a priori non vérifiables par essence- ne relèvent pas du même registre épistémologique, n’est-ce pas énoncer un truisme ? Est-il encore besoin de rappeler que les deux discours ne s’adressent pas à la même instance de la conscience humaine ? D’ailleurs, si l’on se fie, de manière rigoureuse, aux deux acceptions du mot « épistémologie », communément admises par les spécialistes (étude critique des sciences ou théorie de la connaissance), le discours religieux s’accommoderait mal à la moindre considération épistémologique, puisqu’il n’est ni science, ni même une véritable connaissance au sens kantien du terme (ni connaissance empirique, ni connaissance a priori). Tant et si bien que l’usage de l’épithète « épistémologique » dans le cadre d’une éventuelle détermination du positionnement du discours religieux devient presque un abus de langage.

Contrairement à Nidhal Guessoum (astrophysicien musulman) qui, lui, a clairement opté pour une lecture interprétative du texte coranique lorsque celui-ci se trouve en contradiction avec les résultats de la recherche scientifique, Ghaleb Ben Cheikh ne semble avoir tranché pour aucune position pour essayer de résoudre certaines apories entre les deux discours. S'il proclame son refus du concordisme, il est difficile d'affirmer son "séparationisme" tant il nous conseille d'éviter « l'exégèse sauvage » et de ne pas perdre de vue « la tension linguistique » qui existe dans le texte coranique entre ce qui précède un verset ou un passage et ce qui suit ; ce qui donne à entendre qu'il est favorable à une lecture interprétative du texte de la révélation. Mais lorsqu'il revendique une certaine prudence quant au traitement de la tension dissymétrique qui existe bel et bien entre le discours scientifique et le discours coranique, sa propension à la circonspection est d’autant plus sibylline que sa proclamation de la nécessité de « revoir le statut même de la révélation » est absconse. Tant et si bien que le positionnement (ou plutôt l'absence de celui-ci), de Ghaleb Ben Cheikh dans cette controverse nous laisse sur notre faim.
 

 
Quant à notre ami Tarik Abou Nour (minute 49), est-il ignorant ou de mauvaise foi quand il voit la rotondité de la Terre dans le verset << والارض بعد ذلك دحاها >> (<< La Terre, après cela, Il l'a étendue. >>, 79/30, Tr. Blachère) ? Alors que tous les dictionnaires respectables expliquent que le mot << دحا >> (daa), lorsqu'il est employé avec le mot "terre", signifie simplement << étendre >>, << étaler >> << rendre horizontal >>, et que le coran dans d’autres endroits affirme la platitude de la Terre (وإلى الأرض كيف سطحت , 88/20 ) etc., n'a-t-il pas encore compris que l'élasticité de la langue n'est pas sans limite ? Au prix de quelle contorsion linguistique va-t-il s'échiner pour concilier l'inconciliable ? Faut-il lui rappeler qu’aucun scientifique ou intellectuel sérieux n’accorde le moindre crédit au concordisme ? Et, que fait-il de l’affirmation de Ben Cheikh, lui le physicien de formation, selon laquelle << La cosmogonie coranique est naïve… elle n’est pas conforme à ce qu’en dit l’astrophysique de nos jours…>> (1 : 04 : 36) ?

À cet égard, quel meilleur exemple pour illustrer que le concordisme est bel et bien une fadaise et que tout scientifique digne de ce nom préfère d’abord laisser ses convictions intimes au vestiaire avant d’entrer dans le laboratoire que celui de Georges Lemaître ? Bien qu'étant très actif dans l'église catholique, ce prêtre catholique belgeastronome et physicien, un des pères fondateurs de la théorie du Big Bang et de l'expansion de l'univers, n'a jamais fait de prosélytisme : par exemple, il ne faisait pas intervenir de dieu créateur dans le cadre de sa théorie de l'atome primitif. La vision qu'avait Lemaître entre science et religion peut se résumer à la réponse qu'il avait donnée au sujet de la création du monde qui aurait, selon la Bible, duré six jours alors que dans son modèle, l'univers avait plusieurs milliards d'années : << Il n'y a pas de raison d'abandonner la Bible parce que nous pensons maintenant que cela a peut-être pris dix milliards d'années pour aboutir à ce que nous croyons être l'univers. La Genèse essaye simplement de nous apprendre qu'un jour par semaine doit être voué au repos, à la prière nécessaire à notre salut. >> (D'après D. Lambert. Un atome d'univers. Édition Racine, 2000).

Une fois qu'on a dit ça, que fait-on ? Quelle herméneutique du Coran peut-on envisager, si tant est qu’il soit admissible le principe de celle-ci ? Comment faire une étude in globo de ce texte comme ne cesse de le marteler Ghaleb Ben Cheikh ? Quelle lecture allégorique peut-on faire du Coran, lorsque celui-ci se heurte à la science, sans tomber dans des arrangements linguistiques tirés par les cheveux ? Une telle lecture est-elle d’ailleurs légitime ?
 
Une herméneutique du Coran est-elle possible ?

Cela dépendra bien sûr d'un postulat de départ inévitable qui découlera nécessairement de la réponse à l'interrogation suivante : s'agit-il d'un texte divin ou non ? Qui en est l'auteur ?
Si l’on accorde un certain crédit au principe du rasoir d’Ockam, et si l’on considère avec un minimum de sérieux et d'honnêteté le verset 7 de la SOURATE 3 (AL-IMRAN), la lecture littérale s'impose et toute herméneutique devient impossible, dès lors que le texte se réclame clairement d'une origine divine.

<< C'est Lui qui a fait descendre sur toi l'Écriture. En celles-ci sont des aya confirmées (?) qui sont l'essence de l'Écriture, tandis que d'autres versets sont équivoques. Ceux au cœur de qui est une obliquité suivent ce qui est équivoque (?), dans l'Écriture par recherche du trouble et recherche de l'interprétation [de ces aya]. [Mais] l'interprétation de ces aya n'est connue que d'Allah, et ceux enracinés en la Science déclarent : "Nous croyons à cela. Tout émane de notre Seigneur ! ne s'amendent que ceux doués d'esprit.
Seigneur ! ne fais point obliquer nos cœurs, après nous avoir dirigés ! Accorde-nous grâce (rama) issue de Toi. Tu es, Toi, le Donateur.">>

SOURATE 3 : AL-IMRAN (LA FAMILLE D'IMRAN), verset 7.
Traduction de R. Blachère.
 
En dépit de la controverse née depuis l’émergence de « `lm al kalam » (théologie musulmane incarnée par les deux grandes écoles qu'étaient les Mu`tazilites et les Ach`arites) autour de la lecture de ce passage  ,[1] il est une lecture qui semble l’emporter eu égard au contexte et à la tonalité du verset : la lettre « wa » semble plutôt indiquer une reprise (position des Ach`arites) et non une conjonction de coordination (position des Mu`tazilites). C’est en tout cas la lecture qu’a adoptée, à juste titre nous semble-t-il, R. Blachère. Il en résulte que l’herméneutique du Coran devient un apanage exclusivement divin puisque toute tentative humaine d’interprétation s’inscrit nécessairement, selon ledit verset 7, dans une volonté de provoquer la « fitna » (trouble, discorde, dissension…).
 

 
Eu égard à toutes ces considérations, n'est-on pas fondé à se demander s'il est légitime de procéder à une lecture allégorique ? Et laquelle du reste conviendrait pour rendre acceptables ces versets qui semblent antinomiques par rapport aux découvertes scientifiques ?[2]
 
 Une impasse difficilement évitable

Pour relativiser toute référence à la pensée d'Averroès, il importe de rappeler que lorsque le philosophe de Cordoue prônait l’interprétation du texte coranique, l’état de la connaissance scientifique d’alors ne permettait pas d’établir clairement l’opposition entre le discours de la révélation et la science, comme c’est le cas de nos jours.
 

 
À cet égard, s’il faut reconnaître à Ghaleb Ben Cheikh une certaine hardiesse lorsqu’il proclame la non concordance entre le discours coranique et les résultats de la recherche scientifique, notamment en astrophysique, ce qui ne manque pas de porter un coup dur au dogme du Coran incréé, ce courage n’en demeure pas moins tronqué, dans la mesure où il ne débouche pas sur une franche prise de position, sur une reconnaissance de ce qui devrait découler logiquement d’une telle dissonance entre la science et l’islam. Car, comment ne pas considérer que la remise en question, ne serait-ce que d’une petite partie du texte révélé, ne finisse par conduire à une remise en question de l'ensemble de la révélation, puisque celle-ci se veut un tout parfait au regard de sa prétention à une origine céleste ?

Dès lors, il est à craindre que toutes les tentatives de Ghaleb Ben Cheikh pour essayer de sauvegarder la foi coranique, malgré sa disqualification par les résultats de la recherche scientifique, ne ressemblent à des coups d’épée dans l’eau. Il aura beau affirmer cette vérité, irréfragable en soi, consistant à dire que les deux discours (scientifique et religieux) ne relèvent pas du même registre épistémologique, comment ferait-il, sauf à buter sur une aporie, pour ne pas admettre que c'est le texte coranique lui-même qui situe le débat dans un même registre, puisqu'il recourt sans cesse à un paradigme scientifique qui interpelle la raison humaine en l’invitant à vérifier la validité de ses affirmations dans la recherche scientifique. 

 
D’ailleurs, Averroès ne s’y est pas trompé. Dans un souci de légitimation de la pensée philosophique (pensée rationnelle donc, au même titre que la science) face à l'offensive d'Al Ghazali, n’affirme-t-il pas que « la Loi religieuse invite et incite à s'instruire par la considération de l'univers. » « [...] car l’univers ne fait connaître l’Artisan que par la connaissance de l’art qu’il révèle, et plus la connaissance de l’art qu’il révèle est parfaite, plus est parfaite la connaissance de l’Artisan (Traité décisif, p.18/19).

Pour dire les choses de manière prosaïque, n’est-ce pas c’est le Coran lui-même qui fournit le bâton pour se faire battre ? Or, en s’accommodant d’une déclaration de principe, qui à bien des égards paraît relever d'une gageure[3], notre ami Ghaleb Ben Cheikh semble résolument tourner le dos à ces graves considérations.
  


[1] Voici les deux lectures objet de la controverse :
1- << […] mais nul n'en connaît l'interprétation sinon Dieu et les hommes d'une science profonde. Ces derniers disent : nous croyons en Lui…>>
OU :
2- << […] mais nul n'en connaît l'interprétation sinon Dieu. Et les hommes d'une science profonde disent : nous croyons en Lui…>>
 
[2] Versets relatifs à l'embryologie, la platitude de la Terre, âge de l'univers….

[3] Proposition qu'il aime ressasser : « C’est le statut même de la révélation qu’il faut revoir ».


Dernière édition par averoes le Mar 26 Déc - 20:05 (2017); édité 1 fois
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MessagePosté le: Lun 25 Déc - 19:15 (2017)    Sujet du message: Publicité

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yacoub
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MessagePosté le: Mar 26 Déc - 15:59 (2017)    Sujet du message: Religion et sciences : compromis ou impasse ? Répondre en citant



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Signature - Nouveau sujet, vérifier dans "Recherche" s'il n'existe pas. Il faut qu'il soit bien étoffé, un titre explicite, bien détaillé avec des preuves fiables et vérifiables


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MessagePosté le: Mar 26 Déc - 17:44 (2017)    Sujet du message: Religion et sciences : compromis ou impasse ? Répondre en citant

Bonjour Yacoub et merci pour l'accueil.

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