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Une vague d’athéisme dans le monde arabe
 
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Kamel
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MessagePosté le: Mar 28 Nov - 11:25 (2017)    Sujet du message: Une vague d’athéisme dans le monde arabe Répondre en citant

Le “califat islamique” a délié les langues. Les critiques ne visent plus seulement les mauvaises interprétations de la religion, mais la religion elle-même.

Dans le monde arabe, on pouvait certes critiquer les personnes chargées de la religion, mais critiquer la religion musulmane elle-même pouvait coûter la vie à celui qui s’y risquait, ou du moins le jeter en prison. Le mot d’ordre “l’islam est la solution” a été scandé durant toute l’ère moderne comme une réponse toute faite à toutes les questions en suspens et à tous les problèmes complexes du monde musulman.
Mais la création de l’Etat islamique par Daech et la nomination d’un “calife ayant autorité sur tous les musulmans” soulèvent de nombreuses questions. Elles mettent en doute le texte lui-même [les fondements de la religion] et pas seulement son interprétation, l’idée même d’une solution religieuse aux problèmes du monde musulman. Car, au-delà de l’aspect terroriste du mouvement Daech, sa proclamation du califat ne peut être considérée que comme la concrétisation des revendications de tous les partis et groupes islamistes, à commencer par [l’Egyptien fondateur des Frères musulmans], Hassan Al-Banna, au début du XXe siècle. Au cours de ces trois dernières années, il y a eu autant de violences confessionnelles en Syrie, en Irak et en Egypte qu’au cours des cent années précédentes dans tout le Moyen-Orient.
Cela provoque un désenchantement chez les jeunes Arabes, non seulement vis-à-vis des mouvements islamistes, mais aussi vis-à-vis de tout l’héritage religieux. Ainsi, en réaction au radicalisme religieux, une vague d’athéisme se propage désormais dans la région. L’affirmation selon laquelle “l’islam est la solution” commence à apparaître de plus en plus clairement comme une illusion. Cela ouvre le débat et permet de tirer les leçons des erreurs commises ces dernières années.
Peu à peu, les intellectuels du monde musulman s’affranchissent des phrases implicites, cessent de tourner autour du pot et de masquer leurs propos par la rhétorique propre à la langue arabe qu’avaient employée les critiques [musulmans] du XXe siècle, notamment en Egypte : du [romancier] Taha Hussein à [l’universitaire déclaré apostat] Nasr Hamed Abou Zayd.

Car la mise en doute du texte a une longue histoire dans le monde musulman. Elle s’est développée là où dominait un pouvoir religieux et en parallèle là où l’extrémisme s’amplifiait au sein de la société. [L’écrivain arabe des VIIIe-IXe siècles] Al-Jahiz et [l’écrivain persan considéré comme le père de la littérature arabe en prose au VIIIe siècle] Ibn Al-Muqaffa avaient déjà exprimé des critiques implicites de la religion. C’est sur leur héritage que s’appuie la désacralisation actuelle des concepts religieux et des figures historiques, relayée par les réseaux sociaux, lieu de liberté pour s’exprimer et débattre.
Le bouillonnement actuel du monde arabe est à comparer à celui de la Révolution française. Celle-ci avait commencé par le rejet du statu quo. Au départ, elle était dirigée contre Marie-Antoinette et, à la fin, elle aboutit à la chute des instances religieuses et à la proclamation de la république. Ce à quoi nous assistons dans le monde musulman est un mouvement de fond pour changer de cadre intellectuel, et pas simplement de président. Et pour cela des années de lutte seront nécessaires.
—Omar Youssef Suleiman
Publié le 3 octobre 2014 dans Aseef22 (extraits) Beyrouth


https://www.courrierinternational.com/article/2014/11/20/une-vague-d-atheis…
_________________
J'ai décidé de combattre l'islam ; s'il vous plaît comprenez ma déclaration : combattre l'islam, pas l'islam politique, pas l'islam militant, pas l'islam radical, pas l'islam wahhabite, mais l'islam en lui-même... L'islam n'a jamais été incompris, l'islam est le problème... (les musulmans) doivent comprendre qu'ils n'ont que deux choix : changer ou être écrasés.
(Wafa Sultan, psychiatre syrienne exilée aux USA)"


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MessagePosté le: Mar 28 Nov - 11:25 (2017)    Sujet du message: Publicité

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MessagePosté le: Mar 28 Nov - 17:05 (2017)    Sujet du message: Re: Une vague d’athéisme dans le monde arabe Répondre en citant

Kamel a écrit:
Le “califat islamique” a délié les langues. Les critiques ne visent plus seulement les mauvaises interprétations de la religion, mais la religion elle-même.
—Omar Youssef Suleiman
Publié le 3 octobre 2014 dans Aseef22 (extraits) Beyrouth
..........
https://www.courrierinternational.com/article/2014/11/20/une-vague-d-atheis…

Merci Kamel. Smile
Peu à peu les choses changent. Et avec l'arrivée du prince héritier saoudien, elles vont encore s'accélerer, probablement.


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MessagePosté le: Jeu 4 Jan - 21:45 (2018)    Sujet du message: Maryam Namazie : « Il y a un tsunami d'athéisme dans le "monde musulman" » (04.01.2018) Répondre en citant

http://www.lepoint.fr/societe/maryam-namazie-il-y-a-un-tsunami-d-atheisme-dans-le-monde-musulman-04-01-2018-2183922_23.php


ENTRETIEN. Cette Iranienne militante de la laïcité défend des apostats menacés de mort dans 13 pays et appelle son camp – la gauche – à ne pas les trahir.
Maryam Namazie a fondé en 2007 en Grande-Bretagne le Conseil des ex-musulmans, pour porter l’attention sur la situation des apostats.
Née à Téhéran en 1966, Maryam Namazie a quitté l'Iran après l'avènement de la République islamique en 1979. Cette femme de gauche, militante des droits de l'homme et des réfugiés, est devenue une passionaria de la laïcité et une farouche opposante au relativisme culturel. En 2007, elle fonde en Grande-Bretagne le Conseil des ex-musulmans, pour porter l'attention sur la situation des apostats, menacés de mort dans les États où s'applique la charia, et encore trop souvent obligés à la discrétion dans nos pays occidentaux. En juillet dernier, à Londres, Maryam Namazie a organisé une conférence sur la « liberté de conscience et d'expression », le plus grand rassemblement d'ex-musulmans de l'histoire. Entretien avec une combattante qui, depuis de longues années, déplore que son camp politique – les progressistes – fasse alliance avec des théocrates rétrogrades, bafouant ainsi la liberté d'expression au nom de « l'islamophobie », tout en trahissant les victimes de l'islamisme qui ne rêvent, eux, que d'universalisation de la laïcité.


Le Point : Vous avez grandi à Téhéran. Comment êtes-vous devenue athée ?




Maryam Namazie : Je suis devenue athée peu à peu. On peut arriver à l'athéisme par plusieurs chemins. Pour moi, cela a été la conséquence naturelle du fait de vivre dans une théocratie. Si Dieu me déteste à ce point, pourquoi croirais-je en lui ? La révolution iranienne était de gauche et il y avait beaucoup d'athées dans ce pays. Mais dans les années 1980 – la décennie sanglante –, beaucoup d'entre eux ont été exécutés après des procès sommaires. On leur demandait « croyez-vous en Dieu », et quand ils répondaient « non », on les sortait et on les abattait. Parfois, des centaines par jour. À titre personnel, je ne me suis jamais sentie ostracisée ou exclue du fait de mon athéisme. À vrai dire, c'est quand j'ai fondé le Conseil des ex-musulmans de Grande-Bretagne en 2007 que j'ai pour la première fois rencontré des personnes qui étaient effrayées de se dire athées, et beaucoup d'entre elles étaient nées sur le sol britannique. En Iran, il y a une réaction anti-islamique, et la critique ou les moqueries contre la religion sont plus normalisées qu'ici, en Grande-Bretagne. C'est évidemment ironique, sachant que l'apostasie, le blasphème et l'hérésie sont tous des délits passibles de la mort sous le régime islamique iranien.



Cela veut-il dire que même dans un pays comme la Grande-Bretagne, il est toujours difficile de quitter une religion comme l'islam ?
Cela n'est pas difficile pour tout le monde. Certains ont le soutien de leur famille, comme cela a été mon cas. Mais pour d'autres, cela reste toujours compliqué d'être considéré comme un apostat. On voit notamment beaucoup de jeunes qui doivent faire face à la violence, l'ostracisme et des menaces, tout cela parce qu'ils ne veulent plus être musulmans. Nous avons ainsi des membres qui portent toujours le voile et vont à la mosquée, des ex-musulmans qui vivent dans « le placard ». D'autres souffrent de dépression et de tentations suicidaires. Et puis, bien sûr, beaucoup choisissent de vivre librement en dépit des menaces et risques que cela implique.


Quelle est la situation actuelle des apostats dans les pays de culture musulmane ?


Les apostats sont en grand danger dans les pays sous la loi islamique. Dans treize États, ils sont menacés de mort. Dans bien d'autres, ils peuvent être tués par des mouvements de foule ou par les familles au nom de « l'honneur ». Et même dans les pays où légalement ils ne risquent pas la peine de mort comme en Égypte, ils peuvent toujours perdre leurs droits civiques et risquent d'être assassinés par les islamistes. Alors qu'ici, en Occident, les critiques de l'islam sont traités d'« islamophobes », ce qui est de fait une interdiction du droit au blasphème, les lois dans les pays islamiques servent à condamner beaucoup de personnes – même les croyants – pour blasphème et apostasie, que ce soient des minorités religieuses, des dissidents ou des libres-penseurs.
« Les pro-islamistes de gauche comme l'extrême droite déshumanisent les musulmans en en faisant une masse homogène »
 
Vous êtes une femme de gauche très critique envers l'islam. Qu'est-ce qui vous distingue de ceux qui, comme Éric Zemmour ou Douglas Murray, critiquent cette religion de l'autre côté de l'échiquier politique ?


Alors qu'ils se détestent entre eux, il y a pourtant beaucoup de choses qui relient les pro-islamistes de gauche et l'extrême droite. Les deux déshumanisent les musulmans en en faisant une masse homogène et en les plaçant dans une case. Les pro-islamistes le font en voyant dans les musulmans une communauté à défendre. Mais ils oublient ainsi qu'ils ne défendent pas des valeurs de gauche et progressistes, mais ce que les islamistes définissent comme une culture et religion « authentique ». L'extrême droite, elle aussi, ne voit qu'une masse homogène envahissant l'Occident. Ils oublient que beaucoup de ceux qui viennent ici – comme moi – veulent justement fuir le mouvement islamique, que nous sommes contre le totalitarisme et que comme n'importe qui nous voulons la liberté et des droits qui ne sont pas occidentaux, mais universels.

Après la publication des caricatures de Mahomet, vous aviez, en compagnie de Salman Rushdie ou Ayaan Hirsi Ali, signé le « Manifeste des douze contre le nouveau totalitarisme », publié par Charlie Hebdo en 2006. Comment jugez-vous des écrivains comme Joyce Carol Oates ou Russel Banks, qui, en 2015, alors que ce journal a été décimé par des djihadistes, se sont opposés à ce qu'on lui remette un PEN Award ?


Quelle trahison ! Quand un écrivain considère les islamistes comme des représentants du « disempowerment » (baisse du pouvoir masculin, NDLR) et voit en Charlie Hebdo de « l'arrogance culturelle », c'est que notre monde est mis sens dessus dessous. Ils considèrent Charlie à travers le regard de nos oppresseurs. Alors que pour moi, ce journal représente ceux, nombreux, qui osent s'exprimer contre la religion et les conservateurs religieux, et se retrouvent en retour accusés de blasphème et d'apostasie, ou doivent fuir pour sauver leurs vies. Dire qu'on « soutient la liberté d'expression, mais pas quand cela offense des personnes » comme l'ont fait les signataires de cette pétition contre Charlie, ce n'est pas défendre cette liberté d'expression ; c'est au contraire une défense de la censure.


« Les réseaux sociaux sont en train de faire à l'islam ce que l'imprimerie a fait au christianisme » 
Êtes-vous optimiste pour les athées dans le monde islamique ?


Ce n'est pas le « monde islamique », tout comme l'Occident n'est pas le « monde chrétien ». Il y a tellement de croyances et d'opinions au Moyen-Orient, en Afrique du Nord ou dans l'Asie du Sud... Il y a beaucoup d'athées et de laïcs, y compris chez des croyants. Le fait de le qualifier de « monde islamique » fait partie de cette offensive pour en faire justement des contrées uniformément islamiques. Mais en réponse à cela, il y a un tsunami d'athéisme, et on le voit clairement à travers les réseaux sociaux et Internet qui sont en train de faire à l'islam ce que l'imprimerie a fait au christianisme.


Comment analysez-vous la contestation dans votre pays natal, l'Iran, contre un régime dirigé par le « réformiste » Rohani ?
Ces manifestations sont différentes des précédents mouvements de révolte. Les gens ne veulent plus faire marche arrière, ils n'ont plus aucune illusion sur la faction « réformiste » de ce régime, et ils veulent en finir avec les lois théocratiques. Les slogans sont contre la pauvreté, la corruption, mais aussi contre la répression. Ciblant notamment le cléricalisme, ces protestations ont eu lieu dans 60 villes à travers l'Iran, y compris la « ville sainte » de Qom. Et l'une des caractéristiques de ce mouvement est qu'il est féministe, comme l'a symbolisé la photo de cette femme brandissant son voile au bout d'un bâton. C'est pour cela que cette contestation doit être soutenue par les féministes et laïcs du monde entier.


LIRE aussi Iran : une révolte si singulière


SUR LE MÊME SUJET
« C'est grâce au Coran que je suis devenu athée »

http://www.lepoint.fr/societe/c-est-grace-au-coran-que-je-suis-devenu-athee…
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MessagePosté le: Ven 5 Jan - 14:15 (2018)    Sujet du message: Une vague d’athéisme dans le monde arabe Répondre en citant

Maryam Namazie : « Il y a un tsunami d'athéisme dans le "monde musulman" »
ENTRETIEN. Cette Iranienne militante de la laïcité défend des apostats menacés de mort dans 13 pays et appelle son camp – la gauche – à ne pas les trahir. Propos recueillis par Thomas Mahler
Publié le 04/01/2018 à 09:06 | Le Point.fr

 


Maryam Namazie a fondé en 2007 en Grande-Bretagne le Conseil des ex-musulmans, pour porter l’attention sur la situation des apostats.
© CHAMUSSY/SIPA /


Née à Téhéran en 1966, Maryam Namazie a quitté l'Iran après l'avènement de la République islamique en 1979. Cette femme de gauche, militante des droits de l'homme et des réfugiés, est devenue une passionaria de la laïcité et une farouche opposante au relativisme culturel. En 2007, elle fonde en Grande-Bretagne le Conseil des ex-musulmans, pour porter l'attention sur la situation des apostats, menacés de mort dans les États où s'applique la charia, et encore trop souvent obligés à la discrétion dans nos pays occidentaux. En juillet dernier, à Londres, Maryam Namazie a organisé une conférence sur la « liberté de conscience et d'expression », le plus grand rassemblement d'ex-musulmans de l'histoire. Entretien avec une combattante qui, depuis de longues années, déplore que son camp politique – les progressistes – fasse alliance avec des théocrates rétrogrades, bafouant ainsi la liberté d'expression au nom de « l'islamophobie », tout en trahissant les victimes de l'islamisme qui ne rêvent, eux, que d'universalisation de la laïcité.
Le Point : Vous avez grandi à Téhéran. Comment êtes-vous devenue athée ?
Maryam Namazie : Je suis devenue athée peu à peu. On peut arriver à l'athéisme par plusieurs chemins. Pour moi, cela a été la conséquence naturelle du fait de vivre dans une théocratie. Si Dieu me déteste à ce point, pourquoi croirais-je en lui ? La révolution iranienne était de gauche et il y avait beaucoup d'athées dans ce pays. Mais dans les années 1980 – la décennie sanglante –, beaucoup d'entre eux ont été exécutés après des procès sommaires. On leur demandait « croyez-vous en Dieu », et quand ils répondaient « non », on les sortait et on les abattait. Parfois, des centaines par jour. À titre personnel, je ne me suis jamais sentie ostracisée ou exclue du fait de mon athéisme. À vrai dire, c'est quand j'ai fondé le Conseil des ex-musulmans de Grande-Bretagne en 2007 que j'ai pour la première fois rencontré des personnes qui étaient effrayées de se dire athées, et beaucoup d'entre elles étaient nées sur le sol britannique. En Iran, il y a une réaction anti-islamique, et la critique ou les moqueries contre la religion sont plus normalisées qu'ici, en Grande-Bretagne. C'est évidemment ironique, sachant que l'apostasie, le blasphème et l'hérésie sont tous des délits passibles de la mort sous le régime islamique iranien.
Cela veut-il dire que même dans un pays comme la Grande-Bretagne, il est toujours difficile de quitter une religion comme l'islam ?
Cela n'est pas difficile pour tout le monde. Certains ont le soutien de leur famille, comme cela a été mon cas. Mais pour d'autres, cela reste toujours compliqué d'être considéré comme un apostat. On voit notamment beaucoup de jeunes qui doivent faire face à la violence, l'ostracisme et des menaces, tout cela parce qu'ils ne veulent plus être musulmans. Nous avons ainsi des membres qui portent toujours le voile et vont à la mosquée, des ex-musulmans qui vivent dans « le placard ». D'autres souffrent de dépression et de tentations suicidaires. Et puis, bien sûr, beaucoup choisissent de vivre librement en dépit des menaces et risques que cela implique.
Quelle est la situation actuelle des apostats dans les pays de culture musulmane ?
Les apostats sont en grand danger dans les pays sous la loi islamique. Dans treize États, ils sont menacés de mort. Dans bien d'autres, ils peuvent être tués par des mouvements de foule ou par les familles au nom de « l'honneur ». Et même dans les pays où légalement ils ne risquent pas la peine de mort comme en Égypte, ils peuvent toujours perdre leurs droits civiques et risquent d'être assassinés par les islamistes. Alors qu'ici, en Occident, les critiques de l'islam sont traités d'« islamophobes », ce qui est de fait une interdiction du droit au blasphème, les lois dans les pays islamiques servent à condamner beaucoup de personnes – même les croyants – pour blasphème et apostasie, que ce soient des minorités religieuses, des dissidents ou des libres-penseurs.
citation a écrit:
« Les pro-islamistes de gauche comme l'extrême droite déshumanisent les musulmans en en faisant une masse homogène »

Vous êtes une femme de gauche très critique envers l'islam. Qu'est-ce qui vous distingue de ceux qui, comme Éric Zemmour ou Douglas Murray, critiquent cette religion de l'autre côté de l'échiquier politique ?





Alors qu'ils se détestent entre eux, il y a pourtant beaucoup de choses qui relient les pro-islamistes de gauche et l'extrême droite. Les deux déshumanisent les musulmans en en faisant une masse homogène et en les plaçant dans une case. Les pro-islamistes le font en voyant dans les musulmans une communauté à défendre. Mais ils oublient ainsi qu'ils ne défendent pas des valeurs de gauche et progressistes, mais ce que les islamistes définissent comme une culture et religion « authentique ». L'extrême droite, elle aussi, ne voit qu'une masse homogène envahissant l'Occident. Ils oublient que beaucoup de ceux qui viennent ici – comme moi – veulent justement fuir le mouvement islamique, que nous sommes contre le totalitarisme et que comme n'importe qui nous voulons la liberté et des droits qui ne sont pas occidentaux, mais universels.
Après la publication des caricatures de Mahomet, vous aviez, en compagnie de Salman Rushdie ou Ayaan Hirsi Ali, signé le « Manifeste des douze contre le nouveau totalitarisme », publié par Charlie Hebdo en 2006. Comment jugez-vous des écrivains comme Joyce Carol Oates ou Russel Banks, qui, en 2015, alors que ce journal a été décimé par des djihadistes, se sont opposés à ce qu'on lui remette un PEN Award ?
Quelle trahison ! Quand un écrivain considère les islamistes comme des représentants du « disempowerment » (baisse du pouvoir masculin, NDLR) et voit en Charlie Hebdo de « l'arrogance culturelle », c'est que notre monde est mis sens dessus dessous. Ils considèrent Charlie à travers le regard de nos oppresseurs. Alors que pour moi, ce journal représente ceux, nombreux, qui osent s'exprimer contre la religion et les conservateurs religieux, et se retrouvent en retour accusés de blasphème et d'apostasie, ou doivent fuir pour sauver leurs vies. Dire qu'on « soutient la liberté d'expression, mais pas quand cela offense des personnes » comme l'ont fait les signataires de cette pétition contre Charlie, ce n'est pas défendre cette liberté d'expression ; c'est au contraire une défense de la censure.
citation a écrit:
« Les réseaux sociaux sont en train de faire à l'islam ce que l'imprimerie a fait au christianisme »


Êtes-vous optimiste pour les athées dans le monde islamique ?
Ce n'est pas le « monde islamique », tout comme l'Occident n'est pas le « monde chrétien ». Il y a tellement de croyances et d'opinions au Moyen-Orient, en Afrique du Nord ou dans l'Asie du Sud... Il y a beaucoup d'athées et de laïcs, y compris chez des croyants. Le fait de le qualifier de « monde islamique » fait partie de cette offensive pour en faire justement des contrées uniformément islamiques. Mais en réponse à cela, il y a un tsunami d'athéisme, et on le voit clairement à travers les réseaux sociaux et Internet qui sont en train de faire à l'islam ce que l'imprimerie a fait au christianisme.
Comment analysez-vous la contestation dans votre pays natal, l'Iran, contre un régime dirigé par le « réformiste » Rohani ?
Ces manifestations sont différentes des précédents mouvements de révolte. Les gens ne veulent plus faire marche arrière, ils n'ont plus aucune illusion sur la faction « réformiste » de ce régime, et ils veulent en finir avec les lois théocratiques. Les slogans sont contre la pauvreté, la corruption, mais aussi contre la répression. Ciblant notamment le cléricalisme, ces protestations ont eu lieu dans 60 villes à travers l'Iran, y compris la « ville sainte » de Qom. Et l'une des caractéristiques de ce mouvement est qu'il est féministe, comme l'a symbolisé la photo de cette femme brandissant son voile au bout d'un bâton. C'est pour cela que cette contestation doit être soutenue par les féministes et laïcs du monde entier.
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MessagePosté le: Ven 8 Juin - 13:29 (2018)    Sujet du message: Une vague d’athéisme dans le monde arabe Répondre en citant


«L’islam caricatural d’aujourd’hui signe sa spectaculaire désacralisation»


Propos recueillis par Marie Chabbert - publié le 29/05/2018

Le sociologue Reda Benkirane en appelle aux sciences et à la raison pour dégager l’islam du fondamentalisme et le ramener aux réalités sociales et culturelles de notre époque.


© DR

© DR

Dans Islam, à la reconquête du sens*, vous déplorez le repli dogmatique et politique de l’islam contemporain. Comment expliquez-vous le développement de cet islam radical que vous décrivez comme « pathologique » ?

Beaucoup d’Occidentaux pensent que l’islam a toujours été ostentatoire, politique et violent, et qu’ils n’en auraient pris conscience que récemment avec l’arrivée de migrants musulmans en Europe. Mais si l’on se tourne vers l’histoire, on remarque rapidement que l’islam politique tel qu’il se manifeste aujourd’hui dépend moins des manifestations historiques de la religion musulmane que d’une stratégie politique récente à laquelle ont largement contribué les gouvernements occidentaux.

Contrairement à ce qu’on pourrait croire, dès le XIXe siècle, les sociétés du Maghreb et du Moyen-Orient étaient en voie de sécularisation. La religion n’y était qu’un facteur culturel de cohésion sans rôle politique prééminent. Au moment de la décolonisation, les pays du monde arabo-musulman étaient plutôt attirés par les modèles idéologiques du socialisme et du communisme. En sa qualité d’ennemi numéro un de l’idéologie libérale des anciens colons, le marxisme en vogue à l’époque correspondait aux besoins des nouveaux États arabes et africains, ce dont étaient bien conscients les pays occidentaux dans un contexte de guerre froide. Ceux-ci ont donc encouragé le développement d’un autre modèle idéologique perçu comme réactionnaire dans les pays du Maghreb et au Moyen-Orient : un retour politique au religieux.

Pendant des décennies, des courants minoritaires, voire considérés comme hérétiques, ont donc été encouragés de manière artificielle jusqu’à devenir le cœur de l’orthodoxie. C’est le cas du wahhabisme en Arabie Saoudite. Avec la première crise du pétrole dans les années 1970, les pétromonarchies ont commencé à prendre de l’importance sur le plan idéologique et politique, et la stratégie des pays occidentaux leur a tout simplement échappé. L’islam politique et dogmatique qu’ils avaient encouragé s’est émancipé pour donner lieu entre autres au khomeynisme, à l’assassinat d’Anouar el-Sadate, à la guerre d’Afghanistan et pour finir à l’émergence du djihadisme.

Or, selon vous, le développement d’un tel islam politique signe moins un retour spectaculaire du religieux qu’une « sortie de l’islam »…

Vue de près, la phase actuelle de repli dogmatique de l’islam et ses conséquences violentes ressemblent à un retour du religieux. Cependant, il me semble que cette manifestation spectaculaire d’un « religieux ultra-religieux » n’est qu’un effet de surface qui résulte d’un mouvement global de sortie de l’islam. En fait, il faut bien distinguer les discours et les pratiques. L’islam contemporain se veut toujours plus absolu, normatif et crispé autour d’une confusion des dimensions spirituelles et temporelles. Pourtant, dans la pratique, les plus radicaux procèdent à une désacralisation sauvage de l’islam.

On le voit clairement dans le lien de courants fondamentalistes à l’économie capitaliste. Après la fin de la guerre froide, la chute du bloc communiste a laissé un vide idéologique : le rôle d’ennemi métaphysique de l’Occident était à pourvoir. À première vue, il semble que l’islam ait pris le relais. Pourtant, loin de proposer une alternative idéologique, celui-ci semble plutôt accompagner sinon faciliter le triomphe idéologique du capitalisme. Le salafisme a beau louer, sur le papier, le modèle de vie des pieux anciens, dans les faits, il s’accommode bien de la transformation de La Mecque en un nouveau Las Vegas et de l’émergence de temples de la consommation sur les ruines mêmes des sites les plus sacrés de l’islam. Ainsi, les vestiges de la demeure de Khadija, la première épouse du Prophète, ont été rasés pour y construire des toilettes publiques. Le lieu de naissance du Prophète a lui aussi été détruit.

Dans les pétromonarchies de la péninsule Arabique, cela prend des proportions sidérantes. L’islam caricatural d’aujourd’hui signe donc moins un retour du religieux qu’une désacralisation spectaculaire de l’islam au nom du capitalisme rentier et de l’injonction planétaire à consommer.

Face à cette « sortie de l’islam », vous cherchez à exhumer l’universalité de la religion musulmane, trop souvent obscurcie par des dispositions coutumières ou politiques. Contre la « sortie de l’islam », nous devrions donc cultiver un « islam de la sortie ». Qu’entendez-vous par là ?

En se repliant sur la politique, le dogme, le matérialisme et le consumérisme capitaliste, l’islam s’est fortement appauvri en terme de théologie. En prônant la supériorité des anciens et une lecture littérale du Coran, l’islam des oulémas (des théologiens, ndlr) s’est immobilisé, asséché. Il n’y a plus de commentaires exégétiques, de nouvelles interprétations. Le renouvellement théologique en islam et son élan spirituel ont été interrompus. On ne fait que répéter l’ancien dans un rapport mythifié au passé.

Mais la foi de l’immense majorité des musulmans est toujours vivante et ceux-ci souhaitent sortir l’islam de l’impasse dans laquelle il s’est échoué. Ils souhaitent voir émerger un islam de la sortie – de la sortie de l’impasse – qui restitue à la religion sa vivacité et exhume son universalité, aujourd’hui obscurcie par des considérations politiques, juridiques et normatives. D’autres religions ont déjà procédé à un tel aggiornamento (le catholicisme avec Vatican II par exemple).

En islam, le Coran est considéré comme la parole verbatim de Dieu et les vérités qui y sont révélées sont absolues. Comment peut-on reconstruire et moderniser la pensée religieuse de l’islam si l’on estime que les vérités du Coran sont indiscutables ?

La reconstruction et la modernisation de la pensée religieuse imposent tout d’abord de distinguer entre vérité et sens. L’effort porte sur les sens à produire d’une lecture contemporaine du Coran. C’est un défi que relève actuellement avec brio le penseur syrien Muhammad Shahrour, ingénieur civil de formation, qui a entrepris une relecture dynamique du Coran, sans jamais remettre en question la nature ou l’origine du texte lui-même. Pour lui, comme pour la plupart des musulmans, le Coran est la parole impeccable de Dieu. Reconstruire la pensée religieuse de l’islam peut ainsi se concevoir sans avoir à remettre en question la moindre voyelle, le moindre mot du Coran. Shahrour et d’autres penseurs critiques affirment que le Coran porte en lui des vérités universelles qui trouvent un écho à toutes les époques. Une interprétation moderne du texte coranique est donc, selon eux, tout à fait possible, à condition que celle-ci s’affranchisse d’us et coutumes du VIIe siècle tombés en désuétude – bien qu’évoqués dans le texte sacré – ainsi que des interprétations les plus rétrogrades développées en marge du Coran par les oulémas.

Au fil des siècles, ces penseurs ont greffé à la théologie musulmane un certain nombre de préceptes normatifs et juridiques, par exemple sur le statut des femmes ou sur la violence, qui sont aujourd’hui caduques. Remettre en question les positionnements des oulémas, qui servaient souvent les intérêts de l’autorité politique (calife, émir, sultan), ne veut donc pas dire rejeter tout l’édifice de l’islam ! D’autant que, sur le plan doctrinal, l’islam n’admet pas de cléricature religieuse… Shahrour propose d’ailleurs de se concentrer sur le Coran en ignorant purement et simplement des siècles d’exégèse afin d’exhumer la spiritualité profonde et l’universalité du Coran, et pour révéler ainsi son potentiel de modernité intrinsèque.

Comment l’islam peut-il se réconcilier avec la modernité ?

Pour pouvoir inventer la modernité en islam, il faut nécessairement rompre avec la rationalité religieuse dominante aujourd’hui, qui se légitime selon un cadre de pensée médiéval (ce que j’appelle la « structure mythique salafie »). Cette rationalité défective – parce qu’anachronique – touche sans exception tous les courants et les ordres religieux, toutes les écoles théologiques, de jurisprudence et de pensée. L’idée maîtresse de mon livre est qu’il faut désormais lui substituer une rationalité religieuse dotée d’une structure mythique (que j’appelle « l’iqbal ») résolument tournée vers l’avenir et devant nécessairement instaurer de nouveaux rapports au pouvoir et au savoir. Mon livre explore ainsi les possibilités d’un islam sécularisé, c’est-à-dire affranchi de toute inféodation au pouvoir politique et à l’autorité religieuse.

Le type de rationalité – élargie – convoqué aujourd’hui par les sciences du vivant, de la matière et du calcul est susceptible d’aider à faire émerger une rationalité éclairée promue par une approche philosophique de la pensée musulmane. En islam, ce sont les idées des philosophes plutôt que celles des théologiens qui ont accédé à l’universalité en circulant jusqu’à nous à travers l’espace et le temps. C’est au nom de cette universalité que dans mon livre Maïmonide, Spinoza, Leibniz, Bachelard, Deleuze dialoguent avec Ibn Arabi, Avempace, Averroès, Ibn Khaldoun, Mohamed Iqbal. En d’autres termes, ce n’est qu’en empruntant les voies de la connaissance que la religion musulmane pourra à nouveau sécréter en son sein une rationalité libre et critique à même de répondre aux défis sociaux, scientifiques et technologiques du XXIe siècle.

Il existe donc, selon vous, un terrain d’entente entre islam et science…

Il faut se rendre compte que l’islam et la science ont concouru, il y a plus d’un millénaire, à une phase historique créative en rupture avec l’esprit classique de l’Antiquité tardive. L’essor civilisationnel de l’islam est dû en partie à une grande ouverture sur les savoirs et sur les autres cultures de l’époque. Il faut rappeler que la transmission de l’héritage grec à l’Occident a été rendu possible par les humanités arabes et que la langue arabe a été la lingua franca des sciences durant plusieurs siècles.

L’influence de l’esprit grec a joué un rôle prépondérant mais ambivalent. D’une part, la pensée grecque, privilégiant toujours la sphère des Idées au monde phénoménal, a marqué profondément la philosophie et aussi la mystique de l’islam. Mais d’un autre côté, cette connaissance théorique héritée de Platon et Socrate les a détournés de l’aspect empirique de la raison coranique qui, pour prouver l’existence de Dieu, met toujours l’accent sur l’incommensurabilité, l’ordonnancement et la créativité du cosmos ainsi que la spontanéité et la beauté de la nature. On ne peut comprendre l’essor des sciences expérimentales en milieu islamique (notamment à la « Maison de la Sagesse » de Bagdad) sans comprendre qu’il a répondu à des problèmes pratiques de la vie sociale et économique et qu’il s’est ressourcé dans la connaissance perceptuelle privilégiés par l’esprit coranique.

La réception du savoir grec s’est faite en islam dès le VIIIe siècle par les penseurs mutazilites et les partisans de la falsafa (transcription de philosophie en arabe). Celle-ci a eu une grande influence tant sur le rationalisme de philosophes musulmans comme Averroès que sur l’esthétique et l’éthique des penseurs mystiques comme al-Ghazali. Au cours de l’histoire, ces deux courants ont cependant atteint leurs limites : le rationalisme, comme toute idéologie abstraite, céda facilement au dogmatisme – les mutazilites ont par exemple mené une véritable inquisition au VIIIe siècle –, et l’envolée mystique aboutit parfois à une déconnexion du réel.

Le philosophe Mohamed Iqbal (1873-1938) a bien vu que l’esprit grec avait « obscurci » la vision des premiers savants musulmans. Iqbal rappelle que « le Coran met l’accent sur l’acte plutôt que sur l’idée » et en cela il est foncièrement « anticlassique ». En contexte islamique, les sciences expérimentales (algèbre, arithmétique, chimie, optique, astronomie, etc.) rompent avec la distinction propre à la Cité gréco-latine entre arts libéraux et arts mécaniques. Cette rupture de l’islam avec la pensée grecque marque d’une certaine manière la transition du classique au moderne, de la pensée géométrique (formes pures et autres idéalités) à la pensée algorithmique (calcul et raisonnement sur celui-ci).

Or, au cours des trois derniers siècles, le développement des sciences a suivi un processus comparable de transition du classique au moderne, d’une vision linéaire, réductionniste et absolue (mise en équation par Newton et Descartes) à une approche non déterministe et non linéaire des singularités de la nature. Des systèmes mathématiques, géométriques et physiques jusque-là considérés comme incontestables ont été soudain invalidés – c’est le cas de la géométrie euclidienne et de l’arithmétique – pointant ainsi du doigt les limites de la science classique. On est alors passé d’une science classique à une science du complexe, de la turbulence, de la non-linéarité. Des concepts comme l’écart à l’équilibre, l’incertitude, le hasard, le chaos et l’auto-organisation sont énormément sollicités dans ces avancées scientifiques. Or, ces nouveaux motifs sont des figures auxquelles une pensée islamique libre et critique peut se reconnecter. Elles sont d’ailleurs en filigrane dans une certaine tradition islamique, dans les arts géométrique et calligraphique ainsi que dans l’architecture.

À l’heure où l’islam semble se calcifier sur le plan théologico-politique, enferré dans le monde des Idées et ses fermentations théoriques, il faudrait valoriser le sens de la raison sensible et pratique, soucieuse de coller aux réalités sociales et culturelles de notre temps. Les sciences nous permettent à la fois de ré-humaniser et réenchanter la raison islamique, de la libérer de sa condition de « servante » du politique et enfin de dé-théologiser son arrogance normative et sa fixité dogmatique. Nous sommes dans un âge d’explosion des savoirs et de grandes ouvertures de la connaissance, il est temps que l’islam y fasse sa place.

(*) Islam, à la reconquête du sens, Reda Benkirane (Le Pommier, 2017)
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 18:25 (2018)    Sujet du message: Une vague d’athéisme dans le monde arabe

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