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Jérusalem
 
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yacoub
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MessagePosté le: Jeu 12 Oct - 14:21 (2017)    Sujet du message: Jérusalem Répondre en citant

L’entrée de ‘Umar ibn al-Khattâb dans Jérusalem – Extrait “La conquête de l’Egypte”

Après avoir consulté les membres de la Shûra, ‘Umar ibn al-Khattâb décida de venir à Jérusalem. Les dignitaires chrétiens vinrent à sa rencontre dans le campement musulman à l’extérieur de la ville, puis ils firent ouvrir les portes. Les soldats musulmans entrèrent dans la ville derrière leur Calife. Les habitants de Jérusalem découvrirent alors avec étonnement le chef des Musulmans dans de modestes vêtements. Puis en présence de ‘Amr ibn al-Âs, Khalid ibn al-Walîd et Abd al-Rahmân ibn ‘Awf[1], ‘Umar et les dignitaires chrétiens firent rédiger le texte suivant :


Par le nom d’Allah, miséricordieux par essence et par excellence. Voici les droits qu’accordent le serviteur d’Allah, ‘Umar, Prince des croyants, à la population d’Ilia. Il leur offre la protection de leurs personnes et de leurs biens, de leurs Églises et de leurs croix. Il promet la sécurité à leurs malades et à leurs bien-portants, ainsi qu’à l’ensemble de leur communauté. Il assure également que leurs bâtiments religieux ne seront point occupés, ni détruits, que ni leurs annexes, ni leurs croix et ni leurs biens ne seront confisqués et qu’ils ne seront jamais contraints d’abandonner leur religion ou de subir de vexations. De plus, ils ne seront pas forcés à cohabiter avec les Juifs.

La communauté d’Ilia, quant à elle, devra s’acquitter du montant de la Jizya, à l’instar des autres villes [de Palestine]. Ils s’engageront à repousser les Byzantins et les brigands. Ceux d’entre eux [Byzantins ou brigands] qui désireront partir [rejoindre l’empire byzantin], la sûreté de leurs personnes et de leurs biens sera assurée jusqu’à ce qu’ils rejoignent leur pays d’accueil [ma-mana]. Quant à ceux qui voudront y résider [à Jérusalem], ils jouiront eux aussi de la sûreté de leurs personnes et de leurs biens à condition qu’ils s’acquittent de la Jizya comme le font les habitants d’Ilia […] Ce texte repose sur le pacte d’Allah, et au nom de Son messager, des califes et des croyants, tant que la Jizya sera versée[2].

Dans ce texte rédigé en arabe, on remarquera qu’il n’est pas question de la ville de Jérusalem (al-Quds), mais d’Ilia qui est la prononciation arabe d’Aelia Capitolina. C’est par abus de langage que nous parlons aujourd’hui de « conquête de Jérusalem » car en effet, ce n’est pas Jérusalem que les Musulmans ont conquise, puisque cette ville n’existait plus depuis cinq cents ans. La « vraie » Jérusalem avait été détruite et rasée par les troupes du général Titus en l’an 70 à l’issue de la première guerre judéo-romaine, conformément à la Sunna divine, toute Cité est amenée à être détruite ou anéantie :


{Il n’est nulle Cité, que Nous n’anéantirons avant la fin des temps, ou que Nous châtierons d’un terrible châtiment} (Coran 17.58).

Le chroniqueur juif Flavius Josèphe rappelait en ces termes la fin de Jérusalem en l’an 70 :


Quand l’armée n’eut plus rien à tuer ni à piller, faute d’objets où assouvir sa fureur, César lui donna aussitôt l’ordre de détruire toute la ville et le Temple, en conservant cependant les tours les plus élevées, celles de Phasaël, d’Hippicos, de Mariamme, et aussi toute la partie du rempart qui entourait la ville de la cité de l’ouest. Ce rempart devait servir de campement à la garnison laissée à Jérusalem ; les tours devaient témoigner de l’importance et de la force de la ville dont la valeur romaine avait triomphé. Tout le reste de l’enceinte fut si bien rasé par la sape que les voyageurs, en arrivant là, pouvaient douter que ce lieu eût jamais été habité. Telle fut la fin de Jérusalem, cité illustre, célèbre parmi tous les hommes, victime de la folie des factieux. »[3]

Cette destruction de Jérusalem en 70 est évoquée dans la sourate 17 :

{Profanant votre Temple comme ils l’avaient fait la première fois et détruisant tout ce qui fut élevé} (Coran 17.7).

Après la destruction de Jérusalem, les Romains interdirent aux Juifs de s’y rendre. Le site resta ainsi inoccupé pendant près de soixante ans. Après la deuxième révolte juive de 135 violemment réprimée par les Romains, l’empereur Hadrien ordonna la construction d’une autre ville à proximité de l’ancienne Jérusalem. Appelée Aelia Capitolina, cette nouvelle ville était entièrement gréco-romaine et païenne. Elle était habitée par les familles de légionnaires romains et comprenait aussi une importante communauté grecque.

La ville que les troupes musulmanes encerclent quelques siècles plus tard, en l’an 637[4], n’est donc pas Jérusalem dont il ne restait presque rien, mais bien la cité romaine d’Aelia Capitolina. Comme Ilia s’était agrandie, elle avait fini par englober les anciens vestiges de Jérusalem que les Musulmans appelaient Bayt al-Maqdis.

Selon le dogme des Chrétiens pauliniens, l’ancienne Jérusalem et le Temple de Salomon étaient maudits et ne revêtaient aucune importance religieuse. Les lieux considérés comme saints par les Chrétiens se résumaient aux endroits où Jésus était censé avoir été torturé (chemin de croix), crucifié (jardin du Golgotha, Calvaire), enterré pendant trois jours (Saint Sépulcre) et enfin le lieu de la résurrection. Ces lieux se situaient tous en dehors de l’ancienne Jérusalem.

Il est d’ailleurs très significatif que le dogme trinitaire rejette violemment la vraie Jérusalem, et vénère des endroits de mort extérieurs à la ville antique. Quand l’empire romain a adopté le christianisme au IVe siècle, les Chrétiens ont entrepris de retrouver ces sites pour en faire des lieux de culte. Mais comme il était impossible de déterminer avec exactitude les lieux trois siècles après les faits, ils se réapproprièrent les Temples gréco-romains en plein cœur d’Aelia Capitolina.

En 325, le concile de Nicée invita l’empereur Constantin à détruire les temples païens d’Aelia. Constantin fit alors bâtir les premiers édifices religieux chrétiens. Le Calvaire remplaça le Capitole où avaient été placés des autels dédiés aux dieux romains Jupiter, Junon, Minerve ou encore Aphrodite[5]. En l’an 385, Saint Jérôme prétendit que le « lieu de la Résurrection » se situait probablement sous la statue de Jupiter et de Vénus et des églises furent donc bâties sur ces lieux.

Le choix du clergé chrétien d’adopter le centre de la ville d’Aelia et les lieux de cultes païens symbolisait à la fois la continuité avec le paganisme romain, et la rupture nette et radicale avec la tradition monothéiste abrahamique et israélite incarnée par le Temple et Jérusalem.

Mais quand ‘Umar entra dans la ville, les édifices chrétiens qu’il y trouva étaient neufs. Ils avaient été reconstruits et augmentés par Héraclius après sa victoire sur les Perses en 630. Certains n’étaient même pas encore achevés. C’est à ces bâtiments auxquels les Chrétiens tenaient tant, que fait allusion le pacte de Dhimma : « Il assure également que leurs bâtiments religieux ne seront point occupés, ni détruits, que ni leurs annexes, ni leurs croix et ni leurs biens ne seront confisqués ».

‘Umar arpentait les rues, accompagné de Ka’b al-Ahbâr qui était un juif converti à l’Islam. Les membres du clergé chrétien leur firent visiter les lieux saints de leur liturgie. Arrivé devant l’église de la Résurrection, ‘Umar désirait prier, mais il pria à l’extérieur pour éviter que les Musulmans ne prennent prétexte de cela, pour réquisitionner cette Église dans le futur et la transformer en Mosquée. Après cela, ‘Umar se dirigea vers le Mont du Temple où trônaient les vestiges laissés par l’armée de Titus. Il s’approcha du Rocher où le Prophète Muhammad (ﷺ) avait débuté son ascension nocturne (al-Mi’râj).

Ce site, qui était le cœur de la vraie Jérusalem, avait été laissé à l’abandon par les Chrétiens. Sous les ordres d’Héraclius en personne, les eaux usées de la ville avaient été dirigées vers le lieu sacré. Ils avaient choisi le Mont du Temple comme décharge et l’avaient rempli de détritus, comme pour montrer leur désaveu des pratiques judaïques, et pour, disaient-ils, accomplir la prophétie des Évangiles qui avaient annoncé la destruction du Temple :

Les jours viendront où il ne restera pas une seule pierre posée sur une autre de ce que vous voyez-là ; tout sera renversé. [Evangile de Luc, 21/6]

Ils oubliaient cependant que Jésus avait également annoncé que la période de punition des Juifs et de domination païenne sur Jérusalem n’aurait qu’un temps :

Il y aura une grande détresse dans ce pays et la colère de Dieu se manifestera contre ce peuple. Ils seront tués par l’épée, ils seront emmenés prisonniers parmi toutes les nations, et les païens piétineront Jérusalem jusqu’à ce que le temps qui leur est accordé soit écoulé. [Evangile de Luc, 12/24]

Ce temps semblait effectivement écoulé le jour où ‘Umar entra dans la ville. En voyant le Rocher entouré d’immondices laissés par les Chrétiens, ‘Umar demanda à Ka’b :


-« Où pourrai-je accomplir la prière ? »

-« Derrière le Rocher ! »

-« Comme le font les Juifs ?! Non, nous prierons comme le faisait notre Prophète, donc devant le Rocher. »[6]

Puis ‘Umar retira sa cape et commença à déblayer les lieux, redonnant vie à ce lieu profané depuis des siècles. Les Musulmans qui étaient avec lui firent de même et commencèrent à nettoyer ce qui devait devenir le Haram ash-Sharîf (Esplanade des Mosquées). C’est à cet endroit qu’il fit construire la Mosquée d’al-Aqsa[7].

Les Juifs furent de nouveau autorisés à entrer dans Jérusalem pour accomplir leurs rites sur les vestiges du Temple. La destruction en 70 du Temple et de Jérusalem, avait été le point de départ d’un terrible châtiment infligé aux Juifs. Dans la sourate de l’Ascension nocturne (17), ce châtiment est présenté comme une réponse à « la deuxième corruption » des Juifs dans l’histoire incarnée par leur rejet de Jésus. Cet événement a effectivement ouvert un cycle de persécutions, car non seulement le centre de leur liturgie avait été détruit, mais ils ont été déportés, tués en grand nombre, soumis en esclavage et exilés.

Par la suite, quand les Chrétiens ont pris le pouvoir dans l’empire romain, ils ont perpétué les persécutions et les vexations contre eux. Le jour où ‘Umar entra dans la ville, un cycle de cinq cent années de persécution se terminait pour les Juifs. Partout où l’Islam prenait le contrôle, le Dhimma mettait Chrétiens et Juifs à égalité. A Jérusalem, le Calife ‘Umar autorisa les Juifs à venir se recueillir sur le mont du Temple, alors qu’ils n’avaient plus « droit de Cité » dans Jérusalem depuis l’époque de l’empereur Hadrien, et que les Chrétiens leur avaient interdit d’y prier et d’y accomplir leurs rites.

Pour les Juifs de l’époque, les conquêtes musulmanes furent effectivement vécues comme une délivrance. Certains Juifs considéraient même que ‘Umar, en ordonnant de bâtir la Mosquée d’al-Aqsa sur le mont du Temple, ne faisait que rebâtir le troisième temple de Salomon[8]. C’est ainsi qu’en entrant dans Jérusalem, ‘Umar accomplissait la promesse d’Allah dans le Coran. Après voir mentionné les grandes phases de l’histoire des Juifs, puis la destruction de Jérusalem et du Temple, la sourate 17 évoque la « miséricorde » à venir envers les Juifs :


{Profanant votre Temple comme ils l’avaient fait la première fois et détruisant tout ce qui fut élevé * Mais sans doute votre Seigneur vous fera miséricorde} (Coran 17.7-8)

Le temps des persécutions, de l’exil et de la destruction de leurs lieux saints était maintenant écoulé. Ils pouvaient de nouveau entrer dans la ville sainte et y prier. Cependant, cette promesse était associée à une menace :


{Peut-être que votre Seigneur vous fera miséricorde. Mais si vous revenez, Nous recommencerons} (Coran 17.8)


A. Soleiman al-Kaabi
Extrait de “La conquête de l’Egypte et l’art de la guerre d”amr ibn al-‘Âs” – 2014

[1] Selon certaines versions, Mu’âwiya ibn abî Sufiân était également présent.

[2] Texte rapporté par Tabari dans ses chroniques (436-4).

Le texte original est disponible en annexe du livre.

[3] Flavius JOSEPHE. Guerre des Juifs. LIVRE VII, 1.

Josèphe attribue la responsabilité de la destruction de Jérusalem aux « factieux », c’est-à-dire aux Juifs qui se sont rebellés contre Rome, car lui-même était un Juif qui avait fait le choix de collaborer avec l’empire romain.

[4] Mantran. L’Expansion musulmane, p102

[5] Selon le témoignage d’Eusèbe de Césarée : EUSEBE, de Césarée. La vie de Constantin

[6] Il voulait dire que les Musulmans ne pouvaient prendre le Rocher comme Qibla comme le font les Juifs en priant face au Rocher, mais dos au Rocher en direction de La Mecque.

[7] La mosquée construite par ‘Umar était un bâtiment très modeste. Elle a été en réalité rebâtie quelques décennies plus tard sous le règne du calife omeyade Abdul-Mâlik (690). Mantran. L’expansion musulmane. p39. As-Sallâbî p 570

[8] “The Masjid al Aqsa, Al-Aqsa Mosque was the reconstructed Third Temple. Heraclius was Armilos, the anti-Christ, and he had been vanquished. A nation of the faithful which included Jews, and those who kept the seven laws, the Muslims, were now creating a new order.”

“The Persian conquest of Jerusalem in 614CE compared with Islamic conquest of 638CE. Its Messianic nature and the role of the Jewish Exilarch” By Ben Abrahamson and Joseph Katz
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MessagePosté le: Jeu 12 Oct - 14:21 (2017)    Sujet du message: Publicité

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MessagePosté le: Jeu 12 Oct - 15:55 (2017)    Sujet du message: Jérusalem Répondre en citant

Jérusalem sous le règne d’Omar ibn Al-Khattab



Omar ibn al-Khattab était un des plus proches compagnons du Prophète Muhammad (s) et était le deuxième calife / chef des musulmans (après Abou Bakr Siddiq.)




Cet article relate quelques faits historiques durant la conquête de Jérusalém au 7e siècle par les forces d’Omar Ibn Al-Kahttab. Il est tiré du livre Jérusalem est la nôtre : Les nombreux siècles de vielles luttes chrétienne, juive et islamique pour la Terre Sainte - écrit et publié par IqraSense.com.

Après la mort du Prophète Muhammad, les forces de Omar ibn al-Khattab ont conquis Jérusalem. [1] Pendant le règne d'Omar, Jérusalem fut conquise sans effusion de sang pour la première fois par les musulmans en 638. Comme le Prophète Muhammad (s) a jeté les bases de la religion islamique (à travers la révélation de Dieu,), la conquête de Jérusalem par Omar est considérée comme la première dans l'histoire islamique.

Pendant le règne d'Omar, ses armées avancèrent dans de nombreux territoires. Au cours d’une de ces conquêtes, alors que les forces musulmanes se dirigeaient vers Jérusalem, les Byzantins furent forcés de quitter la Syrie. L’armée musulmane sous le commandement de Amr Ibn Al-As atteignit Jérusalem et assiégea la ville. Amr a ensuite été rejoint par d'éminents chefs musulmans tels que Khalid Ibn Walid et Abu Ubaidah ibn al Jarrah. A cette époque, l'évêque Sophronius était le patriarche [3] de Jérusalem. Sophronius , qui était d'une origine arabe, était vénéré comme un Saint dans l’ Église catholique ainsi que l’ Église orthodoxe orientale. Constatant les faibles espoirs de résistance, les chrétiens de Jérusalem ont alors décidé de se rendre aux forces du calife Umar.

Cependant, l'évêque avait demandé que les clefs de la ville soient remises aux musulmans sans résistance seulement si le calife Omar venait personnellement les récupérer de sa main. Les musulmans à cette époque n'étaient pas favorables à cette exigence du patriarche car, disaient-ils, les forces chrétiennes avaient été vaincues, ils ne devaient en aucune manière dicter leurs conditions, et donc il n'était pas nécessaire pour le calife de se déplacer à Jérusalem. Sur ce, le calife Omar a demandé l'avis d'Ali [4] l'un des plus proches collaborateurs et compagnons du Prophète.

Ali conseilla plutôt Omar d'aller à Jérusalem sous prétexte qu'il était le vainqueur et que c’était de Jérusalem que le Prophète Muhammad (s) est monté aux cieux. Sur ce, le calife Umar fut convaincu d'aller à Jérusalem pour accepter l’armistice chrétienne. Lorsque Omar entra dans la ville, il a d'abord demandé l'emplacement du site d'Al-Aqsa et le rocher d'où le Prophète Muhammad (s) est monté pour Mi'raj. A cette époque, le Dôme du Rocher n’avait pas encore été construit. L'évêque l’amena au site (connu par les Juifs comme le Mont du Temple), ce fut la déception d’Omar de voir que ce lieu faisait office de dépotoir. Ceci s’explique par le fait que sous la domination chrétienne à cette époque, les Juifs n'avaient pas le droit d'adorer ou même d’entrer dans Jérusalem et le site d'Al-Aqsa (Mont du Temple) n’avait aucune signification religieuse particulière pour les chrétiens. Il a également découvert que la mosquée Al-Aqsa avait été détruite par les Romains. En voyant l'état du site d'Al-Aqsa (Mont du Temple), Omar a dit: "Allah (Dieu) est grand, je jure par celui qui détient mon âme dans sa main qu'il s'agit de la mosquée de David, que le prophète d'Allah nous avait décrit après son voyage nocturne»

[5] Le calife demanda alors à Kaab al-Ahbar, un rabbin juif qui s'était converti à l'islam et venu avec Omar de Médine, de le guider vers le lieu du Rocher. Umar enleva ses vêtements qu’il utilisa pour nettoyer le Rock, et d'autres musulmans le suivirent et c’est ainsi qu’ils nettoyèrent le site d'Al-Aqsa. Umar a également clôturé la roche et plus tard, un souverain omeyyade construisit le Dôme du Rocher, sur le site d'Al-Aqsa (le site où se trouvent le Dôme du Rocher et la mosquée Al-Aqsa.)

A Jérusalem, le calife Omar a également été amené à l'Eglise du Saint Sépulcre et il lui a été donné la possibilité par les Responsables chrétiens de prier dans l'église. Le calife, de l'avis des musulmans, a agi avec prudence et a refusé de prier à l'intérieur de l'église. Craignant que les futures générations musulmanes suivent ses traces jusqu’à demander à ce que l'église soit transformée en mosquée, il préféra alors prier à l'extérieur de l’église et une mosquée fut construite plus tard en son nom (la mosquée est appelée la Mosquée d'Omar). Cette mosquée est actuellement située en face de la cour sud de l'église.

Avec la capitulation du Patriarche Sophronius de Jérusalem, aucune mort ou destruction n’a été enregistrée à l’actif des musulmans. Ce fut une transition pacifique et tous les lieux saints des chrétiens ont été laissées intactes. Le calife Omar signa un traité avec Sophronius et, les chrétiens ont le droit de vivre dans la ville. Le traité signé par Omar était intitulé comme suit :
« Du serviteur d'Allah et Commandeur des croyants, Omar : « la sécurité des personnes et des biens est garantie pour les habitants de Jérusalem. Leurs églises et les croix doivent aussi être sécurisées. Ce traité s'applique à tous les habitants de la ville. Leurs lieux de culte doivent rester intacts. Ceux-ci ne seront ni repris, ni démolis. Les gens sont tout à fait libres de suivre leur religion. Ils ne doivent être affectés à aucune difficulté » ... »

[6]L’histoire note qu'avant la conquête musulmane de Jérusalem, les Juifs n'étaient pas autorisés à vivre à l'intérieur de la ville. Bien qu’ils aient finalement été autorisés à venir à Jérusalem pour le culte, le souverain chrétien avait demandé que les Juifs ne devaient pas être autorisés à vivre à Jérusalem. Selon les termes de la capitulation, le calife Omar accepta cette demande. Cependant, plus tard les musulmans assouplirent les règles et les Juifs eurent l’autorisation d’entrer dans la ville et de s'installer avec le reste de la population. Le calife Omar a également assuré le dirigeant chrétien que les chrétiens ont leurs pleins droits en vertu de la règle musulmane et qu'ils ne seraient pas lésés en aucune façon. Ils bénéficient d'une protection complète spécifiquement basée sur les lois islamiques. Les dirigeants musulmans qui suivaient le calife Omar comprirent la noblesse de Jérusalem dans le cœur des juifs et des chrétiens, et donc les trois religions ont commencé à pratiquer leurs croyances librement à Jérusalem.

Au fil du temps, de nombreux chercheurs appartenant aux trois religions s'installèrent à Jérusalem. Pour les musulmans, Jérusalem, en particulier la mosquée Al-Aqsa, est devenue une plaque tournante importante de l'apprentissage. Il était aussi devenu commun pour les musulmans de mentionner dans leur testament le désir d'être enterré à Jérusalem. C'est l'une des raisons pour lesquelles il y a des milliers de tombes musulmanes à Jérusalem. Plus tard, les dirigeants musulmans, construisirent aussi de nombreuses écoles, des centres religieux et hôpitaux à Jérusalem. De vastes zones de terres furent aussi achetées et dédiées à des activités religieuses.


Notes :
[1] Omar était le deuxième calife de l’Islam après Abu-Bakr al-Siddiq. Abou-Bakr était le premier Calife musulman (dirigeant), nommé après la mort du Prophète Muhammad.
[2] Le Levant comprend le Liban, la Syrie, la Jordanie et l'Irak. Parfois Chypre, le Sinaï et Israël sont également inclus. L'Institut d'Archéologie décrit le Levant comme le «carrefour de l'Asie occidentale, la Méditerranée orientale et Afrique du nord."
[3] En général, les évêques de haut rang dans l'Église orthodoxe orientale, et l'Église catholique romaine, sont appelés patriarches.
[4] Ali est devenu le calife après le règne de Othman, qui à son tour est devenu le calife après l'assassinat de Omar.
[5] Al-Aqsa - http://muslimwiki.com
[6] Encyclopédie Nouveau Monde - http://www.newworldencyclopedia.org/
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MessagePosté le: Jeu 7 Déc - 12:23 (2017)    Sujet du message: Jérusalem Répondre en citant

Jérusalem, le nouveau caprice de Donald Trump
VIDÉOS. Depuis son accession à la Maison-Blanche, il multiplie les embardées et les volte-face diplomatiques. Sans que l'on distingue la cohérence de sa politique.


Il aime, dit-il, se montrer imprévisible pour dérouter et désarçonner ses adversaires. Mais, après presque un an à la Maison-Blanche, le mode de fonctionnement de Donald Trump a un petit air connu. L'annonce, hier, de la reconnaissance de Jérusalem comme la capitale d'Israël en est un bon exemple.
Le président n'aime rien tant que de susciter le chaos, de créer l'incertitude en allant à l'encontre de l'orthodoxie. Mettre un grand coup de pied dans la fourmilière lui permet de négocier un meilleur « deal », de faire plaisir à sa base qui adore le voir renverser l'ordre établi et de se montrer comme un type hardi. Contre l'avis de ses alliés, de son secrétaire d'État et de son ministre de la Défense, il a donc décidé de transférer l'ambassade américaine à Jérusalem, une rupture totale avec la politique américaine. Donald Trump remplit ainsi une promesse de campagne, ravit son électorat évangélique et ses riches donateurs pro-Israël. Tant pis si ça déclenche une vague de violences au Moyen-Orient.
Lire également sur ce sujet l'interview de l'historien Vincent Lemire : « Trump n'a pas mesuré que Jérusalem est une ville-monde »

De la même manière, il s'est retiré de l'accord de Paris, a menacé de sortir de l'accord sur le nucléaire irakien. Un jour il vante les mérites du leader japonais, le lendemain il menace de se retirer d'un accord commercial bilatéral, souffle le froid et le chaud sur la Chine… Alors que son secrétaire d'Etat Rex Tillerson se trouve à Pékin pour discuter de la Corée du Nord, Trump déclare par tweet que c'est « un gaspillage de temps ».


Les avancées restent maigres
En bon joueur de poker, il aime également le risque. Même si ça conduit à la bombe atomique. Et il prend ses décisions plus en fonction des rapports qu'il développe avec ses homologues que des intérêts stratégiques de l'Amérique. Il est proche de Netanyahu, et Xi Jinping, qu'il promettait pourtant d'écraser, est devenu son meilleur ami, ce qui explique qu'il ménage la Chine et ne critique plus ses excédents budgétaires.
Mi-novembre, à son retour d'un voyage en Asie, Donald Trump s'est vanté en disant que sa politique avait restauré la puissance et le respect envers l'Amérique. « La confiance renouvelée et la position dans le monde de l'Amérique n'ont jamais été si fortes que maintenant », a-t-il affirmé. Il donne comme exemple sa rhétorique musclée contre l'Otan qui a poussé certains membres à augmenter leur contribution financière, le fait que le Canada et le Mexique soient en train de renégocier le Nafta… « Il y a un peu de vrai dans le fait que le président a réussi à recadrer les débats et à pousser les gens vers ses positions », estime Rosa Brooks, professeur à l'université de Georgetown.
Mais les avancées restent maigres. Ses menaces ont peu d'effets sur Kim Jong-un, qui continue de balancer des missiles de plus en plus perfectionnés. Les pays du Nafta ne se sont toujours pas mis d'accord, la Chine et la Russie prennent la place laissée par l'Amérique, le Mexique ne paie pas son mur, les pays d'Asie finalisent le TPP sans les États-Unis.. Il a réussi à se mettre à dos la plupart des alliés, à commencer par l'Allemagne. Selon Sigmar Gabriel, le ministre des Affaires étrangères allemand, l'administration Trump voit trop souvent l'Europe comme « un rival et parfois même comme un adversaire économique ».


Sa stratégie semble inconsistante, voire incohérente
D'où les critiques qui l'accusent d'affaiblir l'influence des États-Unis, de déstabiliser la planète et d'accroître les chances d'une guerre. « Il a fait un job extraordinaire pour détruire la crédibilité américaine dans le monde », estime Eliot Cohen, un ex-conseiller de la secrétaire d'État Condoleezza Rice et un critique acerbe du président. Les chefs d'État qui ne le prennent pas au sérieux « ont déjà commencé à reformer les alliances et à reconfigurer les réseaux de l'économie mondiale en passant outre les États-Unis et en réduisant son standing ».
Pour Aaron David Miller, vice-président du think tank Woodrow Wilson International Center for Scholars et grand spécialiste du Moyen-Orient, » jouer les perturbateurs peut être une politique plausible si elle est exécutée comme un effort pour concevoir et mettre en place des politiques alternatives ». Mais Donald Trump n'en a pas. Dans beaucoup de dossiers, sa stratégie semble inconsistante, voire incohérente. Il a justifié la reconnaissance de Jérusalem comme capitale en disant que c'était « une nouvelle approche et une manière neuve de penser ». Mais l'ambassade ne va pas être transférée avant plusieurs années et cela met en danger le plan de paix sur lequel travaille depuis des mois son gendre.
Derrière les gesticulations, il suit souvent la politique d'Obama. Mais ne le lui dites pas, ça l'énerve.
Il a fait ami avec la Chine, continue la politique de rapprochement avec Cuba, maintient les efforts en Irak et en Syrie pour détruire l'EI… En Afghanistan, par exemple, dans un discours en août, il a annoncé son intention de faire pression sur le Pakistan, d'augmenter les troupes… Pas très novateur. Et même sur la Corée du Nord, derrière les tweets menaçants où il promet « le feu et la fureur », il négocie en coulisse avec la Chine. Quant à l'Iran, l'administration annonce depuis le début qu'elle va renoncer à l'accord sur le nucléaire signé par Barack Obama, que Trump a qualifié d' » un des pires accords jamais négociés ». Près d'un an plus tard, les États-Unis sont toujours dans l'accord, même si Trump a refusé de « certifier » le fait que Téhéran respecte ses engagements.
« En résumé, un an de doctrine Trump n'a pas fondamentalement changé les intérêts américains ou la politique étrangère américaine, mais a modifié la réputation et l'image des États-Unis qui ont toutes les deux décliné de façon continue », écrit Sahar Khan, du Cato Institute. Si l'impact de cette politique n'est pas encore très visible, c'est parce que « les énormes échecs en politique étrangère sont comme un infarctus, conclut Eliot Cohen. Le vertige et les palpitations qu'on ressent aujourd'hui augurent bien pire demain. »
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MessagePosté le: Ven 8 Déc - 14:30 (2017)    Sujet du message: Jérusalem Répondre en citant

 

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MessagePosté le: Dim 10 Déc - 17:16 (2017)    Sujet du message: Jérusalem Répondre en citant

Pourquoi Jérusalem cristallise-t-elle les tensions? Entretien avec l'historien Vincent Lemire sur le transfert de l’ambassade américaine
9 décembre 2017 | Le Devoir - Propos recueillis par Stéphane Baillargeon | Actualités internationales
Photo: Ahmad Gharabli Agence France-Presse Des Palestiniens musulmans ont manifesté leur colère devant le dôme du Rocher à Jérusalem pendant la prière du vendredi.  
Vincent Lemire est maître de conférence en histoire à l’Université Paris-Est Marne-la-Vallée. Il a codirigé l’ouvrage Jérusalem, histoire d’une ville-monde (Flammarion) et fondé le projet Open Jerusalem pour décloisonner les historiographies. Il a été joint à Jérusalem.

Votre livre synthèse sur l’histoire de Jérusalem en parle aussi comme d’une ville-monde. Que veut dire cette formule ?
  Jérusalem est la seule ville au monde dont le statut est encadré par l’ONU depuis la fondation de l’organisation mondiale. C’est aussi une ville-symbole depuis des millénaires, la seule cité qui concentre des lieux saints des trois grandes religions monothéistes. Et l’histoire de ces lieux dans la longue durée montre des tensions, parfois très fortes, mais aussi des porosités entre ces traditions religieuses.
  Comment réagissez-vous à l’annonce du président Trump du déménagement de l’ambassade des États-Unis de Tel-Aviv à Jérusalem ?
  Cette décision a des impacts localement, mais il s’agit d’abord d’un coup de force contre le droit international. Finalement, si Donald Trump a une seule conviction, c’est celle qu’il ne croit pas au multilatéralisme, il ne croit pas au droit international. Il ne croit qu’aux relations bilatérales et aux rapports de force entre les États et les individus d’ailleurs. Il ne faut pas lui prêter une rationalité qu’il n’a pas. Donald Trump est un ignorant, un incompétent, un pyromane qui gère les affaires internationales extrêmement complexes sans mesurer la conséquence de ses actes. Cette décision sur Jérusalem est d’ailleurs à mettre en rapport avec d’autres de ses décisions catastrophiques, comme la sortie des accords de Paris sur le climat, la fragilisation de l’accord sur le nucléaire iranien ou le retrait des États-Unis de l’UNESCO. Bref, il y a une logique dans la logique de Trump : elle consiste à piétiner autant que faire se peut le droit international. Comme le conflit israélo-palestien a toujours été, on va dire, sous contrôle du droit international, la décision américaine peut avoir des conséquences extrêmement lourdes.
Donald Trump est un ignorant, un incompétent, un pyromane qui gère les affaires internationales extrêmement complexes sans mesurer la conséquence de ses actes
Vincent Lemire, historien
  Pourtant, les réactions du monde arabe ne semblent pas si véhémentes. Le New York Times soulignait cette semaine que le Moyen-Orient a changé ces dernières années, au point de ne plus accorder autant d’importance à la cause palestinienne comme à ce problème du statut de Jérusalem. Qu’en pensez-vous ?
  Je suis d’accord avec cette observation. Il faut toutefois distinguer les dirigeants et les sociétés. Pour le meilleur ou pour le pire, les sociétés parfois se réveillent et se mobilisent. Évidemment, on voit bien qu’aujourd’hui l’Arabie saoudite a sorti la question palestinienne de son ordre du jour politique et diplomatique. Un axe se développe entre Trump, l’Arabie Saoudite, via Israël. Par contre, pour la Jordanie, ce problème demeure assez fondamental, ne serait-ce que parce que 60 % de la population jordanienne et 80 % de celle d’Amman sont palestiniennes. La Jordanie a la souveraineté sur Jérusalem-Est, mais n’a pas été citée une seule fois par Donald Trump dans son discours sur le transfert de l’ambassade américaine, alors qu’il a cité l’Arabie saoudite. Le président est absolument inconséquent, y compris sur la réalité politique du terrain.
  Pourquoi cette décision de reconnaître Jérusalem comme la capitale d’Israël pose-t-elle problème concrètement ?
  En fait, ce n’est pas tellement un problème que Jérusalem soit une capitale. Le problème surgit quand une souveraineté cherche à en faire une capitale exclusive, c’est-à-dire à l’exclusion des autres communautés. Ce n’est d’ailleurs pas la première fois dans l’histoire. Pendant la première croisade, au moment de la prise de la ville par les croisés en 1099, toutes les communautés juives et musulmanes ont été passées par le fil de l’épée. Comme disaient les croisés : Jérusalem a été purifiée avec leur sang. Le problème n’est pas de faire de cette ville un centre de décision politique. On peut y installer autant de parlements, de ministères, de présidences et d’ambassade que l’on veut. À Bruxelles, il y a la capitale de la Belgique et la capitale de l’Europe. Tout est possible. Le vrai problème, encore une fois, c’est celui de l’exclusivité. Dans cette ville particulière, aujourd’hui, il y a 40 % de la population qui n’est pas israélienne, qui est palestinienne, et qui n’a pas vocation de recevoir la citoyenneté israélienne, qu’Israël ne lui propose d’ailleurs pas. On voit bien qu’il est problématique de faire de sa capitale une ville dont quatre habitants sur dix ne participent pas à la vie politique. Cette proportion était d’un sur quatre en 1976. Ce problème va croissant. Ma position, encore une fois, ce n’est pas d’énoncer des principes ou de défendre des symboles, mais de partir de la situation telle qu’elle est pour les gens qui vivent ici.
  Vous y êtes, vous y allez souvent. Comment est l’atmosphère là-bas ?
  On peut parler d’une sorte de résilience. D’abord de la part des populations qui réussissent à vivre quotidiennement dans une situation de tension extrême. Je décris parfois Jérusalem comme l’oeil du cyclone, cet épicentre qui organise toute la violence à dix, cent ou mille kilomètres. Dans l’oeil, la situation sous tension reste d’un calme plus que précaire. Il y a un calme ici parfois plus angoissant que s’il se passait quelque chose.
  Jérusalem, trois fois millénaire, a-t-elle déjà connu une période de véritable paix, de sérénité ?
  Je suis historien et je dis les faits. Au cours des siècles, les moments où les communautés juives ont été autorisées à séjourner à Jérusalem sont les moments où la ville était sous souveraineté musulmane, pendant l’Empire ottoman. À l’inverse, les moments où on les a exclues, voire violentées, sont des périodes sous souveraineté chrétienne. Vers la fin de l’Empire ottoman, à la fin du XIXe siècle, au début du XXe, la ville a connu une sorte d’âge d’or. Moi, je parle d’un âge des possibles alors que les cultures semblaient plus ouvertes qu’aujourd’hui.
  Vous avez vous-même fondé le projet Open Jerusalem pour faciliter les échanges entre les historiens. De quoi s’agit-il exactement ?
  C’est un projet d’ouverture des archives et des historiographies financé par la Communauté européenne, lancé il y a quatre ans, qui va durer encore un an. Comme son nom l’indique, ce projet vise à ouvrir le plus possible les documents sur l’histoire de la ville aux XIXe et XXe siècles, mais surtout à entrouvrir les sources les unes aux autres. Open Jerusalem veut faire circuler les historiens entre les différentes archives, y compris dans les différentes langues. On veut que les historiens russes accèdent à de la documentation en arabe ou que des historiens turcs accèdent à de la documentation en arménien, etc. Il y a énormément de murs et de frontières qui zèbrent l’espace de Jérusalem, et pas seulement le conflit israélo-palestinien.
  Les historiens et les historiographies sont donc divisés comme la ville ?
  Oui, mais pas toujours pour des raisons idéologiques. Il faut insister. Quand je dis que Jérusalem est une ville-monde, il faut aussi comprendre que le monde entier s’y retrouve, et donc toutes les communautés qui parlent et écrivent toutes les langues. Ça veut dire que même quand on est un historien consciencieux et honnête et d’une certaine neutralité, surtout si on est en début de carrière, on va vers la documentation la plus facile, la plus accessible, qui semble la plus légitime. Donc les historiens grecs travaillent sur la documentation grecque et les Arméniens sur les archives en arménien, les juifs ashkénazes sur les ashkénazes et les séfarades sur les séfarades, les Palestiniens sur les Palestiniens. On peut continuer comme ça à l’infini. On se retrouve avec ce que j’appelle des alvéoles, des histoires de Jérusalem qui ont du mal à communiquer entre elles, encore une fois, pas forcément pour des raisons idéologiques mais plutôt pour des raisons pratico-pratiques et linguistiques. Notre responsabilité à nous, du projet Open Jerusalem, c’est de faire en sorte que les historiens de bonne volonté aient les moyens de sortir de leurs alvéoles.
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 18:41 (2017)    Sujet du message: Jérusalem

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