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Le phénomène Macron
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yacoub
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MessagePosté le: Dim 23 Juil - 11:36 (2017)    Sujet du message: Le phénomène Macron Répondre en citant


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MessagePosté le: Dim 6 Aoû - 12:39 (2017)    Sujet du message: Le phénomène Macron Répondre en citant

Comment Gérard Collomb veut trier les migrants pour protéger le droit d'asile


Zoo de Beauval: la pandamania continue



"Notre politique doit toujours concilier efficacité et générosité", assure le ministre de l'Intérieur.



Gérard Collomb annonce la demande d'un rapport suite pour démentir l'usage de gaz poivre par la police et annonce la création de deux centres d'accueil.© Copyright 2017, L'Obs Gérard Collomb annonce la demande d'un rapport suite pour démentir l'usage de gaz poivre par la police et annonce la création de deux centres d'accueil.
L'exécutif accélère. Les réfugiés doivent être accueillis plus rapidement et les migrants économiques effectivement reconduits, pour empêcher qu'à terme le droit d'asile soit "remis en cause", a déclaré le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb dans une interview publiée dimanche dans le "JDD".

"Les enquêtes d'opinion montrent une réticence de plus en plus grande" des Français sur la question de l'accueil des migrants, a-t-il averti. "Si l'on ne fait pas la distinction entre le droit d'asile et les autres motifs de migrations, ce sera le droit d'asile qui sera remis en cause".

Création de deux nouveaux centres

"Notre politique doit toujours concilier efficacité et générosité. Nous accueillons tous ceux qui fuient guerres et persécutions, mais nous distinguons les réfugiés de ceux dont la migration obéit à d'autres ressorts, notamment économiques", a-t-il ajouté.


Gérard Collomb a annoncé lundi la création, dans les Hauts-de-France, de deux nouveaux centres pour les migrants errant à Calais (Pas-de-Calais) dans l'espoir de rejoindre l'Angleterre. La situation "demeure extrêmement complexe" à Calais, selon le ministre. Environ 350 migrants sont toujours présents sur place, neuf mois après le démantèlement de l'immense bidonville de la "Jungle", et une centaine à Grande-Synthe (Nord), a-t-il dit.

"Il s'agit d'accueillir, mais aussi d'organiser des retours", a-t-il insisté, citant le cas des immigrés albanais.

Selon le ministre, "20% des places en Centre d'accueil et de demandeurs d'asile (Cada) sont occupés par des gens qui viennent d'Albanie, sans visa, et qui font une demande d'asile en arrivant en France". "En 2016, 1.140 personnes y ont été renvoyées. Et j'ai donné des consignes aux préfets pour que ce mouvement soit accentué", a déclaré Gérard Collomb.

Des "hotspots" au sud de la Libye

Cette distinction entre demandeurs d'asile et migrants économiques avait déjà été évoquée le 12 juillet par le gouvernement, lors de la présentation d'un "plan migrants" qui prévoit notamment plus de 12.000 places d'hébergement pour les demandeurs d'asile et les réfugiés d'ici 2019.


Pour mettre en place sa politique face à la crise des migrants, une des pistes évoquées par Emmanuel Macron est la création de centres d'enregistrement ("hotspots") pour demandeurs d'asile en Libye, pour réguler les flux de migrants en amont. Mais le pays est toujours en proie au chaos.

"Ce type d'initiative ne peut pas actuellement être envisagé en Libye, compte tenu de la situation du pays", a souligné le ministre de l'Intérieur.

Le chef de l'État "a souhaité que soient mis en place des centres d'orientation pour les demandeurs d'asile dans des pays situés au sud de la Libye", a ajouté Gérard Collomb.

(avec AFP)
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MessagePosté le: Dim 10 Sep - 15:27 (2017)    Sujet du message: Le phénomène Macron Répondre en citant

Emmanuel et Jean-Luc : romance d'automne


Après Dupont et Pondu, Tom et Jerry, Titi et Grosminet… Macron et Mélenchon. Adversaires proclamés, ces deux-là, tels leurs homologues burlesques, s’entendent en fait comme larrons en foire. C’est un ballet désormais bien réglé. Se tenant officiellement au-dessus du débat, dissertant longuement dans le Point, le président de la République ne manque pas une occasion de descendre dans l’arène dès que le leader de La France insoumise l’y convie. En lui plantant des banderilles, il le valorise. Ce qui permet à Jean-Luc Mélenchon de répondre par des charges furieuses qui le posent en seul leader de l’opposition. Cette corrida chiquée fait le spectacle.

Une preuve ? L’affaire de la réforme du code du travail. Le seul moyen d’amender le projet eût été de présenter un front uni contre cette libéralisation signée Medef. Et donc, comme il est logique en matière sociale, de se grouper derrière les banderoles syndicales. Point du tout : La France insoumise manifestera seule, laissant la CGT, Solidaires, le PCF et certains socialistes défiler de leur côté. Deux manifs au lieu d’une : impact deux fois moindre. Mélenchon navigue en solitaire, ce qui permettra à Macron de tenir le cap. Joli renvoi d’ascenseur. On passe de Tom et Jerry à Roux et Combaluzier.

Tout cela n’a qu’un but : installer solidement le duel En marche-France insoumise dans le paysage politique. Macron aura pour seul adversaire un mouvement qui fait peur aux modérés, lesquels, pense-t-il, iront se blottir sous son aile comme des poussins apeurés ; Mélenchon éclipse la gauche réaliste et se pose en seule alternative au macronisme libéral. Il est vrai qu’à l’inverse du baron de Münchhausen qui s’est sauvé de la noyade en se tirant lui-même par les cheveux, le PS s’ingénie à couler en se tirant par les pieds. Pourtant la droitisation d’En marche sur le terrain économique ouvre un espace aux socialistes. Mais tant qu’ils poursuivront leur exercice de contorsion masochiste, le couple Macron-Mélenchon verra l’avenir avec confiance.

Et aussi

Laurent Wauquiez, une tête d’œuf autant qu’une tête à claques, veut une droite de droite, populaire, identitaire et sociale, qui chasse sur les terres du FN. Le favori pour la présidence de LR l’a répété dimanche en gravissant les pentes auvergnates du mont Mézenc. Son raisonnement est logique : Macron et Philippe occupent le centre-droit naguère dévolu à Juppé ; les idées très droitières de Wauquiez tombent à pic pour donner un profil à LR. Comme on dit au football, faute de percer dans l’axe, on passe par l'aile. Cette tactique de débordement a reçu le soutien de l’ex-juppéiste Virginie Calmels, à l’ambition de fer et aux convictions de caoutchouc (elle souscrivait auparavant aux vues centristes de son mentor bordelais). Pécresse et Bertrand se récrient et prêchent pour une droite plus raisonnable. Mais les militants approuvent Wauquiez, qui compte aussi sur le soutien des militants de Sens Commun, une cabale des dévots très efficace. A droite toute, donc. Un certain Nicolas a réussi la manœuvre en 2007. Wauquiez est un Sarkozy sans talonnettes.

Jean-Michel Blanquer et Françoise Nyssen, ministres de l’Education et de la Culture, veulent faire chanter les élèves le jour de la rentrée. Bonne idée destinée à souligner l’importance des enseignements artistiques à l’école. On pourrait l’étendre à la rentrée politique, ce qui permettrait de remplacer, le temps d’une journée, la langue de bois par des mélodies plus chantantes. Mélenchon chanterait la Carmagnole, Marine Le Pen Maréchal nous voilà et Emmanuel Macron Tout va très bien, madame la Marquise. Laurent Wauquiez entonnerait Je m’voyais déjà et François Hollande Non, je ne regrette rien… Quant aux socialistes, un titre anglais s’impose : Help !

Le reportage passera inaperçu, puisqu’il annonce une bonne nouvelle. L’AFP est retournée à Forges-les-Bains (Essonne) où quelques fous furieux avaient incendié un local destiné à accueillir des migrants exfiltrés de la jungle de Calais. Un an après, même si les opposants du projet n’ont guère changé d’avis – ils se plaignent toujours de ne pas avoir été consultés, mais jugent «navrante» la tentative d’incendie – la situation s’est apaisée. Pour une raison toute simple : il ne s’est rien passé. Aucun incident, aucune agression, aucune confrontation entre migrants afghans et habitants supposément furieux. On a retiré autour du centre d’accueil les caméras destinées à surveiller les nouveaux habitants de Forges, faute de quelque chose à filmer. Les Afghans ont fait valoir qu'ils n'étaient pas des terroristes mais au contraire des victimes des talibans. Ils entretiennent des rapports courtois avec leurs voisins. La xénophobie ne s’est guère manifestée dans les urnes. Marine Le Pen est arrivée quatrième au scrutin de mai dernier. Le centre s’est fondu sans heurts dans le paysage de la petite ville. Autrement dit, on n’en parlera guère…
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MessagePosté le: Dim 10 Sep - 15:36 (2017)    Sujet du message: Le phénomène Macron Répondre en citant

Laurent Joffrin
La lettre politique
de Laurent Joffrin


Gauche caviar


L’hommage est unanime. Chacun célèbre le mécène, le capitaine de l’industrie de la mode, le collectionneur, l’esthète, le militant de la cause homosexuelle, l’homme de presse, le Pygmalion d’Yves Saint Laurent, l’ami de François Mitterrand et le gardien de sa mémoire. Ces hommages mérités, cette admiration pour un personnage de roman qui a construit à force d’énergie et de culture sa propre légende, recèlent un paradoxe. Pierre Bergé, disparu ce vendredi, fut aussi le symbole d’une engeance honnie, le représentant flamboyant d’une espèce qu’on affecte de stigmatiser, la figure de proue d’une sensibilité que le discours anti-élite a vouée aux gémonies : la «gauche caviar». C’est-à-dire cette fraction des classes dirigeantes qui professe des convictions progressistes, et qui encourt pour cela le reproche d’hypocrisie, le crime de tartufferie, le méfait de duplicité. Autant dire, en ces temps populistes, l’assurance d’une condamnation sans nuance…

La définition est d’autant plus juste pour Pierre Bergé qu’il poussa le vice, au moment où il aidait de son entregent et de ses finances les rejetons du mitterrandisme que furent Laurent Fabius, Ségolène Royal ou Vincent Peillon, à se faire producteur et vendeur de caviar, dans l’une des multiples affaires qu’il a lancées ou possédées… C’est l’occasion d’une mise au point sur cette «gauche caviar» de si mauvaise réputation.

On la dénonce désormais (tout en rendant hommage à Bergé). Mais fallait-il que ce milliardaire se contente de jouir de ses milliards ? Que le PDG d’Yves Saint Laurent se limite à compter ses dividendes et à se prélasser dans ses villas paradisiaques ? Ou bien n’est-il pas utile, pour la cause progressiste, pour le combat des minorités, qu’un homme de l’élite, de l’argent et de la culture, consacre une partie de son temps et de sa fortune à aider la gauche, à alerter l’opinion sur l’épidémie du sida, à défendre la cause homosexuelle ? Voilà qui pose un problème à l’idéologie «dégagiste» en vogue. Dans le souci agressif de délimiter deux camps dans la société française, il faudrait aussi «dégager» les membres de la classe dirigeante qui se séparent de leurs congénères et prennent le parti du progrès ? Voilà un sujet de réflexion que Bergé, esprit raffiné autant que militant, aurait sans doute prisé…

Et aussi

• Emmanuel Macron a fait un bon discours à Athènes. Un peu solennel dans cette mise en scène antique qui l’érige en Démosthène de l’Union, en Périclès du siècle européen. Mais ses propositions sont justes : intégrer, unifier le gouvernement de la zone euro, fixer une ambition haute à la construction européenne. L’idée de constituer des listes transnationales pour les élections au Parlement de Strasbourg, qui ferait passer les orientations politiques des uns et des autres avant leur attache nationale, annonce une révolution copernicienne. Trop peu soulignée.

• On ne peut pas en dire autant de ses saillies devant les Français de Grèce. Traiter de «fainéants» les opposants à la loi travail – ou certains d’entre eux, mais lesquels ? – n’augure rien de bon quant aux rapports qui s’installent entre le gouvernement et les protestataires. Macron avait déjà parlé des «illettrés» d’une usine de Bretagne, des «gens qui ne sont rien» à propos de certains Français modestes. Ces formules sont peut-être censées rompre avec la langue de bois. Pour tout un chacun, elles traduisent surtout un mépris de classe.

• Les responsables de La République en marche se relaient pour désamorcer l’effet de la déconvenue qu’ils attendent aux élections sénatoriales. Jusque-là optimistes, persuadés que le raz-de-marée de juin pourrait se reproduire en septembre, ils révisent leurs espoirs à la baisse, comptant sur une dizaine de sièges supplémentaires, ce qui est fort modeste en regard du triomphe des législatives. Ils incriminent le mode de scrutin, indirect, qui repose sur le vote des élus locaux et non celui des citoyens. L’argument est juste. Mais comment ne pas avoir aussi, dans ce réalisme nouveau, la reconnaissance des difficultés rencontrées par le gouvernement dans l’opinion ?
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MessagePosté le: Mer 13 Sep - 10:33 (2017)    Sujet du message: Le phénomène Macron Répondre en citant

La lettre politique
de Laurent Joffrin
Social-medefisme
C’est une version quelque peu altérée du «en même temps» cher à Emmanuel Macron. Pendant la campagne présidentielle, la locution était destinée à illustrer le balancement prudent des responsables d’En marche entre droite et gauche, entre libéralisme et social-démocratie, entre patronat et salariés. Elle prend en cette rentrée une autre acception. Le Président affiche sa résolution d’appliquer, quelles que soient les protestations, la réforme qui libéralise le code du travail et, «en même temps», Bruno Le Maire confirme et précise les premières réformes fiscales du gouvernement, qui consistent à supprimer la moitié ou plus de l’impôt sur les grandes fortunes, à limiter à 30% la taxation qui pèse sur les revenus du capital, et à réduire à 28% l’impôt sur les sociétés. Le patronat aura les coudées plus franches sur le marché du travail et «en même temps», le même patronat, ou les épargnants les plus prospères, verront leur impôt nettement allégé. Le Medef se frotte les mains et «en même temps», sabre le champagne. Bref, ce «même temps» est un temps béni pour les plus favorisés…
Point de caricature, toutefois : le gouvernement prévoit aussi de réduire quelque peu les cotisations salariales et d’abaisser la taxe d’habitation. Les mesures qu’il prépare sur le logement auront un versant social. Tout ne va pas dans le même sens. Mais l’ordre chronologique parle de lui-même : on commence par ceux d’en haut, et on annonce des compensations pour ceux d’en bas. Certaines mesures en faveur des entreprises sont par ailleurs logiques. La gauche aura par exemple du mal à fustiger la diminution de l’impôt sur les bénéfices : c’est elle qui l’a enclenchée.
«Coup d’Etat social ?» Certes non. Tout cela est voté très régulièrement par le Parlement et le programme avait été largement exposé et discuté pendant les deux campagnes électorales de 2017. Un coup d’Etat, c’est autre chose. L’outrance affaiblit l’argumentation au lieu de la renforcer. Mais le profil général de la politique en cours n’est pas douteux : il s’agit bien de favoriser employeurs et investisseurs dans l’espoir de les inciter à embaucher.
Cela se produira-t-il ? C’est fort possible, mais pour une autre raison : l’économie, d’ores et déjà, va un peu mieux. Les embauches ont repris à un rythme inédit depuis de longues années. L’Insee vient d’annoncer que l’économie française avait créé 81 400 emplois nets au deuxième trimestre 2017. Ces chiffres sont encore insuffisants pour réduire le taux de chômage de manière spectaculaire. Mais c’est un fait qu’il a cessé de croître. L’Insee estime même qu’on est revenu au niveau de chômage de 2012, un peu inférieur à 10%. Sur cette lancée, et si rien ne vient l’interrompre, une meilleure croissance aura immanquablement pour effet de réduire le nombre des chômeurs. Le gouvernement, au fond, n’y sera pas pour grand-chose. Mais il aura beau jeu, dans cette hypothèse, de bomber le torse en proclamant le succès de ses réformes… Les opposants à ce macronisme d’establishment doivent y prendre garde : les bons généraux sont ceux qui ont de la chance. Pour l’instant, la bonne étoile qui accompagne Emmanuel Macron depuis le début de sa chevauchée politique, malgré les déconvenues sondagières de l’été, continue de briller.
Et aussi
• Marlène Schiappa, secrétaire d’Etat chargée de l’Egalité entre les femmes et les hommes, a annoncé sur RTL que le gouvernement allait ouvrir la procréation médicalement assistée (PMA) à toutes les femmes. Il est temps. Emmanuel Macron s’était prononcé en ce sens pendant la campagne et le Comité national d’éthique a émis pendant l’été un nihil obstat. Aujourd’hui, cette technique de procréation est ouverte aux seuls couples hétérosexuels stériles. Ce qui constitue évidemment une discrimination envers les femmes seules et les couples d’homosexuelles. Les opposants au mariage pour tous vont-ils reprendre le sentier de la guerre anti-homos ? Ils avaient prophétisé une sorte d'«effondrement anthropologique» à la suite de la réforme mise en œuvre par François Hollande. Cet «effondrement» tardant à venir, il est possible que les esprits se soient quelque peu ouverts…
• Emmanuel Macron est aux Antilles pour témoigner de sa solidarité avec les victimes de l’ouragan Irma. Des polémistes aux faibles arguments lui reprochent d’arriver tard. Mauvaise querelle. La tempête l’empêchait de toute manière d’aller tout de suite sur les îles sinistrées, lesquelles attendaient d’abord des vivres, des médicaments et des forces de l’ordre capables d’éviter les pillages. C’est plutôt le manque d’anticipation, supposé ou réel, qui est au centre des discussions.


PS – J’avais critiqué en termes peu amènes Jacques Julliard, que je connais bien, pour répondre à son article dans le Figaro. Il m’envoie une réponse courroucée qu’il me paraît juste de publier, avec une réponse à la réponse…
Mon cher Laurent,
Voici quelques remarques à propos de l’agression à laquelle tu te livres à mon endroit, dans ta lettre du 5 septembre 2017.
1. Je n’ai, bien entendu, jamais «adopté les couleurs» du Figaro. Je ne m’y suis pas «lové». Je suis depuis près de sept ans éditorialiste à Marianne, après avoir quitté le Nouvel observateur, dont je déplorais la ligne politique strauss-kahnienne. Tu avais à l’époque accepté de publier dans Libération les raisons de mon désaccord. Je publie un carnet mensuel au Figaro, à la rubrique Champ libre, sous ma seule responsabilité, avec mention de mon appartenance à Marianne. Tu ne pouvais l’ignorer. Si du reste tu m’avais ouvert plus souvent les colonnes de Libé, tu aurais pu vérifier que je tiens partout le même langage, quel que soit le journal où j’écris.
2. Quand tu me donnes des leçons d’histoire, je souris. Quand tu me traites de caméléon, j’éclate franchement de rire. Pas ça et pas toi.
3. Tu m’insères dans ta revue de ceux, généralement de droite, qui «disent du mal des musulmans». Tu ne trouveras jamais une ligne sous ma plume contre les musulmans. A moins que pour toi, dénoncer les complaisances de nombre d’intellectuels de gauche à l’égard de l’islamisme relève de l’hostilité aux musulmans.
Je regrette le retour à des méthodes d’amalgame, qui prouvent que le rapprochement avec l’ère stalinienne que j’esquisse dans l’article que tu incrimines, est, hélas, de plus en plus justifié.
4. J’ai passé une partie de ma vie à défendre les musulmans, en Algérie, quand il y avait des coups à prendre, en Bosnie, au Kosovo, au Darfour. Chaque fois, je me suis senti plutôt seul. Au fait, j’aurais apprécié que le rédacteur en chef du Nouvel obs que tu étais à l’époque, relaie ma campagne contre le nettoyage ethnique de l’ex-Yougoslavie. Aux côtés de gens comme Bernard-Henri Lévy, André Glucksmann, mais aussi Alain Finkielkraut et Pascal Bruckner qui figurent régulièrement sur tes listes de proscrits pour «islamophobie», comme disent les islamolâtres.
5. Quand nous aurons ensemble une discussion sérieuse sur l’islam en France, je t’expliquerai pourquoi l’opposition entre la masse des musulmans pacifiques et respectueux des lois de la République, et une poignée de terroristes est devenue, hélas, artificielle, et que la complaisance d’un certain nombre d’intellectuels de gauche envers l’islamisme à visage humain est dangereuse, irresponsable.
Tu me demandes à cor et à cri des noms d’intellectuels de ce type, car tu aimes bien les listes et les charrettes.
Voici en tout cas un premier nom : Laurent Joffrin.
6. En publiant tes remarques désagréables et injustifiées, dans une lettre connue de ses seuls destinataires, tu m’empêches de te répondre. Je n’en ai pas les moyens. Je trouverais élégant de ta part de publier cette réponse dans une de tes prochaines lettres, accompagnée des commentaires que tu trouverais appropriés.
Comme je ne veux insulter ni le passé ni l’avenir, je te prie de croire, mon cher Laurent, à mon amitié sincère, bien qu’un peu attristée.
Jacques Julliard
Mon cher Jacques,
Je comprends ton courroux… Je retire volontiers le mot «caméléon», très déplaisant et employé dans un élan polémique excessif à propos de tes interventions dans le Figaro, un fort bon journal au demeurant, quelles que soient ses idées, qui ne sont pas les miennes. Mais admets aussi que tes carnets, que je lis attentivement, développent souvent des thèses qui se rapprochent de celles du quotidien. Ce qui traduit, pour moi qui te connais bien, une évolution nette…
Quant à ma supposée complaisance envers «l’islamisme à visage humain», permets-moi de sourire à mon tour. Outre que je suis notoirement incroyant, ces idées obscurantistes me révulsent autant que toi. Un rappel des temps anciens : c’est moi qui ai publié en une de l’Obs l’appel de Régis Debray, Elisabeth de Fontenay, Alain Finkielkraut et Catherine Kintzler qui dénonçait «le Munich de l’école républicaine» dans l’affaire du voile islamique. Je te rappelle aussi que Libération a publié au moins deux numéros en commun avec Charlie Hebdo quand l’hebdomadaire était en butte aux anathèmes intégristes. C’est encore Libération qui a accueilli l’équipe de Charlie, d’abord après l’incendie dont le journal avait été victime, ensuite après l’attentat du 7 janvier où une grande partie de son équipe a été assassinée. Cet acte qui nous a valu plusieurs menaces de mort n’est guère compatible, me semble-t-il, avec la «complaisance» dont tu parles.
Autre histoire ancienne, tu es fort injuste quand tu me reproches de ne pas avoir «relayé» ta campagne contre le nettoyage ethnique dans l’ex-Yougoslavie. Ces papiers de combat, me semble-t-il, ont été publiés dans l’Obs dont j’étais le directeur de la rédaction. Je me suis par ailleurs rendu à Sarajevo pour soutenir le quotidien Oslobodjene («Libération», en français), bombardé régulièrement par les miliciens serbes, et j’ai publié dans l’Obs un numéro spécial destiné à le défendre.
Mais au-delà de cette polémique ponctuelle, ayons cette discussion sérieuse sur l’islam. Cela évitera les malentendus
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MessagePosté le: Mer 13 Sep - 13:45 (2017)    Sujet du message: Le phénomène Macron Répondre en citant

Laurent Joffrin
La lettre politique
de Laurent Joffrin


Fainéants de tous les pays…


L’appel à la manifestation lancé d’Athènes par Emmanuel Macron contre la loi travail est voué à rencontrer un remarquable succès. Voilà un homme qui, s’il n’avait pas été président, aurait fait un grand leader syndical… En fustigeant «les fainéants, les cyniques et les extrêmes» qui s’opposent à lui, il était sûr de réunir dans la rue une vaste coalition de Français. Certes, les cyniques s’abstiendront cyniquement de défiler et les extrêmes étaient extrêmement décidés à y aller de toutes manières. Mais c’est l’adjonction des «fainéants» qui donne à l’appel toute sa vigueur et toute sa profondeur. C’était en tout cas le meilleur moyen de faire nombre…

Après coup, l’entourage s’est répandu pour expliquer que le président n’avait pas visé les manifestants ou les syndicalistes, et encore moins les salariés en général, mais plutôt, comme il l’avait déjà fait, ceux qui, selon lui, n’ont pas fait les réformes, autrement dit ses prédécesseurs, leurs ministres ou leurs conseillers… parmi lesquels on trouve un certain Emmanuel Macron. Mais aujourd’hui lundi, le président lui-même a corrigé la correction – pauvres communicants ! – en déclarant crânement qu’il ne regrettait rien et que le mot «fainéant» visait «tous ceux qui s’opposent aux réformes» et donc, par définition, les manifestants.

Au fond peu importe : en politique, ce n’est pas l’intention qui compte, in fine, c’est l’effet produit. Or, le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il est désastreux. D’autres «fainéants» l’ont pris pour eux, dont Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT, jusque là très modéré. Le chose est logique. L’adjectif fait partie des invectives les plus éculées qu’on entendait dans les cercles bourgeois d’antan, et qu’on entend peut-être encore.

Du coup, l’effet sur la manif de demain est garanti. Viendront bien sûr les «syndicalistes fainéants», qui passent leur temps à distribuer des tracts et à se réunir dans des salles enfumées au lieu de tenir leur poste. Se mobiliseront les «fonctionnaires fainéants» qui se parent de leurs manches de lustrine pour confectionner toute la journée des cocottes en papier. Se joindront encore les «ouvriers fainéants» jetés dans la paresse par les 35 heures ou les «chômeurs fainéants» grassement rémunérés par Pôle emploi, qui se prélassent jour et nuit en envoyant des CV sans réponse ou bien, pour occuper leur temps d’oisiveté, se rendent à des entretiens d’embauche sans résultat. Répondront enfin à l’appel tous les «gens qui ne sont rien», selon l’autre formule présidentielle, guère plus adroite, et qui forment la masse immense et indistincte des ratés, des losers, des bras cassés, des tocards, des sous-doués, des surclassés, des ratatinés, bref de tous les exclus de la geste héroïque du macronisme triomphant. On voit que cela fait du monde… Mais comme la manifestation sera couverte par une horde archaïque de «journalistes ringards», selon la troisième formule du président délivrée pendant la campagne à son chroniqueur Philippe Besson, il n’y a pas lieu de s’inquiéter de ces remugles du «vieux monde»…

Il y a une part d’injustice dans cette affaire : Emmanuel Macron, avant sa sortie devant les Français de l’étranger, avait fait un bon discours sur l’Europe. Plusieurs propositions neuves y figuraient, notamment cette idée de présenter des listes transnationales, qui bouleverserait le jeu habituel des élections au Parlement de Strasbourg. Un seul mot a tout balayé. Mais c’est le revers d’une autre médaille : la parole transgressive, qui focalise le débat public. Emmanuel Macron doit précisément à ses transgressions, sur les 35 heures, sur les «illettrés», sur l’ISF («Cuba sans le soleil»), son émergence sur la scène politique. Comme souvent, le président qui vient d’être élu considère que sa méthode est la bonne (puisqu’il a été élu…) Du coup, il poursuit dans la même veine, quoi qu’en disent ses conseillers en communication. Nicolas Sarkozy avant lui avait continué comme président à s’exprimer comme il faisait quand il était candidat (le «Kärcher», «j’y pense, pas seulement en me rasant», etc.). Mais une fois à l’Elysée, ce qui semblait provocation salutaire devient gaffe ravageuse. Vérité en deçà de l’élection, erreur au-delà…

Et aussi

• Après les meetings holographiques de la France insoumise, les socialistes ont réussi à franchir un pas technologique supplémentaire : ils ont inventé le parti invisible. Un parti sans leader, sans programme, sans ligne politique et bientôt sans siège central. Son mot d’ordre face à la loi travail est un modèle d’action furtive, comme ces avions qu’on ne peut pas détecter sur les radars : nous sommes contre mais aussi un peu pour ; nous manifesterons, à moins que nous restions chez nous. Ils s’étonnent ensuite de ressentir un sentiment d’effacement. Pourtant leur espace politique existe : entre la gauche radicale et le macronisme de plus en plus décentré vers la droite. Mais pour l’instant, c’est un espace vide. Et comme on sait, la nature (politique) en a horreur.

• Le fils de Pablo Escobar, un des narcos les plus sanguinaires de l’histoire, n’aime plus qu’on plaisante avec la cocaïne. Il a vivement reproché à Thierry Ardisson d’avoir sorti un sachet de poudre blanche à la fin de l’interview qu’il lui a donnée samedi dernier. Il faut dire le fils a renié son père et ne cesse de mettre en garde contre le trafic de coke. L’animateur a rétorqué qu’Escobar manquait d’humour. Certes. La blague, au demeurant, n’est guère pendable. Mais elle pose un problème plus vaste. On dénonce à juste titre les conditions dans lesquelles certains produits de grande consommation sont fabriqués, hors de toute norme sociale ou environnementale, comme certains vêtements diffusés dans les pays riches et confectionnés en fait par des enfants des pays pauvres ou par des travailleurs soumis à des conditions de travail inhumaines. Curieusement, la cocaïne échappe à cette interrogation. On oublie le plus souvent de se demander combien de meurtres, de chantages, d’enlèvements, d’actions de corruption, de tortures à mort pratiquées par les narcos, se cachent derrière chaque kilo de cocaïne qui arrive sur le marché occidental. Est-ce parce que la poudre blanche, festive et excitante à souhait, est souvent consommée dans des milieux médiatiques ou financiers ? Voilà une enquête qu’Ardisson l’iconoclaste pourrait commander pour une de ses émissions…


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MessagePosté le: Mer 20 Sep - 09:09 (2017)    Sujet du message: Le phénomène Macron Répondre en citant

 

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MessagePosté le: Jeu 21 Sep - 13:57 (2017)    Sujet du message: Le phénomène Macron Répondre en citant

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La lettre politique
de Laurent Joffrin


Une baliverne hype


La nouvelle épuration qui se profile au FN n’aura pas seulement des conséquences sur l’avenir du parti frontiste. Elle contribuera à dégonfler une de ces balivernes «hype» qui signalent les commentateurs fatigués : le fameux «dépassement du clivage droite-gauche». Florian Philippot en est l’un des hérauts. Antieuropéen et social, s’adressant au «peuple patriote» au-delà de la césure classique, son projet est en passe d’être brutalement invalidé. Il est même possible que lui-même soit expulsé du parti tel un migrant indésirable…

Beaucoup au FN imputent en effet la déconvenue présidentielle de Marine Le Pen à la rhétorique anti-euro et à la «gauchisation» du parti dont l’énarque mangeur de couscous est le théoricien. Ils veulent revenir aux «fondamentaux» frontistes : haro sur l’immigration, obsession sécuritaire, leitmotiv identitaire, cajoleries diverses à l’égard de la clientèle traditionnelle héritée du poujadisme, commerçants, artisans, indépendants, etc. C’est-à-dire revenir clairement à la droite de la droite et non plus rêver d’une improbable planète «ni droite-ni gauche» perdue dans l’espace sidéral des chimères politiques.

Dans le même temps, on s’aperçoit que l’autre apôtre du «dépassement des clivages anciens», Emmanuel Macron, mène en fait une politique libérale de centre droit, c’est-à-dire qu’il rappelle moins le Jupiter tonnant voué au renouveau de la politique que le Giscard chuintant classiquement libéral et européen. De plus en plus, En marche claudique sur sa jambe droite, dans le domaine économique et social en tout cas, confirmant le diagnostic de Mitterrand : les centristes ne sont ni de gauche ni de gauche.

Faut-il s’en étonner ? Pas vraiment : si l’on y regarde bien, le débat français sépare toujours et encore ceux qui veulent une économie libérale et une société conservatrice, et ceux qui veulent un meilleur partage et une société plus libre. En témoignent la controverse sur la loi Travail – la droite est pour, la gauche contre – ou bien celle qui se développe sur la PMA – la gauche est pour, la droite contre. Les esprits de bon sens remarqueront que toutes les grandes démocraties – toutes – se divisent politiquement entre conservateurs et progressistes, républicains et démocrates, CDU et SPD, Tories et travaillistes, pro-Trudeau et antis, etc. Pourquoi la France, qui a inventé les termes mêmes de droite et de gauche, échapperait-elle soudain à la règle ?

Et aussi

• Charlie déconcerte. Depuis toujours voué à la libération des mœurs, à l’égalité des genres, à la défense des minorités, l’hebdo ami devient soudain sérieux comme un pape pour lancer une charge peu satirique et très Manif pour tous contre la PMA que le candidat Macron a promis d’ouvrir aux femmes seules et aux homosexuelles. Cette revendication des intéressées, écrit Gérard Biard, rédacteur en chef, «est parfaitement absurde […] sauf à considérer qu’il y a bien un "droit à l’enfant" – ou plutôt un droit à produire un enfant – et que l’on veut absolument, quel qu’en soit le prix, promouvoir une société où un gosse, c’est comme une Rolex». On a déjà répondu dans cette lettre à l’argument du «droit à l’enfant» soi-disant inexistant, thèse centrale de Ludovine de la Rochère et de ses émules. Or ce droit est aujourd’hui réservé par la loi aux couples hétéros (qui peuvent recourir à la PMA, même avec donneur anonyme, c’est-à-dire sans père biologique connu) et dénié aux homosexuelles, ce qui sous-entend que les homos sont par nature des mauvais parents, ce qu’aucune étude sérieuse ne vient attester, ou des parents illégitimes, préjugé que semble partager Gérard Biard.

• Après un bon discours à l’ONU, Emmanuel Macron a répondu aux questions de Christiane Amanpour de CNN, sur sa diplomatie, mais aussi sur la politique intérieure française. Interrogé sur ce choix, le président a répondu que la presse française était «narcissique» et ne s’intéressait qu’à des histoires de communication. Attaque parfaitement gratuite : la plupart journaux ont publié de nombreux articles, dossiers, tribunes, enquêtes sur le contenu de la politique Macron, sur ses conséquences pour les Français, sur ses soubassements idéologiques ou techniques. C’est le B.A. BA de la communication aujourd’hui : pour communiquer, il faut toujours commencer par fustiger «la communication» et taper sur la presse «narcissique» et «superficielle». Dans son style plus rustique, Trump ne fait pas autre chose.

• Son siège de Solférino étant voué à la vente, le PS cherche un nouveau local national. Un responsable a suggéré de l’installer au métro Aubervilliers Front Populaire, sur la ligne 12. Un autre, plus facétieux, a suggéré la station Robespierre. On peut aussi penser à Voltaire-Léon Blum, Bibliothèque François Mitterrand, ou encore à la station Jaurès. Compte tenu de l’actuelle discrétion du parti, les mauvaises langues proposeront plutôt le métro La Muette.
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MessagePosté le: Sam 23 Sep - 09:51 (2017)    Sujet du message: Le phénomène Macron Répondre en citant

La lettre politique
de Laurent Joffrin
Intégrés, les musulmans ? Oui
C’est une bonne nouvelle : on en parlera très peu. L’Agence européenne des droits fondamentaux a organisé un sondage dans les pays de l’Union auprès de 10500 personnes s’identifiant comme musulmanes. Les résultats obtenus dérangeront beaucoup de monde : les populistes xénophobes qui nous parlent du «grand remplacement» (des chrétiens par les musulmans) ou agitent dans leur paranoïa le spectre d’une prochaine guerre civile entre les musulmans et les autres, tels des journaux comme Valeurs actuelles et quelques autres feuilles d’extrême droite ; mais ils gêneront aussi, sur la frange symétrique, les théoriciens irresponsables du mouvement «décolonial» et les militants communautaires agressifs comme le Parti des indigènes de la République (PIR) et quelques autres. Alors que les uns et les autres postulent que les musulmans s’intègrent très mal aux pays où ils résident, soit parce qu’ils cultiveraient leur particularisme, soit parce qu’ils se révolteraient contre la «domination coloniale» dont ils seraient l’objet, les réponses données par cet échantillon nombreux et transnational invalident d’un coup deux thèses qui se regardent en chiens de faïence. En fait, les immigrés et leurs enfants originaires de pays musulmans manifestent «un degré de confiance dans les institutions démocratiques qui est bien plus élevé que dans la population en général». Autrement dit, les musulmans croient plus aux promesses républicaines - ou démocratiques - que les non-musulmans. Quelque 76% des personnes interrogées ressentent un attachement fort au pays où elles résident. Elles témoignent même un peu plus que les autres Européens de leur confiance envers la justice et la police…
Diable ! Voilà qui devrait troubler toutes sortes de préjugés. Difficile, tout de même d’y voir autre chose que de la volonté – générale chez les immigrés et leurs enfants ou petits-enfants, dans tous les pays – de se fondre dans la population autochtone et de vivre pacifiquement comme tout un chacun, en réclamant non un droit à la différence mais un droit à l’indifférence. D’autant qu’une autre enquête, menée par la fondation allemande Bertelsmann auprès d’un large échantillon et publiée au début de septembre, aboutissait à des résultats très comparables. Ce qui ne veut pas dire que tout va bien dans le meilleur des mondes européens : les mêmes se plaignent évidemment des discriminations dont ils sont victimes. Mais ils croient toujours que les démocraties de l’Union sauront, un jour ou l’autre, y remédier en mettant en œuvre leurs propres principes. Bref, les musulmans, quoique soumis à un traitement injuste, mais confiants dans les pays dont ils sont devenus des citoyens aussi civiques que les autres, pensent que les pays d’Europe leur rendront un jour justice. Voilà qui gênera beaucoup de gens. Voilà qui ne fera pas la une du Figaro. Mais rassurons-nous : les militants des deux bords, confits de certitude, éviteront soigneusement d’en tenir compte. Et même de le lire…
Et aussi
Comme prévu, Florian Philippot n’est plus au FN. Marginalisé, il a préféré quitter le navire. L’idée d’une convergence des souverainistes de tous les bords disparaît avec lui. Fidèle au père fondateur, le Front se replie sur son identité d’origine. Quand on est identitaire, ce n’est guère surprenant : facho un jour, facho toujours. Ce n’est pas le premier «dédiabolisateur» qui prend la porte. Bruno Mégret avait en son temps éprouvé la difficulté de défier la famille Le Pen. Les responsables du FN disent que le parti surmontera sans difficultés la crise. Pour une fois, ils ont sans doute raison : la scission mégretiste était autrement plus massive (la majorité des cadres du mouvement l’avaient quitté). Jean-Marie Le Pen avait remonté la pente en deux ou trois ans. Sa fille, il faut le craindre, ira plus vite…
La CGT estime que la mobilisation de cet après-midi contre la loi Travail est «équivalente» à celle de la semaine dernière. Comme la centrale a été prise dix fois en flagrant délit d’exagération, il est à craindre pour le mouvement que cette «équivalence» soit le signe d’un essoufflement.


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MessagePosté le: Sam 23 Sep - 14:28 (2017)    Sujet du message: Le phénomène Macron Répondre en citant

La lettre politique
de Laurent Joffrin
Le vilain petit Philippot
C’est le nouveau Calimero, le poussin noir maltraité, le vilain petit canard mis à l’écart par le reste de la portée, que sa mère ne protège pas… Florian Philippot, contraint au départ par la direction du Front national, a gagné son statut de victime de la discrimination frontiste. Pour un peu, il demanderait l’asile à la République, tel un réfugié afghan chassé par la guerre civile. Il y a un fond de vérité dans cette qualité que ne sont pas loin de lui attribuer une partie des commentateurs. Marine Le Pen a fait dans le débat contre Macron étalage de son incompétence. Il fallait trouver un bouc émissaire à ce lamentable ratage. Comme la présidente du Front national ne peut se limoger elle-même, elle a trouvé une victime expiatoire en la personne de son numéro 2, désormais condamné aux travaux forcés des responsables politiques marginaux. Philippot va essayer de gérer sa petite boutique des horreurs dans les ténèbres extérieures de la formation d’extrême droite, qui a survécu au « pu-putsch » mégrétiste, selon l’expression employée à l’époque par Jean-Marie Le Pen, et se remettra fort bien du «schi-schisme» philippotien. Le numéro 2 devenu numéro 0 tentera de survivre en s’alliant à d’autres grands blessés de la présidentielle comme Nicolas Dupont-Aignan. Celui-ci réunissait ses troupes dans une cabine téléphonique. A deux, ils pourront se mettre dans un abribus. Malédiction plus terrible encore, il pourrait être contraint, en souverainiste perdu dans le désert, de solliciter l’hospitalité d’Elisabeth Lévy, de Natacha Polony ou même d’Eric Zemmour…
Ironie du sort, ce patriote est l’indirecte victime du Léviathan qu’il dénonce depuis toujours : l’Europe unie. Considérant les sondages, écoutant leurs électeurs, les stratèges frontistes ont constaté que l’idée d’un «Frexit» caressée par Philippot inquiétait leurs soutiens dans la population. Réaliste, Robert Ménard, le meilleur politologue de Béziers, a dit tout haut ce que tant de frontistes murmuraient de moins en moins bas : la rhétorique anti-euro de Philippot et son tropisme «mélenchonien de droite» expliquent l’échec du FN à l’élection. «L’immigration, idiot !» disent les responsables frontistes, comme les conseillers de Bill Clinton répétaient en leur temps «l’économie, idiot !», ce qui a le mérite de simplifier le discours lepéniste et revient à la portée de sa présidente, qui s’est embourbée face à Macron dans les méandres de la réforme monétaire. La conclusion est claire : même dans l’électorat frontiste, on redoute une rupture avec l’Union. Sans rien dire et sans rien faire, l’Europe a précipité la chute de son procureur. Pour avoir oublié que l’immigration était l’alpha et l’oméga du discours d’extrême droite, Philippot subit le sort d’un simple sans-papiers : il est reconduit à la frontière.
Et aussi…
Les mouvements de protestation contre la loi travail se sont éparpillés façon puzzle. Le résultat ne s’est pas fait attendre : le nombre de manifestants a chuté de moitié d’une semaine à l’autre. Chacun a voulu montrer sa force. Pour l’instant, tout le monde montre sa faiblesse. Emmanuel Macron en profite pour mettre en scène la signature d’ordonnances qu’on aura bien du mal ne serait-ce qu’à amender. Pourquoi se gênerait-il ?
Theresa May a choisi le «soft Brexit» : elle honorera les engagements financiers de la Grande-Bretagne envers l’Union et propose une période de transition de deux ans après la séparation, pendant laquelle rien ou presque ne changera. Divorce à l’amiable ? Ou divorce à reculons ? On pense au Cid : «Va je ne te hais point…» Chimène May regretterait-elle déjà Rodrigue Juncker ?


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MessagePosté le: Mar 26 Sep - 14:14 (2017)    Sujet du message: Le phénomène Macron Répondre en citant

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La lettre politique
de Laurent Joffrin


Tradis et pédagos : nouvelle saison


En démissionnant avec éclat du Conseil supérieur des programmes pour cause de mésentente avec son ministre Jean-Michel Blanquer, son président Michel Lussault rouvre une de ces polémiques éducatives dont la France est friande. Dans une chorégraphie bien réglée, les deux camps traditionnels ressortent les rapières de leur fourreau et font sonner buccins et trompettes. «Tradis» contre «pédagos» : Lussault a remis une pièce dans le bastringue. Chaque armée a ses ridicules. Les «tradis» soupirent après l’école d’antan, blouses grises et coups de règles sur les doigts, oubliant de rappeler que l’école de jadis, divisée en deux filères quasi-étanches, primaire professionnel d’un côté, secondaire supérieur de l’autre, plaçait les enfants de familles modestes dans la première, les fils et filles de bourgeois (ou de profs…) dans la deuxième. Les réformes entreprises depuis ont pour but d’améliorer l’égalité des chances entre les classes sociales. Serait-ce un crime ? Au demeurant, elles n’ont pas toutes été menées par des gens de gauche. C’est un ministre de droite, René Haby, qui a pris la décision fondamentale de créer le collège unique à partir de la sixième, que les conservateurs, sans le dire ou en le disant, voudraient abolir.

Mais les progressistes donnent souvent des verges pour se faire corriger, comme dans les collèges anglais d’autrefois. Leur prédisposition au jargon les expose aux quolibets, qui sont redoutables dans les polémiques publiques. Quand on remplace le mot «piscine» par «milieu aquatique standardisé» (pour inclure les bassins de rivières, par exemple), on endosse le costume des Précieuses Ridicules et on part dans le débat public avec un handicap irrattrapable. Quand on laisse entendre que l’enseignement de l’histoire des religions est obligatoire, mais celui du mouvement des Lumières facultatif, maladresse vite corrigée par Najat Vallaud-Belkacem, on offre sur un plateau des arguments en or à ses adversaires. Lussault échappe à ces caricatures. Mais le théâtre éducatif français lui assignera le rôle du «pédago-dingo» responsable d’un désastre scolaire apocalyptique. Bon courage !

Il y a plus sérieux dans cette affaire. La déploration catastrophiste des Finkielkraut, Polony et autres prophètes de malheur, qui emplissent les pages de Valeurs actuelles et du Figaro est parfaitement outrancière. Dans les classements internationaux, le système scolaire français se situe en milieu de classement, devant celui des Etats-Unis par exemple. Rien d’un désastre. Mais le niveau moyen, c’est un fait, a tendance à s’effriter depuis dix ans, en dépit des moyens considérables mobilisés par la nation et des innombrables réformes mises en œuvre depuis cinquante ans (à cause d’elles, disent les procureurs). Et surtout, le but initial – démocratiser l’enseignement – n’est guère atteint. Sur cette période, malgré le collège unique et le bac pour 80% des élèves, l’égalité des chances a légèrement régressé. Tel est le vrai problème, que les deux camps ont tendance à noyer sous un déluge d’invectives creuses. On ne reviendra pas à l’école de Marcel Pagnol ni à «la Dernière classe» d’Alphonse Daudet. Mais les progressistes ne peuvent se contenter de dire : «Depuis que vous prenez mes médications vous vous sentez de plus en plus mal ? C’est que vous n’en avez pas pris assez...»

Et aussi

Le discours sur l’Europe qu’Emmanuel Macron prononce à la Sorbonne est important. On dit qu’il va tomber à plat après les élections allemandes, qui ont vu les eurosceptiques gagner en influence. Le chef du parti libéral allemand, pressenti pour une coalition avec Angela Merkel, a nommément rejeté, avec éclat, les idées macroniennes. Mais c’est une réflexion à courte vue. Sur le fond, il n’est d’autre voie pour sauver l’Union face aux populistes que de mieux l’intégrer et lui donner les moyens d’une politique industrielle, sociale et migratoire plus cohérente, qui offre un avenir lisible aux peuples du continent. Les jérémiades germaniques sur l’excès des dépenses – que la République fédérale devrait soi-disant acquitter – sont des arguments de boutique et de radinerie face aux enjeux fondamentaux de l’affaire. Macron a donc cent fois raison de persister.

Les élections allemandes ouvrent de nouveau le robinet à clichés. Si l’extrême droite progresse, disent les uns, c’est à cause de l’immigration. Non ! Disent les autres : c’est en raison de l’inégalité sociale, mère de tous les vices. Double problème : l’AfD progresse dans un pays où le chômage a été ramené à moins de 5% de la population active. Difficile d’incriminer le sous-emploi. Frauke Petry, leadeuse du parti xénophobe, réalise 47% des voix dans son fief, où la situation économique est plutôt florissante. Limites du sociologisme… Mais le score du parti d’extrême droite est très supérieur à la moyenne dans les anciens Länder de l’est, où les difficultés sociales sont plus graves. Limites du culturalisme… A vrai dire, les deux facteurs – immigration et pauvreté - ne se substituent pas l’un à l’autre. Ils se conjuguent.
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MessagePosté le: Ven 6 Oct - 12:34 (2017)    Sujet du message: Le phénomène Macron Répondre en citant

La lettre politique
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Jupiter, Janus et Macronus


Dépassement impossible… Depuis quelques jours, le gouvernement Philippe, surplombé par un Jupiter qui se veut aussi Janus biface, cherche à démontrer qu’il n’est pas de droite. Pour rester dans la métaphore mythologique, la tâche de «dépassement» est digne d’Hercule. Le Premier ministre se veut l’Hermès de ce message aussi difficile à clarifier que les oracles de la Pythie de Delphes. Edouard Philippe a beau déployer des talents d’un Démosthène, ou d’un Cicéron, il a autant de peine à convaincre que Socrate face à ses accusateurs. Il parle longuement à Libération, tel Platon déployant sa dialectique, mais il bute sur une réalité aussi dure que la roche Tarpéienne : la suppression de l’ISF, la «flat tax» pour les revenus du capital, la réforme du Code du Travail que toute la gauche, pour une fois réunie, estime à l’égal des lois de Solon, forment une tunique de Nessus, dont il sera difficile de se défaire. Certes il suggère que les prochaines mesures de ce gouvernement temporisateur, qui adopte la tactique de Fabius Cunctator, marqueront la volonté de satisfaire la plèbe autant que les patriciens. Malheureusement, pour l’opinion réunie sur l’agora médiatique, ces mesures compensatoires semblent renvoyées aux calendes grecques. Le peuple de gauche, qui se reconstitue lentement après l’invasion des Perses d’En Marche, tel Leonidas aux Thermopyles, n’est pas loin de dire, en latin et non en grec : «Quousque tandem, Macronina, abutere patientia nostra»

Pour parler plus sérieusement, certains macroniste s’alarment de voir leur gouvernement pencher vers la droite. Ils veulent mettre en lumière les éléments progressistes de leur action. Mais d’autres fidèles du président estiment – un peu cyniquement – que la seule force capable de les mettre en difficutlé se situe à droite et ne sont pas mécontents, donc, de la dérive – ou du coming out – libéral et conservateur de leur champion. A droite ? A gauche ? Seule la clepsydre du quinquennat détient la réponse. En attendant, une certitude demeure : l’antique distinction entre droite et gauche n’est nullement «dépassée» . Entre patriciens et plébéiens, «nobiles» et «populares», Gracques et anciens sénateurs, la césure demeure et soutient la vie politique, tels les piliers du Capitole.

Et aussi

On peut tourner la question dans tous les sens : la peste identitaire est à l’œuvre en Espagne. Le gouvernement de Madrid s’accroche à la lettre de la loi pour opposer aux Catalans une fin de non-recevoir, alors que le Canada et la Grande-Bretagne, pour ne citer qu’eux, ont accepté la tenue de référendums du même genre. Les nationalistes catalans, dont on ne sait même pas s’ils sont majoritaires chez eux, refusent de prendre en compte les risques patents de démembrement du pays qui révulseront le reste de l’Espagne, et font de leur personnalité culturelle une sorte d’absolu politique qui mène en général au pire. Après tout, même si ce discours est de moins en moins audible, une autonomie renforcée dans le cadre d’une Espagne plus ou moins fédérale préserverait tout aussi bien l’originalité historique de la Catalogne. On devine derrière ces trémolos identitaires le plat refus de la solidarité financière avec les régions plus pauvres de l’Espagne. C’est-à-dire la face hideuse de l’irrationalité nationaliste. Souvent dans l’histoire, ce genre de collision conduit directement à la violence.

Raquel Garrido n’a pas payé ses cotisations retraite ni celles à l’ordre des avocats, dit le Canard enchaîné. L’intéressée n’a pas démenti. Si la chose est vraie, voilà tout de même une personnalité paradoxale. Elle donne des leçons de journalisme à la presse entière et commente positivement une manifestation deux jours avant qu’elle ait eu lieu, comme si elle avait déjà assisté au défilé ; elle dénonce «l’oligarchie» tous les matins et émarge le soir chez Bolloré pour un montant qu’elle refuse de dévoiler, tel un PDG du CAC 40. Le Canard la pense aussi saisie, à son tour, de «phobie administrative». A vérifier. Mais pour une phobie identique, le ministre Thévenoud avait démissionné du gouvernement.
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MessagePosté le: Sam 7 Oct - 15:34 (2017)    Sujet du message: Le phénomène Macron Répondre en citant

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«Foutre le bordel»
Emmanuel Macron, quoique surdiplômé, aime aussi «parler peuple». Lors de sa fulgurante ascension poltique, il a fait de la transgression, mi-gouailleuse mi-vulgaire, une marque de fabrique. Entre les «illettrés» de Bretagne, ses sorties contre les 35 heures, son rejet de la taxation des hauts revenus – «Cuba sans le soleil» – il a joué le buzz avec une régularité de maître des horloges médiatiques. Président, il n’a pas hésité à fustiger «les fainéants», même s’il visait, dit-on, ses prédécesseurs et non les manifestants contre la loi Travail (on pouvait s’y tromper…), et maintenant ceux qui «foutent le bordel» au lieu d’aller dans la ville voisine pourvoir les postes vacants. La chose se répète trop souvent pour qu’on n’y voie pas l’expression d’un caractère, et, peut-être, d’une tactique.
S’il veut rester dans sa veine, qui rappelle furieusement les clichés qu’on entendait naguère dans les salons bourgeois, on peut lui suggérer d’autres transgressions qui ne manqueront pas d’exciter les bien-pensants de la gauche archaïque. Il peut exhumer certaines «punchlines» du temps passé. Par exemple celle de 1936 : «Congés payés ? Papier gras sur les plages» ; reprendre le très nostalgique «aujourd’hui, les gens ne veulent plus travailler» ; soupirer devant la rapacité des salariés : «les ouvriers, vous leur donnez un ongle, ils vous prennent le bras» ; choisir un thème plus sociétal : «on veut bien augmenter les salaires, mais le problème, c’est que les ouvriers boivent leur paie au lieu de nourrir leur famille», stigmatiser enfin l’égoïsme des pauvres : «tout le monde sait que les chômeurs se la coulent douce avec l’argent de ceux qui travaillent».
Suppositions fictives, bien sûr. Le Président se laisse aller volontiers aux provocations mais il aussi montré à plusieurs occasions spectaculaires qu’il savait parler de plain-pied avec les syndicalistes ou les salariés en grève, et que ses interlocuteurs sortaient de ces confrontations avec le sentiment d’avoir été écoutés. Il est certain, aussi bien, que le parler vrai a ses vertus. On ne peut pas reprocher simultanément aux hommes politiques de pratiquer la langue de bois et de s’en écarter. L’ennui, c’est que ces provocations visent systématiquement les mêmes totems. S’il s’agit de mettre les pieds dans le plat, on aimerait que le Président admoneste aussi, de temps en temps, les puissants de la Terre. Ce qu’il se garde de faire. On ne l’a jamais entendu dire que certains patrons tiraient sur la corde, que les PDG du CAC 40 ont une tendance irrésistible à se remplir outrancièrement les poches, que certains milliardaires sont surtout des héritiers nantis, etc. On provoque. Pourquoi pas ? Mais ces transgressions, bizarrement, transgressent toujours les mêmes limites.
Et aussi
• Claude Weill, excellent journaliste, Espagnol de cœur, me signale qu’un certain conformisme médiatique tend à biaiser la présentation des événements de Catalogne. On critique à juste raison la brutalité des policiers chargés d’empêcher la tenue du référendum de dimanche dernier. Mais on souligne moins que la constitution espagnole dont se prévaut le gouvernement de Madrid a été votée en son temps par les trois-quarts des électeurs de Catalogne, et qu’il est un peu désinvolte de s’en affranchir tout d’un coup ; qu’en cas d’indépendance, les citoyens non-catalans de la région se retrouveront soudain étrangers dans un pays qui est aussi le leur ; que rien n’indique de manière fiable qu’une majorité des électeurs catalans souhaitent la sécession (les sondages disent le contraire…) ; que la coalition au pouvoir à Barcelone rappelle plus, par sa thématique, les identitaires de la Ligue du Nord italienne que les représentants héroïques d’un peuple opprimé ; que la Généralité a déjà obtenu des concessions culturelles considérables (l’enseignement obligatoire de la langue catalane, par exemple) qu’on jugerait insupportables en France ; que sa volonté d’obtenir une autonomie fiscale a surtout pour but de ne plus financer les régions pauvres d’Espagne, etc. A-t-il tort ?
• Aucun débat sérieux n’aura lieu aux Etats-Unis sur la vente libre – ou presque – des armes à feu. Rien d’étonnant : même si l’opinion, consultée par sondages, semble majoritairement favorable à une réglementation plus stricte, la majorité des élus redoutent d’affronter la surpuissante National Rifle Association (NRA). Laquelle dispose d’un argument en acier pour justifier son business mortifère : face aux tueurs, il faut s’armer. Ce n’est pas la police, trop lente, qui peut limiter les massacres, c’est la riposte immédiate. Le pire, c’est que ce grossier sophisme (en fait, les pays les moins armés sont ceux où la sécurité est la meilleure, ou la moins mauvaise) continue d’impressionner l’opinion américaine. L’avenir est donc radieux pour la NRA : plus il y aura d’armes, plus il y aura de morts. Mais plus il y aura de morts, plus on aura des raisons de s’armer.


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MessagePosté le: Mer 11 Oct - 16:22 (2017)    Sujet du message: Le phénomène Macron Répondre en citant

La lettre politique
de Laurent Joffrin
En marche et la gauche fantôme
En marche, dit-on, cherche une «incarnation» de gauche, une personnalité gouvernementale ou parlementaire qui permettrait au mouvement macroniste de tenir «en même temps» un discours plus progressiste que celui qui domine aujourd’hui dans la majorité. Cette recherche est une variante de la chasse au dahu.
Dans toutes les colonies de vacances, on emmenait les plus jeunes et les plus naïfs chasser cet animal qui n’existe pas. C’est au même exercice que sont conviés les jeunes et naïfs députés d’En marche : trouver le dahu de gauche qui viendra équilibrer les très visibles jeunes loups de droite comme Gérald Darmanin ou Bruno Le Maire, les médiatiques hirondelles libérales que sont Aurore Bergé ou Amélie de Montchalin ou les vieux lions sécuritaires comme Gérard Collomb. Evidemment, cette quête se heurte à un obstacle : pour trouver quelqu’un qui tienne un discours de gauche à En marche, il faudrait avoir quelque chose à dire. C’est difficile quand la politique plus progressiste qu’on veut mettre en valeur n’existe pas. Castaner ? Il est porte-parole du gouvernement, qui mène une politique de droite. Agnès Buzyn ? Trop techno, dit-on, et jamais élue. Hulot ? Il est retranché dans son ministère. L’incarnation de gauche ? Un fantôme invisible qui flotte dans un vide entouré de néant.
Dans une tribune publiée par le Monde, Jean-Pierre Mignard, avocat, et Joël Roman, intellectuel, qui ont passé toute leur vie à gauche, confessent avec candeur leur désarroi. La plupart des militants et des responsables d’En marche viennent du PS, disent-ils en substance, mais la plupart des mesures prises par le gouvernement Philippe viennent de LR. Juste remarque. Peut-être auraient-ils pu s’en douter plus tôt. Ils ont quitté la vieille maison socialiste et depuis, ils ne savent plus où ils habitent. C’est le sort des acrobates maladroits : ils lâchent un trapèze mais l’autre n’est pas là. Il ne reste qu’à tomber dans le filet. S’il y en a un.
Et aussi
‎• Carles Puigdemont, quoique nationaliste, a gardé quelques réflexes démocratiques. A l’affrontement clair, il a préféré l’arrangement obscur. Il a proclamé l’indépendance pour la suspendre aussitôt, ce qui ménage la possibilité d’une issue pacifique à la crise catalane. C’est d’une grande sagesse. Une déclaration unilatérale aussitôt suivie d’effet aurait contraint Madrid à annuler l’autonomie de la Catalogne, c’est-à-dire à déclencher un mécanisme de provocation-répression incontrôlable. Dans ce genre d’affaire, c’est le brouillard qui sauve et la lumière qui blesse. Il faut maintenant tâcher de trouver un compromis. Plus il sera byzantin, incompréhensible et étalé dans le temps, meilleur il sera : chacun pourra dire qu’il a gagné quelque chose et l’Espagne restera en paix.
‎• Juste tribune des Julliard, Compagnon, Prost et Meirieu dans le Figaro sur les temps scolaires. La décision de laisser aux autorités locales le choix de la semaine de quatre ou cinq jours est absurde. Elle correspond aux intérêts des élus, des profs et des parents. C’est-à-dire de tout le monde, sauf des enfants. Tous les spécialistes des rythmes de travail estiment que la semaine de cinq jours est plus propice à l’étude. La France est déjà affligée d’une année scolaire trop courte, l’une des plus brèves d’Europe. Cette fois elle battra le record du monde. Jean-Michel Blanquer veut relever le niveau des études. Il commence par le faire baisser.

Laurent Joffrin

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MessagePosté le: Ven 13 Oct - 13:53 (2017)    Sujet du message: Le phénomène Macron Répondre en citant

La lettre politique
de Laurent Joffrin
Mélenchon-Valls, aux limites du grotesque
Les polémiques autour du communautarisme et de la place des musulmans en France ont franchi un nouveau cran sur l’échelle de l’outrance et du ridicule. Jean-Luc Mélenchon démissionne d’une mission parlementaire destinée à préparer le référendum sur l’indépendance de la Nouvelle-Calédonie sous prétexte que Manuel Valls en est le président. Valls est «clivant», dit Mélenchon, ce qui n’est pas faux, connaissant le bonhomme, et il est «ethniciste» (une façon à peine polie de le traiter de raciste) ce qui est purement scandaleux connaissant Valls. L’outrance est d’autant plus injuste que Valls a toutes les qualifications requises pour traiter du dossier néocalédonien : ancien Premier ministre, il a déjà réglé une crise délicate sur le «caillou» ; ancien collaborateur de Michel Rocard, il a participé à l’élaboration d’un compromis salué par tous à l’époque, et dont les Catalans, par exemple, feraient bien de s’inspirer. Par ailleurs, on se demande en quoi le «laïcisme» de Valls, fustigé à l’extrême gauche, pourrait le gêner dans la discussion en Nouvelle-Calédonie. On rappellera, par exemple, que les francs-maçons, présents dans les deux camps, ont joué à l’époque un rôle important dans l’apaisement…
Même outrance grotesque de l’autre côté. Dès qu’on s’avise de défendre la vraie laïcité, celle de la tolérance et des valeurs universelles, on se retrouve inclus dans une «islamosphère» aux contours aussi flous que le concept lui-même. C’est ainsi que Libération, qui défend cette laïcité-là, universelle et tolérante, se retrouve annexé par le Fig Mag à un dossier consacré au communautarisme. C’est ainsi que toute volonté de distinguer entre islam et islamisme est aussitôt taxée de naïveté, d’inconscience, voire de complicité avec l’islam politique, cette maladie de la religion. Certes, une certaine extrême gauche se retrouve sur des positions communautaires sous le prétexte que les musulmans sont des victimes (comme si les victimes avaient toujours raison…). Mais confondre, comme on le fait dans la droite dure, tolérance envers l’islam et complaisance avec les islamistes, c’est embrouiller un peu plus la question. La chose est bien sûr faite à dessein : les communautarismes de droite et de gauche s’accordent pour tenter de discréditer les universalistes. L’irrationnel identitaire n’a pas de limites.
Et aussi
• Aux dernières nouvelles, la manifestation des fonctionnaires rencontre un succès honorable, sans plus. Comme les syndicats ne se sont pas mis d’accord pour unifier le mouvement contre la loi travail, on voit de moins en moins comment le mouvement social, fort utile au demeurant pour exprimer une opposition, pourrait faire reculer le gouvernement. Les syndicats devront méditer sur leurs moyens d’action à l’avenir : les protestations rituelles commencent à faire long feu. Une défaite ? Attendons. Mais remarquons surtout que la réforme, néfaste à beaucoup d’égards, a été légitimée à l’avance lors des élections du printemps. Difficile d’annuler un projet aussi central face à un gouvernement qui vient d’être adoubé par les urnes.
• A son tour, le FMI annonce une meilleure croissance dans les deux ans qui viennent. Cette prévision succède à beaucoup d’autres, qui traduisent toutes une lente sortie de crise à l’échelle mondiale, y compris pour la France, même si celle-ci est encore en retard sur la moyenne européenne (1,8% en 2017 contre plus de 2% pour l’UE). Quoi que fasse Emmanuel Macron, les choses iront donc mieux dans un an. Ce qui lui permettra de tirer un bilan positif de ses réformes…


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MessagePosté le: Aujourd’hui à 18:36 (2017)    Sujet du message: Le phénomène Macron

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