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Monde arabe
 
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yacoub
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MessagePosté le: Lun 31 Oct - 17:43 (2016)    Sujet du message: Monde arabe Répondre en citant

Une obsession dans le monde arabe

Les théories du complot reviennent aussi en force dans le monde arabe. Elles permettent aux populations et aux gouvernants d’éluder leurs propres responsabilités dans certains événements.
par Akram Belkaïd
 

Novembre 2012. Le quotidien égyptien privé Al-Masri Al-Youm publie un article affirmant que Mme Tzipi Livni, ancienne ministre des affaires étrangères d’Israël, aurait reconnu dans les colonnes du journal britannique The Times s’être livrée à des actes sexuels avec plusieurs personnalités arabes alors qu’elle était agente du Mossad. Un commerce charnel destiné « à les impliquer dans des scandales sexuels, à les faire chanter et à leur soutirer des informations secrètes et des concessions politiques en faveur d’Israël (1) ».

Immédiatement relayée par les réseaux sociaux et par différents médias, notamment télévisuels, la nouvelle enflamme le monde arabe. De Rabat à Mascate en passant par Le Caire, bien des éditorialistes y voient une nouvelle preuve du complot permanent de l’Etat hébreu contre ses voisins. Pourtant, Al-Masri Al-Youm fait très vite machine arrière et présente ses excuses à ses lecteurs : Mme Livni n’a jamais fait de telles déclarations, ni dans The Times ni ailleurs. « Mais c’était trop tard. L’information s’est propagée à la vitesse de l’éclair. Tous nos démentis n’ont servi à rien. Aujourd’hui encore, de nombreuses personnes sont persuadées que Tzipi Livni a eu des relations sexuelles avec des dirigeants arabes, notamment palestiniens, afin de les amener à lui dévoiler des secrets ou d’obtenir des avantages diplomatiques pour Israël », constate un ancien journaliste du quotidien. Une rapide vérification le confirme : des sites Internet, des forums et même des journaux continuent de reprendre cette fausse allégation, sans mentionner les démentis d’Al-Masri Al-Youm.

Dès ce mois de novembre 2012, le journaliste et poète druze israélien Salman Masalha a pourtant tancé les grandes plumes qui se sont laissé piéger par le fameux article et n’ont pas réfléchi aux causes de leur crédulité (2). Son appel à la raison n’a pas eu grand effet, tant l’idée de complot est omniprésente dans le monde arabe. Certes, il arrive souvent que la mouamara — terme désignant un complot ou une conspiration — apparaisse d’emblée comme fantaisiste et se retrouve ainsi classée dans la rubrique des informations insolites. Ce fut le cas en 2010, quand M. Mohamed Abdel Fadil Shousha, alors gouverneur de la région sud du Sinaï, a évoqué la piste de requins tueurs déversés dans la mer Rouge par le Mossad afin qu’ils attaquent les plongeurs dans la station balnéaire de Charm El-Cheikh et nuisent au tourisme égyptien (3).

Mais la théorie du complot surgit aussi pour expliquer des événements majeurs. Les attentats du 11-Septembre demeurent largement considérés, dans tous les milieux sociaux, comme une sordide machination dans laquelle Israël tiendrait le premier rôle. Les révoltes arabes de 2011, avec leurs conséquences en matière d’instabilité et de multiplication des conflits, sont elles aussi revues à l’aune des agissements invisibles des grandes puissances occidentales. Passé l’euphorie des premiers temps, notamment après la démission forcée du président égyptien Hosni Moubarak, les explications conspirationnistes se sont vite répandues à tous les niveaux de la société. En Algérie comme au Maroc ou dans les monarchies du Golfe, il n’est pas rare d’entendre ou même de lire que la Central Intelligence Agency (CIA), les services secrets français et le Mossad ont poussé les peuples arabes à se révolter afin de semer le chaos et de renforcer l’influence d’Israël (4).
« Les services secrets influent sur l’opinion publique par la diffusion de rumeurs »

Cette grille de lecture s’applique aussi à la situation syrienne. Malgré la violence qu’il exerce contre son peuple, M. Bachar Al-Assad et son régime sont présentés comme les victimes d’un plan savamment concocté à Washington pour affaiblir l’un des rivaux régionaux de l’Etat hébreu (5). L’Egypte du président Abdel Fatah Al-Sissi n’échappe pas à ce type d’analyse. Si les autorités ont plutôt tendance à éluder le sujet, leurs relais dans de nombreuses émissions de télévision ne se privent pas d’affirmer que les manifestations monstres de 2011 contre l’ex-président Moubarak relevaient d’un complot ourdi par les Etats-Unis et Israël — une variante ajoute le Qatar à la liste des conjurés — afin de porter les Frères musulmans au pouvoir et de saper la grandeur de l’Egypte. « La théorie du complot dans le monde arabe, c’est d’abord la prime à l’irrationnel, relève un diplomate jordanien en poste à Genève. Sa force est qu’elle peut avancer tout et son contraire sans qu’on puisse la remettre en question puisque les arguments les plus rationnels sont balayés d’un revers de main. On est plongé dans un univers fantasmagorique où la logique élémentaire n’a plus cours. »

Désireux de masquer leurs carences et de disqualifier leurs ennemis, les dirigeants politiques arabes portent une grande responsabilité dans la diffusion et la persistance de théories de ce genre. Au Maroc, le voisin algérien se voit accusé de tous les maux en raison de sa position dans le conflit du Sahara occidental. A la fin des années 1990, des journaux proches du pouvoir et des services de sécurité ont par exemple soupçonné Alger de faire pression sur les grandes compagnies occidentales afin qu’elles renoncent à chercher du pétrole dans le sous-sol du royaume — ce qui expliquerait pourquoi le Maroc n’exploite toujours pas d’hydrocarbures.

En Algérie, le complot est presque systématiquement lié à la France, ancienne puissance coloniale qui continuerait à tirer les ficelles, notamment en favorisant telle ou telle faction du pouvoir. Beaucoup d’Algériens, y compris ceux nés plusieurs décennies après l’indépendance, pensent que le deuxième bureau — expression qui a longtemps désigné les services secrets français (1871-1940) — décide toujours du sort de leur pays. L’idée que Paris contrôle les dirigeants algériens se retrouve dans tout le spectre politique ; les islamistes comme les nationalistes du Front de libération nationale (FLN) ne cessent de dénoncer l’existence du hizb frança, le « parti de la France ».

Au-delà des spécificités nationales, le succès des théories du complot s’explique par le rôle essentiel des moukhabarat, ou « services secrets », dans le monde arabe. « Les services de sécurité influent sur l’opinion publique par la diffusion continuelle de rumeurs », explique un analyste du Centre des études politiques et stratégiques d’Al-Ahram au Caire. « Ces rumeurs confortent une certaine manière de voir le monde et renforcent tout ce qui plaide pour l’existence de complots. C’est une constante arabe. En ce moment, il suffit de faire dire dans les cafés et dans la rue que les jeunes militants démocrates touchent de l’argent de l’Occident pour accréditer l’idée que leurs revendications s’inscrivent dans un complot contre la souveraineté de l’Egypte. »

De l’aveu d’un spécialiste algérien du renseignement, les rumeurs ont toujours été des « exercices » organisés par la Sécurité militaire afin de tester la crédulité des foules et de renforcer l’idée d’une persistance de menaces antialgériennes. « Plus le temps passe et plus je suis sidéré et attristé par la récurrence des théories du complot et par le succès qu’elles rencontrent dans nos pays », avoue de son côté le sociologue algérien Nacer Jabi. Il y voit la propension de certains de ses concitoyens à chercher des justifications plus ou moins rationnelles à l’inexcusable : « Un attentat survient, on le relativise, on cherche des explications dilatoires, on trouve des excuses à tel ou tel acte de violence. » Pour cet universitaire qui déplore aussi la versatilité à l’égard des dictateurs arabes déchus, soudainement transformés en bienfaiteurs regrettés, cette inclination au complotisme s’explique par « l’abandon ou l’inexistence d’une conscience de citoyen, par le refus du débat contradictoire et par le rejet de sa propre responsabilité. C’est toujours l’autre qui est coupable ». Cela d’autant que l’histoire du monde arabo-musulman n’est pas exempte de vrais complots, telle l’opération « Susannah », en 1954 (lire « Vraies histoires de faux drapeaux »). Dans un monde arabe qui peine à s’imposer comme acteur de premier plan sur la scène internationale, la théorie du complot permet de rejeter la faute sur des tiers, surtout s’ils sont occidentaux, et d’éviter une autocritique dont les régimes ne veulent pas. Les différentes explications quant à l’émergence de l’Organisation de l’Etat islamique l’illustrent parfaitement. « Il est tellement plus facile de dire que Daech a été créé par les impérialistes que de réfléchir à nos propres démons. Cela nous évite de nous interroger sur son fanatisme et sur les horreurs commises au nom de la religion », juge M.Amer Murad, un jeune enseignant irakien.

La perméabilité du monde arabe aux théories du complot trouverait aussi son origine dans les premiers temps de l’islam. Comme le souligne Mohamed Ourya, doctorant à l’université de Sherbrooke (Canada), le monde musulman est imprégné de l’idée que « les Juifs [de Médine] ont comploté contre Mahomet » et œuvré à empêcher l’essor de l’islam (6). Loin d’être considérées comme une simple péripétie des débuts de l’islam, les relations difficiles, parfois violentes, entre les premiers croyants et les tribus juives d’Arabie sont perpétuellement commentées et font l’objet de multiples écrits et extrapolations, gommant des siècles d’une cohabitation qui fut souvent plus pacifique qu’en Occident. Pour Ourya, cette obsession historique se traduit par une tendance à expliquer tout événement majeur par une conspiration s’inscrivant dans une longue suite d’attaques contre l’islam.

L’universitaire rappelle ainsi que, de tout temps, des théologiens musulmans ont insisté sur le rôle joué en 656 par un certain Abdallah Ibn Saba, un Juif converti à l’islam, dans un complot contre le pouvoir d’Othman, le troisième calife à avoir succédé au prophète. Cette conspiration (niée par les chiites) a mené à la fitna — ou « grande discorde » — dont les conséquences politiques et théologiques façonnent encore le monde musulman. C’est pourquoi, en Arabie saoudite comme dans d’autres pays à dominante sunnite, on entend fréquemment des prêcheurs affirmer avec virulence que la naissance du chiisme, la seconde branche de l’islam, justement due aux querelles de succession du prophète, est un « complot juif ». De quoi se persuader que toute démarche visant à amoindrir l’impact des théories conspirationnistes dans le monde arabe implique une relecture apaisée et rationnelle de l’histoire du monde musulman et de l’islam.

Akram Belkaïd
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Signature - Nouveau sujet, vérifier dans "Recherche" s'il n'existe pas. Il faut qu'il soit bien étoffé, un titre explicite, bien détaillé avec des preuves fiables et vérifiables


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MessagePosté le: Lun 31 Oct - 17:43 (2016)    Sujet du message: Publicité

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MessagePosté le: Mer 9 Nov - 11:09 (2016)    Sujet du message: Monde arabe Répondre en citant

Comment l'islam est abordé dans les manuels scolaires ?
  • Par Vincent Tremolet de Villers
  • Mis à jour le 26/09/2016 à 10:30
  • Publié le 23/09/2016 à 15:53





FIGAROVOX/GRAND ENTRETIEN - Après avoir décrypté les principaux manuels scolaires d'histoire, Barbara Lefebvre a accordé au FigaroVox un entretien fleuve. Elle montre comment l'Education nationale porte un regard apologétique sur la civilisation arabo-musulmane.


Barbara Lefebvre, professeur d'histoire-géographie, elle a publié notamment Élèves sous influence (éd. Audibert, 2005) et Comprendre les génocides du 20è siècle. Comparer - Enseigner (éd. Bréal, 2007). Elle est co-auteur de Les Territoires perdus de la République (éd. Mille et une nuits, 2002).


FIGAROVOX. - À quoi sert l'histoire enseignée à l'école, à développer le «vivre-ensemble» ou à instruire les élèves?
Barbara LEFEBVRE. - L'histoire scolaire telle qu'elle est prescrite par les programmes officiels transposés fidèlement dans les manuels scolaires, n'est pas l'histoire universitaire. Ce n'est pas une histoire où les débats historiographiques actuels, parfois virulents, doivent s'exposer. C'est le récit du passé au regard de l'état des lieux de la recherche faisant l'objet d'un consensus académique. L'histoire scolaire sert un projet d'influence positive: transmettre aux élèves des connaissances factuelles appuyées sur une pratique du questionnement critique des sources. On espère, naïvement peut-être, qu'ils pourront, plus tard, exercer leur raison critique et penser par eux-mêmes. Or, cette discipline est le plus souvent utilisée pour exercer une influence normative sur les élèves. Aujourd'hui cela s'aggrave dans le contexte de crise identitaire sévère et de déculturation massive.
Citation:

La France a atteint un point de tension identitaire proche de la rupture.



Il est intéressant de se pencher sur les nouveaux programmes d'histoire voulus par l'actuel gouvernement, dont la majorité des thèmes sont pourtant recyclés des anciens programmes. Beaucoup de bruit pour rien? Pas vraiment, car la France a atteint un point de tension identitaire proche de la rupture. L'histoire scolaire est un espace sensible sur lequel on peut agir, et si depuis les années 2000, le feu couve, depuis les attentats de 2015 en passant par le grotesque épisode du burkini, la cocotte-minute siffle. Cette tension tient à la pression des tenants d'un islam politique, minorité tyrannique dont certaines figures recyclées sous l'expression de «modérés» sont légitimées par les pouvoirs publics, qui jettent l'opprobre sur une majorité silencieuse souvent non pratiquante voire non croyante mais que tout le monde essentialise à des fins politiques. L'enseignement du fait religieux, ici l'islam, n'a donc jamais été aussi nécessaire et exigeant. Or si l'on veut lutter comme on le prétend contre l'idéologie politico-religieuse, encore faut-il ne pas mettre sous le tapis ce qui nous dérange pour enseigner une histoire de la civilisation musulmane sans aspérité, confinant parfois à l'apologétique, tout cela au service de la glorification dogmatique du «vivre ensemble».
Comment l'histoire de l'islam est-elle abordée dans les ouvrages scolaires?
Citation:

L'histoire scolaire de la civilisation musulmane, sans aspérité, confine parfois à l'apologétique, tout cela au service de la glorification dogmatique du « vivre ensemble ».



Je me suis appuyée sur les programmes 2016 et les ressources officielles en ligne, puis j'ai observé comment cela était transposé dans les manuels scolaires de 5ème les plus utilisés [Hachette, Belin, Bordas, Hatier]. Que disent les programmes? «L'histoire du fait religieux […] permet aux élèves de mieux situer et comprendre les débats actuels» dans une approche qui ne doit pas être «fixiste sur une si longue période». Dont acte. Approcher la question par les notions de théocratie et de «contact» entre les chrétientés occidentale et byzantine et l'islam est judicieux mais on peut être troublé de la volonté explicite des programmes d'accorder davantage d'attention aux «contacts pacifiques» comme le commerce ou les sciences, plutôt qu'aux contacts guerriers, à savoir les croisades et le jihad de conquête. La conflictualité guerrière entre Chrétiens et Musulmans domine tout au long du Moyen Âge, et au-delà sous la forme du corso sur les rives de la Méditerranée européenne. En minimiser la portée, tant dans les faits que dans leurs représentations sociales et culturelles dans les deux espaces civilisationnels concernés, est révélateur du message politique présent: «les rapports entre le monde chrétien et le monde musulman ne se résument pas à des affrontements militaires» édictent les programmes.
Citation:

L'histoire scolaire de 2016 n'est guère différente de celle voulue par la IIIè République et son fameux « nos ancêtres les Gaulois » honni par les tenants actuels de la pédagogie.



Sur la question des contacts, les instructions officielles appellent à «équilibrer» en ne donnant pas trop de poids à «l'étude des événements ayant tendance à mettre l'accent sur les contacts belliqueux». C'est ainsi qu'on procède à la construction des représentations sociales et culturelles, et en cela l'histoire scolaire de 2016 n'est guère différente de celle voulue par la IIIè République et son fameux «nos ancêtres les Gaulois» honni par les tenants actuels de la pédagogie. À la différence près que l'histoire scolaire actuelle fait croire à son objectivité au service du progressisme multiculturel, ambition que n'avait pas la IIIè République qui voulait fabriquer des Français, sans distinction d'origine ou de classe sociale, à partir de la France multiple de terroirs proches et lointains. Je soulèverai un autre point: les auteurs du programme qui défendent «une approche globale des faits historiques», véritable leitmotiv des instructions officielles, ont le souci d'une «histoire mixte». Il faut entendre ici où les «conditions et actions des femmes et des hommes d'une époque seront traités de façon égale». Or, étrangement, sur la condition de la femme en islam médiéval, c'est le silence qui prévaut. De fait, aucun manuel n'évoque la place des femmes dans l'islam sinon pour évoquer une régente de la dynastie des Ayyoubides au 13è siècle [Belin] comme si cette exception servait à décrire la place de la femme en Islam. Verrait-on un historien décrire la condition féminine en France à la fin du 16è siècle à travers l'exemple de Catherine de Médicis?
Citation:

Étrangement, sur la condition de la femme en islam médiéval, c'est le silence qui prévaut.



La liberté pédagogique des enseignants est une liberté de moyens, il faut le rappeler, pas une liberté d'interprétation du programme. Les programmes prescrivent une orientation historiographique: ainsi on exige clairement de relativiser la bataille de Poitiers considérée anecdotique, et de fait certains manuels ne l'évoquent plus. Dans le même temps, on demande que soit étudiée l'amitié entre Charlemagne et le calife abbasside al-Rashid dont le nom est associé aux «Mille et Une nuits» où il apparaît comme le calife parfait. Or c'est une image idéalisée du règne d'arachide datant des 8è-9è siècles, puisque les historiens distinguent aujourd'hui le mythe du calife idéal véhiculé par la littérature arabe avec les sources historiques montrant qu'il a affaibli la puissance du califat abbasside comme en témoignent les émeutes populaires récurrentes, les troubles aux marges de l'empire et la violente guerre civile qui suit son règne. En outre, son «amitié» avec Charlemagne n'est que diplomatique, motivée par une volonté commune de contrer l'empire byzantin et l'émir omeyyade de Cordoue.
La religion musulmane en elle-même est-elle montrée dans sa toute complexité?
Citation:

On exige clairement de relativiser la bataille de Poitiers considérée anecdotique, et de fait certains manuels ne l'évoquent plus.



Bien sûr, dans un manuel scolaire on n'entre pas dans le détail des débats académiques sur l'historicité de Mohamed et la fiabilité des éléments biographiques à son sujet, mais on est quand même surpris de la pauvreté des informations le concernant dans les manuels. Si je résume ce que l'élève retient: c'est un marchand caravanier qui reçoit la visite de l'ange Gabriel vers 610, il fonde la première communauté musulmane et instaure le monothéisme définitivement en 630 avec la prise de la Mecque aux païens arabes. Tout semble se passer sans obstacle majeur: l'islam s'étend par la conquête et tout le monde se soumet de bonne grâce! Un manuel [Belin] s'abstient même de le présenter comme un chef d'État, commandant des armées de l'islam. Pourtant la figure du prophète, modèle parfait et indépassable de l'homme musulman, mériterait qu'on regarde de plus près son style de vie, d'autant que sa vie privée étant publique, elle fut racontée par ses disciples et se trouve exposée à titre d'exemple à suivre dans le Coran et la Hadith. Elle est connue de tous les Musulmans pratiquants, mais l'élève lui ne saura pas ce que le Musulman sait de la vie modèle de Mohamed. À moins que cette absence d'information biographique du prophète de l'islam ne s'explique par un hiatus entre nos canons occidentaux de l'homme de foi et d'État irréprochable et probe et la perception musulmane de la vie parfaite du prophète? Mais tout est question d'interprétation, la vie de Mohamed, fort humaine par ses sombres aspects, serait à replacer dans son contexte, précisément pour contrer le discours de l'islam politique, producteurs de jihadistes, martelant que le Coran par son immanence ne doit en aucun cas être interprété et invitant leurs coreligionnaires à «vivre comme le Prophète». Il serait salutaire de ne pas rester dans les non-dits par souci de ne pas heurter les susceptibilités supposées de certains élèves et leurs familles, et affronter les faits pour les replacer dans le champ rationnel de la pensée au lieu de les abandonner à l'idéologie.
Les périodes conquérantes et guerrières sont-elles justement évoquées?
Citation:

La représentation des conquêtes par Mohamed puis ses successeurs est révélatrice de la complaisance avec laquelle on traite la dimension politico-juridique de l'histoire de l'islam.



La représentation des conquêtes par Mohamed puis ses successeurs est révélatrice de la complaisance avec laquelle on traite la dimension politico-juridique de l'histoire de l'islam. Toutes les précautions sont prises pour équilibrer le récit et éviter une présentation violente des conquêtes islamiques. Mais la succession des omissions ou des raccourcis des manuels conduisent à des contre-vérités historiques. Par exemple, quand on lit qu'en 630 Mohamed et ses partisans «reprennent la ville de la Mecque» [Bordas], l'usage du verbe reprendre laisse penser que la ville leur aurait appartenu, qu'il ne s'agirait que d'une légitime reconquête. Or Mohamed n'a jamais dirigé les Mecquois avant 630, il avait même dû fuir la ville en 622 avec ses 70 disciples car il y troublait l'ordre public païen. Autre élément illustrant des raccourcis mensongers: les prises de ville ou de territoire se font sans résistance. Tous les manuels suggèrent que si la conquête arabo-musulmane fut rapide c'est parce qu'elle fut facile. Si les conquêtes ont été rapides en Arabie c'est qu'il suffisait de prendre quelques grandes oasis pour étendre son autorité sur des centaines de km², puis au Moyen-Orient ou en Afrique du Nord, ce sont les divisions internes des autorités autochtones, souvent des Églises en conflit interne sur des questions tant théologique que politique, qui ont permis aux armées arabes de s'emparer rapidement des centres de pouvoir. Néanmoins cela ne se fit pas sans résistance populaire ni en Arabie où la résistance juive notamment est connue par les sources arabes elles-mêmes, ni en Syrie, en Palestine ou en Égypte. Seul le manuel Hatier éclaire un peu la dimension militaire des conquêtes.
Citation:

L'islam est prosélyte, a vocation à éclairer l'humanité, la conquête territoriale en est le principal instrument.



En outre, les objectifs de la conquête ne sont jamais exposés aux élèves, or la conquête territoriale est consubstantielle à la naissance de l'islam et les propos de Mohamed dans le Coran et la Sunna sont sans ambiguïté: l'islam est prosélyte, a vocation à éclairer l'humanité, la conquête territoriale en est le principal instrument. Cette fusion du politique et du religieux doit être soulignée si l'on veut éclairer certains discours fondamentalistes actuels pour les déconstruire. Ici la notion de jihad devrait être abordée, elle sert dès le début de l'islam à une justification religieuse de la conquête de type impérialiste - tout à fait banale à l'époque - constituée de pillages, de massacres et de colonisation. L'ouvrage de Sabrina Mervin est utilisé à plusieurs reprises pour présenter les conquêtes, mais cet ouvrage n'est pas un livre d'histoire factuelle, il a un objet d'étude singulier à savoir l'histoire des doctrines de l'islam et leurs représentations. Elle insiste dans sa préface sur le fait que son livre ne retrace «pas l'histoire politique ou sociale du monde musulman» or c'est exactement ainsi que des extraits sont utilisés dans les manuels, pervertissant le travail de l'historienne. Les citations de l'ouvrage montrent un projet théocratique parfait, réalisé sans entrave, là où l'historienne décrit une représentation sociale de ce projet par les doctrinaires musulmans. La partie leçon d'un manuel [Hachette] va plus loin dans l'approximation: «Les califes musulmans prennent le contrôle d'un très vaste territoire peuplé de populations nomades. Pour contrôler cet ensemble ils développent les villes où s'installent les émirs». En quoi les peuples d'Afrique du Nord et du Moyen-Orient préislamique [judaïsme, christianisme, empires perse ou romain], sédentaires depuis des siècles, ayant développé des civilisations urbaines prestigieuses furent-ils des «nomades» à l'instar des tribus bédouines d'Arabie islamisées par Mohamed? Alexandrie, Jérusalem, Damas, Yarmouk, Le Caire, Mossoul et tant d'autres ne sont pas des villes fondées par les conquérants arabes à ma connaissance. Ils ont redessiné le paysage urbain pour l'islamiser mais n'ont pas fondé ces villes qui ont gardé de nombreuses traces, notamment archéologiques, d'un glorieux passé préislamique. De telles erreurs dans des manuels d'histoire laissent perplexe.
Citation:

De telles erreurs dans des manuels d'histoire laissent perplexe.



Il y aurait beaucoup à dire sur la façon dont le contact belliqueux entre Chrétienté et Islam est décrit autour de l'épisode des croisades. On retiendra notamment dans un manuel [Hatier] que dans la leçon titrée «La violence des guerres saintes», les auteurs ne rendent compte que de la Reconquista espagnole et des croisades, à travers par exemple les crimes des Croisés comme le sac de Constantinople en 1204. Le jihad n'est pas du tout évoqué dans cette leçon inscrite pourtant dans le chapitre sur l'islam!
Quelle place est donnée à la «coexistence pacifique», notamment à l'Andalousie du Moyen Âge?
Citation:

A-t-on souvent vu le vainqueur s'accordant le mauvais rôle ? La critique des sources sert à éviter les anachronismes !



Dans le projet de montrer l'islam comme une religion ouverte et tolérante, le thème de la «coexistence pacifique» sur le modèle andalou est devenu habituel. En dépit des historiens, et des sources arabes elles-mêmes, décrivant la vie sociale et économique des dhimmis [Juifs et Chrétiens vivant en terre d'islam], on propose aux élèves une vision non seulement angélique mais déformée de l'histoire. Tous les manuels scolaires insistent sur le très bon accueil que les populations conquises auraient fait aux conquérants, cela n'étant démontré aux élèves qu'à travers des sources arabes, or leur objectivité est discutable. A-t-on souvent vu le vainqueur s'accordant le mauvais rôle? La critique des sources sert à éviter les anachronismes! Dans les manuels, il apparaît qu'en Arabie, après 632, tout le monde est devenu musulman comme par magie, sans pression guerrière. C'est omettre que la conquête avait pour conséquence le choix entre la conversion ou la mort pour les païens et certaines tribus juives. Bien des populations se sont converties pour survivre et il en fut de même dans tout le bassin méditerranéen conquis par les Arabes, depuis les Berbères judaïsés ou Syriaques christianisés jusqu'aux populations zoroastriennes condamnées à disparaître. Il est déconcertant de voir que les manuels utilisent la source musulmane sans appareil critique pour offrir une vision idyllique des relations entre Musulmans et non Musulmans. On trouve des textes de différents auteurs arabes médiévaux que l'élève est amené à accepter de facto. Par exemple, cette citation d'Al-Baladhuri datant du 9è siècle est utilisée dans plusieurs manuels et dépeint juifs et chrétiens acceptant l'invasion musulmane de la Syrie comme une bénédiction: «Les habitants ouvrirent les portes de leur ville sortir avec les chanteurs et les musiciens qui commencèrent à jouer et payèrent la capitation». La seule question posée à l'élève est «Comment les musulmans sont-ils accueillis?». L'élève doit paraphraser l'auteur, prenant ses dires pour une vérité, objet d'une généralisation plus loin dans la leçon du manuel. C'est comme si on apprenait la vie de Charlemagne uniquement à travers la chronique d'Eginhard! D'autres textes arabes sont exploités présentant la conquête de Jérusalem par Omar puis Saladin comme une libération des oppresseurs byzantins ou un acte de pacification. On passe sous silence que pour les chrétiens, majoritaires dans ces régions au haut Moyen Âge, la conquête islamique signifiait la perte de souveraineté, et pour les nombreuses communautés juives il s'agissait de passer d'un oppresseur à un autre. Donc quand on lit: «dans les territoires dominés par les Arabes, les populations se convertissent peu à peu à l'islam» [Belin ; Hatier], on a le sentiment que rien n'est fait pour éclairer les conditions de cette islamisation qui, à l'instar d'autres conquêtes antiques ou médiévales, signifiait la dépossession des autochtones de leur souveraineté, de leur droit de propriété, leur soumission sociale et culturelle. En Espagne, par exemple, les Chrétiens ont résisté comme à Tolède en 713, et les représailles furent féroces avec mutilations et crucifixions publiques. La façon dont les manuels évoquent la «coexistence» entre les trois religions sous domination musulmane est sinon fausse du moins partiale car elle n'éclaire pas les conditions de la soumission en parlant de «coexistence».
Citation:

Résumer la dhimma à la protection des minorités religieuses contre paiement d'un impôt est une semi-vérité ou semi-mensonge.



Le pacte de dhimma que Mohamed imposa en 628 aux juifs de l'oasis de Khaybar servit ensuite de modèle à tous les conquérants arabes, la dhimma est essentielle pour comprendre comment les représentations collectives du non Musulman se sont forgées à travers les siècles dans le monde islamique. C'est le cadre juridique, social et économique reposant sur une base théologique, d'une société parfaite. C'est un pacte de protection que le vainqueur accorde à des communautés juives et chrétiennes. Or, la société islamique est organisée sur une base juridico-théologique discriminatoire avec les Musulmans arabes en haut de la pyramide sociale et politique, puis viennent les Berbères islamisés, puis les muwalladun, les convertis non arabes, et au plus bas de la société, avant les esclaves, on trouve les dhimmis, dont la situation est caricaturée par un manuel: «Ils restent libres de pratiquer leur religion contre le versement d'un impôt». Un autre s'appuie sur un texte d'al-Tabari du 9è siècle pour évoquer la dhimma mais sans la définir et en expliquer la dimension discriminatoire qui prévalut partout en territoires islamiques jusqu'à son abolition en 1856. Elle faisait vivre dans une perpétuelle incertitude les concernés, exposés à l'arbitraire du calife ou d'un sultan plus autocrate que le précédent qui par exemple augmentait la jizya [capitation] déraisonnablement pour pousser à la conversion ou rançonner les communautés, comme les Juifs et les quelques Chrétiens d'Hébron au 19è siècle. Si la jizya était graduée, elle était aussi exigée des veuves, des orphelins et même des défunts. Si beaucoup de Juifs et de Chrétiens échappèrent à la conversion pour entrer dans le statut de dhimmi, des historiens ont montré qu'au fil des siècles, ils furent aussi nombreux à se résoudre à la conversion pour espérer une meilleure intégration et échapper à une vie de paria particulièrement en termes d'infériorité sociale et juridique. Parlerait-on de «coexistence pacifique» si les manuels acceptaient de décrire les clauses humiliantes de la dhimma comme le port de signes distinctifs obligatoires - invention arabe que l'Église reprendra pour stigmatiser les Juifs européens à partir du 13è siècle - l'interdiction de prière collective sonore, l'obligation faite aux édifices chrétiens et juifs d'être moins hauts que les mosquées, quand ce ne fut pas parfois l'interdiction de construire un nouveau lieu de culte, l'interdiction de monter à cheval et porter une arme, enfin la parole du dhimmi devant la justice qui vaut moins que celle du musulman et des sanctions différant en fonction de la religion du coupable. Ces règles, fixées par la Loi musulmane, furent appliquées partout dans le monde islamique, avec plus ou moins de rigueur selon les dirigeants. Il n'en reste pas moins que résumer la dhimma à la protection des minorités religieuses contre paiement d'un impôt est une semi-vérité ou semi-mensonge, comme on préfère.
Quid de l'importance des échanges entre civilisations?
Citation:

L'Occident serait débiteur de la science arabe médiévale, voila ce qui émerge des manuels qualifiant unanimement la civilisation islamique de « brillante ».



Depuis plusieurs années, dans l'objectif, certes louable, de démontrer que l'islam est une religion ne se résumant pas à son obscurantisme politico-religieux actuel, on répète comme une vérité que l'Occident a bénéficié de la présence musulmane en Andalousie, que sans les savants arabes nous aurions oublié notre héritage grec. Je constate que le mythe d'al-Andalus est devenu paradigme et s'est ainsi élargi à l'ensemble de l'espace politique sous domination arabo-musulmane. L'Occident serait débiteur de la science arabe médiévale, voila ce qui émerge des manuels qualifiant unanimement la civilisation islamique de «brillante». Évidemment, il ne s'agit pas de remettre en question la réalité du carrefour civilisationnel que fut le monde musulman médiéval, passeur de savoirs, mais de s'interroger sur la façon simpliste dont les faits sont présentés et construisent des représentations collectives qui font sens commun aplatissant l'Histoire issue du consensus académique. Le discours laudatif voire un peu naïf sur l'âge d'or de la civilisation arabe médiévale paraît servir à trier ce qui nous arrange et favorise l'image que l'on juge bénéfique aux temps présents, celle de l'islam lumineux. Mais ce projet idéologique dessert la pensée scientifique autant que les intellectuels de cet espace culturel luttant dans leur propre pays pour faire émerger un discours scientifique et distancié sur leur passé. On réécrit pour les élèves la science arabe médiévale pour la mettre, non pas sur le même plan que les autres civilisations, mais au dessus et on en gratifie l'islam alors que la religion n'a rien à voir dans cette affaire. Attribue-t-on la révolution copernicienne au Christianisme ou la théorie de la relativité d'Einstein au judaïsme?
Dans un des manuels [Hachette], on cite un chroniqueur arabe du 11e siècle, Saïd al-Andalusi, sans distance critique pour l'élève qui ainsi apprendra qu'avant l'arrivée des Arabes «ce pays ne savait pas ce qu'était la science et ceux qui l'habitait ne connaissaient personne qui se fut rendu illustre par son amour pour le savoir». Puis vient un passage sur l'apport des Arabes aux sciences anciennes et modernes par la traduction des savants grecs. Cette lecture apologique est corroborée par une consigne d'activité: «Montrer que la présence des musulmans d'Andalousie permet de développer les sciences et la philosophie grecque en Occident» et par la leçon qui répète que «les textes des auteurs antiques sont redécouverts en Occident par l'intermédiaire de leur traduction en arabe». On passe sous silence un fait majeur: nombre de ces traducteurs étaient de langue arabe mais n'étaient ni des Arabes, ni musulmans. Ce furent des Juifs comme Maïmonide, ibn Tibbon ou Yossef Kimhi et surtout des Chrétiens principalement syriaques qui réalisèrent cette translation des savoirs antiques vers l'Occident. On sait de différentes sources, que des califes, comme al-Mahdi ou al-Rashid, commandaient aux chrétiens syriaques des traductions d'Aristote par exemple. L'historien arabe ibn-Khaldoun lui-même rappelle que le calife al-Mansur au 8è siècle demanda à l'empereur byzantin de lui adresser des traités de mathématiques et de physique d'auteurs grecs. Avicenne, al-Farabi, Sohravardi étaient des perses, héritiers des savoirs préislamiques de cette civilisation au contact de l'Asie et du Moyen-Orient. Concernant l'algèbre, on sait que la plupart des savoirs arabes sont directement issus des connaissances antiques, grecques, indiennes et babyloniennes. Quant à la médecine, on veut enseigner aux élèves que les médecins arabes étaient plus modernes, mais ici encore on omet de préciser que nombre d'entre eux n'étaient ni musulmans ni arabes, à l'instar du célèbre médecin chrétien nestorien Ibn-Ishaq du 9è traducteur de Galien, Platon et Aristote en syriaque puis en arabe, dont les découvertes en matière d'ophtalmologie ont été décisives ou de Ibn Masawayh au 9è siècle médecin chrétien qui traduisit et rédigea nombre de traités en arabe. Quant aux connaissances astronomiques des Arabes, elles sont directement issues des savoirs grecs, chaldéens et babyloniens. Le manuel Hatier fait exception en rappelant qu'un grand nombre de savoirs arabes transmis en Occident sont issus de découvertes chinoises.
Citation:

Ce sont les traductions latines médiévales qui permirent à la pensée d'Averroès de survivre et aux Musulmans de le redécouvrir pour en faire maintenant un symbole de leur esprit d'ouverture !



Pas une phrase sur la philosophie arabe sans citer Averroès, autochtone espagnol faut-il le rappeler, symbole de l'ouverture d'esprit de l'islam de l'âge d'or. Mais on se garde toujours de mentionner que son contemporain, le juriste al-Ghazali a réfuté la vision rationnelle d'Averroès ce qui conduisit à son bannissement pour hérésie, ses livres furent brûlés. Ce sont les traductions latines médiévales qui permirent à la pensée d'Averroès de survivre et aux Musulmans de le redécouvrir pour en faire maintenant un symbole de leur esprit d'ouverture! Dans un autre manuel [Hatier], on cite un édifiant extrait d'Amin Maalouf: «dans tous les domaines les Francs se sont mis à l'école arabe aussi bien en Syrie qu'en Espagne, en Sicile», suit une liste à la Prévert des domaines ayant été ensemencés par les savoirs arabes. En revanche, on ne sait pas ce que les Occidentaux ont apporté aux Arabes, ‘sans doute rien' se dira l'élève, de ce fait le titre de la leçon, «les échanges culturels», ne fait guère sens puisque les bienfaits civilisationnels ne semblent pas avoir été réciproques. Les manuels peuvent saluer le réel talent de passeurs des savants du monde islamique qui surent développer des savoirs établis, ou utiliser des traductions d'auteurs anciens, mais on attend d'un ouvrage scolaire qu'il soit précis: transmettre les savoirs acquis par les peuples autochtones conquis, ce n'est ni en être l'auteur, ni l'inventeur.
La délicate question de la traite orientale est-elle abordée?
Citation:

Les traites arabes ont conduit à la déportation d'au moins 17 millions d'individus, dont beaucoup de jeunes filles qui servaient d'esclaves sexuels, pratique que le Coran autorise.



À part le manuel Belin proposant un texte d'al-Yacoubi qui évoque les «esclaves noirs attachés» au service du calife al-Mansour sans pour autant attirer l'attention des élèves sur ce point dans les activités jointes, aucun manuel n'évoque la question de la traite arabe. Comme le soulignait déjà en 1992 Marc Ferro, «si l'inventaire des crimes commis par les Européens occupe à juste titre des pages entières [dans les livres scolaires], la main a tremblé dès qu'il s'agit d'évoquer les crimes commis par les Arabes». Il faut dire que le récit de la traite négrière viendrait altérer grandement l'image que les programmes et les manuels scolaires souhaitent donner aux élèves de la civilisation musulmane médiévale. La traite orientale a, en effet, ponctionné l'Afrique pendant treize siècles, de 652 avec le traité d'Ibn Saïd imposé aux Soudanais du Darfour, jusqu'à l'aube du 20è siècle, et il est difficile de trouver trace de mouvements abolitionnistes arabo-musulmans à la différence des Européens qui luttèrent pour l'abolition de ce commerce inhumain contre leurs contemporains négriers. Les traites arabes ont conduit à la déportation d'au moins 17 millions d'individus selon les études d'éminents historiens, à la servitude de jeunes filles africaines dans la sphère domestique et intime puisque beaucoup d'entre elles servaient d'esclaves sexuels, pratique que le Coran autorise [33-52 ; 5-43 ; 4-2 ; 23-1 ; 33-02 ; 5-29]. La traite arabe a également une spécificité rarement rappelée: la castration de 7 captifs sur 10 destinés à être eunuques mais dont la majorité mourrait des suites de l'opération. Cette vaste entreprise de castration explique en partie le peu de trace que les esclaves africains ont laissé dans la démographie des sociétés musulmanes orientales, alors que les millions d'esclaves de la traite atlantique ont eu une grande descendance peuplant aujourd'hui le continent américain. On pourrait espérer que ce sujet soit traité plus tard dans la scolarité mais il n'en est rien car l'esclavage subi par l'Afrique subsaharienne pendant des siècles se résume à la traite atlantique. Ici encore, on le voit, l'histoire scolaire poursuit un objectif qui s'éloigne de sa prétention affichée à éclairer la conscience des élèves pour en faire un citoyen éclairé et de développer chez lui l'esprit critique qui passe par l'analyse des sources historiques et non l'apprentissage d'une doxa.
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MessagePosté le: Jeu 17 Nov - 19:45 (2016)    Sujet du message: Monde arabe Répondre en citant

La Fitna الفتنة c'est la terrifiant !


Le terme Fitna signifie dans ce contexte à la fois la subversion et la persécution qui ont conduit les Croyants à se défendre par les armes après avoir été expulsés de leurs demeures et spoliés de leurs biens pour avoir proclamé leur foi et défendu leur droit à croire en Allah et suivre son seul prophète arabe.

"Le combat vous a été prescrit et c’est une abomination pour vous; mais il se peut que vous haïssiez quelque chose et que ce soit un bien pour vous, et il se peut que vous aimiez quelque chose et que ce soit un mal pour vous. Cependant, Allah Sait et vous ne savez pas." Al Baqara 216


  

"S’ils avaient réellement voulu sortir pour le combat, ils s’y seraient préparés avec soin ; mais Allah a rejeté leur prétention  et  les a rendus indolents. Aussi Il leur a été dit : « Demeurez parmi les invalides! » D’ailleurs, s’ils étaient sortis avec vous, ils n’auraient fait qu’ajouter à votre trouble,  ils auraient semé la dissension parmi vous en incitant la discorde dans vos rangs, d’autant que certains d’entre persistent à les écouter. Mais Allah Est Tout-Scient des comploteurs." Al Ahzab 44

  
Source : http://liberation-opprimes.net/fitna-realite-passee-actuelle-monde-arabe-22…
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MessagePosté le: Ven 18 Nov - 19:46 (2016)    Sujet du message: Monde arabe Répondre en citant

Religion : un généticien parle de la consanguinité des musulmans
Publié le 1 août 2012 par La vérité depitée

 
Les musulmans sont endogames et ont un haut niveau de consanguinité. Mais c'est un sujet tabou et les Britanniques ont fait le choix d'assumer les énormes coûts des soins de santé découlant des maladies génétiques liées à la consanguinité plutôt que d'être accusés de stigmatiser les musulmans.
 
Dans un reportage réalisé sur le sujet par la britannique Tazeen Ahmad, des musulmans ont vanté les mérites des mariages consanguins et déclaré que toute remise en cause de cette pratique est une attaque contre leur communauté et même contre l’islam.
 
Cette carte illustre les taux d'unions consanguines dans le monde. Les maladies génétiques vont de pair.

 
Le professeur Steve Jones (photo), l'un des plus éminents scientifiques de Grande-Bretagne, a averti que le niveau de consanguinité chez les musulmans du pays compromet la santé des générations futures.
 
Le professeur Jones, un généticien qui enseigne à l'University College de Londres, a indiqué que le mariage des hommes musulmans avec leurs nièces ou cousines est une pratique courante dans le monde musulman. Il a mentionné que ce problème est particulièrement manifeste à Bradford et pourrait affecter la santé de leur descendance.
 
Jones risque de se retrouver au centre d'une controverse. En 2008, certains ont demandé que Phil Woolas, ministre travailliste de l’Environnement, soit limogé du gouvernement pour avoir tenu des propos similaires. 
 
Le professeur Jones, qui collabore à la section Sciences du Telegraph, a déclaré aux participants du Festival Hay : «Des preuves démontrent que le mariage entre cousins germains peut être nocif. Dans le monde islamique, le mariage d’un homme avec la fille de son frère – un degré plus rapproché que sa cousine - est une pratique courante. Nous devrions nous préoccuper de cette question car ces mariages peuvent causer énormément de dommages génétiques cachés. Les enfants de ces couples ont une plus grande probabilité d'hériter de deux copies d'un gène déficient.»
 
Il a ajouté: «Bradford est très consanguin. Il s’y trouve un très grand nombre de couples formés de cousins germains. Des recherches menées à Bradford révèlent que les bébés nés de mères pakistanaises sont deux fois plus susceptibles de mourir avant la fin de leur première année que ceux des femmes blanches, et les problèmes génétiques liés à la consanguinité ont été identifiés comme une cause «significative» de cette disparité».
 
Selon des études, plus de 70 pour cent des couples de Bradford  sont apparentés, et plus de 50 pour cent d’entre eux sont des cousins germains. Des études distinctes ont constaté que même si les enfants des Pakistanais britanniques ne représentent que trois pour cent des naissances, ils forment le tiers des enfants britanniques nés avec des maladies génétiques. [...]
 
Source : www.postedeveille.ca
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MessagePosté le: Sam 19 Nov - 19:23 (2016)    Sujet du message: Monde arabe Répondre en citant

POURQUOI JE NE SUIS PAS MUSULMAN.
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MessagePosté le: Dim 8 Jan - 14:33 (2017)    Sujet du message: Monde arabe Répondre en citant

 

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