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Alexandre Del Valle
 
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yacoub
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MessagePosté le: Mer 26 Oct - 09:50 (2016)    Sujet du message: Alexandre Del Valle Répondre en citant

 

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MessagePosté le: Mer 26 Oct - 09:50 (2016)    Sujet du message: Publicité

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MessagePosté le: Ven 28 Oct - 18:34 (2016)    Sujet du message: Alexandre Del Valle Répondre en citant

Islam politique au pouvoir : la méthodique stratégie d’infiltration des grandes institutions européennes et mondiales par les Frères musulmans



October 28, 2016




Alexandre del Valle poursuit le feuilleton consacré aux différents "pôles" de l'islamisme mondial dont l'objectif consiste à contrecarrer les forces laïques dans les pays musulmans puis à empêcher l'intégration des citoyens de confession musulmane dans les pays occidentaux, sous couvert de liberté religieuse et de pluralisme (dévoyé). Cette fois-ci, il décrypte la stratégie ce conquête-islamisation de l'Occident et du monde mise en œuvre par la plus puissante et influente organisation panislamiste mondiale, la "Confrérie Les Frères musulmans", très présente en Occident et notamment aux Etats-Unis et en France.




Extrait de l’inauguration, à Doha en janvier 2012, du « Centre de Recherche sur la Charia » dirigé par Tariq Ramadan (à droite) et intégré à la Qatar Foundation. À gauche, Youssef Al-Qaradawi, guide spirituel des Frères Musulmans et président de l’Union mondiale des savants musulmans. Au centre, Cheikha Mozah, présidente de la Qatar Foundation et l’une des épouses de l’émir qui régnait au Qatar au moment où la photo a été prise.
Source: Dreuz.info
 
 
Les ramifications des Frères musulmans dans le monde et en Occident 
     Relativement bien structurée, quoi que très décentralisée et à l’origine de nombreuses scissions aujourd’hui totalement autonomes, l’organisation des Frères musulmans est implantée partout, en premier lieu en Egypte, en Jordanie, au Soudan ou au Koweït, où elle est représentée au Parlement, puis dans le monde arabe en général, où elle agit à travers des sections montées dans chaque pays : Syrie, Yémen, parfois sous d’autres appellations, comme en Palestine et en Algérie (Hamas), au Soudan (Front national islamique), en Afghanistan (Mouvement islamiste de Niazi et Rabbani), en Tunisie (MTI-Ennahda ou Mouvement de la tendance islamique), ou encore au Maroc (groupe “Justice et bienfaisance” et Parti de la Justice et du Développement).
 
Le Front National Islamique (FNI) de Hassan al Tourabbi au Soudan a été l’une des plus spectaculaires réussites des Frères avec le Hamas palestinien et, bien sûr l'accession au pouvoir en Egypte, à la faveur du Printemps arabe, du parti de la Justice et de la Liberté du Président Mohamed Morsi, renversé depuis août 2013 par le Maréchal Al-Sissi. Les Frères musulmans sont également proches du Parti de la Justice et du Développement (AKP) au pouvoir à Ankara et de son leader et co-fondateur, Recep Taiyyp Erdogan. 
Les Frères musulmans sont représentés dans chaque pays européen et au niveau continental à travers de grandes organisations :
• Union des Organisations Islamiques de France (UOIF),
• Union des Communautés et Organisations Islamiques d’Italie (UCOII),
• Union des Organisations islamiques d’Europe (UOIE), etc.
 
En 1996, l’UOIE a mis sur pied, avec le soutien du Qatar, l'European Trust, une institution financière vouée à amasser des fonds pour financer ses différentes activités, dont l’imposant Institut européen des sciences humaines de Saint Léger du Fourgeret (voir supra, chapitre 1 ("Les grands pôles du totalitarisme islamiste") et l’Association des écoles musulmanes en Europe et son magazine de luxe Al Europiya. Toujours en 1996, l’UOIE établit en coopération avec l'Assemblée Mondiale de la Jeunesse islamique (WAMY, voir supra, chapitre 1) une section spécifique pour la jeunesse, le Forum de la jeunesse musulmane européenne et des organisations étudiantes. D’abord dirigé par Al-Zayat et stratégiquement installé à Bruxelles, le Forum de la jeunesse est devenu, selon les dires de l’organisation elle-même, "la voix de la jeunesse musulmane en Europe". Aujourd’hui, le Forum supervise un réseau de trente-sept organisations membres et il entretient des relations avec le Parlement européen, le Conseil de l’Europe et les Nations-Unies.
 
A lire également sur notre site :
La stratégie de conquête des Frères musulmans
 
Allemagne et Suisse : terres de mission et de prospérité pour les Frères musulmans "européens" 
     C'est Outre-Rhin et chez nos voisins helvétiques que les Frères musulmans égyptiens ont créé et implanté, en 1958, les plus puissantes et plus anciennes organisations islamiques européennes : la Communauté islamique d'Allemagne (Islamische Gemeinschaft Deutschland - IGD), fondée par le pionnier et gendre du créateur de la Confrérie en Europe, Saïd Ramadan avec le Centre islamique de Monaco de Bavière, puis le Centre islamique de Genève, toujours dirigé par la famille Ramadan (frères Hani et Tariq Ramadan). Rappelons que Saïd Ramadan, le père de Tariq et Hani Ramadan, n'est pas n'importe qui dans la "frérosphère" : auteur d'une thèse soutenue en Allemagne sur la charia, il a épousé la fille aînée de Hassan al-Banna, Wafa, puis, a été refugié en Arabie Saoudite avant de fonder - sur mission assignée par Al-Banna lui-même d'islamisation de l'Europe - le premier Centre islamique européen. Situé à Genève, près du lac Léman, le centre est soutenu alors par les grands pôles de l'islamisation mondiale dans sa mission européenne de conquête : le Centre est financé par Riyad ; Saïd Ramadan est logé à Genève dans une villa payée par l’émir du Qatar ; la Jordanie fait de lui son représentant à l’ONU, et les Saoudiens lui versent pendant des années un salaire de 12 000 francs suisses mensuels puis le nomment ambassadeur de la Ligue islamique mondiale (LIM). Riyad l'aide à financer sa revue, Al-Mouslimoun, publication anti-occidentale et aux accents antisémites. Malgré son radicalisme anti-occidental notoire, les autorités suisses tolèrent Saïd et ses activités alors même qu'il ne possède pas de permis de résident, car en pleine Guerre froide, l'islamisme radical est instrumentalisé par les milieux atlantistes comme un bouclier contre le communisme soviétique et les alliés nationalistes-arabes laïques et socialisant de Moscou (nassérisme égyptien, baathisme syro-irakien, kémalisme, etc.). Quand Saïd Ramadan meurt en 1995, le nouveau Conseil de direction de la mosquée et du centre islamique est confié au fils aîné de Said Ramadan, Ayman, puis plus tard à Hani Ramadan, qui demeure toujours le directeur du Centre, secondé de Wafa, la veuve de Saïd Ramadan, de la fille d’Hassan al-Banna, Arwa et de ses trois autres fils Yasser, Bilal, et Tariq. Ce dernier prétend qu’il n’a rien à voir avec les Frères musulmans dans le cadre de sa stratégie médiatique de respectabilisation, mais le dernier registre du commerce du canton de Genève (19 décembre 2013) confirme bien que la composition du Conseil de direction n’a pas changé...
 
La Banque Al-Taqwa, le nerf de la guerre des Frères musulmans et du terrorisme 
 
     C'est également en Suisse qu'a été fondée, en 1988, la Banque Al-Taqwa Management, rebaptisée Nada Management Group après le 11 septembre suite à une enquête anti-terroriste américaine. Avec trois sièges-bases dans le monde (Suisse, Liechtenstein et les Bahamas), Al-Taqwa (qui signifie "crainte de Dieu" ou "piété"), a prospéré pendant des décennies et a récolté des fonds en provenance des pays du Golfe pour les redistribuer à des organisations islamistes européennes fréristes. La Banque créa ainsi un vaste réseau réticulaire d'ONG, de mosquées et centres islamiques liés à la Confrérie.
 
Opérant dans trente pays, Al-Taqwa gère des fonds en provenance du Koweït, d’Arabie Saoudite, du Qatar et des Emirats arabes unis destinés à financer les mouvements islamistes en Europe. Son fondateur et président, le milliardaire égyptien naturalisé italien, Youssef Nada, haut-dignitaire des Frères musulmans au niveau international, dirige les affaires du groupe depuis Lugano. Elle comprend comme actionnaires notamment le fameux téléprédicateur Youssef al-Qaradawi, Ahmed Idris Nasreddin, co-fondateur du groupe et ancien consul du Koweït à Milan (d’ailleurs interpellé après le 11 septembre 2001 en raison de ses liens présumés avec Al-Qaïda). 
 
D'après les services de renseignement et les spécialistes du terrorisme de nombreux pays occidentaux et arabes, Al-Taqwa Bank aurait constitué jusqu'au 11 septembre 2001 l'un des centres majeurs de financement de l’islamisme international dans le monde, y compris terroriste. Comme l’ont révélé les différentes enquêtes lancées contre la nébuleuse Al Qaïda en Italie et en Suisse, le financement aux groupes extrémistes ou violents s'est effectué via des "ONG d'Allah" dont l'association turque l'Insani Yardim Vakfi. soutenue aussi par le parti AKP du président turc Erdogan et qui défraya la chronique en 2010 à l'occasion de l'affaire de la flotille de Gaza (Navi Marmara). Cette puissante ONG turque, liée au Hamas palestinien et proche de l'AKP au pouvoir à Ankara, a soutenu notamment des groupes djihadistes palestiniens, tchétchènes, bosniaques, syriens, somaliens (Al-Shababb ; Al-Qaïda-Al-Nosra, etc.). On peut également citer une ONG islamique célèbre, liée à la fois aux Frères et aux monarchies du Golfe, très active en Afrique sub-saharienne : l'Islamic Relief International Organisation (IIRO, voir supra, chapitre 1), qui possède notamment un bureau à Milan. 
 
A lire également sur notre site : L'OCI, cet ONU de la loi islamique qui a pour mission de protéger et "d'élargir" l'oumma dans le monde (partie 2)
 
 
      En 2001 (peu de temps après la démolition des tours jumelles de New York), la police a fouillé la maison de Lugano de Youssef Nada et a trouvé un document de 14 pages préparé en décembre 1982 et intitulé "Le projet", dans lequel est décrite dans les moindres détails la stratégie des Frères musulmans en Europe, répartie en 12 points, et destinée à islamiser l'Occident par divers moyens comme la propagande, l'infiltration, l'entrisme, la promotion du "jihad guerrier" (à l'extérieur) et du "jihad verbal". En 2005, le rédacteur en chef du journal Le Temps, Sylvain Besson, avait publié un livre intitulé "La conquête de l'Occident" qui exposait la teneur de ce mystérieux "Projet" et où le texte est reproduit dans sa totalité ainsi que ses protagonistes. Il exhorte les musulmans d'Europe à participer activement à la vie politique des pays d'accueil, afin d'influencer dans le sens de l'islamisation via les organes exécutifs, parlementaires et syndicaux, puis à tout faire pour ne pas se désislamiser et à ne pas s'intégrer aux valeurs et règles "impies" en prônant un "droit à la différence".
 
Instrumentalisant à l'envi le mythe d'"Al-Andalous l'heureuse", les Frères musulmans européens et leurs alliés de circonstance wahhabites saoudiens ont mis sur pied, dans les années 1980, la Fondation Cordoue, basée à Londres, dirigée par Anas al-Tikriti. En France, la structure locale des Frères musulmans, l’UOIF, constitue l’organisation la plus importante et la plus active de la Confrérie en Europe, contrôlant un grand nombre de mosquées et attirant des dizaines de milliers de militants et sympathisants à son rassemblement annuel du Bourget. C'est également en France et en collaboration avec les monarchies sunnites du Golfe qu'a été créée la Faculté Européenne d'Etudes Islamiques de la Nièvre, basée à Saint-Léger-du-Fourgeret, qui forme les futurs Imams européens à la lumière de la doctrine d’Al-Banna et du wahhabisme. Appelée officiellement Institut Européen des Sciences Humaines (IESH), l'Université est directement reliée au Conseil Mondial des Mosquées siégeant en Arabie Saoudite et dont le siège européen se trouve à Bruxelles, ainsi qu’à l’Institut Islamique pour la formation des prédicateurs et imams en Europe qui siège également dans la capitale belge. L’Institut a été concrètement fondé par des personnalités de renom de l’UOIF et proches du noyau-dûr de la Confrérie, comme Ahmed Jaballah, Zuhair Mahmoud ou encore Yousref al-Qaradawi qui dirige son conseil scientifique, sans oublier Faysal Mawlawi, le guide spirituel historique de l’UOIF et l’un de ses fréquents visiteurs et conférenciers. 
 
Dans son ouvrage "Pourquoi j’ai quitté les Frères musulmans, retour éclairé vers un islam apolitique", Mohamed Louizi, ancien membre de la confrérie et ex-président des Étudiants musulmans de France, qui fut employé du Lycée frériste Averroes, affirme que: "Les Frères musulmans s'emploient depuis le début des années 1980, sur le vieux continent à acquérir divers 'territoires' privés pour inscrire, dans la durée, leur récit islamiste comme élément du récit national de chaque pays de l'Europe. Cette opération s'appelle le 'Tawtine'. Elle est exécutée par la construction de mosquées-cathédrales, d'acquisitions immobilières diverses et variées, de construction d'établissements scolaires privés, etc.". Pour lui, l’UOIF et ses satellites poursuivent la stratégie Tamkine à l’échelle nationale et locale. Il relate par exemple que dans un autre document, en langue arabe, destiné aux riches donateurs des pays du Golfe, l’équipe de gestion du Lycée Averroès où il a enseigné précise que l’un des objectifs non-avoué de cet établissement est de : " former et préparer une élite, choisie parmi les enfants de la communauté musulmane, pour qu’elle puisse occuper des postes sensibles au sein de la société française comme : l’ordre des avocats, l’enseignement supérieur, la médecine, les médias (…).  En vue des prochaines élections présidentielles, parlementaires et municipales, il va falloir sélectionner et préparer une élite qui s’occupera de l’action politique. Il faudrait intégrer les partis politiques pour les influencer de l’intérieur" ! Dans ce lycée comme dans d'autres structures de l'UOIF, les jeunes initiés apprennent le chant-slogan de la Confrérie: "Allah est notre ultime but. Le Messager est notre exemple et guide. Le Coran est notre constitution. Le jihad est notre voie. Mourir dans le sentier d’Allah est notre plus grand espoir". Au début des années 2000, on ne comptait qu'une école privée musulmane en France. En 2015, il y en a 40 sous contrôle des Frères musulmans et l'on en prévoit une cinquantaine d'ici quelques années.
 
Depuis les attentats de 2012 en France et la guerre civile syrienne, puis surtout l'offensive conjointe des Emirats arabes unis et de l'Egypte du Président Al-Sissi contre la Confrérie, puis depuis l'apparition de Daech, il semble qu'une prise de conscience ait commencé à apparaître chez certains dirigeants occidentaux. Outre les propos très durs du Premier ministre français Manuel Valls sur le caractère dangereux, totalitaire et "islamo-fasciste" de l'idéologie des Frères, même la Grande Bretagne, d'habitude si "islamistement correcte", semble avoir pris conscience du danger que constitue l'action de cette organisation subversive en termes de sécurité et d'intégration des citoyens musulmans issus de l'immigration. C'est ainsi que, en avril 2014, le Premier ministre britannique David Cameron a diligenté une enquête sur les liens des Frères musulmans en Grande Bretagne avec les mouvances extrémistes et terroristes. Cette décision a été immédiatement saluée par l'Egypte du Maréchal président Abdel Fatah Al-Sissi, mais du coup, les Frères ont subitement déplacé leur siège de Londres en Autriche pour essayer d'échapper à l'enquête dont les résultats ont prouvé les liens avec des groupes ayant "pour but réel de propager le fondamentalisme en Grande-Bretagne et dans le monde arabe".
 
Etats-Unis - Russie : deux approches opposées vis-à-vis des Frères musulmans 
 
      Depuis des décennies, profitant de l'extrême liberté religieuse en vigueur aux Etats-Unis et qui permet à n'importe quelle secte la plus excentrique d'être reconnue, les Frères musulmans américains ne cachent pas leur objectif d'être "la force la plus organisée de la communauté musulmane américaine", via les centres islamiques, les mosquées, les lobbies islamiques comme l'American Muslim Council ou le Council of American Islamic Relations. Le CAIR a été créé initialement en 1990, comme le stipule son propre site internet, afin de "remettre en question les stéréotypes de l'Islam et des musulmans" (cf lettre du CAIR au vice-président Gore le 6 octobre 1995), en tant que "groupe de défense islamique basé à Washington" dédié à "contester la discrimination anti-musulmane du pays".
 
Comble de l'ironie, cette organisation violemment judéophobe qui est liée au groupe terroriste palestinien Hamas poursuit en affirmant que "le CAIR a une expérience réussie dans sa défense des libertés civiles et de la tolérance". On retrouve ici la stratégie victimaire privilégiée par les mouvances islamistes partout en Occident afin de masquer leurs revendications obscurantistes et conquérantes-prosélytes derrière une posture "antiraciste" (voir chapitre 1 et chapitre 2). Lors du procès de la Holy Land Foundation (qui a conduit à une condamnation pour le transfert de fonds au profit du Hamas en 2008), plusieurs documents saisis ont permis d'incriminer la Confrérie pour ses activités subversives sur le sol américain, notamment sa "stratégie visant à éliminer et détruire la civilisation occidentale de l'intérieur". Les documents ont été largement diffusés depuis dans les milieux conservateurs américains. En 2007, des procureurs fédéraux ont qualifié le CAIR (ainsi que deux autres organisations islamiques) de "complices" dans un complot criminel visant à soutenir financièrement le Hamas. Peu de temps plus tard, ce sont les Émirats arabes unis, en guerre contre la Confrérie depuis la fin des années 2010, qui ont classé le CAIR parmi les organisations terroristes internationales liées au Hamas. Le CAIR s'est alors plaint auprès de l'Administration Obama qui a obtenu immédiatement de la part du porte-parole du Département d'État américain, Jeff Rathke, une déclaration assurant que les Etats-Unis "ne considèrent pas ces organismes comme des organisations terroristes". Plus récemment, en février 2016, la Commission de Justice de la Chambre des représentants a adopté une résolution, par 17 voix contre 10, demandant tout de même au département d'Etat d'inscrire les Frères musulmans (donc le CAIR) sur la liste des organisations terroristes. Selon le président de la Commission, Bob Goodlatte, les Frères constitueraient une "grande menace et un danger pour la sécurité nationale". La requête est encore en attente d'approbations, mais étant donnée la politique pro-frères musulmans de Barack Obama qui est entouré de Frères jusque dans son cabinet et même de membres du CAIR, il est fort à parier qu'elle n'aboutira jamais et que les Frères pourront continuer à distiller leur communautarisme islamiste anti-occidental en toute liberté aux Etats-Unis.
 
A lire également sur notre site : L'OCI, cet ONU de la loi islamique qui a pour mission de protéger et "d'élargir" l'oumma dans le monde (partie 1)
 
Comme pour faire oublier ses déboires, la contre-offensive du CAIR a consisté à jouer la carte du victimisme et de l'indignation face à "l'islamophobie" américaine croissante, retournant ainsi en sa faveur au nom de l'antiracisme et de la tolérance une campagne de dénonciation du radicalisme islamiste lancée en réaction aux meurtres d'Américains par des terroristes pro-Daech. Et lors des graves évènements de meurtres de policiers blancs tués par des snipers noirs en réaction à des meurtres de jeunes noirs tués par des policiers blancs, le CAIR a appelé publiquement tous les musulmans américains "victimes de racisme", à faire cause commune avec les noirs. Comparant le sort des noirs avec celui des musulmans, Khalilah Sabra, présidente du chapitre "Immigrant Justice Center" de la Muslim American Society - l'autre grand lobby islamiste américain, antenne des Frères -, puis Nihad Awad, le président-fondateur du CAIR, ont ainsi soutenu la campagne "BlackLivesMatter". Malgré tous les éléments démontrant que les Frères musulmans américains et leurs lobbies ambitionnent de former une communauté dotée de droits extra-territoriaux et défient les valeurs occidentales et américaines puis sont liés à des groupes terroristes comme le Hamas palestiniens ou les jihadistes syriens, les Frères, protégés par les Etats "alliés" des Etats-Unis comme la Turquie ou le Qatar, ont toujours pignon sur rue et demeurent électoralement courtisés par les dirigeants américains puis à la tête de très nombreuses mosquées et centres ou associations islamistes dans le pays. 
 
       En Russie, pays qui compte une forte proportion de musulmans mais qui combat les islamistes et en général l'islam politique wahhabite ou frériste, opposée à ses valeurs, la Confrérie des Frères musulmans est interdite comme "organisation terroriste". Par une décision du 14 février 2003, la Cour suprême de Russie a en effet interdit les Frères musulmans, accusés d'avoir aidé à la création d'une organisation islamique terroriste caucasienne, Le Majlis ul-Shura militaire suprême des Forces unies des Moudjahidine, fondée et dirigée dans les années 1990 par les chefs terroristes tchétchènes Ibn Al-Khattab et Chamil Bassaev. Cette organisation liée à la Confrérie a perpétré maints attentats terroristes en Russie dans les années 1990. Dans l'arrêt précité, la Cour suprême russe stipule que "la Société des Frères musulmans est une organisation, fondant ses activités sur les idées de ses théoriciens et dirigeants Hassan al-Banna et Sayyid Qutb avec pour objectif la destruction des gouvernements non-islamiques et la création du gouvernement islamique mondial par la reconstruction du 'Grand Califat islamique' tout d'abord, dans les régions avec une population à majorité musulmane, incluant celles en Russie, et dans les pays de la CEI. L'organisation est illégale dans certains pays du Moyen-Orient (Syrie, Jordanie, Egypte). Les principales formes d'activités vont de la propagande islamiste guerrière à l'intolérance religieuse, le recrutement dans les mosquées, le djihad armé transnational". La description par la justice russe des Frères musulmans d'après leur histoire, leurs buts et leur idéologie dénote avec la façon dont ils sont considérés comme une tendance "modérée" de l'islamisme dans la plupart des pays occidentaux. 
 
Source: http://www.atlantico.fr/rdv/geopolitico-scanner/islam-politique-au-pouvoir-…
 





 
Le dernier livre d'Alexandre del Valle: « Les vrais ennemis de l’Occident, du rejet de la Russie à l’islamisation des sociétés ouvertes » est paru le 26 octobre aux éditions du Toucan / L'artilleur.
 
Disponible sur le site de l'éditeur, sur Amazon et la FNAC.
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MessagePosté le: Dim 30 Oct - 14:10 (2016)    Sujet du message: Alexandre Del Valle Répondre en citant

Alexandre Del Valle
38 min ·

► Mon intervention chez Thierry Ardisson à Salut les Terriens est en ligne sur le site de C8 :

http://bit.ly/2ft3GdS

En continuant à recevoir avec les honneurs les responsables de l'islamisme mondial, François Hollande et Manuel Valls trahissent la France, les valeurs de l'Occident et des sociétés ouvertes.

Mon dernier livre « Les Vrais Ennemis de l'Occident » (Editions du Toucan/L'Artilleur) est en rupture de stock provisoire sur Amazon et à la Fnac.

Une réimpression est en cours et en attendant, il reste bien sûr disponible en librairies.
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MessagePosté le: Dim 6 Nov - 14:45 (2016)    Sujet du message: Alexandre Del Valle Répondre en citant

Alexandre Del Valle : « Nos États acceptent que le totalitarisme islamiste
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MessagePosté le: Lun 7 Nov - 11:24 (2016)    Sujet du message: Alexandre Del Valle Répondre en citant

(Vidéo) Alexandre Del Valle : Hollande et Valls trahissent la France et les valeurs de l’Occident
Par guerrecivileeneurope le 6 novembre 2016 • ( 0 )






Alexandre del Valle fut précurseur en évoquant dès 1997 le totalitarisme islamiste et en annonçant la dérive de la Turquie néo-ottomane. Trente ans après la dissolution de l’ex-URSS, il montre que les pays de l’OTAN n’ont pas toujours changé leurs « logiciels » hérités de la Guerre froide, désignant la Russie comme l’Ennemi suprême. A cette erreur sur l’Ennemi correspond une erreur sur l’Ami, l’Occident demeurant allié aux « pôles de l’islamisme sunnite » (Arabie saoudite, Qatar, Koweit, Pakistan, Turquie, OCI, Frères musulmans) qui oeuvrent, dans le cadre d’un projet d’expansion planétaire, à saper de l’intérieur les valeurs des sociétés ouvertes sous couvert de défense de la religion.
Del Valle dresse un bilan des « révolutions de couleurs » appuyées par nombre d’ONG américaines en Europe de l’Est et les relie à l’interventionnisme occidental en Irak ou en Libye puis au printemps arabe, devenu « hiver islamiste ». Il dévoile de façon détaillée les stratégies et buts de guerre des islamistes, qu’il s’agisse des pôles « institutionnels » et étatiques, véritables ennemis, ou des djihadistes, simple face immergée de l’iceberg. Après avoir exposé leur double matrice théocratique et totalitaire, l’auteur démontre que pour résister à cette offensive bien plus planifiée et massive qu’on l’imagine, l’Occident doit de toute urgence définir la Menace et l’Ennemi dans leur globalité puis revoir totalement ses alliances et visions stratégiques.
L’enjeu n’est autre que de préserver les valeurs des sociétés ouvertes sans renier leurs racines civilisationnelles. La priorité est de les défendre chez nous avant de donner des leçons de droits de l’homme ou de démocratie au reste du monde.

Source : http://www.editionsdutoucan.fr/livres/essais/vrais-ennemis-loccident#.WB8xB…
L’opinion de civilwarineurope
Alexandre Del Valle est notre Pygmalion. Son ouvrage paru en 1997 « Islamisme et Etats-Unis, une alliance contre l’Europe » fut un véritable choc pour nous. Ce livre génial, prophétique, est toujours d’actualité. Ce qui est rare pour un livre de géopolitique près de 20 ans après sa sortie. C’est dire la qualité de l’ouvrage. Un expert. Un vrai celui-là…
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MessagePosté le: Lun 14 Nov - 10:54 (2016)    Sujet du message: Alexandre Del Valle Répondre en citant

Le Figaro Magazine | Alexandre del Valle: « Il faut renouer avec une politique de civilisation » | 11 novembre 2016


November 11, 2016





Alexandre del Valle:
«Il faut renouer avec une politique de civilisation.»
 
Avec « Les Vrais Ennemis de l'Occident », Alexandre del Valle montre que, pour résister à l'offensive théocratique et totalitaire dont il fait l'objet, l'Occident doit de toute urgence redéfinir les menaces, et revoir ses alliances et visions stratégiques.
 
PROPOS RECUEILLIS PAR PATRICE DE MÉRITENS
 
 
Géopolitologue, docteur en histoire contemporaine, consultant et essayiste, Alexandre del Valle est l'auteur d'ouvrages remarqués, notamment un grand classique Le Complexe occidental (2014), qui a été suivi de Comprendre le chaos syrien (2015).
En évoquant dès 1997 «le totalitarisme islamiste», concept qui, à l'époque, a été récusé par l'ensemble du monde politique, et en annonçant la dérive de la Turquie néo-ottomane, del Valle s'est révélé un précurseur. Aujourd'hui, trente ans après la dissolution de l'URSS, il montre que les pays de l'Otan n'ont toujours pas changé leurs «logiciels» hérités de la guerre froide, désignant la Russie comme l'Ennemi suprême. A cette erreur sur l'Ennemi correspond une erreur sur l'Ami, l'Occident demeurant allié aux «pôles de l'islamisme sunnite»: Arabie saoudite, Qatar, Koweït, Pakistan, Turquie, Organisation de la coopération islamique(OCI), Frères musulmans) qui œuvrent, dans le cadre d’unprojet d’expansion planétaire, à saper de l’intérieur les valeurs des sociétés ouvertes sous couvert de défense de la religion. «L’enjeu,explique Alexandre del Valle,n’est autre que de préserver les valeurs des sociétés ouvertes sans renier leursracines civilisationnelles. La priorité est de les défendre chez nous, avant de donner des leçons de droits de l’homme ou de démocratie au reste du monde. »
 
* * *
 
Que faut-il penser des rumeurs d'une troisième guerre mondiale qui se développent actuellement ?
 
Ces rumeurs ont été attribuées à l'avertissement de Vladimir Poutine qui a signifié à François Hollande que si les armées occidentales s'interposaient entre l'armée russe et les rebelles islamistes en Syrie (que nous appuyons !), il y aurait un risque de guerre mondiale. Mais elles ont surtout été alimentées par le chef d'Etat-major de l'armée américaine Mark Milley qui a affirmé qu'une guerre avec la Russie est « quasi certaine » ... Il est vrai que les tensions avec la Russie n'ont jamais été aussi fortes : crise ukrainienne ; guerre en Syrie ; extension de l'OTAN aux portes de la Russie. En fait, ce retour à la guerre froide est largement imputable à l'Occident qui, depuis 1990, a refusé la main tendue de la Russie, et tout fait pour l'affaiblir et l'encercler. Certains d'avoir « vaincu » l'URSS, les Etats-Unis, soutenus par les pays russophobes membres de l'UE et à l'OTAN (Pologne, Pays Baltes, Roumanie, etc.), ont étendu de façon irresponsable l'Alliance atlantique à « l'étranger proche russe », violant ainsi le pacte tacite de non-nuisance réciproque pourtant scellé en 1991 avec la Russie post-soviétique qui voulait se rapprocher de l'Occident et demandait juste que l'on n’empiète pas sur son pré-carré. Sans qu’il faille pour autant s’alarmer d’une éventuelle guerre mondiale, il est clair que ce nouveau choc Occident/Russie aboutit à des résultats diamétralement opposés aux intérêts tant occidentaux que russes sur le long terme, puisque la Russie se jette dans les bras de la Chine néo-nationaliste, laquelle acquiert à bon prix la technologie militaire et l'énergie russes. L'autre grand bénéficiaire sont les puissances islamistes (Turquie et pétromonarchies du Golfe), dès lors que l'UE sous protection de l’OTAN a décidé de dépendre de plus en plus des énergies fossiles des pays islamiques plutôt que du pétrole et du gaz russes. La priorité devrait être au contraire de se rapprocher de Moscou afin d'acquérir une autonomie énergétique et stratégique paneuropéenne.
Comment en est-on arrivé là ?
Les stratèges anglo-saxons, maîtres du monde par le contrôle des échanges, des mers et des énergies fossiles, redoutent par-dessus tout une alliance euro-russe qui sonnerait le glas de leur « sea power » et ferait du continent européen une zone autonome. Je montre dans mon livre que les pays atlantistes qui diabolisent le plus la Russie poutinienne sont également les plus chauds partisans de l'adhésion de la Turquie néo-islamiste à l'Union européenne et les plus fidèles alliés des pétromonarchies islamistes sunnites du Golfe... A l'erreur sur l'Ennemi (la Russie) correspond donc une erreur sur l'Ami (les puissances sunnites prosélytes). L'hostilité occidentale envers la Russie et notre alliance contre-nature avec les pôles de l'islamisme mondial (Arabie Saoudite, Qatar, Koweït, Pakistan, Turquie, Organisation de la Coopération islamique, Frères musulmans, etc.) sont consubstantiellement liées. La stratégie anti-civilisationnelle des dirigeants occidentaux fondée sur les seules considérations économico-énergétiques et sur les schémas de guerre froide, nous empêchent structurellement de lutter contre la menace islamiste, puisque nos sociétés sont ouvertes au prosélytisme conquérant des puissances islamistes, certes économiquement et stratégiquement pro-occidentales, mais identitairement hostiles, car elles œuvrent à la non-intégration et à l'embrigadement de nos concitoyens musulmans.
Le fait d'avoir continué d'utiliser ces puissances pour refouler le heartland russe par le biais d’une muslim belt a perpétué le syndrome afghan : face à la Russie et à ses alliés nationalistes arabes ou serbes, nous avons pactisé pendant et après la guerre froide avec des puissances islamistes sunnites comme le Pakistan - qui a protégé Ben Laden jusqu'à ses derniers jours, et qui aide les Talibans et nombre de groupes terroristes au Cachemire – ou les Etats-parrains des Frères musulmans et des salafistes (Turquie, pétromonarchies du Golfe), qui nous menacent ouvertement en finançant le projet de conquête-islamisation de la planète, dont la vieille Europe constitue le butin de guerre préféré. Face à cette menace géo civilisationnelle, dont Daech n'est que la face noire et immergée, je soutiens une alliance avec la Russie qui a en fait les mêmes ennemis.
 
Qui sont nos vrais ennemis ?
 
L''Ennemi n'est pas celui qui n'a pas les mêmes visions de la démocratie que nous ou qui ne respecte pas nos valeurs. C'est celui qui vient concrètement nuire à nos intérêts dans notre pré-carré. C'est celui qui revendique notre territoire, sape nos règles et vient nous attaquer jusque sur les terrasses ou dans les églises ou places publiques. L'ennemi n'est donc pas le terrorisme (les Américains disent « Global Terror »), qui n'est qu'un mode opératoire, mais l'entité incarnée humainement et située idéologiquement qui est derrière. Les islamistes les plus dangereux, car capables de conquérir des « parts de marchés » géopolitiques et religieux sur notre propre sol, ne sont pas les terroristes-jihadistes, qui braquent contre eux les forces « mécréantes », mais les pôles étatiques et institutionnels plus « soft » de l'islamisme (Arabie Saoudite, Qatar, Koweït, Turquie néo-ottomane, Pakistan, Organisation de la Coopération islamique, Ligue islamique Mondiale, Frères Musulmans) qui ont pignon sur rue dans nos démocraties. Les vieux schémas anti-russe de guerre froide et les compromissions avec les pôles islamistes expliquent l'incohérence de nos dirigeants qui jugent Vladimir Poutine infréquentable, mais s'affichent fièrement avec des monarques islamistes du Golfe, ou cèdent au racket du néo-sultan Erdogan. Dans mon ouvrage, je cite de nombreux textes qui démontrent qu'à l'instar des totalitarismes rouges ou bruns passés, ces pôles du totalitarisme vert ont annoncé leur « but de guerre » visant à soumettre l'Humanité à la charià, de préférence par des moyens propagandistes, financiers ou psychologiques. L'Arabie saoudite a investi à cet effet 75 milliards de dollars depuis 1980 pour la promotion du salafisme dans le monde, c'est-à-dire 10 fois plus que l'URSS lorsqu'elle finançait la subversion communiste ! Jamais un totalitarisme n'a disposé d'autant de moyens de conquête. Et il le fait avec l'aval de nos Etats, incapables de reconnaître leurs ennemis.
 
Comment nos sociétés ouvertes, démocratiques et non-autoritaires, peuvent-elles se défendre ?
 
Comme l'a bien montré Karl Popper avec son « paradoxe de la tolérance », nos sociétés ne pourront se défendre face au projet de conquête-islamisation que si elles revoient leurs alliances stratégiques et leur conception suicidaire de la tolérance, abusivement accordée aux ennemis déclarés de la tolérance. Dans le cas contraire, elles mourront. Tant que l'on inculquera que le totalitarisme islamiste n'a « rien à voir avec l'islam », tant que l'on n’obligera pas les Etats islamiques à cesser de dispenser chez nous leur projet impérial à rebours sous couvert de défense de la religion, et tant que nous ne ferons rien pour tarir la source chariatique-légale de la violence islamique enseignée à Al-Azhar, Médine, Istanbul et dans nos mosquées, nous ne gagnerons pas cette guerre essentiellement idéologique. Comment lutter contre la violence jihadiste dans nos « banlieues de l'islam » alors que la Ligue islamique mondiale, qui promeut le salafisme wahhabite saoudien partout dans le monde, a pignon sur rue chez nous (sièges à Mantes-La-Jolie et à Bruxelles) ? Comment déradicaliser un jeune jihadiste européen si le jihad guerrier envers les infidèles, la crucifixion ou l'égorgement des apostats, ou encore le viol des esclaves païennes captives du jihad, sont justifiés dans les traités de droit musulman enseignés dans les mosquées et centres islamiques officiels ? Lorsque le cheikh Youssef al-Qardaoui, mentor/préfacier de Tariq Ramadan, co-président des Frères musulmans européen (UOIE), et de l'Université islamique de Saint Léger du Fourgeret, qui forme les «  imams européens », explique dans ses fatwa et bestsellers (en vente dans les FNAC et sur Amazone), que l'on doit tuer les adultères, les blasphémateurs, les homosexuels et les apostats, et que Rome et l'Europe vont être conquises, comment nos dirigeants peuvent-ils encore autoriser les Frères musulmans en Europe, qui fanatisent en toute liberté nombre de jeunes et édifient des écoles « libres »? Cette persistance dans la politique de l'autruche de nos sociétés ouvertes à tous les vents et culpabilisées permet aux islamistes non-jihadistes de prospérer et même gagner en audience en se posant en victimes de « l'islamophobie » ou du « racisme », véritable carburant psychologique de la subversion islamiste. Les sociétés ouvertes doivent donc interdire sur leur sol toute idéologie véhiculant des valeurs opposées aux nôtres. La chose est bien plus facile que l'on croit. J'ai proposé il y a des années, une « Charte de l'islam de France », qui aurait interdit toute organisation islamique refusant de renoncer aux dispositions du droit islamique contraires à l'ordre juridique en vigueur.
Nous ne pourrons jamais empêcher par les leçons de morale ou les guerres « humanitaires » les pays musulmans d'adhérer à la Charià. J'appelle juste nos dirigeants à sommer nos étranges alliés musulmans à cesser de financer chez nous la charià et d'embrigader nos populations. Ces pays ne cesseraient pas pour autant de nous fournir du pétrole ou de nous acheter des matériels stratégiques. Ils comprendraient très bien que nous exercions notre souveraineté sur notre territoire, comme ils le font chez eux, notamment en interdisant le prosélytisme chrétien. Regardez le sultan Erdogan : il respecte plus Poutine qui l'a sermonné sévèrement que l'Union européenne qui a cédé à son chantage financier sur les réfugiés. Ce qui manque à nos dirigeants post-gaullistes est la volonté, le courage de dire non et une vision de long terme. Il faut renouer avec une « politique de civilisation » et cesser de distiller dans nos manuels scolaires la haine de soi et la culpabilisation, premier pas vers l'anti occidentalisme islamiste. Défendons nos valeurs sur notre sol, avant de les exporter chez les autres qui ne nous demandent rien.
 
Risquons-nous de nouvelles guerres de religion ?
 
Je ne pense pas que nous risquions des nouvelles guerres de religion, car le christianisme occidental, mis à part quelques groupes évangéliques radicaux et des intégristes catholiques groupusculaires - bien plus en guerre contre le mariage gay que contre l'islam ou l'immigration islamique - ne sont pas dans une logique d'affrontement, mais plutôt d'apaisement, comme le montre la position d’ouverture à l’islam, immigrationniste et multiculturaliste, du Pape François, et même de la Conférence des évêques de France qui consent à l'islamisation partielle des pays chrétiens. Dans les années 1990, j'avais créé l'expression de « totalitarisme islamiste » pour souligner la différence de nature entre « nos » intégristes chrétiens ou juifs, inoffensifs, et les islamistes conquérants et violents. L'erreur sémantique de nos élites a consisté depuis le 11 septembre 2001 à mettre au même niveau « tous les intégrismes » et à diluer la spécificité et la responsabilité de l'islamisme dans la catégorie générale des « intégrismes des trois religions ». Cela a permis de culpabiliser les juifs et les chrétiens « intégristes », pourtant non-violents, pour les crimes des musulmans jihadistes… Les guerres de religion opposent des religions concurrentes, comme jadis islam/chrétienté, ou encore catholiques/protestants. Il n'y a donc pas de guerres entre religions aujourd'hui, mais une guerre déclarée par une religion conquérante et guerrière, l'islam sunnite non-réformé - contaminé par le wahhabisme depuis des décennies - à toutes les autres religions de l'Humanité (et aux « mauvais musulmans »), puisque le monde de la mécréance est Un, disent les jurisconsultes sunnites (Al-Kufru Millatun wahida). Il suffit de comparer l'extrême tolérance des Occidentaux envers les islamistes avec la persécution des minorités chrétiennes, juives, païennes, chiites, bouddhistes, hindouistes, dans les pays musulmans pour constater que la tolérance, tout comme la guerre de religion, est bien dans un seul sens.
 
* * *
 




 




















« Les vrais ennemis de l'Occident » est disponible en librairie partout en France avec l'outil de localisation de PlaceDesLibraires.fr mais également sur le site de l'éditeur ; sur Amazon et à la FNAC.
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MessagePosté le: Lun 21 Nov - 18:20 (2016)    Sujet du message: Alexandre Del Valle Répondre en citant

 

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MessagePosté le: Mar 22 Nov - 21:23 (2016)    Sujet du message: Alexandre Del Valle Répondre en citant

 

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MessagePosté le: Mer 23 Nov - 12:39 (2016)    Sujet du message: Alexandre Del Valle Répondre en citant

 

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MessagePosté le: Mer 23 Nov - 14:10 (2016)    Sujet du message: Alexandre Del Valle Répondre en citant

 

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MessagePosté le: Sam 17 Déc - 14:24 (2016)    Sujet du message: Alexandre Del Valle Répondre en citant

Alexandre Del Valle


► Deux soutiens du Qatar et de l'Arabie saoudite nient la menace islamiste & l'identité judéo-chrétienne de la France. Édifiant !

Extrait de l'émission Polonium du 14 décembre 2016 avec Nabil Ennasri, Président du CMF (Collectif des Musulmans de France) ; Christian Chesnot, journaliste ; et Feiza Ben Mohamed, ex-porte-parole de la Fédération des Musulmans du Sud.

► J'y ai présenté les idées forces de mon dernier livre « Les Vrais Ennemis de l'Occident », disponible
• sur Amazon: bit.ly/vrais-ennemis-occident
• en librairies, localisables sur PlaceDesLibraires.fr: bit.ly/libraires-alexandredelvalle ;
• sur le site de l'éditeur: bit.ly/editions-l-Artilleur

Retrouvez #Polonium les mercredis à 22:50 sur Paris Première:
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- Twitter : https://twitter.com/PoloniumP1
- Youtube: https://youtube.com/channel/UCdc0jydWK-WT52y1Yjww9_Q
Polonium | Des soutiens du Qatar et de l'Arabie saoudite nient la menace islamiste
► Extrait de l'émission Polonium du 14 décembre…
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MessagePosté le: Mar 17 Jan - 13:54 (2017)    Sujet du message: Alexandre Del Valle Répondre en citant

 

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MessagePosté le: Mar 13 Juin - 16:07 (2017)    Sujet du message: Alexandre Del Valle Répondre en citant

Arabie-saoudite versus Qatar : quand le Tigre critique les griffes du Chaton…


June 13, 2017





Alexandre del Valle revient sur l’ubuesque crise qui oppose le Qatar à l’Arabie-saoudite et ses alliés émiratis, bahreinis et égyptiens dans un triple contexte de Fitna chiites-sunnites, de guerre Arabie sunnite/Iran et de désinformation américano-saoudienne pour faire croire que les Saoud-wahhabites pressés par Trump combattent un totalitarisme islamiste qu’ils ont créé…
L’occasion est aussi de justifier-pérenniser le cynique Pacte de Quincy qui unit Riyad et Washington depuis 1945, une alliance « contra-civilisationnelle » et funeste qui a contribué à répandre partout dans le monde musulman et en Occident le venin du salafisme.
 



 Jeu de dupes et désinformation planétaire
 
Rappelons les faits : en réaction aux propos de l’émir du Qatar, le cheikh Tamim Ben Hamad Al-Thani [1] ont accusé Doha de « trahison » puis l’ont puni (boycott, fermeture des liaisons aériennes, suppression des relations diplomatiques, etc).
 
En rompant avec le Qatar, l’Arabie saoudite fait d’une pierre deux coups :
- elle se fait passer pour un allié fiable dans la lutte antiterroriste et anti-islamiste – ce qui est en soi ubuesque et digne d’une l’intox soviétique;
- et elle envoie un message au Qatar afin de le contraindre à rompre avec l’Iran et les Frères musulmans.
En fait, on reproche non pas au Qatar de soutenir en soi des terroristes, puisque les Saoudiens les battent de très loin dans ce sport, mais de soutenir certains terroristes frères musulmans actifs en Egypte et à Gaza [2]. Preuve que l’on ne reproche pas à Doha son appui à Da’esh ou Al-Qaïda mais simplement les ennemis des Saoudiens et de leurs alliés, le Qatar, bien que sunnite-wahhabite comme les Saoudiens, est accusé d’entretenir de trop bons rapports avec l’Iran et donc l’Axe chiite (Hezbollah inclus), qui est, aujourd’hui, avec les Kurdes, le pôle le plus engagé dans la lutte contre l’islamisme jihadiste de Da’esh et d’Al-Qaïda.
Mais peu importe le réel, les mots sont essentiels, et le public berné est censé retenir de cette affaire que Riyad combat les islamistes soutenus par le Qatar, et l’opération de « com » est réussie, l’essentiel pour Trump étant de renforcer un front anti-chiite et de satisfaire l’Egypte, ses alliés du Golfe et Israël qui combattent plus les Frères musulmans et l’axe chiite pro-iranien, leur ennemi principal, que les salafistes-jihadistes jugés moins existentiellement dangereux pour le moment.
 
Rien de nouveau sous le soleil
 
Ces querelles entre frères wahhabites qatari et saoudien en désaccord sur l’Iran et les Frères musulmans sont loin d’être nouvelles.
On se rappelle d’une précédente crise survenue entre l’émirat qatari et ses partenaires du Golfe en 2014, après que le Qatar ait exaspéré nombre de pays arabes par son soutien aux rebelles du « Printemps arabe », notamment les partis et combattants frères-musulmans (via Al-Jazira, basée à Doha, les gazo-dollars et les armes). Ces rebelles avaient déstabilisé plusieurs pays et menacé les intérêts de la monarchie saoudienne, des Emirats et de l’armée égyptienne, d’où le coup d’Etat du maréchal Al-Sissi contre le frère-musulman pro-qatari Mohamed Morsi en 2013.
 
Cette fois-ci, la crise est plus grave et plus globale encore car elle est à replacer dans un double contexte :
- 1/ celui de la guerre économico-politico-religieuse qui oppose l’Arabie saoudite à l'Iran (camp sunnite vs axe chiite)
- 2/ puis celui de la nouvelle stratégie pro-saoudienne, anti-iranienne et anti-terroriste de Donald Trump, qui s’est rendu récemment en Arabie en apportant son clair soutien à l’Axe pro-saoud-sunnite, à la fois hostile à Téhéran et aux Frères musulmans, ceci en rupture avec la politique de Barak Obama qui s’était rapproché de l’Iran au grand dam de Riyad.
 
La venue récente de Trump en Saoudie - très populaire en Arabie saoudite pour cette raison et fort de ses propos de campagne très hostiles à l’Iran et aux accords sur le nucléaires conclus sous Obama - a contribué à déclencher cette crise qui couvait déjà, sachant que le nouveau président américain, conscient que son soutien aux Saoud-wahhabite déconcerte rait son propre camp, a assorti son appui d’une demande expresse aux Saoudiens et à leurs alliés de faire plus pour combattre l’islamisme radical, le terrorisme et son financement.
 
A cet égard, les attentats islamistes commis en Occident ces derniers mois ont une fois de plus relancé le débat sur le soutien problématique de l’Arabie saoudite à  de nombreux groupes islamistes radicaux et en général à la mouvance salafiste mondiale.
 
Adepte des "deals" fondés sur les rapports de forces et d’un pragmatisme dépourvu amoral s’accommodant de dictatures "alliées", Trump a témoigné un énorme respect, presqu’exagéré, envers l’Arabie saoudite, pays-phare du totalitarisme islamiste sunnite  qui a été présenté par lui comme le nouveau centre, avec les Emirats et l’Egypte du Maréchal Al-Sissi, d’un axe anti-terroriste mondial adepte d’un islam « modéré »...
Certes, on croit rêver, mais ce jeu de mensonges et de dupes repose sur des intérêts économico-stratégiques qui pèsent bien plus lourds, pour les stratèges états-uniens et trumpistes, que les quelques « dommages collatéraux » que sont les attentats jihadistes commis par des jeunes fanatisés dont l’idéologie salafiste doit tout au wahhabisme. Rappelons seulement que dans le cadre de la promotion de cette forme la plus extrême, totalitaire, obscurantiste, raciste et misogyne de l’islam sunnite, qui a littéralement défiguré le monde musulman depuis qu’elle contrôle les lieux saints de l’islam, l’Arabie saoudite et sa Ligue islamique mondiale, qui a pignon sur rue dans nos propres démocraties, ont dépensé depuis les années 1970 plus de 75 milliards de dollars. Certes, cette promotion du salafisme n’est pas ouvertement terroriste et est souvent assortie, dans sa version « institutionnelle », d’une condamnation de la barbarie de Da’esh ou AL-Qaida, mais elle légitime une vision du monde bédouine, haineuse envers les « mécréants », sanguinaire et totalitaire dont s’inspire le salafisme-jihadiste. Rappelons enfin qu’Al-Qaïda est historiquement une « joint-venture » pakistano-saoudienne et que les services secrets d’Arabie saoudite ont financé et armé de nombreux groupes jihadistes depuis la guerre d’Afghanistan contre l’Armée rouge jusqu’aux guerres en Irak, en Syrie ou au Mali.
 
Contradiction, schizophrénie géopolitique ou double-triple jeu ?
 
Ainsi, à ceux qui disent que l’alliance scellée entre l’Arabie, les Emirats, l’Egypte et l’Amérique à Riyad [3], est une alliance contradictoire [4], il faut répondre que l’adage « l’ennemi de mon ennemi est mon ami » est particulièrement vérifiable au Moyen-Orient.
Il est vrai que l’étrange « Travel Ban » de Trump, qui a consisté à bannir les réfugiés et ressortissants de plusieurs pays musulmans pour se « protéger de l’islamisme terroriste » tout en en exonérant le Pakistan, le Qatar ou l’Arabie saoudite, a de quoi faire sourire ou s’arracher les cheveux.
D’une manière générale, prétendre combattre l’extrémisme islamiste depuis le centre mondial salafiste qu’est l’Arabie saoudite, est une véritable imposture intellectuelle et stratégique qui ne peut duper que les plus ignorants des électeurs de Trump ou autres « idiots-utiles » occidentaux.
Toutefois, Donald Trump est probablement plus cynique que dupe dans cette affaire car il a clairement « responsabilisé » ses alliés wahhabites obscurantistes en les appelant à lutter plus efficacement contre le terrorisme et le financement de l’islamisme radical.
En fin de compte, ce que l’on reproche réellement aux Qataris c’est de fragiliser les dictatures arabes en place par le soutien aux Frères musulmans, dont le Hamas pro-iranien, et aux rebelles tous-azimuts depuis le printemps arabe.
 
Une formidable opération de désinformation planétaire et d’hypocrisie géopolitique
 
L’Arabie saoudite fait d’une pierre trois coups :
- se dédouaner en dénonçant le Qatar ;
- renforcer le pôle anti-iranien soutenu par les Etats-Unis de Trump ;
- discréditer les forces qui menacent sa dictature totalitaire.
Ne soyons pas dupes, l’Arabie saoudite [5] a très peur que ses alliés américains et anglais, ne lui demandent des comptes et ne la démasquent, comme en 2001, dans son persistant double jeu [6].
La rupture très médiatisée avec le Qatar arrive donc à point nommé pour faire croire aux alliés américains et au monde que le « gardien des Lieux saints » et du wahhabisme-salafiste aurait « changé », qu’il serait même devenu le fer de lance de cette offensive diplomatique «anti-terroriste» et contre l’islam politique en général.
 
Le train qui en cache un autre
 
Dénoncer les Frères musulmans pour apparaître anti-islamiste est une escroquerie intellectuelle de la part de Riyad, car chacun sait que les Frères musulmans, longtemps réfugiés en Arabie lorsqu’ils étaient combattus sous Nasser en Egypte, ont été aidés financièrement et appuyés géopolitiquement et idéologiquement par l’Arabie saoudite de façon officielle, y compris via la Ligue islamique mondiale, ceci partout dans le monde.
En réalité, la rupture date des années 1990, depuis que les Frères musulmans - modèle islamiste sunnite le plus subversif -, ont commencé à représenter une menace politique en Arabie saoudite.
Les Frères ont certes une matrice religieuse-doctrinale commune (salafiyya) avec les wahhabites, mais ils diffèrent en ce sens qu’ils sont moins obsessionnellement anti-chiites, plus populaires plus libres, plus favorables aux élections et surtout hostiles au pouvoir monarchique pro-américain en place dans la péninsule entièrement sécurisée par les armées occidentales. L’Arabie saoudite veut donc à la fois plaire aux alliés anglo-américains-occidentaux, et surtout régler ses comptes avec un pays qui appuie une organisation séditieuse sur son territoire.
 
Le principe du « bouc émissaire - épouvantail »
 
La crise Arabie-Qatar relève ainsi de la plus formidable opération de désinformation et de manipulation diplomatico-médiatique mondiale de l’histoire de la lutte anti-terroriste depuis des décennies.
Grâce à cette crise, Riyad, qui a promis tant de contrats à Trump, espère que les Etats-Unis, les opinions occidentales et Theresa May [7] renonceront à dénoncer son triple jeu:
- aide aux jihadistes anti-occidentaux ;
- promotion du salafisme mais lutte contre les FM ;
- et alliance avec les pays de l’OTAN  et participations massives dans l’ économie anglo-saxonne et occidentale.
 
Du côté des Etats-Unis du cynique « dealer » Trump, l’idée est que cette intox d’un Riyad qui combat l’extrémisme permette de faire passer la pilule dans l’opinion occidentale et de dévier son attention vers les seuls épouvantails-expiatoires qatari et iranien, accusés d’être les seuls « vrais » soutiens des terroristes via le Hamas et le Hezbollah et autres combattants en Syrie.
 
Accusations-miroirs et contre-messages : « ne faites pas ce que je fais » !
 
L’Arabie saoudite continue à promouvoir son modèle salafiste-wahhabite partout dans le monde afin d’asseoir son emprise sur l’ensemble du monde musulman - devenu de plus en plus fanatique sous son influence depuis plus de 50 ans - puis de renforcer l’axe anti-iranien et anti-chiite.
Dans cette guerre par interposition, les plus violents foyers d’affrontement sont la Syrie, le Yémen, et l’Irak, où Riyad soutient le gros des effectifs combattants anti-chiites et salafistes ou sunnites, aux côtés des Occidentaux, de la Turquie et même de l’allié-ennemi qatari...
Dans le cadre de sa guerre contre les rebelles chiites-salafistes au Yémen, l’Arabie saoudite a épargné à plusieurs reprises des zones tenues par Al-Qaïda (« l’ennemi sunnite de mon ennemi chiite est momentanément mon ami »…).
Si l’Arabie accuse le Qatar de soutenir les FM, Hamas compris, elle ne se gêne pas pour soutenir ces mêmes FM face aux chiites du Yémen ! (« Ne faites pas ce que je fais »…)
 
Des alliances pas si paradoxales qu’il n’y paraît
 
Quant à l’alliance Arabie Saoudite - Egypte - Emirats, elle s’explique, à défaut de paraître idéologiquement cohérente.
Abdelfattah al-Sissi, président égyptien, est au centre de la lutte contre les FM avec les Emirats arabes - qui coopèrent depuis plusieurs années déjà, notamment en Libye.
Il y a une position commune des Emirats, de l’Arabie et de l’Egypte pour contrer la subversion « islamo-démocratique » des Frères. Rien de nouveau là-dedans.
 
Certes, certains Etats anti-Frères sont plus cohérents et sérieux que d’autres dans cette guerre idéologico-sécuritaire (notamment les EAU, le général Haftar en Libye, et l’Egypte d'al-Sissi).
 
L’Arabie est un « Etat schizophrène » par nature, et ceci depuis sa naissance même. Un Etat où la main « modéré » anti-terroriste des Saoud ignore la main fanatique-wahhabite institutionnelle du pouvoir théocratique de la secte des Al-Sheikh qui est un Etat dans l’Etat et promeut le totalitarisme islamiste en toute légalité avec des moyens budgétaires quasiment hors contrôle.
Cet Etat bicéphal n’est pas un vrai Etat au sens occidental mais plutôt une polyarchie clanico-sectaire fondée sur une alliance cynique entre une tribu pro-occidentale, les Saoud-soudairi, et la secte des Wahhabites-Al-Sheikh.
 
Même si certains Al-Saoud et Saoud-soudairi comme Salmane voulaient réellement lutter contre le totalitarisme islamiste, il ne pourraient le faire car le pouvoir politique saoudien n'a pas le droit le pouvoir théocratique des dignitaires wahhabites, créateur, précurseurs, parrains idéologiques, et bras institutionnels et financiers du totalitarisme islamiste sunnite. 
 
En guise de conclusion 
 
La crise avec la Qatar ne durera pas. Elle est grave, mais comme celle de 2014, elle se soldera par des professions de foi « modérées » de Doha, par l’expulsion de militants et leaders fréristes actuellement soutenu par le Qatar, par un arrêt de l’aide au Hamas, aux Frères musulmans, par un refroidissement avec Téhéran. Bref, Doha devra rentrer dans le rang, ayant trop besoin de ses voisins et de liaisons aériennes directes pour nourrir sa population composée à 90 % d’expatriés.
Par ailleurs, son modèle économique et social ne lui permettra pas de résister longtemps à ses voisins et « alliés » sunnites, membres comme lui du Conseil de Coopération du Golfe (CCG).
 
Le but réel des Saoudiens, qui se veulent les leaders de l’axe sunnite face à l’axe chiite-iranien, des Egyptiens, en guerre totale contre la confrérie de l’ex-président Morsi, et des EAU, qui n’ont jamais digéré l’indépendance du Qatar qui aurait dû faire partie des EAU, est de contraindre Doha à ne plus s’immiscer dans les affaires des autres.
 
L’ordre intimé aux dirigeants qataris de faire profil bas. S’ils ne veulent pas être brisés par plus forts qu’eux, ils doivent et vont finir par comprendre que leurs réserves gigantesques de gaz ne font pas de ce pays de 200 000 habitants une vraie puissance. Le « soft power » qatari, symbolisé par le PSG, Al-Jazeera, la Coupe du monde de Football en 2022, ou le soutien aux Frères musulmans et aux révolutions arabes contre les régimes en place, a touché à ses limites extrêmes. Leur mégalomanie géopolitique s’est retournée contre eux. Et leur punition permettra au grand-frère wahhabite saoudien de se refaire une virginité anti-islamiste à bon compte.
 
***
 
[1] Qui a défendu un dialogue avec Téhéran puis justifié l’action du Hamas et le Hezbollah, financés par l’Iran chiite, bête-noire de l’Arabie saoudite, cette dernière et ses alliés émiratis, bahreinis et égyptiens, qui en veulent aussi depuis des années à l’émirat qatari de soutenir leurs ennemis frères musulmans et d’avoir appuyé les révolutions arabes.
 
[2] Et d’une manière générale la Confrérie des Frères musulmans, bêtes-noires des Saoudiens, des Emiratis et de l’Egypte, non pas en raison de leur idéologie sunnite-islamiste, mais parce que la Confrérie inspire les seuls partis politiques islamistes « démocratiques » capables de mobiliser les masses et de gagner des élections, donc de renverser les dictatures militaires ou tribalo-monarchistes en place dans le monde arabe et qui ont été très secouées par les révolutions arabes, elles-mêmes récupérées par les Frères musulmans.
 
[3] (où les dirigeants de ces pays se sont engagés à « combattre l’extrémisme islamiste »)
 
[4] entre des Saoud-wahhabites promoteurs du salafisme et une Egypte de Sissi qui combat l’islamisme radical et soutient le nationaliste Haftar en Libye contre les islamistes
 
[5] qui fut à de nombreuses reprises dénoncée comme l’Etat le plus impliqué dans la promotion de l’idéologie islamiste-sunnite radicale dans le monde et même dans le soutien direct ou indirect à moult groupes terroristes et combattants depuis l’Afghanistan et le 11 septembre 2001 jusqu’à aujourd’hui.
 
[6] , comme on l’avait vu en réaction aux attentats du 11 septembre 2001 après que l’on ait découvert que 14 des 19 terroristes du World Trade Center étaient des Saoudiens dont au moins deux aidés directement par des organismes islamiques para-étatiques saoudiens.
 
[7] (qui avait refusé d’ouvrir un dossier compromettant contre les Saoudiens), très remontée depuis les attentats de Londres, Westminster et Manchester,
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MessagePosté le: Lun 3 Juil - 16:52 (2017)    Sujet du message: Alexandre Del Valle Répondre en citant

Donald Trump invité au défilé du 14 juillet : le nouveau coup de maître du président Macron


June 30, 2017





Depuis plusieurs jours, toute la presse parle de l’invitation - pour beaucoup choquante - adressée par le président français Emmanuel Macron à son homologue américain Donald Trump, qui a accepté de participer au défilé du 14 juillet prochain à Paris, avec son épouse.
 



 
     Cette invitation lancée officiellement par M. Macron lors du sommet de l’Otan en mai 2017, s’inscrit dans une logique qui dépasse la seule personne d’Emmanuel Macron puisqu’il en avait déjà été question sous la présidence de François Hollande dès 2016.
Face à l’indignation des moralisateurs et nouveaux Torquemada du « géopolitiquement correct » [1], c’est en réalité le fait même de se poser la question de savoir si l’on « devait » recevoir Poutine ou Trump qui choquante en soi. Car la diplomatie n’a jamais été réservée aux amis et complices avec lesquels on part en vacances. Elle sert avant tout à trouver des terrains d’entente et à éviter des conflits entre puissances différentes ou adverses.
 
On a vu depuis la fin officielle de la guerre froide - avec les dossiers irakien, yougoslave, libyen et syrien - à quel point la diplomatie de l’indignation et de la diabolisation à outrance des « méchants » a souvent abouti à des situations pires encore que celles dénoncées.
Le dicton « L’enfer est pavé de bonnes intentions » est confirmé chaque jour par les cuistres géopolitiques qui masquent leurs calculs cyniques et bellicistes derrière les belles professions de foi droitdelhommistes et « tolérantes ».
Depuis le début de la guerre civile syrienne (2011), ceux qui ont voulu exclure des pourparlers syriens les Russes, les Iraniens, le régime de Damas et ceux qui refusaient de les exclure ont plus contribué à accentuer les drames humains qu’à rétablir la paix. En effet, refuser de dialoguer avec l’Autre diabolisé (mais incontournable) contribue à empêcher les cessez-le-feu nécessaires aux ONG humanitaires pour secourir les civils.
Les moralisateurs-interventionnistes, indignés par la position de l’Elysée visant à ne plus faire du départ de Bachar al-Assad une condition au dialogue, n’œuvrent ni pour une paix réaliste ni contre l’ennemi principal. Leur erreur est une faute morale et stratégique.
 
Recevoir n’est pas cautionner, et embrasser est plus redoutable que rejeter
Affirmer qu'une invitation d'un leader politique - fut-il controversé - est synonyme d'adhésion idéologique relève d'un manichéisme inquiétant et d'une indigence intellectuelle. Macron a déjà prouvé qu’il est maître dans l’art de résister courtoisement à ses adversaires ; qu’il excelle dans celui de séduire simultanément des publics opposés et qu’il se distingue dans l’art de « critiquer en incluant », en bon adepte non de Ricoeur mais plutôt de Lao Tseu et du Ying/Yang.
 
De même que le jeune président « jupitérien » a déjà reçu en grande pompe à Paris son homologue russe Vladimir Poutine en le flattant avec des symboles nationaux russes tout en critiquant ouvertement sa politique, de même il a insisté pour recevoir à Paris Donald Trump non sans l’avoir défié  ouvertement début juin, après l’annonce par Washington du retrait des États-Unis de l’Accord de Paris : Emmanuel Macron avait alors critiqué en anglais dans une vidéo le lâchage et le climatoscepticisme de Trump, déclarant que la France relèverait le défi et offrirait de remplacer le leadership étasunien en invitant les chercheurs américains à venir travailler en France. Macron est même allé parodier de façon très ironique, voire arrogante, le slogan de campagne de Trump par l’appel désormais célèbre: « Make our planet great again »(rendez sa grandeur à notre planète)…
 
N’en déplaise aux moralisateurs manichéens et indignés professionnels dont certains se vantent de rencontrer des dictateurs communistes (Castro, Chavez, Maduro, etc) ou d’autres des islamistes (Saoudiens, Qataris, Turcs, etc), mais qui trouvent horrible de serrer la main à Poutine ou Trump, Macron prouve magistralement que l’on peut dialoguer sans adhérer, recevoir sans se renier et même interpeller et critiquer avec les formes, ce qui n’est pas moins redoutable… Il est vrai que dans les deux cas, Poutine et Trump ont su profiter d’une belle occasion de sortir de leur isolement, chacun trouvant en fin de compte dans la stratégie de l’autre son propre intérêt immédiat, ceci dans une logique de « communication globale et multipolaire». Le président américain ne s’est donc pas trop fait prier, saisissant, comme Vladimir Poutine, la première occasion de redorer son blason en participant à Paris à un évènement hautement symbolique aux côtés d’un des rares dirigeants européens qui ose s’afficher avec les plus détestés et diabolisés des présidents du monde après Bachar al-Assad. C’est là que la diplomatie d’Emmanuel Macron est très habile : elle consiste à rehausser le statut de la France et hisser spectaculairement très haut la stature de sa présidence « jupitérienne » en recevant à un mois d’intervalles les dirigeants certes controversés mais tout de même aux commandes des deux plus grandes puissances militaires et diplomatiques du monde.
 
Une occasion rêvée pour un « joli coup politico-médiatique »
 
Intrinsèquement plurivoque, l’invitation du président-séducteur-stratège Macron - encore plus audacieux que Nicolas Sarkozy dans la poursuite d’un leadership européen et « global » – permet
 
• 1/ de faire rentrer sans transition la France dans la cour des super-grands ;
• 2/ de prendre une sorte de leadership stratégique de l’Union européenne dans une concurrence claire avec l’Allemagne de Merkel (qui tente trop de sortir de son leadership économique) ;
• 3/ de montrer à la face du monde la puissance armée de la France dans un contexte de lutte contre Da’esh en Syrie et de tractations internationales en vue d’une transition à Damas,
• 4/ de réactiver le rayonnement international et les valeurs universalistes de la France incarnées par la Révolution française et les Lumières, valeurs qui ont présidé à la Déclaration universelle des droits de l’Homme et du citoyen, véritable de néo-religion de l’Occident contemporain post-chrétien que la France dispute depuis des siècles aux Anglo-saxons.
 
Par le maniement des symboles historiques, idéologiques et nationaux puis par l’art du Kairos, Macron a déclassé en quelques semaines tous les autres présidents après De Gaulle, non pas qu'il soit si exceptionnel (il n'a été que chanceux et aidé par un alignement de facteurs) mais par le contraste avec la lâcheté intellectuelle et stratégique des ses prédécesseurs, tantôt maîtres en nullité et intrigues partisanes, tantôt incultes et dénués de toute hauteur de vue…
 
Fréquenter les Grands permet d’entrer dans leur cour
 
Comme en recevant Poutine à Versailles devant des médias en extase, le nouveau président va profiter de la venue de Trump et de la première dame. Cette venue va lui permettre, d'abord, d’entrer un peu plus dans la « cour des grands » et de ses aînés subjugués par sa jeunesse insolente, et ensuite, d'être crédité, comme avec Poutine, d’avoir tenu tête (climat et épisode de la poignée de main) au représentant de la première puissance mondiale tout en le séduisant comme il a fait avec le Tsar russe.
L’image des deux chefs d’Etat, si différents mais mutuellement valorisés à la tribune lors du défilé militaire, aura une portée politico-médiatique planétaire, d’autant que peu après le désaccord climatique, les deux pays ont déjà annoncé qu’ils allaient « travailler étroitement ensemble à une réponse commune en cas d’attaque chimique en Syrie ». Il s'agira là de ne pas laisser les Iraniens et les Russes bénéficier du recul actuel de l’Etat islamique.
A la différence d’un Sarkozy qui avait semblé soumis à Poutine puis humilié par Kadhafi, Macron sait rencontrer en résistant voire même en dominant ses interlocuteurs même plus puissants que lui, et c’est là son génie communicationnel et relationnel qui lui permet d’avoir l’aura d’un leader surdoué.
 
Le seul point sur lequel Macron assure une continuité avec ses prédécesseurs est la starification-people-isation de la fonction présidentielle, avec des first ladies américaine et française omniprésentes - au grand bonheur des masses avides de story-telling et de soap-opera. Les médias et les communicateurs des deux présidences (américaine et française) ont d’ailleurs déjà massivement communiqué  sur « le gout pour la culture française » du couple Trump et surtout de l’ancienne mannequin parisienne Melania Trump que l’on verra défiler en tenue Kennedy-sexy sur toutes les chaînes pendant que les féministes du monde entier envieront Brigitte qui a su casser les codes de façon révolutionnaire.
 
« Une réponse commune » avec Washington en cas « d'attaque chimique » en Syrie
 
En filigrane des rencontres, on retrouve le spectre de la Syrie et de l'Ukraine, deux zones de conflits qui opposent les deux anciens camps de la guerre froide et qui peuvent dégénérer à tout moment, d’où la rencontre entre Macron et son homologue ukrainien Porochenko. Cette rencontre avec le président ukrainien a montré que Macron demeure plus proche des visions atlanto-américaines. L'Elysée veut donc se rapprocher de Washington dans ces dossiers, les deux dirigeants ayant tout récemment souligné "la nécessité de travailler à une réponse commune en cas d'attaque chimique en Syrie".
 
Lundi dernier, les Etats-Unis ont justement accusé le régime de Bachar al-Assad de préparer une nouvelle attaque chimique et ont menacé  de riposter comme ils l'ont fait le 4 avril après l’attaque supposée « chimique » de Khan Cheikhoun [2].
De son côté, Emmanuel Macron a repris, dans la continuité de François Hollande, le principe de la "ligne rouge" à ne pas franchir par Damas en cas d'attaque chimique « prouvée » (même les preuves demeurent « secrètes »). Macron l’avait d’ailleurs clairement fait savoir à Vladimir Poutine lorsqu'il l'avait reçu à Versailles fin mai. Le chef de l'Etat français a toutefois fait sensiblement évoluer la position diplomatique de Paris en ne faisant plus du départ de Bachar al-Assad un préalable à toute discussion, faute d'avoir trouvé un "successeur légitime".
Encore une façon de ménager la chèvre et le chou : un pas en avant anti-Assad, un pas en arrière de neutralité…
 
C’est la raison pour laquelle ceux qui croient que Macron est dans une ligne ou une autre se trompent : il est l’homme adepte de Janus, autant pragmatique que Trump ou Poutine mais en plus séducteur, et s’il a des « créateurs », il est déjà en train de leur échapper par son imprévisibilité et le fait qu’il est déjà transcendé par sa fonction.
 
Ces derniers jours, cette convergence de vue franco-américaine s’est renforcée lorsque Washington et Paris ont accusé Damas de préparer une nouvelle attaque chimique. De son côté, le ministre russe des affaires étrangères, Sergueï Lavrov, très conscient de cette stratégie mouvante et ambivalente de la présidence française et même du soi-disant « pro-russe » Trump, a accusé Washington, la coalition occidentale en Syrie et indirectement Paris d'éviter sciemment de bombarder les positions du Front al-Nosra dans leur lutte contre le terrorisme limité étonnamment au seul Etat islamique. L’accusation d’incohérence stratégique envers ceux qui prétendent combattre le terrorisme islamiste mais épargnent les terroristes parrainés par les « alliés sunnites du Golfe », n’est certes pas infondée.
 
Dans cette dernière phase de la lutte contre Da’esh, la priorité occidentale et franco-américaine est double:
 
1/ Stopper l’avancée du front irano-russes à l'Est ;
2/ Empêcher Damas de bénéficier de la victoire contre Da’ech à, quitte à épargner tous les groupes islamo-salafistes et jihadistes distincts de l’EI (Al-Qaïda (Tahrir al-Sham-Al-Nosra) ; milices islamistes dites « modérées » et protégées par la Turquie, le Qatar ou l’Arabie saoudite). Tout cela permet à l’Occident et à ses étranges alliés sunnites du Golfe de banaliser les autres groupes totalitaires jihadistes..
 
En guise de conclusion
 
Rassurons les âmes choquées par la venue de Trump au défilé du 14 juillet : ce n’est pas la première fois que l’invitation d’un chef d’Etat étranger aura suscité des indignations et aura permis de légitimer des despotes. Avant Trump, des dirigeants bien plus infréquentables que Trump ou Poutine ont défilé lors de la fête du 14 juillet.
Sous Nicolas Sarkozy, le Tunisien Zine El-Abidine Ben Ali ; l’Egyptien Hosni Moubarak et le Syrien Bachar-el-Assad… Sans parler de la semaine pendant laquelle Kadhafi avait humilié le président français en guise de remerciement pour son invitation en France… A l’époque, l’idée sarkoziste d’inviter des despotes et autres personnages controversés n’était pas mauvaise, le but étant de dialoguer de façon pragmatique avec tous.
Mais Macron a su pratiquer cet exercice délicat sans apparaître comme le perdant ou le dindon de la farce, et c’est là son génie communicationnel et politique.
 
Retrouvez aussi une intervention d'Alexandre Del Valle sur le même sujet : https://www.sudradio.fr/le-grand-referendum-1576
 
Source: http://www.atlantico.fr/rdv/geopolitico-scanner/donald-trump-invite-au-defi…
 
***
[1] qui trouvent scandaleux de recevoir Trump ou Poutine mais dont l’indignation est inexistante lorsqu’il s’agit de dictateurs anti-occidentaux rouges ou verts (de Cuba, du Vénézuela ou de pays islamiques)
 
[2] (Nord-ouest de la Syrie) qui fit 88 morts. En représailles, l’armée américaine avait tiré 2 jours plus tard 59 missiles (assez inefficaces d’ailleurs et plus symboliques que stratégiques) contre la base d’Al-Chayrat près de Homs
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 06:32 (2017)    Sujet du message: Alexandre Del Valle

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