Apostats de l'islam Index du Forum
Apostats de l'islam
La vraie nature de l'islam - Passer de l'ombre de l'obscurantisme à la lumière de la connaissance
 
FAQFAQ   RechercherRechercher   MembresMembres   GroupesGroupes   S’enregistrerS’enregistrer 

 ProfilProfil   Se connecter pour vérifier ses messages privésSe connecter pour vérifier ses messages privés   ConnexionConnexion 

Mort de l'écrivain Maurice G.Dantec
 
Sujet précédent .::. Sujet suivant  
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    Apostats de l'islam Index du Forum >>> Apostats de l'islam >>> En vrac

Auteur Message
yacoub
Administrateur
Administrateur


Hors ligne

Inscrit le: 08 Fév 2014
Messages: 7 860
Localisation: Paradis d'Allah
Emploi: empêcheur de tourner en rond
Loisirs: amour toujours
Masculin
Point(s): 27 020
Moyenne de points: 3,44

MessagePosté le: Lun 27 Juin - 17:21 (2016)    Sujet du message: Mort de l'écrivain Maurice G.Dantec Répondre en citant




MP3 Maurice Dantec

Maurice Dantec MP3 II


Mort de Maurice G. Dantec, fleur du mal du cyber-polar


    Par Olivier Delcroix

Dans ses outrances, ses excès, ses fulgurances, l'écrivain Maurice G.Dantec, décédé le 25 juin à Montréal à 57 ans, était un enragé littéraire qui suintait l'apocalypse par tous les pores.


DISPARITION - L'auteur de La Sirène rouge, des Racines du mal ou Babylon Babies, est décédé d'une crise cardiaque dans la nuit du samedi 25 juin à l'âge de 57 ans, a annoncé la maison d'édition Inculte.

L'écrivain Maurice G. Dantec, véritable tête brûlée littéraire, est décédé d'une crise cardiaque dans la nuit du samedi 25 juin à l'âge de 57 ans, a annoncé la maison d'édition Inculte. Voilà une véritable surprise pour le milieu de l'édition française, qui ne s'attendait certes pas à une telle disparition.

Naturalisé canadien, le romancier français, avait publié en 2015 son dernier livre Les Résidents. «Chaleureux, généreux, amical et humain, Maurice G. Dantec aura marqué la littérature française de son œuvre unique», écrit l'éditeur dans un message publié sur Facebook.


«Il est mort chez lui, dans la nuit de samedi à dimanche, a confié à L'Express un des cofondateurs des éditions Inculte. Il était malade depuis longtemps, son corps a lâché.»

Né en 1959 à Grenoble, scolarisé au lycée Romain-Rolland d'Ivry-sur-Seine, le jeune Dantec passe son enfance dans la ceinture de municipalités communistes appelée la «banlieue rouge». Son entrée remarquée en littérature, il la fait grâce à la série Noire, avec La Sirène Rouge, un brillant techno-thriller qui annonce une œuvre puissante.

Autant dire que Dantec aura surgi tel un diable de sa boîte au cours des années 1990 avec des romans oscillant entre le polar et la littérature d'anticipation apocalyptique, de La Sirène rouge (1993, Gallimard), à Villa Vortex (Gallimard, 2003), en passant par Les Racines du mal (1995, Gallimard), et Babylon Babies. Dans ses outrances, ses excès, ses fulgurances, cet enragé littéraire suintait l'apocalypse par tous les pores.

Entre 1993 et la parution de La Sirène rouge, suivi deux ans plus tard des Racines du Mal, cet écrivain marginal qui aura fini par vivre au Canada, loin de la France, s'était nourri à la diable de culture underground américaine des années 1960 et 1970.

Lecteur assidu de Céline, de Dostoïevski, féru de Burroughs et de Philip K. Dick, Dantec, fut un musicien rock immergé dans les textes de Deleuze et Nietzsche. Au début des années 2000, il fera scandale avec le premier tome de son journal, Théâtre des opérations, sous-titré Journal métaphysique et polémique (Gallimard), qui secoua le cocotier d'une petite société littéraire guère habituée à voir les écrivains mettre le feu aux rideaux.

Dantec écrivait compulsivement des histoires qui ne furent ni tout à fait du polar, ni tout à fait de la science-fiction. Ses livres étaient de véritables pavés torrentiels. Ils mettaient souvent en scène son héros, celui de La Sirène rouge, Hugo Cornélius Toorop, mercenaire impavide, mélancolique mais diablement professionnel.

Fresques angoissantes, ces cybers polars rock et SF étaient habités d'une belle hargne, celle de celui qu'on avait baptisé le «prince du néopolar.» Les Racines du Mal racontaient une traque d'une secte sanglante, Babylon Babies fut d'abord le récit d'une naissance: naissance de Toorop à un monde furieusement éclaté par la réalité cyber, naissance du nouvel Homme, aussi supérieur à nous que nous le sommes au singe.
Le monde comme un immense générateur de souffrance

Avec Villa Vortex, Dantec conta ensuite le convoyage épique d'une jeune femme enceinte, une sorte de cyber vierge Marie, qui lui fournit l'occasion de belles scènes de flammes, notamment après une bataille en plein centre de Montréal, où la jeune femme échappe à tous, escorte et poursuivants.

Les romans de Dantec prenaient souvent une dimension métaphysique ambitieuse comme on rate un virage. en cela, il se rapprochait d'un Michel Houellebecq. D'ailleurs, comme le précisa Dantec dans une interview en 2003: «Les Particules élémentaires furent pour moi un choc esthétique. C'est une meilleure chose qui soit arrivée à la littérature française depuis longtemps. Houellebecq joue sur le terrain du nihilisme schopenhaurien. Moi, je joue du côté de Nietzsche. Nous nous rejoignons sur le fait que le monde est un immense générateur de souffrance.»

Depuis Montréal, l'écrivain poursuivait une quête du sens d'un monde à la dérive, tout en fustigeant l'extrémisme islamique, brocardant l'ultralibéralisme et passant sans transition du rock punk à Crébillon. Libre-penseur converti au catholicisme, Dantec avait une vision hallucinée du monde. Visionnaire, poète égaré, nombreux furent ceux qui auront voulu le faire passer pour un fou. Mais le fut-il vraiment?
_________________

Signature - Nouveau sujet, vérifier dans "Recherche" s'il n'existe pas. Il faut qu'il soit bien étoffé, un titre explicite, bien détaillé avec des preuves fiables et vérifiables


Revenir en haut
Visiter le site web du posteur
Publicité







MessagePosté le: Lun 27 Juin - 17:21 (2016)    Sujet du message: Publicité

PublicitéSupprimer les publicités ?
Revenir en haut
yacoub
Administrateur
Administrateur


Hors ligne

Inscrit le: 08 Fév 2014
Messages: 7 860
Localisation: Paradis d'Allah
Emploi: empêcheur de tourner en rond
Loisirs: amour toujours
Masculin
Point(s): 27 020
Moyenne de points: 3,44

MessagePosté le: Lun 27 Juin - 18:06 (2016)    Sujet du message: Mort de l'écrivain Maurice G.Dantec Répondre en citant

Maurice G. Dantec, "écrivain rock'n'roll", est mort
27.06.2016






Ecrivain aux confins du roman noir et de la science-fiction, volontiers iconoclaste, Maurice G. Dantec est mort samedi 25 juin à l'âge de 57 ans. A Montréal, où il résidait depuis 1998.

Maurice G. Dantec en 2005• Crédits : ANDERSEN ULF - Sipa
"La Sirène rouge" (1993), "Les Racines du mal" (1995), "Babylon babies" (1999) ou "Cosmos incorporated" (2005) furent quelques-uns des plus célèbres textes de l'écrivain Maurice G. Dantec, qui avait auparavant été musicien rock au tournant des années 1980.
Après ses débuts remarqués, l'écrivain a très vite fait parler de lui pour des prises de position réactionnaires (religion, Europe, peine de mort) et des rapports tendus avec ses éditeurs. En 2014, il lisait et présentait dans l'émission "les Bonnes feuilles" son dernier livre à ce jour, "Les Résidents" :
Écouter
Maurice G. Dantec dans "les Bonnes feuilles" en août 2014


Citation:
"Je suis un écrivain rock’n'roll. Je pense que l’homme a commencé à communiquer par le chant et que dieu a créé l’univers en branchant une Gibson sur un Marshall en mettant volume 11."
"Je ne suis pas un écrivain de café pour fleuriste. Je ne fais pas de storyboard dont je remplis les cases à l’avance. C’est le roman qui dicte ses conditions. Je suis un vecteur, un médiateur, j’suis un translateur. C’est tout ce que je suis. Je suis là pour donner une voix à des gens - je dis bien à des personnes - qui demandent à exister. Qui demandent à avoir la parole, car avoir la parole aujourd’hui, c’est devenu un luxe. Il faut donc des gens qui portent la voix, et ben… c’est mon job."


_________________

Signature - Nouveau sujet, vérifier dans "Recherche" s'il n'existe pas. Il faut qu'il soit bien étoffé, un titre explicite, bien détaillé avec des preuves fiables et vérifiables


Revenir en haut
Visiter le site web du posteur
yacoub
Administrateur
Administrateur


Hors ligne

Inscrit le: 08 Fév 2014
Messages: 7 860
Localisation: Paradis d'Allah
Emploi: empêcheur de tourner en rond
Loisirs: amour toujours
Masculin
Point(s): 27 020
Moyenne de points: 3,44

MessagePosté le: Mar 28 Juin - 10:41 (2016)    Sujet du message: Mort de l'écrivain Maurice G.Dantec Répondre en citant

 

_________________

Signature - Nouveau sujet, vérifier dans "Recherche" s'il n'existe pas. Il faut qu'il soit bien étoffé, un titre explicite, bien détaillé avec des preuves fiables et vérifiables


Revenir en haut
Visiter le site web du posteur
yacoub
Administrateur
Administrateur


Hors ligne

Inscrit le: 08 Fév 2014
Messages: 7 860
Localisation: Paradis d'Allah
Emploi: empêcheur de tourner en rond
Loisirs: amour toujours
Masculin
Point(s): 27 020
Moyenne de points: 3,44

MessagePosté le: Mer 29 Juin - 10:06 (2016)    Sujet du message: Mort de l'écrivain Maurice G.Dantec Répondre en citant


_________________

Signature - Nouveau sujet, vérifier dans "Recherche" s'il n'existe pas. Il faut qu'il soit bien étoffé, un titre explicite, bien détaillé avec des preuves fiables et vérifiables


Revenir en haut
Visiter le site web du posteur
yacoub
Administrateur
Administrateur


Hors ligne

Inscrit le: 08 Fév 2014
Messages: 7 860
Localisation: Paradis d'Allah
Emploi: empêcheur de tourner en rond
Loisirs: amour toujours
Masculin
Point(s): 27 020
Moyenne de points: 3,44

MessagePosté le: Mer 29 Juin - 10:19 (2016)    Sujet du message: Mort de l'écrivain Maurice G.Dantec Répondre en citant


_________________

Signature - Nouveau sujet, vérifier dans "Recherche" s'il n'existe pas. Il faut qu'il soit bien étoffé, un titre explicite, bien détaillé avec des preuves fiables et vérifiables


Revenir en haut
Visiter le site web du posteur
yacoub
Administrateur
Administrateur


Hors ligne

Inscrit le: 08 Fév 2014
Messages: 7 860
Localisation: Paradis d'Allah
Emploi: empêcheur de tourner en rond
Loisirs: amour toujours
Masculin
Point(s): 27 020
Moyenne de points: 3,44

MessagePosté le: Jeu 30 Juin - 13:52 (2016)    Sujet du message: Mort de l'écrivain Maurice G.Dantec Répondre en citant
















_________________

Signature - Nouveau sujet, vérifier dans "Recherche" s'il n'existe pas. Il faut qu'il soit bien étoffé, un titre explicite, bien détaillé avec des preuves fiables et vérifiables


Revenir en haut
Visiter le site web du posteur
yacoub
Administrateur
Administrateur


Hors ligne

Inscrit le: 08 Fév 2014
Messages: 7 860
Localisation: Paradis d'Allah
Emploi: empêcheur de tourner en rond
Loisirs: amour toujours
Masculin
Point(s): 27 020
Moyenne de points: 3,44

MessagePosté le: Ven 1 Juil - 19:22 (2016)    Sujet du message: Mort de l'écrivain Maurice G.Dantec Répondre en citant

Maurice Dantec : adieu à l'écrivain qui croyait aux machines et aux archanges
  • Par Jacques de Guillebon
  • Mis à jour le 30/06/2016 à 11:33
  • Publié le 28/06/2016 à 19:01


FIGAROVOX/HOMMAGE - Jacques de Guillebon rend hommage à l'écrivain Maurice Gustave Dantec, auteur de romans d'anticipation, «catholique-futuriste» et critique paradoxal d'une société sans maître qu'il rejetait tout en l'appelant de ses voeux.


Journaliste et écrivain, Jacques de Guillebon travaille notamment pour le magazine Causeur.


A l'époque, il y avait peu de maîtres. Du moins pour qui refusait par instinct raisonnable la domination de Foucault, de Bourdieu et de Laurent Baffie, ne croyait pas dans l'Europe de Maastricht, ni dans la France black-blanc-beur, encore moins dans le chiraquisme organisateur. A l'époque, c'est-à-dire au tournant du millénaire, les lueurs d'espoir se comptaient sur les doigts d'une main: Muray, Michéa, Philippe Cohen ou Elisabeth Lévy, ça tenait chaud mais ça ne savait pas trop où ça allait.
Citation:
Le maître européen du cyberpunk prenait publiquement le tournant de la réaction, qui lui vaudrait de figurer en bonne place dans Les nouveaux réactionnaires.


Alors avait surgi celui qui se nommait lui-même le «catholique-futuriste», celui qui croyait aux machines et aux archanges, à Satan et à Jésus, au salut et à l'apocalypse, Maurice G. Dantec. Auteur de trois romans d'anticipation indescriptibles, au moins pour un Français, La Sirène rouge, Les Racines du mal (le chef-d'oeuvre) et Babylone Babies, le maître européen du cyberpunk prenait publiquement le tournant de la réaction, qui lui vaudrait de figurer en bonne place dans le torchon délateur de Daniel Lindenberg (Les nouveaux réactionnaires, 2002), lequel avait plus raison même qu'il ne le savait. Car avec son journal en forme d'essai, Théâtre des opérations (Gallimard, 2002, lui aussi), Dantec sonnait le déclenchement tonitruant de l'opération résurrection - dans son esprit.
Ecrivain logorrhéique, il avait le don de hérisser le poil de son lecteur une page sur deux, de l'enlever jusqu'au paradis des lettres sur l'autre page. Digne rejeton de Philip K. Dick, on sentait que son cerveau sous acide bastonnait parfois son esprit d'enfant de Dieu, avant que celui-ci lui rendît la pareille. Mélange improbable de
Citation:
Sur la critique de l'islam, Houellebecq lui-même rendait des points à Dantec qui appelait la religion de Mahomet « ce Communisme du Désert » ou encore « l'hérésie terminale ».


Jean Madiran et de JG Ballard, il était comme un paroxysme de Houellebecq, avec qui il avait en partage plus que la chute bretonne de leurs patronymes, ce que serait de Maistre à Auguste Comte d'un côté, et ce que serait Norman Spinrad à Lovecraft de l'autre. Un excès permanent. Il tenait d'ailleurs en grande admiration l'auteur des Particules, quoique leurs styles fussent diamétralement opposés, baroque finissant chez Dantec pour conjurer ou applaudir peut-être la fin de la civilisation. Sur la critique de l'islam, Houellebecq lui-même rendait des points à Dantec qui appelait la religion de Mahomet «ce Communisme du Désert» ou encore «l'hérésie terminale». En 2003, douze ans avant Soumission, il écrivait: «Je sais que la France est foutue et qu'elle se tapera un Tariq Ramadan comme Président de la République Islamique du Frankistan dans moins d'un demi-siècle.»
Mais il y avait surtout chez cet enfant de la banlieue rouge, aussi frêle et maigre que sa voix était forte et qui dissimulait derrière des lunettes noires un flot de larmes intérieures, une constante recherche de l'autorité suprême, de la finalité absolue qui expliquerait tout cet absurde qu'on nomme l'existence. Lui qui signait ses mails de la magnifique devise de de Lattre, «Ne pas subir», fut douze ans avant Richard Millet victime d'une cabale dans la maison Gallimard. Enivré de tous ses possibles, il fut aussi le jouet d'aigrefins qui démembrèrent son génie à trop l'exploiter. Conscient de son intime fragilité, que seule son épouse savait soigner, il écrivait encore, entre quelques romans devenus illisibles.
Citation:
Il y avait surtout chez cet enfant de la banlieue rouge, aussi frêle et maigre que sa voix était forte et qui dissimulait derrière des lunettes noires un flot de larmes intérieures, une constante recherche de l'autorité suprême, de la finalité absolue.


Proche de ce qui s'appelait le Bloc identitaire à l'époque, il avait aussi été dénoncé dans la bonne presse pour déviationnisme, ce qui n'avait pas arrangé sa paranoïa native. Excellent camarade, il se changeait en machine à tuer sur les plateaux télé. Il avait aussi parfois tout faux sur certaines questions internationales. En décembre 2003, son occidentalisme forcené lui faisait prédire que «Bush et l'administration chrétienne conservatrice (...) vont, à force de patience, de courage et de sens politique, réussir leur pari en Iraq, et probablement, lors du second mandat, en Israël et en Palestine. Ils vont reformater toute la Région (...), rien, comprenez-le, ne les arrêtera, car rien n'est en mesure de les arrêter, car ils sont l'Épée de flammes que Bloy décrit dans son «Apocalypse».»
Restent son journal et ses premiers romans, littérature fantastique entièrement neuve et jamais égalée, qui éveillèrent l'esprit de ses cadets, à la charge héroïque comme à la critique de l'époque.
Le lundi 16 février 2004, le «petit blanc» Maurice Gustave Dantec s'était fait baptiser dans la foi catholique. Chevalier égaré dans les folies d'une époque transhumaine qu'il rejetait et appelait de ses vœux en même temps, il aura certainement en 2016 rejoint le paradis des fous à la Jérôme Bosch où l'attendent ses doubles prédestinés.
_________________

Signature - Nouveau sujet, vérifier dans "Recherche" s'il n'existe pas. Il faut qu'il soit bien étoffé, un titre explicite, bien détaillé avec des preuves fiables et vérifiables


Revenir en haut
Visiter le site web du posteur
yacoub
Administrateur
Administrateur


Hors ligne

Inscrit le: 08 Fév 2014
Messages: 7 860
Localisation: Paradis d'Allah
Emploi: empêcheur de tourner en rond
Loisirs: amour toujours
Masculin
Point(s): 27 020
Moyenne de points: 3,44

MessagePosté le: Lun 12 Déc - 15:47 (2016)    Sujet du message: Mort de l'écrivain Maurice G.Dantec Répondre en citant

Emouvant speech prononcé lors de messe de requiem !

In memoriam. Le fils de la foudre : Maurice G. Dantec (1959-2016)
(texte intégral)  par Patrick Dionne

(Allocution prononcée aux funérailles de Maurice G. Dantec, le 4 juillet 2016, à l’église des Dominicains de Saint-Albert-le-Grand, à Montréal.)
[EXTRAITS DU NUMÉRO 51/JUIN-SEPTEMBRE 2016 de la revue Egards]


Maurice G. Dantec

À quel siècle Maurice Georges Dantec appartenait-il ? Au premier siècle, au treizième, au vingt-cinquième ? En réalité, il appartient à tous les siècles. Et avant tout à l’éternité. Ce «Catholique du futur» et de la «Fin des Temps» s’est souvenu du passé et de l’avenir, de la Genèse et du Jugement, de la nature et de la grâce, de la Sainte Trinité et de l’homme, de tout ce dont personne ne se souvient. Il a vu ce que nul ne voulait voir, proclamé ce que nul ne voulait entendre, cherché à unir ce que tout le monde sépare, capturé en des images hurlantes la laideur du mal et témoigné en des déflagrations hallucinées de la lumière qui guérit. Il aimait dire que l’écrivain est seul. Ce fils de la foudre savait de quoi il parlait. Seul contre la foule des assassins et des lavettes, des procureurs et des délateurs, des charlatans et des idolâtres, des lèche-écrans et des «suce-pieds», pour reprendre une expression de Léon Daudet, sous des cieux sombres et sanglants, sur des terres glaciales et dévastées, il a marché dans l’espérance, la promesse du Ressuscité gravée sur le cœur.

Maurice était un brasier vivant et une citerne de larmes. Tout en lui brûlait et pleurait, dans sa vie comme dans son œuvre. Ce vociférateur blessé se sera tenu, souverain, dans l’amitié de la parole cruciale – ce beau vocable qu’on peut traduire, théologiquement, par «l’heure de la croix» –, dans cet au delà des mots qui se nomme le Verbe et qui engendre la langue, toute langue, l’illumine, l’embrase, la transfigure.

Aucun vrai guerrier n’ignore la crainte et le tremblement. Aucun vrai chrétien non plus. Je n’ai jamais vu personne s’approcher de l’autel, au moment de l’Eucharistie, avec un tel tremblement dans l’âme, ce tremblement qui est le meilleur de l’homme, selon Goethe, le tremblement de l’être conscient qu’il n’a que son néant à offrir à Celui qui est Tout. Il recevait le Corps du Christ l’âme à genoux, éperdu de vénération, avec une douceur infinie, paraissant éprouver jusque dans sa chair le mystère de la Présence Réelle.

Je me figure la disparition de Maurice comme une perquisition dans un dépôt d’armes clandestin, capable de fournir en Colt, en Winchester, en AA-12, en RS-28 Sarmat, pour des décennies, tous ceux qui ont du sang de belluaire, de prêcheur, de dynamiteur, de sniper, d’aventurier, de créateur, de témoin, chantres et soldats de l’Invisible dans un monde de fanatiques émasculés aux yeux crevés. Il arrivait si souvent que dans une seule de ses profondes et vertigineuses tirades, retentisse l’arsenal au complet. Je l’avoue, la perspective de ne plus converser des nuits entières avec lui, de ne plus entendre son rire invincible, chargé d’ellipses et d’allégories, m’écrase. Et qui, désormais, me remontera le moral avec autant d’aplomb que ce croisé qui, un jour d’hiver funeste, me consola en ces mots : «Passe à la maison, Pat, on se mettra dans un coin et on dira du mal des gens.»`

Retournant le vers de Lamartine (la dialectique du sens représentait pour lui un critère de la vérité), il écrivait : «Un seul être vous manque et le monde vous semble surpeuplé.» Maurice nous manque terriblement, et en ce qui regarde le surpeuplement, j’aurais envie d’invoquer un Ange Exterminateur, pour un sérieux dégraissage. Mais l’essentiel ne réside-t-il pas dans cette sentence de Basile de Césarée : «Nous n’avons pas été privés de [notre frère], nous l’avons rendu à Celui qui l’avait prêté ; sa vie n’a pas été anéantie, elle a été changée pour le mieux ; ce n’est pas la terre qui a recouvert notre bien-aimé, c’est le ciel qui l’a reçu.»

«Mystère de la singularité, mystère de la Personne, je n’ai jamais pu, affirmait Maurice, je ne peux pas, je ne pourrai jamais transmettre l’unicité de mon existence concrète et cela est vrai pour chacun d’entre nous, depuis la nuit des temps et sûrement jusqu’aux derniers. Tout nous est, nous sera révélé lors de notre accueil dans la Vie Éternelle. Que signifient, que signifieront alors Je, Nous, Vous, Il ?». Aujourd’hui, Maurice a la réponse, toutes les réponses. J’en risque une, en attendant l’Apocalypse : nos âmes, dans le Royaume, garderont, je crois, leur singularité, leur unicité, leur mystère, mais dans une joie parfaite, car elles seront unies à leur source, dans la contemplation, pour toujours.

J’imagine mon vieil ami grimpant au ciel à toute vitesse, dans un char de feu conduit par Élie et Tertullien, escorté par les stratèges de l’armée céleste, les anges et les archanges, porté par un hymne glorieux qui remplit l’univers, un quatuor pour orgue, percussion, trompette et Gibson, debout, avec la Vérité pour ceinture, la Justice pour cuirasse, le Salut pour morion, le bouclier de la Foi dans une main et le glaive de l’Esprit dans l’autre, c’est-à-dire la Parole de Dieu, qu’il lance sur nos cœurs, de là-haut, de toutes ses forces et de tout son amour.
_________________

Signature - Nouveau sujet, vérifier dans "Recherche" s'il n'existe pas. Il faut qu'il soit bien étoffé, un titre explicite, bien détaillé avec des preuves fiables et vérifiables


Revenir en haut
Visiter le site web du posteur
Contenu Sponsorisé







MessagePosté le: Aujourd’hui à 14:12 (2017)    Sujet du message: Mort de l'écrivain Maurice G.Dantec

Revenir en haut
Montrer les messages depuis:   

Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    Apostats de l'islam Index du Forum >>> Apostats de l'islam >>> En vrac Toutes les heures sont au format GMT + 1 Heure
Page 1 sur 1

 
Sauter vers:  

Portail | Index | créer forum | Forum gratuit d’entraide | Annuaire des forums gratuits | Signaler une violation | Conditions générales d'utilisation
Powered by phpBB © 2001, 2005 phpBB Group
Traduction par : phpBB-fr.com
Thème réalisé par SGo