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Kateb Yacine/Mohamed Arkoun/Kamel Daoud/Boualem Sansal/Rachid Boudjedra
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yacoub
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MessagePosté le: Mer 19 Juil - 15:56 (2017)    Sujet du message: Kateb Yacine/Mohamed Arkoun/Kamel Daoud/Boualem Sansal/Rachid Boudjedra Répondre en citant

Ma condition d'animal en Algérie par
Kamel Daoud

Le bestiaire de l’Islamistan n’est pas aussi riche que le panthéon de l’hindouisme. C’est le propre des monothéismes peut-être: un seul Dieu et peu d’animaux dans ses parages.

Sur la scène de l’imaginaire algérien, les animaux n’ont pas beaucoup de place. Le Coran en cite quelques-uns mais le bestiaire coranique reste pauvre et sur une arche, un Noé algérien d’aujourd’hui, emportera peu d’espèces qu’il jugera utiles: beaucoup de moutons à manger, peut-être un caniche, des chardonnerets car ils se revendent bien, des canaris d’Espagne, un cheval, mais pas d’âne ni d’araignée. L’Algérien se soucie peu, généralement, des animaux. L’Islam ne l’y pousse pas et la Loi ne l’encourage pas.

Le chien n’est pas l’ami de l’islamiste
Mal vu par les islamistes, il est l’une des causes d’impureté qui obligent le musulman à refaire ses ablutions. Utile contre les voleurs, il est accusé cependant d’empêcher les anges d’entrer dans les maisons, selon la tradition. C'est un hadith qui le dit. Le chien mord, attaque, chasse l’étranger et l’ange, en même temps. Du coup, il a un statut ambigu: la pauvreté en a fait le meilleur ami de l’homme et le plus ancien système d’alarme. L’islamiste en a fait une bête maudite.

Une ambiguïté qui ne manque pas de créer des incidents: les Algériens peuvent élever un caniche parce qu’il est beau, qu'il impose l’idée d’un prestige financier et social. Mais ils peuvent aussi brûler le chien, juste pour s’amuser, comme cela est arrivé dans la wilaya (préfecture) de Sidi Bel Abbes, à l’ouest du pays.

Un chien sans maître a volé un morceau de viande lors d’un pique-nique de jeunes. Ces derniers l'ont poursuivi, attrapé et brûlé avec de l’essence. Ironie de l'histoire, l’animal martyrisé se refugia, en flamme, sous leur voiture qui finira elle aussi carbonisée.

Le chien peut aussi être un passe-temps des banlieues: pitbull, berger allemand, gardien, assistant de gardiennage…etc. Dans l’ensemble, il est utile mais reste «impur». Ce statut ambigu du chien en Algérie est illustré par bien d’autres anecdotes. Celle des fourrières canines à Oran par exemple.

Fiers de leurs statistiques (1.800 chiens errants ont été capturés depuis le début de l’année à ce jour et ont été acheminés vers la fourrière canine pour l’abattage qui se fait par électrocution, Ndlr), les agents de fourrière expliquent cependant leur dur métier de chasseurs urbains:

«Dans certaines localités, les citoyens se manifestent pour empêcher les agents à accomplir leur travail. Un paradoxe: d’un côté, ils se plaignent de la prolifération des chiens et d’un autre côté, ils s’opposent au travail des agents», racontent des employés de la mairie aux journalistes.

La chasse aux chiens est alors empêchée par les habitants des villages, parfois armés d’armes blanches! Résultats, les chasseurs des chiens se font accompagner d’agents de police pour attraper les chiens dont certains citoyens se plaignent...

Selon ces défenseurs du chien algérien, les sociétés privées dont s’aide la mairie «ne respectent pas les méthodes légales de la capture, et ne pratiquent pas l'abattage au niveau de la fourrière, puisque dans le meilleur des cas, les chiens capturés sont relâchés à nouveau dans d'autres communes». Ces chiens, à nouveau errants, représentent de nouvelles missions de capture que la mairie du village va devoir payer à la société privée qui ainsi se fait son argent.

Car la chasse au chien, c'est de l’argent:

«Le nombre de chiens à capturer est fonction du budget attribué par chaque commune pour cette opération», précise les agents de la fourrière canine à Oran.

Pour les chiffres, on retiendra celui des morsures: chaque année entre 3.500 et 4.000 cas de morsures sont recensés, dont 75% sont provoquées par des animaux errants. Selon les sources, Oran-ville arrive en premier et près de 50.000 euros sont dégagés chaque année en facture de vaccin antirabique.

L’âne: hallal ou haram?
«En Algérie, dans la wilaya de Tébessa, à 16 kilomètres de la frontière tunisienne, plusieurs têtes d’ânes égorgés ont été retrouvées à même le sol ces derniers mois. Après enquête, les services de sécurité de Bir el-Ater, à 90 kilomètres de Tébessa, ont saisi une importante quantité de viande d’âne destinée à l’exportation», racontaient Slate Afrique.

C’en est devenu un mythe alimentaire algérien et une obsession:

«Et si on m’avait fait manger de la viande d’âne?», se dit chaque Algérien devant la vitrine de son boucher.

L’arnaque a connu son heure de gloire durant la dernière décennie. Chez les rôtisseurs, les bouchers clandestins comme les bons bouchers, des ânes abattus étaient revendus en pièces et présentés comme étant du bœuf ou du mouton.

Si c’est interdit par la loi, l’âne n’est pas illicite du point de vue religieux, ou presque pas. L’essentiel est que c’est une tricherie punie par la loi. Du coup, de temps à autres, les services algériens démantèlent une filière «âne».

Surtout près des frontières est de l’Algérie, vers la Libye qui, pour cause de révolution, importe presque tout pour manger: le blé algérien dont les chiffres d’importation ont explosé et les viandes, celle de l’âne y compris.

L’âne se mange mais il est aussi utile pour les contrebandiers eux-mêmes qui l’aiment beaucoup pour sa fidélité. C’était l’animal de transport par excellence des armes lors de la guerre de Libération, mais aussi du kif et autres exportations marocaines clandestines vers l’Algérie, du côté ouest.

Invisible, peu couteux, obéissant, discret, l’âne est l’ami de la contrebande des frontières depuis toujours. Avec le retour en force du commerce informel, il est l’animal de traction préféré des charrettes «Bouazizi» et des revendeurs ambulants de toute l’Algérie post-printemps arabe.

L’oiseau se vend bien
A Oran, il existe un gros marché d'oiseaux en cages qui concerne surtout les chardonnerets. Ils sont l'objet de contrebande, de trafic, de commerce qui conduisent à leur extinction.

Les chardonnerets algériens sont devenus une marchandise d’exportation illégale. Le commerce fait florès aux frontières, surtout avec le Maroc. Les saisies sont d’ailleurs nombreuses à l’ouest. En décembre 2010, 550 chardonnerets ont été saisis par la gendarmerie dans le véhicule d’un intermédiaire. Il expliqua les avoir acheté à un euro l’unité pour les revendre presque le triple à Alger, auprès d’un éleveur qui les revendait, à son tour, dix fois le prix, par la suite! Mais combien coûte l’oiseau de compagnie? Cela va de 3.000 à 20.000 dinars (entre 50 et 150 euros).

Si des commerces existent pour en assurer la nourriture et les produits de base, c’est la contrebande frontalière qui nourri les réseaux car ces espèces n’existent presque plus dans les forêts algériennes.

Le gouvernement s’est d'ailleurs vu forcé d’agir et de signer un décret de protection rapprochée pour certaines espèces. Un décret qui restera sans effet, ou presque. La liste des VIP à protéger compte le chardonneret élégant, l’aigle royal, la sitelle kabyle, la couleuvre à capuchon algérienne, le porc-épic, le singe magot, le hérisson, le cobra d’Afrique du nord etc. Au total, cette liste comprend «plus de 373 animaux dont des mammifères, des reptiles, des oiseaux, des insectes, des amphibiens».

Qui a tué le dernier lion de barbarie?
C'est un animal emblématique. Il sert de surnom aux héros de guerre. Krim Belkacem, un des pères de la guerre de Libération, a été surnommé par les Français «Le lion du Djebel».

Il a aussi donné son nom à une montagne à Oran, à l‘ouest d’Alger. Le mot «lion» est d'ailleurs aussi une étymologie possible du nom d’Oran: Oran veut dire Wahran, qui veut dire rugissement. Ce qui explique les deux statues de lions à l’entrée de la Mairie d’Oran, sculptées par l’artiste animalier français Auguste Caïn.

Le lion d’Algérie appelé aussi lion de barbarie (en latin «Panthera leo berberisca») a pour signes particuliers un pelage gris et une crinière abondante par rapport aux lointains cousins d’ailleurs.

Mais où sont-ils passés tous aujourd’hui? Selon les livres, les lions de Barbarie ont disparu de la Libye dès 1700. Le dernier lion de Barbarie a été tué en Tunisie en 1891 «près de Babouch, entre Tabarka et Aïn-Draham». Le dernier lion algérien? Il a été tué en 1893 près de Batna, à 97 km au sud de Constantine. Selon d’autres versions, le dernier lion a été abattu par des colons dans les forêts de Séraïdi (est de l’Algérie) vers 1890.

Précision, le dernier lion tué en Algérie n’est pas mort il y a un siècle mais il y a quelques années, en décembre 2004. Le fauve a été abattu par un policier, au zoo d’Oran, qui voulait sauver un enfant tombé dans la fosse aux lions de la ville. L’enfant sera sauvé, le policier décoré par le préfet de la ville et le lion abattu. Loin de l’histoire de tartarin de Tarascon, autre tueur de lions algériens.

L’outarde et ses émirs
L'outarde est un objet de conflit entre les Algériens qui ne se sentent pas arabes et les Arabes qui se sentent chez eux partout. C’est un des sujets qui fâchent le gouvernement et la presse algérienne. Tout ça à cause des émirs du Golfe qui viennent braconner dans le sud algérien la gazelle belle et l’outarde craintive.

Le massacre est énorme mais la discrétion du pouvoir en Algérie est, elle, totale. Autant que sa disponibilité: les émirs bénéficient de vastes zones franches de braconnages et de tout l’appui logistique des préfectures du sud.

Le scandale grossissant, un geste a été fait mais avec calcul: les Emiratis ont organisé une opération de remise en liberté de 500 spécimens d’outardes houbara. Autant pour se faire pardonner le massacre que pour assurer la disponibilité de la proie pour le sport favoris des Saoudiens et autres princes.

L’outarde algérienne, animal de plus en plus menacé, est souvent sacrifiée sur l’autel de l’amitié célèbre entre Bouteflika et les émirs. Le carnage est important mais les enquêtes sur ce braconnage sont quasi impossibles: la zone est fermée au reste des algériens.

Le fennec, fétiche du foot algérien
Ce renard, habitant l’Algérie plus qu’ailleurs, a fini par devenir le symbole officiel de son «onze». La raison? On ne sait pas. Dans la course africaine aux animaux fétiches des grands joueurs du ballon rond, le pays s’est offert le fennec, dernier animal «neutre»: ni haram, ni hallal, pas carnivore, mais omnivore, discret et rusé.

Sauf que depuis quelques années, le conservatisme local lui ôte un peu de son rôle: l’équipe nationale, dite celle des «guerriers du Sahara», est désormais sous le symbole de la guerre, du Djihad par les pieds, plutôt que de celui du Fennec, trop mou.

Les singes mangeurs de routes
Menacés un moment de disparition, il semble que les déséquilibres sécuritaires du pays leur aient donné bonne santé: le singe magot en est venu aujourd’hui à menacer les vergers et les récoltes des paysans dans les régions du parc de Djurjura et en Kabylie. Pour y remédier, une seule solution, l'abattage, à défaut d'autres.

Dans les limites de l’algérois, autre cas de figure avec les singes dit des gorges de la Chiffa. Là, ces animaux agiles et parasites provoquent des embouteillages de curieux. Ils sont aussi à l'origine d'un commerce de bananes, cacahuètes et sucreries vendus par des ambulants qui les revendent à des automobilistes...qui les donnent à des singes devenus parasites de la route.

Les rats de Camus
Comme dans le roman de La Peste, cela se passe à Oran. Les rats y sont de plus en plus nombreux, à vu d’œil et de chiffres. La raison? Elle est double. Il y a d'abord la prolifération des ordures et des décharges sauvages (pour lutter contre les rats, il faut les affamer, dira un responsable de la mairie) mais aussi les chantiers du tramway qui ont délogé les rats et les ont poussé vers la surface.

Selon les journaux, les quincailleries sont prises d’assaut par les habitants qui y achètent les dératisant en grandes quantités.

«Ces derniers temps, je vends tout produit permettant de venir à bout des rats et ce, quotidiennement. Je vends, durant une seule journée, jusqu'à quatre à cinq produits anti-rats», affirmera un vendeur dans une quincaillerie au Quotidien d’Oran.

Pour les chiffres, les mêmes sources affirment que «durant les trois dernières années, pas moins de 2.000 personnes ont été victimes de morsures de rats». En 2003, des cas de peste buboniques avaient même été signalés dans la région.

Le mouton, ami d’Abraham et de l’estomac
Le mouton est tellement aimé qu’ils ont été 3.500.000 a être égorgés en une seule journée, à l’occasion de la fête de l’Aïd l’année passée, selon l’union des commerçants algériens. Les Algériens aiment manger le mouton, le sacrifier, l’élever et le revendre.

Le mouton reste la superstar de l’estomac algérien, bien avant la viande surgelée et la viande d’Inde que le pouvoir a importé cette année mais que les Algériens ont boudé.

Le sanglier en liberté
C'est un roi protégé: il a la liberté de la vache en Inde et personne ne le mange en Algérie, ou presque. Les battues administratives sont devenues rares depuis des décennies, les chasseurs peinent à récupérer leurs fusils confisqués après la décennie de la guerre civile des années 90, malgré les marches et manifs, et les meilleures zones de chasse sont infestées par le maquis terroriste.

Du coup, le sanglier se porte bien, se multiplie et se promène. Le djihadiste armé est donc le meilleur ami du sanglier. Il empêche qu’on le chasse et ne le mange pas lui-même. Une bonne entente. Biologique.

Quelques chiffres à retenir cependant. A Oran (région non infestée par les groupes armés), lors de la dernière battue qui a duré d’octobre 2011 à mars 2012, 266 sangliers ont été abattus «contre 383 lors de la campagne de l'année précédente». Ainsi que 99 chacals mal aimés par les éleveurs de la région.

Le cheval, ce symbole
Bouteflika en a offert un à Nicolas Sarkozy en 2007. Il s’appelle «Kheir», ce qui veut dire «bien», «fortune». Bouteflika en reçoit beaucoup, lui aussi. Le cheval se mange surtout avec les yeux chez les Algériens. C’est un peu l’animal fétiche des conservateurs, des nostalgique de l’arabité pure, des turfistes, des tribus.

Kamel Daoud
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MessagePosté le: Jeu 28 Sep - 14:56 (2017)    Sujet du message: Kateb Yacine/Mohamed Arkoun/Kamel Daoud/Boualem Sansal/Rachid Boudjedra Répondre en citant


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MessagePosté le: Mer 18 Oct - 12:37 (2017)    Sujet du message: Kateb Yacine/Mohamed Arkoun/Kamel Daoud/Boualem Sansal/Rachid Boudjedra Répondre en citant





C'est mon avatar sur le forum Elaqim où je suis contingenté

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MessagePosté le: Mer 25 Oct - 12:54 (2017)    Sujet du message: Kateb Yacine/Mohamed Arkoun/Kamel Daoud/Boualem Sansal/Rachid Boudjedra Répondre en citant

Kamel Daoud - Le postcolonial m'étouffe
Le discours de repentance de l'Occident est sclérosant. Il faut se libérer des explications postcoloniales et penser au-delà de la victimisation.
Par Kamel Daoud
Modifié le 24/10/2017 à 16:18 - Publié le 19/10/2017 à 07:37 | Le Point

Kamel Daoud. © Dusault

Les élites du Sud peuvent-elles sortir du postcolonial ? La question m'obsède, me partage aussi. La colonisation a été une réalité, une blessure, et elle devient une cicatrice, mais sur un corps insensible au présent. Souvenirs de dialogues croisés à la Foire du livre de Francfort. Brillant, le verbe haut et élégant, Patrick Chamoiseau y développe une vision déstabilisante sur le futur du monde, le devoir d'accueil et le partage. Pluriversalité au lieu d'universalité. Depuis des années, ce rituel de la critique de la raison occidentale m'agace. J'y décèle une lucidité biaisée sur soi aussi, même si cela reste un grand devoir de mémoire. L'Occident n'est ni juste ni injuste à mes yeux. Du coup, le discours sur la demande d'excuses, de repentance ou la critique radicale ne suffisent pas. À vrai dire, cela m'importe peu. Ce que je veux, c'est une critique de la raison de tous : au Sud comme au Nord. La migration ? Je ne fais pas le procès de l'accueil, mais celui des raisons de départ et des fuites, des exils. Ce n'est pas : pourquoi je suis mal accueilli, mais aussi : pourquoi je pars, je quitte ?

La conscience postcoloniale a fini par développer des cloisonnements de confort, des narcissismes de victime. On ne peut pas tout dire au Sud, à cause de cette orthodoxie du « tout-colon » comme explication définitive. Et notre responsabilité ? Elle dépend d'une vision, encore difficile, du présent, de l'immédiat. Un ami a appelé ça l'« impossibilité de sortir de l'Histoire » dans nos pays. Ce cloisonnement se retrouve aussi dans les familles politiques de gauche théoricienne, presque radicale dans les milieux universitaires américains, diffus et sourcilleux, populiste, en Europe. Cela permet de parler du racisme de l'Occident, mais pas des déportations massives de Subsahariens en Algérie ou dans d'autres pays dits « arabes ». On traitera comme atteinte aux droits de l'homme la Méditerranée devenue un mur, mais on s'accommode du mur de séparation érigé entre l'Algérie et le Maroc. On peut parler de la blessure coloniale, mais pas de la responsabilité dans les échecs de nos indépendances, nos asservissements aux castes des décolonisateurs devenus prédateurs. On parlera du devoir d'accueil du migrant en Occident, mais on ne fait pas, avec le même tintamarre, le procès de l'Arabie saoudite ou des monarchies du Golfe, qui accueillent si peu et qui le peuvent tant. On ne parle pas des racismes locaux, horizontaux, entre soi, envers les siens. La conscience postcoloniale est le jeu d'un miroir éclaté où l'on ne voit que le passé, pas ses propres reflets impuissants.
L'Occident est-il innocent ? Que non ! Mais nous non plus.

Et si vous le dites aux vôtres ou publiquement ? Le souci de l'image narcissique de la victime devient réponse par la violence. On ne vous le pardonne pas. « Sortir de l'Histoire » est interprété, par procès d'intentions, comme une tentative de blanchir l'Occident, de le servir. La conscience postcoloniale radicalisée n'accepte pas la nuance de l'autonomie de pensée. Elle est déterministe grossièrement. On vous accusera de tout et on réagira non avec un argumentaire contraire, mais avec l'affect : les réponses sont violentes, insultantes, méprisantes, presque toujours. Elles ont forme de procès. Il ne s'agit pas d'une raison qui prend parole, mais d'un sentiment qui veut crier plus haut. Une inquisition.

L'Occident est-il innocent ? Que non ! Mais nous non plus. C'est ce décloisonnement de sa conscience propre qu'il faut travailler. Il sera douloureux : on devra y affronter un monde complexe sans la digue de l'explication postcoloniale. Cela brisera des « autoblanchiments » et des dédouanements verbeux. Cela mettra tout le monde au pied du mur.

Le postcolonial m'agace, me fatigue, m'a trompé sur moi. Il fallait se libérer de la colonisation, il faut se libérer des explications postcoloniales exclusives. Quitte à se faire insulter au bout de chaque manifeste de cosignataires embusqués.

Le tout résumé par cette anecdote : un ami journaliste algérien me reprochait de « parler ainsi » en Europe, car « cela va dans le sens de ce qu'attendent les Français pour se laver les mains ». En l'écoutant, une conclusion me traversa l'esprit : cet ami accordait plus d'importance à ce que pensent les « Français imaginaires » de son argumentaire qu'à ce que je pense, moi, face à lui ! D'où ma question : qui, dans ce cas, est encore colonisé ?

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MessagePosté le: Jeu 2 Nov - 18:06 (2017)    Sujet du message: Kateb Yacine/Mohamed Arkoun/Kamel Daoud/Boualem Sansal/Rachid Boudjedra Répondre en citant

A quoi sert un pays aujourd'hui?
Vitesse folle : le régime fouille le sol, trouve du gaz, le vend, le peuple le regarde, l'encercle puis lui demande plus, en faisant pencher la terre vers l'abîme. Le régime fouille encore, trouve et donne pour prendre plus. Les gens s'affolent, viennent, veulent, puis s'en vont. Le sol pèse sur le sous-sol, le comprime et le boit. Le régime a peur, creuse, encore, plus loin, trouve, donne, pompe. Son peuple mange, veut, menace, court puis mange, loge et bouge. En cercle. L'un mange l'autre. Un étrange corps composé d'une bouche aux deux bouts d'un ventre qui est, à la fois, convexe et concave : mange et se mange, dévore et produit. Cela donne une bête sombre qui a deux dos, pas de visage mais qui est, à la fois, sa proie et sa trace de pas sur la peau. Où va l'Algérie, vieille question d'un mort, devient celle d'une énigme biologique : comment cela va finir ? Un Président qui achète du temps, un peuple qui vend le temps de ses enfants. Manger, bouger puis bouger pour manger. Comment va finir donc l'équation algérienne ? Selon le pétrole, dit une réponse vieille comme la nationalisation. Un jour l'histoire aura une fin à cause de la fin du gisement. On le sait tous, mais nous fonçons, comme des drogués, vers le mur de la péremption.
- Qui mangera le dernier mangé ? Fascinante perceptive gargantuesque. Car c'est intenable. Haddad prendra son avion, les harragua, la mer et le reste feront, à pied, le chemin vers le jugement dernier. C'est écrit sur n'importe quelle plaque de signalisation. D'où l'autre question, plus sombre mais tout à fait légitime, quand on est assis dans une gare par où ne passe que le souvenir : C'est quoi un pays, finalement ? Puis : à quoi sert un pays ? Sérieusement ? Au-delà du convenu patriotique et des formules habituelles ? Comme adresse administrative internationale ? Un endroit où la mémoire a des traces de pas ? Un lieu de naissance contré par une histoire de morts ? La question devient un droit, aujourd'hui : les pays ne servant pas à grand-chose, sauf à se souvenir ou à revenir. Face à la vastitude du monde, un Pays était une nécessité de racines et un contrepoids au glissement vers l'anonymat. Mais, aujourd'hui qu'il vous coûte cher, vous plombe, vous alourdit le songe et vous plonge dans le malaise ou la honte de soi ? Pourquoi devrais-je le porter s'il ne me porte pas ? Le pays est la peau. Au delà, il y a le sang, des miens. Puis vient la tribu, puis la mer annoncée par la bousculade des galets, le cousin lointain, le Québec, la connexion, Skype puis le capital Mondial. Donc, c'est à peine si, aujourd'hui, cela vous laisse de l'espace pour la notion du pays.
- D'ailleurs, il y a redéfinition à venir : un pays ce n'est pas ce qu'on a libéré ou construit, mais ce qu'on va manger. Nés comme des cris, des pays meurent, ces temps-ci, comme des salades. On le voit, tous les jours, aux actualités.
Kamel Daoud.
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MessagePosté le: Jeu 23 Nov - 17:21 (2017)    Sujet du message: Kateb Yacine/Mohamed Arkoun/Kamel Daoud/Boualem Sansal/Rachid Boudjedra Répondre en citant

Rachid Boudjedra perd son sang-froid sur le plateau de Radio M




Rachid Boudjedra a perdu son sang-froid sur le plateau de Radio M mercredi 22 octobre, accusant son hôte d'être "grassement payé" et "d'être proche du système".
Invité pour parler de son pamphlet à polémique "Les contrebandiers de l'histoire", ainsi que de son roman "La dépossession", l'écrivain s'est énervé et l'entretien a vite viré vers l'invective quand le journaliste Ihsane El Kadi lui a reproché des incohérences historiques et des erreurs factuelles dans le brûlot où il accuse un nombre de personnage de falsifier l'histoire.
Sur des "faits historiques" cités par l'auteur, comme le congrès de la Soummam et un supposé conflit entre Abbane Ramdane et Krim Belkacem, comme sur les auteurs, réalisateurs et journalistes qu'il fustige, Rachid Boudjedra a eu de mal a répondre aux questions, choisissant de critiquer celui qui les pose.



http://www.huffpostmaghreb.com/2017/11/23/rachid-boudjedra-radio-m_n_186253…
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MessagePosté le: Jeu 30 Aoû - 13:55 (2018)    Sujet du message: Kateb Yacine/Mohamed Arkoun/Kamel Daoud/Boualem Sansal/Rachid Boudjedra Répondre en citant

1980, L'ANNÉE OÙ AL-QARDAOUI CHASSA ARKOUN DE L'AURASSI

 Au deuxième jour du séminaire de juillet 1980, Mouloud Kacem Naït Belkacem appela le professeur Mohamed Arkoun à monter sur l’estrade de la «salle rose» de l’hôtel Aurassi pour donner sa conférence.

 Mohamed Arkoun monta sur ladite estrade, salua poliment les nombreux présents et commença à «résumer» (il n’avait, comme tous les intervenants, que 20 minutes pour son intervention) sa conférence qui avait été déjà distribuée le premier jour aux nombreux invités. Comble de malheur pour Arkoun, beaucoup de «frérots» attendaient ce moment depuis… la veille ! Notre grand professeur parla juste cinq ou six minutes et… les sifflets, les cris violents et les bouches à la salive dégoulinante scandèrent : «Kafer, kafer, hadha mouch islam, hadha kofr» (athée, athée, cela n’est pas l’islam, cela est de l’athéisme) ! Poussant «le bouchon» plus fort, plutôt le «shootant» violemment, El Quaradhaoui Mohamed El Ghazali(1) et leurs disciples les «Frères musulmans» égyptiens et jordaniens surtout, se levèrent et crièrent : «Akhrigouh, akhrigou el kafer» (faîtes le sortir faites sortir l’athée) ! Le professeur Mohamed Arkoun, avait tout compris ! Calmement, silencieusement, il plia «ses feuilles» et… accéléra le pas vers la sortie de la «salle rose»(2). S’attendait-il à ce «refus de la… science», de «la modernité» ? Seul cheikh Abderrahmane El Djilali courra derrière lui. Il était comme lui, le seul «théologien» habillé en costume et cravate «alpaga» ! Mais Mohamed Arkoun ne revint pas à la «salle rose». Il lui avait dit poliment : «Je te respecte beaucoup. Tu es un frère pour moi… un vrai ‘‘âllim’’ (savant religieux), mais…» Selon le témoignage de feu cheikh Abderrahmane El Djillali, «des larmes drues coulaient déjà sur les joues d’Arkoun et un violent sanglot étrangla sa voix (…) Je l’ai laissé partir. Je suis revenu à la
 salle. Je me suis assis au fin fond. L’après-midi, j’ai trouvé un prétexte pour ne pas lire mon intervention, j’ai dit à Mouloud Kacem que j’avais une fièvre carabinée et que je devais, tout de suite, voir un médecin».(3)

-1- «Importé» par Chadli, nommé président du conseil scientifique de l’université Emir Abdelkader (1984-1987), il distilla «son mortel venin», prépara «les pionniers du GIA» avant d’être humilié et chassé par des étudiantes et des étudiants qui avaient découvert qu’il avait aménagé son appartement en maison de rendez-vous !
-2-3- Témoignage de cheikh El Djilali in Alger : culture, intellectuels et histoire. Emission «Une ville, un écrivain» de Djilali Khellas.ENTV 1999.
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MessagePosté le: Sam 8 Sep - 10:09 (2018)    Sujet du message: Kateb Yacine/Mohamed Arkoun/Kamel Daoud/Boualem Sansal/Rachid Boudjedra Répondre en citant

Boualem Sansal : "Les gouvernants occidentaux sont coupables d'aveuglement face à l'islamisme"
Par Nedjma Vanegmond

A travers une histoire qui investit l'Allemagne et la France, une ville occupée et un pays ravagé par le terrorisme, l'écrivain algérien ne cesse de dénoncer l'intégrisme et des dirigeants impuissants.

L'écrivain algérien Boualem Sansal a entrepris l'écriture de son nouveau roman au lendemain des attentats de novembre 2015. Fable, conte onirique et chronique à la fois, le Train d'Erlingen ou la métamorphose de Dieu mêle les époques, les lieux, les genres. A travers l'histoire d'une ville d'Allemagne occupée par des envahisseurs jamais nommés, son auteur continue de peindre un monde dévasté par l'intégrisme. S'il se défend d'être un écrivain lanceur d'alerte, Boualem Sansal, l'irréductible auteur du mémorable 2084, reste un enragé engagé, qui n'hésite pas à pointer les coupables de cette montée en puissance des fanatismes…

Marianne : Vous avez déclaré : « La réalité en boucle n'a pas d'effet sur les gens. » La fiction a-t-elle plus d'impact ?

Boualem Sansal : On a tendance à me qualifier de « lanceur d'alerte ». Il me semble que, pour alerter, la politique est beaucoup plus efficace. Je suis avant tout un raconteur d'histoires. Mon souhait premier est que ces histoires plaisent au lecteur, tout en lui donnant à réfléchir.

Mais vous êtes un écrivain engagé…

Je suis un homme engagé qui écrit. Je suis révolté depuis mon plus jeune âge. J'ai toujours été militant, à mon humble niveau : enseignant, haut fonctionnaire, j'ai manifesté sans relâche pour la libération des femmes, la sauvegarde du Sahara, la lutte contre le fanatisme religieux. Je ne m'imagine pas arrêter tout cela. Mais il me semble que la littérature engagée n'a

https://www.marianne.net/culture/boualem-sansal-les-gouvernants-occidentaux…
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MessagePosté le: Ven 14 Sep - 13:59 (2018)    Sujet du message: Kateb Yacine/Mohamed Arkoun/Kamel Daoud/Boualem Sansal/Rachid Boudjedra Répondre en citant

....
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Il ne faut pas que nos lois antiracistes deviennent demain notre tombe. L'islam est le culte de la haine de l'autre et la mort de la vie le laisser faire c'est lui tendre le couteau de boucher pour nous égorger avec. De notre fermeté et de notre courage soyons les valeureux combattants de l'hydre musulmane.


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MessagePosté le: Ven 14 Sep - 14:22 (2018)    Sujet du message: Kateb Yacine/Mohamed Arkoun/Kamel Daoud/Boualem Sansal/Rachid Boudjedra Répondre en citant

Tahar Ben Jelloun - Apprendre l'arabe, c'est s'enrichir

L'écrivain s'élève contre la suspicion qui accompagne la proposition d'apprendre cette langue à l'école. Il y voit de nombreux avantages. Par Tahar Ben Jelloun
Publié le 14/09/2018 à 09:14 | Le Point.fr
Des étudiants suivent un cours d’étude coranique en arabe, a l'institut musulman de Saint-Leger-de-Fougeret.


Des étudiants suivent un cours d'étude coranique en arabe, à l'institut musulman de Saint-Léger-de-Fougeret.
© FRED DUFOUR / AFP/ FRED DUFOUR
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Une dame maghrébine m'a abordé l'autre jour à l'arrêt du bus. D'emblée, elle me pose la question qui la taraudait : « Pourquoi sommes-nous objets de tant de haine ? » Elle m'explique : je suis algérienne, arrivée ici à l'âge de dix ans, mes parents ont travaillé toute leur vie et sont morts de fatigue ; moi, j'ai fait de même et j'ai donné à mes enfants une bonne éducation. Nous sommes français, mais on nous regarde comme des étrangers. Ils ne veulent pas de l'islam, ça, c'est discutable, voilà qu'ils hurlent parce qu'un ministre a demandé qu'on enseigne l'arabe dans les écoles publiques ! Je suis découragée, faites quelque chose, dites-leur que nous ne sommes pas des terroristes ni des islamistes, s'il vous plaît, dites-leur que nous sommes des gens paisibles et qu'ils cessent de nous suspecter de tout ce qui va mal dans ce pays ! »

En prenant mon bus, je n'ai cessé de penser à cette femme qui avait l'air sincère. Il est vrai que l'enseignement de la langue arabe dans les écoles de la République est une bonne initiative. De tout temps, le ministère a négligé cette langue. Je me souviens d'une année où il y avait dans toute la France un seul agrégé en langue arabe.
De la peur à la haine

Pourquoi faut-il enseigner cette langue ? Parce que ce serait un symbole d'apaisement envoyé par l'État aux millions d'Arabes en France. D'ailleurs, on attend depuis longtemps que Macron s'adresse enfin à cette communauté qui, en général, ne se sent pas bien acceptée dans le pays ; elle constate que ses enfants ne sont pas reconnus ; c'est sans doute à cause de cela que certains tombent dans le piège des recruteurs de Daech. Nombre de musulmans sont sidérés par l'amalgame fait entre islam, islamisme et terrorisme. De la peur de l'islam, on est passé à la haine de cette religion, et cela pas uniquement en France, dans toute l'Europe.

Macron a eu raison d'assister au dîner annuel du Crif et d'y prononcer un discours de solidarité. Il a eu tort de ne pas répondre à l'invitation d'un dîner du ramadan organisé par plusieurs associations musulmanes. Le Premier ministre y a fait une apparition, m'a-t-on dit.

Il faut enseigner la langue arabe parce que c'est une langue aussi importante dans le monde que l'espagnol ou l'allemand. Apprendre une langue, c'est pénétrer dans la culture et la civilisation qu'elle exprime. Apprendre une langue, c'est s'enrichir, abolir les murs de méfiance et d'incompréhension.
Soustraire cette langue aux mosquées et à ceux qui s'y improvisent imams

Apprendre l'arabe permettrait aux enfants et adolescents d'origine arabe de prendre contact avec un univers que leurs parents n'ont pas pu ou su leur transmettre. De toute façon, la langue qu'on apprend à l'école est classique, elle n'est pas parlée par le peuple. Elle est la langue du livre, de la poésie, du conte et de la philosophie. Cela étant, l'apprentissage de cette langue ne sera pas exclusivement réservé aux enfants d'origine arabe. Bien au contraire, il devrait concerner tous ceux qui sont intéressés par la culture et la civilisation arabes.

Autre raison pour apprendre l'arabe : soustraire cette langue aux mosquées et à ceux qui s'y improvisent imams, lesquels ont souvent une approche douteuse de l'arabe classique ; certains en profitent pour faire leur propagande néfaste.

La suspicion et la stigmatisation poussent certains musulmans à se radicaliser, à rompre le contrat social et républicain. De plus en plus de jeunes se réclamant de l'islam choisissent le repli et la tentation du communautarisme. D'après l'Institut Montaigne, 28 % des musulmans sont classés « sécessionnistes et autoritaires ». Il y a de quoi être inquiet. Le rapport « La Fabrique de l'islam » explique bien combien le salafisme progresse en France et en Europe, faisant de l'islam une idéologie politique contemporaine bien structurée.

Lire sur ce sujet l'interview de Hakim El Karoui : « Comment déjouer la stratégie de conquête des islamistes »

Le champ a longtemps été laissé à la propagande, au désordre et à la complaisance à l'égard de certains États qui ont pris en charge l'islam en France jusqu'à en faire dans certains cas une secte de fanatiques prêts au djihad et à la guerre.

Enseigner l'arabe ne peut que donner des outils objectifs et sérieux à ceux qui veulent un jour connaître la culture d'origine de leurs parents.
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MessagePosté le: Sam 22 Sep - 15:22 (2018)    Sujet du message: Kateb Yacine/Mohamed Arkoun/Kamel Daoud/Boualem Sansal/Rachid Boudjedra Répondre en citant

Le Train d'Erlingen ou la métamorphose de Dieu
Par Boualem Sansal, Gallimard, 256 pages, 20 €
La note de L'Express : 14/20 
Les Européens seraient-ils des enfants gâtés ? Auraient-ils oublié le prix de la liberté ? Auraient-ils l'illusion de se tenir définitivement à l'écart de l'Histoire alors que le monde regorge de périls inédits ? Telles sont les interrogations qu'éveille la lecture du Train d'Erlingen de l'écrivain algérien Boualem Sansal. Depuis dix ans, avec son récit historique Le Village de l'Allemand, et, l'an dernier, 2084, son roman d'anticipation orwellien sur une planète gagnée par un fanatisme idolâtre, Sansal s'affirme comme l'une des voix prépondérantes de la résistance à l'islamisme en terre arabe. 
Erlingen, donc, petite ville paisible de la prospère Allemagne. Une héritière âgée, Ute von Ebert, entame une correspondance avec sa fille qui, comme tant de jeunes cadres, a préféré aux rives du Rhin celles de la Tamise. Ute, au fil des lettres, se mue en témoin affligé, et en greffier, de la cécité lâche des élites politiques de sa commune. Face à un ennemi aussi omniprésent qu'inassignable, elle déplore que les édiles d'Erlingen tergiversent et, finalement, reculent et abdiquent. Métaphore d'une reddition de l'Europe ? Sous la plume de Sansal, c'est bien possible.  
Ute n'a qu'un voeu : organiser ses concitoyens. Pour qu'ils fassent bloc. En attendant, l'ombre de Kafka plane sur la ville - tutelle ambiguë, menaçante, qui semble réserver à la population un avenir aussi peu enviable que celui que La Métamorphose réserve aux humains. La peur s'infiltre dans la moelle et dans les os, et inhibe les courages. Une seule chance d'échapper à la souricière qu'est en train de devenir Erlingen : ce train, tant attendu, jamais arrivé, qui s'efface comme un mirage. Prenant acte qu'aucune fuite n'est possible, Ute persévère dans la résistance.  
Mais attention aux interprétations univoques ! Sansal lui-même, empruntant d'une certaine manière l'exergue des deux parties du livre à L'Enfer de Dante, a prévenu : "Toi qui entre dans ce livre, abandonne tout espoir de distinguer la fantasmagorie de la réalité". Certains regrettent déjà la soudaine bifurcation du récit à mi-parcours : n'est-ce pas là, justement, l'heureuse surprise d'un conte philosophique très actuel, picaresque, baroque et captivant, qui montre qu'un dénouement libérateur peut encore, sans doute, advenir ?
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MessagePosté le: Sam 22 Sep - 15:27 (2018)    Sujet du message: Kateb Yacine/Mohamed Arkoun/Kamel Daoud/Boualem Sansal/Rachid Boudjedra Répondre en citant

Inauguration du jardin Kateb Yacine à Paris Samedi 6 Octobre (concert Vendredi 5 Octobre à 20h de son fils Amazigh Kateb)

Depuis de nombreuses années, l'association Ameslay mène un projet qui a pour objectif de rendre visible les grandes femmes et les grands hommes qui ont beaucoup apporté à la ville de Paris et à la culture berbère en particulier.

Sur nos demandes ont vu le jour un espace jeune portant le nom de Taos Amrouche dans le 20ème et une place au nom de Slimane Azem dans le 14ème.

Cette fois, c'est un immense écrivain algérien qui est mis à l'honneur puisque c'est Kateb Yacine qui verra un jardin à son nom être inauguré par la Mairie du 13ème et la Ville de Paris.

Nous espérons vous y retrouver pour ce moment solennel.

Programme des "Journées de la Méditerranée" (hommage à Kateb Yacine)

Vendredi 5 Octobre à 20h :
-Concert de Amazigh Kateb dans la salle des fêtes de la mairie du 13ème (place d'Italie)

Samedi 6 Octobre à 14h :
-Inauguration du jardin Kateb Yacine (près du 18 rue Watteau)

Samedi 6 Octobre à partir de 15h :
-Après midi festif dans la salle des fêtes de la mairie du 13ème (place d'Italie)
-Lecture musicale "Le poète comme un boxeur" proposée par
La Voie des Livres et interprétée par Christophe Bonzom (lecteur public) et Hussein El Azab (percussionniste)
-Exposition autour de Kateb Yacine
-Exposition de paysages d'Algérie lors d'un road trip fait par l'Association Ameslay
-Exposition de bijoux berbères avec Kavayel
-Bal participatif
-Buvette (association solidaire Kassila)

Encore plus de détails très bientôt...
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MessagePosté le: Ven 5 Oct - 13:47 (2018)    Sujet du message: Kateb Yacine/Mohamed Arkoun/Kamel Daoud/Boualem Sansal/Rachid Boudjedra Répondre en citant

Le jardin d'immeubles du boulevard de l'Hôpital est un espace vert du 13e arrondissement de Paris de Paris, en France. Il est accessible au 122 boulevard de l'Hôpital mais également par la rue Rubens, la rue Watteau, et la rue du Banquier.


 

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MessagePosté le: Ven 12 Oct - 14:20 (2018)    Sujet du message: Kateb Yacine/Mohamed Arkoun/Kamel Daoud/Boualem Sansal/Rachid Boudjedra Répondre en citant

Mostaganem : la tombe du père de l’écrivain Kamel Daoud vandalisée

Par Jugurta Nam -

La tombe du père de Kamel Daoud a été vandalisée, a annoncé ce vendredi 12 octobre l’écrivain et journaliste sur son compte twitter.

« On vient de détruire la tombe de mon père. Le jour de l’anniversaire de sa mort. Et avec lui d’autres tombes à Mesra, mon village (wilaya de Mostaganem, ndlr) » a écrit l’auteur de Mersault contre-enquête sur le réseau social twitter.

Les raisons de cet acte de vandalisme ainsi que ses auteurs sont pour l’heure inconnus, et l’écrivain ne précise pas s’il y a un lien avec ses idées et prises de position qui font souvent polémique dans les milieux conservateurs en Algérie.

À rappeler que Kamel Daoud avait notamment fait parler de lui en décembre 2014, lorsqu’il avait été ciblé par une fatwa de l’imam salafiste Abdelfettah Hamadache qui l’avait accusé de « faire la guerre à l’Islam » et avait appelé à sa condamnation à mort.
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MessagePosté le: Ven 12 Oct - 15:14 (2018)    Sujet du message: Kateb Yacine/Mohamed Arkoun/Kamel Daoud/Boualem Sansal/Rachid Boudjedra Répondre en citant

Boualem Sansal : "Les gouvernants occidentaux sont coupables d'aveuglement face à l'islamisme"
Par Nedjma Vanegmond
Publié le 07/09/2018 à 12:00

A travers une histoire qui investit l'Allemagne et la France, une ville occupée et un pays ravagé par le terrorisme, l'écrivain algérien ne cesse de dénoncer l'intégrisme et des dirigeants impuissants.

L'écrivain algérien Boualem Sansal a entrepris l'écriture de son nouveau roman au lendemain des attentats de novembre 2015. Fable, conte onirique et chronique à la fois, le Train d'Erlingen ou la métamorphose de Dieu mêle les époques, les lieux, les genres. A travers l'histoire d'une ville d'Allemagne occupée par des envahisseurs jamais nommés, son auteur continue de peindre un monde dévasté par l'intégrisme. S'il se défend d'être un écrivain lanceur d'alerte, Boualem Sansal, l'irréductible auteur du mémorable 2084, reste un enragé engagé, qui n'hésite pas à pointer les coupables de cette montée en puissance des fanatismes…
Marianne : Vous avez déclaré : « La réalité en boucle n'a pas d'effet sur les gens. » La fiction a-t-elle plus d'impact ?
Boualem Sansal : On a tendance à me qualifier de « lanceur d'alerte ». Il me semble que, pour alerter, la politique est beaucoup plus efficace. Je suis avant tout un raconteur d'histoires. Mon souhait premier est que ces histoires plaisent au lecteur, tout en lui donnant à réfléchir.
Mais vous êtes un écrivain engagé…
Je suis un homme engagé qui écrit. Je suis révolté depuis mon plus jeune âge. J'ai toujours été militant, à mon humble niveau : enseignant, haut fonctionnaire, j'ai manifesté sans relâche pour la libération des femmes, la sauvegarde du Sahara, la lutte contre le fanatisme religieux. Je ne m'imagine pas arrêter tout cela. Mais il me semble que la littérature engagée n'a plus cours.
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 11:41 (2018)    Sujet du message: Kateb Yacine/Mohamed Arkoun/Kamel Daoud/Boualem Sansal/Rachid Boudjedra

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