Apostats de l'islam Index du Forum
Apostats de l'islam
La vraie nature de l'islam - Passer de l'ombre de l'obscurantisme à la lumière de la connaissance
 
FAQFAQ   RechercherRechercher   MembresMembres   GroupesGroupes   S’enregistrerS’enregistrer 

 ProfilProfil   Se connecter pour vérifier ses messages privésSe connecter pour vérifier ses messages privés   ConnexionConnexion 

Kateb Yacine/Mohamed Arkoun/Kamel Daoud/Boualem Sansal/Rachid Boudjedra
Aller à la page: 1, 2, 3, 4, 5  >  
Sujet précédent .::. Sujet suivant  
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    Apostats de l'islam Index du Forum >>> Apostats de l'islam >>> Liens

Auteur Message
yacoub
Administrateur
Administrateur


En ligne

Inscrit le: 08 Fév 2014
Messages: 8 235
Masculin
Point(s): 27 981
Moyenne de points: 3,40

MessagePosté le: Dim 14 Fév - 13:40 (2016)    Sujet du message: Kateb Yacine/Mohamed Arkoun/Kamel Daoud/Boualem Sansal/Rachid Boudjedra Répondre en citant






_________________

Signature - Nouveau sujet, vérifier dans "Recherche" s'il n'existe pas. Il faut qu'il soit bien étoffé, un titre explicite, bien détaillé avec des preuves fiables et vérifiables


Dernière édition par yacoub le Sam 11 Fév - 15:03 (2017); édité 5 fois
Revenir en haut
Visiter le site web du posteur
Publicité







MessagePosté le: Dim 14 Fév - 13:40 (2016)    Sujet du message: Publicité

PublicitéSupprimer les publicités ?
Revenir en haut
yacoub
Administrateur
Administrateur


En ligne

Inscrit le: 08 Fév 2014
Messages: 8 235
Masculin
Point(s): 27 981
Moyenne de points: 3,40

MessagePosté le: Dim 28 Fév - 19:25 (2016)    Sujet du message: Kateb Yacine/Mohamed Arkoun/Kamel Daoud/Boualem Sansal/Rachid Boudjedra Répondre en citant


_________________

Signature - Nouveau sujet, vérifier dans "Recherche" s'il n'existe pas. Il faut qu'il soit bien étoffé, un titre explicite, bien détaillé avec des preuves fiables et vérifiables


Revenir en haut
Visiter le site web du posteur
yacoub
Administrateur
Administrateur


En ligne

Inscrit le: 08 Fév 2014
Messages: 8 235
Masculin
Point(s): 27 981
Moyenne de points: 3,40

MessagePosté le: Mer 2 Mar - 10:08 (2016)    Sujet du message: Kateb Yacine/Mohamed Arkoun/Kamel Daoud/Boualem Sansal/Rachid Boudjedra Répondre en citant

Fawzia Zouari : "Kamel Daoud fait l'objet d'une sorte de fatwa laïque"



http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2016/03/01/31003-20160301ARTFIG00314-le-proces-en-islamophobie-contre-kamel-daoud-est-digne-de-l-epoque-stalinienne.php

«Le procès en islamophobie contre Kamel Daoud est digne de l'époque stalinienne»
Home FIGARO VOX Vox Societe
Par Alexandre Devecchio


L'écrivain Kamel Daoud. Crédits photo: Denis ALLARD/REA/Denis ALLARD/REA



FIGAROVOX/ENTRETIEN - Après la romancière et journaliste franco-tunisienne Fawzia Zouari, Laurent Bouvet réagit à l'affaire Kamel Daoud. Pour lui, celle-ci révèle le «complexe colonial» et le «déni du réel» d'une certaine gauche.


Laurent Bouvet est professeur de science politique à l'UVSQ-Paris Saclay. Son dernier ouvrage, L'insécurité culturelle, est paru chez Fayard.


Après avoir défendu Kamel Daoud dans les colonnes de «Libération», la romancière et journaliste franco-tunisienne Fawzia Zouari était ce mardi 1er mars sur France Inter. Elle a souligné que les attaques d'une certaine gauche contre l'écrivain algérien convergent avec celles qu'il essuie de la part des islamistes et parlé de fatwa laïque. Partagez-vous son point de vue?

Laurent Bouvet: Oui, sinon le terme lui-même, je partage tout à fait le propos de Fawzia Zouari. Une certaine gauche, politique et intellectuelle, c'est le cas aussi dans l'université et la recherche, se comporte de manière très complaisante avec l'islamisme, au nom du fait que les musulmans (opérant d'ailleurs ainsi un amalgame à l'envers si je puis dire) sont obligatoirement et automatiquement parmi les «damnés de la terre» ou subissent les affres du post-colonialisme. Cette complaisance va parfois jusqu'à la complicité voire la compromission, on le voit dans les tribunes communes tenues par certains journalistes, chercheurs ou responsables politiques avec quelqu'un comme Tariq Ramadan par exemple.

C'est cette gauche-là qui emploie d'ailleurs, à l'encontre de tous ceux qui ne pensent pas comme elle, des méthodes d'intimidation et de disqualification, notamment en usant et abusant du mot «islamophobie», dignes de ce qui s'est fait dans le communisme stalinien de la grande époque. Dans ces procès en «islamophobie» intentés publiquement, sur telle ou telle tribune, dans les médias traditionnels ou sur les réseaux sociaux, à tous ceux qui refusent toute complaisance avec l'islamisme politique notamment, le verdict est ainsi toujours prononcé avant même que le procès ait eu lieu!

La polémique est née d'un texte publié par un collectif de 19 chercheurs qui s'attaquaient aux analyses par l'écrivain algérien des événements de Cologne. Qu'est-ce que cela dit du milieu universitaire français?

Cela révèle d'abord cette complaisance pour certains, dont on vient de parler, ou cette inconscience pour d'autres. Les discussions avec certains collègues montrent, au mieux, une forme de négation du réel. Non tant pour des raisons idéologiques comme celles que l'on vient d'évoquer mais par indifférence voire par peur de déplaire, de sortir du rang en quelque sorte. Se faire traiter publiquement par les complices ou les promoteurs de l'islamisme politique d'islamophobe n'est jamais agréable. Cela laisse, comme toute calomnie, toujours des traces. Il faut pouvoir l'accepter comme une des règles du jeu de l'arène publique et le supporter.


Ce que réclame des gens comme Kamel Daoud avec bien d'autres, c'est un accès à une forme d'universalisme qui ne vient pas de l'extérieur, n'est imposé par personne, mais existe dans chacun d'entre nous, dans chaque société, dans chaque culture, religion, etc. L'universalisme de l'humanisme, de l'esprit critique, de la pensée contre soi-même et les siens, etc.

Cela révèle aussi, comme toujours dans ces cas là, une forme de jalousie chez certains. Le moins que l'on puisse dire à propos de ces 19 collègues qui s'en sont pris de manière honteuse et odieuse à la fois à Kamel Daoud, c'est qu'ils ne sont pas connus pour leurs travaux, du moins en dehors de leur discipline, et encore d'après ce que je me suis laissé dire par des gens infiniment plus compétents que moi pour en juger. Kamel Daoud, lui, est connu, et reconnu, pour son combat et pour la perspicacité de ce qu'il dit et écrit depuis des années, sans être universitaire! Le comble de l'inacceptable pour certains collègues visiblement.

Fawzia Zouari appelle à une émancipation de ces penseurs arabes qui ont un lien avec la France face aux interdits posés selon elle par une partie de la gauche française. Comment expliquez-vous ces tabous qui pèsent sur la gauche française?

Je vois au moins deux tabous qui bloquent les débats et conduisent à ce que l'on décrivait plus haut. L'un tient au complexe colonial et à la manière dont il est entretenu voire exploité par certains à gauche sous la forme du post-colonial. Plutôt que de laisser cette question aux historiens et à l'activité nécessaire de mémoire à propos de la colonisation, c'est devenu une forme de paravent à tout débat sur l'islamisme en particulier, et au-delà à toute forme de critique sur telle société qui a été colonisée ou à l'encontre de tout groupe culturel qui a subi la colonisation. Le colonisateur est d'ailleurs lui-même essentialisé, comme homme blanc occidental européen etc. Et nul, appartenant à cette funeste catégorie ne peut produire un discours critique ou même simplement poser des questions sans être immédiatement accusé de poursuivre les formes du colonialisme par d'autres moyens, ici et maintenant. La seule forme de contribution acceptée et acceptable sur le sujet, on le voit dans les sciences sociales depuis des années, est celle qui va dans le sens de la déploration et de la victimisation des anciens colonisés et de ceux qui sont supposés être leurs héritiers. Tout ceci est infantilisant et essentialisant, pour tout le monde. Ce que réclame des gens comme Kamel Daoud avec bien d'autres, c'est un accès à une forme d'universalisme qui ne vient pas de l'extérieur, n'est imposé par personne, mais existe dans chacun d'entre nous, dans chaque société, dans chaque culture, religion, etc. L'universalisme de l'humanisme, de l'esprit critique, de la pensée contre soi-même et les siens, etc.

Le second tabou, à gauche en particulier, vient de cette difficulté récurrente de penser le monde tel qu'il est plutôt que tel qu'on voudrait qu'il soit. C'est le tabou idéologique en quelque sorte. Si cela permet à l'idée d'émancipation de prendre corps historiquement, par le combat politique et social, cela bloque aussi, dans les périodes difficiles comme celle que nous vivons aujourd'hui, toute possibilité de comprendre les blocages et les réticences à cette émancipation, et pire encore de les nier ou de les comprendre à l'envers. C'est ce à quoi on assiste avec cette dérive complaisante ou complice vers l'islamisme d'une partie de la gauche. Comme si pour cette gauche, l'émancipation pouvait trouver son chemin à travers l'islamisme et plus généralement à travers une vision fermée et aliénante de la religion pour l'individu et les groupes qui s'en réclament ou y sont soumis. Or le moins que l'on puisse dire, c'est que ce n'est pas le cas. Le réel est là pour nous rappeler que nous pouvons faire fausse route. Même si certains refusent de le voir.
_________________

Signature - Nouveau sujet, vérifier dans "Recherche" s'il n'existe pas. Il faut qu'il soit bien étoffé, un titre explicite, bien détaillé avec des preuves fiables et vérifiables


Revenir en haut
Visiter le site web du posteur
yacoub
Administrateur
Administrateur


En ligne

Inscrit le: 08 Fév 2014
Messages: 8 235
Masculin
Point(s): 27 981
Moyenne de points: 3,40

MessagePosté le: Mer 2 Mar - 18:36 (2016)    Sujet du message: Kateb Yacine/Mohamed Arkoun/Kamel Daoud/Boualem Sansal/Rachid Boudjedra Répondre en citant

Boualem Sansal : le kamikaze


Avec “2084”, le grand romancier algérien, qui vit reclus chez lui, publie une fable blasphématoire sur l’islamisme et l’état de son pays.

Portrait d’un irréductible.


Boualem Sansal chez lui, à Boumerdès, en Kabylie.


Fin août, dans sa maison de Boumerdès, sur la côte algérienne, Boualem Sansal se prépare à recevoir de sempiternelles lettres d’insultes et d’ennuyeuses menaces. «Chaque fois que je sors un livre, dit-il au téléphone, ça pleut dans ma boîte aux lettres. J’en reçois trois ou quatre par jour, pendant un mois, le temps que la presse algérienne passe à autre chose.»
Il cite calmement quelques formules fréquentes chez ses correspondants: «On te fera la peau», «Retourne chez les Français», «Tu salis la terre des martyrs», «Tu ne mérites pas de vivre». «Et, bien sûr, ajoute-t-il, on me traite de sale juif.» Les enveloppes se contentent d’indiquer «Boualem Sansal Boumerdès.» La poste sait où aller.

Le nouveau roman de Boualem Sansal s’intitule «2084». Il a tout pour provoquer une nouvelle éruption épistolaire. Il dépeint un lugubre empire théocratique futur, l’Abistan, soumis à un dieu cruel qui s’appelle Yölah. Un territoire clos né d’une «Grande Guerre sainte»«rien ne différencie un village d’un cimetière». Où des «commissaires de la foi» surveillent la population et combattent «la Grande Mécréance». L’islam est à peine déguisé. Chaque année, l’Abistan se fige lors d’une «semaine sacrée de l’Abstinence absolue», et les croyants doivent à Yölah neuf prières par jour. On suit un fonctionnaire nommé Ati, dont la foi vacille et qui découvre un «ghetto» sous-terrain peuplé de gens qui ne croient pas en Yölah.
En tant que fable, « 2084 » souffre d’un didactisme qui rend le récit abstrait, et empêche de s’intéresser au sort des personnages. Le texte est en revanche porté par une joie du sacrilège : Sansal éprouve un plaisir manifeste à parodier le dogme musulman et les mécanismes qui transforment la foi en instrument de domination politique. La référence au «1984» d’Orwell n’est pas là pour rien: elle rattache l’islamisme à la grande famille des totalitarismes. «La dangerosité de l’islamisme est très sous-estimée, dit-il.
Le monde islamiste est jeune, bouillonnant, agressif, tandis que l’autre est amorphe et vieillissant. Nous avons construit des outils pour dénoncer le soviétisme et le nazisme. Mais on peine à analyser ce phénomène-là, alors qu’il n’est pas si différent.»
Les premiers lecteurs de « 2084 » ont tout de suite pensé que l’Abistan désignait Daech. C’est aussi une parabole sur l’Algérie contemporaine. Les meilleures pages sont celles qui font l’anthropologie de l’Abistan. Sansal s’amuse à raconter son histoire et décrire ses structures symboliques, linguistiques, sociales.
On y retrouve les motifs récurrents de son oeuvre: sa colère contre une langue arabe surchargée de piété, «chant sidéral et envoûtant» qui ne laisse pas d’autre choix que la soumission à Dieu; contre la falsification de l’histoire algérienne, son arabisation forcée, l’effacement de son origine berbère et de son héritage français; contre le culte du martyr omniprésent dans l’islam; contre un pouvoir religieux qui a transformé des pays entiers en enclaves moribondes, où rien ne peut se passer parce que tout est interdit.

“Ma vie a été ravagée par les islamistes”
Sansal s’est installé à Boumerdès en 1972, jeune ingénieur sortant de l’Ecole polytechnique d’Alger. C’était une ville universitaire, dévolue au savoir et à la science, qui comptait une quinzaine d’instituts de recherche. Une centaine de nationalités étaient représentées. Les centres fonctionnaient en partenariat avec des universités françaises, américaines, canadiennes, russes. L’Algérie finançait ce coûteux système grâce à sa rente pétrolière. Quand le prix du baril a chuté, lors du contre-choc pétrolier de 1986, le pays a rompu ses onéreuses relations avec l’Occident, et Boumerdès s’est vidé.
« L’Etat a mené une politique d’algérianisation à la va-vite, raconte Sansal.
Pour remplacer les enseignants, il a fait venir n’importe qui du Liban, d’Irak, de Syrie. Ces pays en ont profité pour se débarrasser de leurs islamistes, qui sont tous arrivés en même temps, avec de faux diplômes. Ça a cassé le niveau scientifique et culturel, d’autant que ça a coïncidé avec la politique d’arabisation. En trois mois, on est passé du tout-français au tout-arabe. Mais nous le parlions très mal, alors qu’eux le maîtrisaient parfaitement.

On s’est retrouvés tout petits, humiliés, dans une situation de dyslexie mentale. S’est installé un culte de la pureté : nous devions être des Arabes purs, la religion devait être pure. Nous devions avoir honte d’avoir été communistes, colonisés, d’avoir parlé des langues de mécréants.»
En juin 1972, Sansal avait passé quinze jours à Prague, lors d’un programme d’échanges interuniversitaires. Il avait rencontré Anicka, une étudiante tchèque en anthropologie. En 1974, ils se mariaient à Boumerdès. En 1976 naissait leur fille, Nanny.
Quelques années plus tard, Sansal va la chercher à l’école, et ne la voit nulle part. Il finit par la trouver au bras d’un imam : un programme d’islamisation a été institué pour les enfants nés de couples mixtes, donc de mères chrétiennes. (La plupart des épouses étrangères ont dû se convertir, dans ces années-là.) Paniqué, il envoie les siens à Prague, où il multiplie les allers-retours. Son mariage n’y survit pas. Dans la préface du «Quarto» qui réunit ses romans, Sansal dit:
Ma vie personnelle et celle de ma famille ont vraiment été ravagées par les islamistes.»
Sansal, qui n’a jamais cru en Dieu, décrit l’islamisation de l’Algérie comme un épidémiologiste parlerait d’un raz de marée viral.
L’environnement verdit à notre insu. Tu retrouves un ami au café et, l’air contrit, il refuse de boire une bière. Il te dit : “Je fais la prière, maintenant.” Au début, tu t’en amuses. Puis un autre fait pareil, puis encore un autre.»
Au début des années 1980, il n’y avait qu’une mosquée à Boumerdès, une ancienne bâtisse de style ottoman, qui pouvait accueillir plus d’un millier de personnes. On en trouve aujourd’hui plus d’une dizaine.
Elles sont gigantesques, suréquipées, alors que la ville se délabre. Et ça ne suffit pas. Le vendredi, les rues sont bondées. La circulation est figée. Ces gens qui s’entassent pour prier, je les reconnais : ce sont des ingénieurs, des médecins, des étudiants.»
_________________

Signature - Nouveau sujet, vérifier dans "Recherche" s'il n'existe pas. Il faut qu'il soit bien étoffé, un titre explicite, bien détaillé avec des preuves fiables et vérifiables


Dernière édition par yacoub le Mar 8 Mar - 16:19 (2016); édité 1 fois
Revenir en haut
Visiter le site web du posteur
yacoub
Administrateur
Administrateur


En ligne

Inscrit le: 08 Fév 2014
Messages: 8 235
Masculin
Point(s): 27 981
Moyenne de points: 3,40

MessagePosté le: Jeu 3 Mar - 11:31 (2016)    Sujet du message: Kateb Yacine/Mohamed Arkoun/Kamel Daoud/Boualem Sansal/Rachid Boudjedra Répondre en citant

Kamel Daoud : « Cologne, lieu de fantasmes »
LE MONDE | 31.01.2016 à 07h34 • Mis à jour le 11.02.2016 à 08h51





La police à Cologne, le 6 janvier, après les violences du Nouvel An contre les femmes. ROBERTO PFEIL / AFP Par Kamel Daoud (Ecrivain)
Que s’est-il passé à Cologne la nuit de la Saint-Sylvestre ? On peine à le savoir avec exactitude en lisant les comptes rendus, mais on sait – au moins – ce qui s’est passé dans les têtes. Celle des agresseurs, peut-être ; celle des Occidentaux, sûrement.
Fascinant résumé des jeux de fantasmes. Le « fait » en lui-même correspond on ne peut mieux au jeu d’images que l’Occidental se fait de l’« autre », le réfugié-immigré : angélisme, terreur, réactivation des peurs d’invasions barbares anciennes et base du binôme barbare-civilisé. Des immigrés accueillis s’attaquent à « nos » femmes, les agressent et les violent.


Cela correspond à l’idée que la droite et l’extrême droite ont toujours construite dans les discours contre l’accueil des réfugiés. Ces derniers sont assimilés aux agresseurs, même si l’on ne le sait pas encore avec certitude. Les coupables sont-ils des immigrés installés depuis longtemps ? Des réfugiés récents ? Des organisations criminelles ou de simples hooligans ? On n’attendra pas la réponse pour, déjà, délirer avec cohérence. Le « fait » a déjà réactivé le discours sur « doit-on accueillir ou s’enfermer ? » face à la misère du monde. Le fantasme n’a pas attendu les faits.
Le rapport à la femme
Angélisme aussi ? Oui. L’accueil du réfugié, du demandeur d’asile qui fuit l’organisation Etat islamique ou les guerres récentes pèche en Occident par une surdose de naïveté : on voit, dans le réfugié, son statut, pas sa culture ; il est la victime qui recueille la projection de l’Occidental ou son sentiment de devoir humaniste ou de culpabilité. On voit le survivant et on oublie que le réfugié vient d’un piège culturel que résume surtout son rapport à Dieu et à la femme.
Lire aussi   Après Cologne, racisme ou sexisme ?
En Occident, le réfugié ou l’immigré sauvera son corps mais ne va pas négocier sa culture avec autant de facilité, et cela, on l’oublie avec dédain. Sa culture est ce qui lui reste face au déracinement et au choc des nouvelles terres. Le rapport à la femme, fondamental pour la modernité de l’Occident, lui restera parfois incompréhensible pendant longtemps lorsqu’on parle de l’homme lambda.
Il va donc en négocier les termes par peur, par compromis ou par volonté de garder « sa culture », mais cela changera très, très lentement. Il suffit de rien, du retour du grégaire ou d’un échec affectif pour que cela revienne avec la douleur. Les adoptions collectives ont ceci de naïf qu’elles se limitent à la bureaucratie et se dédouanent par la charité.
Le réfugié est-il donc « sauvage » ? Non. Juste différent, et il ne suffit pas d’accueillir en donnant des papiers et un foyer collectif pour s’acquitter. Il faut offrir l’asile au corps mais aussi convaincre l’âme de changer. L’Autre vient de ce vaste univers douloureux et affreux que sont la misère sexuelle dans le monde arabo-musulman, le rapport malade à la femme, au corps et au désir. L’accueillir n’est pas le guérir.
« La femme étant donneuse de vie et la vie étant perte de temps, la femme devient la perte de l’âme »
Le rapport à la femme est le nœud gordien, le second dans le monde d’Allah. La femme est niée, refusée, tuée, voilée, enfermée ou possédée. Cela dénote un rapport trouble à l’imaginaire, au désir de vivre, à la création et à la liberté. La femme est le reflet de la vie que l’on ne veut pas admettre. Elle est l’incarnation du désir nécessaire et est donc coupable d’un crime affreux : la vie.
C’est une conviction partagée qui devient très visible chez l’islamiste par exemple. L’islamiste n’aime pas la vie. Pour lui, il s’agit d’une perte de temps avant l’éternité, d’une tentation, d’une fécondation inutile, d’un éloignement de Dieu et du ciel et d’un retard sur le rendez-vous de l’éternité. La vie est le produit d’une désobéissance et cette désobéissance est le produit d’une femme.
L’islamiste en veut à celle qui donne la vie, perpétue l’épreuve et qui l’a éloigné du paradis par un murmure malsain et qui incarne la distance entre lui et Dieu. La femme étant donneuse de vie et la vie étant perte de temps, la femme devient la perte de l’âme. L’islamiste est tout aussi angoissé par la femme parce qu’elle lui rappelle son corps à elle et son corps à lui.
La liberté que le réfugié désire mais n’assume pas
Le corps de la femme est le lieu public de la culture : il appartient à tous, pas à elle. Ecrit il y a quelques années à propos de la femme dans le monde dit arabe : « A qui appartient le corps d’une femme ? A sa nation, sa famille, son mari, son frère aîné, son quartier, les enfants de son quartier, son père et à l’Etat, la rue, ses ancêtres, sa culture nationale, ses interdits. A tous et à tout le monde, sauf à elle-même. Le corps de la femme est le lieu où elle perd sa possession et son identité. Dans son corps, la femme erre en invitée, soumise à la loi qui la possède et la dépossède d’elle-même, gardienne des valeurs des autres que les autres ne veulent pas endosser par [pour] leurs corps à eux. Le corps de la femme est son fardeau qu’elle porte sur son dos. Elle doit y défendre les frontières de tous, sauf les siennes. Elle joue l’honneur de tous, sauf le sien qui n’est pas à elle. Elle l’emporte donc comme un vêtement de tous, qui lui interdit d’être nue parce que cela suppose la mise à nu de l’autre et de son regard. »
« On voit, dans le réfugié, son statut, pas sa culture ; il est la victime. On voit le survivant et on oublie que le réfugié vient d’un piège culturel que résume surtout son rapport à Dieu et à la femme »
Une femme est femme pour tous, sauf pour elle-même. Son corps est un bien vacant pour tous et sa « malvie » à elle seule. Elle erre comme dans un bien d’autrui, un mal à elle seule. Elle ne peut pas y toucher sans se dévoiler, ni l’aimer sans passer par tous les autres de son monde, ni le partager sans l’émietter entre dix mille lois. Quand elle le dénude, elle expose le reste du monde et se retrouve attaquée parce qu’elle a mis à nu le monde et pas sa poitrine. Elle est enjeu, mais sans elle ; sacralité, mais sans respect de sa personne ; honneur pour tous, sauf le sien ; désir de tous, mais sans désir à elle. Le lieu où tous se rencontrent, mais en l’excluant elle. Passage de la vie qui lui interdit sa vie à elle.
C’est cette liberté que le réfugié, l’immigré, veut, désire mais n’assume pas. L’Occident est vu à travers le corps de la femme : la liberté de la femme est vue à travers la catégorie religieuse de la licence ou de la « vertu ». Le corps de la femme est vu non comme le lieu même de la liberté essentielle comme valeur en Occident, mais comme une décadence : on veut alors le réduire à la possession, ou au crime à « voiler ».
La liberté de la femme en Occident n’est pas vue comme la raison de sa suprématie mais comme un caprice de son culte de la liberté. A Cologne, l’Occident (celui de bonne foi) réagit parce qu’on a touché à « l’essence » de sa modernité, là où l’agresseur n’a vu qu’un divertissement, un excès d’une nuit de fête et d’alcool peut-être.
Cologne, lieu des fantasmes donc. Ceux travaillés des extrêmes droites qui crient à l’invasion barbare et ceux des agresseurs qui veulent le corps nu car c’est un corps « public » qui n’est propriété de personne. On n’a pas attendu d’identifier les coupables, parce que cela est à peine important dans les jeux d’images et de clichés. De l’autre côté, on ne comprend pas encore que l’asile n’est pas seulement avoir des « papiers » mais accepter le contrat social d’une modernité.
Le problème des « valeurs »
Le sexe est la plus grande misère dans le « monde d’Allah ». A tel point qu’il a donné naissance à ce porno-islamisme dont font discours les prêcheurs islamistes pour recruter leurs « fidèles » : descriptions d’un paradis plus proche du bordel que de la récompense pour gens pieux, fantasme des vierges pour les kamikazes, chasse aux corps dans les espaces publics, puritanisme des dictatures, voile et burka.
L’islamisme est un attentat contre le désir. Et ce désir ira, parfois, exploser en terre d’Occident, là où la liberté est si insolente. Car « chez nous », il n’a d’issue qu’après la mort et le jugement dernier. Un sursis qui fabrique du vivant un zombie, ou un kamikaze qui rêve de confondre la mort et l’orgasme, ou un frustré qui rêve d’aller en Europe pour échapper, dans l’errance, au piège social de sa lâcheté : je veux connaître une femme mais je refuse que ma sœur connaisse l’amour avec un homme.
Retour à la question de fond : Cologne est-il le signe qu’il faut fermer les portes ou fermer les yeux ? Ni l’une ni l’autre solution. Fermer les portes conduira, un jour ou l’autre, à tirer par les fenêtres, et cela est un crime contre l’humanité.
Mais fermer les yeux sur le long travail d’accueil et d’aide, et ce que cela signifie comme travail sur soi et sur les autres, est aussi un angélisme qui va tuer. Les réfugiés et les immigrés ne sont pas réductibles à la minorité d’une délinquance, mais cela pose le problème des « valeurs » à partager, à imposer, à défendre et à faire comprendre. Cela pose le problème de la responsabilité après l’accueil et qu’il faut assumer.
Kamel Daoud est un écrivain algérien. Il est notamment l’auteur de Meursault, contre-enquête (Actes Sud, 2014), Prix Goncourt du premier roman. Il est également chroniqueur au Quotidien d’Oran. Cet article a d’abord été publié en Italie dans le quotidien La Repubblica.


En savoir plus sur

http://www.lemonde.fr/idees/article/2016/01/31/cologne-lieu-de-fantasmes_48…
_________________

Signature - Nouveau sujet, vérifier dans "Recherche" s'il n'existe pas. Il faut qu'il soit bien étoffé, un titre explicite, bien détaillé avec des preuves fiables et vérifiables


Revenir en haut
Visiter le site web du posteur
yacoub
Administrateur
Administrateur


En ligne

Inscrit le: 08 Fév 2014
Messages: 8 235
Masculin
Point(s): 27 981
Moyenne de points: 3,40

MessagePosté le: Jeu 3 Mar - 11:42 (2016)    Sujet du message: Kateb Yacine/Mohamed Arkoun/Kamel Daoud/Boualem Sansal/Rachid Boudjedra Répondre en citant

Nuit de Cologne : « Kamel Daoud recycle les clichés orientalistes les plus éculés »
LE MONDE | 11.02.2016 à 06h45 • Mis à jour le 12.02.2016 à 16h24 | Par Collectif



La police à Cologne, le 6 janvier, après les agressions sexuelles perpétrées contre des femmes pendant les fêtes du Nouvel An. ROBERTO PFEIL / AFP

Collectif
Dans une tribune publiée par le journal Le Monde le 31 janvier 2016, le journaliste et écrivain Kamel Daoud propose d’analyser « ce qui s’est passé à Cologne la nuit de la Saint-Sylvestre ». Pourtant, en lieu et place d’une analyse, cet humaniste autoproclamé livre une série de lieux communs navrants sur les réfugiés originaires de pays musulmans.
Tout en déclarant vouloir déconstruire les caricatures promues par « la droite et l’extrême droite », l’auteur recycle les clichés orientalistes les plus éculés, de l’islam religion de mort cher à Ernest Renan (1823-1892) à la psychologie des foules arabes de Gustave Le Bon (1841-1931). Loin d’ouvrir sur le débat apaisé et approfondi que requiert la gravité des faits, l’argumentation de Daoud ne fait qu’alimenter les fantasmes islamophobes d’une partie croissante du public européen, sous le prétexte de refuser tout angélisme.
Lire aussi   
Kamel Daoud : « Cologne, lieu de fantasmes »



Essentialisme
Le texte repose sur trois logiques qui, pour être typiques d’une approche culturaliste que de nombreux chercheurs critiquent depuis quarante ans, n’en restent pas moins dangereuses. Pour commencer, Daoud réduit dans ce texte un espace regroupant plus d’un milliard d’habitants et s’étendant sur plusieurs milliers de kilomètres à une entité homogène, définie par son seul rapport à la religion, « le monde d’Allah ». Tous les hommes y sont prisonniers de Dieu et leurs actes déterminés par un rapport pathologique à la sexualité. Le « monde d’Allah » est celui de la douleur et de la frustration.
Certainement marqué par son expérience durant la guerre civile algérienne (1992-1999), Daoud ne s’embarrasse pas de nuances et fait des islamistes les promoteurs de cette logique de mort. En miroir de cette vision asociologique qui crée de toutes pièces un espace inexistant, l’Occident apparaît comme le foyer d’une modernité heureuse et émancipatrice. La réalité des multiples formes d’inégalité et de violences faites aux femmes en Europe et en Amérique du Nord n’est bien sûr pas évoquée. Cet essentialisme radical produit une géographie fantasmée qui oppose un monde de la soumission et de l’aliénation au monde de la libération et de l’éducation.
Psychologisation
Kamel Daoud prétend en outre poser un diagnostic sur l’état psychologique des masses musulmanes. Ce faisant, il impute la responsabilité des violences sexuelles à des individus jugés déviants, tout en refusant à ces individus la moindre autonomie, puisque leurs actes sont entièrement déterminés par la religion.
Les musulmans apparaissent prisonniers des discours islamistes et réduits à un état de passivité suicidaire (ils sont « zombies » et « kamikazes »). C’est pourquoi selon Daoud, une fois arrivés en Europe, les réfugiés n’ont comme choix que le repli culturel face au déracinement. Et c’est alors que se produit immanquablement le « retour du grégaire », tourné contre la femme, à la fois objet de haine et de désir, et particulièrement contre la femme libérée.
Psychologiser de la sorte les violences sexuelles contribue à produire l’image d’un flot de prédateurs sexuels potentiels, car tous atteints des mêmes maux psychologiques. Pegida n’en demandait pas tant
Psychologiser de la sorte les violences sexuelles est doublement problématique. D’une part, c’est effacer les conditions sociales, politiques et économiques qui favorisent ces actes (parlons de l’hébergement des réfugiés ou des conditions d’émigration qui encouragent la prédominance des jeunes hommes). D’autre part, cela contribue à produire l’image d’un flot de prédateurs sexuels potentiels, car tous atteints des mêmes maux psychologiques. Pegida n’en demandait pas tant.
Discipline
« Le réfugié est-il donc sauvage ? », se demande Daoud. S’il répond par la négative, le seul fait de poser une telle question renforce l’idée d’une irréductible altérité. L’amalgame vient peser sur tous les demandeurs d’asile, assimilés à une masse exogène de frustrés et de morts-vivants. N’ayant rien à offrir collectivement aux sociétés occidentales, ils perdent dans le même temps le droit à revendiquer des parcours individuels, des expériences extrêmement diverses et riches.
Culturellement inadaptés et psychologiquement déviants, les réfugiés doivent avant toute chose être rééduqués. Car Daoud ne se contente pas de diagnostiquer, il franchit le pas en proposant une recette familière. Selon lui, il faut « offrir l’asile au corps mais aussi convaincre l’âme de changer ». C’est ainsi bien un projet disciplinaire, aux visées à la fois culturelles et psychologiques, qui se dessine. Des valeurs doivent être « imposées » à cette masse malade, à commencer par le respect des femmes.
Ce projet est scandaleux, non pas seulement du fait de l’insupportable routine de la mission civilisatrice et de la supériorité des valeurs occidentales qu’il évoque. Au-delà de ce paternaliste colonial, il revient aussi à affirmer, contre « l’angélisme qui va tuer », que la culture déviante de cette masse de musulmans est un danger pour l’Europe. Il équivaut à conditionner l’accueil de personnes qui fuient la guerre et la dévastation. En cela, c’est un discours proprement anti-humaniste, quoi qu’en dise Daoud.
De quoi Daoud est-il le nom ?
Après d’autres écrivains algériens comme Rachid Boudjedra ou Boualem Sansal, Kamel Daoud intervient en tant qu’intellectuel laïque minoritaire dans son pays, en lutte quotidienne contre un puritanisme parfois violent. Dans le contexte européen, il épouse toutefois une islamophobie devenue majoritaire. Derrière son cas, nous nous alarmons de la tendance généralisée dans les sociétés européennes à racialiser ces violences sexuelles.
Nous nous alarmons de la banalisation des discours racistes affublés des oripeaux d’une pensée humaniste qui ne s’est jamais si mal portée. Nous nous alarmons de voir un fait divers gravissime servir d’excuse à des propos et des projets gravissimes. Face à l’ampleur de violences inédites, il faut sans aucun doute se pencher sur les faits, comme le suggère Kamel Daoud. Encore faudrait-il pouvoir le faire sans réactualiser les mêmes sempiternels clichés islamophobes. Le fond de l’air semble l’interdire.


Noureddine Amara (historien), Joel Beinin (historien), Houda Ben Hamouda (historienne), Benoît Challand (sociologue), Jocelyne Dakhlia (historienne), Sonia Dayan-Herzbrun (sociologue), Muriam Haleh Davis (historienne), Giulia Fabbiano (anthropologue), Darcie Fontaine (historienne), David Theo Goldberg (philosophe), Ghassan Hage (anthropologue), Laleh Khalili (anthropologue), Tristan Leperlier (sociologue), Nadia Marzouki (politiste), Pascal Ménoret (anthropologue), Stéphanie Pouessel (anthropologue), Elizabeth Shakman Hurd (politiste), Thomas Serres (politiste), Seif Soudani (journaliste).

  • Collectif


En savoir plus sur

http://www.lemonde.fr/idees/article/2016/02/11/les-fantasmes-de-kamel-daoud…




_________________

Signature - Nouveau sujet, vérifier dans "Recherche" s'il n'existe pas. Il faut qu'il soit bien étoffé, un titre explicite, bien détaillé avec des preuves fiables et vérifiables


Revenir en haut
Visiter le site web du posteur
yacoub
Administrateur
Administrateur


En ligne

Inscrit le: 08 Fév 2014
Messages: 8 235
Masculin
Point(s): 27 981
Moyenne de points: 3,40

MessagePosté le: Jeu 3 Mar - 12:13 (2016)    Sujet du message: Kateb Yacine/Mohamed Arkoun/Kamel Daoud/Boualem Sansal/Rachid Boudjedra Répondre en citant

Kamel Daoud, Goncourt du premier roman
Le Goncourt du premier roman décerné au romancier algérien Kamel Daoud
L'écrivain algérien Kamel Daoud, visé par une fatwa en Algérie, a reçu le prix Goncourt du premier roman pour Meursault, contre-enquête paru chez Actes Sud, a annoncé le jury du prix littéraire mardi 5 mai à Paris.
Daoud tend dans ce premier roman virtuose un miroir à « l'Arabe » tué par un certain « Meursault » dans le célèbre roman d'Albert Camus L'Etranger (1942), avec en contrepoint l'histoire et les soubresauts, souvent violents, de l'Algérie contemporaine.
Trois autres auteurs étaient également sélectionnés : Miguel Bonnefoy pour Le voyage d'Octavio (Payot-Rivages), Kiko Herrero pour Sauve qui peut Madrid (P.O.L.) et Jean-Noël Orengo pour La Fleur du Capital (Grasset).
Kamel Daoud, journaliste au Quotidien d'Oran, était sorti bredouille l’an dernier de la course au prix Goncourt malgré son statut de favori. La prestigieuse récompense était finalement revenue à Lydie Salvayre, sacrée pour Pas pleurer, roman sur la guerre d'Espagne.
Réalisation Miloud Lassal

Kamel Daoud, né le 17 juin 1970 à Mostaganem1, est un écrivain et journaliste algérien d'expression française.
Il est le fils d'un gendarme, seul enfant ayant fait des études2.

En 1994, il entre au Quotidien d'Oran. Il y publie sa première chronique trois ans plus tard2, titrée Raina raikoum (« Notre opinion, votre opinion »)'3. Il est pendant huit ans le rédacteur en chef du journal1. D'après lui, il a obtenu, au sein de ce journal « conservateur » une liberté d'être « caustique »4, notamment envers Abdelaziz Bouteflika même si parfois, en raison de l'autocensure, il doit publier ses articles sur Facebook2.
Il est aussi éditorialiste au journal électronique Algérie-focus.

Le 12 février 2011, dans une manifestation dans le cadre du printemps arabe, il est brièvement arrêté5.

Ses articles sont également publiés dans Slate Afrique.
Le 14 novembre 2011, Kamel Daoud est nommé pour le Prix Wepler-Fondation La Poste6, qui échoie finalement à Éric Laurrent.
En octobre 2013 sort son roman Meursault, contre-enquête, qui s'inspire de celui d'Albert Camus L'Étranger : le narrateur est en effet le frère de « l'Arabe » tué par Mersault7. Le livre est présent dans la première sélection du prix Goncourt 20148.


_________________

Signature - Nouveau sujet, vérifier dans "Recherche" s'il n'existe pas. Il faut qu'il soit bien étoffé, un titre explicite, bien détaillé avec des preuves fiables et vérifiables


Revenir en haut
Visiter le site web du posteur
yacoub
Administrateur
Administrateur


En ligne

Inscrit le: 08 Fév 2014
Messages: 8 235
Masculin
Point(s): 27 981
Moyenne de points: 3,40

MessagePosté le: Jeu 3 Mar - 12:46 (2016)    Sujet du message: Kateb Yacine/Mohamed Arkoun/Kamel Daoud/Boualem Sansal/Rachid Boudjedra Répondre en citant

Kamel Daoud, haro sur un écrivain révolté
Par Hamidou Anne (contributeur Le Monde Afrique)




Après la polémique qui a suivi ses articles sur les agressions sexuelles présumées du 31 décembre à Cologne, Kamel Daoud a décidé d’arrêter le journalisme pour se consacrer à la littérature. S’il ne revient pas sur sa décision, sa voix manquera sans conteste au débat public, surtout qu’elle symbolise l’une des rares expressions africaines à toucher l’opinion internationale, au-delà des frontières du continent.
L’écrivain Kamel Daoud est l’une de nos plus belles plumes, mais aussi l’une des plus subversives. Ses positions dérangent car elles ne prennent pas la précaution du « oui, mais… » devenue un pseudo-équilibre, une hypocrisie dont se prévalent de nombreux intellectuels dans le monde musulman pour ne jamais donner un avis tranché, et demeurer dans le clair-obscur devant une multitude de forces conservatrices répressives.
Dans ma dernière chronique pour Le Monde Afrique, je soulignais que nos lâchetés sont notre principal ennemi dans l’entreprise de caporalisation des intellectuels, éditorialistes et journalistes par les directeurs de conscience, ces docteurs de la foi, qui imposent une chape de plomb sur la religion, refusant toute forme de dialogue critique ou d’expression d’une quelconque idée contradictoire.
Lire aussi : « Nous devons faire de la liberté de la presse un combat de notre génération »
Dans la polémique actuelle, on peut ne pas être d’accord avec les positions de Kamel Daoud. On peut récuser ses deux chroniques sur « Cologne », moi-même je ne suis pas d’accord avec tout ce qui y est écrit. Mais il est inacceptable d’exposer l’auteur à la vindicte populaire, à l’inquisition de la meute intégriste sous le prétexte fallacieux d’islamophobie.
J’ai par nature un problème avec les procès, d’intention ou pas, et davantage de difficulté avec les procès malhonnêtes, surtout quand ils concernent un débat intellectuel. Dans le monde musulman, nous avons perdu l’habitude des débats de fond sur notre religion et son rapport au monde en proie à une transformation quasi quotidienne.
Un regard lucide, objectif et courageux est nécessaire sur l’Islam
Grande civilisation qui a façonné ce que notre monde est devenu, de Cordoue à Tombouctou, l’islam est dans une période charnière au regard notamment du monstre qui est sorti de ses flancs. L’intégrisme religieux montre au quotidien un visage hideux, avec son lot d’horreurs et de barbaries.
Un regard lucide, objectif et courageux est nécessaire sur l’ISlam à l’ère de Daech et de Boko Haram. Certains ont appelé à une résurgence du logos dans le monde musulman, à un nouveau printemps des idées et d’éclosion de la pensée, de la culture et des intelligences. Elle doit accoucher d’un débat serein et sans concession sur des questions essentielles comme la place de la femme, l’intégrisme, la laïcité, la culture
Lire aussi : Kamel Daoud et les « fantasmes » de Cologne, retour sur une polémique
Mais ce travail est compromis dès lors qu’on marginalise ou diabolise tous ceux qui contribuent par leur prose au débat à l’intérieur des frontières du monde musulman. Kamel Daoud est de ceux-là. Aujourd’hui, l’islam est au cœur d’une spirale particulière ou deux sphères qui cristallisent le débat sur la religion.
D’une part, un Occident, frappé de plein fouet par la violence terroriste verse dans la bête stigmatisation des musulmans. D’autre part, une rhétorique rigoriste qui n’hésite plus à prendre les armes pour imposer un totalitarisme d’une violence inouïe, de Garissa à Paris, qui ne laisse dorénavant personne indemne.
Or, entre Pégida et l’organisation de l’Etat islamique, une voix doit incarner l’intelligence. Une voie de la raison est à emprunter. Celle de Kamel Daoud risque malheureusement de se soustraire à l’incarnation de cette ligne de crête.
Lire aussi : Nuit de Cologne : « Kamel Daoud recycle les clichés orientalistes les plus éculés »
Sa liberté d’analyse et d’expression sur un fait de société vient d’être réprimée par des universitaires, au motif de revendications identitaires et religieuses enrobées dans une réaction d’intellectuels du haut des terrasses germanopratines ou des amphis feutrés parisiens.
Où est le courage parmi ses détracteurs ? Kamel Daoud est un homme révolté. C’est une plume dure, enragée, indignée et fiévreuse. Mais au contraire de beaucoup d’intellectuels, il a porté une parole dure et courageuse sur son pays et ses vestiges réactionnaires, de l’intérieur, en habitant en Algérie au risque de sa vie.
Pis, accuser Kamel Daoud de faire le jeu de l’islamophobie est injuste mais surtout cruel pour l’homme qui, faut-il le rappeler, a été victime d’une fatwa, un mufti algérien appelant à son exécution.
Nous sommes à l’époque des procès d’intelligence
Malheureusement, nous sommes dans une ère ou l’activiste est en train de prendre le dessus sur l’intellectuel. On est vite jugé, conspué, insulté sans même prendre (souvent) le soin de vous lire. Et cette bêtise fait très mal, car elle incarne une forme de violence gratuite, facile, naïve, presque niaise.
On aime faire des procès, on aime dorénavant crier à l’injure à la croyance d’un tel ou de tel autre. Après les récentes indignations, parfois théâtrales, sur des caricatures de presse, le jeune écrivain sénégalais Mbougar Sarr s’interroge pertinemment : « Est-il encore possible de dire quelque chose, d’écrire quelque chose, sans blesser, choquer, insulter quelqu’un ? C’est l’ironie que cette époque a tuée. La notion même de mise à distance semble impossible aujourd’hui. »
Lire aussi : Kamel Daoud : « Cologne, lieu de fantasmes »
Critiquer les écrits de Kamel Daoud est un droit. Mais défendre l’écrivain contre une cabale injuste est un devoir. Car nos croyances religieuses, relevant de l’intime, doivent pouvoir faire l’objet d’interrogations, de critiques voire de remises en question.
Seule la liberté est à sanctifier, à sanctuariser, car elle garantit le legs que nous devons aux générations futures. Si l’autodafé des intellectuels s’impose, l’obscurantisme sera notre horizon indépassable. Horreur.
Hamidou Anne est membre du cercle de réflexion L’Afrique des Idées.


En savoir plus sur


http://www.lemonde.fr/afrique/article/2016/02/23/kamel-daoud-haro-sur-un-ec…
_________________

Signature - Nouveau sujet, vérifier dans "Recherche" s'il n'existe pas. Il faut qu'il soit bien étoffé, un titre explicite, bien détaillé avec des preuves fiables et vérifiables


Revenir en haut
Visiter le site web du posteur
yacoub
Administrateur
Administrateur


En ligne

Inscrit le: 08 Fév 2014
Messages: 8 235
Masculin
Point(s): 27 981
Moyenne de points: 3,40

MessagePosté le: Jeu 3 Mar - 13:17 (2016)    Sujet du message: Kateb Yacine/Mohamed Arkoun/Kamel Daoud/Boualem Sansal/Rachid Boudjedra Répondre en citant

Défendons « les libres-penseurs venus du monde musulman » contre les fatwas de l’intelligentsia





Comment faire taire une voix originale ? Par deux moyens : la menace physique, d’un côté, le discrédit moral, de l’autre. La première appuie le second. C’est ce qui se passe avec l’écrivain Kamel Daoud : en Algérie, un imam salafiste a prononcé une fatwa contre lui en 2015, qui réclame son exécution. A Paris, un collectif d’historiens et de sociologues, dans une pétition dans Le Monde du 12 février l’accuse, à propos de sa lecture des événements de Cologne – les agressions sexuelles du 31 décembre 2015 –, de véhiculer des « clichés islamophobes ».
Il évoquait en effet, dans une tribune parue dans Le Monde du 5 février, le rapport pathologique à la sexualité de nombreux pays d’islam et le choc culturel d’un certain nombre de jeunes gens issus du Maghreb, face à des femmes qui se promènent en liberté dans la rue. Il n’est pas le premier à proposer une telle lecture : de Tahar Ben Jelloun à Fethi Benslama, nombreux sont les écrivains ou psychanalystes, originaires d’Afrique du Nord, à avoir mis en lumière la misère sexuelle, la relégation des femmes, l’interdit de l’homosexualité dans le monde arabe.
Mais Kamel Daoud est le seul à avoir appliqué cette analyse aux événements de Cologne. Il ne s’agit pas ici, pour les pétitionnaires, d’exprimer leur désaccord ou de nuancer le point de vue de Daoud, lequel a décidé, à la suite de cette pétition, de se retirer du débat public. Il s’agit de lui fermer la bouche en l’accusant de racisme.
Avec cette pétition, on n’est pas dans le débat intellectuel, parfaitement légitime,...


En savoir plus sur

http://www.lemonde.fr/idees/article/2016/03/01/defendons-les-libres-penseur…
_________________

Signature - Nouveau sujet, vérifier dans "Recherche" s'il n'existe pas. Il faut qu'il soit bien étoffé, un titre explicite, bien détaillé avec des preuves fiables et vérifiables


Revenir en haut
Visiter le site web du posteur
yacoub
Administrateur
Administrateur


En ligne

Inscrit le: 08 Fév 2014
Messages: 8 235
Masculin
Point(s): 27 981
Moyenne de points: 3,40

MessagePosté le: Jeu 3 Mar - 15:13 (2016)    Sujet du message: Kateb Yacine/Mohamed Arkoun/Kamel Daoud/Boualem Sansal/Rachid Boudjedra Répondre en citant

Quand Boudjedra fustige Daoud et Sansal (VIDÉOS)
Capture d'écran de la vidéo de Liberte-algerie.com
http://www.liberte-algerie.com/actualite/quand-boudjedra-fustige-daoud-et-s… http://www.liberte-algerie.com/actualite/quand-boudjedra-fustige-daoud-et-s…

25


A l'occasion d'une vente-dédicace qui a eu lieu Samedi dernier à la librairie Tout pour l'Algérie  de Zeralda, et qui avait pour thème une rétrospective sur son œuvre prolifique, l'enfant terrible de la littérature algérienne est longuement revenu sur plusieurs sujets : son parcours d'écrivain, Kamel Daoud et Boualem Sansal, le printemps arabe, et sur le rapport des algériens à la littérature. Liberte-algerie.com était sur place.
Rachid Boudjedra est ainsi revenu sur la dernière polémique suscitée par Kamel Daoud. Il estime que la  chronique dans laquelle il évoquait les réfugiés et l'Islam, n'était qu'un moyen "de se faire bien voir" par les médias français  "la preuve, il est chroniqueur dans "Le Point" (magazine français, ndlr) et au "New-York Times", et vient de recevoir le prix du meilleur journaliste".  Il ajoutera également que "lorsque je l'ai vu à la télévision dire que  le problème palestinien et les six -cent enfants morts à Gaza, ne l'intéressait pas, j'ai  écrit un texte sur Kamel Daoud  en disant que c'était dégueulasse."
 Egalement Boualem Sansal n'a pas été épargné par Boudjedra. Ce dernier nie que l'auteur de "2084: la fin du monde" ait été censuré en Algérie "Moi, je savais que non, j'ai voulu vérifier cela, me disant qu'ils avait peut-être été censurés entre-temps, et j'ai trouvé tous ses livres,  Sansal a menti en disant ça"
Cette rencontre était l'occasion de revenir sur son dernier roman, "Printemps" qui aborde les thèmes de l'islamisme, de l'homosexualité, et des révolutions qui ont secoué le monde arabe. Son avis quant à ces "Printemps" reste bien arrêté,  Boudjedra dira : "aucune de ces révolutions ne m'a touché, elles m'ont fait du mal, j'ai souffert par ce que je savais dès le départ que c'était foutu....c'est l'hiver arabe, pas le printemps arabe !"
Interrogé sur la situation de la littérature algérienne contemporaine, elle a, selon lui, stagné ces dernières années, victime des tabous et de l'archaïsme de la société,  il regrette que les auteurs n'osent toujours pas se défaire de ce mutisme généralisé : " Il y dans la littérature algérienne d'aujourd'hui beaucoup d'archaïsme, on ne parle par exemple pas de la femme, de la sexualité,  les tabous ne sont pas touchés, on a peur".
Par ailleurs , Boudjedra est revenu sur son écriture, et trouve qu'elle ne s'est pas  réellement renouvelée, les sujets sont restés les mêmes tout au long de ces années, car les préoccupations de la société n'ont pas changé "Il n'y a pas eu d'évolution, j'écris quasiment le même roman à chaque fois. Je parle de l'archaïsme algérien, il y a des hommes très modernes cependant, qui demandent une égalité entre l'homme et la femme".
Yasmine AZZOUZ







_________________

Signature - Nouveau sujet, vérifier dans "Recherche" s'il n'existe pas. Il faut qu'il soit bien étoffé, un titre explicite, bien détaillé avec des preuves fiables et vérifiables


Revenir en haut
Visiter le site web du posteur
yacoub
Administrateur
Administrateur


En ligne

Inscrit le: 08 Fév 2014
Messages: 8 235
Masculin
Point(s): 27 981
Moyenne de points: 3,40

MessagePosté le: Jeu 3 Mar - 20:13 (2016)    Sujet du message: Kateb Yacine/Mohamed Arkoun/Kamel Daoud/Boualem Sansal/Rachid Boudjedra Répondre en citant

Boualem Sansal se raconte.


BOUALEM SANSAL SE RACONTE ...

L'islamisme radical mais surtout l'Algérie : son expérience en tant que haut fonctionnaire au ministère du Commerce puis de l'Industrie dans les années 80 , l'interruption du processus électoral en 1992 et la décennie noire qui s'en est suivie , Boualem Sansal se raconte au micro de Jeanne Birman pour l'émission la Cité du Livre sur LCP."L'écrivain que les algériens aiment détester "se livre sans tabou sur son dernier livre aussi :L'islamisme radical sera au pouvoir dans moins de cent ans sur une grande partie de la planète. C’est ce que prédit l’écrivain dans son nouveau roman intitulé « 2084. La fin du monde » et qui s’inspire d’un classique de la littérature, « 1984 » de George Orwell. Ce livre qui est une violente satire des dictatures religieuses a été sélectionné pour le Prix Goncourt.
https://www.youtube.com/watch?v=uPQpJMbECiE





_________________

Signature - Nouveau sujet, vérifier dans "Recherche" s'il n'existe pas. Il faut qu'il soit bien étoffé, un titre explicite, bien détaillé avec des preuves fiables et vérifiables


Revenir en haut
Visiter le site web du posteur
yacoub
Administrateur
Administrateur


En ligne

Inscrit le: 08 Fév 2014
Messages: 8 235
Masculin
Point(s): 27 981
Moyenne de points: 3,40

MessagePosté le: Ven 4 Mar - 12:38 (2016)    Sujet du message: Kateb Yacine/Mohamed Arkoun/Kamel Daoud/Boualem Sansal/Rachid Boudjedra Répondre en citant

Islamisme: l'écrivain algérien Kamel Daoud au coeur d'une polémique
AFP
Publié le 03/03/2016 à 10:46 | AFP



  • L'écrivain algérien Kamel Daoud, le 5 mai 2015 à Paris


Révélation littéraire l'an dernier pour son roman "Meursault contre-enquête", l'écrivain et journaliste algérien Kamel Daoud est au coeur d'une polémique des deux côtés de la Méditerranée pour avoir dénoncé le "rapport malade à la femme" dans le monde arabo-musulman.
Mercredi, dans le Quotidien d'Oran dont il est le chroniqueur régulier, il affirme vouloir désormais se consacrer à la littérature, et même s'il dit que son abandon du journalisme n'est pas lié à la polémique, le Premier ministre français Manuel Valls a appelé à "ne pas abandonner cet écrivain à son sort".
Après une tribune sur les agressions sexuelles commises dans la nuit du 31 décembre à Cologne (Allemagne), il a été accusé par des intellectuels de faire le jeu des tenants d'un "choc des cultures".
Mais d'autres l'ont soutenu, comme la romancière franco-tunisienne Fawzia Zouari, estimant qu'il a n'a eu que "le tort de pointer sans détour les travers des siens".
Son texte est d'abord publié dans le quotidien italien La Repubblica, puis début février dans le journal français Le Monde. Kamel Daoud y lie les agressions sur des femmes commises par des groupes d'hommes arabes lors du réveillon à Cologne au rapport à la femme dans le monde arabo-musulman.
"Le sexe est la plus grande misère du monde d'Allah", où la femme est "niée, refusée, tuée, voilée, enfermée ou possédée", a-t-il écrit. Et alors que l'Europe est confrontée à un afflux sans précédent de migrants fuyant la guerre en Syrie et en Irak, il appelle à ne pas "fermer les yeux sur le long travail d'accueil et d'aide" des réfugiés pour qu'ils abandonnent leur image de la liberté de la femme vue "à travers la catégorie religieuse de la licence ou de la +vertu+".
Admiré par de nombreux Algériens pour sa liberté de ton aussi bien contre les islamistes que contre le pouvoir algérien, l'écrivain reçoit en 2015 le prix Goncourt du premier roman pour "Meursault contre-enquête". Traduit en plusieurs langues, le livre imagine une identité à l'Arabe anonyme tué sur une plage d'Alger par le narrateur de "L'Etranger" d'Albert Camus.
En 2014, il fait l'objet de menaces de mort pour "apostasie" d'un prédicateur salafiste algérien, dont le procès s'est ouvert mardi à Oran. Il avait alors reçu le soutien de nombreux écrivains et personnalités politiques en France. Il collabore à plusieurs médias en Europe et aux Etats-Unis.
- 'Chasse à l'homme' -
Son texte intitulé "Cologne, lieu de fantasmes", n'est donc pas passé inaperçu. Une semaine plus tard, un collectif d'historiens, sociologues, anthropologues, politistes l'accuse de "recycler les clichés orientalistes les plus éculés" et de favoriser "l'islamophobie". L'une des signataires, l'historienne et anthropologue franco-tunisienne Jocelyne Dakhlia, est revenue à la charge mardi pour l'accuser de "faire croire à un choc des cultures".
"Je déteste que l'on se mette en groupe pour faire la chasse à un seul homme", a réagi Benjamin Stora, historien du Maghreb contemporain. Indiquant à l'AFP qu'il "connaît bien Kamel Daoud", dont il loue "la liberté de ton", il souligne la difficulté à tenir sur une ligne de "double critique": par exemple à la fois contre "l'islamisme" et contre le "fascisme européen".
"On somme Kamel Daoud d'être dans un camp ou dans l'autre", ajoute Benjamin Stora, notant aussi qu'il a écrit "un texte d'écrivain".
"C'est vrai que la question de la femme est centrale dans les sociétés du Maghreb", relève-t-il encore, évoquant raisons religieuses et structures patriarcales.
Pour Manuel Valls, le "réquisitoire" dressé par des intellectuels, "au lieu d?éclairer, de nuancer, de critiquer", condamne "de manière péremptoire".
Outre Fawzia Zouari, le jeune romancier sénégalais Mohamed Mbougar Sarr, prix Amadou Kourouma 2015 pour "Terre Ceinte", vole dans son blog au secours de Kamel Daoud. Il y dénonce "l'arrogance" de ses détracteurs qui se réclament "d'une légitimité" scientifique, alors que le propos de l'écrivain "était relié à une expérience du rapport ambigu, malade lorsqu'il est radicalisé, de l'islam à la femme, à son corps, à la sexualité".
En Algérie, l'écrivain est controversé. Ses contempteurs, qui ne se recrutent pas seulement parmi les islamistes et les conservateurs (on y compte notamment l'écrivain Rachid Boudjedra) jugent son roman médiocre et attribuent son succès à de supposés penchants francophiles. Dans le quotidien Liberté, l'universitaire Ahmed Cheniki estime mercredi qu'il s'était fait "sans le vouloir peut-être, un porte-voix de l?extrême droite et des intégrismes religieux qui tentent de mettre en opposition (...) +monde musulman+ et +Occident+".
_________________

Signature - Nouveau sujet, vérifier dans "Recherche" s'il n'existe pas. Il faut qu'il soit bien étoffé, un titre explicite, bien détaillé avec des preuves fiables et vérifiables


Revenir en haut
Visiter le site web du posteur
yacoub
Administrateur
Administrateur


En ligne

Inscrit le: 08 Fév 2014
Messages: 8 235
Masculin
Point(s): 27 981
Moyenne de points: 3,40

MessagePosté le: Ven 4 Mar - 15:00 (2016)    Sujet du message: Kateb Yacine/Mohamed Arkoun/Kamel Daoud/Boualem Sansal/Rachid Boudjedra Répondre en citant

Nous ne sommes pas le peuple élu d’Allah !


Nous ne sommes pas un peuple élu de Dieu ! Arrêtez, SVP, de continuer à raconter à nos enfants que nous possédons le meilleur pays du monde. Plutôt, il faut leur dire que nous avons un pays comme tous les autres pays du monde. Arrêtez, SVP, de dire à nos enfants qu’ils sont chanceux et privilégiés de vivre sur cette terre, plus belle que toutes les autres terres de la planète qui, petit à petit, trépasse sous la folie du réchauffement. Plutôt, il faut leur dire : nous avons un pays qui, à l’image de tous les autres pays, renferme de magnifiques choses mais aussi des choses moches, même très moches. Et c’est normal ! Arrêtez de continuer à faire écouter et réécouter, ce vieux disque trente-trois-tours rayé et éraflé qui, depuis un demi-siècle, pivote sur ce phonographe muséologique, aux nouvelles générations : vous vivez sous le ciel, et sur la terre d’un pays le plus propre du monde ! On ne peut pas cacher la saleté dans les rues, les hôtels sinistrés et les routes crevées !
Arrêtez de continuer à dire et à redire aux écoliers, dans les livres scolaires impures, que nous avons la meilleure Histoire en courage et en hommes. Il faut leur dire nous avons une Histoire noble mais il existe d’autres pays qui ont vécu une expérience similaire à la nôtre. Et c’est normal. Il faut leur dire que nous avions de braves hommes mais que nous avions aussi des lâches. Et c’est normal. Arrêtez d’enseigner à nos enfants que notre Histoire est la plus pure de toutes les Histoires, la plus juste, la plus vraie, ce n’est pas vrai ! Il fallait leur dire que l’Histoire humaine est faite par les renards et les hommes, les loups et les chèvres, les carnivores et les herbivores. Et c’est normal ! Et c’est ainsi que nous faisons preuve d’amour envers nos enfants et envers notre pays qui ressemble aux autres pays, dans sa beauté et dans sa laideur ! Arrêtez de doper nos enfants avec des discours racontant que notre langue est la plus belle de toutes les langues, quelle qu’elle soit cette langue : tamazight, arabe ou le dzayri (algérien). Il faut leur dire que toutes les langues sont belles. Elles ressemblent aux mamans. Elles se ressemblent comme deux gouttes d’eau, deux larmes de joie ! Arrêtez de leur dire que nous appartenons à une nation arabe ultimement fière de son Histoire et de sa religion. Il faut leur dire que nous avons fait trois guerres à Israël. Et que nous avons perdu sept fois. Sur le terrain, beaucoup de guerres ont été perdues. Et dans le discours des présidents, des rois, des roitelets et des sultans, nous les avons toutes gagnées ! Arrêtez SVP de continuer à parler à nos enfants de la Palestine avec un discours chevaleresque moyenâgeux ! Arrêtez de dire aux enfants que nous avons les plus jolies femmes du monde. Certes, on a des belles femmes, comme dans les quatre coins du monde, mais nous avons également des femmes moches comme partout dans le monde. Arrêtez de dire que nous avons les hommes les plus virils de toutes les races ! Il faut dire que nous avons aussi des traîtres, des impuissants et des peureux.
Arrêtez de dire que nous avons la plus belle littérature du monde, il faut leur enseigner que nous somme fiers par l’existence d’écrivains à l’instar de Mohammed Dib, Kateb Yacine, Mouloud Mammeri, Assia Djebar, Abdelhamid Benhadouga, Tahar Ouetar... mais aussi que nous n’avons ni Balzac ni Le Clézio ni Houellebecq, ni Naguib Mahfouz, ni Tayeb Saleh, ni David Lodge, ni Orhan Pamuk. Il faut leur dire que, comme dans le monde littéraire universel, nous aussi avons des écrivaillants, des écrivains du service, des écrivains médiocres, vendus et revendus. Arrêtez de dire aux enfants que nous sommes le peuple le plus croyant sur la terre d’islam. Il faut également leur dire que nous avons nos athées, nos laïcs et nos chrétiens, et nous sommes fiers de nos citoyens sans discrimination aucune. Arrêtez de leur dire nous n’avons pas de petits enfants cireurs de chaussures. Il faut leur dire que nous avons le taux le plus élevé du consommateur de drogue, dans les milieux des écoliers et des collégiens ! Arrêtez de dire à nos enfants que nous sommes le peuple d’honneur et de la propreté sociale, mais il faut leur dire que nous disposons d’un grand marché de la prostitution et de la corruption.
Arrêtez de dire que nous avons les meilleures côtes touristiques. Sur 1 400 kilomètres d’eau bleue et de sable doré, nous n’avons que quelques mètres de sable et d’eau qui sont aptes pour la joie et le plaisir ! Il faut dire aux enfants, tout simplement, que nous sommes comme les autres dans le pire et dans le bon, dans le bien et dans le mal. Ni moins ni plus. Dans tous les cas, nos enfants ne croient plus en nos mascarades. Et nous ne sommes pas un peuple élu ! Et, nous ne sommes pas, non plus, un peuple maudit ! Amin Zaoui / 3 Mars 2016.






_________________

Signature - Nouveau sujet, vérifier dans "Recherche" s'il n'existe pas. Il faut qu'il soit bien étoffé, un titre explicite, bien détaillé avec des preuves fiables et vérifiables


Revenir en haut
Visiter le site web du posteur
yacoub
Administrateur
Administrateur


En ligne

Inscrit le: 08 Fév 2014
Messages: 8 235
Masculin
Point(s): 27 981
Moyenne de points: 3,40

MessagePosté le: Dim 6 Mar - 17:42 (2016)    Sujet du message: Kateb Yacine/Mohamed Arkoun/Kamel Daoud/Boualem Sansal/Rachid Boudjedra Répondre en citant

Le Grand écrivain algérien que nous invitons à nous rejoindre s'explique sur son voyage en Israël.

https://www.youtube.com/watch?v=_LWXuIq1yuw



_________________

Signature - Nouveau sujet, vérifier dans "Recherche" s'il n'existe pas. Il faut qu'il soit bien étoffé, un titre explicite, bien détaillé avec des preuves fiables et vérifiables


Revenir en haut
Visiter le site web du posteur
yacoub
Administrateur
Administrateur


En ligne

Inscrit le: 08 Fév 2014
Messages: 8 235
Masculin
Point(s): 27 981
Moyenne de points: 3,40

MessagePosté le: Lun 7 Mar - 14:30 (2016)    Sujet du message: Kateb Yacine/Mohamed Arkoun/Kamel Daoud/Boualem Sansal/Rachid Boudjedra Répondre en citant


_________________

Signature - Nouveau sujet, vérifier dans "Recherche" s'il n'existe pas. Il faut qu'il soit bien étoffé, un titre explicite, bien détaillé avec des preuves fiables et vérifiables


Revenir en haut
Visiter le site web du posteur
Contenu Sponsorisé







MessagePosté le: Aujourd’hui à 17:28 (2017)    Sujet du message: Kateb Yacine/Mohamed Arkoun/Kamel Daoud/Boualem Sansal/Rachid Boudjedra

Revenir en haut
Montrer les messages depuis:   

Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    Apostats de l'islam Index du Forum >>> Apostats de l'islam >>> Liens Toutes les heures sont au format GMT + 1 Heure
Aller à la page: 1, 2, 3, 4, 5  >
Page 1 sur 5

 
Sauter vers:  

Portail | Index | créer forum | Forum gratuit d’entraide | Annuaire des forums gratuits | Signaler une violation | Conditions générales d'utilisation
Powered by phpBB © 2001, 2005 phpBB Group
Traduction par : phpBB-fr.com
Thème réalisé par SGo