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Italie
 
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yacoub
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MessagePosté le: Mer 8 Juil - 15:38 (2015)    Sujet du message: Italie Répondre en citant

"Lady Djihad", ou l’histoire d’une italienne convertie à l’islam qui a persuadé sa famille de la rejoindre en Syrie
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MessagePosté le: Mer 8 Juil - 15:38 (2015)    Sujet du message: Publicité

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MessagePosté le: Mer 8 Juil - 17:42 (2015)    Sujet du message: Re: Italie Répondre en citant

yacoub a écrit:
"Lady Djihad", ou l’histoire d’une italienne convertie à l’islam qui a persuadé sa famille de la rejoindre en Syrie
Oui, j'ai vu ça. Ils sont maboules...!  :laughing)

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yacoub
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MessagePosté le: Ven 10 Juil - 14:29 (2015)    Sujet du message: Re: Italie Répondre en citant

Amada a écrit:
yacoub a écrit:
"Lady Djihad", ou l’histoire d’une italienne convertie à l’islam qui a persuadé sa famille de la rejoindre en Syrie
Oui, j'ai vu ça. Ils sont maboules...!  :laughing)


:approuve:

Islam d'Italie


L'histoire de l'islam en Italie commence dès le VIIe siècle, lorsque les premiers Arabes se lancent à l'assaut de la Méditerranée. Au IXe siècle la Sicile et plusieurs régions du sud de l'Italie entrent dans le giron arabo-berbère et font partie intégrante de la Oumma. La présence musulmane durera de 828 à 1300 et jusqu'aux années 1970, l'islam y était totalement absent, lorsque les premiers immigrants en provenance de Somalie s'y installent, suivis par les Marocains, Égyptiens et Tunisiens.

Aujourd'hui il y a près d'un million de musulmans en Italie.

L'Islam n'est pas reconnu par l'État, contrairement aux différentes religions ou groupes religieux tels que le Judaïsme, les Églises protestantes ou mormones.
En 2005 le concile pour l'Islam italien est fondé par le ministre italien de l'intérieur.

Entre le VIIe siècle et VIIIe siècle, des Lombards, des peuples germaniques qui possédaient des terres dans le nord de l'Italie abandonnent l'Arianisme pour l'Islam au lieu du catholicisme. La plupart de ces convertis, nommés Al-Ankubarti par les Arabes, servent de mercenaires en Afrique du Nord.

Premiers raids (652–827)

Les premiers contacts avec le monde musulman et la Sicile, alors partie intégrante de l'Empire romain d'Occident, ont lieu en 652 lorsque les navires arabes attaquent l'île.
En provenance de Syrie et dirigés par Mu'àuia ibn-Hodeig (Mu`āwiyah ibn Hudayj) de la tribu Kinda, les Arabes s'installent plusieurs années. Olympius, l'exarque byzantin de Ravenne, tente de les chasser mais échoue. Après avoir amassé les richesses voulues, les Arabes retournent en Syrie.

L'île italienne de Pantelleria qui se situe entre la pointe sud-ouest de la Sicile et le nord de l'Afrique est conquise par les Arabes en 700. Les attaques sur la Sardaigne bien que moins importantes qu'en Sicile coupent les liens de cette première avec l'empire byzantin et marquent de facto l’indépendance de l'île.

Une seconde expédition vers la Sicile est menée en 669. Cette fois-ci, une puissante flotte constituée de deux cents navires quitte Alexandrie pour attaquer l'île. Après le pillage de Syracuse, les Arabes retournent en Égypte. Avec la conquête de l'Afrique du Nord par les Ommeyyades, les attaques arabes recommencent en 703, 728, 729, 730 et 731. Les raids de 733 et 734 sont cependant mieux contenus par les Byzantins.

La première vraie entreprise de conquête ne se limitant pas au pillage a lieu en 740, le prince musulman Habib, qui participa à l'attaque de 728 réussit à prendre Syracuse. Bien qu'ayant la possibilité de conquérir toute l'île, les Arabes sont contraints de retourner en Tunisie, appelés par une révolte berbère. Une seconde attaque est menée en 752 dans l'unique but de piller la même ville.

En 805, les Byzantins signent une trêve de dix ans avec Ibrahim I ibn Al-Aghlab, émir d'Iriqiya, mais cela n'empêche pas d'autres musulmans provenant d'autres régions hors d'Arique et d'Espagne d'attaquer la Sardaigne et la Corse de 806 à 821. En 812, le fils d'Ibrahim, Abd'Allah I lance une flotte pour conquérir la Sicile mais les navires sont emportés lors d'une tempête non sans avoir conquis l'île de Lampedusa, de Ponza et de Ischia en Mer Tyrrhénienne. Un autre accord entre les Byzantins et l'émir d'Afrique du Nord ouvre le commerce entre l'Italie du Sud et l'Ifriqiya. Après quelques attaques en 819 par Mohammed ibn-Adballad, cousin de l'émir Ziyadat Allah I, la situation se stabilisa jusqu'en 827.

Sicile


L'empire byzantin au fil des siècles
La conquête musulmane de la Sicile et du sud de l’Italie prendra 75 ans.
Selon certaines sources, la conquête est aidée par Euphemius, un commandant byzantin qui craignait la punition de l’empereur Michel II à cause de ses différentes frasques sexuelles. Après s’être déclaré empereur Euphemius est contraint de fuir en Afrique à la cour de Ziyadat’Allah. Ce dernier s’accorde à conquérir la Sicile et de la donner à Euphemius en échange d’un tribut annuel. C’est au qadi Asad ibn Al-Furat, un homme âgé de 70 ans que revient le commandement.

Les musulmans qui comptent une infanterie de 10 000 hommes, 700 cavaliers et 100 navires sont aidés par les bateaux d’Euphemius et après leur passage à Mazara del Vallo, ils sont renforcés par des chevaliers. La première bataille contre les troupes byzantines a lieu le 15 juillet 827 près de Mazara où les Arabes en sortent victorieux.

Asad, par la suite conquiert les côtes sud de l’île et assiège Syracuse. Après un an de siège et une tentative de mutinerie, ses troupes sont capables de vaincre une grande armée envoyée de Palerme et soutenue par une flotte vénitienne menée par le doge Giustiniano Participazio. Toutefois les musulmans retranchés dans le château de Mineo sont frappés par une épidémie de peste qui tue énormément de soldats dont Asad lui-même. Plus tard, les Arabes retentent une offensive mais ne parviennent à conquérir Castrogiovanni (aujourd’hui Enna), Euphemius y succombe d’ailleurs. En 830, les troupes présentes sur l’île reçoivent l’aide de 30 000 soldats africains et espagnols. Les musulmans espagnols triomphent du commandant byzantin Theodotus en juillet et août de cette même année, mais de nouveau la peste les contraint à retourner à Mazara del Vallo puis en Afrique. Par contre les soldats berbères qui assiègent Palerme parviennent à prendre la ville en septembre 831 après un long siège. Palerme est baptisée Al-Madinah et devient la capitale de la Sicile musulmane.

Abou Fihr Muhammad ibn Abd-Allah


En février 832, Ziyadat'Allah envoie son cousin, Abou Fihr Muhammad ibn Abd-Allah, en Sicile et le nomme wali (gouverneur) de l'île. Les Byzantins sont de nouveau vaincus en 834, et l'année suivante les troupes d'Abou Fihr Muhammad atteignent Taormina, toutefois malgré quelques victoires arabes, les Byzantins tenant les places fortes résistent. De nouvelles troupes arrivent sur l'île envoyées par l'émir Al-Aghlab Abu Affan et occupent San Biagio Platani, Caltabellotta, Corleone et Marineo et Geraci octroyant aux musulmans le contrôle total de la partie ouest de l'île.

En 836, les navires aident André II de Naples, leur allié, lorsqu'il est assiégé par les troupes Beneventiennes. En 845, tandis que Modica tombe à son tour, les Byzantins subissent une cuisante défaite près de Butera ou près de 10 000 soldats y trouvent la mort. Lentini est conquise en 846 et Ragusa en 848.

Abbas ibn-Fadh

En 851, le gouverneur et général Al-Aghlab Abu Ibrahim, dont le commandement est très apprécié par ses nouveaux sujets siciliens, surtout comparé l'ancienne présence byzantine, meurt. Son successeur est Abbas ibn-Fadhl, le féroce vainqueur de Butera. Il commence par lancer des expéditions contre les terres encore aux mains des Byzantins dont Castrogiovanni en hiver 859, la plus importante forteresse de l'île. L'empereur byzantin envoie immédiatement une grande armée mais elle est vaincue par Abbas. Abbas meurt en 861, remplacé par son oncle Ahmed ibn-Jakub et à partir de février 862, son fils Abbas, mais ce dernier est remplacé par les Aghlabides avec Khafagia ibn-Sofian, qui capture Noto, Scicli et Troina.

Jafar ibn-Muhammad


Durant l'été 868, les Byzantins sont vaincus pour la première fois près de Syracuse. Les hostilités reprennent au début de l'été 877 par le nouveau sultan, Jafar ibn-Muhammad qui assiège la ville. La cité tombe le 21 mai 878 Les Byzantins détiennent dès lors le contrôle d'une courte bande côtière autour de Taormina tandis que les flottes musulmanes attaquent la Grèce et Malte. Pendant un certain temps les Byzantins ont la possibilité de reconquérir l'île, mais les nouvelles victoires arabes les en empêchent. Une révolte à Palerme contre le gouverneur Seuàda ibn-Muhammad est écrasée en 887.

La mort du puissant empereur Basile Ier en 886 encourage les musulmans à attaquer la Calabre où les armées byzantines sont vaincues à l'automne 888. Toutefois éclate la première révolte en 890, suivie par d'autres, principalement entre les Arabes et les Berbères. En 892 un émir est envoyé d'Afrique par Ibrahim II ibn Ahmad à Palerme mais renvoyé quelques mois plus tard. Le prince ne souhaite pas fléchir et envoie sous le commandement de son fils Abu l-Abbas Abdallah une puissante armée en 900 Les Siciliens sont vaincus à Trapani le 22 août et près de Palerme le 8 septembre, une dizaine de jours plus tard la ville est reprise.

Lorsque Ibrahim est forcé d'abdiquer à Tunis, il décide de mener en personne les opérations dans le sud de l'Italie. Taormina, la dernière cité tenue par les Byzantins tombe le 1er août 902. Messina et les autres villes ouvrent leurs portes à l'approche des armées arabes afin d'éviter les massacres. L'armée d'Ibrahim marche aussitôt vers le sud de la Calabre en assiégeant Cosenza. Ibrahim décédera le 24 octobre de la même année de la dysenterie et son petit-fils arrête les campagnes militaires et retourne en Sicile.

L'époque Aghlabide (827–909)

À cette époque, la Sicile est presque entièrement sous le contrôle des Aghlabides hormis quelques cités intérieures. La population de l'île augmente rapidement avec l'arrivée de nouveaux migrants musulmans en provenance d'Afrique, d'Asie et d'Espagne comme les Berbères qui sont principalement concentrés dans le sud de l'île. L'émir de Palerme nomme les gouverneurs de cités (qadi), chaque ville possède un concile nommé gema, composé des notables issus de la population locale et qui avaient la charge de veiller à l'ordre social. Les Siciliens non-convertis à l'islam sont des dhimis, leur religion est préservée ainsi que leurs traditions à condition de payer l'impôt capitulaire.

Les Arabes lancent une réforme de l'agriculture et des systèmes d'irrigation qui entraîne un développement des petites exploitations au détriment des grandes exploitations. Avec 300 000 habitants, Palerme est au Xe siècle la plus importante ville d'Italie. Une description de la ville est donnée par Ibn Hawqal, un marchand de Bagdad qui visite la Sicile en 950. Une muraille aux confins de la cité nommée Kasr établit encore aujourd'hui le centre de Palerme et la grande mosquée est construite sur les fondations de l'ancienne cathédrale romaine. En périphérie se trouvent les bains, la mosquée, le palais du sultan, les prisons et les différents organismes administratifs.

L'époque Fatimide (909–965)

En 909, les Aghabides sont remplacés par les Fatimides. Quatre ans plus tard, le gouverneur fatimide est expulsé de Palerme lorsque l'île déclare son indépendance sous la direction de l'émir Ahmed ibn-Kohrob. Sa première action est un siège avorté à Taormina qui est reconstruite par les chrétiens. Il a plus de succès en 914 lorsqu'une flotte sicilienne détruit la flotte Fatimide, envoyée pour récupérer l'île. L'année suivante, la destruction d'une seconde flotte envoyée contre la Calabre et les troubles provoqués par les réformes d'Ibn-Khorob conduisent à une révolte des berbères.

Les Berbères capturent Ibn-Khorob et le pendent en prétextant une allégeance au calife fatimide Al-Mahdi, espérant ainsi obtenir une large autonomie de la part de ce dernier. Mais contrairement aux attentes berbères, Al-Mahdi envoie une armée qui pille Palerme en 917 et qui marque le début d'une vingtaine d'années de présence fatimide. En 937, les Berbères d'Agrigento se révoltent de nouveau mais après deux succès retentissants sont finalement écrasés aux portes de Palerme. La révolte est éteinte définitivement en 941 et de nombreux prisonniers sont revendus en tant qu'esclaves.

L'émirat indépendant de Sicile (965–1091

L'Italie en l'an 1000
Après l'écrasement d'une autre révolte en 948, le calife fatîmide Ismail al-Mansur nomme Hassan al-Kalbi comme émir de l'île. Le titre devenant rapidement héréditaire, l'émirat prend de facto son indépendance vis-à-vis du gouvernement africain. En 950, Hassan mène une guerre contre Byzance dans le sud de l'Italie, atteint Gerace et Cassano allo Ionio. Une seconde campagne en Calabre apporte une nouvelle défaite aux armées byzantines. Gerace assiégée, l'empereur Constantin VII Porphyrogénète accepte de payer un tribut à l'émirat de Sicile.

En 956, les Byzantins reconquièrent Reggio et envahissent la Sicile et un traité est signé en 960. Deux ans plus tard, une révolte à Taormina est écrasée mais la résistance héroïque des chrétiens de Rametta conduit l'empereur Nicéphore II Phocas à envoyer une armée constituée de 40 000 Arméniens, Thraces et Slaves sous les ordres de son neveu Manuel qui capture Messina en octobre 964. Le 25 octobre, une bataille féroce entre les Byzantins et les kalbides conduit à une défaite cuisante pour le camp byzantin et Manuel ainsi que près 10 000 hommes meurent sur le champ de bataille.

Le nouvel émir Abu al-Qasim (964-982) lance une série d'attaques contre la Calabre dans les années 970 tandis qu'une flotte sous le commandement de son frère attaque les côtes du Comté d'Apulie capturant plusieurs places fortes. Les Byzantins sont occupés par les guerres avec les fatimides de Syrie et les Bulgares de Macédoine ce qui pousse l'empereur germanique Otto II à intervenir mais l'armée germano-lombarde est vaincue en 982 à la bataille du cap Colonne. Toutefois Al-Qasim lui-même est tué au cours du combat et son fils retourne en Sicile sans exploiter l'avantage de la victoire.

L'émirat atteint son apogée sous l'émir Jafar (983-985) et de Yusuf al-Kalbi (990-998), tous deux mécènes des arts bien que le dernier des fils de Jafar ait été un seigneur violent qui expulsera les Berbères de l'île après une tentative ratée de l'assassiner. En 1019, un autre tentative de révolte est écrasée et al-Akhal prend le pouvoir (1019-1037).

Déclin (1037–1061) et conquête normande (1061–1091)

L'Italie en 1084
En 1038, une armée byzantine sous le commandement de George Maniaces traverse le détroit de Messina. Il compte parmi ses hommes un corps d'unité normand qui sauve la situation lors de la première confrontation avec les musulmans. S'ensuit une autre victoire en 1040 qui permet à Maniaces d'assiéger Syracuse. Malgré ses victoires Maniaces est démis de ses fonctions ce qui permet aux musulmans de reprendre toutes les positions perdues.

Le normand Robert Guiscard, fils de Tancred envahit la Sicile en 1060. L'île est scindée entre les émirs arabes et la population majoritairement chrétienne. Un an plus tard Messina tombe et en 1072 c'est au tour des Normands. La perte de ces villes, qui possèdent toutes les deux de splendides ports porte un coup fatal au pouvoir musulman sur l'île. En 1091, Noto dans la pointe sud de la Sicile et l'île de Malte tombent aux mains chrétiennes. Durant le XIe siècle, le pouvoir musulman en Méditerranée décline.

Des mesures répressives envers les musulmans sont prises par Frédéric II dans le but de plaire aux chrétiens mais cela déclenche une révolte musulmane qui marque le dernier épisode de la présence musulmane en Sicile. En 1240 les derniers musulmans sont expulsés de l'île


Émirat de Bari

L'émirat de Bari est un État (émirat) sarrasin situé dans le sud de l'Italie à Bari de 847 à 871. Malgré sa période très courte, il constitue l'épisode le plus long de la présence musulmane dans le sud de la péninsule italienne.

Bari est devenue l'objectif des Arabo-Berbères dès 840/841 lorsqu'elle fut brièvement occupée. Selon Al-Baladhuri, Bari fut prise à l'empire de Byzance par Kalfün (Khalfun). Khalfun était probablement un Berbère originaire de l'émirat de Sicile. Personnage de seconde importance, la conquête de Khalfun passa quasiment inaperçue aux yeux des Musulmans de cette époque. Le successeur Khalfun, Mufarrag ibn Sallam, envoya une requête au calife abbasside à Baghdad pour la reconnaissance de ce nouvel État sans recevoir de réponse.

Le troisième et dernier émir de Bari fut Sawdan, qui monta au trône vers 857 après l'assassinat de Mufarrag, il fera ériger une première mosquée et encouragera le contact avec ses voisins chrétiens. L'émirat s'éteint finalement en février 871 lorsqu'une armée composée de Francs, Lombards, et Croates attaque la ville et Sawdan enchaîné est emmené à Benevento.

Latium et Campanie

Durant le IXe siècle, les navires arabes dominent la mer Tyrrhénienne. Leurs pirates rôdent le long des côtes italiennes lançant des attaques contre les villes d’Amalfi, de Gaeta, de Naples ou de Salerne. Durant cette période où les cités doivent assurer leur propre défense, les duchés de Gaeta et d'Amalfi gagnent leur indépendance vis-à-vis du duché de Naples. Les États chrétiens de Campanie ne sont pourtant pas prêts à faire face à la menace "païenne". Au grand dam de la papauté, Amalfi et Gaeta s'allient aux Sarrasins et aux Napolitains. Dans les faits, ce sont les Napolitains eux-mêmes sous le règne d'André II qui appellent les premières troupes arabes dans le sud du pays et louent leurs services comme mercenaires dans sa guerre contre Sicard de Bénévent en 836. En réponse, Sicard appelle lui-même des mercenaires musulmans. L'utilisation de mercenaires arabes devient rapidement une habitude. En 880 ou 881, le pape Jean VIII qui encouragea une politique vigoureuse contre les pirates arabes annule les subventions envers Pandenolf de Capoue et préfère les donner à Docibilis Ier de Gaeta. Comme le relate Patricia Skinner :

Pandenolf commença par attaquer les territoires de Gaeta, et en représailles contre le pape Docibilis lança un groupe d'Arabes d'Agropoli près de Salerne dans les environs de Fondi. Le pape était "rempli de honte" et restitua Traetto à Docibilis. L'accord entre les deux hommes est précipité par l'attaque des Sarrasins sur Gaeta elle-même et le massacre ou emprisonnement de ses habitants. La paix s'étant rétablie les Sarrasins s'installent sur les rives du Garigliano.

Le camp sarrasin de Minturno (de nos jours le Latium) sur les rivages du Garigliano devient rapidement une épine dans le pied de la papauté et de nombreuses expéditions tentent de les en déloger. En 915, le pape Jean X organise une vaste alliance des souverains du sud du pays, incluant Gaeta et Naples, les princes lombards et les Byzantins, bien que les Amalfitains se tiennent à l'écart. Les conséquences de la bataille de Garigliano sont positives et les Sarrasins sont chassés définitivement du Latium et de la Campanie bien que les raids continuent.

En 897, l'abbaye de Farfa est pillée par les Sarrasins qui l'utilisent comme caserne avant qu'elle ne soit détruite par la population locale en 898. Abbot Pierre de Farfa organisa la fuite de la population et la préservation des livres et des archives de l'abbaye.

Invasion de Otrante

En 1480, une flotte ottomane envahit Otrante. Le pape Sixte IV appelle à la croisade et une grande armée est constituée par Ferdinand Ier de Naples, parmi eux des notables hongrois dont Matthias Ier de Hongrie malgré les nombreuses querelles qui l'oppose aux Italiens à l'époque. Les forces napolitaines rencontrent les armées turques en 1481 et parviennent à reprendre l'Otrante.

En 1537, le célèbre corsaire turc Khayr ad-Din Barberousse tente de nouveau de conquérir l'Otrante et la forteresse de Castro mais les Turcs sont finalement défaits.

Héritage

Les sciences et arts arabes continueront d'influencer lourdement la Sicile durant deux siècles après la reconquête chrétienne. Au début XIIIe siècle, Frédéric II, empereur du Saint-Empire et roi de Sicile outre le latin, le sicilien, l'allemand, le français et le grec parlait l'arabe et avait de nombreux ministres musulmans dans ses rangs. Encore de nos jours de nombreux mots arabes se retrouvent dans la langue sicilienne. La présence arabe se retrouve dans le nom de certains lieux comme Calata ou Calta- de l'arabe Qal`at… (قلعة) qui signifie "château de".

En 2009 une étude génétique montre la présence de descendants arabes chez les habitants de Lucera.

Selon les dernières statistiques officielles les musulmans représentent 34 % des 2 400 000 étrangers vivant en Italie. S'ajoutent aussi 820 000 étrangers de culture musulmane ainsi que 100 000 à 150 000 immigrants illégaux.

Malgré le fait que les musulmans issus de l'immigration illégale représentent une minorité de la communauté musulmane, des partis comme la Ligue du Nord ou Lega Lombarda tentent d'en faire le lien.

Chaque année les nombreux navires remplis de clandestins s'échouant sur les côtes italiennes alimentent l'actualité nationale bien que l'Italie ne constitue que la porte d'entrée pour l'Europe.
Le nombre de convertis italiens est estimé à moins de 10 000 et en 2010 on estime le nombre de musulmans entre 960 000 et 3 500 000 ce qui représente environ 1,4 % de la population, bien en dessous de la moyenne européenne.

Alors qu'au Moyen Âge les musulmans étaient concentrés dans le sud, aujourd'hui ils sont plus dilués, 55 % habitant le nord, 25 % le centre et 20 % le sud. Le rapport immigrants/nationaux tend au fil du temps à se réduire, alors que dans les années 1990, près de 50 % des musulmans étaient immigrants (essentiellement en provenance des Balkans) aujourd'hui ils ne représentent que 25 %.
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MessagePosté le: Sam 11 Juil - 08:54 (2015)    Sujet du message: Re: Italie Répondre en citant

yacoub a écrit:
Amada a écrit:
yacoub a écrit:
"Lady Djihad", ou l’histoire d’une italienne convertie à l’islam qui a persuadé sa famille de la rejoindre en Syrie

Oui, j'ai vu ça. Ils sont maboules...!  :laughing)


:approuve:

Islam d'Italie


L'histoire de l'islam en Italie commence dès le VIIe siècle, lorsque les premiers Arabes se lancent à l'assaut de la Méditerranée. Au IXe siècle la Sicile et plusieurs régions du sud de l'Italie entrent dans le giron arabo-berbère et font partie intégrante de la Oumma. La présence musulmane durera de 828 à 1300 et jusqu'aux années 1970, l'islam y était totalement absent, lorsque les premiers immigrants en provenance de Somalie s'y installent, suivis par les Marocains, Égyptiens et Tunisiens.

Aujourd'hui il y a près d'un million de musulmans en Italie.



Wouaou ! Si on doit se taper toute l'histoire de l'islam et de ses joyeux massacres et conquêtes, il y a de la lecture pour plusieurs vies...!!   :wink)


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MessagePosté le: Dim 12 Juil - 18:35 (2015)    Sujet du message: Italie Répondre en citant

Il faut savoir ou se faire avoir comme le dit notre ami Sami Aldeeb


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MessagePosté le: Lun 13 Juil - 10:16 (2015)    Sujet du message: Italie Répondre en citant

yacoub a écrit:
Il faut savoir ou se faire avoir comme le dit notre ami Sami Aldeeb




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MessagePosté le: Sam 20 Fév - 12:29 (2016)    Sujet du message: Italie Répondre en citant

http://www.lemonde.fr/disparitions/article/2016/02/20/umberto-eco-auteur-du-nom-de-la-rose-est-mort_4868787_3382.html#zkSIM1UGXDrSUddb.99

Umberto Eco, auteur du « Nom de la rose » : mort du plus lettré des rêveurs

Le Monde.fr | 20.02.2016 à 01h33 • Mis à jour le 20.02.2016 à 09h51 | Par Philippe-Jean Catinchi



Philosophe, écrivain et essayiste, Umberto Eco est mort à 84 ans, vendredi soir 19 février, à son domicile, à Milan, d’un cancer, a confirmé sa famille au quotidien italien La Repubblica.

Pionnier de la sémiotique – la science des signes – et théoricien du langage (notamment de la réception), ce qui court en filigrane tout au long de son œuvre romanesque, auteur de nombreux essais sur l’esthétique et les médias, il a écrit tardivement son premier roman, qui connaît un succès considérable, Le Nom de la rose, paru en 1980 chez Fabbri-Bompiani. Cette enquête policière au sein d’une communauté religieuse au XIVe siècle, traduite en une quarantaine de langues et adaptée au cinéma, lui assura une notoriété quasi universelle.

Lire aussi :   Le succès inattendu du « Nom de la rose », le chef d’œuvre d’Umberto Eco

Né dans le Piémont, à Alessandria, le 5 janvier 1932, au sein d’une famille de la petite bourgeoisie – son grand-père est un enfant trouvé et son père, aîné de 13 enfants, est le premier à passer du monde des prolétaires à celui des employés –, Umberto Eco grandit sur fond de guerre et de maquis (« entre 11 ans et 13 ans, j’ai appris à éviter les balles », confiait exceptionnellement cet homme rétif à toute confidence intime). Au terme d’études supérieures de philosophie et d’esthétique à Turin, il soutient, en 1954, sous la direction du philosophe antifasciste Luigi Pareyson, une thèse de fin d’études sur l’esthétique chez Thomas d’Aquin, Il Problema estetico in Tommaso d’Aquino, qui sera publiée en 1956.

Mais Eco n’en reste pas à l’étude théorique. Dès 1955, il est assistant à la télévision et travaille sur les programmes culturels de la chaine publique italienne, la RAI. Tandis qu’il se lie d’amitié avec le musicien Luciano Berio, il intègre la Neoavanguardia qui, bien que « de gauche », rejette la littérature « engagée » ; ainsi, Eco collabore, à partir de 1956, aux revues Il Verri et Rivista di estetica.

Il dirige, en 1960, une collection d’essais philosophiques pour l’éditeur milanais Bompiani, et prolonge l’aventure collective, en participant, en 1963, avec de jeunes intellectuels et artistes de sa génération, tels Nanni Balestrini et Alberto Arbasino, à la fondation du Gruppo 63, où la réflexion sur une esthétique nouvelle s’inscrit dans le sillage de Joyce, Pound, Borges, Gadda – autant d’auteurs essentiels pour Umberto Eco. Avant l’austère mensuel Quindici, lancé en juin 1967, futur creuset des mouvements de 1968, la même équipe lance une revue de culture contemporaine – art, littérature, architecture, musique – Marcatré (1963-1970), tandis que le jeune penseur, attiré par le journalisme, commence une collaboration durable avec la presse (The Times literary Supplement, dès 1963 et L’Espresso, dès 1965).

Mais il n’abandonne pas l’enseignement : de 1966 à 1970, il exerce successivement à la faculté d’architecture de Florence et à celle de Milan et intervient aussi à l’université de Sao Paulo (1966), à la New York University (1969) et à Buenos Aires (1970).

En 1971, l’année même où il fonde Versus, revue internationale des études sémiotiques, Eco enseigne cette science à la faculté de lettres et de philosophie de Bologne, où il obtient la chaire de la discipline, en 1975. Pour Eco, cette science expérimentale inaugurée par Roland Barthes est, plus qu’une méthode, une articulation entre réflexion et pratique littéraire, cultures savante et populaire. Il le prouve magistralement, lors de sa leçon au Collège de France, dont il a été le titulaire de la chaire européenne en 1992 (« La quête d’une langue parfaite dans l’histoire de la culture européenne »). Fort de sa notoriété et mû par une incroyable énergie, Eco dirige également l’Institut des disciplines de la communication et préside l’International Association for Semiotic Studies.
Pour un engagement critique envers les médias

Ses premières expériences à la télévision italienne ont très tôt familiarisé Umberto Eco à la communication de masse et aux nouvelles formes d’expression, comme les séries télévisées ou le monde de la variété. Il y découvre le kitsch et les vedettes du petit écran. Autant d’aspects de la culture populaire qu’il aborde dans Apocalittíci e Integrati (Bompiani, 1964), La Guerre du faux, recueil publié en France, en 1985, chez Grasset, à partir d’articles écrits entre 1973 et 1983, et De Superman au surhomme (1976-1993).

Dans Apocalittíci e Integrati, notamment, il distingue, dans la réception des médias, une attitude « apocalyptique », tenant d’une vision élitaire et nostalgique de la culture, et une autre, « intégrée », qui privilégie le libre accès aux produits culturels, sans s’interroger sur leur mode de production. A partir de là, Eco plaide pour un engagement critique à l’égard des médias. Ensuite, ses recherches l’amèneront à se pencher sur les genres considérés comme mineurs – tels le roman policier ou le roman-feuilleton, dont il analyse les procédés et les structures –, mais également sur certains phénomènes propres à la civilisation contemporaine, comme le football, le vedettariat, la publicité, la mode ou le terrorisme. D’où son active participation aux débats de la cité, qu’elle soit à l’échelle locale ou à l’échelle planétaire…

Lire notre interview réalisée pour son dernier livre :   Umberto Eco : « Que vive le journalisme critique ! »

Si la curiosité et le champ d’investigation d’Umberto Eco connaissent peu de limites, la constante de son analyse reste la volonté de « voir du sens là où on serait tenté de ne voir que des faits ». C’est dans cette optique qu’il a cherché à élaborer une sémiotique générale, exposée, entre autres, dans La Structure absente (Mercure de France, 1972), Le Signe, histoire et analyse d’un concept (Editions Labor, 1988), plus encore dans son Traité de sémiotique générale (Bompiani, 1975). Ainsi contribue-t-il au développement d’une esthétique de l’interprétation.

Il se préoccupe de la définition de l’art, qu’il tente de formuler dès L’Œuvre ouverte (Points, 1965), où il pose les jalons de sa théorie, en montrant, au travers d’une série d’articles qui portent notamment sur la littérature et la musique, que l’œuvre d’art est un message ambigu, ouvert à une infinité d’interprétations, dans la mesure où plusieurs signifiés cohabitent au sein d’un seul signifiant. Le texte n’est donc pas un objet fini, mais, au contraire, un objet « ouvert » que le lecteur ne peut se contenter de recevoir passivement et qui implique, de sa part, un travail d’invention et d’interprétation. L’idée-force d’Umberto Eco, reprise et développée dans Lector in fabula (Grasset, 1985), est que le texte, parce qu’il ne dit pas tout, requiert la coopération du lecteur.

Aussi le sémiologue élabore-t-il la notion de « lecteur modèle », lecteur idéal qui répond à des normes prévues par l’auteur et qui non seulement présente les compétences requises pour saisir ses intentions, mais sait aussi « interpréter les non-dits du texte ». Le texte se présente comme un champ interactif, où l’écrit, par association sémantique, stimule le lecteur, dont la coopération fait partie intégrante de la stratégie mise en œuvre par l’auteur.

Dans Les Limites de l’interprétation (Grasset, 1992), Umberto Eco s’arrête encore une fois sur cette relation entre l’auteur et son lecteur. Il s’interroge sur la définition de l’interprétation et sur sa possibilité même. Si un texte peut supporter tous les sens, il dit tout et n’importe quoi. Pour que l’interprétation soit possible, il faut lui trouver des limites, puisque celle-là doit être finie pour pouvoir produire du sens. Umberto Eco s’intéresse là aux applications des systèmes critiques et aux risques de mise à plat du texte, inhérents à toute démarche interprétative. Dans La Recherche de la langue parfaite dans la culture européenne (Seuil, 1993), il étudie ainsi les projets fondateurs qui ont animé la quête d’une langue idéale. Une langue universelle qui n’est pas une langue à part, langue originelle et utopique ou langue artificielle, mais une langue idéalement constituée de toutes les langues.
Un romancier à succès

Professeur, chroniqueur et chercheur, Eco a, tout au long de sa carrière, repris en recueil nombre de ses conférences et contributions, des plus humoristiques (Pastiches et postiches, chez Messidor, en 1988 ; Comment voyager avec un saumon, chez Grasset, en 1998) aux plus polémiques (Croire en quoi ?, chez Rivages, en 1998, Cinq questions de morale, chez Grasset, en 2000). Mais si, retrouvant le pari qu’il avait relevé pour Bompiani à la fin des années 1950 en réalisant une somme illustrée, La Grande histoire des inventions, il s’est essayé tardivement à de personnelles synthèses sur l’Histoire de la beauté (Seuil, 2004), de la laideur (2007) ou des lieux de légende (2013), en marge d’un saisissant Vertige de la liste (2009) dont le ton croise le savoir de l’érudit et la liberté de l’écrivain, Umberto Eco est également romancier.

Ses œuvres de fiction sont d’une certaine façon l’application des théories avancées dans L’Œuvre ouverte ou Lector in fabula. Ses deux premiers romans, Le Nom de la rose (1980 [1982]) et Le Pendule de Foucault (1988 [1990]), qui rencontrent contre toute attente un succès phénoménal, se présentent comme des romans où se mêlent ésotérisme, humour et enquête policière.





A chaque page, l’érudition et la sagacité du lecteur sont sollicitées par une énigme, une allusion, un pastiche ou une citation. Le premier roman, situé en 1327, en un temps troublé de crise politique et religieuse, d’hérésie et traque inquisitoriale, se déroule dans une abbaye où un moine franciscain, préfiguration de Sherlock Holmes, tente d’élucider une série de crimes obscurs. A partir de là, trois lectures sont possibles, selon qu’on se passionne pour l’intrigue, qu’on suive le débat d’idées ou qu’on s’attache à la dimension allégorique qui présente, à travers le jeu multiple des citations, « un livre fait de livres ». L’Umberto Eco lecteur de Borges et de Thomas d’Aquin est plus que jamais présent dans ce roman qui connut un succès mondial et fut adapté au cinéma par Jean-Jacques Annaud avec Sean Connery dans le rôle principal. Le Pendule de Foucault mêle histoire et actualité à travers une investigation menée sur plusieurs siècles, de l’ordre du Temple au sein des sectes ésotériques.

Troisième jeu romanesque, L’Île du jour d’avant (1994 [1996]) est une évocation de la petite noblesse terrienne italienne du XVIIe siècle. Le récit d’une éducation sentimentale, mais également, à travers une description de l’identité piémontaise, un roman nostalgique et en partie autobiographique : l’auteur se penche sur ses propres racines, comme il le fait plus tard dans son livre le plus personnel, La Mystérieuse Flamme de la reine Loana (2004 [2005]), sorte d’autoportrait déguisé en manteau d’Arlequin coloré d’images illustrées de l’enfance. Amnésique à la recherche de son passé, Yambo, double de Eco, reconstruit son identité en s’appuyant sur ses lectures de jeunesse des années 1930, quand les romans d’aventures français et les bandes dessinées américaines concurrençaient la propagande fasciste. Cette échappée intime, exceptionnelle chez un homme dont la pudeur est la règle, est sans exemple.

De Baudolino (2000 [2002]), éblouissante chronique du temps de Frédéric Barberousse tenu par un falsificateur de génie, à Numéro Zéro (2015), fable aussi noire que féroce qui épingle la faillite contemporaine de l’information, en passant par Le Cimetière de Prague (2010 [2011]), où le thème du complot, si présent dans l’œuvre, est au cœur d’une fiction glaçante, Eco renoue avec une envergure plus large, des interrogations plus éthiques où l’érudition et la malice le disputent au jeu, sur le vrai et le faux, la forme aussi, puisque l’écrivain se plaît à croiser les registres et multiplier les défis.

Eco est un de ces noms donnés aux enfants sans identité, acronyme latin qui convoque la providence (« ex coelis oblatus », don des cieux en quelque sorte). Il fallait au moins ce clin d’œil pour le plus facétieux des érudits, le plus lettré des rêveurs. S’il parodiait Dante à 12 ans quand il se voulait conducteur de tramway, Umberto Eco désarme toujours autant les commentateurs. Philosophe destiné à intégrer la vénérable et très sélective Library of Living Philosophers, il semble toutefois promis à une postérité de romancier. Sorte de Pic de la Mirandole converti à l’Oulipo, celui que le médiéviste Jacques Le Goff, qui conseilla le cinéaste du Nom de la rose, appelait « le grand alchimiste » est au moins à coup sûr l’idéal du penseur pluriel, de l’obsédé textuel, du lecteur amoureux.
Umberto Eco en dates

5 janvier 1932 : Naissance à Alessandria

1955-58 : Assistant à la RAI

1962 : L’Œuvre ouverte (Seuil, 1965) texte fondateur de son œuvre sémiologique

1975 : Chaire de sémiotique à l’université de Bologne

1980 : Il nome della rosa [Le Nom de la rose (Grasset, 1982] adapté au cinéma en 1986 par Jean-Jacques Annaud

1992-93 : Titulaire d’une chaire européenne au Collège de France

2000 : Baudolino (Grasset, 2002)

2015 : Sortie de son dernier roman, Numéro zéro

19 février 2016 : Mort à l’âge de 84 ans
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MessagePosté le: Sam 20 Fév - 18:59 (2016)    Sujet du message: Italie Répondre en citant

yacoub a écrit:


Umberto Eco, auteur du « Nom de la rose » : mort du plus lettré des rêveurs



Un grand monsieur !!
Qu'il repose en paix et merci d'en avoir parlé, mon cher Yacoub.  :smile)

J'avais bien lu le Nom de la Rose, mais c'était un peu dur à lire.
J'ai trouvé le film magnifique, parfaitement réalisé et superbement interprété par de grands acteurs.

Je me le repasse une fois pas an en DVD. :smile)


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MessagePosté le: Dim 21 Fév - 11:32 (2016)    Sujet du message: Italie Répondre en citant

Umberto Eco à propos de son roman "Le nom de la rose"
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MessagePosté le: Jeu 25 Fév - 12:12 (2016)    Sujet du message: Italie Répondre en citant

http://www.christianophobie.fr/breves/rome-sera-conquise-affirme-un-imam-au-canada#.Vs7W1334fcs

« Rome sera conquise ! », affirme un imam au Canada



Lors son prêche du vendredi 16 février dans une mosquée d’Edmonton (Alberta, Canada), l’imam Shaban Sherif Mady a déclaré :

    « Constantinople sera conquise. C’est le prophète Mahomet qui l’a dit. Et qu’est-ce que c’était Constantinople ? La même chose que le Vatican aujourd’hui : c’était la capitale de tous les chrétiens du monde. Elle a été conquise et est devenue la Turquie. La Sainte Sophie est devenue une grande mosquée où l’on rend un culte à Allah. Les prophéties de Mahomet se sont réalisées. Attendez le avec impatience, car le prophète Mahomet a dit que Rome serait conquise ! Et elle sera conquise ! ».


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MessagePosté le: Dim 9 Oct - 14:28 (2016)    Sujet du message: Italie Répondre en citant

Florence, Italie : L’islam conquérant entre dans la cathédrale de Santa Maria del Fiore.

C’est le quotidien italien Il Giornale.it qui en donne la nouvelle : au cours d’une soirée interreligieuse, jeudi dernier, une sérénade en l’honneur du Coran, « Le Coran est justice », a retenti sous les voûtes du plus grand dôme italien.

« L’islam entre dans la cathédrale de Florence. Hier soir, pour la première fois en 720 ans d’histoire, des chants islamistes ont résonné dans la nef de Santa Maria del Fiore.

Le concert, qui s’insère dans le festival « O Flos colende » promu par l’Oeuvre de la Cathédrale, veut unir les trois religions du livre à travers des mélodies musulmanes, chrétiennes et juives. L’initiative, qui a eu lieu l’an dernier dans la basilique Santa Maria della Passione de Milan sous le titre « Trois fois, un seul Dieu », a déclenché des polémiques dans tout Florence.

Sous la coupole de Brunelleschi, hier soir, a résonné le chant islamiste « Le Coran est la Justice ». Le long des travées de la Cathédrale de Florence ont ainsi retenti les versets du livre sacré des musulmans. Les mélodies islamistes ont été accompagnées par celles chrétiennes et juives. (…)

Cette initiative interreligieuse est née une semaine après le barbare attentat de commando islamiste à la rédaction parisienne de Charlie Hebdo. »Contre les bombes des islamistes, les gentils bien-pensants pro-pro ne trouvent rien de mieux que d’inviter l’islam chanté ses lamentations en la cathédrale, un islam qui s’affiche, lui, sans complexes, conquérant ! Comme il l’a toujours été en ces régions italiennes de Méditerranée, qui ont connu des siècles durant les razzias et pillages des barbaresques mahométans. Mais à l’époque, les autorités religieuses et laïques, protectrices des peuples et de la civilisation chrétienne, réagissaient et lançaient la croisade pour défendre leur nation. Aujourd’hui, les autorités religieuses, pape en tête, ami des imams et mollahs, accouplées à des gouvernements apostats et laïcards, sous couvert de bien, leurs ouvrent grandes les portes de leurs lieux de culte et les invitent à clamer la grandeur de l’islam.

Point positif à ces cérémonies interreligieuses, déculottées magistrales des soi-disant élites occidentales déjà en dhimmitude mentale, cette démonstration de force et de mépris de la part de la religion mahométane n’a pas plu à tous les citoyens italiens ou florentins, croyants ou non, qui ont manifesté leur désapprobation.

Francesca de Villasmundo


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MessagePosté le: Mer 11 Jan - 11:50 (2017)    Sujet du message: Italie Répondre en citant

846-852 : le sac de Rome par les Sarrasins et la construction de la muraille léonine

De Constantin à la conquête de la Sicile par Arabes
La construction de la basilique de Constantin

Située sur la colline vaticane, la première église dédiée à saint Pierre fut construite sur l’ordre de l’empereur Constantin dans la première moitié du IV siècle. Devenue au fil des siècles la plus importante église de Rome et de toute la chrétienté occidentale, elle sera le lieu du couronnement de nombreux papes et deviendra un lieu de pèlerinage majeur. Onze siècles plus tard, alors qu’elle commence à tomber en ruine, le pape Jules II décidera en 1505 de démolir l’ancien édifice pour y construire à la place un bâtiment plus vaste et plus grandiose. Cet édifice consacré 120 ans plus tard par le pape Urbain VIII en 1626 est l’actuelle basilique Saint Pierre.



Les sources antiques rapportent que Constantin fit construire en même temps que la basilique un large sarcophage de bronze pour y mettre les ossements de saint Pierre [1]. Au fil des siècles, l’ajout d’ornements autour de la tombe et le développement de la dévotion envers le prince des apôtres aboutira à la formation d’une sorte de chapelle intérieure au sein même de la basilique ; c’est la Confession de Saint Pierre, située juste au dessus du tombeau de l’apôtre [2].

Les richesses s’accumulèrent. À la croix en or, offerte par Constantin et attachée au sarcophage de bronze, s’ajoutèrent progressivement « de l’or, de l’argent, du marbre et des pierres précieuses sous la forme d’autels, de candélabres, de plaques sur les colonnes, de statues, de peintures, de barrières, de portes et de grilles. Vers le début du 6e siècle, l’accès direct aux reliques était ainsi impossible » [3].
La dévotion carolingienne à saint Pierre

La présence carolingienne en Italie put garantir une certaine stabilité et sécurité à la région. À cela, s’ajoutèrent de nombreux cadeaux faits par les Carolingiens, du fait de leur profonde dévotion (on sait en effet que Pépin le Bref et Charlemagne furent profondément attachés à la Confession de Saint Pierre).

Cette stabilité et ces dons somptueux poussèrent les papes successifs à embellir sans cesse les églises de Rome [4] tout au long des VIIIe et IXe siècles. On pense que le candélabre géant du pape Hadrien I, en forme de croix et orné de 1365 cierges, ainsi que la longue liste des trésors ajoutés par le pape Léon III (qui a, entre autre, couvert les murs de la Confession d’or et y a ajouté de grandes portes dorées, ornées de pierres précieuses), proviennent en (grande) partie des présents carolingiens [5].

C’est dans cette chapelle richement décorée que le roi Charles 1er (Charlemagne) assista en la nuit du 25 décembre de l’an 800 à la messe de Noël avant d’être sacré empereur par le pape Léon III [6].
La présence sarrasine en Sicile et en méditerranée

Durant cette même période, l’islam s’étend rapidement tout autour de la méditerranée. Après l’Espagne, ce fut au tour de la Sicile d’être envahie, à partir de juin 827, par les musulmans venus d’Afrique du nord sous la conduite d’Assad ibn al-Furat. Après plusieurs années de combats, et avec l’aide des musulmans espagnols, ceux-ci capturent Palerme en 831 et en font la capitale de la nouvelle province musulmane. Il leur faudra encore plusieurs décennies pour venir à bout de la résistance byzantine et conquérir entièrement la Sicile, tâche qui ne sera achevée qu’en 902 quand les Aghlabides auront envahi les derniers bastions byzantins [7]. La Sicile restera aux mains des musulmans jusqu’à la fin du XIe siècle et sa conquête par les normands entre 1060 et 1090.

L’art du pillage, profondément ancré dans la mentalité des arabes du désert [8] sera adapté [9] et servira pendant plusieurs siècles de modèle à la flotte musulmane qui lancera des raids tout autour de la méditerranée. L’Italie ne sera pas épargnée par ces pillages : ainsi Centumcellae (Civitavecchia) est pillée en 813 [10], Brindisi en 838, Bari en 840-841 [11] et l’abbaye Sainte-Scholastique, fondée par saint Benoit à Subiaco, est détruite deux fois par les Sarrasins en 828-829 (mais certains auteurs proposent la date plus tardive de 840) puis en 876 ou 877.
846 : le sac de Rome par les Sarrasins
L’arrivée de la flotte sarrasine à Ostie

Le lundi 23 août 846, sous le pontificat de Serge II, une flotte sarrasine se présente à l’embouchure du Tibre, près d’Ostie, l’ancien port de Rome. Abandonnée par ses habitants avant leur arrivée, la ville est capturée sans résistance. Une fois Ostie pillée, les Sarrasins attaquèrent et pillèrent rapidement l’autre ville portuaire romaine, Portus, avant de revenir à Ostie [12].

Le point de départ de la flotte ainsi que l’origine ethnique des pillards ne sont pas clairs dans les nombreuses sources latines (de nombreuses chroniques ainsi que le Liber Pontificalis) de l’époque (nous n’avons en effet que des sources latines, et aucune source grecque ou arabe relatant ces événements ne nous est connue [13]). Certaines parlent d’une flotte venue de l’Ouest, depuis l’Espagne omeyade ou du Maroc ; d’autres parlent d’une flotte venue d’Afrique après avoir dévasté la Corse, d’autres enfin d’arabes partis depuis la Sicile [14].

Les chroniques pontificales décrivent une armée sarrasine composée de 11 000 hommes, de 500 chevaux et de 73 vaisseaux [15]. Si les chiffres semblent exagérés (cela voudrait dire notamment que chaque vaisseau contiendrait environ 158 hommes et chevaux), il apparaît plausible aux historiens contemporains que l’auteur de la chronique ait doublé la taille de l’armée musulmane, et que celle-ci n’aurait vraisemblablement été composée que d’environ 5500 hommes et 250 chevaux (chiffre plus plausible pour une armée arrivée dans une flotte d’environ 70 navires légers) [16].
L’attaque de Rome

Si les Romains avaient été prévenus plusieurs jours auparavant qu’une flotte se dirigeait vers Rome, ils n’y avaient pas vraiment prêté attention et ne s’étaient par préparés. Cette fois-ci, la cible des pillards semble être incontestablement la cité sainte elle-même. Une armée improvisée de Saxons, de Frisons et de Francs fut recrutée chez les étudiants et les pèlerins des hôtels de Rome [17]. Peu après, une sorte de milice romaine vint à leur renfort et, combinant leurs forces, ils se dirigèrent vers Portus pour y découvrir l’importance de l’armée sarrasine et battre promptement en retrait. Le contingent de soldats romains se replia soudain dans la ville, derrière l’imposant mur d’Aurélien, laissant l’armée improvisée garder un œil sur les musulmans [18]. Tôt dans la matinée du jeudi 26 août, les Sarrasins attaquèrent le camp des étrangers par surprise, les dispersèrent et les poursuivirent jusqu’à Ponte Galeria, sur la rive nord du Tibre [19]. Suivant alors la Via Aurelia, ils se retrouvèrent devant la basilique Saint Pierre [20].



Souvent utilisé pour décrire l’attaque sarrasine, le terme “sac de Rome” est trompeur. L’attaque ne fut pas dirigée directement contre la ville de Rome elle-même (raison pour laquelle elle ne fut pas aussi destructrice que celles que Rome avait subi plusieurs siècles auparavant) mais contre les riches trésors conservés dans les basiliques Saint Pierre et Saint Paul, situées en dehors des murs protecteurs de la ville et donc cibles faciles pour une armée de pillards [21]. Les Sarrasins envahirent la basilique Saint Pierre le vendredi matin. Dans le même temps, les Romains firent sortir leurs troupes des murs protecteurs de la ville et se déployèrent près du Campus Neronis, situé entre l’actuel Vatican et le Castel Sant’ Angelo. Le Liber Pontificalis endommagé, s’arrête ici abruptement et la bataille finale entre les deux armées reste un mystère [22].

Il semble que les Sarrasins savaient clairement ce qu’ils venaient chercher, où étaient ces trésors et quelle était la route la plus rapide pour arriver puis se retirer rapidement, appliquant ici le concept arabe de ghazw (qui a probablement donné le français razzia), sorte de guerre de pillage [23]. La basilique Saint Pierre était en effet bien connue dans le monde arabe à la fin du 9e siècle et des géographes arabes (comme Ibn Khordadbeh), ainsi que certaines lettres papales, nous apprennent que la connaissance sarrasine venait des informations de marchants qui avaient visité Rome et l’Italie [24].


« Si le Liber Pontificalis est mutilé au moment crucial, d’autres sources décrivent ces magnifiques trésors. Pour Saint Pierre, la longue liste des trésors donnés à Léon IV pour remplacer ceux emportés par les pillards donne une idée de la magnificence de ceux qui furent volés » [25]. Les églises regorgeaient donc de riches vases liturgiques et de reliquaires richement décorés de pierres précieuses. On comprend facilement pourquoi les pillards sont décrits comme ayant profané tous les lieux saints les plus sacrés et même jusqu’à l’autel situé au dessus de la tombe de saint Pierre. La profanation est décrite par les Européens de l’époque comme une manifestation délibérée du mépris des musulmans envers la chrétienté [26] et d’après les archéologues qui fouillèrent le site à la fin des années 1940, la tombe et le monument situé sous la Confession de Saint Pierre furent délibérément brisés [27].

« S’ils avaient déjà pillé, voir même contrôlé certains ports principaux du sud de l’Italie, des villes connues depuis l’époque romaine, et s’en étaient pris aux monastères et aux églises, sans pitié pour les moines et les autres populations pacifiques, ils avaient désormais osé pénétrer les sanctuaires les plus sacrés de Rome elle-même, y apportant pillage et destruction » [28]. C’était la première fois depuis la conversion de l’empire romain au christianisme que les lieux saints chrétiens subirent de la part de païens un pillage et une profanation systématiques [29] et Alaric et Gaiseric, au 5e siècle, avaient au moins respecté les sanctuaires et les églises [30]. Les dommages causés aux lieux saints de Rome par les Visigoths et les Vandales ne furent en effet en rien aussi sérieux que ceux causés par les Sarrasins. Malgré des dommages causés par des soldats Ostrogoths, il était clair que la politique officielle était alors de protéger les lieux saints et Procope rapporte que durant le siège mené par Vitigès en 536-537, les basiliques Saint Pierre et Saint Paul furent respectées par les assaillants qui permirent que les offices puissent avoir lieu comme d’habitude [31].
La fin de la flotte sarrasine

Les chroniques de Montecassino détaillent les mouvements des sarrasins après la mise à sac des deux églises romaines : ils prirent la Via Appia et la suivirent en direction du sud puis mirent en fuite les dernières troupes franques, les poursuivant jusqu’au fleuve Liri où ils tombèrent sur l’église Saint André, à environ 30 kilomètres de Caieta. Après avoir brûlé les bâtiments, ils se dirigèrent vers Albianus (Sant’ Apollinare) qu’ils pillèrent, faisant de même avec les villes principales tout du long jusqu’à leur arrivée à Caieta (Gaeta) où ils montèrent le camp. De là, ils prirent le chemin des terres de Montecassino où ils se livrèrent à nouveau au pillage [32].

Restés quelques mois en Italie, probablement du fait de la période hivernale durant laquelle la mer est peu favorable (mare clausum), la date de leur départ n’est pas connue avec exactitude. Plusieurs sources indiquent que la flotte sarrasine ayant repris la mer fut en grande partie voir totalement détruite dans une tempête. Les chroniques de Montecassino rapportent dans un épisode à caractère hagiographique que les Sarrasins, qui après avoir pillé Rome avaient voulu faire de même avec le monastère de Montecassino, auraient vu apparaitre au milieu de leur flotte, alors qu’ils étaient presque arrivés à destination, deux hommes sur un bateau. Interrogés, les deux hommes révélèrent être saint Pierre et saint Benoit et punirent les Sarrasins pour les ravages infligés sur leurs terres en levant une terrible tempête qui brisa la flotte en morceaux [33].

Cette attaque musulmane contre Rome n’aura eu ni l’écho ni l’éclat du grand siège de Constantinople, 130 auparavant (en 717-718) [34], mais la mémoire collective en préservera le souvenir, notamment à travers des chansons de gestes encore connues à l’époque des croisades [35] comme celle de Fierabras. Ces pillages, qui feront partie de la stratégie musulmane d’harcèlement des cotes italiennes pour encore un siècle [36] doivent être compris dans le contexte plus large des expéditions maritimes arabes dans toute la méditerranée tout au long du Moyen Âge. Il s’agit là d’un excellent exemple de cette guerre de pillage, de ghazw dont les Arabes ont une longue histoire [37].
La construction de la muraille léonine
La réaction carolingienne

Le sac de Rome en 846 eu cependant des conséquences assez diverses et provoqua une réaction immédiate dans les cercles carolingiens (la dévotion, et l’origine carolingienne de bon nombre des trésors pillés par les Arabes explique aussi probablement l’implication et la réaction immédiate des carolingiens). Sincèrement horrifié par le pillage de la ville sainte, L’empereur Lothaire Ier (795–855) fit envoyer rapidement des troupes vers le sud [38] et ordonna également la levée d’un impôt dans tout l’empire pour financer la construction par le pape d’un mur tout autour de la basilique Saint Pierre et de l’enclave papale ainsi que la restauration des parties endommagées de la basilique [39]. Il fournit, ainsi que ses frères, Charles le Chauve et Louis le Germanique, une somme d’argent importante pour la construction de ce mur [40].

Lothaire décrète également une réforme morale générale du royaume. Il était clair pour les contemporains que la chute de l’église de Rome aux mains des païens ne pouvait qu’être le jugement d’un peuple pécheur [41]. “Ultores misit Deus paganos – ‘Dieu envoya les païens vengeurs’ – fut l’explication donnée dans le Liber Pontificalis : l’Église était corrompue et Dieu exerça sa vengeance à travers les mains des sarrasins [42].
La construction d’un mur autour de cité léonine

D’après le Liber Pontificalis, Léon IV (successeur de Serge II) organisa une réunion avec les sujets (fideles) de l’Église de Rome, qui se mirent d’accord sur la répartition de la construction du mur entre les différentes cités et monastères [43]. La construction commença durant la deuxième année du pontificat de Léon IV, qui, à peu près au même moment ordonna la rénovation générale du mur d’Aurélien [44].

D’une longueur totale de près de trois kilomètres, d’une hauteur de 12 mètres et hérissé de 44 tours, le mur fut construit en quelques années seulement, incluant pour la première fois de l’histoire la colline vaticane dans le mur d’enceinte de Rome. Il forme un rectangle incluant non seulement la basilique mais aussi la grande cité ecclésiastique qui était sortie de terre entre la basilique et le Tibre. Il s’agit certainement de l’un des plus grands travaux de fortification – si ce n’est le plus grand - entrepris entre le 6e et le 10e siècle en Italie [45].

Trois nouvelles portes furent créées sur ce mur : un poste de garde de petite taille près du Mausolée d’Hadrien (Castel S. Angelo), appelé Posterula S. Angeli [46], renommée plus tard Porta Castelli. Une seconde, plus large, la porte principale, par laquelle passait l’empereur, appelée Porta Peregrini du fait de sa proximité avec l’église de St. Peregrino. Renommée plus tard Porta S. Petri, elle survécut à la reconstruction du XVe siècle [47]. Enfin une troisième porte fut ouverte du coté du Trastevere, la Posterula Saxonum, renommée plus tard Porta Santo Spirito [48]. En plus du mur, le pape Léon IV ordonne la construction de deux estacades sur le Tibre pour empêcher toute attaque sarrasine par le fleuve [49]. Les murs seront ensuite régulièrement restaurés et renforcés, et après le sac de Rome de 1527, les faiblesses du mur médiéval, peu adapté au développement de l’artillerie, pousseront les papes Paul III, puis Pie IV et Pie V à construire un nouveau mur, plus épais, qui s’éloignera par endroits de l’ancien tracé de la muraille léonine.

La construction se fit, d’après le Liber Pontificalis, par toutes les conditions climatiques et dans la sixième année de son pontificat, le mur terminé, le pape Léon IV guida le 27 juin 852 une longue procession, à pied, tout autour du nouveau mur, priant à chacune des trois portes pour la protection divine de la nouvelle Civitas Leoniana [50].
La bataille d’Ostie

Le sac de Rome de 846 ne semblait visiblement pas suffisant pour les Arabes qui, avant même la fin de la construction du nouveau mur autour de la colline vaticane, préparèrent une nouvelle attaque contre la ville en 849 au large d’Ostie. Mais à cette date, l’empereur Lothaire Ier et le pape Léon IV avaient renforcé les défenses de la ville et mieux préparé leurs troupes [51]. Cette fois ci, à l’annonce de l’approche d’une flotte sarrasine, une armada chrétienne fut mise à flot. Une tempête provoqua de larges dégâts à la flotte sarrasine avant même qu’elle ne put combattre la flotte chrétienne, qui eu de son coté, le temps de se protéger. Les Sarrasins qui réussirent à atteindre le rivage furent ou tués ou fait prisonniers. Le reste de la flotte fut facilement défait par la flotte italienne et de nombreux prisonniers furent soit pendus près de Portus (où trois ans plus tôt les pillards sarrasins avaient mis la ville à sac), soit utilisés comme forçats pour la construction du mur léonin [52].

Si le sac de Rome en 846 montra à quel point les Romains étaient peu préparés face à la menace imminente, ils montrèrent comment en quelques années ils réussirent à répondre à la menace sarrasine à travers la restauration des anciennes défenses, la construction d’un nouveau mur ainsi que la formation d’alliances avec les autres cités italiennes [53]. De fait, après cette nouvelle tentative de 849, Rome ne sera plus attaquée par une flotte arabe (malgré les hadiths prédisant la prise de Rome par les musulmans après leur conquête de Constantinople [54]).

[1] William M. Daly, St. Peter : An Architect of the Carolingian Empire, Studies in Medieval Culture 4 (1973), p. 56.

[2] Une confessio est un petit espace où reposent les reliques d’un martyr (appelé « confesseur » pour avoir confessé sa foi de manière héroïque). Par extension, elle désigne dans une église au Moyen Âge l’autel bâti au-dessus de ses reliques, ainsi que la chapelle ou la crypte enfermant l’ensemble (Source : Article Confessio, Wikipedia).

[3] William M. Daly, op. cit., p. 56.

[4] L’idée de présenter le rôle des carolingiens ainsi que la conquête de la Sicile par les Arabes nous vient d’un article de Sandro Magister, Guerra santa. Quell’anno in cui i musulmani presero Roma, 5 janvier 2006.

[5] William M. Daly, op. cit., p. 55-56.

[6] William M. Daly, op. cit., p. 57.

[7] Tommi P. Lankila, The Saracen Raid of Rome in 846 : An Example of Maritime Ghazw. In Sylvia Akar ; Jaakko Hämeen-Anttila ; Inka Nokso-Koivisto. Travelling through Time : Essays in honour of Kaj Öhrnberg. Studia Orientalia, vol. 114, 2013. p.96.

[8] Tommi P. Lankila, op. cit., p. 117.

[9] Dans la poésie arabe, les chameaux sont connus comme des « vaisseaux du désert », mais pour les pillages maritimes, les maraudeurs eurent à utiliser ce que Lankila (Tommi P. Lankila, op. cit., p. 94) appelle des « chameaux de la mer ».

[10] BOUGARD F., PANI ERMINI L. 2001, Leopolis-Castrum Centumcellae. Cencelle : trois ans de recherches archéologiques, in Castrum 7 : Zones côtières littorales dans le monde Méditerranéen au Moyen Âge : défense, peuplement, mise en valeur, p. 129.

[11] Barbara M. Kreutz, Before the Normans : Southern Italy in the Ninth and Tenth Centuries, University of Pennsylvania Press, 1991, p.25.

[12] Sheila Gibson and Bryan Ward-Perkins, The Surviving Remains of the Leonine Wall, Papers of the British School at Rome, Vol. 47 (1979), p. 31 ; Barbara M. Kreutz, op. cit., p.26 ; Tommi P. Lankila, op. cit., p.101-102.

[13] Tommi P. Lankila, op. cit., p.96.

[14] Tommi P. Lankila, op. cit., p.97-99.

[15] Barbara M. Kreutz, op. cit., p.26 ; Tommi P. Lankila, op. cit., p.100.

[16] Tommi P. Lankila, op. cit., p.101.

[17] Barbara M. Kreutz, op. cit., p.26.

[18] Tommi P. Lankila, op. cit., p.102.

[19] Barbara M. Kreutz, op. cit., p.26 ; Tommi P. Lankila, op. cit., p.103.

[20] Peter Partner, God of Battles : Holy Wars of Christianity and Islam, Princeton University Press, 1997, p.56-57.

[21] Tommi P. Lankila, op. cit., p.93-94, 105.

[22] Tommi P. Lankila, op. cit., p.103.

[23] Tommi P. Lankila, op. cit., p.105.

[24] Tommi P. Lankila, op. cit., p.113, 116.

[25] Sheila Gibson and Bryan Ward-Perkins, op. cit., p.31.

[26] Barbara M. Kreutz, op. cit., p.26-27.

[27] Peter Partner, op. cit., p.56-57.

[28] Barbara M. Kreutz, op. cit., p.28.

[29] Sheila Gibson and Bryan Ward-Perkins, op. cit., p.31.

[30] Barbara M. Kreutz, op. cit., p.27-28.

[31] Procopius, iii, 320-1, De Bello Gothico ii 4 ; Sheila Gibson and Bryan Ward-Perkins, op. cit., p.31, note n°3.

[32] Tommi P. Lankila, op. cit., p.105, 108, 110-111.

[33] Tommi P. Lankila, op. cit., p.109-110.

[34] Peter Partner, op. cit., p.56.

[35] Peter Partner, op. cit., p.57.

[36] Peter Partner, op. cit., p.57.

[37] Tommi P. Lankila, op. cit., p.93.

[38] Sheila Gibson and Bryan Ward-Perkins, op. cit., p.31.

[39] Barbara M. Kreutz, op. cit., p.27-28 ; Tommi P. Lankila, op. cit., p.114. ; Sheila Gibson and Bryan Ward-Perkins, op. cit., p.31.

[40] Sheila Gibson and Bryan Ward-Perkins, op. cit., p.31.

[41] Sheila Gibson and Bryan Ward-Perkins, op. cit., p.31.

[42] Tommi P. Lankila, op. cit., p.93.

[43] Mgr Louis-Marie-Olivier Duchesne, Le Liber pontificalis ; texte, introduction et commentaire, Volume 2, 1892, p.123 ; Sheila Gibson and Bryan Ward-Perkins, op. cit., p.33.

[44] Sheila Gibson and Bryan Ward-Perkins, op. cit., p.31.

[45] Sheila Gibson and Bryan Ward-Perkins, op. cit., p.33, 36.

[46] Sheila Gibson and Bryan Ward-Perkins, op. cit., p.33.

[47] Sheila Gibson and Bryan Ward-Perkins, op. cit., p.35.

[48] Sheila Gibson and Bryan Ward-Perkins, op. cit., p.35.

[49] Sheila Gibson and Bryan Ward-Perkins, op. cit., p.31.

[50] Mgr Louis-Marie-Olivier Duchesne, op. cit., p.124-125 ; Sheila Gibson and Bryan Ward-Perkins, op. cit., p.33.

[51] Barbara M. Kreutz, op. cit., p.28 ; Tommi P. Lankila, op. cit., p.114.

[52] Tommi P. Lankila, op. cit., p.114.

[53] Tommi P. Lankila, op. cit., p.115.

[54] MEMRI, Un certain nombre de cheiks, dont le cheik sunnite Youssef Al-Qaradhawi, annoncent la conquête de Rome par l’islam, 06/12/2002.
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 06:30 (2017)    Sujet du message: Italie

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