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LE GRAND SECRET DE L'ISLAM : le dévoilement des origines !!
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yacoub
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MessagePosté le: Sam 8 Oct - 11:25 (2016)    Sujet du message: LE GRAND SECRET DE L'ISLAM : le dévoilement des origines !! Répondre en citant

Islam : Déviance judéo-chrétienne ou imposture historique ?
INFOCOM-Net / 15 mai 2015

 
 
 
 
 

 
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Pour découvrir le grand secret de l’islam, son imposture historique et la vérité sur ses origines véritables, il convient de s’intéresser à l’Histoire, au Coran et à la biographie islamique de Mahomet. Les différentes recherches conduisent à devoir constater que l’islam est le résultat d’un processus très long et très complexe de réécriture de l’Histoire, s’enracinant dans des croyances juives et chrétiennes dévoyées, et manipulé par les califes pour satisfaire leurs visées de domination politique. Qui sont les judéo-nazaréens, ancêtres des musulmans ?

Les travaux historiques ont permis de mieux comprendre l’influence de ce groupe dès la fin du premier siècle, dans des milieux et sous des formes très diverses. Groupe ethniquement juif (et de langue araméenne, comme les Hébreux), il s’est accaparé l’appellation de « nazaréen » (donc « judéonazaréen »). Ces judéonazaréens se considèrent comme les Juifs véritables et comme les seuls vrais disciples de Jésus. En tant que Juifs, ils conservent scrupuleusement les coutumes et la loi ancestrale articulées dans la révérence aux écritures saintes, à la Torah. Ils conservent aussi la vénération du temple, bien que détruit pour le moment, la vénération de la terre promise et du peuple « ethnique » juif, du peuple élu par Dieu. Ils s’opposent néanmoins au mouvement pharisien qui donnera la réforme rabbinique. En effet, contrairement aux autres, ils ont reconnu en Jésus le messie annoncé par les écritures, venu pour libérer la terre sainte, rétablir la royauté, rétablir la vraie foi (en chassant les autorités juives corrompues par le truchement des Romains) et le vrai culte du temple (ce qu’il n’avait pu faire), bref, libérer et sauver le monde. Ils se considèrent aussi comme les vrais chrétiens et accusent les judéochrétiens de s’être trompés, de s’être dévoyés. Ils nient fondamentalement la dimension divine de Jésus. Ils accusent les judéochrétiens d’avoir « associé » à Dieu un Fils et un Esprit Saint. Au contraire, ils affirment : « Je témoigne de ce que Dieu est un et il n’y a pas de dieu excepté lui » ! La distance est donc énorme entre ce que les apôtres ont enseigné et la contrefaçon messianiste que les judéonazaréens en ont faite. Et il apparaît déjà une certaine parenté entre cette contrefaçon et ce qu’affirme la profession de foi musulmane… Vrais Juifs et vrais Chrétiens, ils se considèrent comme les héritiers uniques et véritables d’Abraham, les « purs ».
Leur installation en Syrie, sur le plateau du Golan, puis par la suite jusqu’au Nord d’Alep – toujours à l’écart des païens et des impurs – est vécue comme une forme de nouvel exode au désert. A l’image du peuple hébreu sortant d’Egypte et conduit par Moïse, il s’agit d’un temps de purification et de préparation. Le vin sera ainsi interdit à tous les consacrés à Dieu jusqu’au jour du retour du Messie. Leurs « messes » seront célébrées par leurs prêtres avec de l’eau et non du vin.
Se purifier soi-même n’est qu’un préalable dans le projet des judéonazaréens de purifier le monde pour le sauver de son mal et de son injustice. Leur « recette du monde parfait sur terre » inclut la reconquête et la purification de la terre sacrée (Israël), de la ville sacrée (Jérusalem), pour que les purs puissent accéder aux lieux saints, rebâtir le temple saint dans les conditions de pureté requises et y réaliser les rites et sacrifices. C’est comme cela que sera alors provoqué le retour du messie. Et avec le messie à leur tête, les judéonazaréens sauveront le monde de son mal, de son injustice, contre lui-même s’il le faut.
Dans cette vision, on voit que s’affrontent deux parties de l’humanité : celle qui travaille au salut et celle qui s’y oppose. Les purs et les impurs. A l’aune de cette vision idéologique, de cette surréalité, la morale se transforme : est jugé bon, juste, vrai, noble tout ce qui contribue au projet ; est jugé mauvais, exécrable, blâmable, faux, à anéantir tout ce qui y fait obstacle. Est également jugé mauvais tout ce qui dévie du projet. Les femmes, par exemple, considérées comme tentatrices, détourneraient les justes de leur combat. De la même manière, tout mouvement divergeant de la foi pure, toute pensée dissidente sont donc à combattre absolument. Si les Juifs rabbiniques et les chrétiens, les deux ennemis de leur vraie religion, s’étripent sous leurs yeux dans des guerres incessantes et stériles, c’est bien que Dieu les y conduit. Voilà qui conforte les judéonazaréens : eux seuls pourront libérer la Terre et Jérusalem, eux seuls pourront relever le temple. Avec le temps, les judéonazaréens finiront par persuader les tribus arabes nomades voisines de rentrer dans leur projet messianiste de reconquête de Jérusalem et de la « terre promise ». Ces arabes auraient été les descendants d’Abraham (de la Bible) par son fils Ismaël, qu’Abraham eut dans des temps immémoriaux avec sa servante Agar. Selon l’histoire musulmane, ils vivaient selon un système de clans et de tribus, avaient pour religion une sorte de polythéisme mal connu, des cultes païens anciens, et obéissaient à des coutumes rustiques – par exemple, ils maltraitaient leurs femmes et il se raconte même qu’ils enterraient vives leurs petites filles. De plus, la région était en proie à l’anarchie, à de nombreuses guerres entre clans plus ou moins régies par ces coutumes religieuses troubles. C’était le temps de la jahiliya, de l’ignorance, de l’obscurantisme propre aux temps païens. Mahomet : prophète ou gourou manipulateur ?

C’est dans ce contexte que serait né Mahomet, en 570, à La Mecque, petite ville caravanière de cette région, au sein de la tribu des Qoréchites. Orphelin très tôt, il est recueilli par son grand père, puis par son oncle, les chefs de la tribu. Vers l’âge de 9 ans, alors qu’il accompagne son oncle lors d’une expédition caravanière en Syrie, un moine chrétien, Bahira, reconnaît en lui un futur prophète. Mais en attendant qu’il le devienne, Mahomet doit subvenir à ses besoins. Il trouve à s’embaucher comme caravanier et sillonne l’Arabie et le Moyen Orient. Il épouse sa patronne Khadija, une riche veuve. Il aura d’elle quatre filles.
Vers 610, alors qu’il s’était retiré pour méditer dans une grotte à l’écart, une voix se fait entendre, l’ange Gabriel apparaît. Il lui révèle la parole d’Allah, c’est-à-dire quelques versets du Coran qu’il lui enjoint de réciter (les premiers versets de la sourate 96). Gabriel est le messager d’Allah (« le dieu », c’est-à-dire Dieu), le dieu unique, le créateur du monde et du premier homme Adam. Il s’était révélé par la suite à Abraham et à toute une série de prophètes – Noé, Moïse, Jésus pour les principaux… Mais ceux qui avaient écouté ces prophètes prêcher la parole divine, c’est-à-dire les Juifs et les chrétiens, s’étaient égarés. Ils avaient reçu de leurs prophètes des livres sacrés (la Torah et l’Evangile), et auraient dû suivre leurs commandements. Toutefois, ils avaient falsifié leurs écritures et s’étaient dévoyés. D’où la nécessité pour Allah de parachever sa révélation en envoyant un dernier prophète pour rappeler le monde à l’ordre et fonder à nouveau la vraie religion. Celle qui corrige toutes les révélations précédentes dévoyées, judaïsme et christianisme, en donnant aux nouveaux croyants les justes et ultimes commandements pour vivre selon le plan d’Allah. Et dans ce plan figure notamment la mission de convertir la terre entière pour que lui, Allah, soit enfin satisfait de voir toute l’humanité se soumettre et se conformer à sa divine volonté, lui obéir en tout, du lever au coucher, entre époux et entre amis, dans la paix et dans la guerre, dans tous les actes de la vie quotidienne.
Mahomet s’en ouvre à sa femme. Celle-ci le présentera à son cousin Waraqa, un prêtre présenté comme chrétien, et tous deux conforteront Mahomet dans la validité de sa révélation. Convaincu de la nécessité de la proclamer – illettré comme la plupart de ses contemporains, il ne pouvait pas l’écrire – il devient prédicateur. Il prêche alors le dieu unique aux polythéistes de La Mecque.
Le Coran céleste lui est révélé mais Mahomet finira par être chassé de La Mecque. Accompagné de ses adeptes, il trouve refuge à Yathrib, une cité prospère établie dans une oasis du désert à 400 km environ au nord de La Mecque, peuplée de tribus juives et arabes. Ainsi prend fin la période mecquoise de la vie de Mahomet. La date de sa fuite est retenue pour le début du calendrier musulman : l’année 622 sera le début de l’ère de l’Hégire (l’exil, l’émigration), la première année des nouveaux temps islamiques.
Sa nouvelle ville d’accueil sera rebaptisée par la suite Médine. S’y ouvre donc la période médinoise de la vie de Mahomet. Il conclut un pacte avec ses hôtes arabes et juifs (également appelé « Constitution de Médine »), et s’entend bien avec eux, comme le montre leur conduite bienveillante initiale à son égard. Il continue de prêcher en divulguant verset après verset la révélation d’Allah, parole qui l’établit alors comme chef politique. Durant tout ce temps, l’ange Gabriel continue en effet de se manifester régulièrement à lui. Pour subvenir aux besoins de la communauté et face à l’hostilité des Mecquois et des sceptiques, Mahomet, le prophète pacifique devenu maître religieux de Médine, se mue désormais en chef de guerre : malgré ses premières réticences, la révélation de nouvelles sourates lui enjoint d’user de toutes les violences, de prôner la guerre sainte, et de faire mener expédition sur expédition contre les caravanes de La Mecque (des razzias). Il élimine ses adversaires politiques, ses contradicteurs et ses caricaturistes.
S’étant ainsi renforcé, Mahomet peut s’emparer de La Mecque. Il y entre en 629 à l’occasion de la trêve d’Hudaybayyiah, puis prend définitivement la ville en 630. La Kaaba est nettoyée des idoles païennes et devient ce cube vide orné de cette pierre noire que nous voyons encore aujourd’hui. La Mecque gagne définitivement son statut de ville sainte. Les conquêtes continuent dans le Hedjaz, de nouveaux territoires sont gagnés, des populations se convertissent à cette nouvelle religion, l’islam, Juifs et chrétiens conservant cependant une certaine liberté de culte. L’Arabie s’unifie dans une même langue, une même religion et s’identifie peu à peu à l’oumma, la communauté des croyants musulmans. La conquête et les conversions continuent ainsi de s’étendre jusqu’au Moyen Orient. En 632, Mahomet meurt le 8 juin 632, à Médine, et y sera enterré.
Le Coran révélé à Mahomet : une supercherie ?

Les propagandistes judéonazaréens, Juifs de langue syro-araméenne, dont beaucoup connaissent l’hébreu liturgique, ont expliqué leurs textes aux Arabes. Plus encore, ils ont formé des prédicateurs arabes, traduit leurs textes en arabe et les leur ont appris. Pour cela, ils ont réalisé pour eux de petits manuels, des florilèges des principaux textes de leur Torah, de leur évangile, de leurs coutumes, de leurs lois, de leurs rites de pureté, de leur circoncision… Il fallait en effet des aide-mémoires à cette époque où l’enseignement était essentiellement su et transmis par cœur : les aide-mémoires capitaux ont été constitués par des traductions en arabe des lectionnaires utilisés par les judéonazaréens eux-mêmes. Un lectionnaire est un livre liturgique qui présente des lectures et commentaires de textes sacrés, comme en ont toujours les chrétiens. Le lectionnaire judéonazaréen présentait donc des extraits de la Bible, ancien et nouveau testament – du moins ce que les judéonazaréens en acceptaient – en fonction du calendrier (samedi, dimanche, jours de fête). En langue syro-araméenne, les chrétiens appelaient ce lectionnaire « qor’ôno » (ce qui se transpose en arabe par «qur’ân », c’est-à-dire « coran »). S’est donc constitué un ensemble de prédications diverses et de lectures saintes, certaines bénéficiant d’une mise par écrit comme aide-mémoire. Cette propagande visait en particulier la foi chrétienne des Arabes en l’attaquant sous l’accusation d’associationnisme, c’est-à-dire en prétendant que les chrétiens donnent à Dieu des « adjoints » (la trinité). Le Coran si compliqué s’éclaire. La compréhension des mécanismes de manipulation du texte par le discours musulman permet effectivement de décrypter la signification alambiquée que la tradition s’efforce de lui donner. Sa lecture « judéonazaréenne » est nettement plus simple et l’on voit ainsi une tout autre histoire apparaître : l’endoctrinement des Arabes par les judéonazaréens, l’explicitation de la religion judéonazaréenne aux néophytes arabes, l’embrigadement dans le projet messianiste, les exhortations pour la conquête de Jérusalem, les aléas des batailles, la reprise en main dans les moments de découragement … Pour qui sait le lire, le Coran reflète encore, partiellement, l’histoire authentique de ses origines. Le grand secret de l’islam est encapsulé dans le Coran. Il faut toutefois relativiser la portée du Coran dans l’islam : bien qu’il soit dit représenter le pivot de la foi musulmane, sa révélation (révélation qui se partage en réalité entre Coran et personne de Mahomet, par l’exemple de sa conduite relatée par les hadiths et la sîra), il faut bien comprendre qu’il n’est qu’un élément contributif de cette foi. La plupart des musulmans au cours de l’Histoire n’ont jamais lu le Coran (et c’est toujours aussi vrai aujourd’hui). Sa diffusion de masse n’est qu’un phénomène récent. D’ailleurs, les premiers conquérants « islamiques » ne le connaissaient pas. Rappelons que les Maures débarqués en Espagne au 8e siècle semblaient ignorer le Coran. Comment les Arabes ont « inventé » l’islam moderne ?

Forts de leurs positions en Syrie, les Emigrés [alliance de judéo-nazaréens et d’Arabes endoctrinés] avancent vers la Palestine et approchent de Jérusalem. Prenant Jérusalem, ça y est, le projet va se réaliser, le temple va être reconstruit, le messie va revenir… le temple est enfin relevé, les sacrifices et les rites vont pouvoir avoir lieu. Les judéonazaréens invoquent la figure du messie, appellent son retour. Mais le messie ne revient pas. Les prêtres judéonazaréens tentent de temporiser avec les guerriers arabes, impatients de devenir les élus du nouveau royaume du « Messie Jésus », comme dit le Coran. En 640, les chefs arabes ont compris : le messie ne reviendra pas, il n’y a pas de royaume pour les élus, ils ont été trompés. Les maîtres judéonazaréens sont des escrocs et des traîtres qui les ont entraînés pour rien dans près de 40 années de fausses promesses, d’efforts, d’exil, de sacrifices, de guerres… En éliminant les chefs judéonazaréens, Omar a fait d’une pierre deux coups : non seulement il s’approprie la conquête, mais il récupère aussi le commandement religieux. L’islam moderne commence à se structurer.
Aujourd’hui, alors que les technologies et l’alphabétisation ont permis de le rendre accessible à tous, de très nombreux musulmans ne connaissent pas vraiment le Coran et n’osent même le lire tant ils ont peur du sacré qui l’auréole. Dans les faits, l’islam est avant tout un discours. Le texte coranique, tout comme les autres sources de la foi musulmanes, tout comme les hadiths, la sîra, l’histoire musulmane et même la personne du prophète Mahomet ne servent qu’à justifier quelque chose de bien plus important qu’eux-mêmes : ils fondent cette conscience des musulmans d’avoir été choisis par Dieu pour établir sa loi sur le monde entier. Selon cette conviction messianiste, l’avenir du monde serait islamique, l’islam serait son salut, ce salut devant s’établir à jamais avec le retour du « Messie Jésus » à la fin des temps (et/ou celui du dernier imam pour les Chiites).

SOURCES :
https://bibliothequedecombat.files.wordpress.com/2015/01/le-grand-secret-de…
http://legrandsecretdelislam.com/
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MessagePosté le: Mer 23 Nov - 16:12 (2016)    Sujet du message: LE GRAND SECRET DE L'ISLAM : le dévoilement des origines !! Répondre en citant

 

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MessagePosté le: Lun 28 Nov - 15:33 (2016)    Sujet du message: LE GRAND SECRET DE L'ISLAM : le dévoilement des origines !! Répondre en citant

 

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MessagePosté le: Mar 6 Déc - 18:30 (2016)    Sujet du message: LE GRAND SECRET DE L'ISLAM : le dévoilement des origines !! Répondre en citant

L’islam, une forme ancienne de messianisme

Faute de comprendre la dynamique idéologique du projet islamique, les sociétés occidentales ont tendance à verser dans le «politiquement correct» par crainte de provoquer la colère des musulmans, estime Christian Bibollet, membre du Réseau évangélique suisse


Dans l’interview qu’il a donnée au Temps (LT 14.10.16), Olivier Roy a affirmé que le salafisme n’était pas le sas d’entrée du terrorisme. Les personnes qui se livrent à des attaques terroristes au nom de DAECH sont en réalité des voyous et des criminels que la loi doit sanctionner selon les méfaits qu’ils commettent.
Ce point précisé, il admet néanmoins que le salafisme puisse constituer une forme de résistance à l’«ordre républicain» mais que l’islam finira par s’adapter à l’Europe et cessera de représenter une menace pour la démocratie. Implicitement, O. Roy semble penser que l’islam est capable d’une évolution susceptible de permettre aux musulmans de vivre leur «foi» de manière apaisée sur ce continent. Mais on peut se demander si cette vision tient vraiment compte de ce qui constitue le nerf même de l’islam.
De gré ou de force
Au cœur de cette idéologie, il y a la vision du jugement divin qui frappera un jour le monde, un thème fondamental et récurant du texte coranique. Dans la perspective de ce jugement, la «meilleure des communautés» – les musulmans – porteur de la «seule religion agréée auprès d’Allah» – l’islam – a pour vocation de réaliser les conditions du salut du monde en appelant tous les peuples à l’islam et en les soumettant à sa loi de gré ou de force.
La noblesse de cette cause est telle qu’elle autorise le recours à tous les moyens pour y parvenir. Même s’ils se livrent à des actes jugés immoraux ou inhumains, ceux qui combattent pour l’islam sont convaincus d’agir sur mandat d’Allah et donc de ne pas être eux-mêmes responsables du mal qu’ils commettent. Leur obéissance à Allah les affranchit des lois humaines et de toute morale en vigueur parmi les peuples non-musulmans.
Seul maître
Récemment, un enseignant de la région parisienne a été frappé par les «amis» d’un élève à qui il rappelait qu’il était son maître et qu’il devait lui obéir. Un de ses agresseurs lui aurait répondu qu’Allah est seul «maître». Même s’il s’agit d’un acte de délinquance, il est révélateur de la vision générale qu’a l’islam du monde.
Un rapport d’information du Sénat français (no 757) signale par ailleurs qu’à la demande de l’Union des organisations islamiques de France (UOIF), la mention du «droit à changer de religion» a été retirée d’un texte signé par l’Etat français avec les représentants de l’islam «non radical».
Position victimaire
Ces deux exemples illustrent assez banalement comment l’islam «non radical» se positionne par rapport aux sociétés non musulmanes. Et du même coup, ils nous permettent de comprendre pourquoi les représentants de l’islam adoptent assez naturellement une position victimaire.
Porteurs du «seul vrai message de salut pour le monde», ils estiment que tous ceux qui n’acceptent pas leur foi leur sont hostiles et sont une insulte à Allah. Par fidélité à Allah, ils doivent donc combattre ces ennemis de l’islam en menant en Occident un djihad qui cherche à se servir des avantages de la démocratie pour instaurer une société où, au final, les musulmans seraient au-dessus des non-musulmans, les hommes au-dessus des femmes et les maîtres au-dessus des esclaves.
Dynamique idéologique
Faute de comprendre la dynamique idéologique du projet islamique, les sociétés occidentales sont souvent confuses face à un phénomène où se mêlent caractéristiques religieuses et politiques et ont tendance à verser dans le «politiquement correct» par crainte de provoquer la colère des musulmans.
Mais la logique de l’islam devient beaucoup plus lisible lorsqu’il est vu pour ce qu’il est, une forme ancienne de messianisme, un peu comme le communisme à une époque récente. La raison d’être des promoteurs de ces idéologies est de convaincre les peuples que la paix et leur bonheur exigent une radicale restructuration du monde qui n’adviendra que s’ils se soumettent à la doctrine qu’ils professent (la tradition islamique en l’occurrence).
Partie remise
Mais une question surgit: les divers messianismes qui ont prétendu faire le salut du monde au cours des vingt derniers siècles ont-ils vraiment tenu leurs promesses? Bien que certains aiment encore chanter «L’internationale», le rêve communiste est en lambeaux.
Et un regard rapide sur la mission que l’islam tente de réaliser depuis quatorze siècles ne semble pas promis à plus de succès. La perte récente de la ville de Dabiq, que la propagande de DAECH présentait comme le lieu de l’ultime confrontation des armées du califat avec celles des mécréants, annonce un nouveau retard au triomphe final de cette grande idéologie du salut. Qu’importe, ce n’est que partie remise. Les «activistes» musulmans ne renonceront jamais au rêve de sauver le monde.
Messianismes passés ou présents
Où réside donc l’espoir? Dans la redécouverte d’une spiritualité reposant sur de meilleurs fondements que ceux que proposent vainement les messianismes passés ou présents. Dans son discours de 1978 à Harvard, A. Soljenitsyne en a clairement rappelé le prix.
Une société qui ne vit que pour le progrès de ses aises est condamnée à disparaître. Dans la citation suivante, il indique ce qui a été perdu et doit être retrouvé. «… dans les jeunes démocraties… tous les droits de l’homme individuels reposaient sur la croyance que l’homme est une créature de Dieu. C’est-à-dire que la liberté était accordée à l’individu de manière conditionnelle, soumise constamment à sa responsabilité religieuse. Tel fut l’héritage du siècle passé. Toutes les limitations de cette sorte s’émoussèrent en Occident, une émancipation complète survint, malgré l’héritage moral de siècles chrétiens, avec leurs prodiges de miséricorde et de sacrifice. Les Etats devinrent sans cesse plus matérialistes. L’Occident a défendu avec succès, et même surabondamment, les droits de l’homme, mais l’homme a vu complètement s’étioler la conscience de sa responsabilité devant Dieu et la société».
C’est de cette crise spirituelle profonde que nos sociétés doivent sortir afin de savoir reconnaître et repousser les promesses trompeuses que multiplient tant de «programmes» de salut individuel ou collectif.


Christian Bibollet, membre du Réseau évangélique suisse.

https://www.letemps.ch/opinions/2016/12/05/lislam-une-forme-ancienne-messia…
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MessagePosté le: Lun 15 Mai - 13:56 (2017)    Sujet du message: LE GRAND SECRET DE L'ISLAM : le dévoilement des origines !! Répondre en citant

Présentation du livre La Laïcité, mère porteuse de l’islam ?


La Laïcité, mère porteuse de l'islam ?·lundi 15 mai 2017



Présentation du livre La Laïcité, mère porteuse de l’islam ?



Bonaparte au Caire, ou l'irruption des Lumières en terre d'islam


En ces temps de grande confusion, alors que le sujet essentiel des rapports entre islam et société française est soigneusement évité dans le tour pris par le débat public, ou n’est abordé qu’en surface, voici une analyse originale du sujet : comparer les fondements et les déploiements des espérances et projets politiques nés de l’islam d'une part et nés des Lumières d'autre part, elles qui, depuis deux siècles, façonnent la France, l’Occident et jusqu'au monde entier.


Le même Argent-Roi en islam et en Occident


Sont montrées la similarité de ces espérances, leur cousinage, leurs oppositions et leurs accointances. Est montré comment le visage de l'islam a été presque entièrement remodelé au fil des deux derniers siècles, selon sa dynamique de fond, du fait de ses conflits internes et aussi parce que les musulmans se sont appropriés les idées des Lumières. Du fait également du jeu plus ou moins trouble des Occidentaux en terre d'islam et avec l'islam – colonisation, géopolitique, politique intérieure...



Le choc des civilisations ? Quelles civilisations ?


Sont ainsi proposés des éclairages nouveaux, jusqu'au fond, en examinant islam et Lumières sous l'angle de leurs forces motrices : les espérances qui en sont issues, qui investissent les consciences, qui motivent les combats, qui dessinent les perspectives politiques. On peut alors démonter la mise en scène du « choc des civilisations » et pointer les lignes de force qui s'affrontent aujourd'hui... et ainsi, proposer des pistes de réflexions et des solutions inédites.

Parution mai 2017
Ecrit par le Père Michel Viot & Odon Lafontaine (Olaf), préface de Rémi Brague, de l’Institut
Editions Les Unpertinents - Saint Léger
Format 160 x 240 – 280 pages – sur papier velours 80 grs – 20 € TTC prix public
www.facebook.com/lalaicitemereporteusedelislam
http://saintlegerproductions.fr/commandes/web/?view=product&lang=fr_FR&…
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MessagePosté le: Ven 19 Mai - 14:26 (2017)    Sujet du message: LE GRAND SECRET DE L'ISLAM : le dévoilement des origines !! Répondre en citant

Emission "Cultures d'islam" de France Culture, du 14 mars 2014, par Abdelwahab Meddeb Guillaume Dye est un islamologue et orientaliste français, maître de conférence à l'Université Libre de Bruxelles, titulaire de la chaire "Islam : histoire, cultures et sociétés". Il est rattaché au Centre Interdisciplinaire d'Etude des Religions et de la Laïcité (CIERL) de l'ULB. Son principal domaine de recherches porte sur les origines de l'islam et les études coraniques. Il est co-fondateur et co-directeur du Early Islamic Studies Seminar : International Scholarship on the Qur'an and Islamic Origins (EISS). Il intervient dans de nombreux colloques et séminaires (le dernier en 2016-17 à l'EHESS, "Histoire du Coran entre antiquité tardive et établissement des orthodoxies islamiques" :
https://enseignements-2016.ehess.fr/2...)
Parmi ses publications : - Figures bibliques en islam, ed. G. Dye et F. Nobilio, Bruxelles-Fernelmont, EME, 2011 - Partage du sacré : transferts, dévotions mixtes, rivalités interconfessionnelles, ed. I. Dépret et G. Dye, Bruxelles-Fernelmont, EME, 2012 - Hérésies : une construction d'identités religieuses, ed. Ch. Brouwer, G. Dye et A. van Rompaey, Bruxelles, Presses de l'Université de Bruxelles, 2015 Sa page Academia :

https://ulb.academia.edu/GuillaumeDye


 

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MessagePosté le: Jeu 2 Nov - 14:53 (2017)    Sujet du message: LE GRAND SECRET DE L'ISLAM : le dévoilement des origines !! Répondre en citant

Les Judéonazaréens et les origines de l’Islam: “réponse à la réponse” de Stephan Hoebeeck et de quelques autres...
Odon Lafontaine·jeudi 2 novembre 2017




Mes réponses et mes commentaires (figurant entre crochets et débutant par “Olaf :”) à la publication de Stephan Hoebeeck intitulée « Les judéo-nazaréens et les origines de l’Islam: réponse à Odon Lafontaine et à quelques autres... », publiée le 31 octobre 2017 sur son compte Facebook [0]. Mes réponses figurent dans le corps du texte de Stephan (téléchargé le 31/10/2017). Ce texte est distingué par l’accroche « SH : ». Les notes de bas de pages sont aussi de moi. Et puisque tel est mon plaisir, j’ai décidé de débuter par ma conclusion que voilà :
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[Olaf : Qu’écrire en conclusion de tout cela ?
1) Lisez les auteurs que vous voulez réfuter ;
2) Réfutez les pour ce qu’ils ont écrit, pour leurs argumentations réelles et non sur la base de déformations de ces argumentations ;
3) Réfutez les pour ce qu’ils ont écrit et non pour ce que vous croyez qu’ils sont : la recherche s’intéresse aux idées et aux faits, pas aux personnes ;
4) A votre disposition pour continuer d’échanger sur ces bases-là.]
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SH (début) :
Aujourd’hui, on veut expliquer l’émergence de l’islam à travers un mystérieux mouvement appelé le mouvement judéo-nazaréen. Nous allons résumer succinctement cette hypothèse à travers les écrits d’Edouard-Marie Gallez et d’Odon Lafontaine.
[Olaf : Qui est ce « on », si ce n’est le P. Edouard-Marie Gallez ? Quels autres écrits que les siens (et les miens) défendent cette thèse ?]
SH :
Les judéo-nazaréens seraient des nazirs (c’est de là que, d’après eux, ils tirent leur nom) judéo-chrétiens, c’est-à-dire qu’ils s’abstiennent de vin, qu’ils sont juifs (ou judaïsants) et qu’ils croient que Jésus est le messie.
[Olaf : Non.
Ce n’est pas ce que ni moi, ni le P. Edouard-Marie Gallez, avons soutenu. J’ai mentionné la reprise de la règle du naziréat (Le grand secret de d’islam, Createspace 2015, p. 165) mais n’ai jamais prétendu que les Judéonazaréens auraient été des nazirs. Le sens de leur nom est un sujet complexe. Je vous renvoie au chap.6, « qui sont les Nazaréens ? », de l’étude que j’avais faite sur le sujet en réaction au livre La voie des Nazaréens (Soleiman Al-Kaabi, Éditions Nawa, 2015) : “Recherche islamologique et déni de réalité musulman”, publiée sur Academia [1]]
SH :
D’après ces mêmes auteurs, ces nazirs auraient combattu les Romains en 70 et puis auraient fui en Arabie.
[Olaf : Non.
Ce n’est pas la thèse du P. Edouard-Marie Gallez, ni ce que j’ai écrit : « En 68-69 (…) les Romains avaient en effet laissé les Juifs non combattants quitter Jérusalem (…), les judéochrétiens, conduits par l’évêque Simon - et avec eux, à leurs côtés, des messianistes issus du creuset judéochrétien de Jérusalem. Ils partent ensemble en exil au nord, vers le plateau du Golan, en Syrie. » (Le grand secret de d’islam, op.cit. p.49). J’ajoute que les auteurs sur lesquels se fonde le P. Gallez (Eusèbe de Césarée et Epiphane) mentionnent également une installation de ces Nazaréens non chrétiens chez les Nabatéens, en Jordanie (capitale : Pétra). Quoi qu’il en soit, ils n’ont pas combattu dans la première guerre juive. Les combattants ont été exterminés par les Romains. Enfin, il ne faut pas croire que toute leur doctrine était fixée en l’an 70, ni qu’il s’agissait d’un courant homogène : nous avons à faire à un phénomène idéologique, un processus qui fait évoluer les croyances en fonction des événements historiques et des buts recherchés.]
SH :
Et enfin, ces nazirs croyaient que Jésus avait été conçu par le Saint-Esprit et qu’il était né d’une vierge, mais ils ne croyaient pas que Jésus était dieu, ni non plus que Jésus avait été crucifié, pour eux, il était monté vivant au ciel. Ces nazirs considéraient aussi que Jésus allait revenir sur terre pour les conduire et détruire l’Empire romain.
[Olaf : Non.
Dans la doctrine judéonazaréenne, Jésus doit redescendre physiquement sur terre pour terminer sa « mission » : assumer la royauté sur Israël promise par les écritures et soumettre physiquement le monde entier à la Loi de Moïse – au besoin en exterminant les impurs et les récalcitrants.]
SH :
Muhammad aurait hérité de cette doctrine par Waraqa,
[Olaf : Non.
Cette simplification extrême induit les lecteurs en erreur sur la thèse du P. Gallez. Celle-ci stipule la transmission des idées messianistes aux Arabes qoréchites par un jeu d’alliance et de propagande. Mahomet était peut-être « né chrétien ou dans une famille déjà endoctrinée par les Judéonazaréens » (Le grand secret de l’islam, op. cit. p.63) - nous pouvons le conjecturer au vu du récit traditionnel musulman sur son mariage avec Khadija. Pour ce qui est de la propagande, j’ai mentionné le souvenir conservé par la tradition musulmane du « milieu propagandiste dans lequel il [Mahomet] baigna », symbolisé dans la mémoire déformée transmise par cette tradition par des « figures de religieux Judéonazaréens plus ou moins symboliques (Waraqa et Bahira notamment) » (Le grand secret de l’islam, op. cit. p.63). On peut supposer à partir de là que certaines autres figures de la tradition musulmane (Zayd, le « secrétaire de Mahomet », Ka’ab, le juif qui accompagnait Omar lors de la prise de Jérusalem et qui construisit une « synagogue » sur le Mont du Temple…) seraient elles aussi des mémoires déformées de « religieux Judéonazaréens plus ou moins symboliques ». Il n’a donc jamais été question dans la thèse du P. Gallez de faire de Waraqa l’unique propagandiste du messianisme judéonazaréen auprès des Arabes. Cette simplification que je vois souvent chez nombre de contradicteurs musulmans les empêche de comprendre le fond de l’argumentation.]
SH :
et ce sont ses successeurs qui l’auraient synthétisée dans le Coran au VIIIe–IXe siècle.
[Olaf : Non.
Dans la thèse du P. Gallez, dans mon esprit également, le Coran est le fruit d’un long processus :
1) un travail de collecte de feuillets de prédication judéonazaréenne auprès des Arabes – certains pouvant, pourquoi pas, être attribués au Mahomet de l’Histoire. Ce travail a été réalisé après que les Judéonazaréens ont été écartés du pouvoir (après 638-640), dans l’objectif de constituer un livre arabe justifiant les prétentions des Arabes conquérants à régner au nom de Dieu. Il y a donc eu un travail de sélection des feuillets adéquats (on n’a pas repris de prédication annonçant explicitement la « redescente » de Jésus à Jérusalem). On trouve encore la trace du messianisme judéonazaréen dans ces feuillets, qui donneront le Coran (par exemple le projet de relèvement du Temple à Jérusalem comme devant être réalisé par l’alliance d’Abraham – les Judéonazaréens – et d’Ismaël – les Arabes ralliés[2]). On peut estimer que ce travail de collecte et de sélection a été achevé sous Abd al Malik. Le texte coranique y a été à peu près fixé sous son règne - du moins son rasm, ou squelette consonantique. Dans les faits, les chercheurs indiquent une fixation sous la forme d’une scriptio defectiva ou écriture défective. Cette « langue coranique » comportait initialement seulement une dizaine de graphèmes distincts (selon les manuscrits les plus anciens) pour signifier les 28 consonnes différentes de l’alphabet arabe d’aujourd’hui, dans lequel on distingue de nombreux graphèmes entre eux par des signes diacritiques. Il y manque l’essentiel de la vocalisation, ou voyellisation, faite au moyen d’un appareil d’accents lui aussi absent des manuscrits les plus anciens, et qui a été ajouté et perfectionné au fil des siècles pour signifier par écrit l’ensemble des phonèmes de la langue arabe (plus de 200). Ainsi, ces manuscrits anciens, sans accents, ou très peu accentués, montrent une quasi infinité de possibilités de lectures différentes, même avec un squelette consonantique (rasm) conforme au texte coranique actuel. Et ce sans compter les corrections et ajouts qui ont pu être faits directement sur le rasm, comme le montrent les recueils anciens de manuscrits.
2) un travail de lecture et d’interprétation qui s’est poursuivi durant des siècles après al Malik, à peu près achevé au IXe (mais qui continue toujours de nos jours[3]) : à mesure que se fixait l’islam, on a également fixé la langue arabe écrite (alphabet, graphie, grammaire, signes diacritiques) et imposé une interprétation islamique du texte coranique (« envoyé » = Mahomet ; « cité sûre » = La Mecque ; « rappel » = Coran ; « lectionnaire » = Coran ; « masjid al haram » = sanctuaire de La Mecque, etc…). On est ainsi passé progressivement d’un livre à vocation de catéchèse et enseignement au concept de parole divine incréée (dont la dogmatisation définitive s’est faite sous le califat d’al Mutawakkil, après 847).]
SH :
Rappelons à ces gens qu’un moine qui interrogeait les musulmans vers 660 et leur demandait de lui citer des sourates, or de celles qu’ils citaient, certaines nous sont connues et d’autres nous sont inconnues, ce qui correspond assez bien aux tensions entre Ali et Othman, puisque la recension d’Ali était trois fois plus longue que celle d’Othman. Si de nombreux passages furent donc supprimés progressivement, d’autres furent ajoutés par les califes (Othman et ses successeurs immédiats), citons l’histoire de Dhul qarnayin qui s’inspire du Roman d’Alexandre le Grand; le début de la sourate Maryam qui s’inspire d’apocryphes chrétiens et d’homélies, certainement inconnus en Arabie à l’époque de Muhammad. L’appel à la conversion des chrétiens de la sourate 5 aurait été un discours d’adieu à la Mecque; malheureusement, la présence de chrétiens à la Mecque en 632 n’est pas du tout établie, c’est donc, plutôt un discours califal postérieur aux conquêtes musulmanes en vue d’obtenir leur conversion. Mentionnons encore le verset de la djiziya (9, 29), la capitation imposée aux Juifs et aux chrétiens, qui est en réalité le nom d’une taxe que les Sassanides zoroastriens imposaient en Irak aux non-zoroastriens… (Je remercie Guillaume Dye pour ses conférences.)
Le Coran doit être considéré comme achevé dans les années 640–660.
[Olaf : Non.
La seule tradition musulmane indique que la sélection s’est poursuivie jusque sous Abd al Malik (avec destruction de « Corans » non conformes). De plus, les recueils (fragmentaires) les plus anciens dont nous disposons (entre autres les manuscrits de Sanaa, ou le manuscrit Wetzstein II 1913) montrent par des preuves physiques évidentes que le travail d’écriture, d’édition et de correction s’est poursuivi aux VIIe et IXe s. Voir mon développement plus haut et l’article « Recherche islamologique et déni de réalité musulman » (op. cit.)]
SH :
Quant aux proto-corans, ils étaient probablement oraux et ont donc disparu avec la mort des derniers compagnons.
[Olaf : Le concept de proto-coran n’a pas de sens dans la thèse du P. Gallez. Dans son scénario, Mahomet ne prêche pas un « Coran », mais exhorte des Arabes chrétiens à renoncer à leur foi trinitaire et à rallier l’oumma, la communauté des vrais croyants messianistes, arabes et Judéonazaréens, qui portent le projet de relever le Temple de Jérusalem et de faire redescendre le Messie Jésus. Les références faites à un « coran » dans la prédication judéonazaréenne (et dans celle du Mahomet réel, le Mahomet de l’Histoire) concernent l’introduction et la présentation auprès des Arabes d’un lectionnaire (coran) rédigé pour eux par les Judéonazaréens (recueil de textes sacrés, de prières et chants destinés à la liturgie). ]
SH :
Il est d’ailleurs surprenant que ces gens prétendent que la rédaction définitive du Coran est extrêmement tardive (100 à 200 ans après la mort de Muhammad);
[Olaf : Non.
Cf. ci-dessus : la « rédaction » du Coran n’est ni précoce ni tardive. Elle débute avec la rédaction des feuillets de prédication (début VIIe s.), leurs collectes, leurs sélections, leurs recopies et leurs interprétations définitives]
SH :
alors que dans le même temps, ils énoncent que les évangiles datent des années 40 et que les épîtres de Paul datent des années 50–60; ainsi que l’affirme la tradition catholique. Il est pourtant facile de montrer que ce sont les textes chrétiens qui sont infiniment plus tardifs.
[Olaf : Argumentation totalement hors de propos… Pourquoi confondre les processus de composition et de mise par écrit des Evangiles avec celui du Coran ? Qu’ont-ils donc en commun ?
J’ai le sentiment que vous cherchez cette confusion délibérément, pour pouvoir justifier d’une attaque ad personam spécieuse, celle qui m’accuserait (et le P. Gallez avec moi) de faire preuve d’une double éthique antiscientifique, qui disqualifierait d’office tous mes arguments. Difficile de ne pas voir dans ce genre d’insinuation les signes d’une certaine mauvaise foi de votre part…
Quoi qu’il en soit, voici un argument des plus simples pour lever la confusion et montrer que les processus de composition et de mise par écrit des Evangiles n’ont rien à voir avec ceux du Coran : les langues araméennes et grecques étaient déjà des langues d’écrit au Ier siècle, là où il faut attendre le IXe siècle pour voir la langue arabe être dotée de l’appareil grammatical, alphabétique et graphique indispensable à ce qu’elle puisse transcrire fidèlement un discours oral.]
SH :
· Marcion, fils d’un évêque chrétien du Pont, après avoir visité les différentes communautés chrétiennes dans les années 130–138, finit par aboutir à Rome où il découvre un recueil de textes comprenant 4 «évangiles» et 9 épîtres de Paul. Il parvint à copier les textes et finit par publier son propre texte qu’il appelle Evangelion. Justin en 145–160 connaît ces textes mais les intitules les Mémoires des Apôtres, il se ralliera tardivement à l’appellation marcionite devenue populaire et parlera alors des Évangiles.
· Clément de Rome qui écrit vers 130–140, ne connaît pas les évangiles, mais seulement les Paroles de Jésus. Pire, dans les bases de la doctrine chrétienne, il ne mentionne pas la divinité de Jésus, et l’eucharistie lui est inconnue.
· Dans les Discours Eschatologiques des différents évangiles, il est question du retour des Juifs en Judée, de la profanation du temple, de la nécessité de fuir la Judée, de persécutions de la synagogue, etc. Or, toutes ces descriptions correspondent très bien à la Guerre de Kitos, pendant laquelle les Juifs de l’Empire Romain furent renvoyés en Judée, à la volonté d’Hadrien de bâtir un temple de Zeus sur le lieu de l’ancien Temple de Jérusalem, à la révolte juive de 132–135 pendant laquelle un Shiméon bar Kokhebâ sera proclamé messie (le faux messie des évangiles), qui persécutera les chrétiens, non parce qu’ils croient en Jésus, mais parce qu’ils refusent de rallier ses armées et de combattre les Romains, et enfin le passage (Matthieu 24, 28) qui dit: En quelque lieu que soit le cadavre, là s'assembleront les aigles. Pourrait parfaitement faire allusion à la chute de Betar. En effet, quand la forteresse de Betar tomba en 135, les Romains interdirent que les cadavres des Juifs soient enterrés, ils furent exposés et leurs cadavres ne furent enterrés qu’à l’époque de Marc Aurèle…
Comme on le voit la datation de nos évangiles est bien plus tardive qu’on ne le pense.
[Olaf : Tout cela ne présume en rien de la date de composition des Evangiles… Et est, je le souligne à nouveau, totalement hors sujet pour ce qui concerne les origines de l’islam. Mais allons-y quand même, car vous racontez là des énormités : à ce compte, avec ce genre d’arguments, puisque les Juifs sont retournés en Judée depuis les années 1920, et que l’Etat d’Israël a été fondé en 1946, cela signifierait que les Evangiles auraient été composés après cela… Au moins avez-vous le bon goût de ne pas souscrire aux élucubrations des sources Q (et P, et R, et S, etc.).
Si vous souhaitez vous intéresser à la datation de la composition des Evangiles, je vous renvoie aux travaux académiques[4]. Grosso modo, ils indiquent une mise par écrit en grec à partir des années 40 (pour les plus « précoces » de ces chercheurs) jusque 90-100 environ (Evangile selon Saint Jean). Vous pouvez toujours les contester au moyen des arguments ci-dessus, si le cœur vous en dit : troussez nous un bel article, publiez le et soyez la risée des chercheurs sérieux (voyez par exemple la fessée donnée récemment par Jean-Marie Salamito à Michel Onfray[5])
Pour ma part, et avec le P. Gallez, nous allons au-delà de ces travaux académiques occidentaux en intégrant à notre réflexion la dimension araméenne du christianisme des origines (en particulier la primauté de composition orale en araméen du récit évangélique, préalable à son ordonnancement en 4 évangéliaires, ou recueils évangéliques, ou « 4 Evangiles », plus les Actes des Apôtres, destinés à la proclamation de l’Evangile dans un cadre liturgique). Cette dimension araméenne est quasi totalement ignorée dans le monde académique occidental. Depuis les guerres judéo-romaines, puis Eusèbe de Césarée (IVe s. !!!), pour qui ses ouailles araméophones (et jusqu’aux Apôtres eux-mêmes) n’étaient que des « barbares » et des « illettrés », en passant par la conquête islamique qui a coupé en deux la Méditerranée, jusqu’aux divers courants d’exégèses protestantes pour qui le dogme de la primauté du grec est la condition de leur légitimité autoproclamée, le contact s’est quasi rompu entre le christianisme occidental (gréco-latin) et le christianisme oriental. Et pourtant, l’étude du christianisme oriental de langue araméenne se révèle passionnante et fondamentale pour la compréhension des origines de la foi chrétienne… et aussi des Evangiles.
L’examen conjoint des diverses versions grecques des Evangiles et de la Peshitta
(= mise par écrit de la Pshytta, qui est la récitation orale araméenne de l’Evangile ; la Peschitta ordonne ce récit selon les 4 évangéliaires, ou Evangiles, plus le récit des Actes des Apôtres) montre à qui veut bien s’en donner la peine (et n’est pas dépendant du dogme de la primauté du grec) que les versions grecques des Evangiles sont les traductions d’une composition orale première en araméen. Il faut ensuite entrer dans l’étude de l’oralité araméenne pour en évaluer avec précision la capacité à transmettre un récitatif (en l’occurrence le récit évangélique) dans toute son intégrité. C’est ce que transmettait encore la tradition des chrétiens chaldéens (qui sont araméophones) dans les années 1980, comme Pierre Perrier l’avait alors étudié sous la direction de Mgr Francis Alichoran, évêque chaldéen[6]. Ces études font remonter la composition du récit évangélique en araméen entre l’an 30 et la fin des années 50 (un peu plus pour les Actes), à peu près. Le découpage en évangéliaires (oral dans un premier temps) est intervenu dans les années 30, début des années 40 au plus tard (Evangile selon Saint Matthieu en araméen, reprenant le témoignage principal de Jacques le Mineur). La traduction en grec du récit évangélique (et de son ordonnancement selon les 4 évangéliaires) a débuté avant l’an 37[7]. La mise par écrit en grec a sans doute dû être concomitante. La mise par écrit en araméen est intervenue aussi au Ier siècle, je ne saurais dire quand en revanche. Le colophon du manuscrit Khabouris (manuscrit de la Peshitta recopié au XIe s.[8]) indique ainsi qu’il est la copie d’un manuscrit lui-même recopié au IIe siècle (164 ou 165) d’après un premier texte rapporté à Ninive par un des 72 disciples - sans doute avant la 1ere guerre judéo-romaine.
Que retenir de tout cela ?
Tout d’abord qu’il nous faut réviser nos conceptions occidentales à propos des Evangiles (plus les Actes) : ils ne sont pas la mise par écrit du témoignage de tel ou tel évangéliste (ou telle ou telle communauté associée à tel ou tel évangéliste), ils n’ont pas vocation d’être des « reportages » ou de rapporter des témoignages historiques, mais ils sont des compositions destinées à la liturgie, selon les calendriers en vigueur dans les premières communautés judéochrétiennes (not. à Jérusalem) – dans les synagogues (3 synoptiques et Actes) et au Temple (Evangile selon Saint Jean)[9]. Ceci les différencie déjà de tous les textes apocryphes, qui n’ont jamais été utilisés dans le cadre de liturgies chrétiennes (à rapprocher par ailleurs du concept de « canonisation », qui mériterait un développement en soi).
Il nous faut aussi réviser nos méthodes de travail et nos préjugés : cesser de travailler uniquement à partir des écrits grecs anciens, mais considérer d’abord le texte araméen, cesser de réfléchir d’après les présupposés de la civilisation d’écriture gréco-latine (concepts de « rédaction », de « texte », de « rédacteur »), mais incorporer ceux, préalables, de la civilisation d’oralité araméenne (concepts de « composition », de « récitatif », de « compositeur »)[10]]
SH :
Il faudrait rappeler à certains prétendus chercheurs que l’esprit critique n’est pas à sens unique; et quand il devient à sens unique, ce n’est plus de l’esprit critique mais de la banale propagande.
[Olaf : Dois-je me sentir visé ? Ou le P. Gallez ? Je n’ai de toutes façons pas la prétention d’être chercheur, du moins ne suis-je pas spécialiste de quoi que ce soit en islamologie.
Par ailleurs, cette affirmation est complètement fausse sur le plan scientifique. Elle procède d’un jugement moral qui n’a rien à faire dans un travail à vocation scientifique : la qualité d’un travail ne dépend pas de la bonne foi, de la bonne moralité ou des bonnes intentions de la personne qui y procède, mais de sa bonne application de la méthode scientifique. Il faut savoir considérer un travail, une recherche, un article pour ce qu’ils valent en tant que tels et non les assimiler à la personne de leurs auteurs. C’est ce genre de comportement qui serait complètement antiscientifique, et même propagandiste selon les cas. Par exemple, telle étude scientifique de tel savant musulman (ainsi les traités d’optique d’Ibn Al Haytham) peut ainsi être tout à fait recevable d’un point de vue scientifique (et ô combien recevable en l’espèce) si son auteur a travaillé pour cela en scientifique, quand bien même il n’aurait pas mis en œuvre le même esprit scientifique dans tous les compartiments de sa vie (par exemple en soumettant l’islam à la même rationalité scientifique que le champ étudié de l’optique). Un bon chrétien vous dirait qu’il faut distinguer le pécheur de son péché… C’est par exemple dans cet esprit que je vous réponds, Stephan Hoebeeck. Si je devais tenir compte de ce que je crois être votre moralité - au vu des attaques personnelles auxquelles vous vous livrez - et si je devais agir comme vous le faites vous-même, vous n’auriez de ma part que le même genre d’attaques en retour. Mais je suis bon et aimant envers mon prochain, vous avez bien de la chance.
Quant à moi, je pense faire preuve de davantage encore d’esprit critique vis-à-vis de la foi chrétienne que vis-à-vis de l’islam. Je suis un ancien athée, figurez-vous. Je n’étais pas encore venu à la foi chrétienne quand j’ai commencé à m’intéresser à l’islam, et j’avais alors pour cette religion des prédispositions tout à fait bienveillantes. Son étude approfondie me l’a dévoilée pour ce qu’elle est : un système totalitaire et une falsification de l’histoire. Dont acte. Ce n’est en rien en raison de ma foi que je suis arrivé à ces conclusions, mais bel et bien par mon travail. Ainsi, quand bien même aurais-je été une grenouille de bénitier, un abominable bigot, un vil calottin depuis toujours que cela ne devrait rien changer à la façon dont il convient d’aborder mes écrits : critiquez-les, éreintez- les, saccagez-les pour ce qu’ils sont et non pour ce que je suis.]
SH :
Il faut une fois pour toute affirmer que les judéo-nazaréens du Père Gallet Gallez et d’Odon Lafontaine sont inconnus de l’hérésiologie chrétienne de l’Antiquité. Afin de ne parler que des hérésies qui seraient apparentées aux judéo-nazaréens, nous limiterons nos investigations aux hérésies judaïsantes, et ne nous occuperons pas des hérésies gnostiques ou christologiques.
[Olaf : L’existence des Judéonazaréens est une hypothèse de recherche, validée, en l’état de l’analyse du dossier historique, par l’impressionnant faisceau d’indices convergeant en son sens. Il n’a jamais été question de trouver l’existence de ce courant messianiste en soulevant un caillou ou en lisant une chronique historique ancienne (ce serait tellement commode si la recherche historique ne fonctionnait qu’en lisant l’histoire à partir de ceux qui, aimablement, auraient pris la peine de l’écrire pour nous des siècles auparavant…). Seule cette hypothèse permet, pour le moment, d’expliquer l’ensemble du dossier historique des origines de l’islam. En particulier les éléments (factuels) suivants :
- Définition par le texte coranique lui-même, selon son exégèse critique, de deux communautés parmi les « Gens du Livre » (Gens de la Torah, « Juifs » ou Israëlites) : les mauvais, les Yahud, ou Judéens, coupables d’avoir « recouvert leurs écritures » et encourant pour cela la colère de Dieu, c’est-à-dire les Juifs rabbiniques, et les bons, la « communauté droite » (S3,113) des nasara amis des Arabes, qui portent avec eux le projet de relèvement du Temple de Jérusalem[11]
- Prétention des Arabes conquérants à « dominer la terre entière », selon le témoignage contemporain de la conquête (Sophrone de Jérusalem)
- Relèvement du Temple à la conquête de Jérusalem par une alliance d’Arabes de « Juifs » (décrits comme tels par les témoins chrétiens contemporains)
- Absence quasi totale de référence à l’islam au VIIe siècle : les conquérants arabes ne sont pas vus par leurs contemporains chrétiens et arabes comme porteurs de cette religion mais comme des sortes de chrétiens plus ou moins dévoyés (Cf. par exemple la controverse de 644 entre le patriarche jacobite de Syrie Jean 1er et l’émir Saïd ibn Amir, gouverneur d’Homs et compagnon de Mahomet, qui ne mentionne encore aucun prophète, ni prophétie, ni Coran), ce que corroborent tous les témoignages matériels (monnaies califales frappées de croix chrétiennes, absence totale de référence à Mahomet ou à la « révélation coranique » dans l’épigraphie ou la numismatique avant la fin du siècle, etc.)
- Substrat araméen (syriaque) du texte coranique, qui renvoie à ses origines réelles judéonazaréennes et à la proximité culturelle nécessaire de l’auditoire arabe avec la culture syriaque religieuse pour comprendre les prédications dont ce texte rend lointainement compte (ce qui localise pour une part certaines des prédications originelles auprès des Arabes de Syrie et non dans un Hijaz polythéiste fantasmé)
- Traditions orales islamiques qui font de Mahomet l’annonciateur de la redescente imminente de Jésus, corroborant des témoignages non musulmans contemporains
- Fonds biblique et para-biblique du Coran et de l’islam (vous qui appréciez Guillaume Dye, vous saurez vous référer à ses travaux)
- Eschatologie islamique fondée sur la redescente physique de Jésus et la soumission du monde à la loi de Dieu par le Mahdi (lequel n’est autre … que Jésus lui-même selon le hadith)
- Etc. Je ne vais pas vous faire non plus la liste détaillée des éléments du dossier historique (elle prend 1000 pages de thèse de doctorat, dont je vous recommande fortement la lecture puisque vous vous targuez de la réfuter – et la liste s’allonge depuis la publication en 2005 de cette thèse).
Je ne vois pas d’autre explication que celle de l’existence du courant judéonazaréen décrit par Gallez pour donner un sens rationnel à ce dossier historique. Autrement, bien sûr, en dehors du monde rationnel, on peut toujours croire qu’il existe a priori des chevaux volants et des anges qui étouffent les gens avec des livres et qui dictent des textes… Mais même le monde magique et merveilleux de l’islam ne peut pas prendre en compte sans s’autodétruire certains éléments du dossier historique que l’hypothèse Gallez des Judéonazaréens explique sans problème (par exemple les soubassements araméens du texte coranique, ou le sens réel du mot de nasara dans le texte coranique, qui n’y signifie pas « chrétien » mais « juif nazaréen »).
Enfin, cette hypothèse ne pourrait bien sûr être validée si des éléments du dossier historique s’y opposeraient. En l’occurrence, je ne vois rien qui la démente à ce jour. On verra ce que l’analyse et les recherches nouvelles feront émerger dans les années à venir, rien n’est fixé.]
SH :
Les hérésies judaïsantes sont au nombre de trois:
[Olaf : Vous devez sûrement penser aux hérésies chrétiennes judaïsantes, et non aux seules « hérésies » judaïsantes. Auquel cas il vous faudrait mentionner foultitude de courants juifs (samaritains, esséniens, sadducéens… cf. Epiphane et les autres Pères de l’Eglise)]
SH :
· les elqasaïtes (de El-Qasaï, Force Cachée, peut-être Alcios en grec) qui sont principalement des baptistes-gnostiques, défenseur de la guerre sainte en vue d’obtenir la libération de Jérusalem. Ils apparaissent vers 100 et sont exterminés par les Romains en 118 pour leur participation aux Révoltes juives. Les survivants se réfugient dans le désert de Syrie, peut-être en Irak, et enfin à Petra. Leur christologie ignore toute naissance ou mort du Christ ou de Jésus, le Christ est une puissance spirituelle préexistante à l’humanité qui se manifeste aux hommes pieux; le christ est pour eux une entité angélique gigantesque, et leur Jésus n’a jamais eu d’existence humaine. Leurs descendants actuels pourraient être les mandéens d’Irak. Il y a néanmoins une différence entre les mandéens et les el-qasaïte, c’est que les mandéens sont très hostiles aux rabbins. En effet, les rabbins, dans les années 135–200, ont reçu des Romains l’autorisation et l’obligation de définir qui était Juif et qui ne l’était pas et, en général, tous ceux qui n’acceptaient pas les enseignements rabbiniques furent déclarés non-juifs (qu’ils soient Juifs ou convertis), c’est ainsi que les derniers sadducéens partirent se réfugier au Yemen, etc. Cette question de la judéité était très importante; en effet, seuls les Juifs étaient dispensés du culte impérial, cela voulait dire que les el-qasaïte, les chrétiens, les sadducéens, etc. en étant définis comme non-juifs par les rabbins étaient obligés d’adorer les empereurs romains comme des dieux… C’est probablement de là que date l’hostilité de ces différentes écoles aux Juifs identifiés à ceux qui étaient épargnés par Rome; alors qu’eux, en subissaient les persécutions.
· les ébionites. Les Ébionites sont considérés comme les héritiers des enseignements de Jacques, il s’agit de chrétiens qui croient que les commandements sont toujours d’application pour les chrétiens, donc que ceux-ci doivent être circoncis, et considèrent que Jésus n’a été qu’UN messie et pas le Messie. Le Messie est pour eux une puissance spirituelle qui fait que l’homme est adopté par Dieu quand cette puissance spirituelle a triomphé en l’homme; leurs conceptions messianiques s’apparentent à la fois aux Paraboles d’Hénoch (chapitre 37 à 71 du Livre d’Hénoch) et au Discours des Deux Esprits (Règle de la Communauté) trouvé à Qumran. Pour les Ébionites, ce monde appartient à Satan et le monde à venir appartient au Christ (qui n’est pas Jésus); l’homme pour son salut, doit se contenter d’observer parfaitement les commandements énoncés dans la Torah afin d’empêcher que Satan ait prise sur lui. Leurs positions sur Jésus sont simples, Jésus est un homme fils d’un homme, devenu sage par son observation rigoureuse de tous les commandements de la torah et par ses pratiques spirituelles. Il fut finalement exécuté par les Romains qui le redoutaient. Après son exécution, il est remonté au Père céleste et est devenu un ange; mais avant, Jésus est venu consacrer le pain et le vin à Jacques qui est le seul à avoir reçu la transmission; il est possible qu’elle se soit faite dans un rêve. Les ébionites participèrent aux révoltes juives contre l’Empire byzantin dans les années 600–629; et furent défaits. Pour eux, l’exécution de Jésus n’a apporté aucun salut au genre humain.
· Les Nazaréens. Les nazaréens sont plus ou moins ce que nous appelons aujourd’hui des Juifs pour Jésus ou Juifs messianiques, c’est-à-dire des chrétiens qui pratiquent une liturgie en hébreu, qui sont principalement juifs, qui reconnaissent que Jésus est fils de Dieu et né d’une vierge; ils reconnaissent sa mort et sa résurrection pour le salut du genre humain. Ils diffèrent des chrétiens majoritaires sur la Trinité quoique ce ne soit pas absolument certain et sur la divinité de Jésus en tant que deuxième personne de la Trinité.
[Olaf : Ils diffèrent aussi, si l’on en croit le Panarion d’Epiphane, en ce qu’ils considéraient Jésus comme le candidat au rétablissement de la royauté en Israël. C’est le sens qu’Epiphane donne à leur dénomination de « Jesséens ». Faut-il y voir un lien avec la doctrine judéonazaréenne ?]
SH :
En général, ils rejetaient l’Évangile de Jean au profit du seul Évangile de Matthieu dans sa forme canonique. Les ébionites utilisaient un Évangile de Matthieu fort différent de l’évangile canonique de Matthieu; enfin les nazaréens tenaient les épîtres de Paul en grande estime, alors que les ébionites les rejetaient. Les nazaréens doivent être considérés comme des chrétiens qui rejetaient partiellement ou totalement les thèses les plus extrêmes de l’Évangile de Jean, et c’est tout.
Aucun de ces mouvements n’a de rapports avec l’islam, en tout cas leurs christologies sont aux antipodes de l’islam; aucun d’entre eux n’a enseigné que Jésus n’aurait pas été exécuté. Pour les el-kasaïte, Jésus est le nom d’un ange qui n’a aucune existence humaine et qui se révèle spirituellement aux hommes; rappelons que Philon d’Alexandrie dit que le nom du Logos, c’est Dieu Sauveur, ce qui est le sens du nom Jésus (Yah/dieu Qui Sauve). Pour les ébionites, Jésus est un sage qui a été banalement exécuté comme des dizaines de milliers de Juifs à cette époque, à cause de son hostilité aux Romains; quant à sa résurrection, elle est spirituelle et angélique. Les nazaréens ont une christologique quasi identique à celle des chrétiens: Jésus est mort pour le salut des hommes.
[Olaf : On pourra aussi ajouter le mouvement des « Nasaréens » avec un « s » (cf. Panarion d’Epiphane, ou Histoire et religion des Nosaïris, de René Dussaud, Emile Bouillon éditeur, 1900) et sans doute beaucoup d’autres mouvements composés aussi de Juifs ethniques et abusivement identifiés par les non-chrétiens au mouvement chrétien, comme on qualifiait alors de « chrétien » aux premiers siècles nombre de mouvements gnostiques (cf. Epiphane). Vous l’avez de toute façon déjà souligné dans votre texte.
La question à se poser vis-à-vis de l’articulation de la thèse du P. Gallez avec l’existence de tous ces mouvements est la suivante : en quoi les témoignages antiques dont nous disposons infirmeraient-ils la possibilité de l’existence du courant judéonazaréen ? Réponse : en rien. C’est ce qu’explique le P. Gallez dans sa thèse (je sais, vous ne l’avez pas lue ; avouez cependant que cela vous aurait facilité le travail de réfutation de ladite thèse si vous aviez fait l’effort de la lire). En quoi la confirmeraient-ils ? Ils ne la confirment pas de manière manifeste (comme je l’expliquais plus haut, on ne fait pas l’histoire en la lisant à livre ouvert dans les sources anciennes, comme par exemple les musulmans prétendent le faire). Ils lui laissent la possibilité d’exister cependant, et lui donnent un cadrage : le courant judéonazaréen se serait développé au sein du très large courant ébionite (qui n’est pas aussi défini que vous l’écrivez) – lequel nom, « ébionite », avait de toute façon fini par devenir une appellation générique (comme on a pu dire « prolétaire », ou « gauchiste » par exemple).]
SH :
La réalité, c’est que l’Arabie
[Olaf : Et le Levant alors ? Et les Arabes de Syrie ? Et de Mésopotamie ?]
SH :
n’étant pas soumise à une autorité religieuse centralisée, était simplement un terrain fertile pour toutes les discussions… L’islam a donc pris des éléments aux ébionites, aux Juifs, aux païens, etc. et les a combinés ensemble dans une perspective idéologique du pouvoir califal.
[Olaf : Ah ? C’est donc comme cela que ça s’est passé ? L’islam est arrivé, comme ça, un beau matin et puis avec ses petits bras, il a « pris des éléments ». Un peu de ceci, un peu de cela… Un peu comme Mormon ou Raël en fait qui se sont levés un jour en se disant, « tiens, je me créerai bien une religion aujourd’hui… ». Mais dites-moi donc, Mormon ou Raël, nous savons bien qui ils étaient avant de fonder leurs sectes, quelles étaient leurs formations intellectuelles, leurs diverses influences politico-religieuses, leurs weltanschauung, et derrière, nous savons bien aussi pourquoi ils ont créé leurs mouvements… Alors, expliquez-moi, quelle était la formation intellectuelle de « l’islam » comme vous l’écrivez, quelles étaient ses influences politico-religieuses et sa weltanschauung ? Et quelles étaient ses objectifs ?
Et d’abord, qu’est-ce que c’est que ce concept complètement abstrait de « l’islam » qui combine des « éléments », concept que vous mettez en scène sans aucun rapport avec la réalité humaine ? Les hommes ne fonctionnent pas comme cela. Ils pensent par eux-mêmes. Ils s’inscrivent dans des courants de pensée, dans un substrat, dans une histoire collective, une vision du monde et de l’avenir. Qui donc a appris à « l’islam » que l’Histoire avait un sens inéluctable, celui de la soumission du monde à la loi de Dieu ? Et qui donc lui a appris que Dieu avait choisi un peuple en particulier pour cela ? On n’invente pas une telle idée en se rasant le matin… On la reçoit d’abord, et, éventuellement, on la modifie… Et puis qu’est-ce que c’est ça « l’islam », comme vous l’écrivez ? C’est Mahomet ? Ce sont les Arabes qoréchites ? Les Nazaréens ? Sortez de vos abstractions et de vos concepts !]
SH :
En effet, quand l’islam nie que Jésus soit mort, il nie avant tout que sa mort serve au salut du genre humain comme l’affirment les chrétiens et veut obliger les hommes à être responsables de leurs actes,
[Olaf : Pour ce qui est d’obliger les hommes à être responsables de leurs actes, laissez-moi rire… Les doctrines islamiques de la prédestination et de la soumission absolue de toute chose et toute personne à la volonté de Dieu s’y opposent de façon manifeste[12]. Ou plutôt laissez-moi pleurer. Car, évidemment, ces doctrines de la prédestination contredisent absolument l’expérience humaine qui apprend à tous qu’ils sont libres de leurs décisions, ce qui contredit donc absolument le texte coranique lui-même qui enjoint ses lecteurs à décider d’agir selon ses commandements[13]. On a donc ici affaire à ce que la psychologie décrit comme des injonctions contradictoires, du genre de celles qui caractérisent les pervers narcissiques qui tyrannisent leur entourage… jusqu’à le rendre fou.]
SH :
ce en quoi il plus juif que chrétien; et quand l’islam parle de la naissance miraculeuse de Jésus, il est plus chrétien que juif.
[Olaf : Plus apocryphe que chrétien, vous voulez dire ? Vous savez comme moi, puisque vous suivez les travaux de Guillaume Dye, que les récits islamiques de la naissance miraculeuse de Jésus sont des reprises du Protévangile de Jacques.]
SH :
Au fond, l’islam est une sorte de compromis entre l’ancienne alliance et la nouvelle alliance,
[Olaf : Non.
L’islam se situe après la Nouvelle Alliance : il en reprend des idées nouvelles, absentes de l’Ancienne Alliance, absentes du monde préchrétien, comme celle du sens inéluctable de l’Histoire ou de l’espérance du Salut. De fait, l’islam ne peut pas exister, ne pourrait pas être apparu sans l’existence préalable du substrat des idées chrétiennes.]
SH :
sans mentionner l’alliance, et en tenant compte du paganisme arabe qui organisait le pèlerinage à La Mecque.
[Olaf : On repassera pour le paganisme arabe (la christianisation des Arabes était achevée au VIIe siècle, quand bien même il subsistait toujours des éléments de folklore païen arabe ancien – comme les Celtes et les Francs christianisés avaient conservé leurs sources miraculeuses), et on repassera pour le pèlerinage à La Mecque. Prouvez-moi donc que La Mecque existait au temps de Mahomet quand tout, absolument tout, nous crie le contraire.]
SH :
Il est en réalité plus facile de voir en Muhammad un chef de guerre prophète, influencé par les différentes tendances religieuses présentes en Arabie à son époque, et en sachant qu’il devait composer avec elles; tant il est impossible de circonscrire sa doctrine à une idéologie unique préexistante.
[Olaf : Quel sens donnait-on au VIIe siècle au mot de prophète ?
Que faites-vous alors des éléments factuels du dossier historique, en particulier ceux que je décrivais plus haut ? Quelle est votre hypothèse des événements ayant conduit à l’apparition de l’islam ? En quoi prend-elle en compte tous les éléments du dossier ? Vous qui suivez les travaux de Guillaume Dye[14] savez bien pourtant que l’hypothèse du Mahomet vu comme étant à l’origine de l‘islam à lui tout seul (le « paradigme nöldekien », qui n’est que la sécularisation du récit traditionnel de l’islam) a volé en éclats depuis une quarantaine d’années (et notamment avec le travail de Patricia Crone et Michael Cook). Le proto-islam est le fruit de son contexte. Comme tous les mouvements religieux sont le fruit de leur contexte (pas de christianisme sans judaïsme préchrétien, par exemple).]
SH :
Rappelons que contrairement à ce que croit Odon Lafontaine, le mot nazaréen ne vient pas de l’hébreu nazir.
[Olaf : Vous êtes bien présomptueux pour vous prononcer ainsi sur ce que je « crois ». A vrai dire, vous n’en savez pas grand-chose en dehors de vos suppositions. Avez-vous lu le chapitre « Qui sont les nazaréens ? » de mon article « Recherche islamologique et déni de réalité musulman »[15] ?]
SH :
En effet, ces vœux d’abstinence nécessitent l’existence matérielle du temple, ils sont donc tombés en désuétude depuis sa destruction, il y a quasi deux mille ans. De plus, à l’époque de Jésus, il est très possible que ces vœux étaient compris non comme un abstinence du vin, mais comme une abstinence sexuelle, ce que le texte biblique ne dit absolument pas. Les ébionites semblent s’être néanmoins abstenus de vin et de viande, remplacés par l’eau et le pain; mais, cela ne correspond pas non plus aux vœux de nazir, mais à leur ascétisme propre. Le mot nazaréen vient bien de l’hébreu, mais pas de nazir, mais de notzerîm qui signifie «envahisseurs, sentinelles, observants» et qui désigne dans le Livre de Jérémie des non-juifs qui rejoignent le judaïsme. Dans la mesure, où les premiers disciples de Jésus étaient bien appelés des nazaréens, cela signifie qu’ils étaient des non-juifs convertis/circoncis au judaïsme et que le Jésus historique avait refusé les ordonnances de Rabbi Shammay qui bloquaient les conversions au judaïsme.
[Olaf : Je vous renvoie à mon article, que je viens de citer, un peu plus détaillé que ce que vous en écrivez là[16]. Le sujet est très complexe, et on ne peut résumer l’évolution au fil des siècles et des événements des sens du mot nâtsrâyâ (nazaréen en araméen) sans un minimum de développements.]
SH :
Au fond la thèse du Père Gallez et d’Odon Lafontaine consiste à créer un christianisme fantasmé qui sous l’influence brillante de Paul renonce à la circoncision, mais quelques juifs sournois résistent toujours et vont fonder l’islam quelques siècles plus tard, représentant la réaction juive anti-chrétienne, leur thèse est un simple remake du complot juif ou de la judaïsation des peuples chrétiens, chère aux intégristes catholiques.
[Olaf : Non mais ça va pas bien dans votre tête ?
Qu’est-ce que c’est que ces délires que vous nous prêtez ? Comme ça, paf, sans préavis, au coin d’une phrase, sans rien pour l’étayer ?
Ce que nous défendons avec le P. Gallez, c’est la complexité de l’Histoire, de ses processus, de l’évolution des idées des Hommes, au contraire de vos fantasmes simplistes et pour le coup proprement débiles de complot.
Au passage, merci d’effacer de vos préjugés sur nous deux l’idée que serions des défenseurs d’un quelconque christianisme paulinien. Si vous avez lu mon article, vous aurez compris en quoi cette idée ne tient pas la route
NB : je développe de toute façon ce point ci-après, vu que vous en remettez une couche sur le sujet.]
SH :
Ces thèses n’aident en rien à la compréhension de l’islam ou du christianisme ;
[Olaf : Ce ne sont pas mes thèses ni celles du P. Gallez]
SH :
au fond, les chrétiens et les musulmans se concentrent principalement à s’attaquer afin de ne pas avoir à prouver ses propres thèses. Les chrétiens se disent que pour convaincre les musulmans de devenir chrétiens, ils doivent les convaincre que Muhammad n’est pas un prophète; et les musulmans se disent que pour convaincre les chrétiens de devenir musulmans, ils doivent convaincre les chrétiens que Jésus n’est pas dieu. On constate que les partisans de l’islam falsifiés ne remettent jamais en cause la datation des écrits chrétiens et les partisans du christianisme falsifié ne remettent jamais en cause la datation des écrits musulmans…
[Olaf : ??? J’ai du mal à vous suivre. La foi chrétienne ne se définit pas par rapport à l’islam, elle existe indépendamment de lui, elle existait bien avant son apparition, elle existe en des lieux où l’islam reste encore inconnu et n’a pas besoin « d’attaquer » pour « prouver ses propres thèses ».
La réciproque n’est pas vraie cependant, sur chacun de ces points. Vous savez qui sont les « égarés » de la Fatiha, qui définissent a contrario la « voie droite » dans laquelle les musulmans demandent à Dieu de les guider. Vous savez la dénonciation constante de l’associationnisme dans le texte coranique (le péché gravissime du shirk, qui vise explicitement la foi chrétienne). Vous savez que toutes les « terres d’islam » sont d’anciennes « terres chrétiennes ». Vous savez bien, in fine, que si la foi chrétienne est fondée historiquement, alors l’islam perd toute légitimité : si la foi chrétienne est bel et bien l’enseignement du Jésus de l’histoire, alors celui-ci n’est pas le Jésus du texte coranique et de l’islam, et alors il n’y pas eu de dévoiement de l’enseignement du Jésus islamique par les chrétiens, et alors il n’y aucune nécessité que Dieu envoie un nouveau prophète corriger définitivement tout ce bazar. Il n’y a pas besoin d’être chrétien pour écrire cela… C’est du simple bon sens.]
SH :
Nous sommes juste dans l’affrontement de deux intégrismes: les chrétiens apprennent l’islam pour attaquer l’islam et les musulmans apprennent le christianisme pour attaquer le christianisme…
[Olaf : Voilà exactement l’illustration de ce que je dénonçais plus tôt dans votre prose : vous vous posez en grand scientifique, seul capable d’une réflexion sur les origines de l’islam contrairement à ces chrétiens et musulmans stupides, englués dans les ténèbres de leurs croyances, mais au final, vous n’avez montré que votre propre incapacité à raisonner réellement de manière scientifique. C’est-à-dire à raisonner sur les faits, sur les éléments factuels présentés par la thèse du P. Gallez, présentés par mon livre ou autre, à raisonner sur des argumentations rationnelles, et non à vous à prendre aux personnes, à leur moralité supposée ou à leurs croyances. En quoi le fait que le P. Gallez et moi soyons chrétiens aurait-il obscurci notre jugement, biaisé nos analyses, forcé nos conclusions ? Je veux bien admettre que la chose puisse être possible, mais encore faudrait-il le prouver pour nos cas particuliers. Et je n’ai pas encore lu dans votre prose l’ombre du début du commencement d’une preuve en la matière hormis ces attaques personnelles, spécieuses, indignes, malhonnêtes et infamantes pour vous-même. Vous devriez avoir honte, sacripant ! Où est le débat scientifique ? Quelles sont vos hypothèses, vos argumentations ? C’est cela qu’on attend de vous, non des imprécations et des procès en crédibilité ou en légitimité. En matière de recherche scientifique comme en matière de bon sens, on juge des faits et des actes. En l’occurrence, les vôtres ne prêchent pas pour vous. Reprenez-vous, bon sang.]
SH :
Qu’on nous permette une digression sur la République de Platon et sur les Lois du même. Au fond, la torah est la réalisation du Traité des Lois de Platon; alors que le christianisme et le rabbinisme, c’est le retour à la République de Platon; quant à l’islam, c’est le retour aux Lois de Platon. La question fondamentale qui divise les trois monothéismes: c’est devons nous réaliser ou non la cité de Dieu dans ce monde-ci ou attendre que celle-ci se manifestera, naturellement en quelque sorte, lors de la venue du monde à venir?
[Olaf : Voilà enfin une analyse à laquelle je souscris. Oui, c’est bien de cela qu’il s’agit : la réalisation de la cité de Dieu, l’établissement d’un monde parfait, délivré du mal, idée nouvelle apportée par le christianisme (préfigurée partiellement par le judaïsme préchrétien ou la réflexion de la philosophie grecque). Le christianisme est limpide sur le sujet : c’est une espérance pour la fin des temps, Dieu le fera quoi qu’il arrive à l’accomplissement des siècles, et il ne peut donc s’agir d’un projet à réaliser ici et maintenant, par des moyens politiques (cf. parabole du bon grain et de l’ivraie[17]). L’islam est également limpide sur le sujet : il faut réaliser la cité parfaite ici et maintenant, par l’application de la loi divine, c’est-à-dire par la politique. Le judaïsme rabbinique est ambigu : il conserve plus ou moins l’espérance de la venue d’un envoyé de Dieu (messie) à la fin des temps, figure transformée, au regard de la figure messianique très floue du judaïsme préchrétien, en une figure de sauveur ultime. Difficile là aussi de ne pas y voir l’apport des idées chrétiennes et de la figure messianique de Jésus assumant les rôles de prêtre, prophète et roi rattachés à l’idée préchrétienne de messie - ou messies - de Dieu. Ce judaïsme rabbinique préconiserait alors l’établissement d’une cité parfaite par le messie lui-même (empruntant là-encore aux idées chrétiennes) à la fin des temps, se gardant ainsi des dérives politiques de cette espérance. On observe néanmoins combien, au cours de l’histoire, il a été difficile à de nombreux Juifs rabbiniques (et à de nombreux chrétiens aussi) de ne pas politiser leurs espérances, de ne pas chercher à hâter par leurs propres moyens la venue du messie, voire de ne pas chercher à s’approprier son rôle dans l’édification de la cité parfaite.
Au passage, je vous invite à lire mon dernier livre, La Laïcité, mère porteuse de l’islam ?, où je développe exactement ces thématiques, et analyse en particulier leurs déploiements dans l’islam, et dans et par et depuis les Lumières.]
SH :
Le christianisme et le rabbinisme étant nés après les échecs successifs des trois révoltes judéo-romaines de 66–70, 115–118 et 132–135,
[Olaf : Ah bon ? Le christianisme est né après 70 ? Pourquoi est-ce que les chrétiens ont-ils refusé de prendre part aux combats de 66-70 à Jérusalem alors, si ce n’est par refus d’édifier de leurs mains la cité parfaite (comme le prônaient alors les Zélotes) ?
Quelle est alors cette croyance appelée « christianisme » qu’un sénatus-consulte condamne à Rome en l’an 35 ?
Pourquoi les archives rabbiniques mentionnent-ils les chrétiens bien avant 70 ?[18]
Comment expliquer l’apparition des Evangiles, au moins à la fin du Ier siècle, et voire même avant[19] ? Quand ont-ils été composés selon vous ?
Que sont ces dizaines Eglises fondées dans le monde entre les années 30 et les années 60, de l’Espagne à la Chine, du Caucase à l’Ethiopie ? Que professaient-elles alors sinon la foi chrétienne ?
Par quel complot, par quelle conspiration alors, si ces dizaines et dizaines d’Eglises ne professaient pas alors la foi chrétienne, ont-elles pu donner naissance aux centaines d’Eglises qui, elles, ont toutes professé la même foi par la suite, aux IIe, IIIe, IVe siècle malgré les distances immenses qui les séparaient, malgré les différences de langue et de culture ?
Il faudrait que vous m’expliquiez tout cela Stephan Hoebeeck. Quelle est votre hypothèse ? Comment rend-elle compte de l’ensemble des éléments du dossier historique ? S’agirait-il de l’hypothèse d’une création tardive du christianisme via Saint Paul ou d’autres, et qui aurait réussi à s’imposer de manière incompréhensible dans absolument toutes ces Eglises fondées aux 4 coins du monde en dépit du fait que chacune d’entre elles aurait dû porter, dans cette hypothèse, la tradition du « vrai Jésus » et du « vrai christianisme » s’opposant à ce christianisme tardif ? Bref, il va falloir être créatif si vous souhaitez défendre ce genre de théories.]
SH :
ils estimaient que l’établissement de la cité de Dieu était reportée au monde à venir, ce qui explique d’ailleurs les oppositions rabbiniques au sionisme;
[Olaf : Les oppositions de certains rabbins… J’ai bel et bien le sentiment que les grands rabbins de Jérusalem, par exemple, sont pour le moins assez sionistes, tous rabbins qu’ils soient.
SH :
alors que l’épopée musulmane part du principe que la cité de Dieu devait être imposée dans ce monde, et peut-être est-ce aussi pourquoi, islamisme et sionisme s’opposent tant, tous deux veulent imposer le royaume de Dieu sur terre, mais chacun prétend que Jérusalem lui appartient exclusivement.
[Olaf : L’opposition de l’islam au judaïsme et aux Juifs s’explique en partie par le processus historique qui a construit l’islam (la condamnation sans ambage des Judéens) mais surtout par la mécanique idéologique de l’islam, pour qui toute atteinte au « dar al islam » est une abomination en tant que démenti humiliant au sens musulman de l’Histoire, celui qui voudrait que le destin du monde soit son islamisation (un peu comme l’a été l’établissement du royaume franc de Jérusalem lors des Croisades). Le fait que ce soient des Juifs, censés être inférieurs aux musulmans qui aient réalisé cela est encore plus humiliant (mais bon, en islam, tout non musulman est un être inférieur) : les musulmans auraient-ils ainsi échoué à ce point à réaliser le plan de Dieu ? Et ce d’autant plus qu’Israël ne compte que quelques millions de Juifs dans un océan de musulmans. Une façon qu’ont alors bon nombre de musulmans d’aborder cela sans saccager leur foi islamique est de donner aux Juifs une sorte de pouvoir incommensurable, qui expliquerait leurs succès : c’est le « complot sioniste », qui les exonère alors de considérer en face leurs propres faiblesses et les vraies raisons de leurs défaites – et qui exonère l’islam, dans une certaine mesure, d’une remise en cause de son sens de l’Histoire. Ajoutons à cela qu’effectivement, certains Juifs sont très doués pour jouer à manipuler l’islam, et vous avez là les ingrédients du développement faramineux d’un certain antisémitisme musulman depuis quelques dizaines d’années. Je me demande s’il a jamais atteint de tels niveaux auparavant dans toute l’histoire de l’islam. J’explique tout cela dans mon dernier livre, La Laïcité, mère porteuse de l’islam ?]
SH :
Il serait plus simple de voir l’islam comme une synthèse des courants qui traversaient l’Arabie à l’époque de Muhammad, complété par les califes, dans les années qui suivirent sa mort, plutôt que comme un courant bien précis qui aurait survécu de manière obscure pendant 6 siècles et aurait eu sa chance à l’époque de Muhammad.
[Olaf : Quel (quels ?) courant préconisait-il alors au Moyen Orient la construction ici-bas de la cité parfaite ?
Vous avez deux possibilités :
- soit ce courant existait avant Mahomet, et c’est la thèse du P. Gallez
- soit il est apparu avec Mahomet, pendant Mahomet, autour de Mahomet ce qui constituerait une autre hypothèse que l’on pourrait opposer à celle du P. Gallez (l’hypothèse d’une apparition après Mahomet, dans le contexte arabo-arabe de la conquête et de l’empire califal ne tient pas au regard du dossier historique).
Il faudrait cependant, pour être vraisemblable, que cette deuxième hypothèse arrive à expliquer, entre autres, la présence de « Juifs » aux côtés des Arabes conquérants, les soubassements araméens du texte coranique, l’aspect biblique / parabiblique du mouvement de ces Arabes ou bien le projet de relèvement du Temple. Ces éléments ne s’inventent pas en une génération. En fait, on n’invente pas ex nihilo de telles espérances : on les reçoit et on les modifie. Les révolutionnaires de 1793, qui portaient le même type d’espérance ne les avaient pas inventées : ils les avaient reçues (et modifiées) depuis Rousseau et les Lumières, et ces derniers les avaient reçues et modifiées depuis les Lumières anglaises, depuis René Descartes, depuis Francis Bacon, depuis les anabaptistes du XVIe siècle, depuis la Réforme, etc. etc. On en remonte en fait aux idées chrétiennes, comme vous le faites vous-même…
Il semble ainsi infiniment plus probable que les « Juifs nazaréens » accompagnant le proto-islam aient reçu ces espérances de leur version du judaïsme au sein de leur mouvance, plutôt qu’ils ne les aient inventées au temps de Mahomet. Et si l’on réfléchit ainsi, on en vient alors forcément à tracer la généalogie de ces espérances jusqu’au messianisme juif préchrétien et à sa transformation par les idées chrétiennes (cf. les études des textes de Qumran faites par le P. Gallez dans sa thèse). Et on en arrive à la thèse du P. Gallez.]
SH :
Si Waraqa a bien bénéficié de l’Évangile hébreu, le Coran n’en a pas gardé les traces;
[Olaf : Ni l’Histoire en général. Que sait-on réellement de l’Evangile aux Hébreux ? Que peut-on savoir de sa version telle qu’elle a pu être conservée et transmise (modifiée ?) au sein de la mouvance nazaréenne ?]
SH :
en effet, cet évangile considère que Jésus est fils de Joseph, alors que pour le Coran Jésus est issus de la parole de Dieu et que Jésus a été exécuté par les Romains, alors que le Coran nie son exécution. Enfin nie son exécution, ce n’est pas exact; il dit juste que les Juifs ne l’ont pas exécuté, ce qui est une réponse au Talmud qui prétend que ce sont les rabbins qui ont pendu Jésus.
[Olaf : Ici, on est et sera toujours, en l’état du dossier, dans la conjecture. On peut imaginer que les Nazaréens, négateurs de la crucifixion, aient mis de l’eau dans leur vin à ce sujet pour mieux amadouer des Arabes chrétiens. Ceci expliquerait que les califes supposément musulmans fassent frapper des monnaies marquées de croix chrétiennes, ou qu’ils ne procèdent pas dès les premiers temps de la conquête arabe à l’abattage de toutes les croix publiques. On peut aussi imaginer que ce refus de la crucifixion soit une élaboration encore plus tardive, propre aux seuls musulmans, de manière à marquer la différence avec les chrétiens ou même avec les Nazaréens (auquel cas il faudrait supposer que ceux-ci avaient alors accepté la crucifixion). On pourrait ainsi imaginer que les Nazaréens pensaient que Jésus avait été crucifié, mais qu’il n’était pas mort, ou même qu’il avait succombé sur la croix mais que Dieu l’aurait quand même mis en réserve pour qu’il redescende un jour finir sa mission politique. Le texte coranique est suffisamment flou sur ce sujet pour laisser la place à plusieurs hypothèses. Bref, comme je l’écrivais en conclusion du livre Le grand secret de l’islam, « il manque encore quelques pièces au puzzle ».]
SH :
De plus, cette synthèse aurait un cadre politique simple, il s’agissait pour Muhammad de fédérer les tribus arabes (certaines chrétiennes, d’autres judaïsantes et d’autres encore païennes, quand ces différentes tendances ne coexistaient pas dans une même tribu) et de leur donner leur propre histoire afin de maintenir l’indépendance face aux Byzantins qui lorgnaient vers les terres arabes et qui voulaient mettre fin à cette indépendance. Et puis, non seulement, les tribus fédérées par Muhammad résistent aux Byzantins, mais en plus elles prennent pied dans le monde byzantins faisant tomber de nombreuses cités, et dans l’Empire sassanide qui s’effondre en quelques décennies, victime à la fois des incursions musulmanes et de ses rivalités internes. C’est alors que la doctrine musulmane doit se cristalliser et devenir cohérente. C’est ainsi que l’islam ne sera pas seulement la religion musulmane, mais aussi une arabisation de ses adeptes, c’est ainsi que les berbères du Maghreb croient qu’ils sont arabes. Bref, l’islam était avant tout une tentative de former une religion nationale et qui, par les conquêtes, sera obligé de s’universaliser.
[Olaf : Idée à développer, les discussions pourraient être intéressantes. Il faudrait expliquer alors pourquoi et comment les Arabes ont-ils développé la notion d’être le nouveau peuple élu par Dieu, en lieu et place du peuple juif. Comment Ismaël a-t-il bien pu remplacer Isaac ? Comment diable des Arabes ont-ils eu l’idée subitement de se revendiquer d’Ismaël pour prétendre supplanter les Juifs… Et pourquoi ont-ils relevé le Temple de Jérusalem ? Et pourquoi étaient-ils initialement en de relatifs bons termes avec Byzance, allant même jusqu’à leur verser un tribut ?]
SH :
L’islam va aussi développer, avec l’omniprésence de Jésus dans la culture chrétienne, l’omniprésence de Muhammad; faisant de ce dernier le «nouveau messie»; mais ces passages sont probablement des élucubrations califales:
[Olaf : Oui, sans doute, et ce d’autant plus que ce sont les califes (et par eux les Arabes conquérants) qui se sont d’abord pris pour le messie, qui se sont crûs fondés à conquérir le monde au nom de Dieu : c’est l’étymologie du mot de calife, qui signifie originellement « lieutenant », « gestionnaire » [de Dieu sur terre]. Lors de l’élaboration de la légende islamique de Mahomet, l’accent a dû être mis sur le côté messianique / super-héros / tout puissant de Mahomet pour mieux valoriser la figure califale et ses prérogatives de pouvoir.]
SH :
il a été remarqué depuis longtemps que les shahadah écrites sur des murs ou des tombes quand elles datent du VIIe siècle, ne mentionnent que Il n’est de Dieu que Dieu ou Il n’est de Dieu que Dieu et l’ange Gabriel est l’envoyé de Dieu;
« Il n’est de Dieu que Dieu et l’ange Gabriel est l’envoyé de Dieu »
[Olaf : Jamais entendu parler ou lu quoi que ce soit à ce sujet… J’aimerais bien avoir vos sources]
SH :
ce n’est qu’au VIIIe siècle que l’on trouve des traces de la shahadah courante Il n’est de Dieu que Dieu et Muhammad est l’envoyé de Dieu.
[Olaf : Cf. Le grand secret de l’islam, la thèse du P. Gallez ou son site[20] ]
SH :
Cette importante angélologie rapproche l’islam de la mystique hénochéenne et des autres mystiques juives (les feuillets d’Abraham, c’est probablement le Sefer Yetzirah).
La mystique est probablement la part la plus intéressante de l’islam qui va influencer tant le judaïsme que le christianisme et même l’hindouisme…
[Olaf : ??? On aimerait bien voir cela en détail. En quoi l’islam a-t-il influencé la foi juive, hindoue ou chrétienne ?]
SH :
Bref, la thèse d’Odon Lafontaine qui résume celle du Père Gallez est avant tout une thèse idéologique qui vise à présenter l’islam comme une réaction judaïsante face à Paul, ce qu’il est en partie...
[Olaf : C’est votre lecture qui est idéologique et veut absolument faire entrer cette thèse dans les cases de votre esprit. Vous n’avez montré en rien en quoi une quelconque idéologie nous aurait fait travestir les faits ou bien aurait obscurci notre jugement, biaisé nos analyses, forcé nos conclusions, pour reprendre ce que j’écrivais plus haut. « Apportez vos preuves, si vous êtes véridiques » dit le Coran (S2,111). Moi j’apporte les miennes, apportez donc les vôtres.]
SH :
Le christianisme et l’islam sont faux historiquement et vrais spirituellement,
[Olaf : ??? Qu’est-ce que cela veut dire ?]
SH :
ce sont des mystiques qui étaient accompagnées d’objectifs politiques et qui furent dépassées par leurs succès...
[Olaf : Quels étaient donc les « objectifs politiques » du christianisme ? Se faire manger par les lions ?]
SH :
Leurs textes, avant tout mystiques
[Olaf : ??? Mais qu’est-ce que c’est que ce charabia ?]
SH :
, durent ensuite servir à établir leurs fondements religieux, ce qui n’était pas facile, avec toutes les contradictions qu’ils comportaient. Celles-ci sont assez faciles à déceler: les évangiles synoptiques ne divinisent pas Jésus alors que celui de Jean oui;
[Olaf : Dire de but en blanc que Jésus est Dieu est éminemment choquant pour un Juif. Même l’Evangile selon Saint Matthieu, composé à l’intention des Juifs (Israélites) et qui emploie pour cela des façons détournées de le dire, met parfois carrément les pieds dans le plat. Quoi qu’il en soit, cette affirmation sur les synoptiques est grotesque, à croire que vous ne les avez jamais lus ou que vous ne comprenez rien à la psychologie orientale. Expliquez-moi donc alors le sens des quelques passages suivants (non exhaustif) :
- Matthieu 2:15, Matthieu 3:17, Matthieu 4:3, Matthieu 4:6, Matthieu 8:29, Matthieu 14:33, Matthieu 16:16, Matthieu 17:5, Matthieu 24:36, Matthieu 26:63-64 (devant le Sanhédrin), Matthieu 27:54, Matthieu 28:19 (« baptisez les au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit » demande Jésus lui-même ... Qu'est-ce que ce « Fils » ? Et cet « Esprit » ?)
- Marc 1:1, Marc 1:11, Marc 3:11, Marc 5:7, Marc 9:7, Marc 12:6, Marc 13:32, Marc 14:61-62 (devant le Sanhédrin), Marc 15:39
- Luc 1:32, Luc 1:35, Luc 3:22, Luc 9:35, Luc 10:22, Luc 20:13, Luc 22,70
Et en sus, il faudrait que vous nous expliquiez comment une mentalité orientale pouvait percevoir les récits de guérison ou d’exorcisme que Jésus réalisait par lui-même (et non via la médiation du Temple)… Voir par exemple la guérison des 10 lépreux (Lc 17, 11-19)
Et même pour un non-croyant, dire que Jésus est Dieu est difficilement compréhensible (la preuve avec votre propre cas !). C’est très conceptuel en fait, limite abstrait. J’ai utilisé à la place la formule « croire que la présence divine est vraiment en lui » dans Le grand secret de l’islam, ce qui revient à peu près au même et correspond mieux aux psychologies orientales, beaucoup plus concrètes que ne le sont les occidentaux.]
SH :
le Coran est avant tout arabe et n’a aucun universalisme, alors que par ses conquêtes il sera obligé de s’universaliser, ce qui se traduira par l’arabisation forcée des populations conquises.
----------------------------------------------------------------------------------------------------------
[Olaf : Qu’écrire en conclusion de tout cela ?
1) Lisez les auteurs que vous voulez réfuter ;
2) Réfutez les pour ce qu’ils ont écrit, pour leurs argumentations réelles et non sur la base de déformations de ces argumentations ;
3) Réfutez les pour ce qu’ils ont écrit et non pour ce que vous croyez qu’ils sont : la recherche s’intéresse aux idées et aux faits, pas aux personnes ;
4) A votre disposition pour continuer d’échanger sur ces bases-là.]
----------------------------------------------------------------------------------------------------------

[0]https://www.facebook.com/notes/stephan-hoebeeck/les-jud%C3%A9o-nazar%C3%A9ens-et-les-origines-de-lislam-r%C3%A9ponse-%C3%A0-odon-lafontaine-et-%C3%A0-que/10155820886588210/?notif_id=1509492475223878
[1]https://www.academia.edu/29326840/RECHERCHE_ISLAMOLOGIQUE_ET_D%C3%89NI_DE_R%C3%89ALIT%C3%89_MUSULMAN
[2] Voir Le grand secret de l’islam, op. cit. p. 153
[3] Aussi ridicule qu’il puisse être, le concordisme (« miracles scientifiques » du Coran, « miracles numérologiques ») est la poursuite de ce processus d’interprétation du texte coranique dans le sens de l’islam
[4] Voir par exemple Larry W. Hurtado (Le Seigneur Jésus Christ, Cerf, 2009), John P. Meier (Un certain Juif nommé Jésus, t1, les données de l’histoire, Cerf, 2009), Etienne Nodet et Justin Taylor (Essai sur les origines du christianisme, Cerf, 2002), tous auteurs très marqués, particulièrement les deux premiers, par les « dogmes » de la primauté du grec sur l’araméen, de la primauté de l’écrit sur l’oralité, ainsi que les élucubrations sur la source Q (cf. http://www.dailymotion.com/video/x89ln0 )
[5] Monsieur Onfray au pays des mythes, Salvator, 2017
[6] Voir ses ouvrages, en commençant par Karozoutha de la Bonne Nouvelle en araméen et Evangiles gréco-latins, (Désiris, 1994) et La transmission des Evangiles (Sarment, 2006) ; voir aussi Frédéric Guigain : La Torah de la Nouvelle Alliance selon la récitation orale des Apôtres : texte des Evangiles et des Actes selon la version stricte d'Orient (Cariscript, 2011), et Exégèse d’oralité (2 tomes chez Cariscript, 2012 et 2017)
[7] Cf. récit dit de « L’Institution des diacres » dans les Actes des Apôtres (Ac 6) : http://www.eecho.fr/video-etude-du-chapitre-6-des-actes-des-apotres/
[8] http://www.hebrewnewtestament.com/khabouris.htm
[9] Voir Frédéric Guigain, La proclamation synagogale du Saint Évangile (Cariscript, 2015) Ce qui au passage indique une composition largement antérieure à la destruction du Temple en 70 – même si des passages ont pu être probablement modifiés ou ajoutés après (je pense à Jn 2,21 « mais il parlait du Temple de son corps »)
[10] http://www.eecho.fr/les-evangiles-de-loral-a-lecrit-entretien-avec-pierre-perrier/ et http://www.eecho.fr/pierre-perrier-la-civilisation-arameenne-et-chretienne/
[11] Cf. Edouard Marie Gallez, Le Messie et son prophète, 2 tomes, 2005-2010, Editions de Paris, collection Studia Arabica sous la direction de Marie-Thérèse Urvoy ; voir ici également une vidéo de synthèse de certains éléments de cette exégèse coranique : https://www.youtube.com/watch?v=O_3P5zyX0Ec
[12] S3,145 : « Personne ne peut mourir que par la permission de Dieu, et au moment prédéterminé. » S7, 178 : « Quiconque Dieu guide, voilà le bien guidé. Et quiconque Il égare, voilà les perdants. » S25,2 : « Et Il a créé toute chose avec Sa Prédestinée. » S39, 62 : « Dieu est le Créateur de toute chose et toute chose est à Sa Charge » S68,28 : « Ton Seigneur crée et choisit ce qu'Il veut. Ils [les adversaires de la foi, les associateurs] n’ont pas le choix » Sahih Boukhari (livre des menstrues, 315) : « Pour chaque matrice [utérus], Dieu a désigné un ange qui dira : Seigneur, une goutte de sperme ; Seigneur un caillot de sang ; Seigneur un morceau de chair. Puis, si Dieu veut terminer sa création, l’ange demandera : Seigneur, un garçon ou une fille ? Un malheureux ou un heureux ? Quelle sera sa subsistance ? Quel sera le terme de la vie ? Tout cela sera inscrit tandis qu’il sera dans le ventre de sa mère. »
[13] S10,41 : « Et s’ils te traitent de menteur, dis alors: “A moi mon œuvre, et à vous la vôtre. Vous n’êtes pas responsables de ce que je fais et je ne suis pas responsable de ce que vous faites” »
[14] Voir ici par exemple : http://philoscsoc.ulb.be/fr/actualite/lenregistrement-audio-de-la-chaire-islam-histoire-cultures-et-societe-lulb-est-des-present
[15]https://www.academia.edu/29326840/RECHERCHE_ISLAMOLOGIQUE_ET_D%C3%89NI_DE_R%C3%89ALIT%C3%89_MUSULMAN
[16] Mentionnons cependant votre site, et en particulier cet article : http://essenochristianisme.blogspot.fr/2016/09/la-propheties-sur-les-nazareens-chez.html
[17] Mt 13, 24-30 & 36-43
[18] Voir par exemple sur Akadem les travaux de Dan Jaffé :
http://www.akadem.org/sommaire/themes/histoire/ere-biblique/premiers-chretiens/de-l-acceptation-bienveillante-au-rejet-25-02-2011-12152_52.php http://www.akadem.org/sommaire/themes/histoire/ere-biblique/premiers-chretiens/quand-le-talmud-raconte-jesus-01-01-1970-13012_52.php http://www.akadem.org/sommaire/themes/histoire/ere-biblique/premiers-chretiens/les-relations-entre-les-juifs-et-les-premiers-chretiens-07-04-2011-13013_52.php
[19] Cf. découverte du fragment 7Q5 parmi les manuscrits de la Mer Morte, possiblement attribuable à un exemplaire très ancien (avant 50) de l’Evangile selon Saint Marc en grec
[20] http://www.lemessieetsonprophete.com/annexes/La_Shahadah_islamique_primitive.html
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MessagePosté le: Dim 13 Mai - 15:47 (2018)    Sujet du message: LE GRAND SECRET DE L'ISLAM : le dévoilement des origines !! Répondre en citant

 

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MessagePosté le: Mer 13 Juin - 13:43 (2018)    Sujet du message: LE GRAND SECRET DE L'ISLAM : le dévoilement des origines !! Répondre en citant

Entretien avec Odon Lafontaine
Par Franck ABED le 11 juin 2018
 
Odon Lafontaine est l’auteur des livres Le Grand Secret de l’Islam (Createspace 2014-2018 et diffusion libre via le site http://legrandsecretdelislam.com) et La Laïcité, mère porteuse de l’islam ?, avec le P. Michel Viot (Ed. Saint Léger-les Unpertinents, 2017). Franck Abed : Pour quelles raisons utilisez-vous un pseudonyme ? Certes, vous apparaissez à visage découvert mais non sous votre vraie identité. Le propre du chercheur de vérité n’est-il pas la cohérence totale et absolue ?
Odon Lafontaine : « Montrez-vous donc prudents comme les serpents et candides comme les colombes »
J’utilise un pseudonyme pour protéger mon activité professionnelle et ma famille. 
Comme vous le faites remarquer, utiliser un pseudonyme n’est pas cependant fuir ma responsabilité de « chercheur de vérité ». Je suis reconnaissable, apparaissant sciemment à visage découvert, et ainsi régulièrement reconnu, dans la rue ou ailleurs. Je suis toujours joignable via mon éditeur (M. Giard, éditions Saint Léger – Les Unpertinents), l’association EEChO, mon site internet et les réseaux sociaux. Je réponds à tout et à tous. 
Je ne suis donc pas un anonyme.
FA : Vous êtes de religion catholique romaine. Qu’est-ce qui vous a mené à l’étude critique de la religion islamique ? Au cours de vos recherches avez-vous déjà pensé, au moins une fois, que l’islam pouvait être la vraie religion ?
OL : Si j’ai certes eu beaucoup de chance d’avoir tout reçu par ma famille, je ne suis réellement sur un chemin de foi catholique que depuis une petite dizaine d’années. J’ai eu auparavant un long passage à vide. C’est au cours de celui-ci que j’ai commencé à m’intéresser à l’islam. J’étais certes de culture catholique, mais n’étais pas croyant. J’avais des discussions fort intéressantes avec un collègue musulman, il y a 15 ans environ, lequel m’a présenté l’islam. Je n’avais alors pas vraiment d’a priori négatifs, ayant en tête plutôt les clichés hérités de l’orientalisme et de l’Éducation Nationale – l’Orient mystérieux, le « prophète Mahomet »… – et ceux de la geste militaire façon Fort Saganne – les hommes du désert  durs, droits et sincères.
Ces échanges avec ce collègue m’ont fait acheter un Coran, et je dois bien avouer que j’ai vite dessillé à sa lecture. Quand on connait un minimum la Bible, ancien et nouveau testaments, on peut difficilement mettre le Coran à leur niveau. Sur le plan formel, le Coran est d’un abord difficile, et de construction très différente des textes bibliques, par son caractère décousu, ses constants sauts et ruptures de narration, ses imprécations, ses menaces… Comment pourrait-on croire, ou trouver plausible que Dieu « parle » ainsi, directement, dans le Coran en changeant alors complètement de registre au regard des textes bibliques ? 
Plus profondément, quand on vient à s’intéresser au sens du texte, on remarque rapidement dans le Coran une forme de retour à un certain esprit du judaïsme, légaliste, pointilleux, superficiel, qui semblerait passer par pertes et profits le message évangélique. Il n’y a pas besoin d’être croyant – je ne l’étais pas à l’époque – pour se rendre compte que la dénonciation des « sépulcres blanchis » à laquelle se livrait le Christ, celle de ceux qui acquittent religieusement « la dîme de la menthe, du fenouil et du cumin, après avoir négligé les points les plus graves de la Loi, la justice, la miséricorde et la bonne foi » et « filtrent le moucheron mais avalent le chameau » pourrait tout à fait correspondre à la dénonciation de l’état d’esprit qui a présidé à la rédaction du Coran. C’est au final ce qu’a très bien résumé un islamologue français du XXe siècle que j’ai découvert par la suite, Roger Arnaldez : « Que peut-on tirer d’un tel livre [le Coran] qui ait quelque valeur et qui ne se trouve pas déjà, sous une forme incomparablement plus parfaite dans l’Ancien ou le Nouveau Testament ou dans les ouvrages anciens (antérieurs à l’Islam) de la tradition juive ou chrétienne ? » (Roger Arnaldez, lettre au P. Borrmans, 1994).
De là, ma curiosité a été piquée : le discours de mon collègue sur l’islam comme ultime religion révélée, venue parachever le judaïsme et le christianisme, ne correspondait pas à la réalité de ce que je lisais dans le Coran. J’ai senti qu’il y avait un problème fondamental, principiel, dans l’islam et que, pour le comprendre, il fallait en revenir à ses origines, s’intéresser aux travaux de la recherche scientifique dans ce domaine. C’est ainsi que j’ai rencontré le P. Edouard-Marie Gallez csj et ai compris que l’islam provient très lointainement d’un courant juif disparu (judéonazaréen), remontant aux premiers temps du christianisme et à une contrefaçon de l’idée de salut du monde introduite premièrement par les chrétiens.
Et donc pour répondre à votre question, l’islam a eu sa chance mais celle-ci a vite disparu à la lecture du Coran. J’ajouterai que je n’aime pas cette question de la « vraie religion », dont j’aimerais bien qu’en soient explicités les présupposés. Je ne me suis pas converti par la suite à « une religion » quand je suis venu à la foi catholique. J’ai découvert le Christ et la bonne espérance du salut donné aux hommes, transmis par l’Eglise qu’il a fondée, et non « une religion ».
FA : Quels sont pour vous les trois meilleurs arguments pour expliquer que l’islam ne peut être considérée comme la vraie religion ?
OL : Par « la vraie religion », j’imagine que vous entendez quelque chose comme « ce que Dieu voudrait ». Bien malin celui qui sait ce que Dieu veut… Il n’a plus qu’à le faire parler ! C’est d’ailleurs tout le programme du Coran et de l’islam, qui, à ce titre, se considère comme « la vraie religion ». Je n’aime décidément pas cette question de « la vraie religion » qui restreint le sujet de la critique des faux systèmes spirituels et des fausses espérances aux seules « religions ». Je répondrai à la place à celle-ci : quels sont pour vous les meilleurs arguments pour expliquer que l’islam ne peut être considéré comme vrai ?
Arguments théologiques : l’islam est une très mauvaise réponse au scandale du mal et de l’injustice sur cette terre
– L’islam ne délivre pas l’homme du mal, mais tente en vain de contenir le mal en le codifiant dans la charia.
– L’application de l’islam ne sauve pas le monde du mal ; au contraire, en prônant le recours au mal en vue du salut du monde, en vue du bien absolument supérieur que représenterait un monde entièrement musulman, soumis à la charia, l’islam ne fait qu’ajouter du mal au mal.
Arguments apocalyptiques : l’islam place la plupart des musulmans, parfois à leur corps défendant, dans le camp de l’antichrist
– L’islam, après avoir servi d’outil de manipulation des musulmans depuis ses origines et au long de son histoire (par les inspirateurs judéonazaréens, par les califes, par les chefs musulmans), est désormais exploité par de grands intérêts dans des stratégies mondiales de déstabilisation des nations et d’éclatement des sociétés civiles, occidentales comme musulmanes, afin d’en faciliter la prise de contrôle depuis l’extérieur.
Les logiques de soumission à l’autorité (1), de radicalisation et de surislamisation (2), de solidarité automatique quasi-clanique entre musulmans (3) et du messianisme islamique  (4) sont utilisées pour influencer très largement les populations musulmanes, comme le fait par exemple un Georges Soros lorsqu’il finance le CCIF (Collectif Contre l’Islamophobie en France). Il est particulièrement difficile à un musulman de s’extraire en tant que musulman de ces logiques idéologiques, du chantage au sens de l’histoire et autres pressions collectives. 
L’islam est tout aussi allègrement exploité lorsque sa logique messianiste et millénariste est mise à profit pour fournir des moudjahidines fanatiques dans les guerres des grandes puissances. Le prince Mohammed Bin Salman d’Arabie Saoudite l’avait même avoué récemment (5) : le djihadisme avait été sciemment entretenu par les Wahhabites à la demande  des Occidentaux lors de la guerre froide, pour alimenter en chair à canon leurs guerres contre l’Union Soviétique et ses alliés. Sachant cela, qu’en est-il des djihads d’aujourd’hui ? Qu’en est-il de ceux de Bosnie, de Tchétchénie, de Libye, d’Irak ou de Syrie ? Et de ceux menés en Europe Occidentale ? « Islam is simple, and people are trying to hijack it » [[i]l’islam est simple, et certains essaient de le manipuler[/i]] disait ainsi le prince saoudien dans le même entretien. Plus que jamais, du fait de ses logiques idéologiques, l’islam est manipulé dans des manœuvres mondiales qui dépassent de très loin ses seuls intérêts.
Arguments historiques : l’islam comme il se présente est une construction idéologique dont le discours sur ses origines relève de la légende fantasmagorique
– La Mecque n’existait pas à l’époque de Mahomet. Nous en avions les preuves par les analyses philologiques, et également par des analyses géographiques et climatologiques (6). Nous en avons désormais des preuves physiques irréfutables, par l’archéologie (7). Cette ville a été inventée par les califes comme lieu des origines dans le cadre du long processus de légitimation de leur pouvoir par la création de l’islam, de ses écritures et de ses traditions. Si La Mecque est une invention, comme démontré de manière implacable par l’archéologie, alors c’est toute la plausibilité du récit musulman qui s’effondre.
– Le Mahomet de l’histoire ne s’est jamais prétendu prophète de l’islam, et n’a jamais été décrit comme tel à son époque dans les témoignages contemporains – il faut attendre 60 à 80 ans au moins après sa mort pour qu’il soit présenté ainsi (8). Les textes musulmans datent quant à eux de 150 à 200 ans a minima après la mort de Mahomet.
– Le Coran révèle ses origines judéo-nazaréennes pour qui l’étudie objectivement : si on l’extrait de sa gangue de gloses et de lecture biaisée, forcée par des siècles de tradition musulmane, le Coran apparait non pas comme un texte musulman mais comme un reflet des traditions bibliques et para-bibliques vivantes du Proche-Orient de l’Antiquité tardive, comme un texte arabo-araméen (reposant sur des soubassements linguistiques araméens et non arabes), et, surtout, comme un texte pétri de pensée juive-nazaréenne. Au point même qu’y est définie cette communauté juive-nazaréenne si influente aux origines de l’islam. Comme ici par exemple : « Mais ils [les Juifs, ceux qui ont « [i]encouru la colère de Dieu[/i] », cf. verset précédent] ne sont pas tous pareils. Il est, parmi les gens du Livre [les « gens de la Torah », les Juifs], une communauté droite qui, aux heures de la nuit, se tient debout, récite les versets de Dieu et se prosterne. Ils croient en Dieu et au Jour dernier, ordonnent le convenable, interdisent le blâmable et concourent aux bonnes œuvres. Ceux-là sont parmi les gens de bien. » (S3,113-114).
FA : Vous avez débattu avec Karim AlHanifi. Pourriez-vous nous expliquer les raisons qui vous ont amené à accepter cette confrontation intellectuelle filmée ? Quels enseignements en tirez-vous ? A l’avenir, s’il venait à vous proposer une nouvelle joute verbale accepteriez-vous ?
OL : La raison première a été l’insistance avec laquelle un converti à l’islam (Cédric B., qui a depuis disparu des radars) m’a demandé de participer à un débat avec un « cheikh » sur mon livre Le grand secret de l’islam et sur l’historicité de l’islam (un certain « cheikh islam » si je me souviens bien). J’avais fini par donner un accord de principe pour un débat que j’aurais voulu scientifique, portant sur le travail de recherche historique, sur les découvertes des universitaires et des chercheurs, et évacuant les tautologies historiques et raisonnements circulaires propres à l’islam (du genre « l’islam vient de Dieu car Mahomet est un prophète divin car c’est stipulé dans le Coran qui vient de Dieu puisque Mahomet l’a révélé »). Le « cheikh islam » s’étant fait porter pâle, Karim a été contacté pour le remplacer.
J’ai accepté la proposition, y voyant une occasion de faire connaitre au grand public musulman certains éléments issus de la recherche historique qu’il ignorait totalement. Sur ce point, la mission a été accomplie. Largement accomplie si j’en crois les retours de musulmans et ex-musulmans que je reçois.
J’ai été cependant très déçu par le niveau de mon interlocuteur et celui auquel il a placé le débat. Dans ce sens, on ne peut pas vraiment parler de « confrontation intellectuelle ». On aura vu cependant chez lui que devant les découvertes des chercheurs, il n’y avait rien à opposer sinon la production de sources musulmanes postérieures d’au moins deux siècles aux faits qu’elles décrivent, sinon la mise en œuvre de ficelles rhétoriques particulièrement fallacieuses (9), entre attaques ad personam, déformations constantes de la thèse attaquée et des arguments de la recherche, et pétitions de principe. Et sinon, également, une attitude particulièrement grossière et discourtoise, inacceptable dans un esprit de « confrontation intellectuelle » : excitation et cris exaltés, prise à partie constante dans un simulacre de discussion qu’interdisait le format-cadre du débat, flagrance de certaines malhonnêtetés intellectuelles rendant de fait impossible le débat…
J’ai pour cela refusé de donner suite à ce débat, recommandant à Karim, s’il voulait peser pour quelque chose dans le débat scientifique, de mettre par écrit ses arguments et de se faire publier. On disposerait ainsi d’une base tangible pour une éventuelle discussion, base qui, plus de 2 ans après ce premier débat, n’existe toujours pas. Karim et, plus généralement, le monde musulman sont désespérément muets dans le débat scientifique sur les origines de l’islam, lequel se joue sans eux, à cause peut-être de l’attitude de gens comme Karim.
FA : D’une manière générale, que pensez-vous des prises de position de l’actuelle hiérarchie catholique à l’endroit de l’islam ? Des chrétiens orientaux ?
OL : On trouve tous types de posture, et l’on ne peut comprendre une telle variété sans s’arrêter sur la très grave crise de la théologie « des religions » qui secoue toute l’Eglise. Le magistère est pourtant clair et constant : le seul salut sur cette terre est en Jésus Christ, et, à ce titre, l’islam est une voie de damnation. Comme le sont les témoins de Jéhovah, le bouddhisme ou le marxisme. C’est très clair dans les textes du Concile Vatican II, lesquels ne mentionnent nullement une quelconque estime pour l’islam mais pour les seules personnes musulmanes, et enjoignent à la mission avec une ardeur revigorante, notamment auprès d’eux. 
Cette crise est celle de la pensée (latine !) du sens chrétien de l’histoire, des fins dernières et du devenir du monde à l’accomplissement des siècles. Elle provient d’un mouvement de fond très ancien remontant au moins à la fin du Moyen Âge. Benoit XVI a beau avoir publié avec maestria sur la question (Encyclique Spe Salvi), de nombreux catholiques ont perdu le sens chrétien des fins dernières et s’adonnent à toutes sortes de projets de cité parfaite à construire maintenant ici-bas, projets de type « règne social de NSJC » détourné de sa finalité ou de type « monde de paix, de convivialité heureuse et d’harmonie avec tous ». On oublie le sens profond de la parabole du bon grain et de l’ivraie : mal et bien cohabiteront jusqu’au jugement, et c’est seulement par le retour dans la gloire du Seigneur et par son jugement qu’un monde délivré du mal est envisageable. Il ne nous appartient pas de faire le jugement à sa place mais tout au plus de le préfigurer par notre conduite. Et de faire des disciples.
La hiérarchie catholique, les évêques, font face comme ils peuvent. Certains sont pris par les séductions du monde, et collaborent de fait à des projets antichrétiens. D’autres conduisent courageusement leur troupeau. Leur tâche est éminemment difficile.
Quant aux prises de position de la hiérarchie catholique à l’endroit des chrétiens orientaux, je ne vois pas bien à quoi est-ce que vous faites référence. A la création prochaine de Monseigneur Louis Sako comme cardinal ?
1) La soumission au chef, à l’autorité, est à l’image de celle que Dieu exige pour lui-même en islam : « Ô les croyants ! Obéissez à Dieu, et obéissez au Messager et à ceux d’entre vous qui détiennent le commandement. » (S4,59)
2) Le « bon musulman », celui qui applique mieux ou davantage les commandements de l’islam, est sensé disposer d’un ascendant moral sur le « mauvais musulman », lequel ascendant renforce son assurance d’aller au paradis ; c’est un des ressorts des logiques de la réislamisation et surislamisation des communautés musulmanes (et également de l’abandon de l’islam par de nombreux musulmans, fatigués de cette incessante logique d’opposition des uns aux autres).
3) Soutenir un musulman dans l’adversité contre les non-musulmans, même si celui-ci a tort : « Je [Dieu] ne laisse point perdre l’acte de celui qui agit [bien] parmi vous, soit homme, soit femme : vous participez les uns des
autres. » (S3,195 ) ; « Les croyants et les croyantes sont alliés les uns des autres. Ils commandent le convenable, interdisent le blâmable » (S9,71) ; « Ô les croyants ! Ne prenez pas pour alliés les Juifs et les Nazaréens [chrétiens, selon l’acception islamique] ; ils sont alliés les uns des autres. Et celui d’entre vous qui les prend pour alliés, devient un des leurs. Dieu ne guide certes pas les gens injustes. » (S5,51)
4) Défendre envers et contre tout l’islam, son projet, son sens de l’histoire contre toutes les adversités (exemple de la signature en 2000, lors de la 9e conférence de l’OCI par les 57 chefs d’Etat musulman du document « Stratégie de l’Action Islamique Culturelle à l’extérieur du Monde islamique » : les frères ennemis (chiites-sunnites, wahhabites- iraniens-turcs, …) sont ainsi tout à fait capables de signer un même document lorsque le projet de l’islam est en jeu, à savoir l’islamisation des pays non musulmans. https://www.isesco.org.ma/wp-content/uploads/sites/2/2015/05/StratégieExtVF…
5) https://www.washingtonpost.com/world/national-security/saudi-prince-denies-…
2018/03/22/701a9c9e-2e22-11e8-8688-e053ba58f1e4_story.html
6) cf. travaux de Patricia Crone (Hagarism, the making of the islamic world, 1977, Cambridge University Press ; Meccan Trade and the Rise of Islam, Princeton University Press, 1987, et ses articles, dont « How Did the Quranic Pagans Make a Living? », in Bulletin of the School of Oriental and African Studies, University of London, Vol. 68, No. 3,2005 ) et travaux d’Edouard-Marie Gallez (Le Messie et son Prophète, 2 tomes aux Editions de Paris, 2005-2010)
7) Cf. travaux de Dan Gibson (Early Islamic Qiblas, Independent Scholar’s Press, 2017)
8) Cf. Patricia Crone (op. cit.), Robert Hoyland (Seeing islam as ohers saw it, Darwin Press, 1998), Alfred-Louis de Prémare (Les fondations de l’islam, Le Seuil, 2002), Stephen Shoemaker (The death of a prophet, Univ. of Pennsylvania Press, 2011), Michael Philip Pen (When christians first met muslims, Univ. Of California Press, 2015)








9) J’invite les lecteurs intéressés au visionnage du débat depuis ma chaine youtube, où celui-ci est publié accompagné d’un sous-titrage qui commente en direct cette rhétorique fallacieuse
Propos recueillis par Franck ABED le 11 juin 2018
 
Le 11 juin 1144 : consécration de la basilique de Saint-Denis
_________________
http://legrandsecretdelislam.com


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MessagePosté le: Aujourd’hui à 23:27 (2018)    Sujet du message: LE GRAND SECRET DE L'ISLAM : le dévoilement des origines !!

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