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Garaudy Roger
 
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yacoub
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MessagePosté le: Mer 15 Oct - 16:59 (2014)    Sujet du message: Garaudy Roger Répondre en citant

Hommage à Roger Garaudy, le philosophe à contre-courant de la « pensée unique »

Près de 200 personnes étaient réunies au crématorium de Champigny-sur-Marne (Val-de-Marne) lundi 18 juin, à 15 h, pour dire un ultime adieu à Roger Garaudy, décédé mercredi 13 juin de mort naturelle à l’âge de 98 ans. Malgré la controverse qui entoure l’homme accusé de négationnisme, elles ont tenu à participer à l’hommage funéraire rendu à l’ancien homme politique et intellectuel converti à l’islam. Retour sur un après-midi d’hommage riche en émotions.



Hommage à Roger Garaudy, le philosophe à contre-courant de la « pensée unique »


Musulmans, chrétiens, athées, juifs, jeunes, vieux : le public venu dire adieu à Roger Garaudy est hétéroclite. Tous sont venus rendre hommage, soit à la figure communiste, soit à l’intellectuel qu’il était. Certains le connaissaient personnellement alors que d’autres ne l'ont découvert que par ses écrits mais tous ont voulu saluer un homme qui représente beaucoup à leurs yeux.



Emotion vive au crématorium


Roger Garaudy était de confession musulmane. Au terme, d’un long cheminement spirituel, il avait embrassé la religion musulmane en 1980. Son hommage funéraire s’est donc ouvert par une prière islamique pour le mort (salât al-janaza) effectuée spontanément par les musulmans pratiquants, venus nombreux, dans une salle mise à leur disposition.

Par la suite, dans le crématorium, la totalité du public s’est recueillie pour lui rendre un dernier hommage, après qu'il fut précisé qu'« aucune cérémonie religieuse » ne serait faite « selon la volonté de la famille ». Dans la salle, l’émotion est palpable. Les membres de la famille du défunt (sa femme, sa fille, sa petite-fille et son arrière-petite-fille), assis au premier rang, ne peuvent s’empêcher de retenir leurs larmes. Et ils ne sont pas les seuls à laisser aller leur chagrin.

Sur l’écran de télévision, qui fait face à l’assemblée, un diaporama alterne les couvertures des nombreux ouvrages de Roger Garaudy et des photos personnelles. On l’y voit au côté du pape Jean-Paul II ou encore auprès du dirigeant cubain Fidel Castro. Promesses de l’islam, Comment l’homme devint humain, Pour l’avènement de la femme, Grèves minières d'hier à aujourd'hui ou encore La Résurrection de l'Afrique et Marxistes et chrétiens face à face défilent aussi sur l’écran et témoignent de l’auteur prolifique qu’il était (on compte près de 70 ouvrages à son actif). En fond sonore, des chansons de Jean Ferrat appellent au recueillement.





Hommage à un homme de foi pacificateur


Quatre des proches de Roger Garaudy témoignent, dans leurs discours, de leur grande affection pour lui.

Le premier intervenant tient à citer un extrait de Parole d’homme (1975), dans lequel l'auteur évoque la mort : « J'aime la mort du même amour que la vie. (...) Tout ce que j'ai pu créer, par mon travail, ma pensée, mon amour, s'est inscrit et pour toujours dans la création continuée de l'homme par l'homme. »

Un autre de ses anciens amis communistes, Gaston Viens, ancien président du Conseil général du Val-de-Marne et ancien maire d'Orly, « ancien déporté de Buchenwald », précise-t-il, déclare pour sa part avoir été choqué par les propos « négationnistes » de Roger Garaudy mais a tenu à lui dire au revoir : « Je t'en ai voulu, nous nous sommes éloignés. (...) Tu disais souvent quand il y avait des débats dans le parti que tu lançais le bouchon trop loin. En 1997, avec le négationnisme, tu n'as pas lancé le bouchon trop loin, mais dans la mauvaise direction. (...) "À Dieu", Roger, même si je n'y crois pas. »

Yacob Mahi, professeur de religion islamique en Belgique et ami intime de Roger Garaudy, qu'il ne cesse de nommer « Maître Roger Garaudy », introduit son discours par la basmallah. Il exprime sa vive émotion en saluant la figure multiple du « philosophe, résistant, athée, chrétien, musulman », qu’il considère comme un « humaniste fraternel et un homme de foi (...) venu à l’islam sans renier son passé ».





Roger Garaudy, « un monument »


Pour Yacob Mahi, c'est « un monument qui nous a quittés, jouissant d'une culture considérable, (et qui) nous enseigne une pensée globale (reposant) sur le postulat de la Transcendance, de la relativité et de l'eschatologie ». Selon l'islamologue, « le maître Roger Garaudy dénonce les excès », qu'il s'agisse du « sionisme, qui n'est pas le judaïsme » ou de « l'islamisme, qui n'est pas l'islam ». « Il s'en allait trouver Dieu, ailleurs et partout, chez Rumi et Gandhi » et citant Garaudy : « Quel que soit le chemin de l'amour, il est celui de ma foi. J'ai choisi l'islam pour prendre parti tels les théologiens de la libération. »

Une des amies de jeunesse de l'intellectuel a, par ailleurs, pris la parole pour témoigner du passé de résistant de Roger Garaudy « au sommet des valeurs humaines », tout en ajoutant qu’il fut « un vrai et grand communiste », qui avait d’ailleurs atteint les plus hautes instances du parti avant d’en être exclu en 1970.

Lors de la cérémonie d'adieu, on sent que les œuvres de ce penseur laisseront des traces. En effet, celui qui a traversé presque un siècle d'histoire en a séduit plus d’un avec ses textes. Les jeunes générations ont tenu à saluer ce travail. Amina, émue jusqu’aux larmes pendant la cérémonie, a connu l’intellectuel à travers ses livres. Pour la jeune femme, il représente « un bel espoir pour l’humanité entière » car il « pacifiait les relations humaines ». « A travers ses livres, il encourageait au vivre-ensemble et allait au-delà des paroles », juge-t-elle.

Pour Antoine, un trentenaire converti à l'islam, participer à cet hommage est d’autant plus important qu’à ses yeux Roger Garaudy est une « inspiration » dont l’existence lui parle beaucoup et note l’intelligence d’un homme qui avait prédit l’avènement de l’islam en Occident depuis bien longtemps.





Un musulman incinéré ?


Roger Garaudy était-il un négationniste comme beaucoup l’affirment ? Pour ceux qui sont venus lui rendre un dernier hommage, ce n’est pas tout à fait le cas. Pour ces derniers, l’intellectuel a juste cherché à se poser des questions sur les camps de concentration. Ses questionnements ont alors suscité un tollé car ils allaient à l’encontre de la « pensée unique », estiment-ils.

D’après Antoine, sa « recherche très profonde » en a dérangé certains. « Un esprit critique » apprécié par Widad, qui, à 19 ans, trouve intéressant « l’avis original de l’Histoire » délivré par Roger Garaudy. Le controversé et médiatique humoriste Dieudonné était également présent, en justifiant rendre hommage à la « lutte contre le colonialisme » de Roger Garaudy. Une présence d'ailleurs pas forcément appréciée par le reste de l'assemblée composée de nombreux inconnus et simples amateurs de l'œuvre de Roger Garaudy, qui veulent garder de lui « la figure intellectuelle qui a traversé le siècle ».

D’autres personnes ont salué sa défense de la cause palestinienne tout comme sa défense de l’islam et des musulmans à travers, notamment, sa fondation en Espagne. Des musulmans, d'ailleurs, qui ont été nombreux à s'interroger sur le choix de la famille d’incinérer un homme qui est mort musulman alors que cela est proscrit dans l’islam : à la fin de l’hommage après que les personnes eurent été invitées à se recueillir une dernière fois sur le cercueil du défunt − chacun à sa manière, signe de croix, invocation paumes tournées vers le Ciel, dépôt de fleurs, signe de la main... à l'image de la diversité du public −, Roger Garaudy a été incinéré.

Sur les feuillets laissés à la disposition à la sortie du crématorium, on peut lire parmi les nombreux témoignages qui lui sont rendus celui de Catherine : « Je veux rendre hommage à cet homme de paix qui sauve l'honneur de l'Occident dominé par une idéologie nocive. Le système ne vous a pas rendu hommage. Mais sachez, Roger, que vous représentez l'espoir pour nous, humbles résistants. Paix à vous. »





Lire aussi :
Roger Garaudy, l'amoureux de Cordoue accusé de négationnisme, est décédé
Les « intellectuels faussaires » mitraillés par Pascal Boniface
Seyyed Hossein Nasr : « Nouveaux intellectuels musulmans : dépassons l'imitation de l'Occident »
Dieudonné : l'éternelle polémique

Maria Magassa-Konaté et Huê Trinh Nguyên


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MessagePosté le: Ven 17 Oct - 17:18 (2014)    Sujet du message: Garaudy Roger Répondre en citant

L'Occident est un accident
Roger Garaudy




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MessagePosté le: Ven 10 Juin - 17:29 (2016)    Sujet du message: Garaudy Roger Répondre en citant

Roger Garaudy, communiste et négationniste, symbole de l’islamo-gauchisme
Publié par Pierre-André Taguieff le 8 juin 2016

Les convertis à l’islam venant de l’extrême gauche suivent souvent,
depuis les années 1980, l’itinéraire prototypique d’un Roger Garaudy
(1913-2012).


Celui-ci, communiste stalinien séduit par le catholicisme, s’est
d’abord converti dans les années 1970 à un tiers-mondisme mâtiné
d’anti-occidentalisme ou d’hespérophobie (« L’Occident est un
accident« ) (1), puis a épousé la cause du monde musulman, y trouvant
un appui décisif pour combattre à la fois l’hyperpuissance américaine,
où il voit le principal vecteur du « totalitarisme du marché », et
l’État d’Israël, et plus largement le « lobby sioniste international
». Le Garaudy anticapitaliste et tiers- mondiste, l’humaniste « sans
frontières », pionnier de ce qui s’appellera vingt ans plus tard l'
»altermondialisme », était déjà applaudi par les « chrétiens de gauche
», qui le suivront dans l’ensemble avec enthousiasme lorsqu’il
épousera la cause palestinienne. Garaudy a participé activement à
l’entreprise de diabolisation d’Israël qui, à partir de l’été 1982, a
pris une ampleur inédite par l’exploitation cynique des massacres de
Sabra et Chatila (16-18 septembre 1982) commis par les Phalanges
chrétiennes libanaises et attribuées mensongèrement à l’armée
israélienne (2). Avant même les massacres de Sabra et Chatila, Israël
fut accusé publiquement de « terrorisme d’État » dans un placard
publicitaire publié par Le Monde le 17 juin 1982 sous le titre « Après
les massacres du Liban. Le sens de l’agression israélienne », signé
par Roger Garaudy, le père Michel Lelong et le pasteur Mathiot (3).
Après sa conversion à l’islam, en 1982, Garaudy entre dans un
processus de radicalisation de son « antisionisme ». Il publie tout
d’abord un pamphlet « antisioniste » intitulé L’Affaire Israël (1983)
(4), où il développe ses quatre principaux thèmes d’accusation visant
Israël et le « sionisme » : « racisme », « colonialisme », «
expansionnisme » (ou « impérialisme ») et « terrorisme d’État ». Cette
radicalisation le conduit à publier par les soins de La Vieille Taupe,
douze ans plus tard, en décembre 1995, son premier pamphlet
négationniste, Les Mythes fondateurs de la politique israélienne (5).
En raison du soutien apporté par l’abbé Pierre à son vieil ami, ce
pamphlet « antisioniste » va provoquer un débat houleux au printemps
1996. Rappelons que les éditions La Vieille Taupe avaient été fondées
par un groupe de militants d’extrême gauche qui, entre 1978 et 1980,
s’étaient ralliés aux « thèses » défendues par Robert Faurisson,
devenu depuis la figure emblématique du négationnisme français,
sillonnant le monde pour diffuser la « bonne nouvelle » selon laquelle
le génocide nazi des Juifs d’Europe n’aurait pas eu lieu et se
réduirait à un « mensonge de propagande (6) ».
L’argumentation négationniste s’est pleinement intégrée dans le
discours antisioniste des pays arabo- musulmans et de l’Iran islamiste
à travers le best-seller qu’a été ce méchant pamphlet qui semblait
provenir d’une officine, fabriqué par des faussaires amateurs avec des
matériaux empruntés hâtivement à diverses publications antijuives
confidentielles, et ce, sur le mode du plagiat (7).
Dans ce pamphlet qui revient à inscrire l’antisionisme dans un
antijudaïsme radical, Garaudy reprend à son compte l’essentialisation
négative du peuple juif comme peuple exterminateur et colonisateur,
identique à lui-même à travers l’ histoire, et l’ assortit d’ une
accusation de « purification ethnique » et de « racisme », ou, plus
exactement, de proto-racisme, ce qui revient à postuler que les Juifs
sont les inventeurs du racisme : « Cette « purification ethnique »
devenue systématique dans l’État d’Israël d’aujourd’hui, découle du
principe de la pureté ethnique empêchant le mélange du sang Juif avec
le « sang impur » de tous les autres. […] Ce racisme, modèle de tous
les autres racismes, est une idéologie de domination de différents
peuples (8). » L’accusation triple est claire : les Juifs sont
originellement racistes, impérialistes et exterminateurs de peuples
étrangers. En 1998, Garaudy publie un nouveau pamphlet judéophobe à
visage « antisioniste » : Le Procès du sionisme israélien (9). Dans la
foulée, il tonne contre le « monothéisme du marché » ou le «
monothéisme totalitaire du marché », réjouissant les milieux
anticapitalistes de tous bords. Se faisant l’inlassable propagandiste
de la désoccidentalisation du monde, il entonne régulièrement le
refrain « l’Occident est un accident (10) » et publie le libelle titré
Les États-Unis, avant-garde de la décadence (1997) (11). Garaudy
devient dès lors un « guide spirituel » ou une sorte de prophète pour
des mouvances extrémistes qui, autour d’une thématique «
antimondialiste », anti-américaine et antisioniste, sont classées à
l’extrême gauche comme à l’extrême droite.
Garaudy poursuit sa campagne anti-occidentale et antisioniste en
publiant, trois ans après les attentats antiaméricains du 11 septembre
2001, un long pamphlet intitulé Le Terrorisme occidental (12). Dans ce
pamphlet où il retrouve les accents tiers-mondistes de sa période
stalinienne (et néo-stalinienne), Garaudy se félicite de ce que les
États-Unis rencontrent « de plus en plus de résistance (…) dans leur
entreprise de « mondialisation », c’est-à-dire de colonisation étendue
à l’échelle mondiale et au profit d’un seul colonialiste (13) ». Ce
lourd pamphlet d’inspiration conspirationniste – car il s’agit bien
pour lui de dénoncer un prétendu complot impérialiste – confirme son
inscription dans la nébuleuse « antimondialiste ». L’objet favori de
ses dénonciations litaniques est ce qu’il appelle confusément le «
monothéisme du marché », qu’il définit comme « un crime devenu une
religion (14) ». Il avait publié dans la revue du GRECE (Groupement de
recherche et d’études pour la civilisation européenne), Éléments, au
moment où commençait « l’affaire Garaudy », un article intitulé «
Contre le monothéisme du marché (15) », tiré de sa communication au
XXIXe colloque national du GRECE, le 3 décembre 1995. Le terroriste
communiste Ilich Ramírez Sánchez, dit Carlos, lui-même converti à
l’islam en octobre 1975, trouvera l’expression à son goût, écrivant de
sa prison, en 2003, avant de dénoncer la « pseudo-religion des droits
de l’homme, ce cache-sexe de l’idolâtrie marchande »: « L’Islam
véritable est radicalement incompatible avec les normes de la
consommation inhérentes au monothéisme du marché (16). »
L’expansion mondiale de ce que Garaudy pense être la nouvelle et
fausse « religion », celle du marché, n’est autre que
l’américanisation du monde, dans laquelle Israël joue, selon lui, un
rôle majeur :

« Le point névralgique des frontières de l’empire américain (…), c’est
le Golfe Persique, parce qu’il est entouré des plus riches gisements
de ce pétrole, qui demeure, pour quelques décennies, « le nerf de la
croissance » occidentale. Sur ce « limes » a été remportée la plus
récente « victoire » du monothéisme du marché par l’écrasement de
l’Irak (guerre engagée par les États-Unis sous la pression de deux «
lobbies » [le « lobby juif » et le « lobby des affaires »]) (…). À ce
« point névralgique » des frontières du nouvel empire, l’État d’Israël
ne cesse de jouer le rôle que lui assignait déjà son fondateur
spirituel, Théodore Herzl : celui d’un « bastion avancé de la
civilisation occidentale contre la barbarie de l’Orient. » (…)
Aujourd’hui, une autre cible, plus importante encore, est désignée :
l’Iran. (…) La nouvelle cible a été déjà désignée à Charm El Cheikh,
en 1996, par le gouvernement d’Israël : la « lutte contre le
terrorisme » comme « l’ingérence humanitaire » étant les deux
prétextes nouveaux du néo-colonialisme intégré. (17) »

On comprend qu’il soit cité comme un maître à penser ou un héros de la
« libre parole » par certains milieux néo-communistes non moins que
par la plupart des groupes néo-nazis, ainsi que par divers courants de
l’islamisme radical. L’admiration que lui porte l’ex-communiste Alain
Soral, auteur du pamphlet anti-américain et « antisioniste » d’esprit
garaudyen intitulé Comprendre l’Empire (2011) (18), en témoigne. En
présentant avec Dieudonné et l’agitateur pro-iranien Yahia Gouasmi, en
2008, une « liste antisioniste », Soral est resté fidèle à la posture
garaudyenne – un anti-impérialisme complotiste -, ne faisant guère que
l’assaisonner du choix d’être un compagnon de route du Front national.
Sur son site « Égalité et Réconciliation », le 15 juin 2012, l’égérie
castriste et garaudyenne Maria Poumier publiait un hommage vibrant au
« grand humaniste », un hymne au titre éloquent : « Roger Garaudy,
limpide dans la noirceur du siècle (19) », dont la conclusion mérite
d’être longuement méditée : « Qu’il repose, notre frère Roger, dans la
gloire aux côtés des prophètes qui ont choisi de servir les plus
humbles, partout et en tout temps. » L’ex-stalinien converti à l’islam
et à la cause palestinienne a été fêté comme un maître à penser ou un
modèle de courage dans le monde musulman, qu’il a largement initié aux
formules élémentaires du négationnisme (20). Il y incarnait de son
vivant l’intellectuel occidental parfait pour les ennemis de
l’Occident se réclamant de l’islam, « la religion dominante parmi les
dominés » : outre sa conversion montrant qu’il avait choisi « la
religion naturelle de l’homme (21) », il offrait à ceux qui veulent
détruire Israël un semblant d’arme absolue, la réduction du génocide
nazi des Juifs d’Europe à un « mensonge de propagande » qui aurait
notamment légitimé la création de l’État juif. Lorsque le dangereux
illuminé qu’est le président iranien Mahmoud Ahmadinejad dénonce en
décembre 2005 le « mythe du massacre des Juifs (22) » et en conclut
que l’État d’Israël, n’ayant pas « droit à l’existence (23) », doit
être « rayé de la surface de la terre » – selon l’expression de
l’ayatollah Ruhollah Khomeyni (24) -, il se montre bon disciple de
Garaudy.
On sait que Mouammar Kadhafi, le leader suprême de la « Grande
Jamahiriya arabe libyenne populaire et socialiste », trahissant sa
mégalomanie sans bornes, avait créé en 1988-1989, avec son ami Jean
Ziegler, sociologue suisse d’extrême gauche, le Prix Kadhafi des
droits de l’homme. L’expression résonne aussi étrangement qu’un Prix
Staline de la liberté ou qu’un Prix Hitler de l’égalité et de la
fraternité. Parmi les lauréats récents du Prix Kadhafi, on remarque
avec grand intérêt, mais sans surprise, les personnalités
prestigieuses suivantes: Louis Farrakhan (1996), Fidel Castro (1998),
Roger Garaudy (2002, avec d’autres), Hugo Chávez (2004) et Mahathir
Mohamad (2005). En tant qu’intellectuel engagé, mais aussi en tant que
« Rapporteur spécial » ou « expert » dans certaines instances des
Nations unies chargées des droits de l’homme (25), le néo-marxiste et
« humaniste » Jean Ziegler, ami genevois de Tariq Ramadan et de Roger
Garaudy – autres « humanistes » -, est souvent intervenu dans l’espace
public, toujours dans un sens anti-occidental, tiers-mondiste et «
antisioniste » (26). En tant que rapporteur spécial de l’ONU, Ziegler
a commis par exemple, en 2003, un rapport délirant sur la politique
israélienne dans les territoires occupés, reprenant le discours de
propagande « antisioniste » le plus caricatural (27). Il s’est fait
par ailleurs une spécialité de dénoncer de façon conspirationniste «
les maîtres de l’univers », « les 1 000 oligarques les plus puissants
du monde » ou « le capital financier international » (28).
Pour comprendre la communauté de pensée existant entre Garaudy et
Ziegler, il faut rappeler un épisode de l’affaire Garaudy/l’abbé
Pierre, qui se déroula au printemps 1996. Dans une lettre adressée le
1er avril 1996 à son ami Garaudy, poursuivi en justice pour son livre
Les Mythes fondateurs de la politique israélienne (29), le sociologue
tiers-mondiste lui faisait ainsi part de son soutien : « Je suis
scandalisé par le procès que l’on vous fait. (…) Toute votre œuvre
d’écrivain et de philosophe témoigne de la rigueur de vos analyses et
de l’indéfectible honnêteté de vos intentions. Elle a fait de vous un
des principaux penseurs de notre époque. (…) C’est pour toutes ces
raisons que je vous exprime ici ma solidarité et mon admirative amitié
(30). » On pouvait lire cette lettre en ligne sur le site Internet de
Radio Islam, dirigé par l’islamiste et négationniste Ahmed Rami, qui
diffuse aussi bien Les Protocoles des Sages de Sion que les écrits de
Robert Faurisson et de ses disciples, sans oublier La Question juive
de Marx ni Le Juif international, recueil d’articles antijuifs
attribués à Henry Ford (en fait, rédigés par ses proches
collaborateurs et les journalistes de son hebdomadaire antijuif, The
Dearborn Independent, de mai 1920 à janvier 1922). Rami est un
admirateur déclaré de celui qu’il appelle le « grand militant mujahid
Roger Garaudy ». Dans les jours suivants, Ziegler prendra prudemment
ses distances, mais lors d’une conférence de presse tenue à Paris le
18 avril 1996, l’avocat de Garaudy, Jacques Vergès, le citera parmi
les personnalités apportant leur soutien au grand « humaniste » (31).
Pour souligner certaines affinités oubliées, on rappellera ici que
Garaudy fut un « laudateur patenté du petit Livre vert » du colonel
Kadhafi (32), lequel lui renvoya le compliment en le présentant comme
le « penseur » qui lui avait fait comprendre le marxisme.
Si, depuis le milieu des années 1980, Garaudy est célébré partout dans
le monde musulman comme un héros de la lutte contre le « sionisme
mondial », on ne doit pas négliger pour autant son rôle, en Occident,
dans la conversion à l’islam de nombre de ses lecteurs admiratifs,
dont certains sont devenus des islamistes salafistes. C’est par
exemple le cas du Français Richard Robert, « l’Émir aux yeux bleus »,
qui, converti à l’islam par la lecture des livres de Garaudy, a fini,
après les voyages rituels et initiatiques au Pakistan et en
Afghanistan, par rejoindre un groupe islamiste radical, Salafiya
Jihadiya, mis en cause dans l’organisation des attentats-suicides du
16 mai 2003 à Casablanca, qui firent 45 victimes (33).
Garaudy a été un intellectuel engagé qui n’a cessé de mettre son
statut de « philosophe » au service de causes totalitaires, du
communisme à l’islam politique « révolutionnaire », mariant pour finir
la judéophobie à l’hespérophobie. Son itinéraire illustre l’inévitable
processus de corruption de la pensée chez ceux qui mettent cette
dernière au service de causes aussi douteuses qu’exclusives, la
réduisant ainsi à des opérations de propagande.

(1) Le néologisme « hespérophobie », introduit par l’historien Robert
Conquest, a été utilisé par John Derbyshire dans un article diffusé le
13 septembre 2001: « Hesperophobia: On Blaming the Jews », National
Review Online, puis repris par Raphaël Israeli dans son étude
intitulée « L’antisémitisme travesti en antisionisme », tr. fr.
Jean-Pierre Ricard, Revue d’histoire de la Shoah, n° 180, janvier-juin
2004, p. 127.
(2) Sur cette accusation mensongère et son exploitation par la
propagande palestinienne, voir Pierre-André Taguieff, La Nouvelle
Propagande antijuive, Paris, PUF, 2010, pp. 145-149.
(3) Sur ce texte et son contexte, voir Pierre-André Taguieff, «
L’antisionisme arabo-islamophile », Sens, n° 11, novembre 1982, pp.
253-266.
(4) Roger Garaudy, L’Affaire Israël, Paris, SPAG-Papyrus éditions, 1983.
(5) Roger Garaudy, Les Mythes fondateurs de la politique israélienne,
Paris, La Vieille Taupe, décembre 1995; rééd., Samiszdat [sic], Roger
Garaudy, 1996 ; nouvelle édition, Beyrouth, Al Fihrist, 1998. Sur
l’affaire Garaudy, voir Pierre-André Taguieff, « L’abbé Pierre et
Roger Garaudy. Négationnisme, antijudaïsme, antisionisme », Esprit, n°
224, août-septembre 1996, pp. 206-216; Valérie Igounet, Histoire du
négationnisme en France, Paris, Le Seuil, 2000, pp. 472- 483; Michaël
Prazan, Adrien Minard, Roger Garaudy. Itinéraire d’une négation,
Paris, Calmann-Lévy, 2007, pp. 163-308.
(6) Voir Valérie Igounet, Robert Faurisson. Portrait d’un
négationniste, Paris, Denoël, 2012.
(7) Voir Pierre-André Taguieff, « L’abbé Pierre et Roger Garaudy… », art. cit.
(8) Roger Garaudy, Les Mythes fondateurs de la politique israélienne,
Paris, La Vieille Taupe, décembre 1995, pp. 44-47. Sur l’accusation de
« racisme » visant le peuple juif, devenue lieu commun du discours
judéophobe, voir Pierre-André Taguieff, La Judéophobie des Modernes.
Des Lumières au Jihad mondial, Paris, Odile Jacob, 2008, pp. 340-350.
(9) Roger Garaudy, Le Procès du sionisme israélien, Paris, Éditions
Vent du Large, 1998.
(10) Tel est aussi le titre du chapitre I d’un livre ultérieur de
Roger Garaudy, Le Terrorisme occidental, Paris, Éditions Al Qalam,
2004, pp. 39-71.
(11) Roger Garaudy, Les États-Unis, avant-garde de la décadence
(Comment préparer le XXIe siècle), Paris, Éditions Vent du Large,
1997.
(12) Op. cit. (2004).
(13) Roger Garaudy, Le Terrorisme occidental, op. cit., p. 9.
(14) Ibid., pp. 182-183. Voir aussi Roger Garaudy, Les États-Unis,
avant-garde de la décadence, op. cit., pp. 15-20 (chap. II: « Le
monothéisme du marché »).
(15) Roger Garaudy, « Contre le monothéisme du marché », Éléments pour
la civilisation européenne, n° 84, février-mars 1996, pp. 31-37.
(16) Ilich Ramírez Sánchez, dit Carlos, L’Islam révolutionnaire,
Monaco, Éditions du Rocher, 2003, p. 105.
(17) Roger Garaudy, Les États-Unis…, op. cit., pp. 4-5.
(18) Alain Soral, Comprendre l’Empire. Demain la gouvernance globale
ou la révolte des nations?, Paris, Éditions Blanche, 2011.
(19) Lien : http://www.egaliteetreconciliation.fr/Roger-Garaudy-limpide-dans-la-noirceu…
12385.html. L’ex-communiste Maria Poumier a été la secrétaire de
rédaction de la revue garaudyenne À Contre-Nuit, dont la directrice de
rédaction était Isabelle Coutant-Peyre. Celle-ci, avocate du
terroriste islamo-communiste Carlos, a épousé en prison son client. On
ne s’étonne pas de la voir aujourd’hui aux côtés du père du tueur
islamiste Mohamed Merah, présenté froidement comme une « victime » de
la police française. Voir Pierre-André Taguieff, Prêcheurs de haine.
Traversée de la judéophobie planétaire, Paris, Mille et une nuits,
2004, p. 523, note 46.
(20) Voir Goetz Nordbruch, « La négation de la Shoah dans les pays
arabes. Réactions aux Mythes fondateurs de la politique israélienne »
(2001), tr. fr. Claire Darmon, Revue d’histoire de la Shoah, n° 180,
janvier-juin 2004, pp. 264-290.
(21) Pour parler comme Abû al-A’lâ Mawdûdi (1903-1979), qui célèbre la
« religion universelle et éternelle » qu’est selon lui l’islam.
(22) Mahmoud Ahmadinejad, discours prononcé le 14 décembre 2005.
(23) Déclaration finale de la troisième Conférence internationale
Al-Qods et pour le soutien au peuple palestinien, organisée par les
autorités iraniennes à Téhéran du 14 au 16 avril 2006: « Le régime
sioniste (…) n’a pas droit à l’existence, ni légalement ni
légitimement ».
(24) Mahmoud Ahmadinejad, discours prononcé le 26 octobre 2005.
(25) En 2002-2003, Jean Ziegler était rapporteur spécial de la
Commission des droits de l’homme pour le droit à l’alimentation.
(26) Voir Pierre-André Taguieff, La Judéophobie des Modernes, op.
cit., pp. 44-52.
(27) Voir Afasané Bassir Pour, « Jean Ziegler dénoncé par Israël et
désavoué par l’ONU », Le Monde, 1er octobre 2003, p. 3.
(28) Jean Ziegler, Les Nouveaux Maîtres du monde et ceux qui leur
résistent, Paris, Fayard, 2002, pp. 17, 122, 123. Sur les activités de
propagandiste de Jean Ziegler à l’ONU et ailleurs, voir Pierre-André
Taguieff, Prêcheurs de haine, op. cit., pp. 520-522 (notes 40 et 44),
630 (note 37), 917 (note 51), 940 (note 7); Michaël Prazan, Adrien
Minard, Roger Garaudy, op. cit., pp. 15, 17, 192-194, 197-198,
295-296; Malka Marcovich, Nouveau Conseil des Droits de l’Homme de
l’ONU. Un laboratoire de haine. La route vers Durban 2 – 2009, rapport
réalisé pour la Ligue internationale contre le racisme et
l’antisémitisme (Licra), 22 mai 2007.
(29) Voir Pierre-André Taguieff, Prêcheurs de haine, op. cit., pp. 520-521.
(30) Voir Pierre-André Taguieff, Prêcheurs de haine, op. cit., pp.
88-89, 475 (note 23), 780-781 (et note 428), 786-787; Laurent Duguet,
« La haine raciste et antisémite tisse sa toile en toute quiétude sur
le Net », Les Études du Crif, n° 13, novembre 2007, pp. 10-13.
(31) Voir le compte rendu qu’en a fait Nicolas Weill dans Le Monde
daté du 20 avril 1996: « L’abbé Pierre soutient les aberrations
négationnistes de Roger Garaudy ».
(32) Voir Bernard Kouchner, « Mon père, je t’écris ces mots parce que
j’ai un devoir d’affection », Le Monde, 30 avril 1996 (lettre publiée
après l’annonce du soutien de l’abbé Pierre à Garaudy).
(33) Jean-Pierre Tuquoi, « À Rabat, Richard Robert dit être un bon
musulman, pas un terroriste », Le Monde, 10 septembre 2003, p. 5.
Condamné à la réclusion criminelle à perpétuité, François Robert s’est
converti au catholicisme en prison. Il a été extradé vers la France à
la mi-mai 2012.

© Pierre-André Taguieff
L’article a été initialement publié ici
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MessagePosté le: Sam 25 Mar - 14:58 (2017)    Sujet du message: Garaudy Roger Répondre en citant

Pascal Boniface : « La stigmatisation de l’Islam a donné à la France une image d’intolérance »

Yunes Bel Hadj
Twitter


Dans son livre « Je t'aimais bien tu sais ! Le monde et la France : le désamour ? » (éd. Max Milo), Pascal Boniface, directeur de l'Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS), explique « comment la France, le pays le plus populaire au sein du monde musulman, est devenu malaimé. » Ou comment l’Hexagone a perdu de sa superbe depuis 2004.

LeMuslimPost : Le titre de votre livre sonne un peu comme une déception amoureuse…
Pascal Boniface : Oui, c’est tout à fait ça, la France était extrêmement populaire auparavant, elle l’est toujours, mais moins. Mon livre, ce n’est pas « Je ne t’aime plus » mais « Je t’aime moins qu’avant. » Il y a effectivement une perte de popularité de la France qui n’est pas totale, mais qui est réelle. Ce livre, c’est plutôt un cri d’alerte pour appeler le prochain président à se ressaisir et à prendre des décisions qui puissent faire que la France retrouve sa popularité à l’étranger. Une popularité qui s’éteint et qui s’efface progressivement.
Vous espérez un président qui reprenne la France en mains ? A première vue, cela semble mal parti…
Il faut voir effectivement, parce que, pour l’instant, il n’y a pas de débat sur l’international, ou trop peu. On a l’impression que les débats entre les candidats à la présidentielle se sont résumés au terrorisme et pas du tout de façon globale sur l’euro ou la place de la France dans le monde. Effectivement, on peut dire que les débats, pour l’instant, n’ont pas vraiment pris un tournant sur les questions régaliennes. Il nous faut un président qui ranime le vouloir vivre-ensemble à l’intérieur et qu’il ait une politique étrangère plus indépendante et plus emblématique à l’extérieur.
« L’image de la France s’est dégradée »
L’obsession des politiques pour l’Islam peut-elle porter préjudice à la France ?
Je constate que l’image de la France s’est dégradée, d’une part car la diplomatie française est moins flamboyante qu’auparavant, mais aussi car les débats internes sur l’Islam — qui sont des débats de stigmatisation — ont donné à ce pays une image d’intolérance, alors qu’une grande partie de son prestige était dûe à son image d’ouverture et de tolérance. Nous vivons dans un monde globalisé et les débats internes ont des répercutions internationales. Et dans la mesure où le débat sur l’Islam est caricatural et excessif, on donne un peu cette image de pays fermé sur lui-même, de pays intolérant. Nous sommes en train de perdre une partie de cet avantage d’ouverture et de tolérance.
L’Islam risque pourtant d’être, pour encore longtemps, au cœur de la campagne présidentielle…
C’était pire pendant les primaires, certains candidats ont fait de l’Islam une question majeure et on peut constater que ceux qui l’ont fait — Nicolas Sarkozy, Jean-François Copé, Manuel Valls — ont perdu les primaires. Pour la présidentielle, on voit quand même que les débats sont un peu plus politiques, moins centrés sur l’Islam de façon négative. Plus que les politiques, ce sont aussi les médias qui ont cette obsession. J’ai fait dans mon livre une recension de toutes les couvertures de magazines stigmatisant les musulmans. Le climat actuel n’est pas une surprise quand on fait la somme de toutes ces Unes et également de tous les débats télévisés qui sont, parfois, menés de façon caricaturale.
« Beaucoup de politiques ont pensé qu’un discours antimusulmans viendrait accroître leur popularité »
Politiques ou médias, qui est le plus responsable ?
La part de responsabilité est partagée, parce qu’il y a beaucoup de politiques qui ont embrayé sur ce thème en pensant qu’un discours antimusulmans viendrait accroître leur popularité. Mais une fois encore, ceux qui ont joué ce jeu pendant les primaires ne les ont pas gagnées.
La France a récemment voulu jouer un rôle de médiateur en faveur de la paix au Proche-Orient. Etait-ce un sommet voué à l’échec ?
Le but de cette conférence était d’essayer une dernière fois de régler le conflit de façon diplomatique. En cas d’échec, Laurent Fabius avait affirmé qu’il y aurait une reconnaissance automatique de la Palestine. Mais François Hollande, qui s’y est engagé fin 2012, ne l’a pas fait. La conférence a eu lieu et Israël n’a pas voulu y participer. François Hollande a réitéré le fait qu’il n’y aurait pas reconnaissance. Là encore, la France a perdu de sa popularité, car parmi les pays occidentaux, c’était l’un des seuls à défendre les droits du peuple palestinien. Le fait qu’on y renonce par manque de courage politique contribue, à sa façon, à l’effacement de notre popularité.
La France est-elle encore le pays des droits de l’Homme ?
Elle les défend moins qu’avant à l’étranger et la prolongation de l’état d’urgence peut poser problème à l’intérieur.
Des solutions existent-elle pour regagner ce prestige ?
D’une part, en luttant réellement et pas seulement verbalement contre les discriminations à l’égard des musulmans sur le plan de la politique intérieure. D’autre part, en redonnant un peu de flamboyance avec une politique étrangère plus forte.
On parle beaucoup du conflit palestinien mais la situation, par exemple, des Rohingya est sous-médiatisée. Pourquoi cette géométrie variable dans nos indignations ?
Car le Proche-Orient est quand même à côté de chez nous, nous avons une histoire avec sa région : il y a en France une importante communauté juive et musulmane, et c’est vrai que les Rohingya, ça nous paraît plus lointain, même si les violations sont importantes. Le fait que cela se déroule à des milliers de kilomètres et que cela a moins à voir avec l’histoire immédiate fait que cela n’agite pas autant les débats en France
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 14:18 (2017)    Sujet du message: Garaudy Roger

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