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Tunisie
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Dr Ben Ammar Salem
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MessagePosté le: Sam 22 Avr - 13:40 (2017)    Sujet du message: Tunisie Répondre en citant

L’islamisme au biberon



Par Ikhlas Latif, publié le 21/04/2017 15:59

Un fait, pourtant de la plus haute importance, est passé dans l’indifférence générale cette semaine. L’enjeu est de taille : Il s’agit de l’avenir de nos enfants, un avenir menacé, incertain au vue des mutations pernicieuses qui s’opèrent dans notre société. Un avenir, cette fois-ci, sacrifié sur l’autel des calculs partisans.

C’est le député frontiste et président de la commission des finances à l’Assemblée Mongi Rahoui qui a révélé les dessous des discussions sur le projet de loi réglementant les crèches et les jardins d’enfants.

En pleine plénière, l’élu s’est indigné contre les manœuvres des ennemis d’hier, Nidaa Tounes et Ennahdha, aujourd’hui unis pour le pire, semble-t-il. Ce dont ils sont accusés, c’est de s’opposer, de concert, à l’adoption du projet de loi sous sa forme actuelle puisqu’il comporte un article qu’Ennahdha voudrait coûte que coûte maintenir.

 

Pour définir le rôle des crèches et jardins d’enfants, le ministère de la Femmes et de l’Enfance avait proposé de supprimer les termes « ancrage et consolidation de l’identité arabo-musulmane » pour justement ne pas exclure les enfants d’autres confessions. Sauf que sur ce point précis, il ne fallait pas compter sur la coopération des Nahdhaouis.

D’un Houcine Jaziri considérant que la suppression de ces termes n’est autre qu’une atteinte aux principes de la Constitution et insistant au contraire sur la nécessité de mettre l’accent dessus ; à un Fathi Ayadi qui se disait choqué par un tel amendement « visant à déraciner les enfants », allant même jusqu’à proposer de retirer la confiance au ministère ; la proposition d’amendement a été mise à mal.

 

Est-ce si surprenant ? Naïfs sont ceux qui pensent qu’Ennahdha, en prétendant avoir séparé l’action politique du fait religieux, se soit délesté de son objectif premier : une islamisation discrète mais qui se fait à pas sûrs de notre société. Le premier instrument étant à leur disposition n’est autre que les jardins d’enfants et les écoles. Conquérir ces espaces, y asseoir subtilement leur idéologie et ils auront une génération toute prête à accepter leur vision.

C’est ainsi que lors des discussions sur le projet de loi, qu’une nouvelle mention a fait son apparition. La sanction prévue contre les jardins d’enfants coraniques anarchiques s’est vu modifiée. La peine de prison est passée de 20 ans à 10 ans. C’est qu’il fallait être plus cléments ! Ce n’est pas comme si ces établissements prodiguaient, à des enfants en bas âge, un enseignement takfiriste ou leur inculquaient des valeurs obscurantistes. Des usines à fabriquer de futurs extrémistes ! Il fallait quand même alléger la peine de prison. Ce que Ennahdha demande, Ennahdha obtient.

 
Les islamistes savent bien que c’est dans les crèches et les jardins d’enfants que doit commencer l’endoctrinement et c’est bien la mission à laquelle se sont consacrés ces centaines d’établissements. C’est là que nos enfants sont les plus influençables. C’est là que ces établissements se transforment en antichambres de la propagande islamiste. Les enfants seront modelés, remodelés à souhait en bons petits soldats.

Qui ne se souvient pas de cette rencontre entre l’actuel vice-président de l’Assemblée, Abdelfattah Mourou et le prédicateur extrémiste, Wajdi Ghanim.

Mourou n’avait-il pas révélé une stratégie à long terme et sur étapes pour mettre sous coupe les enfants tunisiens ? « Notre cible prioritaire n’est pas les parents d’aujourd’hui. Nous visons leurs enfants et leurs petits-enfants. Notre objectif est de séparer la pensée des enfants de celle des parents », disait-il. Une tactique bien ficelée.
 

Tout cela, Nidaa Tounes s’en moque, entrainé comme il est dans des considérations purement partisanes. Mettre en danger les enfants tunisiens semble le dernier de ses soucis en s’associant à Ennahdha et en le caressant dans le sens du poil.

Un marché a été conclu entre Ennahdha et Nidaa, révélait Rahoui lors de la plénière de mercredi. Un marché qui consistait à adopter le projet de loi sur la réconciliation économique, si et seulement si, celui réglementant les jardins d’enfants et les crèches n’obtienne l’aval du parti islamiste.
_________________
Il ne faut pas que nos lois antiracistes deviennent demain notre tombe. L'islam est le culte de la haine de l'autre et la mort de la vie le laisser faire c'est lui tendre le couteau de boucher pour nous égorger avec. De notre fermeté et de notre courage soyons les valeureux combattants de l'hydre musulmane.


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MessagePosté le: Sam 22 Avr - 13:40 (2017)    Sujet du message: Publicité

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MessagePosté le: Mar 9 Mai - 17:01 (2017)    Sujet du message: Tunisie Répondre en citant

Quand l’islamisme gangrène l’Université

Une « doctorante » de l’université de Sfax, en Tunisie, vient de passer cinq ans à la rédaction de sa thèse…

Marie Delarue
Ecrivain, musicienne, plasticienne

 
C’est un fait qu’on pourrait croire anecdotique, mais il ne l’est pas. Loin de là.
C’est le magazine Jeune Afrique qui l’a révélé le mois dernier : une « doctorante » de l’université de Sfax, en Tunisie, vient de passer cinq ans à la rédaction de sa thèse dont le sujet est celui-ci : « Le modèle plate-géocentrique (sic) de la terre, arguments et impact sur les études climato/paléoclimatiques. »
Je traduis : la Terre est plate et le soleil tourne autour.
C’est très sérieux. Avalisé par la faculté des sciences, réalisé sous la tutelle d’un directeur de recherches, Jamel Touir.
C’est Faouzia Charfi, physicienne, professeur à l’université de Tunis, qui a dénoncé le scandale après que des extraits de cette thèse ahurissante à maints égards (rédigée en français, elle est en outre truffée de fautes) eurent paru dans une revue pseudo-scientifique. « Comment peut-on accepter que l’Université soit non pas l’espace du savoir, de la rigueur scientifique, mais celui de la négation de la science, celui où la science est refusée car non conforme à l’islam ! », s’est-elle insurgée, rappelant que « c’est une thèse soutenue dans une faculté de sciences et non de théologie ! ».
Car les extraits publiés par Jeune Afrique sont en effet ahurissants (l’orthographe et la syntaxe ont été respectées) :
« En ce qui concerne les lois physiques connue on a rejeté les lois de Newton, de Kepler et d’Einstein vue la faiblesse de leurs fondements et ont a proposé par contre une nouvelle vision de la cinématique des objets conforme aux versets du Coran.


La vitesse de la lumière et du son sont ainsi recalculé et on démontré que leurs vitesses correspond à celle de l’ordre 143 109 km/s. La théorie du Bigbang et de l’expansion universelle ont été également rejeté. »
« Tous les donnés et les arguments physiques religieuses ont permis de démontrer la position centrale, la fixation et l’aplatissement de la surface de la terre, la révolution du soleil et de la lune autour d’elle. »
« Les étoiles se situent à 7.000.000 km avec un diamètre de 292 km et leur nombre est limité. Ils possèdent trois rôles : pour être un décor du ciel ; pour lapider les diables et des signes pour guider les créatures dans les ténèbres de la terre. »
Etc.
À ses collègues qui ont levé le scandale et conduit au rejet, par le ministère de l’Enseignement supérieur, de ladite thèse, il a opposé « la liberté de pensée et la liberté académique inscrites dans la Constitution ». Il s’estime, bien sûr, victime d’une « campagne malveillante, portant atteinte à sa réputation et à ses compétences scientifiques » et avance cet argument censé clore le débat : « L’étudiante que j’encadre a voulu revoir la théorie de la gravitation de la Terre autour du Soleil, en proposant l’hypothèse inverse. Ce n’est qu’un brouillon. »
L’Université tunisienne, réputée jusqu’ici fournir d’excellents scientifiques, est secouée par le scandale et dénonce dans son ensemble « l’ignominie [qui] rejaillit sur toute la communauté des chercheurs ».
Mais le mal est profond et beaucoup s’alarment depuis que l’Union générale tunisienne des étudiants (UGTE), proche du parti islamiste Ennahdha, a remporté (fin 2015) 42 % des sièges des conseils scientifiques des universités, soit 224 sièges sur un total de 528.
Une nouvelle étape de la stratégie de conquête de toutes les sphères de la vie publique tunisienne par le parti islamiste qui alarmait déjà Jeune Afrique : « Le changement de rapport de forces en faveur des islamistes dans les universités s’est opéré en une seule année. »
Aucune crainte à avoir, rien de semblable chez nous, pensez-vous !
Pas si sûr… Interrogez des professeurs. Ils vous diront que l’argumentation de Jamel Touir et de sa doctorante – « je crois ce que je veux, il n’y a pas de vérité scientifique à opposer à ma foi » – est bien celle qui prévaut désormais dans nos territoires perdus de la République.
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MessagePosté le: Ven 16 Juin - 15:22 (2017)    Sujet du message: Tunisie Répondre en citant

Tunisie: prison pour 4 hommes accusés d'avoir mangé et fumé pendant le ramadan

Dans un marché de fruits et légumes, le premier jour du ramadan, le 27 mai 2017 à Tunis.
© REUTERS/Zoubeir Souissi




Par RFI Publié le 02-06-2017 Modifié le 02-06-2017 à 23:05



Moins d'une semaine après le début du mois de jeûne de ramadan, quatre hommes ont été condamnés ce jeudi 1er juin à de la prison pour avoir fumé et mangé dans un jardin public de Bizerte, une ville côtière au nord du pays. Plusieurs associations dénoncent une condamnation contraire à la Constitution tunisienne adoptée après la révolution de 2011.
Un « grave précédent » et un jugement en contradiction avec la Constitution de 2014. C'est ce qui préoccupe le réseau euro-méditerranéen pour les droits de l'homme, après la condamnation de quatre personnes à Bizerte ce jeudi.
Ces hommes ont été condamnés à un mois de prison pour avoir mangé et fumé dans un jardin public, la veille. Pourtant, aucune loi en Tunisie ne punit ceux qui ne respectent pas le jeûne de ramadan, même en public


Le juge s'est donc appuyé sur un article du Code pénal tunisien, qui condamne « quiconque se sera, sciemment, rendu coupable d'outrage public à la pudeur ». Un article flou, dénoncé depuis des années par des associations de défense des droits de l'homme.
Selon le porte-parole du tribunal de Bizerte, des procès comparables ont déjà eu lieu depuis la révolution de 2011. Mais plusieurs responsables d'associations joints par téléphone par RFI disent ne pas avoir eu connaissance de condamnations dans ce genre d'affaires depuis la révolution. Elles demandent une nouvelle fois à l'Etat de veiller au respect de la liberté de conscience, inscrite dans la Constitution.
En réaction à ces condamnations, des internautes tunisiens ont, eux, appelé à pique-niquer en public ce samedi dans le centre-ville de la capitale.
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MessagePosté le: Mar 20 Juin - 11:22 (2017)    Sujet du message: Tunisie Répondre en citant

Un transsexuel lynché publiquement à Kairouan
19 Juin 2017 | 12:53 SOCIETE, Tunisie 6








Un transsexuel a été violemment agressé, dans la soirée du samedi 17 juin 2017, à Kairouan, par un groupe de jeunes, sous le regard complice des témoins.
Cela s’est passé dans les rues de la  médina de la capitale des Aghlabides. Le transsexuel a d’abord été pourchassé par un groupe d’adolescents qui s’est moqué de son apparence et lui a jeté des pierres. Au lieu de raisonner les ados, des adultes ont pris part aux moqueries, avant de lui asséner des coups de poing, de pied et même de bâtons. Cela n’a pas dérangé  outre mesure les passants, dont la plupart ont même trouvé la scène plutôt drôle !
Me Mounir Baatour, président de l’association Shams, défendant les droits des homosexuels, a dénoncé cette agression et précisé que les transgenres ne peuvent pas porter plainte quand ils sont lynchés dans la rue, car ils risquent d’être emprisonnés pour outrage public à la pudeur sur la base de l’article 226 bis du code pénal tunisien.
«En fin de compte, ils sont considérés comme des citoyens de second niveau est des êtres humains sans droit car ils ne sont pas protégés par la loi», a-t-il indiqué, ajoutant que Shams condamne fermement ce lynchage public et demande au ministère public d’ouvrir une enquête et de poursuivre les agresseurs.


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MessagePosté le: Mar 11 Juil - 16:49 (2017)    Sujet du message: Tunisie Répondre en citant

L'humoriste Michel Boujenah au centre d'une vive polémique en TunisieMichel Boujenah. (ERIC FEFERBERG / AFP)La programmation du spectacle du comédien au festival de Carthage a déclenché une controverse qui oppose les plus hautes sphères de la société civile. Explications.


Céline LussatoPublié le 07 juillet 2017 à 21h07
https://twitter.com/share?via=LObs&text=L%27humoriste%20Michel%20Boujen…
Tempête dans un verre d'eau ou affaire d'Etat ? Tunis est secoué depuis plusieurs jours par une polémique aux proportions rocambolesques. Alors que le pays est en proie à une crise socio-économique sans précédent, que le gouvernement de Youssef Chahed mène selon ses communicants un véritable djihad anti-corruption, que l'armée ratisse les régions montagneuses à la recherche de cellules terroristes, c'est bien la tenue du spectacle de l'humoriste français Michel Boujenah qui agite le landerneau tunisois.
Programmé dans le cadre de la 53e édition du festival de Carthage, le spectacle de l'enfant du pays fait couler beaucoup d'encre sur les réseaux sociaux et dans les pages des journaux tunisiens. De ceux qui appellent à boycotter l'humoriste juif tunisien à ceux qui le défendent, en passant par ceux qui réclament, jusqu'au-boutistes, son annulation, le débat a pris un tour passionnel. Au point que l'UGTT, la puissante centrale syndicale, récipiendaire du Prix Nobel de la paix en 2015 pour avoir permis, avec d'autres organisations, de maintenir la paix sociale et la transition politique après la révolution de 2011 a, elle-aussi, appelé à annuler le spectacle du 19 juillet.
Michel Boujenah ne s’attendait certainement pas à une telle polémique, lui qui s’était félicité de participer au Festival de Carthage le 17 juin dernier dans l’émission "On n’est pas couché" sur France 2 : "Je suis super content parce que, depuis la révolution, je n’y ai pas joué. J’y suis allé très souvent, mais pas pour jouer."
Pourquoi cet appel au boycott ?
L'appel à boycotter le spectacle du comédien est venu de la campagne du mouvement BDS qui milite dans le monde contre l'Etat d'Israël par la dénonciation de toute manifestation culturelle, sportive, scientifique qui met en avant des Israéliens, voire des personnalités juives accusées de soutenir l'Etat d'Israël. Parce qu'il aurait eu des propos positifs à l'égard de l'Etat hébreu, Michel Boujenah ne devrait donc pas pouvoir se produire en Tunisie, estiment les militants tunisiens du mouvement et leurs relais.
 
C'est également l'argumentation retenue par l'UGTT pour appeler à l'annulation de ce spectacle, et celle du parti al-Joumhouri, aujourd'hui presque absent de la scène politique mais qui s'est fendu d'un communiqué pour souligner que "les origines judéo-tunisiennes de Michel Boujenah ne suffisent pas à faire oublier ses opinions pro-sionistes de soutien à l'armée d'occupation et aux crimes commis en Palestine occupée".
Vague de soutien
Autant d’arguments qui ont soulevé l’indignation de beaucoup de Tunisiens. Sur les réseaux sociaux encore une fois :
 
 
Mais également dans la presse où les prises de parole en faveur du maintien du spectacle se succèdent depuis plusieurs jours. Interrogé par la radio Mosaïque FM le 24 juin le directeur du festival de Carthage, Mokhtar Rassaa, a insisté sur le fait que Michel Boujenah est en premier lieu un artiste tunisien qui a toujours soutenu la Tunisie dans les médias internationaux. Il a ainsi déclaré :
"Ce n’est ni un grand sioniste, ni un leader du sionisme !"
Une trentaine d’intellectuels et d’artistes ont également signé une lettre ouverte pour soutenir le maintien de ce spectacle, s’indignant de la position de la centrale syndicale et appelant à "éviter toute instrumentalisation de la création artistique".
"Il est nécessaire de traiter ce problème imprévu en portant haut l’étendard de la liberté de pensée et de la diversité, considérée comme l’un des acquis fondamentaux de notre révolution."
Les signataires soulignent l’attachement toujours revendiqué de Michel Boujenah à la Tunisie et aux Tunisiens. Quelques jours après le départ de Ben Ali en 2011, sur le plateau du Grand Journal de Canal+, le comédien était en larmes pour appeler "les gouvernements européens à faire très attention au peuple tunisien", "à protéger ce moment historique". En 2015, un mois après l’attentat contre le musée du Bardo, il faisait partie de la délégation qui accompagnait la ministre de la Culture Fleur Pellerin à Tunis pour soutenir le pays endeuillé.
Pourquoi une telle polémique ?
Comment se fait-il que ce simple spectacle prenne une proportion aussi polémique ? Certains y verront peut-être de la psychanalyse de comptoir, mais l’histoire des 70 dernières années permet d’éclairer cette controverse. En effet, durant plus d'un millénaire, musulmans et juifs ont cohabité dans un environnement relativement pacifique en Tunisie, les juifs vivant sous le statut de dhimmis jusqu'au début du XIXè siècle. Ce n’est qu’avec la création de l’Etat d’Israël en 1948 et l’arrivée de Habib Bourguiba à la tête d’une Tunisie indépendante que les relations se sont assombries.
Avant même l’indépendance, celui qui était alors chef du parti Néo-Destour avait soutenu les populations arabes de Palestine dès 1946. Avec l’indépendance de la Tunisie et la crise de Suez en 1956, Bourguiba et les nationalistes tunisiens prennent fait et cause pour les Palestiniens : la population juive de Tunisie commence son exode. C’est la guerre des Six-Jours en 1967 et les émeutes de Tunis contre la population juive qui finiront de chasser les juifs du pays, ne laissant que quelques familles, notamment dans l’île de Djerba. L’OLP installera d’ailleurs son siège à Tunis durant douze ans après 1982.
C’est cette rupture soudaine au regard de l’histoire millénaire commune qui n’est en réalité toujours pas digérée. L’attachement des juifs tunisiens pour leur ancienne patrie est impossible à accepter pour une partie des Tunisiens de confession musulmane. Au grand dam des irréductibles amoureux de ce pays dont fait partie Michel Boujenah. Mais que le comédien se rassure, par-delà la polémique, jusqu’à ce jour, la programmation de son spectacle est maintenue. Et il fait salle comble.
Céline Lussato
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MessagePosté le: Dim 15 Oct - 13:38 (2017)    Sujet du message: Tunisie Répondre en citant

C’est officiel, les Tunisiennes de moins de 35 ans doivent avoir une autorisation de sortie pour quitter le territoire

Par: Mounira Elbouti, Rubrique: SOCIETE

aéroportIl nous a fallu une matinée à courir et à supplier pour décrocher un rendez-vous téléphonique avec le responsable de la Direction de la police des frontières pour avoir une confirmation quant aux nouvelles instructions d’interdiction de voyage aux Tunisiennes de moins de 35 pour quelques destinations, telles que l’Algérie, le Maroc, la Jordanie, l’Egypte et la Syrie.

En effet, après avoir passé la matinée à tourner en rond à l’aéroport entre un responsable à l’autre, le commissariat de la police des frontières, qui se disait non concerné, nous a orientés vers la douane, soit au premier étage de l’aéroport de Tunis-Carthage, et ce à l’intérieur. Mais pour cela il nous a fallu un laisser passer que nul n’a voulu nous donner. Insistants, nous n’avons pas plié bagages; nous sommes restés aux portes des départs à guetter les douaniers qui passaient. Et puis, l’un d’entre eux a accepté de répondre à nos questions mais de manière furtive et superficielle.

Il avance: «Ces mesures ne concernent pas toutes les femmes de moins de 35 ans mais seulement quelques unes, tout dépend de l’historique de leurs voyages, et les pays qu’elles ont l’habitude de visiter; cela dépend aussi de la femme, de sa situation et de la raison pour laquelle elle quitte le territoire tunisien».

Baya : «Avez-vous reçu une circulaire claire qui met tout cela noir sur blanc?»

L’agent, gêné voire pressé de mettre fin à la conversation, nous répondit simplement «on ne peut pas vous confirmer ou infirmer l’information que vous détenez…»; souriant, il poursuit: «il faut aller à la direction générale de la police des frontières sise à la Place du 18 janvier, derrière le ministère de l’Intérieur, eux ils vous donneront toutes les informations nécessaires, mieux que nous… Après tout, vous avez le droit de savoir».

Nous avons rebroussé chemin et tenté de joindre à tort et à travers Mohamed Ali Aroui, chargé de la communication au ministère de l’Intérieur, qui, malheureusement, ne répond pas à nos appels. Réflexion faite, nous avons décidé de nous adresser directement à la direction générale des frontières qui nous a confirmé, enfin, l’information.

Sans scrupule et fermement, le directeur de la police des frontières nous a répondu par un «oui» sec à la question «est-il vrai que les Tunisiennes de moins de 35 ans doivent disposer d’une autorisation paternelle (si elles sont célibataires) ou maritale (si elles sont mariées) et ce pour se rendre en Egypte, Jordanie, Maroc, Syrie et Turquie?».


Baya : «Selon quels critères demandez-vous des autorisations à des femmes qui sont majeures et vaccinées? Et pour quelles raison ?»

Avant de raccrocher, il nous répond par «ceci nous concerne nous».

Fin de la conversation, et fin du mystère. Nous sommes à présent sûrs que cette histoire est bel et bien vraie: désormais, les Tunisiennes libres, majeures et vaccinées auront –tout de même- besoin d’une autorisation paternelle ou de leur époux «complément selon la nouvelle Constitution» pour passer la frontière et ce même pour se rendre dans un pays voisin.

Toutefois, notre enquête ne s’est pas arrêtée là. Une agente de la police des frontières de l’aéroport nous a finalement rappelés pour apporter son témoignage. M nous raconte: «ce n’est pas officiel, mais vrai, tout dépend de la femme, son état, si elle est “propre“ et “correcte“, elle n’aura aucun problème pour voyager».

Au final, voilà une «nouvelle loi» qui nous a passé sous le nez, les médias en parlent peu et les gens ne sont pas au courant, tout le monde gesticule lorsqu’on lui raconte, pousse des cris d’étonnement, des onomatopées bizarres mais nul ne veut comprendre le pourquoi du comment. Pourtant ces mesures, bien qu’elles soient pour des raisons sécuritaires, constituent une menace à la liberté de circulation des femmes tunisiennes. La première brique de l’iranisation de la Tunisie vient d’être placée dans un mur plus diviseur que celui de Berlin. A moins que ce soit simplement d’un processus de frein au «djhad» du «niqah».

Affaire à suivre, mais en attendant, le manque d’information est flagrant.
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MessagePosté le: Mar 17 Oct - 17:38 (2017)    Sujet du message: Tunisie Répondre en citant

L'universitaire tunisien Hamadi Redissi remporte le prix des rencontres philosophiques d'Uriage du meilleur livre de philosophie pour son livre "L'Islam incertain"
Rédaction du HuffPost Tunisie

L'universitaire et islamologue tunisien Hamadi Redissi a remporté lundi le prix des rencontres philosophiques d'Uriage du meilleur livre de philosophie pour son livre "L'Islam incertain" paru aux éditions Ceres.

Le prix des rencontres philosophiques d'Uriage du meilleur livre de philosophie n'existe que depuis 8 ans mais connait un véritable succès. Parmi les anciens vainqueurs il y a Jacques Testart, Yves Michaud ou encore Frédéric Lordon.
Né en 1952, Hamadi Redissi a publié de nombreux livres traitant de l'islam et de la politique dont notamment "Les Politiques en Islam. Le Prophète, le roi et le savant", "Le Pacte de Nadjd ou comment l'islam sectaire est devenu l'islam" ou encore "La Tragédie de l'islam moderne".
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MessagePosté le: Jeu 19 Oct - 12:52 (2017)    Sujet du message: Tunisie Répondre en citant

"Affaire du bisou" : un Français et une Tunisienne condamnés en appel à des peines de prison ferme

Texte par FRANCE 24 Suivre france24_fr sur twitter

Dernière modification : 19/10/2017
La justice tunisienne a condamné en appel, mercredi, un Français et une Tunisienne à des peines de prison ferme pour "atteinte à la pudeur" dans le cadre de "l'affaire du bisou".

Prison ferme. Deux prévenus, un trentenaire français et une quadragénaire tunisienne, ont été condamnés en appel, mercredi 18 octobre en Tunisie, pour "atteinte à la pudeur". Ils avaient été arrêtés le 1er octobre par des policiers qui les accusaient de s'être enlacés dans une voiture.

Le couple, qui assure ne s'être même pas embrassé, a écopé de peines inférieures de quelques semaines à celles prononcées en première instance le 4 octobre, en dépit d'une importante mobilisation et médiatisation de cette affaire du "bisou".

Lui a été condamné à quatre mois de prison ferme pour "atteinte à la pudeur" et "outrage à fonctionnaire dans l'exercice de ses fonctions", et elle à deux mois pour le seul premier chef d'inculpation.

"C'est une décision indépendante", a déclaré à l'AFP le porte-parole du parquet, Sofiène Sliti, ajoutant "ce qui a été véhiculé au niveau national et international est faux, ils n'ont pas été arrêtés pour un baiser, le couple était nu".

Surveillance des mœurs

À l'audience de mercredi, à Tunis, la femme s'est effondrée en pleurs lorsque le président a lu devant une salle comble la déposition des policiers décrivant un acte sexuel en cours lors de l'interpellation la nuit du 1er octobre dans une banlieue huppée de Tunis. Elle assure que son ami l'avait simplement prise dans ses bras, lorsque des policiers en civil ont mené un contrôle et l'ont sorti de la voiture sans ménagement.

Le ressortissant français a confirmé aux juges avoir tenté de filmer les policiers pour dénoncer leur comportement agressif. Une dizaine d'avocats de la défense avaient réclamé un acquittement. La majorité plaidait bénévolement pour une affaire qui a déclenché une polémique en Tunisie sur la surveillance des mœurs et le retour des exactions policières.

Ils ont listé d'innombrables manquements à la procédure pénale, notamment des auditions menées avant le placement en garde à vue, et en arabe, alors que le Français, bien que d'origine algérienne, ne comprend pas cette langue. "C'est normal qu'il réagisse mal quand on bafoue ses droits fondamentaux", a souligné Me Ghazi Mrabet, dont le client est accusé d'avoir invectivé les policiers.

"Cette affaire concentre un peu tous les problèmes de la justice et de la police. Les abus de pouvoirs, [...] le non-respect du citoyen et de ses droits, les atteintes à la liberté individuelle", a estimé l'ancienne députée de la Constituante Nadia Chaabane, membre du comité de soutien aux deux condamnés.

"Le problème, c'est que l'on a des juges qui, aujourd'hui, eux-mêmes, acceptent toutes les entorses et les atteintes aux procédures," a-t-elle déploré avant le jugement.

Avec AFP
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MessagePosté le: Mer 25 Oct - 16:07 (2017)    Sujet du message: Tunisie Répondre en citant

http://kapitalis.com/tunisie/2017/10/25/vient-de-paraitre-exception-tunisie…
Selon l’essayiste Safwan M. Masri, le succès de la transition démocratique en Tunisien est le résultat de sa longue histoire réformiste et du «pouvoir de l’éducation».

Par Marwan Chahla

Sous le titre “Tunisia: An Arab Anomaly” (‘‘La Tunisie, une anomalie arabe’’)*, le professeur Safwan Masri, une sommité jordano-américaine de la Columbia University de New York, tente de répondre à la question qui n’a jamais cessé de tracasser les observateurs et autres experts, depuis six ans, et qui consiste à comprendre les secrets de la réussite de la révolution tunisienne, alors qu’ailleurs, dans le monde arabe, tous les soulèvements populaires de 2011 n’ont connu que des échecs.

Les Tunisiens, peu nombreux mais relativement homogènes

Bien que qualifié par l’auteur lui-même comme étant une quête personnelle sans aucune prétention académique, le livre de 378 pages reste le produit d’un travail de recherche très documenté et richement appuyé par «des centaines d’heures de témoignages récoltées auprès de plusieurs dizaines d’experts, de dirigeants, d’activistes et de simples citoyens – afin de reconstituer analytiquement les choses, parfois de façon contre-intuitive, de pouvoir établir les liens entre les tenants et les aboutissants de la réalité tunisienne et de trouver le sens de cette démocratie émergente, évoluant paisiblement dans un contexte marqué par des crises profondes.» (p. 20).

Pr Masri soumet à son lecteur un ensemble de facteurs qui expliquent les raisons de la réussite de l’expérience tunisienne et ce qui la distingue des situations décourageantes, sinon catastrophiques, qui prévalent actuellement dans la plupart des pays arabes.

La Tunisie, selon lui, a tiré avantage du fait que sa population est peu nombreuse et relativement homogène et qu’elle a été, pendant très longtemps, à l’abri de tensions sectaires.

Il s’agit d’une entité historique dont les frontières date d’avant la période coloniale. Son importance géopolitique a été limitée, lui a ainsi épargné les convoitises étrangères et, par conséquent, lui a appris à se passer d’une grande armée.

De plus, la Tunisie ne peut pas être perçue comme pays exclusivement arabe en raison de sa très forte orientation méditerranéenne et européenne.

Un autre élément déterminant qui fonde la réussite de la Tunisie est la résultante de la forte influence la société civile tunisienne et la solidité du mouvement syndicaliste du pays qui remontent à l’époque de l’occupation française. Dans les autres pays du ‘‘Printemps arabe’’, le problème majeur de tous les soulèvements a été leur incapacité à combler la vacance de pouvoir dans laquelle se sont trouvées les peuples arabes au lendemain de la chute des dictatures. En Tunisie, au contraire, le Quartet, les quatre organisations de la société civile tunisienne auxquelles a été décerné le prix Nobel de la paix, en 2015, et en particulier l’UGTT, a été capable d’assumer ce rôle stabilisateur et d’aider le pays à se sortir de nombreuses crises.

Bourguiba encore et toujours

«Cependant, poursuit Safwan Masri, aucun ingrédient de la recette du succès tunisien n’a été aussi crucial et décisif que le remarquable héritage réformiste que possède le pays. Il s’agit d’une culture qui remonte au 19e siècle et qui est enracinée jusque dans sa lecture progressiste de l’islam, faisant de cette religion une confession capable d’adaptation.» (p. 27).

Bien que Masri estime que les autres pays arabes auraient tout intérêt à tirer profit de l’expérience tunisienne, il ne pense pas qu’il leur serait possible de rééditer la réussite de la Tunisie, étant donné l’absence d’esprit réformiste qui caractérise tous ces pays.

Autre trait distinctif de cette «anomalie arabe» de la Tunisie, que l’auteur n’a pas manqué de mettre en exergue, demeure cet intérêt particulier que la Tunisie a accordé à l’éducation et notamment les réformes laïques mises en œuvre par le premier président de la Tunisie indépendante, Habib Bourguiba, et leur impact décisif sur la trajectoire qu’allait emprunter le pays à partir du milieu des années ’50 du siècle dernier.

Sur ce point particulier, Safwan Masri tente une comparaison avec la voie choisie par la Turquie moderne: «Alors qu’Atatürk a rejeté de manière catégorique l’islam et combattu la religion, Bourguiba a, au contraire, opté pour un savant équilibre – en ayant eu l’intelligence de défendre sa thèse de la modération religieuse en puisant directement ses arguments forts dans l’islam.» (p. 236).

D’entrée de jeu, au lendemain de l’indépendance du pays en 1956, des décisions ont été prises pour fonder un système éducatif tunisien moderne, libre et laïc. L’instruction, jadis un privilège réservé à une certaine élite, sera désormais ouverte à tous en Tunisie. Outre l’accent qui y est placé sur l’apprentissage des sciences, l’école républicaine tunisienne a également accordé une place de choix à l’enseignement des arts et des humanités, y compris la philosophie – «une discipline qui ne faisait pas, et ne fait pas, partie des programmes éducatifs ailleurs dans le monde arabe» (p. 255), écrit Pr Masri.

Certes notre révolution a connu des ratages, des contretemps et de retards, tous indéniablement imputables à Ennahdha et sa tentative d’islamisation au forceps de la société tunisienne, certes, aussi, nos gouvernants hésitent encore à prendre les bonnes mesures et les mesures urgentes pour remettre le pays sur les rails du travail, de l’effort et de la croissance, mais, à écouter Safwan Masri, nous avons, jusqu’ici, évité le pire et nous aurons donc – un jour (?) – droit au meilleur.

*Safwan M. Masri, ‘‘Tunisia: An Arab Anomaly’’ (New York, Columbia University Press, 2017).
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MessagePosté le: Jeu 28 Déc - 16:20 (2017)    Sujet du message: Tunisie Répondre en citant

Le syndicat des Imams porte plainte contre l'association Shams et veut faire fermer sa web radio
HuffPost Tunisie/TAP


Publication: 28/12/2017 09h03 CET Mis à jour: 28/12/2017 09h03 CET



  •  





Le secrétaire général du conseil syndical national des Imams et cadres des mosquées (Organisation tunisienne du travail), Chihebeddine Tlich, a révélé mercredi avoir déposé une plainte contre l’association “Shams”.
Selon lui, “le lancement récent, d’une radio par l’association, constitue un danger imminent pour nos valeurs et notre identité religieuse et sociale”.
Lors d’une conférence de presse à Tunis, Tlich a mis en garde contre “la banalisation de la décadence morale vu que la reconnaissance de l’association et sa radio revient à défendre la délinquance sexuelle”.
Il a appelé l’Etat à “prendre les mesures nécessaires au sujet de ce financement suspect” fait à l'association par l'Ambassade des Pays-Bas en Tunisie.
Selon le syndicaliste, cette conférence de presse a pour objectif d’informer l’opinion publique sur le procès intenté par le conseil syndical contre l’association pour obtenir la fermeture de la radio lancée sur le web.
“Permettre à l’association de diffuser ses opinions est contraire à la religion et à la loi”, a-t-il estimé.
Et d’ajouter, la création de l’association Shams (2015) constitue une violation manifeste de l’article 6 de la Constitution qui dispose que l’Etat est le gardien de la religion et s’engage à protéger le sacré.
Le 11 décembre dernier, l’association Shams a lancé sa web radio dédiée à la communauté LGBT (lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres) en Tunisie.
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MessagePosté le: Mer 14 Fév - 15:52 (2018)    Sujet du message: Tunisie Répondre en citant

À l'occasion de la Saint-Valentin, le Mufti de la République tunisienne prône l'amour
Rédaction du HuffPost Tunisie


Publication: 14/02/2018 10h48 CET Mis à jour: il y a 3 heures

 
 

Dans une interview accordée au journal "Akher Khabar", le Mufti de la République Othman Battikh a affirmé que fêter la Saint-Valentin n'est pas contraire aux préceptes de l'Islam tant que "ça ne transgresse pas des bonnes moeurs".
"Fêter l'amour n'est pas un péché" a-t-il affirmé indiquant que les fondamentalistes qui disent que cela est une tradition chrétienne sont dans le faux.
En le fêtant, "cela ne veut pas dire que l'on embrasse la religion chrétienne" a-t-il dit. "Tout ce qui rapproche les gens et les réunit est quelque chose de bon et requis" en Islam.
Déplorant l'intolérance face à de nombreuses occasions de prôner l'amour, le Mufti affirme que "l'amour est une des valeurs de l'islam. L'Islam c'est l'amour d'Allah, et aimer Allah c'est aimer les autres" a-t-il indiqué.
Le 14 février, le monde fête la Saint-Valentin, la fête de l'amour. Si dans plusieurs pays, des couples expriment leur amour, dans plusieurs pays musulmans, fêter la Saint-Valentin peut-être dangereux.
En effet, au Pakistan par exemple, les festivités publiques de la Saint-Valentin sont interdites suite à une décision de la Haute cour d'Islamabad de 2017. Celle-ci s'est justifiée en affirmant que celle-ci était une fête célébrant "l'immoralité, la nudité et l'indécence".
Idem, en Arabie Saoudite, en Iran, en Malaisie ou encore en Indonésie.
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MessagePosté le: Sam 5 Mai - 14:35 (2018)    Sujet du message: Tunisie Répondre en citant

Tout ce que vous avez voulu savoir sur les élections tunisiennes
Par Célian Macé , Robin Andraca et Adriana Vidano — 4 mai 2018 à 20:26


Des militants et sympathisants d’Ennahdha à Ariana, ville du Grand Tunis, jeudi. Photo Augustin Le Gall. Haytham
Dans le seul pays où le printemps arabe a entraîné un processus démocratique durable, des municipales libres se tiennent dimanche. CheckNews et le site d’information tunisien «Nawaat» décryptent l’événement en répondant aux questions des internautes.

  • Tout ce que vous avez voulu savoir sur les élections tunisiennes

Depuis septembre, Libération met à la disposition des internautes un site, CheckNews.fr, qui leur permet de poser des questions sur l’actualité à une équipe de journalistes. Notre promesse : «Vous demandez, nous vérifions.»
A ce jour, l’équipe de CheckNews a déjà répondu à plus de 1 220 questions, anecdotiques ou graves, sur des sujets concernant la politique, l’environnement, l’économie, le sport… Parmi les dernières questions (et réponses) : «Une enquête a-t-elle été ouverte à propos du patrimoine de Noël Mamère ?» ; «A quoi fait référence Taubira quand elle parle des 24 000 migrants que la France devrait accueillir ?» Cette fois, notre équipe s’est déplacée en Tunisie à l’occasion des premières municipales libres de l’après-Ben Ali.

L’homosexualité pourrait-elle être dépénalisée si des progressistes arrivent au pouvoir ?
Les maires élus n’ayant pas vocation à modifier le code pénal, les chances que l’homosexualité soit dépénalisée en Tunisie à la suite des élections municipales sont nulles. C’est l’article 230 du code pénal tunisien qui criminalise l’homosexualité, punie de trois ans d’emprisonnement. En français, l’article est : «La sodomie […] est punie de l’emprisonnement pendant trois ans.» Mais la version arabe du texte, qui fait loi, vise directement «l’homosexualité féminine et masculine». Cet article, introduit en 1913 par le protectorat français, a été maintenu par l’Etat tunisien après l’indépendance.
La dépénalisation de l’homosexualité ne semble pas, pour le moment, au programme : à ce jour, seul le parti Al-Massar, formation de centre gauche n’ayant aucun poids réel dans le paysage politique, a publiquement dénoncé le test anal pratiqué sur les homosexuels en Tunisie pour déterminer s’ils sont ou non «coupables». En septembre 2015, Al-Massar avait ainsi appelé les députés à revoir l’article 230 du code pénal, au motif qu’il ne serait pas compatible avec l’article 24 de la Constitution, qui dispose que l’Etat doit préserver la vie privée du citoyen ainsi que son intégrité physique. En septembre 2017, le conseil des droits de l’homme des Nations unies avait recommandé à la Tunisie de cesser immédiatement les examens anaux forcés. Le ministre chargé des Relations avec les instances constitutionnelles de la société civile, Mehdi Ben Gharbia, avait alors déclaré que la Tunisie allait le faire. Plusieurs médias tunisiens avaient annoncé, dans la foulée, la fin du test anal. Un peu rapidement. Mehdi Ben Gharbia avait en effet expliqué, une semaine plus tard sur Mosaïques FM, que la Tunisie s’engageait à «arrêter le recours aux tests anarchiques, sans consentement et sans assise légale», mais qu’il faudrait «quatre ans» à la Tunisie pour prendre les mesures nécessaires. Un délai curieux, sachant qu’il suffit d’un amendement voté par les députés pour supprimer cet article 230, et qu’une élection présidentielle aura lieu en 2019.
Concernant la levée de la criminalisation de l’homosexualité, la Tunisie avait en revanche refusé de suivre les recommandations des Nations unies. Questionné par Libération sur une éventuelle réforme du code pénal pour dépénaliser l’homosexualité, Rached Ghannouchi, chef du parti conservateur Ennahdha, se montre très prudent : «L’homosexualité est un crime au regard de la loi tunisienne. Mais je pense qu’il ne revient pas à l’Etat de s’immiscer dans la vie intime des gens.» Faut-il comprendre qu’il serait favorable à une telle réforme du code pénal ? «Je suis pour le respect de la vie privée des citoyens tunisiens», répond-il de façon évasive.
Borhen Bsaies, conseiller politique du parti progressiste Nidaa Tounes, se dit aussi «contre la chasse à l’homme sous prétexte de l’orientation sexuelle des citoyens et citoyennes». Mais interrogé par une fondation allemande, il tempère dans la foulée : «Nous ne sommes plus en 1956. Le pays ne peut être modernisé de façon volontariste et les souhaits de la société civile et des politiques ne peuvent l’emporter sur les contraintes sociales et culturelles. Ce pays a des traditions.»
Question posée par Nizar.
Les candidats aux élections municipales ont-ils le droit de parler à la presse étrangère ?
L’article 66 de la loi n°16 du 26 mai 2014 relative aux élections et aux référendums dispose que «les candidats, les listes de candidats et les partis sont autorisés dans le cadre des campagnes électorales ou pour le référendum à utiliser les médias nationaux ainsi que les médias électroniques. En revanche, il leur est interdit d’utiliser les médias étrangers».
Cet article a récemment fait l’objet d’une demande de clarification dans une lettre du Club des correspondants étrangers en Afrique du Nord (NAFCC) adressée à l’Instance supérieure indépendante pour les élections (Isie) et à la Haute Autorité indépendante de la communication audiovisuelle (Haica). Lettre restée sans réponse. La question se posait pourtant : en février 2018, l’Isie et la Haica ont signé un accord réglementant la couverture de la campagne des élections municipales par les médias audiovisuels. Et l’article 1 stipulait que cet accord s’appliquait de la même façon aux… médias audiovisuels étrangers.
Interrogé sur le sujet, le service de communication de la Haica a rapidement élucidé le mystère : «C’est la loi de 2014 qui s’applique également cette année et prévaut sur l’accord de 2018, qui ne fait qu’entrer dans les détails.» «Le terme "utiliser" signifie que les candidats [ainsi que les listes de candidats et les partis, ndlr] n’ont pas le droit de donner des interviews ou de parler avec les correspondants étrangers, poursuit la Haica. Les médias étrangers ne sont pas censés couvrir les élections tunisiennes.» Anis Jarboui, membre de l’Isie, nous a confirmé que cela valait autant pour les médias audiovisuels que pour la presse écrite. Mouna Ghariani, membre du conseil de la Haica, nous a précisé que «les noms des candidats qui ont parlé aux correspondants étrangers ont été transmis à l’Isie. Des sanctions sous la forme d’amendes allant de 2 000 à 5 000 dinars seront bientôt prises», conformément à l’article 153 de la loi électorale de 2014.
Question posée par Maryline.
Peut-on organiser des élections sous l’état d’urgence ?
Le 12 mars, l’état d’urgence (en vigueur depuis 2015) a été prolongé de sept mois en raison, selon le ministre de la Défense, Abdelkarim Zbidi, de l’approche des élections municipales, des examens nationaux, du mois de ramadan et de la saison touristique. Le décret de 1978 qui encadre l’état d’urgence n’empêche pas la tenue de rassemblements mais dispose que le ministre de l’Intérieur peut interdire «les réunions de nature à provoquer ou entretenir le désordre» et peut également ordonner «la fermeture provisoire des salles de spectacle, débits de boisson et lieux de réunion de toute nature». Dans le cadre de la campagne électorale, tous les événements prévus par les listes candidates (meetings, marches, rassemblements) devaient être déclarés à l’Instance supérieure indépendante pour les élections (Isie), quarante-huit heures à l’avance, en précisant le lieu, la durée et les moyens utilisés.
«Le nombre d’événements a été croissant au fur et à mesure de la campagne. Au 1er mai, nous étions à environ 20 000 événements, précise Anis Jarboui, de l’Isie. Beaucoup de listes ne les déclarent pas à l’avance, elles reçoivent alors un avertissement écrit ou oral.» Malgré les nombreuses infractions signalées, Anis Jarboui estime que «l’état d’urgence n’a pas affecté le bon déroulement de la campagne», et qu’il ne gênera pas non plus la tenue du vote, dimanche.
La question se pose par contre pour les 138 personnes assignées à résidence du fait de l’état d’urgence. Elles doivent solliciter une autorisation pour sortir et voter. Mais selon Anis Jarboui, «tant que l’individu est inscrit sur le registre, il a le droit de voter». Jeudi, ce dernier précisait qu’«il n’y aurait pas de mesures de sécurité supplémentaires le jour du vote pour ces personnes, sauf si les ministères de l’Intérieur ou de la Défense en décident autrement.»
Question posée anonymement.
Combien y a-t-il de candidats du parti de Ben Ali ?
Le Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD), parti fondé par l’ancien président Ben Ali, est l’héritier du parti nationaliste Néo-Destour du premier chef de l’Etat tunisien, Habib Bourguiba. La formation a été au pouvoir depuis l’indépendance, en 1956, jusqu’à la révolution de 2011. Le RCD a été dissous par la justice le 9 mars 2011 puis, dans la foulée, un décret-loi a prohibé aux personnes y exerçant des responsabilités sous l’ère Ben Ali de se porter candidat. En 2012 et 2013, une loi qui prévoyait d’exclure de la vie politique les anciens responsables du RCD a été étudiée, avant d’être abandonnée en 2014. Les anciens «RCDistes» sont désormais autorisés à candidater. Le président, Béji Caïd Essebsi, est un ancien cadre du parti. Plusieurs ex-membres du RCD, aujourd’hui adhérents à différents partis, sont sur les listes de candidats aux municipales. Le chiffre de 80 % a été avancé par Mohamed Ghariani, ex-secrétaire général du RCD. «Je n’ai pas de décompte précis, explique l’homme politique, contacté par CheckNews. C’est une estimation, d’après mon observation des listes. La plupart des partis sont allés au réservoir RCDiste. […] Il s’agit très souvent de stratégies locales, et non pas d’orientations idéologiques.» Selon des chiffres officiels, le RCD comptait 2,3 millions d’adhérents avant la révolution. Leur liste n’a jamais été rendue publique. Il est donc impossible de déterminer combien d’entre eux sont sur les listes des municipales, où se présentent 53 668 candidats dans 350 circonscriptions.
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MessagePosté le: Mer 30 Mai - 10:07 (2018)    Sujet du message: Tunisie Répondre en citant

Le Collectif #MouchBessif à Paris,
https://www.facebook.com/events/584094835297778/
https://www.facebook.com/MOUCH-Bessif-PARIS-600735663623183/
(Collectif indépendants de tout mouvement ou associations existantes)
Et la Comité pour le Respect des Libertés et des Droits de l'Homme en Tunisie (CRLDHT)

Appelle à un rassemblement devant l’ambassade de Tunisie le samedi 2 juin 2018 à 15h00 pour dénoncer les déclarations du ministre de l’intérieur et la campagne de harcèlement que subissent certains non jeûneurs dans les cafés ouverts.
Le collectif tient à rappeler au Ministre de l’intérieur que la nouvelle constitution adoptée en janvier 2014 par une large majorité des 217 constituants instaure une République de citoyens et un Etat de droit et consacre notamment l’égalité des citoyens en droit (article 21) et la liberté de conscience (article 6).
A cet égard, Notre Collectif et la Comité pour le Respect des Libertés et des Droits de l'Homme en Tunisie (CRLDHT)
considère que les dérapages et agressions constatés témoignent d’un abus de pouvoir manifeste.
En effet, le ministre de l’intérieur et les autorités publiques ont pour mission de protéger l’ordre public mais plus encore l’exercice des droits et libertés individuelles et collectives et notamment par les minorités.
Etat civil, l’Etat tunisien reconnait toutes citoyennes et tous ses citoyens et il se doit de les protéger de la même manière. Respecter le droit des minorités est en effet un préalable dans l’édification d’une société démocratique.
Pour défendre l’égalité des droits des citoyens et le respect de la liberté de conscience, nous vous appelons à rejoindre notre combat.
Soyons nombreux et nombreuses, hommes, femmes, jeunes et moins jeunes, pour exiger le respect de la constitution de 2014 et notamment ses articles 21 et 6.


 

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MessagePosté le: Sam 9 Juin - 10:09 (2018)    Sujet du message: Tunisie Répondre en citant

Un livre qui nous vient de Tunisie


 

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MessagePosté le: Mer 20 Juin - 15:29 (2018)    Sujet du message: Tunisie Répondre en citant

Les cafés «illégaux» du ramadan

Le 27 mai dernier, des Tunisois ont manifesté contre une directive gouvernementale datant de 1981 obligeant la fermeture des cafés pendant le mois du ramadan.
Photo: Hassene Dridi Agence France-Presse Le 27 mai dernier, des Tunisois ont manifesté contre une directive gouvernementale datant de 1981 obligeant la fermeture des cafés pendant le mois du ramadan.
Capucine Japhet
à Tunis

Collaboration spéciale
15 juin 2018

    Monde

En Tunisie, pendant le mois sacré du ramadan, les non-jeûneurs peinent à trouver leur place. Si l’interdiction des cafés est toujours une réalité, certains établissements restent ouverts. Un lieu de vie, et de revendications pour certains.

Milieu d’après-midi, dans le quartier populaire de Lafayette à Tunis, la chaleur étouffante et les rues désertes donnent une ambiance très particulière à la ville. D’habitude bourdonnante et pleine de vie, la capitale tunisienne prend le rythme du ramadan, le mois de jeûne sacré pour les musulmans. Pas de nourriture, pas de boissons ni de cigarettes avant le coucher du soleil. Le ramadan symbolise avant tout un moment de convivialité en famille, une pratique culturelle sacralisée. Tous les établissements qui servent à manger ou à boire sont alors fermés. Mais certains cafés ouvrent discrètement leurs portes.

Dans un petit hôtel au style architectural colonial se cache un café très prisé. Quelques tables sont disposées dans un espace extérieur entouré de verdure. Ici, la vie bat son plein. Karim Benabdallah est venu avec quelques amis. Ce blogueur et photographe est le fondateur du mouvement sur les réseaux sociaux #Fater (celui qui mange).
Photo: Capucine Japhet Collaboration spéciale Karim Benabdallah a créé le mouvement #Fater sur les réseaux sociaux pour revendiquer le droit de ne pas jeûner dans les lieux publics pendant le ramadan.

Café, cigarettes… pas de jeûne pour ce militant 2.0 qui a décidé de s’opposer aux religieux les plus conservateurs : « Ne pas faire le jeûne en Tunisie, c’est toujours un tabou ! Le parti islamique nous emmerde la vie », dit-il, agacé.

Pour lutter contre la fermeture des cafés, Karim a créé le groupe #Fater en 2013 qui rassemble 11 000 personnes sur Facebook. L’objectif ? Permettre aux non-jeûneurs de se retrouver dans des cafés dits « illégaux ». « On a créé une communauté de gens qui ne font pas le ramadan et ça a encouragé les cafés à ouvrir ! » explique-t-il.

Cependant, si les autorités locales continuent à faire fermer les cafés, la question de leur illégalité reste floue.

Pour une Tunisie démocratique

Depuis 1981, la circulaire Mzali, instituée par le gouvernement de Ben Ali, oblige tous les cafés à fermer pendant le mois du ramadan.

Cette décision est pourtant contraire à la nouvelle Constitution de 2014 qui garantit à chaque citoyen « la liberté de conscience et de religion ». Chaque année, l’application de cette fameuse circulaire fait débat. Mais le gouvernement actuel, majoritairement composé du parti islamiste Ennahdah, continue à mettre en application cette loi.

Pour Jabeur Ouajah, coordinateur du Collectif civil pour les libertés individuelles, cette décision est insensée : « L’État doit avant tout s’engager à garantir la liberté de conscience, même si un seul citoyen tunisien décide de ne pas jeûner. »

Les militants de #Fater sont descendus dans la rue le 27 mai dernier pour réclamer l’ouverture des cafés. Et les critiques ont été extrêmement virulentes à leur égard. « On nous accuse d’être homosexuels, sionistes… Enfin, je connais très bien la recette habituelle ! » lance, amusé, Karim Benabdallah.

Mais le tableau n’est pas si noir. Des musulmans pratiquants soutiennent la cause. C’est notamment le cas de Samir Labidi, chemise blanche, barbe taillée, qui accompagne Karim au café pendant le mois de jeûne : « L’islam nous a donné un livre et chacun est libre de le comprendre à sa façon ! »

Pour vivre heureux, vivons cachés

Dans le centre-ville, un autre café fait mine d’être fermé. Pourtant, derrière les papiers journaux qui couvrent les vitres de l’établissement, une dizaine de personnes boivent tranquillement leur café en fumant des cigarettes.

S’il s’agit d’un établissement « illégal », les clients ne sont en rien des militants de la première heure. Omar, assis dans un coin, écouteurs sur les oreilles, se délecte de sa boisson. Pour ce jeune étudiant en BTS, l’interdiction des cafés est tout à fait légitime : « Il faut respecter les gens qui jeûnent, c’est comme ça. Et le respect, ce n’est pas une peur. Je ne soutiens pas #Fater. Pour moi, ils sont impolis. »

La tradition et le respect des anciens sont fondamentaux au sein de la société tunisienne. C’est pourquoi certains non-jeûneurs préfèrent se taire. Dans la chic banlieue de la Marsa, au nord de Tunis, les règles sont un peu plus souples. Quelques restaurants s’affichent officiellement ouverts et la plupart des cafés accueillent des clients.

Cigarettes à la main, Mohamed et Nasser se cachent un peu sur la terrasse du Café Takina qui reste ouvert de manière discrète.

« J’évite de confronter des gens, par respect, mais je n’ai pas peur. Je ne suis pas hypocrite. Je ne jeûne pas, donc je suis libre », explique Nasser.

Même constat pour Mohamed, 26 ans, qui a vécu un an en France. Il ne se sent pas concerné par les revendications de #Fater : « Je suis non-jeûneur parce que je ne crois pas en cette religion. Je ne suis pas engagé, je fais mon truc dans mon coin. Je m’en fous un peu, du reste ! »

    Sous Ben Ali, c’était l’ordre établi, on connaissait les cafés qui ouvraient, mais maintenant, les gens se mobilisent pour ça ! C’est la naissance de la société civile.
    — Firas Kefi

 

Un microcosme ?

Si le mouvement #Fater fait parler de lui sur les réseaux sociaux et dans les médias internationaux, encore faudrait-il qu’il représente vraiment les aspirations des non-jeûneurs.

Pour Firas Kefi, journaliste sur Express FM, il s’agit avant tout d’un microcosme : « Dire que c’est représentatif, ça serait donner plus d’envergure au mouvement. »

Cependant, si le mouvement semble être minoritaire, il dit beaucoup de la société tunisienne post-révolution.

« Sous Ben Ali, c’était l’ordre établi, on connaissait les cafés qui ouvraient, mais maintenant, les gens se mobilisent pour ça ! C’est la naissance de la société civile », explique Firas Kefi. Le combat politique des non-jeûneurs sera alors de longue haleine et, comme l’assure Karim Benabdallah, « la démocratie n’est pas un package tout prêt, ça prend du temps. »
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 07:56 (2018)    Sujet du message: Tunisie

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