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Israël/Palestine
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yacoub
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MessagePosté le: Sam 20 Jan - 11:23 (2018)    Sujet du message: Israël/Palestine Répondre en citant

Saeb Erekat : "La solution à deux États a été détruite"

© France 24

Les relations diplomatiques ont rarement été aussi mauvaises entre l'Autorité palestinienne et les États-Unis, et le processus de paix semble un peu plus à l'arrêt encore. Pour le négociateur en chef des Palestiniens, Saeb Erekat, interviewé par notre correspondant dans la région, Antoine Mariotti, les décisions prises par Donald Trump enterrent la solution à deux États et "détruisent les Palestiniens modérés, ceux qui croient aux négociations".

Vent debout contre les États-Unis, les Palestiniens ne décolèrent pas après les annonces successives de Donald Trump : la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d'Israël bien sûr, mais aussi la réduction de moitié de l'aide financière américaine à l'UNRWA, l'office des Nations unies chargé des réfugiés palestiniens.

Saeb Erekat affirme que 18 % du budget l’Autorité palestinienne ces trois dernières années a été alloué aux camps de réfugiés palestiniens, pour y contrer l’influence des "meurtriers de l’organisation État islamique". Selon lui, en réduisant les aides financières, Donald Trump "va transformer les camps de réfugiés en camps de recrutement pour tous les extrémistes de cette région".

Il considère également que le gouvernement de Benjamin Netanyahou est "le plus extrémiste jamais au pouvoir en Israël depuis 1948" et déplore "ne pas avoir de partenaires pour la paix en Israël".
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MessagePosté le: Sam 20 Jan - 11:23 (2018)    Sujet du message: Publicité

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MessagePosté le: Jeu 1 Fév - 14:51 (2018)    Sujet du message: Israël/Palestine Répondre en citant

Sondage : Israël parmi les pays les moins religieux du monde La Chine est le pays le moins religieux du monde ; la Thaïlande est le plus religieux
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Un bus en Israël. (Crédit : Yossi Zamir/Flash90)
 


Israël est le berceau du judaïsme et du christianisme. Mais il est aussi l’un des pays les moins religieux du monde, selon une nouvelle enquête.
D’après le sondage WIN/Gallup, mené auprès de 63 898 habitants de 65 pays différents, 65 % des Israéliens se décrivent comme non-religieux ou formellement athées. 75 % des Palestiniens de Cisjordanie et de Gaza se considèrent comme religieux, et 18 % comme non religieux.



http://fr.timesofisrael.com/signup/?utm_source=fr-articles&utm_medium=m…
Le sondage révèle que, sur la totalité des interviewés, 63 % ont affirmé être religieux.
Avec 61 % de citoyens non religieux, la Chine est le pays le moins religieux du monde, alors que la Thaïlande, avec 94 % de ses citoyens qui se disent religieux, est le pays le plus religieux.
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MessagePosté le: Sam 3 Fév - 11:30 (2018)    Sujet du message: Israël/Palestine Répondre en citant

Le nombre de chrétiens en Israël a augmenté en 2015

La présence chrétienne en Israël a un peu augmenté en 2015, l’immigration parvenant à compenser l’émigration de familles chrétiennes désireuses d’une vie meilleure.


 
 Des Grecs orthodoxes célèbrent la fête de l’Ascension à Jérusalem, en juin 2011. / Nabil BOUTROS/CIRIC
 


► Combien sont-ils ?
À la veille de Noël, le Bureau central de statistiques d’Israël a fourni des données relatives aux citoyens israéliens de foi chrétienne. Selon les sources officielles consultées par l’Agence Fides, les citoyens chrétiens sont au nombre de 170 000 soit 2 % de la population contre 5 % dans les années 1970.
Plus des trois quarts (78,9 %) sont Arabes. Les autres sont généralement des immigrants. Certains, en provenance des États de l’ex-Union soviétique au cours des années 1990, sont reconnus comme citoyens israéliens grâce à la Loi du Retour. Les autres sont essentiellement des migrants venus d’Asie ou d’Afrique.
Les villes où se concentrent le plus grand nombre de chrétiens sont Nazareth (environ 22 300), Haïfa (15 300), Jérusalem (12 400).
En Palestine aussi, la part des chrétiens dans la population est en baisse, notamment à Bethléem, qui compte une communauté de 11 000 chrétiens. Dans cette ville où est né Jésus, 86 % de la population était chrétienne en 1950, selon le magazine en ligne The Times of Israël. « Aujourd’hui, les chrétiens ne représentent plus que 12 % des habitants », selon Vera Baboun, chrétienne et maire depuis 2012.
Dans la bande Gaza, la situation des chrétiens est encore plus précaire. Leur nombre est passé de 5 000 en 2006 à 1 100 aujourd’hui, selon Samir Qumsieh, propriétaire de Nativity TV, la seule chaîne de télévision chrétienne de Cisjordanie, interrogé par The Times of Israël.
► Quelle évolution ?
La population chrétienne dans son ensemble a légèrement augmenté en Israël en 2015 : + 1,5 %. Mais la hausse est plus basse que celle constatée chez les populations juive (+ 1,9 %) et musulmane (+ 2,4 %).
Elle se caractérise aussi par une tendance au vieillissement. Le pourcentage des moins de 19 ans est de 28,2 % contre 34,3 % au sein de la population juive et 46,9 % au sein de la population musulmane. Parmi les chrétiens, le taux des plus de 65 ans est de 11 % contre 13 % chez les juifs et 3,8 % chez les musulmans.
Parmi les familles chrétiennes, le nombre moyen d’enfants de moins de 17 ans est de 1,9, soit moins qu’au sein des familles juives (2,3) et musulmanes (2,8).
Quel contexte ?
Les chrétiens d’Israël vivent entre deux communautés majoritaires, les musulmans et les juifs. Le conflit israélo-palestinien impacte tous les habitants du pays, y compris les chrétiens. La division des communautés chrétiennes en Israël s’est accentuée depuis la création de l’État en 1948. L’occupation d’Israël à Jérusalem Est, en Palestine et dans la bande Gaza entraîne des discriminations envers l’ensemble des citoyens arabes, musulmans et chrétiens.
La marginalisation envers les citoyens arabes, la violence et le contexte politique mettent en danger le vivre-ensemble et incitent les chrétiens à émigrer à l’étranger.
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MessagePosté le: Dim 18 Fév - 13:19 (2018)    Sujet du message: Israël/Palestine Répondre en citant

yacoub a écrit:
En 70 de l’ère chrétienne, Rome a décidé leur expulsion de la Palestine pour les pays méditerranéens voisins.


Saint Glinglin a écrit:

Pure invention : c'est l'accès à Jérusalem qui a été interdit.


Destruction de Jérusalem et exil des juifs par les romains en 70 de notre ère : réalités archéologiques et historiques ?
Sciences et croyances

Destruction de Jérusalem et exil des juifs par les romains en 70 de notre ère : réalités archéologiques et historiques ?

Cet article est une réponse au livre du Professeur Shlomo Sand, "Le « peuple juif » : une invention", où il est indiqué sur http://www.alterinfo.net/Le-peuple-juif-une-invention_a17598.html que c'est "l'un des livres les plus fascinants et stimulants publiés ici depuis longtemps" !
Dans l’article sur Alter Info, il est dit que "Sand rejette la plupart des histoires de la formation de l'identité nationale dans la Bible".
En lisant cela, et même si cette phrase fait partie d'une présentation condensée de son livre par un tiers, on peut facilement en déduire que l'auteur remet tout en question.
En effet, il conteste la conquête de Canaan sous Josué ainsi que d'autres évènements bibliques historiques. Il les considère comme “de la fiction, une mythologie qui a servi de prétexte à la création de l'Etat d'Israël.”
Mais sa thèse semble pour le moins contradictoire.
Par exemple, si on prend au pied de la lettre l'affirmation que la conquête de Canaan sous Josué n'a pas eu lieu, alors cela signifie qu'il n'y a pas eu non plus de dynastie davidique. Sans dynastie davidique, pas de prise de Jérusalem quelques 600 ans avant notre ère par les Babyloniens ni exil des juifs en Babylonie… Sauf qu’un peu plus loin, il parle lui-même de cet exil (voir paragraphe 3 de “Une autre traduction de l'article” dont l'adresse est donnée plus haut).
Pour obtenir des preuves archéologiques sur la réalité de la conquête de Canaan par les israélites, voir l’article : “Est-il juste d'associer la conquête de Canaan par les hébreux en 1470 avant notre ère avec la création de l'état d'Israël en 1948 ?” (pour s’y rendre : depuis la page d'accueil d'Alter Info, cliquer sur le dossier “Sciences et Croyances” dans la colonne noire à gauche, juste au dessus de “Réseau Voltaire”).

stefsuralter@free.fr

Mardi 18 Mars 2008

Destruction de Jérusalem et exil des juifs par les romains en 70 de notre ère : réalités archéologiques et historiques ?

JÉRUSALEM, au Moyen-Orient, abrite un site historique fascinant, propre à susciter l’intérêt des gens réfléchis. Selon Tacite, historien romain du 1er siècle, il y avait sur ses hauteurs “un temple d’une richesse inouïe”. Mais aujourd’hui, à l’exception de la plate-forme, il ne reste rien de ce bâtiment.

Le livre “La Bible à la lumière de l'archéologie” (Mulhouse, 1975) de J. Thompson, p. 280 dit ceci : “Jérusalem fut systématiquement détruite et le Temple démoli. Les travaux archéologiques nous montrent aujourd'hui combien de constructions juives furent détruites dans tout le pays.”
Les archéologues ont fait de nombreuses découvertes dans la zone située au sud de la plate-forme du temple. ‘Parmi les plus intéressantes, écrit J. Thompson dans son livre déjà cité (“La Bible à la lumière de l'archéologie”), figure la mise au jour d’un certain nombre d’énormes pierres de construction datant de l’époque d’Hérode, pierres qui ont, semble-t-il, été lancées du haut du temple lors de la destruction de Jérusalem, en 70 de notre ère.’

Si l’on veut remettre efficacement en question tout ce que raconte la Bible à propos du peuple Israélite, il y a une solution : détruire les preuves que contiennent de nombreux musées tels que le Louvre, le British Muséum et beaucoup d’autres encore, car elles sont trop abondantes !

Destruction de Jérusalem et exil des juifs par les romains en 70 de notre ère : réalités archéologiques et historiques ?

Dans son livre "Le « peuple juif » : une invention", Shlomo Sand affirme que l'exil des juifs après la destruction de Jérusalem par les romains n'a jamais eu lieu.

Bien que l’auteur ne conteste pas directement l’historicité de la destruction de Jérusalem en 70 de notre ère, il convient de montrer que cette destruction est incontestablement gravée dans les murs de l’histoire.
En effet, aujourd'hui encore dans la ville de Rome, il existe un témoignage de la destruction de Jérusalem en 70 de notre ère. Il s'agit de l'Arc de Titus que les Romains érigèrent en 81 pour commémorer la prise de Jérusalem où un relief montre des soldats romains qui emportent les ustensiles sacrés du temple (voir photo).

Concernant la réalité de l’exil des juifs à cette époque, il faut se référer à l'historien le plus fiable en la matière puisqu'il a été témoin oculaire de la destruction de Jérusalem en 70 de notre ère.
Je veux parler de Joseph ben Matthias plus tard appelé “Titus Flavius Josephus” communément connu sous le nom de “Flavius Josèphe” :

Josèphe était officier de l'armée, diplomate, Pharisien et homme d'une grande érudition. Il est né en 37 de notre ère, dans la première année de l'empereur romain Caligula. Son père appartenait à une famille sacerdotale; quant à sa mère, Josèphe affirmait qu'elle descendait du grand prêtre asmonéen Jonathan.
Durant son adolescence, Josèphe étudie assidûment la Loi mosaïque. Il analyse avec soin trois sectes du judaïsme: les Pharisiens, les Sadducéens et les Esséniens. Choisissant ces derniers, il décide de passer trois ans dans le désert avec un ermite nommé Bannus, probablement un Essénien. À 19 ans, Josèphe quitte Bannus et retourne à Jérusalem où il rallie les Pharisiens.
Josèphe fait un voyage à Rome en 64 de notre ère, pour intervenir en faveur des prêtres juifs traduits en justice devant l'empereur Néron par Félix, procurateur de Judée. Au cours de son voyage, Josèphe fait naufrage et frôle la mort. Sur les 600 passagers du navire, 80 seulement ont la vie sauve.
Pendant son séjour à Rome, Joseph est présenté à la femme de Néron, l'impératrice Poppée, par un acteur juif. C'est grâce à son intervention qu'il peut réussir sa mission. La splendeur de Rome produit une impression durable sur Josèphe.
Lorsque Josèphe retourne en Judée, les Juifs sont déterminés à se rebeller contre Rome. Il tente de convaincre ses compatriotes de l'inefficacité d'une guerre contre Rome. Mais il ne parvient pas à les dissuader et craint probablement d'être considéré comme un traître, aussi accepte-t-il d'être nommé commandant des troupes juives en Galilée. Il rassemble et prépare ses hommes, et constitue des réserves afin d'affronter les armées romaines, mais ses efforts sont vains. La Galilée tombe aux mains de l'armée de Vespasien. La forteresse de Jotapate, où s'est réfugié Josèphe, est conquise après un siège de 47 jours.
En se rendant, Josèphe se montre rusé et prédit à Vespasien qu'il sera bientôt empereur. S'il connaît la prison, Josèphe échappe toutefois aux sanctions grâce à sa prédiction, car, quand elle se réalise, Vespasien lui rend la liberté. Dès lors, sa vie va changer: jusqu'à la fin de la guerre, Josèphe servira d'interprète et de négociateur aux Romains. Pour honorer son protecteur Vespasien et ses fils Titus et Domitien, Josèphe ajoute le patronyme Flavius à son nom.
Après la guerre, Josèphe est allé à Rome. Bénéficiant de la protection des Flaviens, citoyen romain, il a vécu dans l'ancien palais de Vespasien, recevant une pension de l'empereur et des dons de Titus. Josèphe a poursuivi ensuite une carrière littéraire.

La plus ancienne des œuvres de Josèphe s'intitule La guerre des Juifs. Il aurait préparé ce récit en sept volumes pour les Juifs, afin de leur montrer la supériorité des forces romaines de manière réaliste, et de les dissuader de toute révolte éventuelle. Cette œuvre présente un examen attentif de l'histoire juive, depuis la prise de Jérusalem par Antiochus Épiphane (au IIe siècle avant notre ère) jusqu'à la grande rébellion en 67 de notre ère. Témoin direct, Josèphe décrit ensuite la guerre dont l'an 73 a marqué le point culminant avec la prise de Massada par les Romains.

C'est donc en m'appuyant principalement sur le livre en ma possession, “La guerre des Juifs” de Flavius Josèphe (dont l'original a été écrit en Grec) traduit par Pierre Savinel et publié par les Editions de Minuit en 1977, que je vais tenter d'apporter une réponse en rapport avec la réalité de l'exil des Juifs en 70 de notre ère que l'ouvrage de Shlomo Sand intitulé "Le « peuple juif » : une invention" conteste.

Selon Josèphe, en l'an 66 une suite d'événements rendirent inévitable la guerre avec Rome. Une bande de Juifs prirent la forteresse de Massada, près de la mer Morte, exterminèrent la garnison romaine et la remplacèrent par des Juifs de leur parti. À Jérusalem, Éléazar, commandant du temple, persuada ceux qui y officiaient de ne pas accepter de présents ou d'offrandes de la part des étrangers. À la suite de cela, et malgré l'intervention des prêtres en chef et des citoyens en vue, ils cessèrent d'offrir des sacrifices pour Rome et César.
Par crainte des représailles romaines, les principaux citoyens, prêtres en chef et Pharisiens en vue, convoquèrent une assemblée publique durant laquelle ils dénoncèrent la folie de cette révolte. Mais leurs efforts furent vains. Ils envoyèrent donc deux délégations, l'une au gouverneur Florus, l'autre au roi Agrippa, pour demander leur aide. Agrippa répondit en envoyant une armée. C'est alors que les combats commencèrent à l'intérieur de Jérusalem, et les rebelles remportèrent la victoire. Ensuite, ils exterminèrent la garnison romaine qui se trouvait dans la forteresse d'Antonia, tout près de l'esplanade du temple.

En trois mois, Cestius Gallus, légat romain de Syrie, rassembla la douzième légion de l'armée romaine et d'autres soldats en nombre important, afin de mettre fin à la rébellion. Étant arrivées devant les murs de Jérusalem durant la fête des Huttes, les armées romaines pénétrèrent bientôt jusque vers l'enceinte du temple puissamment fortifiée. Alors que la victoire lui paraissait acquise, brusquement et apparemment sans raison valable, Gallus ordonna la retraite…
Les Juifs poursuivirent les Romains et les obligèrent à abandonner la plus grande partie de leurs bagages ainsi que leurs lourds matériels qui servaient à assiéger les villes. Convaincus que Dieu les avait libérés, les Juifs en liesse frappèrent des pièces de monnaie portant des inscriptions du genre de “Jérusalem la Sainte”.

Cependant, les chrétiens qui vivaient à Jérusalem et en Judée ne partageaient pas la joie des Juifs. Ils se souvenaient des paroles suivantes de Jésus Christ : “Quand vous verrez Jérusalem entourée par des armées qu'on a fait camper, alors sachez que pour elle la désolation s'est approchée. Alors, que ceux qui seront en Judée se mettent à fuir vers les montagnes, et que ceux qui seront au milieu d'elle se retirent, et que ceux qui seront dans les campagnes n'y entrent pas.” - Luc 21:20, 21.

Selon la tradition, c'est à ce moment-là que les chrétiens obéirent au commandement prophétique de Jésus et quittèrent Jérusalem et la Judée.

Destruction de Jérusalem et exil des juifs par les romains en 70 de notre ère : réalités archéologiques et historiques ?

Eusèbe de Césarée, historien religieux des troisième et quatrième siècles, écrivit : “Cependant, le corps tout entier de la congrégation à Jérusalem ayant reçu un ordre par une révélation divine, qui avait été donnée avant la guerre à des hommes à la piété approuvée, ils quittèrent la ville et résidèrent de l'autre côté du Jourdain, dans une ville appelée Pella.” Traduction de Gustave Bardy, Paris, 1978, pp. 102, 103.

Épiphane de Salamine, un historien juif converti au christianisme de l'Église primitive qui vécut à la même période, rapporte ‘qu'ayant été avertis de la proximité du siège par le Christ, les chrétiens qui se trouvaient à Jérusalem s'enfuirent à Pella'. Panarion (la Huche) : Adversum Haeresis

Hégésippe, un historien du IIe siècle indique la même chose dans l'un de ses cinq livres intitulés “Histoire de l'Eglise”.

Selon le livre de Josèphe, l'empereur Néron chargea le général Vespasien de châtier la révolte des Juifs. Avec l'aide efficace de son fils Titus, Vespasien se mit en marche avec une armée de 60 000 hommes. Il dirigea ses légions contre les villes de la Galilée, où il rencontra une grande résistance. Quand les villes étaient prises, les pertes subies par les Juifs étaient très élevées.
Les sièges de Tarichée et de Gamala illustrent ce qui s'est passé dans toute la région. À Tarichée, sur les bords de la mer de Galilée, plus de 6 000 Juifs ont péri dans les combats. Les survivants furent traités sans pitié. Vespasien fit exécuter les “vieillards et ceux qui étaient incapables de porter les armes”, soit 1 200 hommes. Plus de 30 000 Juifs furent vendus comme esclaves, et 6 000 des jeunes hommes les plus forts furent envoyés en Grèce, afin de travailler pour Néron au percement du canal de Corinthe.
À Gamala, où la situation devint désespérée pour les Juifs, beaucoup d'hommes jetèrent leurs femmes et leurs enfants du haut des murailles, puis se précipitèrent eux aussi dans le ravin artificiel au pied de celles-ci.
Plus de 5 000 personnes périrent ainsi. Les Romains en tuèrent 4 000 autres.

Quant à Jérusalem, elle était devenue un véritable champ de bataille où se combattaient des factions rivales : les zélotes et les modérés. Les zélotes s'emparèrent du temple et en firent leur forteresse. À partir de là, ils se livraient au pillage et au meurtre.
Plus tard, le prêtre Ananus souleva le peuple contre les zélotes. Il s'ensuivit de violents combats, et les zélotes furent finalement assiégés dans le temple. Mais Ananus ne voulut pas poursuivre les combats dans l'enceinte sacrée. C'est pourquoi il plaça 6 000 hommes de garde pour empêcher les zélotes assiégés de s'enfuir.
Les zélotes envoyèrent en cachette deux messagers demander l'aide des Iduméens. Peu après, 20 000 Iduméens se dirigeaient vers Jérusalem. Profitant de l'obscurité et d'un violent orage, un groupe de zélotes déjouèrent la surveillance des gardes et ouvrirent les portes de la ville aux Iduméens. Il y eut alors de terribles carnages, et les modérés furent totalement vaincus. Ananus fut mis à mort.
Alors que Jérusalem était ébranlée par les luttes et les conflits à l'intérieur de ses murs, les armées romaines poursuivaient leur avance, intensifiant même leurs actions. Mais un changement devait se produire.

L'Empire romain connaissait de sérieuses difficultés. Des provinces se révoltaient et des hommes puissants complotaient contre Néron. Finalement, le Sénat romain le condamna à mort. Plutôt que d'attendre son exécution, Néron se suicida en juin 68.
Vespasien était sur le point de lancer ses troupes à l'assaut de Jérusalem quand lui parvint la nouvelle du suicide de Néron. Cela l'incita à suspendre son action, car il désirait connaître la volonté du nouvel empereur. Trois rivaux, Galba, Othon et Vitellius, se succédèrent rapidement à la tête de l'Empire. Déclaré empereur par son armée (en 69), Vespasien abandonna alors la direction des combats et s'occupa essentiellement de renforcer sa position, afin d'obtenir le trône.

Pendant ce temps, la situation ne s'améliorait pas à Jérusalem. Parlant des actions des zélotes, Josèphe rapporte : “Tout ce qui se rencontrait de plus précieux dans les maisons des riches ne suffisait pas pour contenter leur insatiable avarice. Tuer les hommes et outrager les femmes ne passait dans leur esprit que pour un divertissement et pour un jeu. Ils arrosaient leur proie de sang, et ne trouvaient du plaisir que dans la multiplicité des crimes. Après s'être abandonnés à ceux [les crimes] qui se pratiquent par les méchants, ils s'en dégoûtaient comme étant trop ordinaires et trop communs ; et pour satisfaire leur abominable brutalité ils n'avaient point de honte d'en rechercher qui faisaient horreur à la nature. Ils s'habillaient en femmes, se frisaient et se fardaient comme les femmes, et n'imitaient pas seulement dans leur coiffure l'afféterie et l'impudence des plus débordées, mais les surpassaient encore par des actions d'une lascivité abominable. Ainsi ils remplirent Jérusalem de tant de crimes exécrables, que cette grande ville semblait n'être plus qu'un lieu public de prostitution et de la plus détestable et la plus horrible de toutes les infamies. Mais quoique ces monstres d'impudicité, de cruauté et d'avarice eussent des visages si efféminés, leurs mains n'en étaient pas moins promptes à commettre des meurtres. Dans le même temps qu'ils marchaient d'un pas lent et affecté on les voyait tirer leurs épées de dessous des habits de diverses couleurs, et assassiner ceux qu'ils rencontraient.”

Aussi mauvaise que fût la situation, il était maintenant pratiquement impossible de s'enfuir de Jérusalem. Les zélotes faisaient tout ce qu'ils pouvaient pour empêcher que des hommes désertent et se rendent aux Romains. Quiconque sortait de la ville risquait d'être tué par une faction rivale. En pleine guerre civile, les conditions de vie à Jérusalem étaient inimaginables; les morts n'étaient même pas ensevelis. “Les factieux, quand ils en venaient au combat, piétinaient les morts entassés les uns sur les autres.” Ils pillaient le peuple, tuaient pour se procurer nourriture et richesses. Les lamentations des affligés formaient une clameur incessante. Certains, “de désespoir, souhaitaient l'arrivée des Romains et attendaient de la guerre étrangère la délivrance de leurs maux intérieurs”, déclare Josèphe.
Il appelle “brigands” les conspirateurs qui détruisaient les biens des riches et assassinaient les hommes importants soupçonnés de vouloir transiger avec les Romains.

Les luttes internes ne cessèrent même pas quand les armées romaines, maintenant commandées par Titus, assiégèrent la ville vers la Pâque de l'an 70. Jérusalem était remplie de Juifs venus célébrer la Pâque. Le 14 Nisan, date de cette fête, les adorateurs furent autorisés à pénétrer dans l'enceinte du temple. Mais ils s'aperçurent avec surprise qu'ils étaient entourés d'hommes armés qui appartenaient à une des factions rivales. S'étant déguisés, ces hommes étaient entrés dans le temple sans se faire remarquer, avec leurs armes. Ils voulaient prendre possession de la cour intérieure du temple et de ses magasins. Il s'ensuivit des combats violents et de grands carnages.
Titus exhortait les Juifs à se rendre afin de sauver leur vie. Il leur “députa même Josèphe pour s'entretenir avec eux dans leur langue maternelle, dans l'idée qu'ils céderaient peut-être à un homme de leur nation”. Mais les Juifs ont vivement critiqué Josèphe le considérant comme un traître.

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Peu après, au moyen de leurs machines de guerre les Romains s'attaquèrent à la première des trois murailles au nord de Jérusalem. Le quinzième jour, cette muraille tomba aux mains des Romains. Quatre jours après, ils furent maîtres de la seconde. Mais les Juifs contre-attaquèrent et les repoussèrent. Puis après quatre jours de combats durant lesquels ils subirent de lourdes pertes, les Romains reprirent la seconde muraille. Ils en démolirent toute la partie nord, d'un bout à l'autre. Il ne restait donc plus qu'un mur.
Plus tard, Titus tint un conseil de guerre et proposa la construction d'une enceinte tout autour de la ville. Étant donné que les Juifs seraient dans l'impossibilité de sortir de la ville, Titus pensait que cela les inciterait à se rendre ou lui faciliterait la prise de la ville à cause de la famine qui en résulterait. Son plan fut adopté. Les soldats furent organisés pour réaliser ce projet. Le travail de construction du mur se transforma en un concours de vitesse qui opposa les légions, soulevant un grand enthousiasme parmi les soldats qui se dépêchaient pour finir leur portion les premiers. Sur le plan individuel, les hommes étaient animés du désir de plaire à leurs supérieurs. Cette fortification de plus de sept kilomètres de long fut achevée en trois jours.
Ainsi s'accomplissaient les paroles prophétiques de Jésus concernant Jérusalem, savoir : “Les jours viendront sur toi, où tes ennemis feront une fortification autour de toi, avec des pieux taillés en pointe, et t'encercleront, et te presseront de toutes parts.” - Luc 19:43.

À Jérusalem, la famine était maintenant terrible. Josèphe écrit : “Les maisons étaient pleines des corps morts des femmes et des enfants, et les rues de ceux des vieillards. Les jeunes tout enflés et tout languissants allaient en chancelant à chaque pas dans les places publiques ; on les aurait plutôt pris pour des spectres que pour des personnes vivantes, et la moindre chose qu'ils rencontraient les faisait tomber. Ainsi ils n'avaient pas la force d'enterrer les morts, et quand ils l'auraient eue, ils n'auraient pu s'y résoudre tant à cause de leur trop grand nombre, que parce qu'ils ne savaient combien il leur restait encore à eux-mêmes de temps à vivre. Que si quelques-uns s'efforçaient de rendre ce devoir de piété, ils expiraient presque tous en s'en acquittant, et d'autres se traînaient comme ils pouvaient jusqu'au lieu de leur sépulture pour y attendre le moment de leur mort qui était si proche. Au milieu d'une si affreuse misère on ne voyait point de pleurs, on n'entendait point de gémissements.” Ne pouvant aller chercher de l'herbe à cause de la fortification, certains habitants de Jérusalem étaient dans une telle détresse qu'ils ramassaient et mangeaient les détritus qu'ils trouvaient dans les égouts et sur les tas de fumier. Les Romains apprirent que durant le siège de la ville pas moins de 600 000 cadavres avaient été jetés hors des portes de Jérusalem.
Finalement, les Romains pénétrèrent jusque dans l'enceinte du temple. Après que le sanctuaire eut été incendié, ils décidèrent de mettre le feu aux autres bâtiments. Environ 6 000 personnes s'étaient réfugiées sur le toit de la dernière colonnade de l'esplanade du temple. Elles avaient cru aux paroles d'un faux prophète qui leur avait dit d'aller là pour y recevoir des signes de leur délivrance. Mais les soldats incendièrent la colonnade par en dessous. De nombreux Juifs sautèrent de la galerie en flammes et furent tués tandis que d'autres périrent dans l'incendie.
Quand le siège fut terminé, le nombre des victimes était effroyable.

Destruction de Jérusalem et exil des juifs par les romains en 70 de notre ère : réalités archéologiques et historiques ?

Environ 1 100 000 Juifs avaient péri. Au total, il y eut 97 000 prisonniers. Les jeunes gens les plus forts et les plus beaux furent gardés pour la procession triomphale. Un grand nombre des autres captifs furent envoyés en Égypte et à Rome pour y effectuer des travaux pénibles, et certains périrent dans les arènes, dans différentes provinces romaines. Les prisonniers âgés de moins de dix-sept ans furent vendus.
Après avoir donné ces chiffres, Josèphe argumente. Il dit : “La plupart étaient de race juive, mais pas natifs de Jérusalem. Ils s'étaient rassemblés, venant de tous les coins du pays, pour la fête des Azymes, et ils avaient été brusquement cernés par la guerre, de sorte que leur entassement avait d'abord provoqué des ravages par la peste, puis accéléré les effets de la famine. Une preuve que la ville contenait un si grand nombre de gens, ce sont les résultats du recensement opéré du temps de Cestus. Ce dernier, voulant convaincre Néron, qui méprisait la nation, de la puissance de cette ville, invita les chefs des prêtres à faire un recensement de la population par les moyens qu'ils jugeraient appropriés. (…), à cette époque, toute la nation, par une fatalité, se trouva enfermée comme dans une prison, et c'est sur une citée bourrée d'habitants que la guerre referma son étau. ”
Le siège de Jérusalem avait duré moins de cinq mois. Toutefois, conformément à la prophétie de Jésus, c'était la tribulation la plus terrible qu'avait jamais subie cette ville (Matthieu 24: 21). Jérusalem et son temple furent rasés. Seules trois tours et une partie de la muraille occidentale restèrent debout. Josèphe écrit : “Cet ordre [de ruiner toute la ville] fut si exactement exécuté qu'il ne parut plus aucune marque qu'il y eût eu des habitants.”
C'est ainsi que le système de choses juif disparut. Désormais, les Juifs n'avaient plus de temple. Toutes leurs archives furent détruites, si bien qu'aujourd'hui aucun Juif ne peut prouver qu'il descend d'une famille de prêtres ou qu'il est de la tribu royale de Juda. Jésus Christ est le seul dont il est prouvé par les textes, dit “sacrés”, qu'il descend de Juda par David.

J'ouvre une parenthèse pour développer ce point :
[ La généalogie de Jésus est la première preuve tirée des Écritures grecques chrétiennes établissant qu'il était le Messie. La Bible avait prédit que le Messie viendrait de la famille du roi David (Psaume 132:11, 12; Ésaïe 11:1, 10). L'Évangile selon Matthieu commence ainsi: “Livre de l'histoire de Jésus Christ, fils de David, fils d'Abraham.” Matthieu prouve cette déclaration hardie en retraçant l'ascendance de Jésus par celle de son père adoptif, Joseph (Matthieu 1:1-16). Quant à l'Évangile selon Luc, il suit l'ascendance de Jésus par sa mère, Marie, jusqu'à Adam, en passant par David et Abraham (Luc 3:23-38). Ainsi, les rédacteurs des Évangiles établissent que Jésus était héritier de David au regard aussi bien de la loi que des liens du sang. Même ceux qui refusent avec le plus d'acharnement le statut de Messie à Jésus ne peuvent nier que, selon ses propres paroles, il était fils de David. Pourquoi ? Pour deux raisons. Premièrement, parce que ces paroles ont été abondamment répétées dans Jérusalem pendant des dizaines d'années avant que la ville ne soit détruite en 70 de notre ère (voir Matthieu 21:9; Actes 4:27; 5:27, 28). Si elles avaient été fausses, n'importe quel adversaire de Jésus - et il en comptait beaucoup - aurait pu prouver qu'il était un imposteur simplement en vérifiant son ascendance dans les généalogies appartenant aux archives publiques. Mais on ne trouve pas trace d'une seule personne ayant contesté que Jésus descendait du roi David. De toute évidence, il s'agissait d'un fait inattaquable. Matthieu et Luc ont sans doute pris directement dans les documents publics les noms importants qu'ils ont reproduits dans leurs récits. Deuxièmement, des écrits non bibliques confirment que la généalogie de Jésus était communément acceptée. Ainsi, le Talmud rapporte qu'au IVe siècle un rabbin a lancé des attaques virulentes contre Marie, la mère de Jésus, pour ‘avoir joué les prostituées avec des charpentiers'; toutefois, le même passage reconnaît qu'“elle descendait de princes et de chefs”. Auparavant, Hégésippe, historien du IIe siècle, avait relaté que lorsque l'empereur romain Domitien voulut exterminer tous les descendants de David, certains ennemis des premiers chrétiens dénoncèrent les petits-fils de Jude, demi-frère de Jésus, “comme étant de la famille de David”. Si Jude était connu pour être un descendant de David, Jésus ne l'était-il pas lui aussi ? Incontestablement ! - Galates 1:19; Jude 1. ] – Fin de la parenthèse.

L'une des plus remarquables prédictions de la prophétie de Jésus annoncée 37 ans à l’avance concernait le temple de Jérusalem.

Celui-ci ne devait pas seulement tomber aux mains de l'ennemi, mais il allait être entièrement rasé. Pas moins de trois historiens ont rapporté ces paroles de Jésus Christ : “Il ne restera pas ici pierre sur pierre qui ne soit renversée.” (Luc 21:6; Matthieu 24:1, 2; Marc 13:1, 2).
Il ne faut pas oublier que le temple de Jérusalem était une source de fierté non seulement pour les Juifs mais aussi pour tout l'Empire romain. Hérode le Grand, roi nommé par le Sénat romain, avait commencé à l'agrandir et à l'embellir.
On le considérait comme un chef-d'œuvre architectural et artistique; les prosélytes juifs et les admirateurs du monde entier avaient participé à sa construction par leurs dons.
Josèphe en était très fier. “Dans l'aspect extérieur du bâtiment, dit-il, rien n'était omis pour frapper l'esprit et les yeux. En effet, comme il était recouvert de tous côtés par d'épaisses plaques d'or, dès le lever du soleil il réfléchissait la lumière avec une telle intensité qu'il obligeait ceux qui étaient amenés à le regarder à détourner les yeux comme devant les rayons du soleil.”

Lorsque, selon Josèphe, le général Titus tint un conseil de guerre et décida de ne pas détruire le temple, on aurait pu croire que la prophétie de Jésus ne se réaliserait pas. Titus aurait dit aux Juifs : “Je ne me suis servi qu'à l'extrémité de mes machines, j'ai modéré l'ardeur de mes soldats pour sauver la vie à plusieurs de vous ; je n'ai point remporté d'avantage que je ne vous aie ensuite encore exhortés à la paix, agissant ainsi quoique victorieux de même que si j'eusse été vaincu. Lorsque je me suis trouvé proche du temple, au lieu de me servir pour le ruiner du pouvoir que me donnait le droit de la guerre, je vous ai conjurés de le conserver et permis d'en sortir en toute assurance pour en venir ailleurs à un combat si vous aviez tant d'amour pour la guerre.”
Mais quelle fut la suite des événements ? Alors que la bataille pour le temple faisait rage, un soldat romain inconnu, en dépit de l'ordre du général, jeta un brandon dans le sanctuaire et le magnifique temple se changea rapidement en fournaise. Bien sûr, cela ne suffit pas pour raser les murs du temple formés d'énormes blocs de pierres taillées. Allaient-ils être épargnés?
Comme la ville était enfin prise et que le temple était en cendres, Titus “ordonna de détruire de fond en comble toute la cité et le temple”, à la réserve de quelques tours pour montrer la puissance des fortifications que les Romains avaient réussi à conquérir. Malgré les intentions des Juifs et celles du général, les paroles de Jésus s'étaient révélées véridiques.
L'entrée de Jérusalem fut par décret rigoureusement interdite aux Juifs. Sans temple, sans terre, avec un peuple dispersé d'un bout à l'autre de l'Empire romain, le judaïsme ne pourrait survivre qu'à travers un nouveau mode d'expression. Les Sadducéens ayant disparu à la suite de la destruction du temple, la loi orale dont les Pharisiens s'étaient faits les défenseurs devint le centre d'un nouveau judaïsme: le judaïsme rabbinique. On encouragea davantage l'étude, les prières et les œuvres pieuses qui remplacèrent les sacrifices et les pèlerinages au temple. On pouvait dès lors pratiquer le judaïsme n'importe où, n'importe quand, dans n'importe quel contexte culturel. Les rabbins couchèrent la loi orale par écrit, non sans avoir compilé des commentaires sur elle, puis des commentaires sur les commentaires; l'ensemble devint connu sous le nom de Talmud.

Quel fut le résultat de ces diverses influences ?
Dans son livre intitulé Les Juifs, Dieu et l'histoire, Max Dimont dit que les Pharisiens portaient le flambeau de l'idéologie et de la religion juive, “mais le flambeau lui-même portait la marque des philosophes grecs”. La majeure partie du Talmud avait beau être d'un légalisme extrême, ses illustrations et ses explications reflétaient nettement l'influence de la philosophie grecque. Il exposait par exemple en termes juifs des concepts religieux grecs, tels que celui de l'immortalité de l'âme.
Incontestablement, en cette ère rabbinique nouvelle, la vénération du Talmud - qui était à l'époque un mélange de philosophie légaliste et de philosophie grecque - s'intensifia parmi les Juifs, à tel point qu'au Moyen Âge ils le révéraient davantage que la Bible elle-même.

Pour expliquer le fait qu'en 132 de notre ère, les juifs de Judée et des pays environnants (donc la Galilée) se soulevèrent après avoir appris que l'empereur Hadrien avait l'intention de reconstruire la ville de Jérusalem comme ville païenne et que les rebelles chassèrent les romains de la ville à la suite de quoi Simon est proclamé roi des juifs, il suffit de montrer qu'à quelques sept kilomètres au nord-ouest de Nazareth, se trouvait une ville qui a été qualifiée de “ parure de toute la Galilée ” par Flavius Josèphe, à savoir : Sepphoris.
En effet, après la chute de Jérusalem en 70, Sepphoris est devenue la principale ville juive de Galilée. Elle a plus tard accueilli le Sanhédrin, la cour suprême juive. Pendant un temps, elle a été un grand centre intellectuel et religieux juif. C'est de là que, petit à petit et avec le temps, les juifs de Galilée on repris le contrôle de la judée.

Quelques détails sur la ville de Sepphoris : [ Après la mort d'Hérode le Grand, probablement en 1 avant notre ère, les habitants de Sepphoris se sont révoltés contre Rome, ce qui a entraîné la destruction de leur ville. Hérode Antipas, fils d'Hérode le Grand, a hérité de la Galilée et de la Pérée ; il a choisi de bâtir sa capitale sur les ruines de Sepphoris. La ville a été reconstruite dans le style gréco-romain, mais la population était essentiellement juive. Selon le professeur Richard Batey, elle est devenue “ le centre administratif de la Galilée et de la Pérée ”, jusqu'à ce qu'Antipas fonde Tibériade vers 21 de notre ère et en fasse sa nouvelle capitale. C'est à cette époque que Jésus vivait non loin de Sepphoris. Le professeur James Strange, qui a fait des fouilles à Sepphoris, décrit la ville comme ayant des archives, un trésor, un dépôt d'armes, des banques, des bâtiments publics et des marchés où se vendaient de la céramique, de la verrerie, des objets en métal, des bijoux et toutes sortes de produits alimentaires. Il s'y trouvait aussi des tisserands et des marchands de vêtements, ainsi que des boutiques proposant notamment de la vannerie, des meubles et des parfums. On estime que la ville comptait à l'époque entre 8 000 et 12 000 habitants. ]

L'histoire atteste clairement qu'il y a bien eu un véritable exil des juifs de Judée.
A la différence des judéens, les juifs de Galilée conquis par Rome en 67 de notre ère, n’ont pas subit un exil systématique ; le général Vespasien, ayant manifestement épargné quelques villes galiléennes dont Sepphoris faisait partie, leur donna la possibilité, involontairement certes, de reprendre petit à petit les territoires de Judée…
Logiquement et avec un peu de patience, le temps que les tensions retombent avec les romains, il a vraisemblablement été possible aux juifs galiléens d’investir les terres de Judée durant les décennies qui ont suivi la destruction de Jérusalem en 70 de notre ère…

Pour conclure, et pour revenir au livre "Le « peuple juif » : une invention", je voudrais ajouter que je ne remets pas en question les propos du Professeur Zand, lorsqu'il est dit (au paragraphe 7 de “Une autre traduction de l'article”) qu'il vise à promouvoir l'idée qu'Israël devrait être un « Etat de tous ses citoyens » - juifs, Arabes et autres – par opposition à son identité proclamée de « pays juif et démocratique ».

Même si ces objectifs sont apparemment nobles, ce n'est pas en tordant l'histoire de cette façon qu'il va (ou qu'ils vont) y arriver !

Le temps de prendre ses désirs d’intellectuel pour des réalités est révolu.

$tef

Jeudi 10 Avril 2008

Source :
https://www.alterinfo.net

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MessagePosté le: Jeu 1 Mar - 16:10 (2018)    Sujet du message: Israël/Palestine Répondre en citant

Israël ne veut pas de la paix


Gideon Levy
 
Publié le 5 juillet 2014 dans Colonies, Gaza, Gaza - Blocus, Israël, Occupation, Processus de paix (bidon), Propagande israélienne, Racisme, Répression, Sionisme

Le réjectionnisme est profondément enraciné dans les croyances les plus anciennes et fondamentales d’Israël. C’est là, et au niveau le plus profond, qu’est né le concept selon lequel ce pays est destiné aux seuls Juifs.

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Netanyahou : « Nous n’avons aucun partenaire avec qui négocier »

Israël ne veut pas de la paix. De tout ce que j’ai écrit, c’est l’affirmation à propos de laquelle je serais le plus heureux qu’on me prouvât que j’ai tort. Mais les preuves sont légion. En fait, on peut dire qu’Israël n’a jamais voulu la paix – une paix juste, c’est-à-dire une paix reposant sur un juste compromis au profit des deux camps. Il est vrai que l’habituel salut en hébreu est « shalom » (paix) – « shalom » quand on s’en va et « shalom » quand on arrive. Et, sans l’ombre d’une hésitation, chaque Israélien ou presque dira qu’il veut la paix. Bien sûr, qu’il veut la paix. Mais il ne parle pas de cette espèce de paix qui apportera la justice sans laquelle il n’y a pas de paix et n’y en aura jamais. Les Israéliens veulent la paix, et non pas la justice, et certainement rien non plus qui s’appuie sur les valeurs universelles. Donc, « La paix, la paix, là où il n’y a pas de paix ». Non seulement il n’y a pas de paix : Ces dernières années, Israël a même abandonné l’aspiration à faire la paix. Il en a désespéré à l’extrême. La paix a disparu de l’agenda israélien, sa place a été remplacée par des angoisses quotidiennes qui se sont systématiquement implantées, et par des problèmes personnels, privés qui, désormais, prennent la préséance sur tout le reste.

Apparemment, l’aspiration israélienne à la paix est morte voici une décennie, après l’échec du sommet de Camp David en 2000, avec la propagation du mensonge prétendant qu’il n’y a pas de partenaire palestinien pour la paix et, bien sûr, l’horrible période saturée de sang de la seconde Intifada. Mais la vérité, c’est que, même avant cela, Israël n’avait jamais réellement voulu la paix. Jamais, pas une seule minute, Israël n’a traité les Palestiniens en être humains à droits égaux. Jamais il n’a considéré leur détresse comme une détresse humaine et nationale compréhensible.

Le camp israélien de la paix, lui aussi – en admettant qu’il ait jamais existé –, a connu une mort lente au beau milieu des scènes déchirantes de la seconde Intifada et le mensonge quant à l’absence de partenaire. Tout ce qui est resté, c’est une poignée d’organisations aussi déterminées et dévouées qu’inefficaces face aux campagnes de délégitimation montées contre elles. Et, de ce fait, il n’est resté à Israël que sa position réjectionniste.

Le seul élément incontournable de la preuve de la réjection par Israël de la paix est, naturellement, le projet des colonies. Depuis l’aube de son existence, il n’y a jamais eu de test décisif plus fiable ou plus précis des intentions réelles d’Israël que cette entreprise particulière. En langage simple : les bâtisseurs de colonies veulent consolider l’occupation et ceux qui veulent consolider l’occupation ne veulent pas de la paix. Voilà toute l’histoire en quelques mots.

Si l’on présume que les décisions d’Israël sont rationnelles, il est impossible d’admettre la coexistence mutuelle de la construction dans les territoires et de l’aspiration à la paix. Chaque acte de construction dans les colonies, chaque maison mobile et chaque balcon sont porteurs de cette réjection. Si Israël avait voulu réaliser la paix via les accords d’Oslo, il aurait au moins fait cesser la construction dans les colonies de sa propre initiative. Le fait que ce ne fut pas le cas prouve qu’Oslo avait un caractère frauduleux ou, au mieux, n’était que la chronique d’un échec annoncé. Si Israël avait voulu réaliser la paix à Taba, à Camp David, à Sharm el-Sheikh, à Washington ou à Jérusalem, sont premier geste aurait été de mettre un terme à la construction dans les territoires. Inconditionnellement. Sans le moindre quiproquo. Le fait qu’Israël ne l’a pas fait est la preuve qu’Israël ne voulait pas d’une paix juste.

Mais les colonies n’étaient que la pierre de touche des intentions d’Israël. Son réjectionnisme est enraciné bien plus profondément – dans son ADN, dans son système sanguin, dans sa raison d’être, dans ses croyances les plus anciennes. C’est là, au niveau le plus profond, que se situe le concept selon lequel ce pays est destiné aux seuls Juifs. C’est là, au niveau le plus profond, qu’est enracinée la valeur de l’« am sgula » – du « peuple chéri de Dieu » – et du « Dieu nous a élus ». Dans la pratique, cela se traduit pour signifier que, dans ce pays, il est permis aux Juifs de faire ce qui est interdit aux autres. C’est le point de départ et, partant de là, il n’y a pas moyen d’arriver à une paix juste. Il n’y a pas moyen d’atteindre une paix juste quand la définition du jeu est la déshumanisation des Palestiniens. Impossible de réaliser la paix quand la diabolisation des Palestiniens est rabâchée jour après jour dans la tête des gens. Ceux qui sont convaincus que chaque Palestinien est un être suspect et que chaque Palestinien veut « rejeter les Juifs à la mer » ne feront jamais la paix avec les Palestiniens. La plupart des Israéliens sont convaincus de la vérité de ces deux affirmations.

Au cours de la décennie écoulée, les deux peuples ont été séparés l’un de l’autre. Le jeune Israélien moyen ne rencontrera jamais son homologue palestinien en dehors de son service militaire (et, dans ce cas, uniquement s’il fait son service dans les territoires). Pas plus que le jeune Palestinien moyen ne rencontrera jamais un Israélien de son âge, en dehors du soldat qui lui crie dessus au check-point ou qui fait irruption dans sa maison au beau milieu de la nuit, ou de la personne du colon qui usurpe sa terre ou incendie ses vergers.

Par conséquent, la seule rencontre entre les deux peuples est une rencontre entre les occupants, armés et violents, et les occupés, qui désespèrent et choisissent également la violence. Ils sont révolus les jours où les Palestiniens travaillaient en Israël et où les Israéliens allaient faire du shopping en Palestine. Elle est révolue la période des relations à demi normales et au quart égales qui ont existé quelques décennies durant entre les deux peuples qui partageaient la même parcelle de territoire. Il est très facile, dans cette situation, d’inciter et d’enflammer les deux peuples l’un contre l’autre, de propager des craintes et d’instiller de nouvelles haines en sus de celles qui existent déjà. Ceci aussi est une recette infaillible pour ne pas en arriver à la paix.

C’est ainsi qu’une aspiration israélienne s’est fait jour, le désir d’une séparation : « Il y aura un là-bas et nous, nous serons ici (et là-bas aussi). » À une époque où la majorité des Palestiniens – une affirmation que je m’autorise après des décennies d’occupation des territoires – veulent toujours la coexistence, même si c’est de moins en moins, la plupart des Israéliens veulent le désengagement et la séparation, mais sans en payer le prix. La vision à deux États a gagné une très large adhérence, mais sans la moindre intention de la mettre en pratique. La plupart des Israéliens sont partis de cette vision, mais pas maintenant, et peut-être pas même ici. Ils ont été entraînés à croire qu’il n’y a pas de partenaire pour la paix – c’est-à-dire un partenaire palestinien – mais qu’il y a bien un partenaire israélien.

Malheureusement, c’est presque le contraire, qui est vrai. Les non-partenaires palestiniens n’ont plus aucune chance de prouver qu’ils sont des partenaires ; les non-partenaires israéliens sont convaincus qu’ils sont eux-mêmes des interlocuteurs. C’est ainsi qu’a débuté le processus dans lequel les conditions, obstacles et difficultés de la part d’Israël se sont multipliés, constituant ainsi une étape de plus dans le réjectionnisme israélien. Tout d’abord, il y a eu l’exigence de cessation du terrorisme ; puis l’exigence d’un remplacement de la direction (Yasser Arafat était la pierre d’achoppement) ; ensuite, c’est le Hamas qui est devenu l’obstacle. Aujourd’hui, c’est le refus des Palestiniens de reconnaître Israël en tant qu’État juif. Israël considère chaque démarche qu’il entreprend – des arrestations politiques massives à la construction dans les territoires – comme légitime, tandis que chaque geste des Palestiniens est « unilatéral ».

Le seul pays de la planète à n’avoir pas de frontières n’a jusqu’à présent aucunement l’intention de définir ne serait-ce que des frontières de compromis dont il serait disposé à se satisfaire. Israël n’a pas internalisé le fait que, pour les Palestiniens, les frontières de 1967 sont la mère de tous les compromis, la ligne rouge de la justice (ou d’une justice relative). Pour les Israéliens, ce sont les « frontières du suicide ». C’est pourquoi la préservation du statu quo est devenue le véritable but israélien et le but fondamental de la politique israélienne, une façon de dire « c’est comme cela et qu’on n’y revienne plus ». Le problème, c’est que la situation présente ne pourra durer éternellement. Historiquement, peu de nations ont jamais été d’accord de vivre sous occupation sans opposer de résistance. Et la communauté internationale, elle aussi, est capable un jour de sortir une déclaration très ferme à propos de cet état des choses, et d’y joindre des mesures punitives. Il s’ensuit que le but israélien est irréaliste.

Déconnectés de la réalité, la majorité des Israéliens poursuivent leur mode de vie habituel. À leurs yeux, le monde leur est toujours hostile et les zones d’occupation au seuil de chez eux sont au-delà de leur champ d’intérêt. Toute personne qui ose critiquer la politique d’occupation se fait taxer d’antisémitisme, tout acte de résistance est perçu comme une menace existentielle. Toute l’opposition internationale à l’occupation est perçue comme une « délégitimation » d’Israël et une provocation contre l’existence même du pays. Les sept milliards d’humains de la planète – dont la plupart sont opposés à l’occupation – se trompent, et six millions de Juifs israéliens – dont la plupart soutiennent l’occupation – ont raison. Telle est la réalité aux yeux de l’Israélien moyen.

Ajoutez-y la répression, la dissimulation et l’obscurcissement et vous obtenez une autre explication du réjectionnisme : Pourquoi devrait-on tendre vers la paix aussi longtemps que l’on vit bien en Israël, qu’il y fait généralement calme et que la réalité est masquée ? La seule manière dont la bande de Gaza assiégée peut rappeler au monde son existence consiste à lancer des roquettes et la Cisjordanie n’est à l’ordre du jour ces derniers temps que lorsqu’on y verse du sang. De façon similaire, le point de vue de la communauté internationale n’est pris en compte que lorsqu’il tente d’imposer des boycotts et des sanctions qui, à leur tour, engendrent immédiatement une campagne d’auto-victimisation truffées d’accusation historiques sans grand mordant – et parfois impertinentes également.

Voilà donc le triste tableau. Il ne renferme aucune lueur d’espoir. Le changement ne se produira pas de lui-même, à partir de la société israélienne, tant que cette société se comportera comme elle le fait aujourd’hui. Les Palestiniens ont commis plus d’une erreur, mais leurs erreurs sont marginales. La justice fondamentale est de leur côté et les réjectionnisme fondamental est l’apanage des Israéliens.

Les Israéliens veulent l’occupation. Pas la paix.
 J’espère seulement me tromper.
 
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MessagePosté le: Sam 10 Mar - 10:51 (2018)    Sujet du message: Israël/Palestine Répondre en citant

Israël : 50 ans d’occupation et de violations répétées
La pression doit être maintenue pour établir les responsabilités de toutes les parties



https://www.hrw.org/print/304557


 
Déplier
Des écoliers bédouins palestiniens se dirigent vers leurs tentes, qui font partie d’un camp bédouin érigé près de la colonie israélienne de Ma'ale Adumin, en Cisjordanie, le 15 septembre 2010. Israël ne reconnaît pas les droits de propriété revendiqués par les Bédouins, et a démoli plusieurs maisons et écoles dans cette région.
© 2010 Abbas Momani/AFP/Getty Images
(Jérusalem) – Cinquante ans après le début de l’occupation de la Cisjordanie et de la bande de Gaza, Israël maintient le contrôle de ces zones en exerçant une répression, en institutionnalisant diverses formes de discrimination et en pratiquant des violations systématiques des droits de la population palestinienne, a déclaré aujourd’hui Human Rights Watch.
Cinquante ans après le début de l’occupation par Israël de la Cisjordanie et de Gaza, HRW fait le point sur divers abus liés à l’occupation – y compris des détentions arbitraires et des déplacements forcés – et appelle au respect des droits des Palestiniens.
Nombre de ces violations ont été commises par Israël au nom de sa sécurité nationale. De leur côté, des groupes armés palestiniens ont lancé des attaques meurtrières contre des civils et tiré des milliers de roquettes en direction de zones civiles israéliennes, en violation du droit international humanitaire.
« Qu’il s’agisse d’un enfant emprisonné par un tribunal militaire ou d’un tir injustifié, d’une maison démolie en l’absence d’un permis de construire impossible à obtenir ou de postes de contrôle que seuls les colons sont autorisés à traverser, peu de Palestiniens ont échappé à de graves violations de leurs droits au cours d’une occupation qui dure depuis 50 ans », a constaté Sarah Leah Whitson, la directrice exécutive de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord à Human Rights Watch.  « Israël maintient aujourd’hui un système de discrimination institutionnalisée aux ramifications considérables contre les Palestiniens dans les territoires occupés, où la répression excède largement toute impératif sécuritaire. »
Alors que l’occupation entre dans son deuxième demi-siècle d’existence, il faut mettre l’accent sur le renforcement de la protection des droits de la population du territoire occupé, a préconisé Human Rights Watch.
Meurtres illégaux et crimes de guerre
Les troupes israéliennes ont tué plus de 2 000 civils palestiniens au cours des trois derniers conflits à Gaza (2008-2009, 2012 et 2014). Beaucoup des attaques perpétrées constituent des violations du droit international humanitaire, en raison du manque de précautions prises pour épargner les vies de civils. Certaines constituent même des crimes de guerre, notamment le fait d’avoir pris pour cible des bâtiments à l’évidence civils.  En Cisjordanie, les forces de sécurité israéliennes ont systématiquement usé d’une force excessive dans des situations de maintien de l’ordre, tuant ou blessant gravement des milliers de manifestants, des lanceurs de pierres, des assaillants présumés et d’autres munis de munitions réelles, alors que des moyens plus proportionnés auraient pu éviter une menace ou assurer le maintien de l’ordre.
Les groupes palestiniens armés se sont également rendus coupables de crimes de guerre lors de ces conflits et en d’autres circonstances, y compris de tirs de roquettes visant des centres de population israéliens. Entre le début de la première Intifada en décembre 1987 et la fin février 2017, les attaques commises par des Palestiniens ont causé la mort d’au moins 1 079 civils israéliens, selon l’organisation israélienne des droits humains B’Tselem.
À de rares exceptions près, les enquêtes officielles israéliennes sur les violations présumées commises par des forces de sécurité pendant les conflits à Gaza et dans les situations de maintien de l’ordre n’ont pas permis de tenir les auteurs pour comptables de leurs actes. Les autorités palestiniennes n’ont également pas enquêté sur les violations ni poursuivi en justice les responsables.
Colonies de peuplement illégales
Depuis 1967, les autorités israéliennes ont facilité le transfert de leurs civils vers la Cisjordanie occupée, y compris Jérusalem-Est, en violation de la Quatrième Convention de Genève. En 1967, Israël avait établi deux colonies de peuplement en Cisjordanie – Kfar Etzion et East Talpiot –, contre 237 d’ici à la fin 2017, avec une population totale d’environ 580 000 colons. Israël applique le droit civil israélien aux colons, leur offrant protections, droits et des avantages juridiques qui ne s’appliquent pas aux Palestiniens vivant sur le même territoire et soumis, eux, au droit militaire israélien. Les colons israéliens bénéficient d’infrastructures, de services et de subventions interdits aux Palestiniens, victimes d’un système ségrégué et inégal de droits, de règlementations et de services créé et soutenu par Tel-Aviv.
Sur le même thème

Déplacements forcés
Les autorités israéliennes ont exproprié des milliers de terres palestiniennes à des fins de colonisation et pour y installer leurs infrastructures de soutien. Des mesures discriminatoires, – comme la quasi-impossibilité pour les Palestiniens d’obtenir des permis de construire à Jérusalem-Est et dans la zone C, qui couvre 60% de la Cisjordanie et est placée sous contrôle exclusif israélien –, ont contraint les Palestiniens à quitter leurs foyers ou à construire en encourant le risque de voir leurs structures « non autorisées » être démolies. Des décennies durant, les autorités israéliennes ont démoli des immeubles construits en l’absence de permis, même si la loi d’occupation interdit la destruction de biens, sauf pour des nécessités d’ordre militaire, ou pour infliger une punition collective contre des familles de Palestiniens soupçonnés de s’en prendre à des Israéliens.
Israël a également arbitrairement radié des centaines de milliers de Palestiniens des registres d’état-civil, restreignant leur capacité à vivre et à se déplacer en Cisjordanie et à Gaza. Les autorités israéliennes ont justifié ces actions en invoquant des préoccupations sécuritaires d’ordre général, mais sans examiner chaque individu au cas par cas ni admettre que ces individus posaient spécifiquement une menace. Depuis 1967, Israël a également révoqué la résidence de plus de 130 000 Palestiniens de Cisjordanie et de 14,565 autres à Jérusalem-Est, principalement en raison d’une absence de longue durée.
Clôture de Gaza et restriction de mouvements injustifiée en Cisjordanie
Au cours des 25 dernières années, Israël a renforcé les restrictions au mouvement de personnes et de biens à destination et en provenance de la bande de Gaza au-delà de toutes les préoccupations concevables pour la sécurité de ses citoyens. Ces restrictions ont un impact sur presque tous les aspects de la vie quotidienne, séparant les familles, limitant l’accès aux soins médicaux et aux opportunités éducatives et économiques, et perpétuant le chômage et la pauvreté. Depuis l’an dernier, le PIB de Gaza est inférieur de 23% à celui de 1994. Soixante-dix pour cent des 1,9 million de Gazaouis dépendent de l’aide humanitaire.
Israël a également imposé de lourdes restrictions à la liberté de mouvement en Cisjordanie, en vigueur à ses postes de contrôle en Cisjordanie et à ses frontières avec Israël. La barrière de séparation avec Israël, semble-t-il construite exclusivement à des fins sécuritaires, tronçonne en réalité des portions entières du territoire cisjordanien beaucoup plus qu’elle ne suit le tracé de la Ligne verte séparant la Cisjordanie d’Israël, contrairement au droit international humanitaire, ce qui a été confirmé la Cour internationale de Justice (CIJ) en juillet 2004.
Détention abusive
Depuis 1967, les autorités israéliennes ont incarcéré des centaines de milliers de Palestiniens, la majorité au terme de procès dans des tribunaux militaires, dont le taux de condamnation proche de 100%. En outre, en moyenne, des centaines d’individus chaque année sont placés en détention administrative sur la base de preuves tenues secrètes, en l’absence d’inculpation et de procès. Certains ont été détenus ou emprisonnés pour s’être livrés à des formes d’activisme non-violent. Tel-Aviv emprisonne également des détenus palestiniens de Cisjordanie et de Gaza en Israël, posant des restrictions considérables aux visites familiales et en violation du droit international qui exige que leur détention se fasse dans le territoire occupé. Beaucoup de détenus, dont des enfants, se heurtent à des conditions d’incarcération difficiles et à de mauvais traitements.
L’Autorité palestinienne, depuis sa création en 1994, et le Hamas, depuis qu’il est devenu l’autorité de facto à Gaza en 2007, ont détenu de façon arbitraire des dissidents, torturé et maltraité des détenus et, d’après le Centre palestinien pour les droits de l’homme, exécuté 41 personnes condamnées à mort au terme de procès inéquitables.
La loi d’occupation, qui réglemente la situation exceptionnelle et temporaire dans laquelle une puissance militaire étrangère supplante l’entité souveraine légitime et exerce l’autorité par la force, accorde à l’occupant des pouvoirs étendus mais limités pour contraindre les individus et restreindre leurs droits au nom de préoccupations sécuritaires.
Cependant, dans le cadre d’une occupation prolongée dans laquelle les occupants ont la possibilité de formuler des réponses davantage adaptées aux menaces sécuritaires, les exceptions à la protection des droits doivent être limitées et l’accent mis sur le respect, la protection et la réalisation de tous les droits fondamentaux de la population. En outre, l’obligation incombant à l’occupant de rétablir une vie civile normale pour la population locale devient plus importante avec le temps, de même que celles consistant à réaliser progressivement les droits sociaux, économiques et culturels des résidents du territoire occupé.
Après des décennies d’impuissance à freiner les violations liées à l’occupation, la communauté internationale devrait prendre des mesures plus vigoureuses pour que les autorités israéliennes et palestiniennes s’acquittent de leurs obligations en vertu du droit international humanitaire et des droits de l’homme. Pays et entreprises étrangers devraient mettre fin à leurs activités dans les colonies de peuplement et modifier les politiques de soutien aux activités et aux infrastructures de peuplement, conformément à leurs obligations respectives en matière de droits de l’homme.
Les gouvernements devraient user de leur influence pour faire pression sur Israël afin de mettre fin à l’interdiction généralisée de déplacements pour les Palestiniens de Gaza et permettre la libre circulation de biens et de personnes à destination et en provenance de Gaza, tout en maintenant des mesures de sécurité personnalisées et de contrôle. La Cour pénale internationale (CPI) devrait quant à elle officiellement ouvrir une enquête sur les crimes internationaux graves commis en Israël et en Palestine à la fois par des Israéliens et des Palestiniens.
« Cinquante ans d’occupation et un processus de paix infructueux depuis des décennies devraient mettre aisément fin à l’idée selon laquelle minimiser les droits humains nous rapprochera d’une solution négociée au conflit », a conclu Sarah Leah Whitson. « Une action concertée en faveur des droits et contre l’impunité est nécessaire, y compris en faisant appel à la Cour pénale internationale ».
Pour marquer le cinquantenaire de l’occupation, Human Rights Watch a mis en ligne certaines de ses publications remontant aux années 1980 et au début des années 1990
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MessagePosté le: Mer 25 Avr - 14:12 (2018)    Sujet du message: Israël/Palestine Répondre en citant

Deux ou trois choses à savoir sur la naissance d'Israël
VIDÉO. À quelques jours des 70 ans de l'État d'Israël, un documentaire, mardi sur Arte, et un livre éclairent quelques points méconnus de son histoire.
Par François-Guillaume Lorrain
Modifié le 24/04/2018 à 16:15 - Publié le 24/04/2018 à 12:04 | Le Point.fr



Des Juifs combattants en 1948.


Le documentaire en deux parties sur l'histoire d'Israël, signé William Karel et Blanche Finger, Une terre deux fois promise (Arte) est à regarder en parallèle avec un ouvrage très complet, Histoire d'Israël, que Michel Abitbol publie ces jours-ci aux éditions Perrin. Parmi la profusion d'informations, disséminées dans le documentaire et le livre, en voici quelques-unes qu'il nous semble bon de développer.
Ces Juifs qui ne veulent pas d'un État d'Israël

Il y a d'abord cette hostilité de nombreux Juifs au projet initial, politique, d'une terre juive de Theodor Herzl. Ce journaliste autrichien avait été sensibilisé à l'antisémitisme à Vienne, mais le découvre vraiment à Paris en tant que correspondant de Die Neue Freie Presse lorsque l'affaire Dreyfus éclate en 1894. Cette fois-ci, il ne s'agit plus seulement des pogroms de Russie qui s'en prennent aux populations miséreuses depuis 1881, mais d'un pays démocratique, républicain, où les Juifs assimilés de la bourgeoisie sont visés. Germanisé, admirateur de la culture allemande, Herzl n'a qu'une vision très floue de la Palestine et ne professe aucun idéal d'une terre promise, à la différence de certains autres sionistes. Il ne conçoit l'idée nationaliste d'un État juif qu'en creux, par dépit, pour que les Juifs échappent à l'antisémitisme.

La réflexion est la suivante : à la fin de ce XIXe siècle où l'idée de nation s'est imposée, un peuple sans terre, sans État, est naturellement la proie des autres nations, il est le fantôme minoritaire à qui l'on s'en prend. « Le peuple élu de la haine universelle », écrit Léon Pinsker, juif russe qui écrivit dès 1882 un des textes fondateurs du sionisme et créa l'organisation Les Amants de Sion. C'est à la même époque, en 1885, qu'un écrivain juif de Vienne, Nathan Birnbaum, forge le terme de sionisme. « Le Juif est considéré par les indigènes sédentaires comme un clochard, par les gens aisés comme un mendiant, par les pauvres gens comme un exploiteur millionnaire », écrivait Pinsker. Cette haine qui marque la faillite des idéaux des Lumières est centrale dans la décision de Herzl de prendre en main le destin des Juifs qui doivent se trouver « une terre à eux » plutôt que de se laisser enfermer dans de nouveaux ghettos.

Mais il se heurte à plusieurs types d'opposition. Premier adversaire, les bourgeois libéraux qui prônent une assimilation complète, une dissolution de l'identité juive dans les pays où les Juifs sont installés. Pas question pour eux de quitter ce qu'ils considèrent comme leur terre. Par ailleurs, certains Juifs russes, collectivistes, imprégnés des idées marxistes, considèrent ce projet comme une énième émanation de l'esprit colonialiste où les Juifs iraient exploiter la terre des Arabes. Enfin, les rabbins sont farouchement contre ce retour dans la patrie historique. C'est Dieu qui a voulu la diaspora, seul Dieu peut mettre un terme à celle-ci, et non les hommes, qui commettent un grave péché en imaginant un État juif. Mais l'intention de Herzl, avec le premier congrès sioniste de Bâle en 1897, est d'écarter les religieux de la sphère politique pour que s'opère cette reprise en main active de leur sort par les Juifs.
Le mythe d'une terre déserte

« Une terre sans peuple pour un peuple sans terre » : c'est la formule qui va s'imposer dans les premières années du XXe siècle pour justifier le droit des Juifs de prendre possession de la Palestine en rachetant des terres à des propriétaires ottomans qui n'habitent pas toujours sur place et les louent à des paysans palestiniens. Ces derniers apprennent ainsi du jour au lendemain qu'ils doivent partir, ce qui va provoquer les premières frictions entre Juifs et Arabes en 1909. Mais, dès 1899, le maire arabe de la Ville sainte s'inquiète : « La réalité est que la Palestine fait maintenant partie intégrante de l'Empire ottoman et, ce qui est plus grave, elle est habitée par d'autres que des Israélites. » Réalité géopolitique que des Juifs rappellent eux-mêmes avec ironie comme Itzhak Epstein : « Seule une question négligeable nous a échappé : dans cette terre, qui est notre patrie bien-aimée, vit tout un peuple qui y est établi depuis des siècles et qui n'a jamais songé à la quitter. »

Herzl, qui ne se rendra qu'une seule fois en Palestine avant sa mort en 1904, promeut une vision idyllique d'une terre pacifiste où tous les peuples vivraient en bonne intelligence, mais sous l'influence d'une culture juive européenne. Car il n'a qu'une vision très imprécise du judaïsme en Palestine où l'hébreu, après sa réforme, s'est imposé comme la langue commune au détriment du yiddish. Cette vision quasi biblique d'une terre de désolation que les Juifs, revenus vers leur ancienne activité d'agriculteurs, seraient chargés de faire fructifier est évidemment un mensonge. Mais un mensonge tenace chargé d'occulter la présence des Arabes.
Le livre blanc de 1939

Symptomatique des luttes israélo-arabes à venir et du dialogue de sourds, la première conférence qui les réunit date de mars 1939, lors de la table ronde dite de Saint-James. Les Britanniques, inquiets de voir dériver les Palestiniens vers l'Allemagne sous l'influence du grand mufti de Jérusalem, antisémite notoire, tentent une mission de bons offices dans cette terre sur laquelle ils exercent un mandat mais qui est à feu et à sang depuis les émeutes arabes de 1936. Les attentats se succèdent des deux côtés. Or, à Londres, Juifs et Palestiniens refusent de se saluer, Macdonald, le ministre des Colonies, est obligé d'aller d'une salle à l'autre pour mener les négociations qui durent sept semaines.

Le dernier plan britannique, dit Peel, prévoyait un partage de la Palestine en deux États, l'un arabe, couvrant 75 % du territoire, l'autre juif. Ben Gourion et Weizmann, du côté juif, avaient donné leur accord ; les Palestiniens, sous l'influence du mufti, avaient refusé. Le livre blanc, qui sera le résultat de la conférence de Saint-James, sera bien plus défavorable aux Juifs. Il préconise la création d'un État palestinien où les Juifs ne seraient plus qu'une minorité intégrée, inférieure à un tiers de la population totale, avec une immigration contrôlée par les Arabes. Les Palestiniens ne veulent pas de cette solution qui leur est pourtant favorable. Quant aux Juifs, ils sont furieux, mais, lorsque la guerre éclate, faisant prévaloir la menace de Rommel qui pèse sur la Palestine, ils acceptent de former une brigade juive au sein de l'armée anglaise : « Il faut lutter du côté des Britanniques dans leur guerre contre Hitler comme si le livre blanc n'existait pas. » Une expérience militaire qui sera vitale lorsqu'en 1948 il s'agira de transformer la Haganah et surtout l'Irgoun, spécialisée dans la guérilla anti-britannique, en une véritable armée pour contrer les forces arabes lors de la première guerre israélo-arabe.

Le même échec pour faire dialoguer Juifs et Palestiniens se répétera fin 1946, lorsque les Anglais proposèrent, en vain, un nouveau plan, ce qui les incita à soumettre le problème aux Nations unies.
La résolution de l'ONU du 29 novembre 1947

Abba Eban, ce nom ne dit plus grand-chose. C'est pourtant sur lui que s'ouvre brièvement le long documentaire de Karel et Finger. Officier du comité de liaison des Nations unies pour la Palestine, il est la cheville ouvrière du futur État juif qui tente de convaincre le maximum des 56 États composant alors l'assemblée internationale de voter pour un partage de la Palestine en deux États ainsi que l'internationalisation de Jérusalem. La partie est loin d'être gagnée et Eban, né en Afrique du Sud, pur produit du judaïsme britannique, qui a fait ses études à Cambridge, orateur hors pair, se démène pour faire pencher la balance.

Il a le soutien des États-Unis, qui entendent remplacer la Grande-Bretagne au Moyen-Orient et s'affirmer comme le protecteur du nouvel État. Mais les Juifs reçoivent aussi l'appui, plus étonnant en apparence, des Russes, qui s'apprêtent à mener une politique antisémite chez eux. C'est sans compter sur leur pragmatisme politique. Puisque les Juifs luttent farouchement contre les Anglais pour les inciter à déguerpir au plus vite, ils affaiblissent le camp occidental à l'heure où la guerre froide a déjà débuté. Par ailleurs, les Soviétiques espèrent eux aussi tirer leur épingle du jeu au Proche-Orient et la Tchécoslovaquie sera le principal fournisseur d'armes d'Israël en 1948 lors de la première guerre israélo-arabe, des armes payées grâce à la tournée de Golda Meir en Amérique afin de lever des fonds.

Pour que la cause de l'État juif triomphe, les États-Unis ne reculent devant aucun expédient. Ils promettent des prêts très avantageux à des pays tels que Haïti ou les Philippines. Ils reculent aussi le jour du scrutin à New York au 29 novembre, prétextant Thanksgiving pour gagner du temps et persuader le maximum de votants. La France avait l'intention de s'abstenir, mais Weizmann, qui avait tant fait en 1917 pour obtenir des Anglais la déclaration Balfour et la promesse d'un foyer national juif, écrit une lettre décisive à Léon Blum : « La France peut-elle s'abstenir dans un moment qui restera dans l'histoire de l'humanité ? » Sur l'activité d'Abba Eban, nous reviendrons plus en détail dans quelques jours, sur la base de ses Mémoires, publiés en France en 1979.

Les réparations allemandes à Israël


Au tout début des années 50, Israël est au bord de la faillite économique. Étranglé par l'afflux massif et désordonné de Juifs venus du monde entier – le résultat de la politique controversée de Ben Gourion qui entend opposer le maximum d'Israëliens aux pays arabes voisins –, le pays saisit au vol la proposition des quatre puissances alliées victorieuses de mettre fin à l'état de guerre avec l'Allemagne. Israël accepte à condition qu'une réparation économique lui soit versée qui compense symboliquement le massacre de 6 millions de Juifs et le coût de l'installation de 500 000 personnes déplacées venues d'Europe en Israël après 1945. Au départ, les Israëliens refusent de négocier avec Bonn et espèrent que les alliés s'en chargeront pour eux. Ceux-ci refusent. Israël se voit obligé de discuter directement avec l'ancien bourreau via Nahum Goldmann, le président du Congrès juif mondial. Une somme d'un milliard de marks est demandée à la RFA et de 500 millions à la RDA. Celle-ci ne répondra jamais à cette réclamation.

Finalement, dans une relative indifférence en Allemagne, mais après de nombreuses protestations en Israël où certains refusent ce qu'ils appellent « le prix du sang » (500 marks par Juif massacré), Bonn versera 3 milliards de marks sur douze annuités et sous la forme, majoritairement, de dons de matériels. Sans que la presse en soit avisée, le traité sera signé à Luxembourg en septembre 1952 entre le chancelier Konrad Adenauer et le ministre des Affaires étrangères, Moshe Sharett, qui refusa de lui serrer la main. Mais les relations étaient rétablies entre les deux pays et, aussi gênant que cela puisse sembler, Israël dut en partie son salut économique à la RFA.


À voir : Une terre deux fois promise, Arte, mardi 24 avril à 20 h 50, de William Karel et Blanche Finger. Également, Terres d'Israël, un portrait du pays vu par ses écrivains, de William Karel, mercredi 25 avril sur Arte.


Histoire d'Israël, Michel Abitbol, Perrin, 800 pages, 26 avril 2018.
© DR
À lire: Histoire d'Israël, de Michel Abitbol (800 pages, éditions Perrin). Et aussi : les Guerres d'Israël, de David Elkaïm (éditions Tallandier).
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MessagePosté le: Sam 12 Mai - 15:20 (2018)    Sujet du message: Israël/Palestine Répondre en citant

Bahreïn, premier pays du Golfe à prendre position en faveur d'Israël Publié le 11/05/2018 - 16:42
Le ministre bahreïni des Affaires étrangères, Khalid ben Ahmed al-Khalifa, lors du sommet de la Ligue arabe le 12 avril 2018. AFP / Fayez Nureldine AFP or licensors 

Sur son compte Twitter, le ministre bahreïni des Affaires étrangères a déclaré qu’Israël avait “le droit de se défendre” contre l’Iran. Si le rapprochement entre l’État hébreu et les pétromonarchies du Golfe est un secret de polichinelle, jamais un haut responsable de ces pays n’avait encore aussi ouvertement pris position.

“Tant que l’Iran perturbe le statu quo dans la région et considère qu’il peut attaquer à sa guise les autres pays avec ses troupes et ses missiles, tout pays de la région, y compris Israël, a le droit de se défendre en détruisant les sources du danger.” C’est ce qu’écrit le ministre des Affaires étrangères de Bahreïn, le prince Khalid ben Ahmed Al-Khalifa, sur son compte Twitter.
C’est la première fois qu’un haut responsable des pays arabes du Golfe fait une déclaration aussi favorable à Israël. D’autant plus étonnant que cette information se trouve à la une du quotidien bahreïni Akhbar Al-Khalij, un des journaux les plus lus de la petite monarchie pétrolière.
“La même aversion pour la République islamique d’Iran”
“Bahreïn a brisé un tabou”, estime ainsi le journal libanais L’Orient-le Jour, soulignant que cette déclaration a été faite quelques heures après “les frappes israéliennes contre des positions iraniennes en Syrie, qui auraient abouti à la destruction de 70 cibles militaires iraniennes”.
“Le message est clair”, poursuit le journal : Israël et les pays du Golfe “partagent la même aversion pour la République islamique d’Iran”. Cette déclaration est “une rupture” selon le consultant Michael Horowitz, cité par le journal :
Citation:
Il y a un rapprochement entre les États du Golfe et Israël, mais il se fait de manière discrète et non officielle. […] Les propos du ministre bahreïni tranchent par rapport aux non-déclarations des autres pays.”


Pour l’Arabie Saoudite, qui est de loin le pays le plus puissant de la péninsule, “le coût politique d’un rapprochement avec Israël serait extrêmement élevé, puisqu’il pourrait éroder le prestige saoudien dans l’opinion publique des pays arabes, et renforcer le monopole iranien de la ‘résistance’ à Israël.”
Pour le journal, “l’initiative bahreïnie peut être interprétée comme un ballon d’essai”. En effet, Manama “n’a probablement pas pu faire une telle sortie sans consulter préalablement l’Arabie Saoudite”.
À lire aussi Nucléaire iranien. L’Arabie saoudite boit du petit la
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MessagePosté le: Mar 15 Mai - 13:25 (2018)    Sujet du message: Israël/Palestine Répondre en citant

Proche-Orient Trump s’installe à Jérusalem : au moins 59 morts à Gaza
Par Guillaume Gendron, Envoyé spécial à Jérusalem — 14 mai 2018 à 21:06 (mis à jour à 22:29)

 
A la frontière entre Israël et la bande de Gaza, lundi. Photo Ibraheem Abu Mustafa
Après sept semaines meurtrières, la manifestation contre l’inauguration de l’ambassade des Etats-Unis dans la Ville sainte a été durement réprimée par l’armée israélienne, lundi. Depuis le début de la «Marche du retour», plus de cent Palestiniens ont perdu la vie.

    Proche-Orient Trump s’installe à Jérusalem : au moins 59 morts à Gaza

Le contraste est éclatant. Les cotillons à Jérusalem, transformé en Disneyland trumpiste à l’occasion du déménagement, plus symbolique que pratique, de l’ambassade américaine dans la Ville sainte. A Gaza, les barbelés, les snipers et le sang.

De Washington, Trump n’a vu qu’un «grand jour pour Israël». Benyamin Nétanyahou, lui, évoquait «une journée glorieuse». Mais pour l’Autorité palestinienne, c’est un «terrible massacre». A la frontière de l’enclave, au moins 59 Gazaouis (1) - dont huit enfants de moins de 16 ans, selon l’ambassadeur palestinien à l’ONU, Riyad Mansour - ont péri sous les balles des snipers israéliens, alors qu’au moins 40 000 Palestiniens s’étaient massés le long de la clôture israélienne, pour la septième semaine de la «Marche du retour». Le ministère de la Santé de Gaza évoque plus de «1 204 blessés par balle». Il s’agit de la journée la plus sanglante à Gaza depuis la fin de la guerre de 2014, venant s’ajouter à la cinquantaine de morts, vingtaine d’amputés et centaines de blessés par balle comptabilisés depuis le début du mouvement. La tragédie était attendue par tous les acteurs - de Tsahal au Hamas -, chacun se retranchant derrière ses mortifères représentations historiques, présupposés idéologiques et obsessions sécuritaires.

A lire aussi «Israël est obligé de vendre une situation de péril sécuritaire qui n’existe pas»
«Mensonge»

Deux planètes à 90 kilomètres l’une de l’autre. Sur la première, en plein «no man’s land» jérusalémite, un car aux décorations flambant neuves «Trump est l’ami de Sion» soulève la poussière d’une colline râpée, puis déverse une poignée d’évangéliques, le public pour lequel Trump a allumé la mèche. Ici s’élève le bâtiment consulaire, rebaptisé «ambassade». On se croirait à un meeting de la dernière présidentielle américaine. Trois «blogueurs conservateurs» au mètre carré, casquette écarlate «MAGA» (Make America Great Again) sur le crâne font la «fête», faute d’invitations pour la cérémonie officielle.

Forte de ses 150 000 abonnés sur Twitter, Laura Loomer est venue «en tant qu’Américaine et en tant que juive». Benyamin Nétanyahou et Donald Trump seraient les «seuls vrais leaders d’aujourd’hui, qui osent faire ce qui est juste, contre le politiquement correct, les démocrates et les islamistes».

A deux pas, un polémiste éructe qu’Israël ne devrait pas être trop obsédé par son «caractère démocratique». Un Etat palestinien ? «Même eux savent qu’ils vivent mieux sous occupation israélienne [en Cisjordanie] qu’à Gaza…» Ari Fuld, un colon américano-israélien, hausse les épaules quand on évoque les protestations monstres dans l’enclave sous blocus : «Ils disent qu’aujourd’hui est un jour de colère, mais hier, c’était quoi, la journée de l’amour ?» Les tsitsit dépassent de sa chemise à carreaux sur son jean, il en rajoute une couche. «Trump a choisi la vérité contre la diplomatie. Je comprends que les Arabes soient fous de rage : il a fait éclater leur mensonge. Jérusalem n’a jamais été, et ne sera jamais, une ville arabe.»
«Honteuse célébration»

Si le coup a été porté à Jérusalem, la douleur a été ressentie le plus vivement à Gaza, exsangue et «invivable d’ici 2020» selon l’ONU. Plus de 70 % de la population est considérée comme «réfugiée», c’est-à-dire descendante des Palestiniens expulsés de leurs terres en 1948, lors de la guerre d’indépendance israélienne. Cette catastrophe originelle a un nom en arabe, la Nakba, et sa commémoration tombe chaque année le 15 mai. Alors que les Israéliens, suivant le calendrier hébraïque, célèbrent la création de leur Etat en avril.

Le calendrier de l’administration américaine, à dessein ou par inculture, a ajouté du sel sur la plaie. «A quoi pensaient [David] Friedman [l’ambassadeur américain, ndlr] et [Jason] Greenblatt [l’émissaire de Trump au Moyen-Orient] en choisissant l’anniversaire de la Nakba pour leur honteuse célébration de haine ?» s’est indigné Ahmad Tibi, chef de file des députés arabes à la Knesset, alors que le morbide bilan à Gaza augmentait de manière affolante - 37 morts avant 16 heures, horaire du début de la cérémonie protocolaire à Jérusalem.

Vendredi dernier, les rassemblements à la frontière avaient peu mobilisé, marqués par la bataille des cerfs-volants palestiniens enflammés contre les drones israéliens cherchant à en ciseler les fils. Confrontation absurde. Mais dans les têtes, de chaque côté, les 14 et 15 mai s’annonçaient funestes.

Sans le revendiquer ouvertement, le Hamas s’est approprié le mouvement pacifique des débuts, placé sous l’égide de Gandhi et Martin Luther King. Au fil des semaines, ses leaders ont fait du franchissement en masse de la frontière un but ultime, une réponse au blocus israélo-égyptien en place depuis leur prise du pouvoir en 2007. «Mieux vaut faire tomber les murs de la prison que mourir à petit feu», déclarait jeudi Yahya Sinwar, le chef du Hamas à Gaza, à l’occasion d’une conférence de presse inédite.

Ce week-end, l’Egypte a tenté de monnayer pour le compte d’Israël non pas l’annulation, mais a minima le musellement du mouvement, en échange d’une série d’offres humanitaires (réouverture du point de passage de Rafah vers l’Egypte, extension de la zone de pêche, convois de médicaments, etc.). Le Hamas a visiblement refusé l’offre. Dimanche, une vidéo attribuée au mouvement islamiste menaçait en hébreu les habitants des kibboutz longeant la frontière, les exhortant à quitter leurs maisons ou finir «noyés dans le sang». A l’aube, les drones de Tsahal avaient mis le feu aux tentes près de la frontière et largué des tracts implorant les Gazaouis de «ne pas se laisser cyniquement manipuler par le Hamas» en cherchant à passer les barbelés. Ignorant la complexité de la foule, Tsahal se refuse à faire le tri des manifestants, vus uniquement comme des «émeutiers» aux mains du Hamas, qui «mène une opération terroriste sous la couverture des masses réunies». Et Nétanyahou de justifier sur Twitter l’action de son armée : «Le Hamas a clairement fait savoir son intention de détruire Israël en envoyant des milliers de personnes à la frontière. Nous continuerons à agir résolument pour défendre notre souveraineté et nos citoyens.» «L’armée a assez de balles pour eux tous», a lâché lundi matin à la radio le député Avi Dichter, ancien chef du Shabak (sécurité intérieure). Yehuda Shaul, le fondateur de Breaking the Silence, groupe de vétérans anti-occupation, en a le souffle coupé : «La tragédie était dans l’approche, depuis le début. Utiliser des snipers face à des manifestants sans armes… Le fusil de précision, c’est l’arme pour assassiner l’ennemi, pas pour réguler une manifestation !»
«Lignes rouges»

Depuis des semaines, cet «usage disproportionné de la force» est condamné par le représentant des Nations unies dans la région, Nikolaï Mladenov, ainsi que par les ONG, Amnesty International évoquant des «crimes de guerre». Pour Shaul, «l’armée n’est jamais tombée aussi bas. Les lignes rouges ont déjà été dépassées lors de guerres, mais là, c’est la politique de l’état-major. La faute morale d’hier est la norme d’aujourd’hui.» Il y a peu, l’éditorialiste de Haaretz Gideon Levy écrivait que tuer des Gazaouis était devenu «plus acceptable qu’écraser des moustiques».

A Jérusalem, devant 800 VIP, le sulfureux pasteur messianique Robert Jeffress psalmodie : «Trump est non seulement du bon côté de l’histoire, mais du bon côté de Dieu», avant de prier pour la «paix de Jérusalem». A la tribune, peu après le lever de rideau du nouveau sceau de l’ambassade par Ivanka Trump, Jared Kushner, le gendre présidentiel chargé de concocter le «deal du siècle», assurait que «la paix est à notre portée…» reprenant «l’espoir» de Donald Trump dans une vidéo diffusée peu avant. Trump et Nétanyahou n’en démordent pas : le déménagement de l’ambassade américaine, une pure opération de communication, devait faire avancer la paix. Une dissonance inouïe, renforcée dans la soirée par une déclaration d’un porte-parole de la Maison Blanche selon lequel «la responsabilité de ces morts tragiques repose entièrement sur le Hamas».

(1) 59 morts : dernier bilan livré mardi en début de journée (article mis à jour à 7h30).
Guillaume Gendron Envoyé spécial à Jérusalem
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MessagePosté le: Mar 15 Mai - 13:41 (2018)    Sujet du message: Israël/Palestine Répondre en citant

Les 12 tribulations d'Israël

 
Un soldat israelien garde un œil sur un colon dans l'ouest d'Hébron, durant la fête de Pourim, le premier mars 2018.
HAZEM BADER/AFP

A l'occasion du 70e anniversaire de la création de l'Etat juif, L'Express explore 12 paradoxes d'un peuple et d'une nation. D'où vient ce drapeau ?
Les proportions, les couleurs et les deux bandes horizontales du drapeau d'Israël évoquent le tallith, châle de prière juif. Une légende tenace, reprise notamment par les islamistes du Hamas, affirme que les bandes horizontales représenteraient le Nil et l'Euphrate, "frontières naturelles du ''Grand Israël'" - une affirmation fantaisiste, sans fondement historique. A l'origine, Theodor Herzl souhaitait que l'étendard comporte sept étoiles dorées, symbolisant "les sept heures dorées du travail quotidien" car, dans l'esprit du fondateur du sionisme, le futur foyer national juif serait un Etat "éclairé", d'inspiration socialiste, et protecteur sur le plan social. Il n'a pas été suivi : le mouvement sioniste a adopté dès 1891 le motif actuel, qui comporte en son centre l'étoile de David ("maguen David" en hébreu, littéralement "bouclier de David"). Un choix repris cinq mois après la création de l'Etat, le 28 octobre 1948. 
Les Palestiniens seront-ils bientôt plus nombreux que les juifs ?
Entre les causes palestinienne et israélienne, la démographie est la mère de toutes les batailles. Qui comptera le plus d'habitants entre la Méditerranée et le Jourdain ? Les experts et les autorités divergent. En ajoutant les Arabes israéliens, les Palestiniens seraient autour de 6 millions. Les juifs seraient à peine quelques centaines de milliers de plus. Et dans les décennies à venir ? Si la fertilité en Cisjordanie et à Gaza baisse au même rythme que dans les pays arabes, certains experts se sont convaincus qu'Israël conserverait son avantage démographique, fort de la fécondité extraordinaire des ultrareligieux. Une vision en phase avec le projet d'un unique Etat, conforté territorialement par la colonisation. Mais est-ce si sûr ? D'autres démographes estiment que les courbes des deux populations sont vouées à se croiser et que les Palestiniens seront à terme plus nombreux.  
 
Un enfant palestinien vient de remplir des bouteilles d'eau à un robinet public du camp de réfugiés de Jabaliya, dans le nord de la bande Gaza.
Mohammed Salem/REUTERS
Le dynamisme économique profite-t-il à tous ?
Championne des hautes technologies, Israël possède entre cinq et six fois plus de "start-up" par habitant que la France. Son économie se porte à merveille, avec un taux de chômage inférieur à 4 % et une croissance au-dessus de 3 %. Le pays n'a pas de leçon à recevoir en ce qui concerne la production de richesses. Reste la question de leur répartition, plus délicate. Les inégalités ont explosé ces vingt dernières années, au point qu'Israël possède la "pauvreté relative" la plus élevée des membres de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Peu diplômées et pas assez soutenues par l'Etat, les populations ultraorthodoxe et arabe forment le gros des laissés-pour-compte du "miracle économique israélien" ; l'une et l'autre doivent se contenter des emplois les moins bien payés. L'idéal de partage des kibboutzim appartient dorénavant au folklore. 
 
La start-up TowerJazz Semiconductor conçoit des "nano-bibles" en utilisant des puces informatiques de moins de 5 millimètres de côté.
Amir Cohen/REUTERS
Israël est-elle une puissance nucléaire ?
On ne sort de l'ambiguïté qu'à ses dépens. En vertu de cet adage, Israël ne confirme ni ne dément la détention de l'arme atomique. Secret de Polichinelle : Tsahal dispose, selon les estimations, de 80 à 400 ogives nucléaires et, bien entendu, des vecteurs requis, missiles balistiques Jéricho, sous-marins, chasseurs bombardiers F-15 et F-16. Une certitude : l'Etat hébreu refuse toute intrusion des inspecteurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique dans ses installations, à commencer par le site de Dimona, dans le désert du Néguev, épicentre de son programme. Celui-ci a été amorcé dès les années 1950, avec le concours décisif et confidentiel de la France : Paris fournit alors la technologie nécessaire à la construction du premier réacteur maison. Artisan de ce pacte, au côté de David Ben Gourion, un certain Shimon Peres, tout jeune directeur général du ministère de la Défense... 
 
L'Etat hébreu refuse toute intrusion des inspecteurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique dans ses installations, à commencer par le site de Dimona, dans le désert du Néguev, épicentre de son programme.
Thomas COEX/AFP
La colonisation rend-elle la paix impossible entre Israéliens et Palestiniens ?
L'influence des quelque 600 000 colons et de leurs soutiens politiques n'a cessé de croître depuis les accords d'Oslo, en 1993-1995. Cette situation rend a priori impossible "la solution à deux Etats". Pourtant, certains observateurs restent prudemment optimistes : "L'immense majorité des colons est installée dans quelques gros blocs d'implantation près de la ligne de cessez-le-feu de 1948, et bien souvent pour des raisons tenant davantage aux prix de l'immobilier qu'à une volonté d'occupation de la terre", souligne Bruno Tertrais, directeur adjoint de la Fondation pour la recherche stratégique, dans une récente étude publiée par l'Institut Montaigne. "Moins de 100 000 d'entre eux - il est vrai très déterminés - devraient être évacués ou, pour certaines implantations, bénéficier d'un statut spécial [...]. Dire que la solution à deux Etats est désormais impossible arrange les extrémistes des deux bords. Mais l'opinion israélienne continue de la soutenir." Reste, encore et toujours, la question de Jérusalem... 
Que devient le camp de la paix ?
Vox clamens in deserto. Au regard de la sacralité d'un tel enjeu dans la conscience juive, le transfert de l'ambassade des Etats-Unis à Jérusalem, opéré le 14 mai, aura étouffé un peu plus les ultimes voix dissidentes. Quasiment inaudibles, les partisans d'une issue pacifique et négociée du conflit israélo-palestinien n'avaient pas besoin de cela : la droitisation patente d'une société minée par la peur et la méfiance, convaincue qu'"il n'y a pas de partenaire en face", a réduit comme peau de chagrin le "camp de la paix", suspect de déloyauté, sinon de trahison. Un camp de la paix fragmenté, où surnagent une poignée de réfractaires, tel l'écrivain David Grossman. Si l'audience des pionniers de Shalom Arshav (La Paix maintenant) n'en finit plus de décliner, une poignée d'ONG hostiles à la colonisation entretient la subversion, à l'image de B'Tselem. D'autres trublions, anciens officiers de l'armée et du renseignement ou militants du Forum des familles endeuillées, s'échinent à bousculer un statu quo intenable. 
 
Un camp de la paix fragmenté et suspect de déloyauté.
Amir Cohen/REUTERS
La justice israélienne est-elle la plus indépendante qui soit ?
En ce qui concerne ses politiciens, c'est indéniable. Soupçonné de corruption par la police, le Premier ministre, Benyamin Netanyahou, ne peut exclure devenir le troisième pensionnaire de marque de Maasiyahu. Cette prison située entre Tel-Aviv et Jérusalem a déjà accueilli deux des plus hauts dirigeants d'Israël. Aujourd'hui libre, le prédécesseur de "Bibi", Ehud Olmert, a été condamné à dix-huit mois de détention pour des pots-de-vin, dans le cadre de ses fonctions politiques. Quand il a rejoint sa cellule en 2016, Maasiyahu comptait déjà parmi ses pensionnaires Moshe Katsav. Président du pays de 2000 à 2007, il y a passé plusieurs années, pour des viols sur deux collaboratrices, du temps où il était ministre du Tourisme. Il a également été reconnu coupable de harcèlements sexuels, de subornations de témoins et d'entraves. 
 
Le Premier ministre Benyamin Netanyahou est soupçonné de corruption par la police.
Toby Melville/REUTERS
Qui sont les alliés arabes de "Bibi" ?
Miracle de la géopolitique : jamais Israël, pourtant dirigé par un exécutif ultra-intransigeant, n'a compté autant d'alliés objectifs dans la galaxie arabo-musulmane. Ce prodige doit beaucoup aux craintes qu'inspirent les appétits régionaux de l'Iran, hantise de la galaxie sunnite. En novembre dernier, un ministre de Netanyahou confessait l'existence de liens secrets avec "plusieurs" capitales arabes. Pas si secrets que cela. Mohamed Ben Salman, prince héritier d'Arabie saoudite, concède que le royaume wahhabite a "de nombreux intérêts communs" avec un Etat hébreu que Riyad ne reconnaît pas... De même, la guerre à huis clos que l'armée égyptienne mène dans le Sinaï, théâtre d'une insurrection djihadiste, intensifie une coopération sécuritaire ancienne. Autre facteur, l'impératif énergétique, Israël ayant conclu récemment des contrats colossaux de livraison de gaz à la Jordanie, puis à l'Egypte. Le partenariat avec la Turquie ? Volcanique : rupture en 2010, normalisation voilà deux ans, échange d'invectives cette année, au sujet du statut de Jérusalem. 
 
Mohamed Ben Salman, prince héritier d'Arabie saoudite, concède que le royaume wahhabite a "de nombreux intérêts communs" avec un Etat hébreu que Riyad ne reconnaît pas...
Amir Levy/REUTERS
Pourquoi tant d'Israéliens se marient-ils à Chypre ?
Ce n'est pas parce qu'elle est l'île d'Aphrodite que Chypre marie chaque année des centaines d'Israéliens. Ceux-ci ne peuvent s'unir civilement sur le sol d'Israël et trouvent là une procédure aussi rapide qu'ouverte, à moins d'une heure d'avion. La reconnaissance de l'union par leur ministère de l'Intérieur est une formalité. En Israël, a contrario, les mariages ne sont célébrés que par des autorités religieuses reconnues : les couples mixtes ou athées peuvent passer leur chemin. Le grand-rabbinat a la haute main sur ceux des juifs et impose la stricte tradition orthodoxe. Or il ne considère comme juives que les personnes nées d'une mère juive ou converties selon leurs pointilleux critères. Quant au divorce, il relève de l'unique volonté de monsieur. L'épouse n'a pas son mot à dire. La situation n'est pas près d'évoluer : les partis les plus droitiers considèrent que les mariages mixtes ou athées risquent d'affaiblir, à terme, la judéité d'Israël. 
 
Pour s'unir civilement, ce qui leur est impossible en Israël, les Israëliens se rendent à Chypre.
BARBARA LABORDE/AFP
Les religieux ultra-orthodoxes sont-ils exemptés du service militaire ?
Cette question divise laïques et religieux... En Israël, le service militaire est obligatoire, sauf exception, à partir de l'âge de 18 ans ; sa durée est de deux ans et huit mois pour les hommes, et de deux ans pour les femmes. Or les ultra-orthodoxes observent strictement les règles du judaïsme et considèrent la conscription comme une source de tentations pour les jeunes. Les étudiants des écoles talmudiques, en particulier, doivent se consacrer exclusivement à la prière et à l'étude religieuse. En septembre 2017, la Cour suprême a annulé un texte législatif exemptant ces ultra-orthodoxes du service militaire obligatoire - une décision suspendue pour un an... En mars dernier, le sujet a été au centre d'une crise politique qui a failli faire tomber le gouvernement de Benyamin Netanyahou : la coalition au pouvoir dépend du soutien des partis ultra-orthodoxes. 
 
En septembre 2017, la Cour suprême a annulé un texte législatif exemptant les ultra-orthodoxes du service militaire obligatoire. Mais cette décision a été suspendue pour un an...
Baz Ratner/REUTERS
Tous les juifs israéliens sont-ils sionistes ?
Un paradoxe d'une ampleur biblique... Hyperminoritaire mais turbulent, le courant juif antisioniste tient la création de l'Etat d'Israël pour une "hérésie". Aux yeux de ses animateurs, religieux ultraorthodoxes, l'idéal messianique ne saurait être corseté dans les frontières d'une entité politique ; seule importe pour eux la "souveraineté de l'Eternel". Jugeant que le sionisme a éloigné le peuple juif de la Torah, persuadée que les Palestiniens "paient les crimes de l'Occident", la secte des haredim Neturei Karta - "gardiens de la Cité" en araméen - préconise la création d'un Etat palestinien en lieu et place d'Israël, non sans afficher ses sympathies pour la théocratie chiite iranienne. Disparu en 2010, le rabbin Moshe Hirsch, gendre du fondateur de ladite secte, fut un temps le "ministre aux Affaires juives" de son "frère et ami" Yasser Arafat. 
 
Les ultra-orthodoxes de Neturei Kerta manifestent devant le consulat américain à Jérusalem en 2015. Cette frange est anti-sioniste et opposée à Netanyahou.
Ammar Awad/REUTERS
Et la culture ?
Aucun Etat au monde ne compte autant de musées - plus de 200 - rapporté à sa population ! Pour un pays de 8 millions et demi d'habitants, à peine plus étendu qu'un département français, Israël jouit d'une scène culturelle et artistique bouillonnante. Dans la littérature (Amos Oz, David Grossman...) comme dans le cinéma (Amos Gitai, Eytan Fox...) et la production télévisuelle (Hatufim, Fauda), on ne compte plus le nombre d'oeuvres exportées, traduites ou adaptées dans le monde entier. La liberté d'expression trouve parfois ses limites dans la presse : "Malgré l'existence de médias libres et indépendants, les journalistes font face à la ''censure militaire'' et à des procédures baîllons", rappelle Reporters sans frontières. L'organisation place Israël au 87e rang de son récent "Classement mondial de la liberté de la presse". 
Le musée d'art moderne de Tel-Aviv.
Baz Ratner/REUTERS
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MessagePosté le: Mer 16 Mai - 10:00 (2018)    Sujet du message: Israël/Palestine Répondre en citant

Quelle solution au conflit judéo-islamique, dit « israélo-arabe »?
Aymerich Michel 20 Janvier 2018 2 commentaires

 
Il conviendrait de remplacer "juif" par Hébreu et ce faisant de trouver la carte plus grande qui recouvrait dans le passé le pays qu'habitaient les Hébreux avant l'arabisation et l'islamisation...
 
1] carte: Les limites historiques de "Qedem", le Pays du Levant (Pays de tous les Hébreux, et pas seulement des Hébreux israélites) 2] Logo du Mouvement Hébreu de Libération 3] Carte revouvrant approximativement les limites des peuples amazighs avant l'islamisation forcée qui doit céder la place à l'autodétermination des peuples par leur libre déislamistion...
Introduction
Introduction actualisée le lundi 22 janvier 2018 à 01:40.
Par Michel AYMERICH
Je présente ici un article issu de trois commentaires de Patrick G. que celui-ci a publié sur la page Facebook d'un groupe en réponse à des critiques de mon précédent article, Majorité hébraïque de longue date à Jérusalem et inexistence historique du peuple palestinien: des vérités à taire! [1]
Patrick G. est manifestement très au fait des questions de ce qui est parfois pudiquement appelé «conflit israélo-arabe» ou bien appelé tout à fait faussement et trop souvent le conflit «israélo-palestinien».
Faussement, car il s'agit du conflit entre l’État hébreu et les représentants de l'Islam. Qu'ils soient Arabes d'origine ou «Arabes» par mimétisme contraint ou « voulu », c'est-à-dire à ce point arabisés et islamisés (les deux allant de pair chez une série de peuples) qu'ils en ont oublié leur histoire. Ou qu'ils soient Turcs, Perses, Afghans, Pakistanais [2], Indonésiens, nord-Africains (Berbères imparfaitement arabisés, mais mieux islamisés), Africains subsahariens, etc.
En bref, du conflit entre d'une part les 57 pays de l'Organisation de la coopération islamique (OCI) et d'autre part l'unique État des Hébreux autodéterminés, libérés tant des vagues antisémites aux motivations variables [3] en Europe que du statut de dhimmi dans la partie islamisée du monde et de l'antijudaïsme inhérent à la religion islamique [4].
Une question intéressante serait de déterminer dans les pays islamisés les rôles respectifs de deux facteurs. D'une part le rôle de l'Islam en tant que idéologie politico-religieuse prosélyte, plus ou moins autonome relativement aux rapports économiques, qui doit coûte que coûte s'accomplir par son extension illimitée dans l'espace et dans le temps (jusqu'à la fin des temps...). D'autre part le rôle des classes dirigeantes bourgeoises - souvent semi-féodales – qui instrumentalisent l'Islam dans des buts de conquête ou reconquête de territoires, mais aussi -et peut-être surtout- afin de détourner la colère des masses opprimées, par exemple par le moyen du palestinisme (qui agit alors comme une drogue) exploité de la manière la plus trompeuse qui soit.
Leur intrication économique que très partiellement contradictoire avec les bourgeoisies d'Europe et des USA est l'une des clés d'explication des pratiques éminemment conciliatrices de ces dernières.
Mais développer, ici et maintenant, nous éloignerait trop du sujet immédiat...
Ce sujet est la volonté islamique de création d'un cinquante-huitième (58) État musulman !

 
La même logique vaut pour les Juifs soumis à la dhimmitude sous dictature islamique et libres dans l'Etat de l'autodétermination des Hébreux!!! Henri ALLEG décrit les «victimes de discriminations particulières, strictement codifiées. Les Juifs de Boukhara […] installés dans l'émirat depuis des siècles, [lesquels] sont par exemple astreints à vivre dans un quartier spécial et l'entrée de la ville leur est interdite après le coucher du soleil. Les maisons qu'ils habitent ne peuvent en aucun cas être plus hautes que celles des Musulmans et ils doivent hisser des chiffons au-dessus des toits, pour bien distinguer leurs maisons de celles des autres habitants […] A certaines époques, il leur est défendu de porter d'autres vêtements que des surtouts de couleur noire et au lieu du turban, qui coiffe souvent les Boukhariotes, ils n'ont droit qu'au calot carré noir – la «tubeteïka» […]. La loi ne les autorise pas à monter un cheval ou un mulet. Devant les tribunaux, leur témoignage, lorsqu'un des plaideurs est musulman reste sans valeur.» Henri Alleg, Etoile rouge et croissant vert, Messidor/ Temps actuels, Paris 1983, p.124
 
 
En vert, les 57 pays islamisés membres de l'Organisation de la coopération islamique (OCI)!
Dans un article précédent, je posais la question :
«Faudrait-il, alors, que les Hébreux juifs (et non juifs...) renoncent à leur souveraineté reconquise à Jérusalem-Est et en Judée-Samarie ?
Faudrait-il que les Hébreux juifs soient contraints une fois de plus dans l'histoire à abandonner la souveraineté hébraïque sur le lieu le plus saint du judaïsme qu'est le «Mur des lamentations» pour en faire un mur de soutènement de « l'esplanade des mosquées » (le nom du Mont du Temple dans le vocabulaire de l'impérialisme islamique) ? L'athée que je suis ne saurait se résoudre à accepter pareille soumission à la réécriture islamo-totalitaire de l'histoire avec ses conséquences néfastes pour l'avenir des libertés dans le monde...
Les Hébreux juifs de ces « territoires » devraient-ils s'en remettre à la « tolérance » des « arabo »-musulmans, dits « palestiniens » ? Les États qui ont fait la preuve de leur solidarité indéfectible avec les Juifs lorsqu'il était en proie à une tentative totale d'extermination assureraient-ils, par conséquent, ad vitam æternam la sécurité des Hébreux juifs habitant l’État palestinien? Ou Monsieur le secrétaire d’État et celles et ceux qui partagent ces positions conseillent-ils aux Juifs de contribuer de plein gré à faire de la Judée-Samarie un espace «Judenrein»?
Si les dirigeants «palestiniens» (en fait « arabo »-musulmans) ACTUELS du futur État «palestinien» reconnaissent demain aux Hébreux juifs le droit de continuer à vivre sur ces terres historiques qui n'ont cessé d'attester de la présence hébraïque au fil des siècles, qu'en sera-t-il à terme de la présence libre et non soumise à une quelconque forme de dhimmitude des Hébreux croyants et incroyants dans ce second État «arabo»-musulman établi après la Jordanie sur les terres de la Palestine mandataire? Qu'en serait-il aussi de ces grands oubliés de l'histoire, les Hébreux-Juifs, comme les Hébreux-non-Juifs (vous me lisez bien!) arabisés et islamisés DE FORCE !?» [5]
Alors quelle solution ?
Dans son article et dans le cadre de ses rappels historiques, Patrick G. avance une proposition : «Si j'étais israélien, et à titre personnel, je préconiserais le statu quo et négocierais avec la Jordanie et les responsables "palestiniens la création d'une fédération jordano-palestinienne. Les Palestiniens des territoires y demeureraient avec la citoyenneté jordano-palestinienne nouvelle, l'ensemble entretenant des relations économiques étroites avec Israël.»
Personnellement, je vois dans cette proposition le début d'une réflexion productive pouvant aboutir à une solution. Mais le vocabulaire impliquant une reconnaissance de l'existence d'un peuple palestinien me dérange logiquement. Il est une concession sémantique qui peut s'avérer lourde de conséquences.
Je proposerais tout simplement une autre piste de réflexion: l'extension de la nationalité jordanienne aux habitants arabes ou arabisés de parties de la Judée-Samarie (parties de la dite Cisjordanie).
Étant donné que la Jordanie est un royaume, il pourrait être proposé à la Jordanie (moyennant de substantiels investissements...) de modifier son organisation politique de manière à inclure des régions autonomes qui soient autogérées sur un mode républicain. Des élections seraient possibles pour élire des gouverneurs. Ce serait en quelque sorte l'application à ce pays de la formule chinoise : un pays, deux systèmes. Ici, monarchique et républicain.


 
Les habitants de Gaza pourraient de manière comparable obtenir la nationalité égyptienne. Cependant la région égyptienne autonome de Gaza ne pourrait recevoir de bases militaires menaçant l’État hébreu. Gaza serait une province désarmée. Toute violation entraînerait automatiquement des représailles.
Dans le premier cas, des parties de la Judée-Samarie seraient concédées, moyennant des engagements stricts de la part de la Jordanie (Elle garantirait que ces parties demeurent désarmées, etc). Dans le second, ce serait Gaza. De manière identique, la région égyptienne de Gaza demeurerait désarmée jusqu'à « la fin des temps ». Sous peine de représailles automatiques !
En échange de tout cela, sous garantie internationale, des investissements massifs seraient encouragés dans les quatre entités : Jordanie, Égypte, Israël, parties concédées de la Judée-Samarie (parties de la dite Cisjordanie).
Une autre piste de réflexion, laquelle peut toutefois être combinée à la précédente, serait d'encourager par de très forts stimulants économiques une émigration massive des Arabo-musulmans à destination de la Jordanie...
L'après guerre en Europe a connu une redéfinition des frontières sur des bases ethniques et religieuses. La différence - de taille! - serait que dans le cas de figure présent (celui qui attire actuellement l'attention) le déplacement serait volontaire et économiquement motivé.
Bien-sûr, ces propositions impliquent une ferme volonté de la part des pays NON-MUSULMANS (en premier lieu, les membres permanents du Conseil de sécurité: Chine, États-Unis d'Amérique, Fédération de Russie, France et Royaume-Uni), car aucune initiative dans ce sens n'est à espérer de dirigeants inspirés par l'Islam et l'Islam seul. Par contre ces mêmes dirigeants musulmans peuvent être amenés par l'ensemble des dirigeants non-musulmans, animés par une ferme volonté et unis en la matière, à considérer d'autres aspects qui leur seront profitables de par les retombées positives d'investissements massifs qui contribueraient à stabiliser la région...
 
Le mandat officiel britannique sur la Palestine datait de 1920. Entre 1917 et 1920, il s'agissait d'une occupation consécutive à la guerre et à l'éviction des Ottomans. (Patrick G.)"En 1921, avant la ratification du mandat, Churchill, ministre des colonies, ôte à la Palestine 90 650 km2 du territoire placé par la SDN sous mandat britannique, pour créer non pas un foyer national juif, mais un émirat arabe, la Transjordanie, consolation attribuée à la famille Saoud. Churchill installe Abdallah, fils d’Hussein, Chérif de la Mecque comme émir de Transjordanie et ainsi récompense son père pour sa participation à la guerre contre les Ottomans." (Claude Tencer, in: http://a-contre-air-du-temps.over-blog.com/2016/09/a-propos-de-israel-des-d…Un conflit des plus difficiles à résoudre
Par Patrick G.
Ce conflit aux implications inextricables est sans doute l'un des plus difficiles à résoudre au monde.
La charge religieuse, historique et émotionnelle, n'en fait pas un contentieux comme un autre.
Tous ceux qui s'y sont risqués y ont laissé des plumes, depuis la commission Peel de 1937, jusqu'à nos jours.
Les contours même de la Palestine allouée aux Juifs ont varié.


 
En 1917, elle englobait la Jordanie actuelle, Israël dans ses lignes d'armistice de 1949, tout Jérusalem ainsi que la bande de Gaza et la rive ouest du Jourdain, appelée Cisjordanie ou Judée et Samarie.
En raison du souci de la Grande-Bretagne de ménager ses intérêts arabes, les frontières du pays ont été réduites des trois quarts, en 1922, afin de créer de toutes pièces, un nouveau pays artificiel, la Transjordanie.
Une nouvelle fois, cette fois ci par un vote des Nations Unies, le 29 novembre 1947, la portion restante fut divisée, au peu près à part égale, afin de créer la possibilité de la naissance de deux États : un État Juif et un État Arabe ( non pas palestinien, adjectif réservé aux Juifs à l’époque), mais bien un État Arabe, dont le nom n'avait pas été défini.
Cette solution suscita la colère de l'ensemble des Arabes, y compris locaux, et fut unanimement rejetée, l'idée d'un État Juif, étant impensable.
En effet, deux idées présidaient et président toujours dans le monde arabo-musulman: d'une part, toute terre conquise l'est pour toujours, et d'autre part, les Juifs (comme les Chrétiens), ne sont autorisés à y vivre qu'en citoyens de seconde zone, en faisant profil bas, soumis à la Djizzya ou impôt de capitation, en application du statut de dhimmi qui organise leur infériorité juridique.
Donc, la création d'une nation juive souveraine sur une terre conquise jadis, est considérée comme un double affront, une paire de gifles inacceptable.
Concernant la légitimité des droits des Arabes sur la Palestine historique, il convient d'indiquer que cette terre a longtemps été désolée, abandonnée et faiblement peuplée.
Le développement et l'essor donné par les pionniers Juifs ont entraîné une immigration arabe des pays voisins, encore plus importante que l'immigration juive.
Les arabes quittaient leurs terres désertiques et inhospitalières des déserts de Syrie, d'Irak, d'Égypte ou d'ailleurs, afin de venir travailler dans les villes ou colonies agricoles créées par les Juifs.
À cela, il faut préciser qu'un pourcentage conséquent " d'Arabes" de Palestine, sont des Juifs convertis à l'islam, au cours des conquêtes islamiques successives, arabe d'abord à partir de 637, puis et surtout ottomane à partir de 1516.
Donc, en terme de légitimité, même récente, la majeure partie de la population arabe est postérieure à la présence juive.
Enfin, jamais, au cours de l'histoire, il n'a existé d'État arabe de Palestine ou de Jérusalem, capitale de la Palestine ou d'un ensemble arabe.
La contrée de Palestine était une sous-wilaya (gouvernorat) de Syrie-sud, elle-même fraction d'une entité plus vaste, à savoir le monde arabe dont elle est l'une des composantes.
Enfin, il faut avoir à l'esprit que toute rétrocession de territoire entraînera la fin de la présence juive, alors que de leur côté, les Arabes israéliens pourront demeurer citoyens israéliens. En revanche, il n'y aura aucun Juif palestinien. Non seulement cette nationalité ne lui sera pas reconnue, mais sa seule présence ne sera pas admise.
Quand bien même des accords seraient signés, ceux-ci ne scelleront pas une paix réelle, mais simplement un compromis consécutif à un rapport de force provisoire. La vraie paix, la paix des cœurs, celle qui bannit l'enseignement de la haine, du rejet de l'autre et de la revanche, n'est pas dans le logiciel des pays arabes, car elle viendrait en contradiction avec des siècles de traditions, de pratiques et de convictions profondes.
Il faut donc comprendre les réticences des gouvernements israéliens successifs à faire confiance à des partenaires aussi peu fiables.
Je n'ai pas de solution et ne sais pas s'il en existe une qui pourrait satisfaire ou contenter les parties en cause.
Si j'étais israélien, et à titre personnel, je préconiserais le statu quo et négocierais avec la Jordanie et les responsables "palestiniens la création d'une fédération jordano-palestinienne. Les Palestiniens des territoires y demeureraient avec la citoyenneté jordano-palestinienne nouvelle, l'ensemble entretenant des relations économiques étroites avec Israël.
Mais ce n'est là qu'une vision possible des choses.
In Fine, c'est aux acteurs de terrain de décider de ce qu'ils souhaitent ou de ce à quoi ils peuvent parvenir ou pas.
Vu la complexité de la situation, bien malin qui peut prédire l'issue éventuelle de ce conflit.
Comme je l'ai dit dans mon précédent développement, aucune solution n'est aisée ou satisfaisante; et il n'est pas sûr qu'elle puisse exister.
En revanche, je ne ferais pas de comparatif entre l’État bi-national qui se profilerait avec l'attitude de la droite nationaliste israélienne et l'état bi-national défini dans la charte de L'OLP.
En effet, dans le premier cas, il s'agirait d'une réalité concrète, palpable et physique.
Dans le second, c'est un artifice de langage, une pure théorie, car une fois au pouvoir, les Arabes de Palestine, majoritaires, auraient réservé le sort qu'ils ont toujours réservé aux Juifs, c'est à dire la relégation, l'expulsion, les pogroms sporadiques ou l'incitation à la conversion.
De plus, la charte contient une disposition passée volontairement sous silence, à savoir que seuls les Juifs présents avant la déclaration Balfour de 1917 seraient autorisés à devenir des citoyens Palestiniens.
À l'époque de la rédaction de la Charte, en 1964, il n'y en avait déjà plus beaucoup. Aujourd'hui, je vous laisse deviner.
Quant au caractère démocratique d'un tel État multiethnique et multiconfessionnel, il n'y a qu'à constater la situation d'aujourd'hui, comment son gérés les territoires sous autorité palestinienne, à quoi sont employés les fonds de l'aide internationale, sans même parler des affrontements inter-palestiniens de 2007 pour la prise de pouvoir à Gaza.
Donc, je ne pense pas que l'on puisse faire un parallèle entre l'état bi-national des uns et des autres.
Je répète que je n'ai pas de solution, et je ne sais s'il peut en exister une, car, pour cela, il faudrait faire appel à la raison.
Or, les passions, les fantasmes, les histoires antagonistes des uns et des autres, leur vision radicalement opposée des faits historiques eux mêmes, sont très présents et prégnants, empêchant toute avancée significative et toute solution définitive et pérenne.
[...]
Les autres solutions envisagées ont par ailleurs toutes échoué, faute de volonté politique, certainement, mais aussi du fait de la violence aveugle et des attentats qui ont été crescendo en Israël, à chaque avancée, alors que les négociations étaient sur le point d'aboutir.
Vous faites bien de rappeler que les Jordaniens sont eux mêmes sont des envahisseurs et des occupants, la Cisjordanie ayant été laissée sans maître en 1948, après la création de l’État d'Israël, et suite au refus des Arabes de créer leur propre État, sur le territoire qui leur était alloué par le plan de partage de la Palestine mandataire, voté à L'ONU le 29 novembre 1947.
Donc, le territoire situé à l'Ouest du Jourdain (Cisjordanie pour les uns, Judée-Samarie, pour les autres) est demeuré sans statut juridique défini.
Si bien que lorsque ce territoire a été conquis en 1967 par Israël à la suite de la guerre des Six-Jours, il n'y avait aucun État palestinien constitué à qui il aurait pu être restitué.
D'où la nécessité d'entamer des négociations pour définir le statut et le devenir de ce territoire. Idem pour Gaza qui est passée d'une occupation égyptienne à un contrôle israélien, à l'issue de cette même guerre.
L'objet des négociations consiste normalement en la rétrocession de territoires contre la paix.
Mais vu qu'il n'y avait pas d'autorité palestinienne constituée avant les accords d'Oslo, il était difficile de "restituer" des territoires à ses anciens maîtres, qui étaient eux mêmes des occupants.
C'est par ailleurs pour moi l'occasion de préciser un point de droit :
On a tendance à parler de "revenir aux frontières de 1967", or celles-ci n'ont jamais existé, puisqu'à l'issue de la guerre d'indépendance de 1948/1949, aucune frontière n'avait été déterminée, juste des lignes d'armistice, entérinées par la signature des accords de Rhodes.
Donc, ce qui passe pour une évidence : "les frontières de 67", dans la presse et chez une majorité de politiques occidentaux, n'est en fait qu'un abus de langage, lié à leur méconnaissance de la réalité historique et factuelle, ou par leur souci d'aboutir à tout prix à la création d'un État palestinien, pensant ainsi mettre un terme au conflit, amadouer les pays arabes, en particulier ceux du Golfe, afin de renouer des relations commerciales et pétrolières privilégiées (on ne se souvient que trop bien du choc pétrolier de 1973, à cet égard).
Donc, lorsque certains se croient autorisés à énoncer des "évidences" sur les territoires conquis par Israël, il est toujours bon de rappeler les vérités historique et juridique attachées à ces territoires.
C'est justement tout l'enjeu des négociations en cours et à venir.
Quant à Jérusalem, ses environs, et les Lieux-Saints, la résolution de L'ONU de 1947 en faisait un "Corpus Separatum", sous contrôle international, dont la souveraineté finale aurait dû être tranchée par un vote de la population au bout de dix ans.
Il n'en fut rien, puisque la Légion Transjordanienne du roi Abdallah occupa cette parcelle de territoire, comprise à l'est de la ville, dès 1948, en expulsa tous les habitants Juifs et détruisit les 34 synagogues de la zone, allant jusqu'à utiliser les pierres tombales juives pour en faire des latrines (des WC, pour ceux qui ne connaissent pas ce terme), pour les troupes Transjordaniennes (devenues jordaniennes à partir de décembre 1948 et de l'annexion officielle de la Cisjordanie). Enfin, les Lieux Saints juifs, en particulier l'accès au Mur des Lamentations, fut interdit aux Juifs durant toute la période de l'occupation jordanienne.
Le Goush Etsion, c'est à dire la ville d'Hébron et ses environs connurent le même sort: vidés de tous ses habitants Juifs, eux aussi expulsés.
Donc, on le voit, ce conflit comporte d'innombrables aspects d'une complexité extrême, tels, qu'aujourd'hui encore, on se pose la question de savoir s'il pourra être résolu un jour.
À cela s'ajoutent des facteurs religieux, culturels, identitaires et psychologiques que tout oppose.
Si le conflit avait été uniquement territorial, cela fait des lustres qu'il aurait été résolu.
C'est pourquoi nous en sommes quasiment au point de départ et parfois même avec des reculades.
Alors je souhaite bon courage aux donneurs de leçons de tout poil, qui ne sont pas directement impliqués et qui croient pouvoir le résoudre d'un coup de baguette magique.
C'est pourquoi je ne pense pas, à contrario de l'expression célèbre, qu'il faille aller vers l'orient compliqué avec des idées simples, car en effet, rien n'est simple dans cette histoire.
NOTES:
[…] Michel Aymerich, Majorité hébraïque de longue date à Jérusalem et inexistence historique du peuple palestinien: des vérités à taire! [url:1525c13954=http://a-contre-air-du-temps.over-blog.com/2018/01/majorite-hebraique-de-longue-date-a-jerusalem-et-inexistence-historique-du-peuple-palestinien-des-verites-a-taire.html]http://a-contre-air-du-temps.over-blog.com/2018/01/majorite-hebraique-de-lo…[/url:1525c13954]
[2] Michel Aymerich, L'invasion islamique de l'Inde: le plus grand génocide de l'histoire, http://a-contre-air-du-temps.over-blog.com/2017/10/l-invasion-islamique-de-…
[3] Michel Aymerich, L'Islam et le génocide volontairement oublié des Hébreux, http://a-contre-air-du-temps.over-blog.com/2017/11/l-islam-et-le-genocide-o…
[4] Michel Aymerich, HISTOIRES DE CHIENS, http://a-contre-air-du-temps.over-blog.com/2016/06/histoires-de-chiens.html  et Michel Aymerich, Un roman historique de Saïd Sayagh sur fonds de dhimmitude des Juifs au Maroc, http://a-contre-air-du-temps.over-blog.com/2016/03/un-roman-historique-de-s…
[5] Michel Aymerich, John Kerry, idiot utile de la Oumma ou calculateur cynique ? Questions sur l’État Hébreu, la démocratie et l'islam... http://a-contre-air-du-temps.over-blog.com/2017/01/john-kerry-idiot-utile-de-la-oumma-ou-calculateur-cynique-questions-sur-l-etat-hebreu-la-democratie-et-l-islam.html
 
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MessagePosté le: Mar 3 Juil - 15:58 (2018)    Sujet du message: Israël/Palestine Répondre en citant

Non, Israël n’est pas une démocratie


https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/non-israel-n-est-pas-une-2057…




Israël n’est pas la seule démocratie au Moyen-Orient. En fait, ce n’est pas une démocratie du tout.

Par Ilan Pappé.
 
Extrait de l'ouvrage Les dix mythes d'Israël (2017)

 

Source : Jacobin Mag (publié le 14 juin 2018)
Traduit par jj, relu par Cat, vérifié par Diane pour le Saker Francophone

 


 

Aux yeux de nombreux Israéliens et de leurs partisans dans le monde entier – même ceux qui pourraient critiquer certaines de ses politiques – Israël est, au bout du compte, un État démocratique bienveillant, cherchant la paix avec ses voisins et garantissant l’égalité à tous ses citoyens.


 

Ceux qui critiquent Israël supposent que si quelque chose tournait mal dans cette démocratie, c’était dû à la guerre de 1967. Dans cette optique, la guerre a corrompu une société honnête et travailleuse en offrant de l’argent facile dans les territoires occupés, en permettant aux groupes messianiques d’entrer dans la politique israélienne et surtout en transformant Israël en une entité occupante et oppressive dans les nouveaux territoires.

Le mythe selon lequel un Israël démocratique aurait connu des difficultés en 1967 mais serait toujours resté démocratique est même propagé par certains savants palestiniens et pro-palestiniens notables – mais il n’a aucun fondement historique.

 

Avant 1967 Israël n’était pas une démocratie

Avant 1967, Israël n’aurait certainement pas pu être dépeint comme une démocratie. Comme nous l’avons vu dans les chapitres précédents, l’État a soumis un cinquième de ses citoyens à un régime militaire fondé sur des règlements d’urgence britanniques draconiens et obligatoires qui privaient les Palestiniens de tous les droits humains ou civils fondamentaux.

Les gouverneurs militaires locaux étaient les dirigeants absolus de la vie de ces citoyens : ils pouvaient concevoir des lois spéciales pour eux, détruire leurs maisons et leurs moyens de subsistance, et les envoyer en prison quand ils le voulaient. Ce n’est qu’à la fin des années 1950 qu’une forte opposition juive à ces abus a émergé, ce qui a finalement allégé la pression sur les citoyens palestiniens.

Pour les Palestiniens qui vivaient dans l’Israël d’avant-guerre et ceux qui vivaient dans la Cisjordanie et la bande de Gaza après 1967, ce régime permettait même au plus simple soldat de diriger et de ruiner leur vie. Ils étaient sans défense si un tel soldat, ou son unité ou commandant, décidait de démolir leurs maisons, ou de les détenir pendant des heures à un point de contrôle, ou de les incarcérer sans procès. Il n’y avait rien qu’ils puissent faire contre.

À tout moment, de 1948 à aujourd’hui, il y a eu certains groupes de Palestiniens qui ont vécu une telle expérience.

Le premier groupe à souffrir sous un tel joug était la minorité palestinienne en Israël même. Cela a commencé dans les deux premières années d’existence de l’État durant lesquelles ils ont été poussés dans des ghettos, comme la communauté palestinienne de Haïfa vivant sur la montagne du Carmel, ou expulsés des villes qu’ils avaient habitées pendant des décennies, comme Safad. Dans le cas d’Isdud, toute la population a été expulsée vers la bande de Gaza.

À la campagne, la situation était encore pire. Les différents mouvements du Kibboutz convoitaient les villages palestiniens installés sur des terres fertiles. Parmi eux figurait le kibboutzim socialiste, Hashomer Ha-Zair, qui se serait soi-disant engagé dans la solidarité binationale.

Longtemps après la fin des combats de 1948, les villageois de Ghabsiyyeh, Iqrit, Birim, Qaidta, Zaytun et beaucoup d’autres ont quitté leurs maisons pour une période de deux semaines – après avoir été trompés par l’armée qui affirmait avoir besoin de leurs terres pour s’entraîner – seulement pour constater à leur retour que leurs villages avaient été anéantis ou remis à quelqu’un d’autre.

Cet état de terreur militaire est illustré par le massacre de Kafr Qasim en octobre 1956, lorsque, à la veille de l’opération du Sinaï, quarante-neuf citoyens palestiniens ont été tués par l’armée israélienne. Les autorités ont affirmé qu’ils étaient rentrés tard chez eux après avoir travaillé dans les champs alors qu’un couvre-feu avait été imposé au village. Mais ce n’était pas la vraie raison.

Des preuves ultérieures montrent qu’Israël avait sérieusement envisagé l’expulsion des Palestiniens de toute la zone appelée le Wadi Ara et le Triangle dans lequel le village se trouvait. Ces deux zones : la première une vallée reliant Afula à l’est et Hadera sur la côte méditerranéenne, la seconde étendant l’arrière-pays oriental de Jérusalem, ont été annexées par Israël en vertu de l’accord d’armistice de 1949 avec la Jordanie.

Comme nous l’avons vu, un territoire supplémentaire était toujours bien accueilli par Israël, mais une augmentation de la population palestinienne ne l’était pas. Ainsi, à tout moment, lorsque l’État d’Israël s’est développé, il a cherché des moyens pour restreindre la population palestinienne dans les zones récemment annexées.

L’opération « Hafarfert » (« taupe ») était le nom de code d’une série de propositions pour l’expulsion des Palestiniens lorsqu’une nouvelle guerre éclata avec le monde arabe. De nombreux chercheurs pensent aujourd’hui que le massacre de 1956 était un exercice pour voir si les gens dans la région pouvaient être intimidés pour partir.

Les auteurs du massacre ont été jugés grâce à la diligence et à la ténacité de deux membres de la Knesset : Tawaq Tubi du Parti communiste et Latif Dori du Parti sioniste de gauche Mapam. Cependant, les commandants responsables de la zone, et l’unité elle-même qui a commis le crime, s’en sont sortis sans beaucoup de dégâts, écopant seulement de petites amendes. C’était une preuve supplémentaire que l’impunité était garantie à l’armée pour les meurtres dans les territoires occupés.

La cruauté systématique ne s’affichait pas seulement lors d’un événement majeur comme un massacre. Les pires atrocités pouvaient également résider dans la présence quotidienne et banale du régime.

Les Palestiniens en Israël ne parlent toujours pas beaucoup de cette période d’avant 1967, et les documents de cette époque ne révèlent pas l’image complète. Étonnamment, c’est dans la poésie que nous trouvons une indication de ce que c’était que de vivre sous le régime militaire.

Natan Alterman était l’un des poètes les plus célèbres et les plus importants de sa génération. Il avait une chronique hebdomadaire, intitulée « La septième colonne », dans laquelle il commentait les événements qu’il avait lus ou entendus. Parfois, il omettait des détails sur la date ou même le lieu de l’événement, mais donnait au lecteur juste assez d’informations pour comprendre à quoi il faisait allusion. Il a souvent exprimé ses attaques sous forme poétique :

Citation:

« La nouvelle est apparue brièvement pendant deux jours, et a disparu
Personne ne semble s’en soucier, et personne ne semble le savoir
Dans le village lointain d’Um al-Fahem, des enfants – devrais-je dire des citoyens de l’État – jouaient dans la boue
Et l’un d’eux a semblé suspect à l’un de nos braves soldats qui lui a crié :
Arrête !
Un ordre, est un ordre,mais le garçon stupide ne s’est pas arrêté,
Il s’est enfui.
Donc, notre brave soldat a tiré, pas étonnant
Il a touché et tué le garçon
Et personne n’en a parlé. »



Dans une autre occasion il a écrit un poème au sujet de deux citoyens palestiniens de Wadi Ara. Dans un autre cas, il a raconté l’histoire d’une Palestinienne très malade qui a été expulsée avec ses deux enfants, âgés de trois et six ans, sans explication, et envoyée de l’autre côté du Jourdain. Quand elle a essayé de revenir, elle et ses enfants ont été arrêtés et mis dans une prison de Nazareth.
 
Altman espérait que son poème sur la mère remuerait les cœurs et les esprits, ou du moins susciterait une réponse officielle. Mais il a écrit une semaine plus tard :
« Et cet auteur a supposé, à tort, que l’histoire serait niée ou expliquée
Mais rien, pas un mot. »
 
Il y a d’autres preuves qu’Israël n’était pas une démocratie avant 1967. L’État a poursuivi une politique de tirer pour tuer à l’encontre des réfugiés qui tentaient de récupérer leurs terres, leurs récoltes et leurs élevages. Il organisait une guerre coloniale pour renverser le régime de Nasser en Égypte. Ses forces de sécurité avaient également la gâchette facile, tuant plus de cinquante citoyens palestiniens pendant la période de 1948-1967.
 
L’assujettissement des minorités en Israël n’est pas démocratique
Le test décisif de toute démocratie est le niveau de tolérance qu’elle est prête à accorder aux minorités qui y vivent. À cet égard, Israël est loin d’être une véritable démocratie.
Par exemple, après les nouveaux acquis territoriaux, plusieurs lois ont été adoptées assurant une position supérieure à la majorité : les lois régissant la citoyenneté, les lois sur la propriété foncière, et le plus important, la loi du retour.
Cette dernière accorde la citoyenneté automatique à tous les juifs dans le monde, où qu’il soient nés. Cette loi est particulièrement antidémocratique car elle s’accompagne d’un rejet total du droit au retour des Palestiniens – reconnu internationalement par la Résolution 194 de l’Assemblée générale des Nations Unies de 1948. Ce refus interdit aux citoyens palestiniens d’Israël de s’unir avec leurs familles proches, ou avec ceux qui ont été expulsés en 1948.
Refuser aux gens le droit de retourner dans leur patrie et, en même temps, offrir ce droit à d’autres qui n’ont aucun lien avec la terre, est un modèle de pratique antidémocratique.
Ajouté à cela il y avait une nouvelle strate au déni des droits du peuple palestinien. Presque chaque discrimination contre les citoyens palestiniens d’Israël est justifiée par le fait qu’ils ne servent pas dans l’armée. L’association entre les droits démocratiques et les devoirs militaires est mieux comprise si nous revenons sur les années formatrices au cours desquelles les décideurs israéliens ont essayé de réfléchir à la façon de traiter un cinquième de la population.
Leur hypothèse était que les citoyens palestiniens ne voulaient pas rejoindre l’armée de toute façon, et ce refus supposé, à son tour, a justifié la politique discriminatoire contre eux. Cet a priori a été mis à l’épreuve en 1954 lorsque le ministère israélien de la Défense a décidé d’appeler ces citoyens palestiniens éligibles à la conscription pour servir dans l’armée.
À leur grande surprise, tous les convoqués se rendirent au bureau de recrutement, avec la bénédiction du Parti communiste, la force politique la plus nombreuse et la plus importante du pays à l’époque. Les services secrets ont expliqué plus tard que la raison principale était l’ennui des adolescents dans leur vie à la campagne et leur désir d’action et d’aventure.
Malgré cet épisode, le ministère de la Défense a continué à colporter un récit décrivant la communauté palestinienne comme rétive au service militaire.
Inévitablement, avec le temps, les Palestiniens se sont effectivement retournés contre l’armée israélienne, qui était devenue leur oppresseur perpétuel, mais l’exploitation par le gouvernement de ce prétexte de discrimination jette un grand doute sur les prétentions à être une démocratie.
Si vous êtes un citoyen palestinien et que vous n’avez pas servi dans l’armée, vos droits à l’aide gouvernementale en tant que travailleur, étudiant, parent, ou en tant que couple, sont sévèrement restreints. Cela affecte en particulier le logement, ainsi que l’emploi – où 70% de l’industrie israélienne est considérée comme sensible à la sécurité et donc fermée à ces citoyens en tant que lieu d’embauche.
L’hypothèse sous-jacente du ministère de la défense était non seulement que les Palestiniens ne veulent pas servir, mais qu’ils sont potentiellement un ennemi intérieur auquel on ne peut pas faire confiance. Le problème avec cet argument est que dans toutes les grandes guerres entre Israël et le monde arabe, la minorité palestinienne ne s’est pas comportée comme cela. Elle n’a pas formé une cinquième colonne et ne s’est pas dressée contre le régime.
Cela ne les a pourtant pas aidés : à ce jour, ils sont considérés comme un problème « démographique » qui doit être résolu. La seule consolation est que, de nos jours, la plupart des hommes politiques israéliens ne croient pas que la solution du « problème » passe par le transfert ou l’expulsion des Palestiniens – du moins pas en temps de paix.
 
La politique foncière israélienne n’est pas démocratique
La revendication du titre de démocratie est également discutable quand on examine la politique budgétaire entourant la question foncière. Depuis 1948, les conseils locaux et les municipalités palestiniennes ont reçu beaucoup moins de financement que leurs homologues juifs. La pénurie de terres et la rareté des possibilités d’emploi créent une réalité socioéconomique anormale.
Par exemple, la communauté palestinienne la plus prospère, le village de Meilya en Haute-Galilée, est encore moins bien lotie que la ville juive la plus pauvre du Néguev. En 2011, le Jerusalem Post rapportait que « le revenu juif moyen était de 40% à 60% supérieur au revenu moyen arabe entre les années 1997 et 2009. »
Aujourd’hui, plus de 90% des terres appartiennent au Fonds national juif (FNJ). Les propriétaires fonciers ne sont pas autorisés à effectuer des transactions avec des citoyens non juifs, et les terres publiques sont prioritaires pour l’utilisation de projets nationaux, ce qui signifie que de nouvelles colonies juives sont construites alors qu’il n’y a pratiquement pas de nouvelles colonies palestiniennes. Ainsi, la plus grande ville palestinienne, Nazareth, malgré le triplement de sa population depuis 1948, n’a pas augmenté d’un kilomètre carré, tandis que la ville de développement construite au-dessus, Haut-Nazareth, a triplé sur les terres expropriées des propriétaires palestiniens.

D’autres exemples de cette politique peuvent être constatés dans les villages palestiniens à travers la Galilée, révélant la même histoire : comment ils ont été réduits de 40%, parfois même 60%, depuis 1948, et comment de nouvelles colonies juives ont été construites sur des terres expropriées. Après 1967, le gouvernement israélien s’est inquiété de l’absence de Juifs vivant dans le nord et le sud de l’État et a donc prévu d’augmenter la population dans ces régions. Un tel changement démographique nécessitait la confiscation de terres palestiniennes pour la construction de colonies juives.

Le pire était l’exclusion des citoyens palestiniens de ces colonies. Cette violation brutale du droit du citoyen à vivre où il veut se poursuit aujourd’hui, et tous les efforts déployés par les ONG de défense des droits de l’homme en Israël pour contester cet apartheid se sont soldés par un échec total.

La Cour suprême israélienne n’a pu que remettre en question la légalité de cette politique dans quelques cas individuels, mais pas en principe. Imaginez si au Royaume-Uni ou aux États-Unis, les citoyens juifs, ou les catholiques d’ailleurs, étaient interdits, par la loi, de vivre dans certains villages, quartiers, ou même des villes entières ? Comment une telle situation peut-elle se concilier avec la notion de démocratie ?
 


 
L’occupation n’est pas démocratique

Ainsi, compte tenu de son attitude envers deux groupes palestiniens – les réfugiés et la communauté présente en Israël – l’État juif ne peut, malgré tous les efforts d’imagination, être considéré comme une démocratie.

Mais le défi le plus évident à cette hypothèse est l’attitude israélienne impitoyable envers un troisième groupe palestinien : ceux qui ont vécu sous sa domination directe et indirecte depuis 1967, à Jérusalem-Est, en Cisjordanie et dans la bande de Gaza. Depuis l’infrastructure juridique mise en place au début de la guerre, jusqu’au pouvoir absolu incontesté de l’armée en Cisjordanie et à l’extérieur de la bande de Gaza, en passant par l’humiliation de millions de Palestiniens dans la routine quotidienne, la « seule démocratie » du Moyen-Orient se comporte comme une dictature de la pire espèce.

La principale réponse israélienne, diplomatique et académique, à cette dernière accusation est que toutes ces mesures sont temporaires – elles changeront si les Palestiniens, où qu’ils soient, se comportent « mieux ». Mais si on fait des recherches dans les territoires occupés, sans même parler d’y habiter, on comprendra à quel point ces arguments sont ridicules.

Les décideurs politiques israéliens, comme nous l’avons vu, sont déterminés à maintenir l’occupation aussi longtemps que l’État juif existera. Cela fait partie de ce que le système politique israélien considère comme le statu quo, ce qui est toujours mieux que tout changement. Israël contrôlera la plus grande partie de la Palestine et, comme elle contiendra toujours une importante population palestinienne, cela ne peut se faire que par des moyens non démocratiques.

En outre, malgré toutes les preuves du contraire, l’État israélien affirme que l’occupation est éclairée. Le mythe, ici, veut qu’Israël est venu avec de bonnes intentions pour mener une occupation bienveillante mais a été forcé de prendre une attitude plus dure à cause de la violence palestinienne.

En 1967, le gouvernement a traité la Cisjordanie et la bande de Gaza comme une partie naturelle d’« Eretz Israël », la terre d’Israël, et cette attitude a continué depuis. Quand vous regardez le débat entre les partis de droite et de gauche en Israël sur cette question, leurs désaccords portent sur la façon d’atteindre cet objectif, pas sur sa validité.

Cependant, parmi le grand public, il y avait un véritable débat entre ce que l’on pourrait appeler les « rédempteurs » et les « gardiens ». Les « rédempteurs » croyaient qu’Israël avait récupéré l’ancien cœur de sa patrie et ne pourrait pas survivre à l’avenir sans lui. En revanche, les « gardiens » ont fait valoir que les territoires devraient être négociés en échange de la paix avec la Jordanie, dans le cas de la Cisjordanie, et avec l’Égypte dans le cas de la bande de Gaza. Cependant, ce débat public a eu peu d’impact sur la façon dont les principaux décideurs ont gouverné les territoires occupés.

Le pire de cette supposée « occupation éclairée » a été la méthode de gestion des territoires par le gouvernement. Au début, la zone était divisée en espaces « arabes » et potentiellement « juifs ». Les zones densément peuplées par les Palestiniens sont devenues autonomes, gérées par des collaborateurs locaux sous un régime militaire. Ce régime n’a été remplacé par une administration civile qu’en 1981.

Les autres zones, les espaces « juifs », ont été colonisées par des installations juives et des bases militaires. Cette politique visait à parquer la population, aussi bien de la Cisjordanie que de la bande de Gaza, dans des enclaves déconnectées sans espaces verts ni possibilité d’expansion urbaine.

Les choses n’ont fait qu’empirer, tout de suite après l’occupation, lorsque le mouvement politique juif Gush Emunim a commencé à s’installer en Cisjordanie et dans la bande de Gaza, prétendant suivre la carte biblique de la colonisation plutôt que celle du gouvernement. Alors qu’il pénétrait dans les zones palestiniennes densément peuplées, l’espace laissé aux locaux se rétrécissait encore davantage.

Ce dont tout projet de colonisation a surtout besoin, c’est de la terre. Dans les territoires occupés, ce but a été atteint seulement par l’expropriation massive des habitants, expulsant les gens de lieux où ils vivaient depuis des générations, et les confinant dans des enclaves difficilement habitables.

Lorsque vous survolez la Cisjordanie, vous pouvez voir clairement les résultats cartographiques de cette politique : des ceintures de colonies qui divisent la terre et découpent les communautés palestiniennes en petites communautés isolées et déconnectées. Les ceintures de judaïsation séparent les villages entre-eux, les villages des villes, et parfois divisent un seul village.

C’est ce que les spécialistes appellent une géographie du désastre, notamment parce que ces politiques se sont avérées être une catastrophe écologique, asséchant les sources d’eau et ruinant certaines des plus belles régions de la campagne palestinienne.

De plus, les colonies sont devenues des foyers dans lesquels l’extrémisme juif s’est développé de façon incontrôlable – dont les principales victimes étaient les Palestiniens. Ainsi, la colonie d’Efrat a détruit le site du patrimoine mondial de la vallée de Wallajah près de Bethléem, et le village de Jafneh près de Ramallah, célèbre pour ses canaux d’eau douce, a perdu son identité en tant qu’attraction touristique. Ce ne sont que deux petits exemples sur des centaines de cas similaires.

Détruire les maisons des Palestiniens n’est pas démocratique

La démolition des maisons n’est pas un phénomène nouveau en Palestine. Comme beaucoup des méthodes de punition collective les plus barbares utilisées par Israël depuis 1948, elles ont d’abord été conçues et exercées par le gouvernement mandataire britannique pendant la grande révolte arabe de 1936-1939.

C’était le premier soulèvement palestinien contre la politique pro-sioniste du mandat britannique, et il a fallu trois ans à l’armée britannique pour le réprimer. Dans le processus, ils ont démoli environ deux mille maisons au cours de diverses punitions collectives infligées à la population locale.

Israël a démoli des maisons à partir du premier jour de son occupation militaire de la Cisjordanie et de la bande de Gaza. L’armée a fait sauter des centaines de maisons chaque année en réponse à divers actes commis par des membres individuels de la famille.

Lors de violations mineures du régime militaire, jusqu’à la participation à des actes violents contre l’occupation, les Israéliens ont rapidement envoyé leurs bulldozers pour éliminer non seulement des bâtiments physiques mais aussi des foyers de vie. Dans la région du Grand Jérusalem (comme à l’intérieur d’Israël), la démolition était aussi une punition pour l’extension non autorisée d’une maison existante ou le non-paiement des factures.

Une autre forme de punition collective qui est récemment revenue dans le répertoire israélien est celui du blocage des maisons. Imaginez que toutes les portes et fenêtres de votre maison soient bloquées par du ciment, du mortier et des pierres, de sorte que vous ne pouvez pas rentrer ni récupérer tout ce que vous n’avez pas réussi à sortir à temps. J’ai regardé attentivement dans mes livres d’histoire pour trouver un autre exemple de ce comportement, mais je n’ai trouvé aucune preuve d’une mesure si dure pratiquée ailleurs.

L’écrasement de la résistance palestinienne n’est pas démocratique

Finalement, sous « l’occupation éclairée », les colons ont été autorisés à former des bandes de vigiles pour harceler les gens et détruire leurs biens. Ces gangs ont changé leur approche au cours des années. Au cours des années 1980, ils ont utilisé la terreur réelle – blessant les dirigeants palestiniens (l’un d’eux a perdu l’usage de ses jambes dans une telle attaque), ou ​​envisageant de faire exploser les mosquées de Haram al-Sharif à Jérusalem.

Au cours de ce siècle, ils se sont livrés au harcèlement quotidien des Palestiniens : déracinant leurs arbres, détruisant leurs récoltes et tirant au hasard sur leurs maisons et leurs véhicules. Depuis 2000, au moins une centaine d’attaques de ce type ont été signalées chaque mois dans certaines régions, telles qu’Hébron, où les cinq cents colons, avec la collaboration silencieuse de l’armée israélienne, ont harcelé les habitants vivant à proximité d’une manière encore plus brutale.

Dès le début de l’occupation, les Palestiniens ont eu deux options : accepter la réalité de l’incarcération permanente dans une méga-prison pendant très longtemps, ou affronter les risques face à l’armée la plus forte du Moyen-Orient. Lorsque les Palestiniens ont résisté – comme ils l’ont fait en 1987, 2000, 2006, 2012, 2014 et 2016 – ils ont été ciblés en tant que soldats et unités d’une armée conventionnelle. Ainsi, les villages et les villes ont été bombardés comme s’ils étaient des bases militaires et la population civile désarmée était ciblée comme une armée sur le champ de bataille.

Aujourd’hui, nous en savons trop sur la vie sous occupation, avant et après Oslo, pour prendre au sérieux les arguments prétendant que la non-résistance assurera moins d’oppression. Les arrestations sans procès, telles qu’elles ont été vécues par tant de personnes au cours des années ; la démolition de milliers de maisons ; le meurtre et la mutilation des innocents ; le drainage des puits – tout cela témoigne de l’un des régimes les plus sévères de notre époque.

Amnesty International documente chaque année de manière très complète la nature de l’occupation. Voici ce qui ressort de leur rapport de 2015 :

« En Cisjordanie, y compris Jérusalem-Est, les forces israéliennes ont commis des homicides illégaux de civils palestiniens, y compris des enfants, et détenu des milliers de Palestiniens qui protestaient ou s’opposaient à l’occupation militaire continue d’Israël. La torture et les mauvais traitements sont fréquents et impunis.

Les autorités ont continué de promouvoir les colonies illégales en Cisjordanie et ont sévèrement restreint la liberté de mouvement des Palestiniens, renforçant encore les restrictions imposées par l’escalade de la violence à partir d’octobre, impliquant des attaques contre des civils israéliens et apparemment des exécutions extrajudiciaires pratiquées par les forces israéliennes. Les colons israéliens en Cisjordanie ont attaqué les Palestiniens et leurs biens en toute impunité. La bande de Gaza est restée sous le blocus militaire israélien qui a imposé une punition collective à ses habitants. Les autorités ont continué à démolir des maisons palestiniennes en Cisjordanie et à l’intérieur d’Israël, en particulier dans les villages bédouins de la région du Néguev/Naqab, en expulsant de force leurs résidents. »

Prenons ceci par étape. Premièrement, les assassinats – ce que le rapport d’Amnesty appelle les « exécutions illégales » : environ quinze mille Palestiniens ont été tués « illégalement » par Israël depuis 1967. Parmi eux se trouvaient deux mille enfants.

L’emprisonnement des Palestiniens sans procès n’est pas démocratique

Une autre caractéristique de « l’occupation éclairée » est l’emprisonnement sans jugement. Un Palestinien sur cinq, en Cisjordanie et dans la bande de Gaza a vécu une telle expérience.

Il est intéressant de comparer cette pratique israélienne avec des politiques américaines similaires dans le passé et le présent. Le mouvement de boycott, de désinvestissement et de sanctions (BDS) prétend que les pratiques américaines sont bien pires. En fait, le pire exemple américain fut l’emprisonnement sans jugement de cent mille citoyens japonais pendant la Seconde Guerre mondiale, et trente mille plus tard détenus sous la soi-disant « guerre contre la terreur ».

Aucun de ces chiffres ne se rapproche du nombre de Palestiniens qui ont connu un tel processus, y compris les très jeunes, les vieux, ainsi que les incarcérés à long terme.

L’arrestation sans jugement est une expérience traumatisante. Ne pas connaître les accusations portées contre vous, n’avoir aucun contact avec un avocat et pratiquement aucun contact avec votre famille ne sont que quelques-unes des préoccupations qui vous affecteront en tant que prisonnier. Plus brutalement, nombre de ces arrestations servent de moyen de pression sur les gens pour qu’ils collaborent. Répandre des rumeurs ou humilier les gens pour leur orientation sexuelle présumée ou réelle sont aussi fréquemment utilisées comme méthodes pour forcer la collaboration.

Quant à la torture, le site web fiable Middle East Monitor a publié un article déchirant décrivant les deux cents méthodes utilisées par les Israéliens pour torturer les Palestiniens. La liste est basée sur un rapport de l’ONU et un rapport de l’organisation israélienne des droits de l’homme B’Tselem. Entre autres méthodes, elle comprend des passages à tabac, l’enchaînement de prisonniers à des portes ou des chaises pendant des heures, en leur versant de l’eau froide et chaude, en écartelant les doigts et en tordant les testicules.

Israël n’est pas une démocratie

Ce que nous devons contester ici, par conséquent, ce n’est pas seulement la prétention d’Israël à maintenir une occupation éclairée, mais aussi sa prétention à être une démocratie. Un tel comportement envers des millions de personnes sous son règne contrevient à de telles chicanes politiques.

Cependant, bien que de vastes parties de la société civile dans le monde nient à Israël sa prétention à la démocratie, leurs élites politiques, pour diverses raisons, la traitent toujours comme une membre du club exclusif des États démocratiques. À bien des égards, la popularité du mouvement BDS reflète les frustrations de ces sociétés avec les politiques de leur gouvernement à l’égard d’Israël.

Pour la plupart des Israéliens, ces contre-arguments sont au mieux inappropriés et au pire malveillants. L’État israélien s’accroche à l’idée qu’il est un occupant bienveillant. L’argument de « l’occupation éclairée » suggère que, selon le citoyen juif moyen en Israël, les Palestiniens sont bien mieux lotis sous l’occupation et qu’ils n’ont aucune raison d’y résister, encore moins de force. Si vous êtes un partisan non critique d’Israël à l’étranger, vous accepterez également ces hypothèses.

Il existe toutefois une partie de la société israélienne qui reconnait la validité de certaines des affirmations faites ici. Dans les années 1990, avec une certaine conviction, un nombre important d’universitaires, de journalistes et d’artistes juifs ont exprimé leurs doutes quant à la définition d’Israël comme démocratie.

Il faut du courage pour défier les mythes fondateurs de sa propre société et de son État. C’est pourquoi plusieurs d’entre eux abandonnèrent plus tard cette position courageuse et retournèrent à la ligne générale.

Néanmoins, pendant un certain temps durant la dernière décennie du siècle précédent, ils produisirent des œuvres qui remirent en question l’hypothèse d’un Israël démocratique. Ils ont dépeint Israël comme appartenant à une communauté différente, celle des nations non-démocratiques. L’un d’entre eux, le géographe Oren Yiftachel de l’Université Ben Gourion, a décrit Israël comme une ethnocratie, un régime qui régit un État ethnique mixte avec une préférence légale et formelle pour un groupe ethnique par rapport à tous les autres. D’autres sont allés plus loin, qualifiant Israël d’État d’apartheid ou d’État colonisateur.

Bref, quelle que soit la description de ces chercheurs critiques, la « démocratie » n’en faisait pas partie.

Ilan Pappé est un historien israélien et un activiste socialiste. Il est professeur au Collège des sciences sociales et des études internationales de l’Université d’Exeter, directeur du Centre européen d’études palestiniennes de l’université et co-directeur du Centre d’études ethno-politiques d’Exeter. Plus récemment, il est l’auteur de Ten Myths About Israel.
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MessagePosté le: Mar 3 Juil - 18:18 (2018)    Sujet du message: Israël/Palestine Répondre en citant

devrions nous aussi restaurer les limites territoriales des peuples autochtones des premieres nations d'amériques du nord ?

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MessagePosté le: Ven 20 Juil - 14:48 (2018)    Sujet du message: Israël/Palestine Répondre en citant

Israël : le Parlement adopte une loi définissant le pays comme «l'État-nation du peuple juif»

    Par  Journaliste Figaro Le figaro.fr AFP agence Publié le 19/07/2018 à 09:18

Israël : le Parlement adopte une loi définissant le pays comme «l'État-nation du peuple juif»


La mesure la plus controversée du projet de loi adopté ce jeudi par le Parlement israélien, créer de nouvelles localités exclusivement réservées aux Juifs, a cependant été amendée après une vague de critiques.

«C'est un moment décisif dans l'histoire de l'État d'Israël, qui inscrit dans le marbre notre langue, notre hymne et notre drapeau». Après l'adoption par le Parlement d'un projet de loi définissant Israël comme «l'État-nation du peuple juif», le premier ministre Benjamin Nétanyahou s'est publiquement réjoui du résultat de ce vote. Le texte entre dans la catégorie des lois fondamentales qui font office de constitution en Israël.

» LIRE AUSSI - Israël: une loi pour renforcer le caractère juif de l'État

Adopté par 62 voix contre 55, ce texte établit notamment que l'hébreu devient la seule langue officielle d'Israël. Aucune loi n'ayant été votée à ce sujet depuis la création de l'État d'Israël en 1948, l'hébreu et l'arabe étaient jusqu'à présent toutes deux considérées comme des langues quasi officielles, utilisées dans tous les documents étatiques.
Pas de nouvelles localités réservées aux juifs

Dans sa précédente version, le projet de loi évoquait la possibilité de créer des localités exclusivement réservées aux Juifs, ce qui en excluait les citoyens arabes israéliens qui constituent 17,5% de la population totale israélienne. Cette formulation avait suscité une vague de critiques, notamment du président Reuven Rivlin, du procureur général Avishai Mandelblit et de la délégation de l'UE en Israël en raison de son caractère jugé discriminatoire.

» LIRE AUSSI - Nétanyahou veut créer des villes purement juives

Le texte amendé et voté jeudi affirme que «l'État considère que le développement des implantations juives relève de l'intérêt national et que l'État prendra les mesures pour encourager, faire avancer et servir cet intérêt». Cette nouvelle formule, plus vague, a toutefois été dénoncée par l'opposition, notamment par le député arabe Ayman Odeh, qui a brandi durant le débat un drapeau noir à la tribune pour marquer «la mort de notre démocratie».
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MessagePosté le: Sam 11 Aoû - 15:06 (2018)    Sujet du message: Israël/Palestine Répondre en citant

Majorité hébraïque de longue date à Jérusalem et inexistence historique du peuple palestinien: des vérités à taire!
Aymerich Michel 7 Janvier 2018 16 commentaires



 
Hébreux juifs priant au "Mur des lamentations" (Kotel, vestige du Temple de Salomon, qui donne tout son sens à la phrase: "L'an prochain à Jérusalem")
Par Michel AYMERICH
(Actualisé le 08/01/2018 à 13:30)
Les Juifs constituaient déjà en 1844 la population relativement la plus nombreuse à Jérusalem, capitale de l’État des Hébreux [1]. C'était, pourtant, sans compter les Hébreux non-Juifs, tels les Samaritains survivants du lent génocide commis par les ancêtres de «Daesh» (l’État islamique). Sans compter non plus les Hébreux arabisés et islamisés sous la contrainte [2]. Il faut toujours avoir à l'esprit que l'apostasie - soit le retour à la religion d'origine (juive, chrétienne ou autre) ou le passage à l'athéisme - est punie de mort en Islam. Ce n'est pas un hasard...  
Une partie importante (la majorité d'entre-eux?) des «Arabes» sont originaires des pays avoisinants: Syrie, Égypte, Yémen, etc., mais aussi de Turquie et d'Afrique du Nord (voir vidéo ci-dessous: Gaza: Le ministe de l’intérieur du Hamas avoue par erreur l'origine du peuple "palestinien").
Ainsi Marx, écrivant sur Jérusalem, notait-il: «Les Musulmans forment environ un quart de l'ensemble de la population composée de Turcs, d'Arabes et de Maures [Notons qu'il n'est nullement question de l'existence de «Palestiniens» en cette année 1854 ! M.A.] qui sont évidemment les maîtres à tous égards puisqu'ils ne sont aucunement affectés par la faiblesse de leur gouvernement situé à Constantinople.» [3]
Nathan Weinstock, dans un article que j'ai reproduit en juin 2016 fait une observation pertinente:
«Enfin, le rôle clef que tient la dhimmitude dans le conflit palestinien trouve une belle illustration dans la construction du concept de « peuple palestinien ». Henry Laurens a étudié l'émergence du terme « Falastin » vers 1908-1909 et ce qui retient l'attention, c'est que si la notion de « Palestinien » englobe toutes les vagues successives d'immigrés musulmans venus s'installer en Terre Sainte au XIXème siècle, arabes ou non (Hauranis de Syrie, Maghrébins, Tcherkesses, Bosniaques, etc.), en revanche les composantes juives de cette même population palestinienne en voie de formation s'en trouvent exclues. C'est le cas du vieux yichouv et des Juifs du monde arabo-musulman (originaires du Maghreb, de Boukhara, du Yémen), même arabophones. Tout Musulman s'intègre de droit à la communauté palestinienne, tout Juif palestinien en est écarté a priori : jeté aux chiens.» [4]


POPULATION DE JÉRUSALEM
de 1844 à 2012





Une majorité hébraïque de longue date, à Jérusalem qui s'est maintenue dans un contexte hostile, marqué par un long passé génocidaire et la terrible dhimmitude...

Zahir Muhsein, membre du comité exécutif de l’OLP, expliquait dans une interview donnée au journal néerlandais Trouw, mars 1977: «Le peuple palestinien n’existe pas. La création d’un État palestinien n’est qu’un moyen pour continuer la lutte contre l’État d’Israël afin de créer l’unité arabe. En réalité, aujourd’hui, il n’y a aucune différence entre les Jordaniens, les Palestiniens, les Syriens et les Libanais. C’est uniquement pour des raisons politiques et tactiques, que nous parlons aujourd’hui de l’existence d’un peuple palestinien, étant donné que les intérêts arabes demandent que nous établissions l’existence d’un peuple palestinien distinct, afin d’opposer le sionisme. Pour des raisons tactiques, la Jordanie qui est un État souverain avec des frontières bien définies, ne peut pas présenter de demande sur Haifa et Jaffa, tandis qu’en tant que palestinien, je peux sans aucun doute réclamer Haifa, Jaffa, Beersheba et Jérusalem. Toutefois, le moment où nous réclamerons notre droit sur l’ensemble de la Palestine, nous n’attendrons pas même une minute pour unir la Palestine à la Jordanie» [5].
Arafat, comme Zahir Muhsein, expliquait ouvertement dans une interview oubliée [6] que le "peuple palestinien" était une invention pour détruire Israël...

Cliquez sur la photo pour accéder à la vidéo...
Tout un chacun peut constater qu'il n'est pas fait ample publicité à ce qui aujourd'hui apparaît comme des aveux, tant la propagande palestiniste massive a laissé croire qu'un peuple - le peuple "palestinien" - existait avant "l'invasion" par les Juifs de la dite Palestine. "Invasion" de leur propre pays!
Cette propagande a laissé croire que les "Palestiniens" seraient distincts des Arabes, plus exactement des musulmans, dont les origines réelles sont tues...
La raison en est simple:
1) 57 pays regroupés dans l'Organisation de la coopération islamique (OCI) exercent une pression dans le sens de cette révision de l'histoire et plus généralement dans le sens du narratif musulman...
2) Les principales puissances impérialistes d'Occident entretiennent de longue date des relations largement amicales (intérêts obligent!), de la nature d'alliances stratégiques avec les grands pôles islamiques alliés ou concurrents et entités afférentes (Arabie saoudite; Qatar et Koweit; Turquie néo-ottomane; pôle indo-pakistanais; Organisation de la coopération islamique; Frères musulmans; République islamique d'Iran; Hezbollah, etc.).
Ceci de la part des puissances impérialistes d'Occident, afin d'avoir un accès privilégié aux ressources énergétiques détenues par les pays de l'OCI.
En matière de politique extérieure, ces mêmes puissances tentent de canaliser la propension de l'Islam à l'extension illimitée contre des pays comme l'URSS (hier) et la Fédération de Russie aujourd'hui, et contre la République populaire de Chine.
En matière de politique intérieure, elles poursuivent le but de diviser le mouvement ouvrier en semant la division et en l’affaiblissant structurellement par le choix de privilégier l'immigration d'une force de travail de culture musulmane, dont les gouvernants de droite et dits "de gauche" ne facilitent pas -et pour cause!- l'apostasie de ses membres... [7]

Notes:
[1] Michel AYMERICH, Jérusalem, capitale de l’État des Hébreux autodéterminés! http://a-contre-air-du-temps.over-blog.com/2017/12/jerusalem-capitale-de-l-etat-des-hebreux-autodetermines.html
[2] Michel AYMERICH, Les «Palestiniens», un peuple inventé par anti-hébraïsme! http://a-contre-air-du-temps.over-blog.com/2016/11/les-palestiniens-un-peuple-invente-par-anti-hebraisme.html
[3] Michel AYMERICH, Marx et les bolcheviks face à l'Islam ! [url:9003dbde62=http://a-contre-air-du-temps.over-blog.com/2017/09/marx-et-les-bolcheviks-face-a-l-islam.html]http://a-contre-air-du-temps.over-blog.com/2017/09/marx-et-les-bolcheviks-f…[/url:9003dbde62]
[4] Michel AYMERICH, HISTOIRES DE CHIENS,http://a-contre-air-du-temps.over-blog.com/2016/06/histoires-de-chiens.html
[5] Michel AYMERICH, John Kerry, idiot utile de la Oumma ou calculateur cynique ? Questions sur l’État Hébreu, la démocratie et l'islam...http://a-contre-air-du-temps.over-blog.com/2017/01/john-kerry-idiot-utile-de-la-oumma-ou-calculateur-cynique-questions-sur-l-etat-hebreu-la-democratie-et-l-islam.html
 [6]  Le plus beau cadeau du Fatah à Israël : Arafat a dit “Le peuple “Palestinien” a été inventé pour détruire Israël “ https://infos-israel.news/plus-beau-cadeau-fatah-a-israel-arafat-a-dit-peuple-palestinien-a-ete-invente-detruire-israel/
[7] Michel AYMERICH Le piège de la « lutte contre l’islamophobie », une contribution nécessaire de l'organisation Lutte ouvrière... http://a-contre-air-du-temps.over-blog.com/2017/03/le-piege-de-la-lutte-con…


 
Les " Palestiniens ", un peuple inventé par anti-hébraïsme ! - A contre air du tempsPar Michel AYMERICH Je reproduis, ci-dessous, avec l'autorisation de David Belhassen, une discussion qu'il a eu sur sa page Facebook où il a fait la démonstration d'une haute érudition, comme à...
http://a-contre-air-du-temps.over-blog.com/2016/11/les-palestiniens-un-peup…



Quelle solution au conflit judéo-islamique, dit " israélo-arabe "? - A contre air du temps
Il conviendrait de remplacer "juif" par Hébreu et ce faisant de trouver la carte plus grande qui recouvrait dans le passé le pays qu'habitaient les Hébreux avant l'arabisation et l'islamisation ...
http://a-contre-air-du-temps.over-blog.com/2018/01/quelle-solution-au-confl…



A propos de " Israël - Des droits historiques et géographiques " - A contre air du temps
Par Michel AYMERICH Je reproduis ci-dessous l'article de Michel Garroté paru sur le site Europe-Israël [1]. Je le reproduis parce-qu'il permet d'enrichir l'argumentaire d'ensemble constitué par mes
http://a-contre-air-du-temps.over-blog.com/2016/09/a-propos-de-israel-des-d…



Quelques réflexions sur le parti pris anti-israélien, forme moderne de l'antisémitisme - A contre air du temps
Par Michel AYMERICH Le parti pris anti-israélien est souvent insidieux, il n'apparaît ouvertement que lorsque l'Etat hébreu est attaqué et que son gouvernement prend la décision de le défendr...
http://a-contre-air-du-temps.over-blog.com/
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