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Algérie
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yacoub
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PostPosted: Sun 11 Jun - 15:44 (2017)    Post subject: Algérie Reply with quote

L'auteur de l'attaque devant Notre-Dame mis en examen et écroué




Des policiers près du parvis de Notre-Dame de Paris, le 6 juin 2017

©bertrand GUAY, AFP


A lire aussi

France
Attaque devant Notre-Dame: conférence de presse du procureur de la République de Paris à 16H00

Politique
L'étrange parcours de l'assaillant de Notre-Dame




AFP, publié le samedi 10 juin 2017 à 22h52
Un jihadiste "néophyte" fasciné par la propagande de l'Etat islamique: quatre jours après l'attaque au marteau d'un policier devant Notre-Dame de Paris, le profil de l'assaillant, mis en examen et placé en détention provisoire samedi soir, se précise.
Farid Ikken, doctorant algérien de 40 ans, inconnu des services de police et de renseignement, est "un néophyte que les services antiterroristes redoutent cependant tout autant que les profils aguerris", a relevé le procureur de Paris François Molins lors d'une conférence de presse, évoquant "un processus de radicalisation extrêmement rapide sur internet".
L'enquête a mis en lumière une personnalité "imprégnée par la propagande jihadiste", mais cette radicalisation s'est faite à l'abri des regards: aucun de ses proches n'en a perçu le moindre signe, a ajouté le magistrat.
Des images de l'attentat de Londres, le 3 juin, des vidéos "glorifiant" ceux de Paris (13 novembre 2015) et Bruxelles (22 mars 2016), un "manuel d'action des loups solitaires" édité par l'organisation Etat islamique (EI), des éléments sur les années de sang en Algérie, l'Irak et les Frères musulmans ont été retrouvés dans son ordinateur et sur plusieurs clés USB. Un guide à destination des candidats au jihad en France intitulé "Les soldats du califat en terre des Francs", dont il semble être l'auteur, selon François Molins, a également été découvert.
Une vidéo d'allégeance à l'EI a aussi été saisie dans sa résidence étudiante à Cergy (Val-d'Oise). 
Quand il a agressé au marteau une patrouille de trois policiers le 6 juin vers 16H20, sur le parvis de la cathédrale Notre-Dame, blessant légèrement l'un d'entre-eux, Farid Ikken, également muni de deux couteaux de cuisine, a crié "c'est pour la Syrie" puis revendiqué être "un soldat du califat", terme utilisé pour désigner le califat autoproclamé en juin 2014 par l'EI.
-Pratique religieuse "dure"-

"Tout laisse à penser qu'il a agi seul, mais il entendait faire partager son passage à l'acte" puisqu'il a tenté, sans succès, de diffuser sa vidéo d'allégeance via la messagerie cryptée Telegram, a relevé François Molins. 
Blessé par un tir de riposte des policiers, Farid Ikken avait été placé mercredi dans une unité dédiée à l'hospitalisation des gardés à vue. Devant les enquêteurs, "il a immédiatement reconnu les faits" et s'est décrit comme "un musulman sunnite" qualifiant sa pratique religieuse comme "plutôt dure (...) depuis environ dix mois". Il a ajouté avoir "pris la décision d'agir quelques jours auparavant".
Présenté à un juge antiterroriste samedi après-midi, il a été mis en examen pour "tentative d'assassinats sur personne dépositaire de l'autorité publique" et "association de malfaiteurs terroriste criminelle". Conformément aux réquisitions du parquet de Paris qui a ouvert une information judiciaire, il a été placé en détention provisoire.
Les enquêteurs vont désormais s'attacher à comprendre quand et comment, il a pu basculer.
Benjamin d'une fratrie de 12 enfants, il poursuivait une thèse en sciences de l'information et de la communication à l'université de Lorraine à Metz, après un parcours universitaire en Suède.
Entendu par les enquêteurs, son directeur de thèse a décrit un garçon "ouvert", "travailleur", "fervent défenseur de la démocratie occidentale", soulignant toutefois n'avoir plus de contact avec lui ces derniers mois, ce qui l'avait "surpris". Un ami d'enfance en Algérie a pour sa part mis en avant "une situation personnelle et sociale isolée".
Depuis 2015, la France est la cible d'une vague d'attentats qui ont fait 239 morts, les derniers visant particulièrement les forces de l'ordre.
L'attaque devant Notre-Dame, en plein coeur du Paris touristique, a eu lieu trois jours après un nouvel attentat au Royaume-Uni, revendiqué par l'EI: samedi soir à Londres, trois hommes ont foncé dans la foule avec une camionnette, avant de poignarder des passants, faisant huit morts et une cinquantaine de blessés.
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PostPosted: Wed 21 Jun - 11:42 (2017)    Post subject: Algérie Reply with quote

L’état des toilettes publiques en Algérie 


L’état des toilettes publiques en Algérie est lamentable. Il reflète presque la situation politique du gouvernement algérien: des fuites partout, pas de savon, les portes ne se ferment pas, elles ne s’ouvrent jamais non plus, on écrit : « one two three... et viva l’Algérie » avec des excréments sur les murs. Une question s’impose : « mais qu’est-ce que c’est que cette merde ? ». C’est le cas de le dire. En revenant de Paris, j’étais rentré dans les toilettes de la gare routière a Kharouba -Alger. Avant de rentrer, je fus interpellé par le laveur – soi-disant – des toilettes qui me demanda de payer à l’avance pour n’avoir rien à regretter. « Elles sont propres au moins ? » lui demandai-je. Il me tendit la main en disant : « 10 dinars pour voir ! ». Un jeu de poker dont tout le tapis consistait entièrement de merde. Je lui remets 10 Dinars et je rentrai pour m’aveugler au lieu de voir. J’avais des bagages à main et je n’avais pas où les poser ou même accrocher. C’était tellement sale que même mon cul eut un choc et mon pénis demanda un visa à mon urine pour la laisser sortir. En sortant, j’étais déçu et j’ai dit au laveur : « Vous avez vu l’état des toilettes ? » Il haussa les épaules en tendant la main vers un autre passager sans me regarder, « Hey ! La prochaine fois je demanderais à chier à l’avance».
A l’aéroport d’Alger, les croyants utilisent les douchettes pour se laver les pieds et tout ce qu’ils peuvent se mettre sous la main. Les toilettes deviennent alors des piscines que dans quelques temps, on sera obligé de rentrer en maillot de bains. Sur les bateaux et dans les avions algériens, la situation est simplement merdique. Montréal – Alger, huit heures de vol avec des toilettes bouchées. Les passagers accusent l’équipage du manque de propreté et l’équipage accuse les passagers de : « chier de travers ». Un discours de sourds.
Finalement, nous, les algériens, on a un talent extraordinaire à vivre dans la merde.
Hmimi O'Vrahem


:alg:  

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PostPosted: Sun 25 Jun - 13:48 (2017)    Post subject: Algérie Reply with quote

 

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PostPosted: Mon 26 Jun - 15:00 (2017)    Post subject: Algérie Reply with quote

Djamila Bouhired dénonce

El Watan, 21 juin 2017

Halte à la falsification de l'Histoire !» ; «Halte à la profanation de la mémoire de nos martyrs !». La salve est de l'héroïne nationale Djamila Bouhired pour empêcher la réalisation d'un film sur son parcours et sa vie sans son aval.

Mme Bouhired a rendu public, hier, un communiqué pour prendre à témoin l'opinion nationale, mais surtout de mettre en garde contre l'entêtement de ce «réalisateur officiel» spécialisé dans les films «historiques». Le réalisateur en question n'est autre qu'Ahmed Rachedi qui s'est spécialisé depuis quelque temps dans la réalisation de films sur des figures de la Révolution grassement subventionnés pas le Trésor public.

L'héroïne de la guerre de Libération nationale accuse ainsi et vertement le pouvoir politique d'être derrière cette opération de légitimation. «Un film prétendant relater ma vie et mon parcours militant est en préparation. Commandité par le pouvoir politique, financé sur le budget de l'Etat, il est confié à un cinéaste officiel. Dans un contexte de falsification décomplexée qui tente de tailler une histoire sur mesure à des usurpateurs et des faussaires, cette opération vise, une fois encore, à instrumentaliser la guerre de Libération nationale à des fins de légitimation du pouvoir», pilonne-t-elle.

Elle dénonce une opération de «réduire la Révolution à un rôle de faire-valoir d'un régime autoritaire, impopulaire et antinational». Jamais des qualificatifs aussi durs et aussi radicaux n'ont été utilisés par cette légende vivante. C'est-dire la colère de cette femme qui, aux côtés de nombreuses jeunes Algériennes, s'est battue pour l'indépendance nationale. «Malgré mon opposition clairement formulée à la réalisation d'un film qui veut réduire la Révolution au rôle de faire-valoir d'un régime autoritaire, impopulaire et antinational, les commanditaires de ce film ont décidé de passer outre.

Après avoir manipulé les martyrs, ils revendiquent maintenant le droit d'instrumentaliser l'image des survivants dans des luttes d'arrière-garde. Je prends à témoin mes frères et mes sœurs algériens pour réaffirmer mon opposition à la réalisation de tout film dont je serai le personnage principal, et mon refus de servir de caution à toute opération occulte. Je dénonce avec force l'instrumentalisation de la Révolution et de ses martyrs à des fins de légitimation du pouvoir», dénonce-t-elle.

Hacen Ouali
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PostPosted: Wed 5 Jul - 10:06 (2017)    Post subject: Algérie Reply with quote

Quel avenir pour l'Algérie, 55 ans après son indépendance?
5 juillet 2017 |Olivier Sylvestre, Sarah Boumedda | Actualités internationales
Photo: Archives Agence France-Presse Un rassemblement organisé le 26 juin 1962 par le FLN dans le cadre de la campagne pour le référendum d'autodétermination.  
L’Algérie célèbre les 55 ans de son indépendance le 5 juillet. Le pays, riche en pétrole et en gaz naturel et sous le règne du président Abdelaziz Bouteflika depuis 1999, se prépare pour des élections présidentielles en 2019. 
 
Nous avons discuté de ce que l’avenir réserve à l’Algérie avec le professeur Samir Saul de l’Université de Montréal, spécialisé en histoire, en relations internationales, de la France et du monde arabe.
 
L’Algérie est sortie en 2002 d’une guerre civile qui durait depuis 1999. Dans quelle situation se trouve-t-elle aujourd’hui ?
 
Aujourd’hui, on peut dire que le pouvoir est essentiellement entre les mains de l’armée. La position première du président actuel est d’essayer de tourner la page sur la guerre civile. 
 
Cependant, l’Algérie a toujours été très dépendante de son pétrole. Il y a des avantages à posséder beaucoup de pétrole et de gaz, mais c’est aussi une malédiction. On peut y devenir accro parce que c’est facile : on exporte et on fait des recettes, sans développer la production.
 
Le fait que l’Algérie n’a pas réussi à diversifier son économie a affaibli son système politique. Un système politique basé sur des institutions stables n’a pas pu se mettre en place.
 
On estime que l’Algérie avait, en 2016, un taux de migration net de -0,9 migrant par 1000 habitants. Pourquoi tant d’Algériens partent-ils en exil ?
 
Les Algériens s’exilent parce qu’ils n’arrivent pas à vivre en Algérie. C’est à cause de la situation économique d’abord : les prix courants sont très élevés, la population est très jeune. Le chômage y est aussi très élevé; le chômage est facteur d’immigration.
 
Le départ des Algériens est le résultat de l’échec, de l’absence de moyens, de conditions de vie décentes leur permettant d’avoir un emploi. On voit les Algériens aller en France, au Canada et ailleurs, pour des raisons essentiellement économiques.
 
Durant les années 1990, ils s’exilaient aussi à cause de la guerre civile. On a eu au Québec beaucoup d’Algériens qui fuyaient cette guerre, qui sont arrivés durant ces années.
 
Vers quoi se dirige l’Algérie d’un point de vue politique et économique ?
 
Elle se dirige vers des élections présidentielles ! C’est prévu pour 2019. Bouteflika est là depuis 1999. Va-t-il se présenter une autre fois ? Qui sait ? Il est malade, même invisible par moments.
 
Cependant, les changements dont a besoin l’Algérie doivent être beaucoup plus fondamentaux qu’un nouveau président. Il faudrait une réorientation complète du pays : un développement autonome basé sur la production et non sur l’exportation pétrolière. Jusqu’à présent, l’armée a assisté au pouvoir. Essentiellement, elle l’a concentré entre ses mains. Elle a vécu des ventes de pétrole et du clientélisme. 
 
La grande mission pour l’Algérie et pour son salut, c’est la consolidation d’un état indépendant qui a des institutions valables et la confiance de sa population.
 
Est-ce une mission réaliste ?
 
Il est très difficile de dire si elle y arrivera. Elle a les moyens : sa population est éveillée et éduquée, avec beaucoup d’expérience politique.
 
Probablement que plusieurs années de déception l’ont laissée un peu abattue; la guerre civile des années 1990 a été un choc terrible puisque c’était une guerre fratricide entre Algériens. Ça les a démoralisés.
 
C’est un anniversaire où il faut prendre en compte le positif des Algériens. Avoir réussi leur indépendance dans ces conditions terribles demeure un moment clé de l’histoire du pays, mais les suites n’ont pas été aussi réussies.

Un pays maintes fois secoué La guerre d’Algérie (1954-1962) fut un choc frontal entre le colonialisme français et un mouvement d’autodétermination dirigé par le Front de libération nationale. Selon M. Saul, elle a mobilisé l’opinion mondiale contre le colonialisme. De 1999 à 2002, une guerre civile a aussi secoué le pays après un coup d’État organisé par l’armée algérienne.
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PostPosted: Wed 5 Jul - 15:42 (2017)    Post subject: Algérie Reply with quote

Salem Brahimi : "L'islam d'Abdelkader est la négation même de Daech"

VIDÉO-ENTRETIEN. Réalisateur du documentaire "Abdelkader", Salem Brahimi nous plonge dans la vie de cet émir qui interroge les soubresauts actuels de l'islam.

Dans cet entretien accordé au Point Afrique, Salem Brahimi revient sur son documentaire consacré à l'émir Abdelkader. Son intérêt : l'actualité des thèmes qui y sont abordés et à partir desquels Salem Brahimi confie sa vision et les réflexions que lui inspire le personnage dont la vie ne peut manquer de nous ramener aux événements actuels autour de l'islam politique et de la coexistence des religions.

Qui est l'émir Abdelkader ?

D'abord, une figure méconnue et chargée du romantisme nationaliste en Algérie et du romantisme orientaliste en France. Ensuite, un précurseur des luttes débutées le 1er novembre 1954 dans l'histoire officielle algérienne, mais aussi un combattant arabe respecté, que de nombreuses représentations montrent, tout drapé de blanc, et dont les écrits spirituels frapperont les esprits de la France du XIXe siècle.

Une figure double, donc, un totem aussi, auquel le réalisateur algérien Salem Brahimi a tenté de donner une dimension humaine à travers un film passionnant. Ce dernier est une mise en perspective à travers des interviews de spécialistes, une reconstitution aussi de la vie de l'émir avec un élégant habillage en images animées. Ni hagiographique ni en sécheresse narrative froide, Abdelkader est « conté » en arabe dialectal par la voix posée comme méditative d'Amazigh Kateb. Le documentaire est rythmé par l'oud électronique de Mehdi Haddab, creuset mélodieux intemporel et moderne. L'émir, en pointillisme, y apparaît comme une figure complexe et en cela éminemment moderne.

Il naît à La Guetna en 1808 dans un pays sous domination ottomane. Son père, Sidi Muhieddine al-Hassani, en est le muqaddam d'une zaouïa, une confrérie religieuse. Taleb à 8 ans (commentateur autorisé du Coran), hafiz (savant) à 14 ans, Abdelkader aurait pu connaître la vie paisible d'un chef spirituel. Mais les événements en décident autrement. La France chasse les Turcs en 1830 après l'incident diplomatique dit du « coup de l'éventail », tortueuse histoire d'un soufflet qu'aurait donné le dey d'Alger au consul de France. Pour repousser l'envahisseur, le tout jeune Abdelkader devient alors « émir », à la fois chef politique, militaire et spirituel, et livrera à l'armée française une longue guerre de dix-sept ans, entrecoupée de trêves. Dix-sept ans durant lesquels l'intelligence politique de l'émir se cristallisera notamment dans la création d'un début d'État algérien, structuré et mouvant, « la Smala ».

Après sa reddition, Abdelkader se retrouve emprisonné à Amboise, en violation de la promesse qui lui avait été faite d'un exil en terre arabe. Louis Napoléon Bonaparte, arrivé au pouvoir en 1848, l'autorise ensuite à partir vers le « Levant », d'abord en Turquie puis à Damas. Une vie d'études et de recentrement spirituel commence autour de ce qu'il appelle « le grand djihad », la lutte contre soi-même et la quête toujours plus intense de la voie soufie, notamment à travers les enseignements d'Ibn Arabi. À Damas, il se fera le protecteur des minorités chrétienne et juive de la ville, offrant sa maison, mais plus largement sa protection active à 12 000 d'entre eux menacés par des émeutes. Figure militaire, nationale, spirituelle et humaniste, Abdelkader sera aussi à l'origine de réflexions avancées sur le droit de la guerre, notamment sur le sort des prisonniers de guerre, bien avant la 3e convention de Genève de 1929. Le réalisateur algérien Salem Brahimi est intarissable sur le sujet. Pour le Point Afrique, il retrace le voyage de vie de l'émir, un homme à qui « rien de ce qui était humain n'était étranger ».

Le Point Afrique : comment réalise-t-on un documentaire sur une figure si imposante ?

Salem Brahimi : aucun documentaire n'est totalement objectif. Je voulais d'abord ne pas me concentrer sur la seule période algérienne de sa vie, ne pas être prisonnier de son rapport à la France. En parallèle, je travaillais sur une fiction, Maintenant, ils peuvent venir », qui porte sur la décennie noire de l'Algérie et j'ai compris que le vrai vaccin contre l'islamisme n'est pas forcément le discours démocrate, laïque auquel j'adhère aussi. Mais le vrai vaccin est l'émir, car il est enraciné. Il portait un islam sans complexe, revendiqué comme tel, mais qui propose des voies différentes de celles des islamistes. Notre propre histoire porte nos propres solutions enracinées, sereines, de coexistence pacifique, et montre que nous n'avons de leçon d'islam à ne recevoir de personne.

La difficulté est qu'il y a une vraie bataille de la représentation de l'émir, qui en fait soit un surhomme, soit un héros romantique. Je revendique la sérénité. Ne pas surinvestir l'enjeu de la mémoire, ce qu'on voit trop souvent en Algérie où c'est une bataille idéologique. Surinvestir des figues d'homme, comme on a pu le voir après la guerre d'Algérie, dépossède le peuple de ses combats. La figure de l'émir a aussi été récupérée dans une stratégie postcoloniale. En attribuant à une seule personne des mérites, cela permet de déposséder le reste de la communauté de la même honorabilité. Je ne voulais pas entrer dans cette mêlée historique, même dans la perspective de la construction d'un récit national. Ma génération – je suis né 10 ans après l'indépendance – veut redéfinir en paix ses enjeux mémoriels. Enfin, je ne voulais pas imposer ma vision, mais stimuler l'imagination de gens pour qu'ils en aient leur propre vision, en ajoutant de l'animé par exemple.

Ambiguïté ?


Salem Brahimi : "L'islam d'Abdelkader est la négation même de Daech" - Page 2
VIDÉO-ENTRETIEN. Réalisateur du documentaire "Abdelkader", Salem Brahimi nous plonge dans la vie de cet émir qui interroge les soubresauts actuels de l'islam. - Page 2
Propos recueillis par Hassina Mechaï

Comment navigue-t-on alors entre les écueils de l'hagiographie, de la légende et du pur factuel ?

C'est la question que je me suis posée du début à la fin. La réponse trouvée est d'assumer le problème. Amazigh Kateb, qui dit le texte, n'est jamais appelé, par exemple, « narrateur », mais « conteur », « goual ». Ainsi, on a voulu assumer la part de légende avec une voix off poétique. Mais tout ce qui est dit relève de faits historiques. On a travaillé de façon polyphonique, avec des spécialistes de nombreux pays, pour montrer l'universalité de cette figure. Sa contribution à certains événements et valeurs humaines est difficile à contester : de son combat contre la conquête coloniale jusqu'à la protection active des chrétiens de Damas. Nous n'avons trouvé personne pour formuler une critique négative sur le personnage. Il est à la fois démesuré et très humain. Mais il n'a jamais cessé d'être remis en perspective à la lumière de la lumière historique : la guerre d'Algérie qui s'inscrit dans la résistance de l'émir, les principes de guerre de protection énoncés par lui dans un édit de 1842. Or la 3e convention de Genève ne reconnaît le statut du prisonnier de guerre qu'en 1929. Tout cela le rend encore plus visionnaire.

Les Algériens interviewés dans votre film ne connaissent l'émir qu'à la seule lumière de la guerre d'Algérie. Comme une figure anticipatrice. Mais un jeune homme dit : « On ne connaît pas les années 80, les années 50. Comment connaître les années 30 ? » Y a-t-il en Algérie un surinvestissement de la mémoire officielle tout autant qu'une perte de la mémoire historique ?

Les Algériens ne connaissent pas bien l'histoire totale de l'émir. Pour plusieurs raisons. Il est peu enseigné à l'école. Puis, s'il l'est, on se concentre sur la part algérienne de sa vie, son combat contre la France. Enfin, certaines voix ont pu s'élever pour dire qu'il a été un traître car il a passé un accord avec les Français. Mais je pense que c'est hors de propos. Il a combattu pendant dix-sept ans contre la première armée au monde, qui pratiquait terres brûlées, enfumades, crimes de guerre. Puis l'émir était un chef de guerre mais aussi un soufi qui disait en filigrane que la guerre est un devoir mais un devoir qu'on doit faire avec dégoût. Devoir de défense devant l'envahisseur, simplement. Et, comme pour tout devoir, il y a un début et une fin. C'est le petit djihad. Le vrai, le grand djihad, est celui que mène un être humain contre lui-même. L'émir combattant la France est presque l'unique figure retenue en Algérie. C'est effectivement un moment essentiel de sa vie, mais ce n'est pas le seul.

© DR


Les spécialistes qui interviennent sont algériens, français mais aussi anglo-saxons, turcs, autres. Est-ce un choix délibéré pour sortir de la seule dimension France-Algérie ou est-ce que, parce que l'émir est une telle figure, il a une dimension internationale ?

C'est un peu pour ces deux raisons. On aurait pu faire un film avec de seuls spécialistes algériens. Mais je voulais une polyphonie pour donner un sens universel sans avoir à le dire. Les spécialistes d'autres pays ne sont pas dans le passif franco-algérien. Cela décomplexait. L'universel, finalement, est de prendre une part de soi et de la mettre dans l'équation mondiale, de voir que cela résonne. Les Algériens n'ont pas l'habitude de s'aimer ainsi, de voir qu'il y a une Algérie universelle. En France, à la lumière du terrorisme, le film a acquis une autre dimension. Des professeurs nous ont dit, lors des projections, que ce genre de film est un outil pour parler aux élèves, montrer que les valeurs de la République peuvent coexister avec une dimension autre de l'islam, celle que portait l'émir.

Avez-vous donc trouvé des résonnances actuelles dans la réception du film ?

Oui. Par exemple, que se passe-t-il quand l'émir débarque en France, après la capitulation et son exil ? Il vient avec une suite importante. Que faire de leurs morts en terre chrétienne ? C'est une question à laquelle la France a dû déjà répondre au XIXe siècle. Celle de la présence de « l'autre », porteur d'une autre religion. Cela remet en perspective les questions actuelles. Car il me semble qu'il y a un problème objectif avec l'islam en France. Non pas dans l'islam en soi mais dans la façon dont sont acceptés les musulmans de France. Plus largement, la proposition spirituelle de l'émir est un garde-fou immédiat à l'islam salafiste. L'émir n'est pas tiède en matière de religion, il est rigoriste. Mais il pose sur les prisonniers, le chrétien, le juif, un regard qui est la négation même de Daech ou de ce qu'était le GIA en Algérie. Sa proposition spirituelle est très actuelle.

N'est-il pas en cela caractéristique d'un islam du Maghreb, ensourcé dans cette terre, tout en se revendiquant d'une « oumma » plus large ?

Je n'ai aucun problème avec une Algérie qui a développé sa propre forme d'islam, qui dessine un univers religieux et social propre. Si l'islam politique en Algérie était alors issu de cela, je serais honoré de ne pas être d'accord tout en le respectant. Ce qui est terrible est quand se développe un islam d'importation, qui est adossé à des pratiques qui ne viennent pas de chez nous. Des pratiques improvisées dans l'esprit de quelques-uns : l'obsession des barbes, d'habits traditionnels, par exemple le qamis qui est un habit afghan. En quoi le qamis est-il religieux et algérien ? C'est une simple référence à la mythologie des djihadistes afghans.

Vous dites qu'il a été un « homme de l'entre-deux ». En quoi l'a-t-il été ? Plus largement, le soufisme a-t-il été sa matrice spirituelle ?

C'est de la conjecture, mais je le vois comme son logiciel de base : concilier la chose et son contraire. Je pense que cela permet de mettre en cohérence les actions de l'émir. Mais je n'impose rien. Beaucoup de ses talents politiques viennent de son éthique de soufi et de la discipline intellectuelle qui en découle. Une grande partie du parcours soufi consiste à se libérer de la dictature des apparences. Une vision du monde en est créée. Concilier guerre et paix, l'autre et soi. Sortir de la binarité. Chaque chose a sa place et a sa cohérence. De là découlent des conséquences politiques. Il a pu gérer la gestion matérielle de la guerre, repousser un envahisseur, sans céder à la passion de la guerre, à la haine de l'ennemi. Il a été un homme spirituel et, en même temps, un immense stratège

L'émir s'est-il adapté aux événements ou lui ont-ils été imposés ?

Lui-même disait : « Les événements m'ont fait bien plus que je n'ai fait les événements. » Il était parti pour avoir une vie enracinée dans la zaouïa fondée par son père. Mais la France arrive. Là où il a su faire, c'est qu'il s'est toujours hissé à la hauteur des événements pour les reconfigurer. De façon inattendue. Reconfigurer la guerre en acte de protection des prisonniers. Reconfigurer la conquête française pour créer un État algérien. Par exemple, quand il est en exil à Amboise, on lui propose un arrangement qu'il refuse. Il va vers un emprisonnement de lui et des siens, mais le transforme à son avantage. Ce sera pour lui d'une période d'ascèse et de recentrement spirituel après dix-sept ans de guerre. Il emprisonne son geôlier en refusant de renier sa parole donnée. Son message est finalement que, et c'est en cela qu'il m'intéresse comme citoyen arabe, quelle que soit l'équation donnée, on peut choisir d'être autre chose. On peut toujours choisir. On n'est pas condamné. Le monde arabe a aujourd'hui une vision de lui-même pessimiste. Mais on peut choisir de se définir, d'agir autrement. L'émir a pu choisir de ne pas brûler, tuer, répondre à l'ennemi avec les mêmes actes. Il a dépassé cela en inventant un début de droit de la guerre, de droits humains.

Vous développez, à travers des archives écrites, l'aspect très violent de la conquête, les enfumades, le général Bugeaud dont la stratégie de la terre brûlée a choqué les populations algériennes de l'époque. Cela résonne avec des débats contemporains aussi…

Je pense que la seule repentance qui vaille est la repentance sincère. Sans aspect politique qui ne serait qu'un marchandage. Mais, au fond, je n'aime pas le terme de repentance. Il y a dans ce terme une idée d'autoflagellation. Il faut que cela reste serein, sans humiliation. Ce qu'il y a eu lieu pendant la conquête de l'Algérie a été a minima des crimes de guerre. Il faut clore enfin cela. Le choix a été fait en 1967 de tout amnistier. Mais amnistie ne vaut pas oubli. La mémoire du mal qui a été fait à l'Algérie demeure. Ni oubli ni réinvention de l'histoire. On a quand même eu un candidat, François Fillon, qui a parlé de « partage de cultures ». Ce qui revient au colonialisme de base, des « lumières de la civilisation ». Or il faut revenir aux textes : le général Bugeaud qui dit à l'Assemblée, en parlant des Arabes, « Si nécessaire, tuez-les jusqu'aux derniers. » Le maréchal de Saint-Arnaud qui enfume femmes et enfants. L'acte fondateur de la conquête de l'Algérie a été barbare. La phrase d'Emmanuel Macron sur le « crime de l'humanité » est intéressante par l'agitation qu'elle a provoquée. Les tensions sont encore là, rien n'est éteint. Mais Emmanuel Macron est d'une autre génération, cela est aussi intéressant, car il semble décomplexé sur cette question.

L'émir s'inscrit-il aussi dans la question actuelle du monde arabe et des Printemps arabes ?

Il me semble qu'il y a là une résonnance absolue. Le Printemps arabe est devenu une marque ombrelle que chacun revendique. Mais le fait que différentes populations aient aussi inscrit leurs révolutions dans cette marque montre l'émergence d'une espèce de conscience panarabe, en rien nassérienne, mais autre. Chacun a pu se reconnaître dans l'autre, s'en inspirer. L'épopée de l'émir est une épopée éminemment panarabe dans un contexte colonial. Beaucoup d'éléments résonnent dans la région arabe : son rapport à la poésie, qui est typiquement arabe. Son islamité. Son destin moyen-oriental. Les questions qu'il pose indirectement, par son action, aux Ottomans qui réforment sous la pression des Occidentaux. La Syrie de l'époque connaît la même configuration qu'actuellement : une guerre avec l'implication d'acteurs régionaux et internationaux. Des acteurs prêts à faire valoir leurs intérêts jusqu'au dernier Syrien, avec comme dommage collatéral ce même peuple. L'émir a, au nom même de l'islam, choisi une autre voie et mis tout le monde face à ses responsabilités : il s'est opposé à l'Empire ottoman qui avait laissé faire le massacre de chrétiens et de juifs en 1860 et à la prétention de la France d'être le protecteur unique des chrétiens d'Orient. Au nom de l'islam, justement.
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PostPosted: Thu 6 Jul - 15:44 (2017)    Post subject: Algérie Reply with quote

Algérie : Bouteflika presse Paris de reconnaître « les souffrances d’hier » liées à la colonisation

A l’occasion des cinquante-cinq ans de l’indépendance, Alger a de nouveau exigé de la France de faire face aux « vérités de l’Histoire ».


 

Le président algérien Abdelaziz Bouteflika, à Alger, le 28 avril 2014.
Le président algérien Abdelaziz Bouteflika a de nouveau demandé à la France d’admettre officiellement les « souffrances » infligées au peuple algérien sous la colonisation, dans un message à l’occasion des cinquante-cinq ans, mercredi 5 juillet, de l’indépendance de l’Algérie.

« Notre peuple exige toujours une reconnaissance de ses souffrances de la part du colonisateur d’hier, la France », a affirmé M. Bouteflika dans ce message diffusé par l’agence de presse officielle APS. « Le partenariat d’exception », dont l’Algérie et la France ont engagé la construction depuis la visite à Alger fin 2012 du président français François Hollande, « gagnera en sérénité et en élan dans une reconnaissance des vérités de l’Histoire », a poursuivi le chef de l’Etat algérien.
Des blessures toujours pas cicatrisées

L’Algérie a par le passé réclamé que la France reconnaisse officiellement ses « crimes » commis dans le pays et s’en excuse, après cent trente-deux ans de colonisation française et une guerre d’indépendance sanglante qui ont laissé des blessures toujours pas cicatrisées.

Cette question a été rarement soulevée ces dernières années, notamment depuis que le président Hollande avait, le 20 décembre 2012, solennellement reconnu devant le Parlement algérien « les souffrances » infligées par « la colonisation française », sans toutefois formuler d’excuses ou de repentance.


Les relations – compliquées et passionnelles – entre Paris et Alger s’étaient alors réchauffées, après avoir été longtemps plombées par un article d’une loi française votée en 2005, mentionnant « le rôle positif de la colonisation ». M. Bouteflika avait vu dans cette loi une « cécité mentale confinant au négationnisme et au révisionnisme » et exigé une « repentance » de la France.

En 2006, malgré l’abrogation de cet article, il avait réclamé des « excuses publiques et solennelles » de la France pour « le crime de colonialisme » comme préalable à la signature d’un accord d’amitié entre les deux pays, finalement abandonné.
« Ami de l’Algérie »

Cette nouvelle demande d’Alger intervient peu après l’élection à la présidence française d’Emmanuel Macron, qui souhaite renforcer le « partenariat d’exception » avec Alger et est attendu en visite à Alger à une date non encore précisée.

Encore candidat, M. Macron – qualifié par M. Bouteflika d’« ami de l’Algérie » – avait, à Alger, qualifié la colonisation française en Algérie (1830-1962) de « crime contre l’humanité ».


Mercredi 5 juillet, M. Bouteflika, diminué physiquement depuis un accident vasculaire cérébral (AVC) en 2013, a fait une rare apparition publique en se recueillant, assis dans un fauteuil roulant, à la mémoire des martyrs de la guerre d’indépendance (1954-1962), dans un cimetière de la banlieue est d’Alger, selon des images diffusées par la télévision d’Etat.

A la tête du pays depuis 1999, M. Bouteflika, 80 ans, a été réélu en 2014 pour un quatrième mandat. Depuis son AVC, son état de santé fait l’objet de nombreuses spéculations et il ne fait que de brèves et rares apparitions à la télévision d’Etat

En savoir plus sur
http://www.lemonde.fr/afrique/article/2017/07/06/algerie-bouteflika-presse-…
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PostPosted: Mon 17 Jul - 15:35 (2017)    Post subject: Algérie Reply with quote

Saïd Bouteflika a besoin du soutien de Paris pour succéder à son frère. Que propose-t-il pour l’obtenir ?


Avec le régime algérien, rien n’est simple et rien ne doit être pris au premier degré. Y compris ses folles exigences de repentance. Ainsi, le 5 juillet 2017, quand, à l’occasion de la fête nationale, sourd, muet et quasi paralysé,  le président Abdelaziz Bouteflika publie un message diffusé par l’agence officielle APS dans lequel « il » écrit : « Notre peuple exige (je souligne) toujours une reconnaissance de ses souffrances de la part du colonisateur d’hier, la France »[1].
Au-delà de cet exercice de style incantatoire, mécanique et convenu, passons à l’essentiel du message. Ceux qui tiennent la main du président Bouteflika s’y adressent plus aux Français qu’aux Algériens. Un paradoxe le jour de la fête nationale algérienne…. Après avoir insulté la France, voilà qu’ils y affichent une claire intention d’établir avec elle des rapports enfin apaisés à travers « un partenariat d’exception qui se doit d’être mutuellement bénéfique ».
« Mutuellement bénéfique » signifiant donnant-donnant, que demande donc le clan Bouteflika aux abois ? Tout simplement qu’Emmanuel Macron entérine la succession « à la cubaine » qu’il prépare, Saïd Bouteflika prenant alors la place de son frère Abdelaziz. En échange de cet aval français qui ouvrirait la voie à une reconnaissance internationale, les services algériens « aideraient » Paris dans un dossier malien de plus en plus pesant, mais dont ils connaissent intimement certains des principaux acteurs…

Explications :

:alger:
 

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PostPosted: Mon 17 Jul - 16:22 (2017)    Post subject: Algérie Reply with quote

Algérie : Slimane Bouhafs bénéficie d’une réduction de peine





À l’occasion de la fête nationale algérienne, célébrée le 5 juillet dernier, le chrétien Slimane Bouhafs a bénéficié d’une réduction de peine par décret présidentiel. Condamné à 6 ans de prison en première instance le 7 août 2016 pour « blasphème » contre l’islam et Mahomet, Slimane Bouhafs avait vu sa peine réduite à 3 ans le 6 septembre 2016. Le décret présidentiel réduit son temps de détention à 16 mois. Compte tenu du temps de détention déjà accompli, Slimane Bouhafs n’aurait plus que 9 mois à passer en prison, mais en raison de son état de santé sa famille a demandé une mise en liberté immédiate. Cette dernière devrait être étudiée le 18 juillet prochain.

Source : Middle East Concern, 13 juillet
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PostPosted: Thu 19 Oct - 14:32 (2017)    Post subject: Algérie Reply with quote

Du nouveau sur le 17 octobre 1961. Par Gilles Manceron
 
Le général de Gaulle et son Premier ministre Michel Debré. Photo DR
16 octobre 2017
Les historiens ont longtemps considéré comme une « énigme » la violence de la répression d’octobre 1961. Pierre Vidal-Naquet, en 2000, la plaçait « parmi les énigmes les plus étranges que pose à l’historien et à l’honnête homme la guerre d’Algérie ». Il pointait que c’est justement, après l’ouverture, le 20 mai 1961, des négociations d’Évian entre le gouvernement français et le FLN, quand chacun savait que la guerre allait se terminer par l’indépendance de l’Algérie, que cette guerre « atteint à Paris son pic de violence[1] ».
Les hypothèses exprimées à ce sujet par Jean-Luc Einaudi m’avaient déjà conduit en 2011, dans Le 17 octobre des Algériens. La triple occultation d’un massacre[2], à avancer que la solution de cette énigme résidait dans l’existence au sein même du gouvernement du désaccord du premier ministre, Michel Debré, avec la politique algérienne du général de Gaulle.
Debré n’avait plus aucune prise sur le dossier algérien et conservait la responsabilité du maintien de l’ordre en France, et, quand, en août 1961, suite aux concessions du président sur la question du Sahara, un accord avec le FLN devenait rapidement possible, il s’est agi pour lui de lancer, a contrario de la politique de sortie du conflit choisie par le Général, une guerre à outrance contre la fédération de France du FLN. Un ensemble d’indices conduisaient à cette explication. Mais, en 2017, les notes de Louis Terrenoire, l’un des ministres qui soutenaient totalement la politique du général de Gaulle pour la reconnaissance de l’indépendance de l’Algérie, publiées dans un ouvrage émouvant de sa fille, Marie-Odile Terrenoire, Voyage intime au milieu de mémoires à vif. Le 17 octobre 1961[3], confirment ces présomptions, et, on peut le dire, délivrent, pour de bon, la clé de cette énigme.   
Louis Terrenoire, en tant que ministre de l’information depuis le 5 février 1960, prenait régulièrement des notes au conseil des ministres, et, de surcroît, comme il avait pris l’habitude de le faire depuis 1947, tenait un Journal où il laissait libre cours à ses réflexions personnelles. Né en 1899, hostile en 1938 aux accords de Munich, il était entré en clandestinité après l’armistice de juin 1940, avait été secrétaire du Conseil national de la Résistance (CNR), puis arrêté et torturé par la Gestapo (il y perdit un œil), il fut déporté dans le camp de Kempten, dépendant de Dachau. Il a raconté comment « gaullistes, chrétiens, communistes et inclassables » y avaient réussi à constituer « un front uni face à la pire adversité[4] ». C’est là qu’il a connu Edmond Michelet, chrétien comme lui, qui restera son ami. Comme Michelet, il partageait pleinement le choix du général de Gaulle, annoncé en septembre 1959, un an après son élection comme président de la République, de mettre fin à la guerre d’Algérie par l’« autodétermination ».
Pour le premier président du GPRA, Ferhat Abbas : « À partir de l’offre d’autodétermination par le chef de l’État français, le problème algérien est virtuellement réglé. Dès lors que le général de Gaulle, au nom de la France, reconnaît aux Algériens le libre choix de leur destin, il admet par là même leur droit à l’indépendance[5]. » De Gaulle avait précisé son choix dans sa conférence de presse du 4 novembre 1960 où il a parlé d’une « République algérienne » et de négociations avec le FLN, puis dans celle du 11 avril 1961 où il a dit que la « République algérienne » serait un État « souverain au-dedans et au-dehors ».
Louis Terrenoire savait que ce choix était ancien : « C’est le 18 mai 1955 que le général me parla, pour la première fois, de l’avenir de l’Algérie. “Nous sommes en présence, me dit-il, d’un mouvement général dans le monde, d’une vague qui emportera les peuples vers l’émancipation. Il y a des imbéciles qui ne veulent pas le comprendre ; ce n’est pas la peine de leur en parler[6] » Il cite en exergue de son livre De Gaulle et l’Algérie, témoignage pour l’histoire, cette phrase du Général d’avril 1955 à l’écrivain algérien Jean Amrouche : « L’Algérie sera émancipée. Ce sera long. Il y aura de la casse. Beaucoup de casse. Vous aurez beaucoup à souffrir. Quant à moi, je ne parlerai que le jour où je serai en situation de faire ce que j’aurai dit. » Quand de Gaulle a annoncé en septembre 1959 sa politique algérienne, Terrenoire a applaudi : « La proposition d’autodétermination était saluée par le monde comme un acte de grand courage, qui ramenait la France sur la voie, tracée jadis par elle, du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. » Il a déclaré le 20 novembre 1960 à Alençon : « Un immense mouvement de décolonisation a commencé à travers l’univers que rien ni personne n’a le pouvoir d’arrêter » et le Général l’en a félicité et lui a dit que cela traduisait sa propre pensée. Au moment du putsch des généraux, Terrenoire a écrit qu’on assistait « au sursaut d’un colonialisme menacé par l’émancipation d’un peuple dominé. »
Après l’échec du putsch d’Alger, l’ouverture des négociations entre la France et le GPRA à Évian annonçaient la fin de la guerre. Mohammed Harbi, qui présidait la commission d’experts auprès du GPRA, écrit dans ses Mémoires : « Plus que le cessez-le-feu ou la proclamation de l’indépendance, l’arrivée à Genève ce 18 mai 1961 fut l’un des plus beaux jours de ma vie. Nous étions arrivés à bon port[7]. » Dès lors, des délégués du FLN discutaient ouvertement, sur le territoire français, avec des représentants officiels de la France, des militaires français étaient chargés de leur protection pour qu’ils ne soient pas pris pour cible par les ultras de l’OAS. Le cessez-le-feu unilatéral d’un mois que la France avait proclamé, de Gaulle décida, contre son avis de premier ministre, dira Michel Debré[8], de le prolonger jusqu’au 2 août.
Debré, qui avait soutenu l’arrivée au pouvoir du Général en 1958 en pensant qu’il défendrait jusqu’au bout l’Algérie française, n’était pas favorable à sa politique algérienne, approuvée pourtant par la grande majorité des opinions françaises et algériennes. Après de premières divergences dès la fin de l’année 1959, ce fut un net désaccord à la fin de 1960, aggravé par la décision du Général d’accepter, en août 1961, la souveraineté algérienne sur le Sahara. Debré lui a présenté le 18 août sa démission, qu’il a refusée. Il lui avait retiré la responsabilité du dossier algérien en créant, en février 1960, un Comité des affaires algériennes qu’il présidait lui-même, puis en attribuant ce dossier en novembre à Louis Joxe, ministre d’État aux Affaires algériennes, sous son autorité directe. Mais, lors de la création du Comité des affaires algériennes, Michel Debré lui avait demandé de préciser que le maintien de l’ordre en France resterait sous sa responsabilité. En 1960 et 1961, il a organisé plusieurs conseils restreints de sécurité à Matignon qui ont mis en œuvre sous son autorité divers dispositifs dans la région parisienne en s’appuyant sur le préfet de police, Maurice Papon.
De Gaulle, qui était la cible en 1961 de tentatives d’assassinats venant de l’OAS et aux prises avec une opposition « Algérie française » au sein même de sa majorité, savait son premier ministre en désaccord avec lui mais, ne voulant pas qu’il le quitte avant la signature des accords, il a du se résoudre à lui faire d’importantes concessions. Il a cédé, le 6 mai 2001, à sa demande de remplacer le ministre de l’Intérieur, Pierre Chatenet, ancien conseiller de Pierre Mendès-France, qui désapprouvait les méthodes du préfet de police : « Je sens l’insuffisance de Chatenet en ce qui concerne la police », écrivait Debré en décembre au général de Gaulle[9]. Il avait obtenu son remplacement — au prétexte de sa mauvaise santé… —, par Roger Frey, ancien responsable du RPF, proche de Jacques Soustelle, qui partageait son hostilité à l’indépendance algérienne. Et, le 23 août 1961, il obtient le départ du ministre de la Justice, Edmond Michelet.


 
L’éviction d’Edmond Michelet
Michelet, du même âge que Terrenoire, s’était engagé dans la Résistance dès juin 1940 et investi particulièrement dans l’aide aux Juifs et aux réfugiés allemands antinazis. Arrêté en 1943 et déporté, il a poursuivi son combat au camp de Dachau. Dès 1957, il rejetait l’idée d’intégration de l’Algérie à la France et affirmait l’existence de deux peuples, français et algérien. Nommé ministre de la Justice en 1959, il était fondamentalement hostile, comme proche de Témoignage chrétien et ancien résistant déporté, à l’usage de la torture et refusait la répression injuste des Algériens favorables à l’indépendance. Soutenue par sa directrice de l’administration pénitentiaire, Simone Weil, il avait accepté que les détenus du FLN sortent du statut de « droit commun » et obtenu qu’aucune exécution capitale n’ait plus lieu. Et il avait pris des mesures améliorant leurs conditions de détention, avec l’accord du Général, mais en cachette de Matignon qu’elles scandalisaient.
Debré écrivait en décembre 1959 à Michelet : « Les lieux de détention deviennent des camps de repos et surtout des camps de propagande[10] » ; plus tard : « Je rougis de honte devant l’absence de discipline des établissements pénitentiaires[11]. » Nulle absence de discipline, en réalité, mais Michelet laissait délibérément le FLN organiser la vie dans les camps et les prisons. Michel Debré avait fait mettre sur écoute les membres de son cabinet et l’avait obligé à se débarrasser, au printemps 1960, de deux d’entre eux.
Il lui reprochait de « protéger » Paul Teitgen, qui avait dénoncé la torture et les exécutions sommaires lors de la Bataille d’Alger ; de refuser de poursuivre Simone de Beauvoir pour une « libre opinion » publiée dans Le Monde du 2 juin 1960, de ne pas prendre de sanctions contre Gisèle Halimi pour avoir aussi publié un « article scandaleux », ni contre les autres « avocats félons » qui défendaient les militants du FLN. Louis Terrenoire écrit que Bernard Chenot prendra, selon les vœux de Michel Debré, « le contre-pied des positions d’Edmond Michelet[12] ». Une fois son départ obtenu, dès le début de septembre 1961, la répression extrajudiciaire et les violences orchestrées par Maurice Papon ont pu se donner libre cours, avec une censure croissante de l’information et l’assurance que les plaintes déposées par des Algériens seraient enterrées.
Le directeur du Monde, Hubert Beuve-Méry, a écrit ne pas comprendre pourquoi de Gaulle avait écarté Michelet, « tout dévoué à ses idées, pour le remplacer par M. Chenot, plus docile, lui, aux instructions de M. Debré » et pourquoi il tolérait « à de très hauts postes et jusque dans son entourage immédiat, des hommes qui trahissaient ou sabotaient sa politique[13] ». Louis Terrenoire raconte dans son Journal que Michelet lui a dit, le 23 août 1961, « Michel Debré a eu ma peau… » et que Maurice Papon s’est félicité de son départ et s’est même vanté d’y avoir contribué. Debré avait demandé aussi le départ de Louis Terrenoire, mais de Gaulle s’en est tiré en lui enlevant la charge de ministre de l’information tout en le gardant au gouvernement comme ministre délégué auprès du premier ministre et comme son porte-parole personnel.
Dès le départ d’Edmond Michelet, le 23 août 1961, Maurice Papon a pu organiser la guerre contre la fédération de France du FLN et les immigrés algériens qui la soutenaient très majoritairement, en la présentant comme un simple maintien de l’ordre face à une supposée reprise des attentats algériens. Il a adressé le 5 septembre une directive demandant de « reprendre fermement l’offensive dans tous les secteurs » contre la fédération de France du FLN, en raflant les Algériens « indésirables » et en organisant des expulsions massives vers l’Algérie. Il a fait revenir dans Paris la Force de police auxiliaire et en a implanté des unités à Aubervilliers et Nanterre, d’où elles pouvaient faire des expéditions meurtrières dans les communes de banlieue environnantes. Une brigade spéciale a multiplié les raids de nuit dans les bidonvilles, démolissant des maisons et jetant des familles à la rue. D’autres équipes para-policières, sortes d’ « escadrons de la mort », ont mitraillé des cafés et des hôtels fréquentés par des Algériens, la préfecture de police attribuant cela à des attentats du FLN, informations reproduites telles quelles sur la radio publique et dans la presse, y compris dans un quotidien comme Le Monde… Suite à un conseil interministériel réuni par le premier ministre le 5 octobre, la préfecture, a envoyé un ordre du jour à tous ses services instaurant un « couvre-feu » et une « interdiction » de circuler après 20h pour les « Français musulmans algériens ». Et quand les Algériens, hommes, femmes et adolescents, sont néanmoins sortis simplement, désarmés dans les rues de Paris, le 17 octobre, à l’appel de la fédération de France du FLN, ils ont été réprimés avec une violence inouïe.

 
Marie-Odile Terrenoire raconte dans son livre que, quand elle a entendu, en 2011, qualifier cette répression de « crime d’Etat », sachant que son père était alors ministre et ayant une haute idée de son anticolonialisme, elle en a été profondément choquée. Elle se souvenait, par exemple, avoir constaté l’amitié de Louis Terrenoire, au lendemain de la guerre d’Algérie, avec une journaliste de Révolution africaine, organe du FLN, ainsi qu’avec Denise Barrat, la femme de Robert Barrat, le journaliste et militant catholique auteur des premiers reportages sur les maquis de l’ALN.  
Pour en savoir plus, elle s’est lancée dans la lecture d’ouvrages sur le 17 octobre, dont ceux de Jean-Luc Einaudi qu’elle a trouvé honnêtes et scrupuleux. Elle relève notamment qu’il avait recueilli les témoignages de Joseph Rovan et Gaston Gosselin, les deux membres du cabinet d’Edmond Michelet dont Michel Debré avait exigé le départ avant même d’avoir obtenu celui du ministre. D’autres travaux lui ont semblé plus contestables car ils envisagent, sans aucune preuve ni indice, une volonté de répression émanant du chef de l’Etat dont on ne trouve aucune trace dans les écrits laissés par son père. Ceux-ci reviennent à de nombreuses reprises, en revanche, sur la coupure au sein du gouvernement entre ceux qui soutenaient la volonté du Général de reconnaître l’indépendance de l’Algérie et ceux qui étaient en désaccord avec lui. Il en ressort que la répression de septembre et octobre 1961 contre l’immigration algérienne ne relevait en rien d’une volonté du chef de l’Etat, préoccupé, comme le GPRA, à mener à terme les négociations. Il était, au contraire, à la recherche d’une forme de réconciliation avec les nationalistes algériens, de l’établissement de rapports de confiance avec eux, pour construire ensemble la transition la plus pacifique possible vers une indépendance algérienne compatible avec de bonnes relations future avec la France.
La terrible répression contre des civils de septembre et octobre 1961 résulte bien d’une tentative de peser indirectement sur l’issue de la guerre en empêchant l’issue voulue par le chef de l’Etat. Pour éviter que les négociations ne débouchent sur une indépendance de l’ensemble de l’Algérie, et pour l’obliger à envisager sa partition, avec une enclave côtière où seraient regroupés les Européens. Louis Terrenoire rapporte comment de Gaulle a écarté cette option, défendue notamment par Valéry Giscard d’Estaing, secrétaire d’Etat au finances. Elle était aussi portée par le député Alain Peyrefitte, qui l’a développée dans une série de quatre articles publiés dans Le Monde jusqu’au 2 octobre 1961, intitulée « Pour sortir de l’impasse algérienne ». Et dans son livre Faut-il partager l’Algérie ?, financé par Michel Debré et publié peu après chez l’éditeur Plon, dans la collection « Tribune libre ».
Le directeur de cabinet du Premier ministre, Pierre Racine, a rapporté qu’il lui avait remis 800 000 anciens francs sur les fonds du Premier ministre en le chargeant de financer cette édition[14]. C’est bien le premier ministre qui, pour tenter d’empêcher une issue rapide des négociations et essayer de provoquer une partition de l’Algérie, a décidé, en s’appuyant sur Roger Frey et Maurice Papon, et avec l’assurance d’avoir un ministre de la Justice à ses ordres, de déclencher une guerre à outrance contre le FLN et les Algériens de France. Si le général de Gaulle et les hommes politiques qui le soutenaient, comme Edmond Michelet, Louis Terrenoire, Louis Joxe et d’autres, ont une responsabilité dans ce drame, ce ne peut être que dans le silence qui a recouvert un massacre que d’autres avaient voulu et organisé. Dans ce crime d’Etat, il faut probablement distinguer entre ses auteurs et ceux qui en ont été, d’une manière ou d’une autre, les complices par leur silence, qu’ils soient au gouvernement de la France ou dans les principales forces politiques d’opposition du pays qui, à des degrés divers, n’ont rien fait, ou presque rien fait, pour dire et dénoncer le massacre. Leur préoccupation principale, il est vrai, était la fin du conflit. Seuls le PSU, des mouvements étudiants anticolonialistes et des intellectuels ont manifesté.
De ce point de vue, le film d’artiste qui accompagne cet article, 17 octobre 2011, « cinquante ans après je suis là », d’Ariane Tillenon, commence par un témoignage troublant, celui de Georges Azenstarck, photographe à l’époque à l’Humanité, qui montre les photos d’un amas de cadavres de l’autre côté du boulevard, qu’il a prises alors du balcon du 3e étage de l’immeuble du journal et qui en ont ensuite mystérieusement disparu.
Ce film orchestre des images de la marche de la fraternité organisée, en 2011, par de multiples associations, avec le soutien de La Parole errante du dramaturge Armand Gatti, qui avait confectionné pour elles quelque 200 silhouettes que les participants ont brandies. Des personnes de toute origine ont marché ensemble. Des Français de famille algérienne ont arboré fièrement le drapeau de la lutte pour la liberté de l’Algérie, et, de l’autre main, celui d’une France qui regarde en face son passé. Le générique remercie notamment un membre de l’équipe de La Parole errante qui a réalisé les silhouettes, Denis Joxe, fils du ministre de l’époque, disparu trop tôt pour voir ces images. Dans le recueillement, les chants et la joie, elles témoignent de ce que, irrémédiablement, malgré le mensonge et le déni de ceux qui ont commis ou dissimulé ce crime, la mémoire de cet événement a ressurgi, et on n’arrêtera pas son retour.
NOTES
[1] Pierre Vidal-Naquet, « Alger-Paris-Alger », préface à la réédition en 2000 de Paulette Péju, Ratonnades à Paris, précédé de Les harkis à Paris, La Découverte/Poche.
[2] Marcel et Paulette Péju, Le 17 octobre des Algériens, préface de Gilles Manceron, suivi de La triple occultation d’un massacre, par Gilles Manceron, La Découverte, 2011.
[3] Marie-Odile Terrenoire, Voyage intime au milieu de mémoires à vif. Le 17 octobre 1961, éditions Recherches, 2017.
[4] Louis Terrenoire, Sursitaires de la mort lente. Chrétiens et communistes organisent une opération survie dans un camp nazi, Seghers, 1976.
[5] Ferhat Abbas, Autopsie d’une guerre, Garnier, Paris, 1980.
[6] Louis Terrenoire, De Gaulle et l’Algérie, témoignage pour l’histoire, Fayard, 1964.
[7] Mohammed Harbi, Une vie debout. Mémoires politiques, tome 1 : 1945-1962, La Découverte, 2001.
[8] Michel Debré, Trois républiques pour une France. Mémoires, tome 3, Gouverner, 1958-1962, Albin Michel, 1988.
[9] Jean-Marc Berlière, « Un maintien de l’ordre entre naufrage des principes démocratiques et faillite de l’État ? », in Serge Berstein, Pierre Milza et Jean-François Sirinelli (dir.), Michel Debré, Premier ministre, 1959-1962, PUF, 2005.
[10] Lettre de Michel Debré à Edmond Michelet, 4 décembre 1959, in Michel Debré et l’Algérie, actes du colloque éponyme, Éditions Champs-Élysées, Paris, 2007.
[11] Lettre de Michel Debré à Edmond Michelet, 23 août 1960, ibid.
[12] Louis Terrenoire, Edmond Michelet, mon ami, Nouvelle Cité, 1992.
[13] Lettre d’Hubert Beuve-Méry à Jean Bruzel, 28 décembre 1961.
[14] Michel Debré et l’Algérie, actes du colloque éponyme.
Source : Le blog de Gilles Manceron
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PostPosted: Thu 26 Oct - 11:16 (2017)    Post subject: Algérie Reply with quote

L’islamisme s’empare de l’université



Des campagnes de «hidjabisation» et de «kamissisation» sont organisées de temps à autre ; des organisations estudiantines aux relents islamistes font la loi dans les campus et s’arrogent les prorogatives des gardiens de la morale et des bonnes mœurs.

Ils sont aidés par les chaînes de télévision à travers des reportages et des télé-prêches de prédicateurs de tout bord. Enfin, l’administration a fini par céder et à traduire ces appels par les faits. Les débats autour de l’université tournent désormais autour des «chiffons» en lieu et place de la probité intellectuelle et des questions de savoir et de la qualité de l’enseignement.

Cet ogre dormant nommé «islamisme» ou qualifié par certains de «conservatisme» menace désormais nos universités qui risquent de devenir des arènes violentes entre «les radicalistes» d’un côté et les «progressiste» de l’autre, loin du débat serein, tolérant et objectif. De nombreux observateurs ne cessent de tirer la sonnette d’alarme sur ce danger qui guette nos établissements du supérieur, sans que les autorités ne prennent les mesures nécessaires pour mettre fin à cette inquisition qui ne dit pas son nom.

Au début du mois d’octobre, la directrice de la résidence universitaire pour filles de Fesdis de Batna avait émis une directive instruisant les filles à porter une tenue «décente» et de tenir le «comportement d’une bonne musulmane qui préserve sa foi». Par cette instruction, la directrice transgresse et la Constitution et les lois de la République en toute impunité.

Agents de sécurité ou police religieuse ?

Pour se dédouaner, souvent les directeurs des résidences et les recteurs se cachent derrière de fallacieux prétextes et évoquent des plaintes supposées émanant des agents de sécurité «qui signalent des comportements jugés indécents, voire vulgaires de la part des étudiantes» qui se livrent selon des témoignages de certains directeurs de cités U «au jeu de la séduction». D’autres s’appuient sur des réclamations exprimées par les organisations étudiantes pour mettre fin à ce qu’ils appellent «la dépravation des filles».

Mais surtout, ce sont les agents de sécurité qui imposent leur diktat et leur loi et «harcèlent au quotidien les étudiantes jugées trop libres», accuse de son côté une étudiante, résidente à la cité U de Dély Ibrahim. On se souvient de l’histoire de l’étudiante qui s’est vue refuser l’accès à l’université par un agent de sécurité au fallacieux motif que la jupe portée par celle-ci, alors qu’elle était pourtant accompagnée par son époux, n’était pas admise et ne répondait pas aux «préceptes» prônés par l’agent de sécurité, conforté par ses responsables, dont l’actuel ministre de l’Enseignement supérieur, Tahar Hadjar, à l’époque recteur de l’université Alger 1 avant de se rétracter et demander des excuses deux jours plus tard, soit le jour de sa nomination au gouvernement. A cause d’une histoire d’accoutrement, la pauvre étudiante humiliée a failli ainsi rater toute une année de sa carrière.

Pourtant, le texte du règlement intérieur ne précise aucunement les mensurations, les modèles, les coupes, ainsi que les couleurs… ; en d’autres termes, le code vestimentaire à respecter.

 

Chantage par la famille

Tentant de minimiser la polémique, les responsables assurent que les étudiantes «ne se sentent pas insultées par ces mesures». Or, dans les faits, il s’agit plutôt de la loi de l’omerta. En effet, beaucoup d’entre elles évoquent le chantage exercé par les intendantes qui n’hésitent pas à faire appel à la famille et se trouvent ainsi traitées comme des petites écolières «Pour le moindre refus de céder à leur orientation parfois pas très saine, les intendantes téléphonent à nos parents en inventant des prétextes déshonorants emballés dans un discours moralisateur voire religieux, créant ainsi une crise au sein de la famille», confie une étudiante d’une résidence universitaire d’Alger.

«Certains parents n’hésitent pas un instant à retirer leurs filles des cité universitaires, mettant ainsi fin à leurs études.» Ce climat pourri a été accentué par la diffusion de la chaîne Ennahar TV d’une supposée enquête scandaleuse sur la débauche dans les résidences universitaires, mettant en scène de prétendues étudiantes s’adonnant à l’alcool et la drogue, et d’autres sujettes à des actes de prostitution, créant ainsi une panique sans précédent dans tous les établissements du pays et l’inquiétude des parents.

Cela a donné lieu à une surenchère dont les gardiens de la chasteté et de la morale publique se sont emparée et qui ont vu là une occasion inespérée pour occuper l’espace du savoir et en faire une chasse gardée. Des prêcheurs à la petite semaine s’érigent ainsi en donneurs de leçons et vérificateurs des tenues vestimentaires et du bon comportement du sexe faible. Un terrain dans lequel patauge l’islamisme frustré de ne pouvoir exercer pleinement son pouvoir sur les étudiants.

 

Même les garçons..
.

Dans ce jeu des interdits à coloration religieuse, même les garçons n’y échappent pas. Adel, étudiant en économie, a subi durant une année le diktat de ses voisins de chambre. «mon colocataire a exercé sur moi une pression énorme, aidé pour ce faire par d’autres étudiants et se comportait avec moi en tuteur autoproclamé. Il m’interdisait de fumer, d’écouter de la musique ; il m’obligeait à prier et surveillait mon accoutrement qui, selon lui, ne cadre pas avec les préceptes de l’islam», nous dira-t-il. Ce qui l’a contraint à abandonner sa chambre et se réfugier chez un ami dans une autre cité U.

Le cas le plus emblématique est celui d’Anouar Rahmani, étudiant en droit au centre universitaire de Tipasa et également écrivain, subit lui aussi depuis des années des pressions énormes de la part d’associations étudiantes à cause de ses écrits et de ses opinions jugés anti-musulmans et accusé d’athéisme. Des plaintes ont même été déposées contre lui et des pages Facebook de prétendus étudiants ont appelé les responsables de le révoquer purement et simplement des bancs de l’université.

Et les témoignages ne s’arrêtent pas là puisque certains étudiants parlent même de campagne de «salafisation» au sein des universités, notamment dans les wilayas de l’intérieur du pays. des tracts sont souvent distribués au su et au vu d’une administration parfois complice.

:alger:  
 

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PostPosted: Wed 1 Nov - 13:38 (2017)    Post subject: Algérie Reply with quote

Bousculade, évanouissements et débandade : pourquoi une foule nombreuse s’est rassemblée devant l’Institut Français d’Alger
Par Abdou Semmar -
29/10/2017
Des bousculades, des étudiants et étudiantes qui s’évanouissent, d’autres qui crient ou tentent d’escalader les mûrs




 de l’enceinte de l’Institut Français d’Alger, des policiers dépassés et débordés, ce qui s’est passé aujourd’hui dimanche devant les portes de l’Institut Français d’Alger (IFA) a défrayé la chronique et les images ont choqué l’opinion publique. 
Ces images rappellent tristement celles de ses réfugiés syriens qui supplient les gardes-frontières européens pour qu’ils les autorisent à fouler “la terre promise”. Face aux protestations soulevées par ces images choquantes, les responsables de l’Institut Français d’Alger ont réagi officiellement pour expliquer les raisons de tous ces débordements.
De prime abord, l’Institut Français reconnaît qu’il fait face à une très forte affluence de candidats à l’occasion des inscriptions au Test de Connaissance du Français (TCF). Ces demandes d’inscription ont fortement augmenté cette année. “Ce test rencontre un grand succès car sa réussite est un préalable nécessaire à la procédure de candidature Campus France pour faire des études supérieures en France. En 2016, l’IF a fait passer 20 332 examens TCF à Alger. Ce nombre est en augmentation de 50% et atteindra plus de 30 000 à la fin de l’année 2017”, nous explique ainsi la direction de l’IFA.
L’institut Français a été donc contraint de procéder “à l’augmentation des
capacités de passation de TCF”. Mais il s’agit “d’un effort considérable, consenti au profit des candidats algériens”, ajoute encore la direction de IFA selon laquelle la gestion de l’affluence de candidats a été anticipée à travers la “mise en place un système de pré- inscription (prise de rendez-vous) en ligne”.
Or, ce système se retrouve rapidement saturé car le nombre de jeunes Algériens souhaitant étudier en France est en constante augmentation. La direction de l’IFA parle même d’une “hausse sans précédent”. “Le site internet de prise de rendez-vous a enregistré certains jours plus de 700.000 connexions simultanées, bloquant ainsi la plateforme”, a indiqué la même source.
Pour gérer ces demandes, l’Institut a ainsi dû rouvrir les inscriptions au TCF sans prise
de rendez-vous du dimanche au jeudi de 8h30 à 16h30, à compter du dimanche 29
octobre. Alors qu’il pouvait s’inscrire du dimanche au jeudi toutes les semaines, le public
s’est massivement présenté dimanche 29 octobre au matin aux portes de l’Institut
français. Il s’agissait d’un flux sans précédent.
“Vu l’afflux massif du public, il a fallu, pour la sécurité des candidats et du personnel de
l’Institut français, interrompre les entrées dans l’IF et organiser la sortie des 200
étudiants déjà inscrits”, assure enfin la direction de l’IFA.
l’Institut Français d’Alger fait savoir en dernier lieu que les inscriptions au TCF reprendront
demain (lundi 30 octobre) et toute la semaine de 8h30 à 16h30, par ordre
alphabétique et selon les modalités expliquées par un article précédent d’Algérie part et ce afin “de gérer les flux et éviter les bousculades” conclut notre source.
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PostPosted: Wed 1 Nov - 16:45 (2017)    Post subject: Algérie Reply with quote

Athéisme et homosexualité : Mohamed Aïssa déclare la guerre
Par
Jugurta Nam -
31 octobre 2017 à 14:36
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Athéisme et homosexualité : Mohamed Aïssa déclare la guerre
Athéisme et homosexualité : Mohamed Aïssa déclare la guerre

Le ministre des affaires religieuses et des waqfs, Mohamed Aïssa, a exhorté les imams à redoubler d’efforts pour lutter contre ce qu’il a qualifié d’ « idées étrangères à la société algérienne » et qui menacent selon lui « la cohésion nationale ».

S’exprimant lors d’une rencontre à l’occasion de la célébration du 64eme anniversaire du déclenchement de la guerre de libération nationale, le ministre des affaires religieuses et des waqfs a exhorté les imams à redoubler d’efforts pour lutter contre ce qu’il a qualifié d’ « idées étrangères à la société algérienne », notamment le trafic de drogue, l’homosexualité et l’athéisme. Ainsi, le ministre a déclaré que « des complots se trament de toutes parts pour déstabiliser et déchirer la société algérienne ». « L’imam algérien, de par son expérience, est sollicité par tous les pays du monde » a-t-il déclaré, ajoutant que nombre de pays européens sollicitaient l’envoi d’imams algériens chez eux.

Mohamed Aïssa a, lors de la même rencontre qui s’est déroulé hier, instruit les imams de redoubler d’efforts afin de lutter contre le trafic de drogue, l’athéisme, l’homosexualité et la propagation de groupes religieux comme les Ahmadites et la Karkariya. Le ministre considère ainsi ces phénomènes comme des « fléaux sociaux » qui « menacent la cohésion de la société ». « Il y a des tentatives (pour déstabiliser l’Algérie, ndlr), à l’exemple de l’athéisme et de la propagation inquiétante de l’homosexualité » a-t-il également déclaré, ajoutant que les services de sécurité avaient « récemment arrêté un groupe de personnes qui propageaient l’athéisme et insultaient le prophète sur les réseaux sociaux. Il a été prouvé que ces personnes avaient des liens avec des groupes établis dans des pays étrangers ».

À noter que ces déclarations du ministre des affaires religieuses risquent de susciter à nouveau l’ire des organisations de défense des droits de l’Homme, qui ont déjà plusieurs fois épinglé l’Algérie au sujet des libertés religieuses autres droits fondamentaux.

:alger:
 

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PostPosted: Fri 3 Nov - 14:36 (2017)    Post subject: Algérie Reply with quote

En Algérie, il vaut mieux être musulman. Et sunnite #Religion





Nourredine Bessadi


16 octobre 2017

Topics
Religion

Tags
Mohamed Aïssa, minorités religieuses, Mohamed Fali, liberté de culte, Anouar Rahmani, Rachid Faudil, ahmadis, Slimane Bouhafs, Ghardaïa, Mozabites, ibadites, athées, islam sunnite

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Mohamed Aïssa voulait être le ministre de « toutes les religions ». Mais depuis quelques mois, on assiste à un nouveau raidissement de son institution envers les minorités religieuses dans le pays


Au lendemain de l’indépendance du pays, et dans sa volonté de « réappropriation des attributs de l’identité algérienne », l’islam est adopté en tant que religion d’État.
Les minorités chrétienne et juive qui sont restées durant les premières années de l’indépendance ont peu à peu quitté le pays, essentiellement vers la France. Celles-ci n’entrevoyaient plus d’avenir clair au sein de la nation algérienne naissante, particulièrement suite à l’adoption du très controversé code de la nationalité algérienne de 1963 selon lequel « le mot ‘’algérien’’ en matière de nationalité d’origine s’entend de toute personne dont au moins deux ascendants en ligne paternelle sont nés en Algérie et y jouissaient du statut musulman. »
Quote:

Au début des années 2000, la presse algérienne, surtout arabophone, multiplie les articles offensifs reprochant à l’État algérien de laisser ces groupes se développer et de ne pas « protéger l’islam », pourtant religion de l’État



Après avoir vécu avec le mythe de l’unicité pendant des décennies, les Algérien(ne)s découvrent qu’en Algérie, comme partout dans le monde, la diversité confessionnelle est la règle. Le débat autour de la religion – ou des religions –  fait ainsi son entrée dans la place publique avec son lot de raccourcis et de préjugés, mais aussi de discours haineux, notamment dans la presse écrite et sur les réseaux sociaux.
En effet, depuis au moins une vingtaine d’années, des groupes de convertis au christianisme se sont multipliés en Algérie notamment sous l’influence des églises évangéliques anglo-saxonnes.
Au début des années 2000, la presse algérienne, surtout arabophone, multiplie les articles offensifs reprochant à l’État algérien de laisser ces groupes se développer et de ne pas « protéger l’islam », pourtant religion de l’État.


Slimane Bouhafs, un ex-policier Algérien de 49 ans converti au christianisme, a été condamné à trois ans de prison ferme en septembre 2016 pour « atteinte à l’islam et au prophète Mohammed » pour avoir publié sur les réseaux sociaux que le Prophète Mohamm   
Les autorités algériennes se sont alors vues contraintes d’adopter des mesures légales pour encadrer ces nouveaux groupes de convertis de l’islam.Un décret a donc été adopté le 28 février 2006 qui, tout en garantissant la liberté de culte, condamnait à des peines sévères d’emprisonnement ou à des amendes les individus ou les groupes qui inciteraient des musulmans à se convertir à une autre religion.
C’est sur la base des mesures d’application de ce décret que des églises furent fermées et plusieurs chrétiens furent condamnés, en 2008, à des peines d’emprisonnement pour avoir été contrôlés alors qu’ils transportaient des Bibles ou réunissaient des catéchumènes.
« Minorité », un mot qui n’apparaît nulle part dans la Constitution
Actuellement, la nouveauté réside dans le fait que le débat n’est plus centré uniquement sur les minorités issues de religions autres que l’islam comme le christianisme, et plus particulièrement sur l’évangélisation, il englobe aussi celles qui sont au cœur de l’islam mais différentes du courant dominant en Algérie, l’islam sunnite.
C’est ainsi le cas de l’ibadisme, courant dominant chez les mozabites du sud algérien, et du chiisme. C’est aussi le cas de l’ahmadisme qui a fait récemment une incursion très remarquée dans le paysage confessionnel algérien.
À LIRE : Accusés d’hérésie, les ahmadis d’Algérie prient clandestinement
La Constitution algérienne prévoit dans son article 42 que : « La liberté de conscience et la liberté d'opinion sont inviolables. La liberté d'exercice du culte est garantie dans le respect de la loi. »
Cependant, l’article 32 qui mentionne les conditions d’égalité entre les citoyens ne fait pas mention de la religion : « Les citoyens sont égaux devant la loi, sans que puisse prévaloir aucune discrimination pour cause de naissance, de race, de sexe, d'opinion ou de toute autre condition ou circonstance personnelle ou sociale. »
Le mot « religion » n’apparait d’ailleurs que pour dire que l’islam est religion de l’État et le mot « minorité », quant à lui, n’apparaît nulle part.  

  

Mohamed Aïssa, ministre algérien des Affaires religieuses depuis mai 2014 (Facebook)
À Ghardaïa, ville du sud de l’Algérie où vit la majorité des membres de la communauté mozabite ibadite, des affrontements souvent meurtriers opposent cette communauté aux chaambas malékites – sunnites.
Bien que la dimension religieuse ne soit visiblement pas l’élément déterminant dans ce conflit qui oppose les deux communautés, celle-ci ne manque pas de se greffer à chaque fois et de venir exacerber des tensions déjà très vives.
À LIRE : Ghardaïa : autrefois frères, aujourd’hui ennemis
Nombre d’activistes parmi les Mozabites accusent les autorités de manquer d’impartialité dans leur gestion des événements et estiment que leur communauté est victime d’une double discrimination, à la fois ethnique et confessionnelle.
Durant les deux années 2015 et 2016, plusieurs militants mozabites sont en effet emprisonnés dont certains sont restés des mois sans jugement, et ce, en violation des procédures judiciaires en vigueur.


En juillet 2015, la vallée du M’zab a connu des affrontements sans précédent entre populations berbérophones et arabophones (MEE/Mélanie Matarese)   
Au lieu d’une gestion sur le plan du droit et sous l’angle des libertés individuelles, les autorités font de la question des minorités en Algérie une affaire purement sécuritaire à traiter sur le plan judiciaire.Les athées, eux aussi victimes de répression
Évoquant la question des ahmadis le 29 avril 2017, Mohamed Aïssa s’était félicité de l’action des « services de sécurité qui ont réussi à faire échouer un complot visant à diviser les Algériens sur le plan confessionnel », estimant qu’il s’agit là d’« un mouvement de renseignement au service du colonialisme moderne ».
Des dizaines de membres de la communauté ahmadie, qualifiée de secte par les autorités, sont transférés devant la justice dans plusieurs villes d’Algérie (Chlef, Batna, etc.) et nombre d’entre eux, dont Mohamed Fali, chef de file de cette communauté en Algérie, sont emprisonnés.


Des membres de la petite communauté des ahmadis prient chez eux, à Tipasa, à 80 km à l'ouest d'Alger (AFP)   
Officiellement poursuivis « pour leur adhésion à une association non agréée et leur collecte de dons sans autorisation », et non pas pour la pratique de leur culte, les membres de cette communauté se sont vus même dénier leur appartenance au culte musulman par le ministère compétent.Par ailleurs, les athées ne dérogent pas à la règle. Ils sont, eux aussi, victimes de répression et sont souvent poursuivis pour « offense » à l’islam, notamment suite à leurs publications sur les réseaux sociaux.
Quote:

Les faits démontrent que les Algériens en général et l’État algérien en particulier ont encore du mal à s’accommoder pleinement de la diversité culturelle et religieuse



L’affaire de Rachid Faudil, ce blogueur jugé pour « offense au prophète » a en effet défrayé la chronique et son procès a été qualifié de « religieux » par ses avocats.  
Fait inédit dans les annales judiciaires en Algérie, le jeune romancier Anouar Rahmani est convoqué par la police le 27 février 2017 pour « blasphème », plus précisément d’« atteinte à l'entité divine et à la religion », et ce, suite à la publication de son premier opus, « La ville des ombres blanches ».
À LIRE : Anouar Rahmani : « Je voudrais dire à ma société que la différence n’est pas un crime »
Cette affaire ne manque pas de susciter l'indignation des internautes qui rappellent que cette convocation est en contradiction flagrante avec ce que prévoit la Constitution algérienne en la matière.
Les deux cas susmentionnés, loin d’être anecdotiques ou isolés, sont l’illustration parfaite du fossé existant entre le droit et les faits. Si le premier garantit la liberté de conscience et d’opinion en Algérie, les faits démontrent que les Algériens en général et l’État algérien en particulier ont encore du mal à s’accommoder pleinement de la diversité culturelle et religieuse.
 
 
-Nourredine Bessadi est enseignant-chercheur à l'Université Mouloud-Mammeri de Tizi Ouzou, en Algérie. Il est en même temps traducteur et consultant indépendant. Il travaille sur les questions se rapportant au genre, aux politiques linguistiques et aux droits humains. Il est le fondateur de Babel Consulting, une entreprise de conseil en communication. 
Les opinions exprimées dans cet article n’engagent que leur auteur et ne reflètent pas nécessairement la politique éditoriale de Middle East Eye.
Photo : Mohamed Fali, chef de la communauté religieuse des ahmadis, a été condamné à six mois de prison avec sursis. Libéré de prison, il reste poursuivi pour « collecte de dons non autorisés et offense au prophète de l’islam » (AFP).  

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PostPosted: Tue 7 Nov - 15:07 (2017)    Post subject: Algérie Reply with quote

L'Algérie face à son destinLe jour approche où


Noureddine Boukrouh 6 novembre 2017, 9 h 28 min 2 commentaires
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Si l’on est superstitieux à l’image de la majorité des Algériens, il faut s’élever très haut dans les sphères célestes pour espérer trouver la réponse à une question qu’on se pose souvent, celle de savoir si notre destin a été déterminé avant notre apparition sur la terre ou s’il n’est que le fruit de nos idées et de leur traduction en actes et faits à travers les âges. C’est vers la première hypothèse que l’homo-religiosus niché en nous incline et la question devient alors : notre destin a-t-il été placé sous le signe d’une bénédiction ou d’une malédiction à perpète ?
Car les Algériens, en bons « croyants soumis » qu’ils sont depuis qu’on leur a claqué au visage les portes de l’« ijtihad » et de la rationalité en sont encore à penser que Dieu s’occupe d’eux un par un, voient sa signature dans tous les évènements et, le sachant Tout-puissant, n’imaginent pas qu’un bonheur ou un malheur puisse les toucher sans qu’il en ait été décidé en haut lieu. Et quand ce n’est pas au sens propre qu’ils prennent le mot (Dieu), c’est au sens figuré (l’Etat-providence, la main de l’étranger, « les autres »…)
Il y a de quoi le supposer, en effet, quand on réalise que nous avons survécu à trois millénaires d’histoire réputée impitoyable envers les faibles en vivotant au jour-le-jour, souvent de « garnina », sans construire des villes, réaliser des inventions ou faire des choses dont la civilisation humaine et la science moderne auraient témoigné et enseignées. D’un autre côté nous n’avons résolu l’équation de notre développement ni avec le socialisme de Boumediene, ni avec le libéralisme de Chadli, ni avec la politique de « kach Bakhta » (friperie) de Bouteflika malgré la pluie incessante de milliards de dollars qui s’est abattue sur nous sous son règne pendant dix-huit ans sans discontinuer. On commence pourtant à trembler à la vue des premiers signes de dèche et de sècheresse et à l’idée que le jour approche où…
pparemment, le Très-Haut nous aurait gratifiés de sa bénédiction durant trois millénaires et infligé une malédiction à l’indépendance sous forme de disponibilités en or noir dont la vente en l’état a fait de nous des rentiers, des assistés et des ayants-droit. Le pétrole a été découvert par les Français entre la fin des années 1940 et le début de l’exploitation du champ de Hassi Messaoud en 1956 mais à quoi ça sert de le rappeler, c’est toujours Dieu…
Etrangement, nous n’avons pas disparu à l’instar des peuples précolombiens ou amérindiens comme l’aurait voulu une logique de l’Histoire impartiale, ni n’avons fait notre entrée parmi les pays développés comme l’aurait voulu la logique économique au vu de nos incroyables atouts. Nous n’avons pas été immergés dans les flots de l’Histoire et délivrés une fois pour toutes de la mal-vie multiséculaire contre laquelle nous n’avons rien pu, ni n’avons émergé parmi les nations méritantes à la satisfaction des martyrs auxquels nous devons l’indépendance. Nous sommes demeurés en suspens entre le « zalt » (mendicité) et le « tfar’în » (l’orgueil), la pauvreté et la richesse, la réussite et l’échec, la démocratie et l’islamisme, exactement comme l’âne de Buridan qui, lui, est mort en peu de temps conformément aux lois de la nature.
Cette indéfinition, ce non-positionnement, ce flottement bizarre ne semblent pas avoir d’explication rationnelle ni de justification métaphysique mais, en cherchant bien dans le grenier de notre sagesse populaire, je suis tombé sur une curiosité emballée dans la pensée suivante : «! »! ») Ce peut-il ? A-t-il un sens ce mariage de deux états contraires ?


Au premier abord on pourrait estimer que cette sentence est une pieuse affirmation de la tempérance chez nos aïeux dépourvus de tout mais plus fiers que Qarûn, Crésus et Artaban réunis. Elle pourrait être la réplique indignée d’un de nos ancêtres ombrageux à une remarque blessante sur sa condition matérielle faite par un occupant romain ou français et qui aurait frappé l’amour-propre « national » au point qu’il l’a gravée à jamais dans sa mémoire.
Il y a en effet du génie et une force morale admirable dans cette formule lapidaire et percutante. Mais, en y regardant de près, on se demande si elle n’a pas une autre signification que la sobriété, si elle n’est pas le pendant de la détestable expression « mendiants et orgueilleux », ce qui en ferait non pas une vertu à inscrire à notre actif mais un autre symptôme du « khéchinisme », un énième hymne à l’absurde dont n’avait pas besoin notre capital d’idées fausses rempli à ras bord.
Le peuple algérien charrie depuis plusieurs millénaires de fausses idées auxquelles il doit les vicissitudes de son histoire, sa non-constitution en société viable et fiable, et explique l’extrême précarité de sa situation économique et institutionnelle présente. Il a dans sa gibecière beaucoup d’autres expressions populaires encore plus insensées mais auxquelles les gens croient dur comme fer et qu’ils appliquent naturellement dans leurs rapports. Le parler courant est truffé de ces inepties héritées d’une vie primitive, tribale, rurale et anarchique où la ruse, la perfidie et le « dribblage » tiennent lieu d’armes dissuasives et de bottes secrètes. Le premier aventurier, charlatan ou Djouha venu détecte facilement cette faille en nous et construit dessus rapidement son empire ou son emprise sur nous.


Peut-on raisonnablement être dépourvu de tout et n’avoir besoin de rien ? Sensément non, sinon comment vivre ? Mais, dans la mentalité algérienne plus attachée à dissimuler la vérité quand elle est humiliante que de raisonnement logique, la forme compte plus que le fond et le subjectif plus que l’objectif. Cette sentence, les dirigeants actuels et responsables des conséquences de la crise qui est aux portes aimeraient bien la voir exhumée sous sa déclinaison fataliste en ces temps de péril mais ils ignorent, comme beaucoup d’autres choses, qu’elle est devenue entre-temps une arme à double tranchant.
Apparue aux époques de pauvreté généralisée et de frugalité forcée, cette sagesse de circonstance a perdu depuis belle lurette son cadre sociologique et avec lui ses motivations morales. Il n’y a aucune chance de voir les millions d’Algériens actuels, jeunes et moins jeunes, habitués à être pris en charge par leur famille ou l’Etat, la reprendre à leur compte pour imposer silence à leur ventre criant famine quand cela adviendra.
Pour eux, surtout au vu des grands scandales de corruption qui ont émaillé les dix-huit dernières années, c’est devenu «! » (« »), considérant en toute bonne foi que leur part de pétrole leur a été volée et que de ce fait leur avoir est incomplet. Ceux-là ne se contenteront pas de patriotisme et d’eau fraîche le jour où la création monétaire laminera le pouvoir d’achat des actifs et rendra la vie impossible aux inactifs et aux démunis. Ce jour approche et personne ne pourra l’arrêter.
Le piège est en train de se refermer sur l’association de sénilité et de débilité qui nous dirige avec des recettes à la Djouha.  La politique populiste de subventions indiscriminées pour acheter la paix sociale est en train de leur retourner à la figure comme un boomerang. La dévaluation du dinar, devenue quotidienne, réduit le pouvoir d’achat des salaires en surenchérissant les prix des matières premières, semi-produits et produits finis importés qui entrent pour 70% dans notre consommation. Les réserves de change tiendront au mieux deux ans. Le blanchiment de l’argent sale est une concession à l’oligarchie pour lui permettre de recycler le fruit de la corruption dans l’achat du pouvoir (sièges parlementaires et autres). Tout ce qui reste au « système », c’est d’actionner le levier de la répression lorsque les mouvements de protestation commenceront. Ce sera alors le début de la fin d’une ère et le commencement d’une autre, meilleure ou pire, on ne peut le prédire.
La « politique économique » menée par Bouteflika pour son bien, et la politique économique qu’il fallait mener pour le bien de l’Algérie, malgré qu’elles soient contradictoires, étaient bonnes toutes les deux. Elles n’ont pas coïncidé parce que la première était bonne pour lui et son clan, tandis que la seconde pouvait être bonne pour toute l’Algérie. La première avait pour leitmotiv «(« » quand la seconde aurait eu celui de «! » »)
La deuxième question que de nombreuses gens n’éprouvent plus de pudeur, vraie ou fausse, à poser à la vue de la situation humiliante et ruineuse faite au pays, est si le peuple algérien existe, tant il est en apparence mort en de larges parties de son âme ? Si ce peuple devait confirmer qu’il est encore vivant, il le prouverait en s’élevant contre la politique de maltraitance, d’avilissement et de faillite qui lui est infligée sans répit avec sadisme, impudence et mépris. Il le prouverait en trouvant les formes d’expression pacifiques de ce refus et de ce rejet.
Et s’il doit le faire, ce ne sera pas pour se venger d’un occupant étranger ou tout casser pour faire baisser les prix des produits de première nécessité, mais pour mettre de l’ordre dans la maison, pour construire enfin la maison, l’ « Etat démocratique et social » pour lequel sont morts des centaines de milliers d’Algériens et d’Algériennes entre 1945 et 1962 et qu’il a été interdit à leurs enfants de construire, l’indépendance venue, par des aventuriers infiltrés dans les bases-arrières de la Révolution.
Pendant tout le temps où l’Algérie ployait sous l’humiliation du colonialisme français, il n’existait pas de chants patriotiques comme le célèbre et émouvant « … »  (« »). Les montagnes algériennes étaient là depuis des millions d’années et les Amazighs vivaient accrochés à leurs flancs depuis des millénaires mais ils n’étaient pas des « hommes libres » (sens du mot amazighs). 
Ils eurent souvent à vivre sous l’infamie, mais le moment n’était pas encore venu de les réveiller de leur résignation pour les précipiter dans les sacrifices du 8 mai 1945 et du 1er novembre 1954 afin qu’ils recouvrent liberté et dignité.
Le jour approche-t-il où, du sein de ce peuple, jaillirait un nouveau 11 décembre 1960 ? Où on entendrait un nouveau chant patriotique s’élever dans les airs pour libérer l’Algérie du satanisme, de l’incompétence et de la mafia politico-financière qui l’ont prise dans leurs serres ?
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Signature - Nouveau sujet, vérifier dans "Recherche" s'il n'existe pas. Il faut qu'il soit bien étoffé, un titre explicite, bien détaillé avec des preuves fiables et vérifiables


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PostPosted: Today at 08:39 (2019)    Post subject: Algérie

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