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L'islam est né d'une secte juive ébionite
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Post new topic   Reply to topic    Apostats de l'islam Forum Index >>> Apostats de l'islam >>> Religion: Islam

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Kamel
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PostPosted: Mon 17 Feb - 11:24 (2014)    Post subject: L'islam est né d'une secte juive ébionite Reply with quote

Je vais révéler une chose que peux savent, peux être, mais l'islam est instrumentalisé par les juifs ! C'est eux qui l'on crée sur la base de la thora. Je m'excuse mais en lisant le coran, je ressent l'ancienne alliance, en version dégénéré. Cette religion est issu des riches caravanier juifs, qui ont attiré les autres peuples du désert naïf, par leurs extravagances, afin de pouvoir former une véritable armée dans le temps qui pourra détruire l'Église du Christ. Décidément ils sont intelligents ces juifs et je reconnaît qu'ils maîtrisent bien. Le seul problème c est qu'a ce jour c'est un peuple détesté. Posez vous la question, pourquoi les musulmans déteste tant les juifs ? C'est inconscient et ils ne le savent pas eux même. L'homme et la femme sont génétiquement prévu pour aller droit au Christ. Le seul problème c'est que l'islam l'empêche. Les musulmans sont prisonniers de leur doctrine sans le savoir. Le jour ou sa pète, il va y avoir du boulot pour remettre ces pauvres musulmans dans le vrai chemin afin qu il retrouve la grâce sanctifiante que Dieu nous a tous offert. Tampis pour ceux qui la refuseront. Dieu donne a chacun la grâce suffisante pour ce sauver. Ne combattez pas les humains soumis a Allah. Combattez directement Satan ! Et cela ce passe dans les cœurs et non dans les armes. Destituons l'islam ! Virons la de l'Europe pour commencer, ensuite il faudra aller chez eux, leur annoncer que la vérité n'est pas leur charia, mais belle et bien l'amour de Dieu parfait qui nous dicte d'aimer son prochain comme soit même et voir même de donner plus a son prochain qu'a soit même. A chaque jour suffit sa peine !

J'ajoute : St Irénée nous avait déjà expliqué au 2ème siècle que les juifs ébionites niaient la Divinité de J-C, reprochant aux chrétiens de la gentilité (Rome) leur abandon de la Loi (Torah) de Moïse.

Ce rabbin ébionite se réfère, fréquemment, dans les sourates (de l’hébreu "sirah" : ensemble de versets bibliques) au livre sacré de l’islam (appelé plus tard le coran), et à l’Ancien Testament duquel il s’inspire tout le temps, ainsi qu’aux littératures rabbiniques et gnostiques, mais il cite peu le Nouveau Testament. J-C, dans la vision ébionite, n’est guère plus qu’un successeur de Moïse. Il croit à J-C, comme prophète et messie, mais non pas en sa Divinité.
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"Tous les musulmans doivent s'interroger pour savoir pourquoi la foi qu'ils aiment tant, produit autant de psychopathes"
Salman Rushdie


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PostPosted: Mon 17 Feb - 11:24 (2014)    Post subject: Publicité

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PostPosted: Mon 17 Feb - 12:55 (2014)    Post subject: L'islam est né d'une secte juive ébionite Reply with quote

Salut  Amada, BINJILC, Joanni.

Fréderic Lenoir en parle dans son livre L'homme qui Dieu.

La secte judéo-chrétienne elkassaïte issue de la secte ébionite a sûrement inspiré Mahomet.
Il y a prohibition des boissons fermentés, nourriture licite et illicite,
et utilisation des crachats, des urines et autres saletés du corps
des "saints" comme remède contre les maladies.
Ils refusent de reconnaitre la divinité du christ mais le considèrent comme messie.
A leurs yeux Jésus est le dernier des prophètes, le sceau de la prophétie.
Ce qui a été adopté par Mahomet mais à son service.


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PostPosted: Tue 18 Feb - 10:30 (2014)    Post subject: L'islam est né d'une secte juive ébionite Reply with quote

Ces juifs... ont leur met tout sur le dos Sad

J'ai une version plus historique de la venue de Mohammed. Selon toi c'est l'islam, et selon un ancien prêtre jésuite qui a fait ces recheches  c'est le catholicisme.

L'Histoire révéle que le coran ne peut être l'oeuvre des catholiques ni des juifs, mais bel est bien de Mohammed et ses fidéles, et les sucesseurs qui se sont divisés et entretués, formant le clan de sectes dont une majorité le sunnites et une majorié de chïïte set autres sectes..

Pour détruite le christianisme, il aurait fallu mieux instruire sur la foi juifs, donc les erreurs du coran démontrent, que l'islam ne peut provenir des juifs qui auraient créés l'islamisme !
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Il ni a de Dieu que Dieu et Jésus est le Fils du trés haut. Ma foi repose en Dieu et sa parole et non aux hommes !


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PostPosted: Tue 18 Feb - 10:39 (2014)    Post subject: L'islam est né d'une secte juive ébionite Reply with quote

C'est de la diffamation. Des assertions sans preuve il y en a plein. Je ne vois pas pourquoi le catholicisme aurait créé l'islam. C'est idiot quand on sait que Jésus à annoncé après lui QUE des faux prophètes et il dit même qu'ils seront anathèmes.

C'est qui cet ancien prêtre jésuite ? Encore un défroqué qui se venge ?? Un peu léger comme argument.
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PostPosted: Tue 18 Feb - 11:53 (2014)    Post subject: L'islam est né d'une secte juive ébionite Reply with quote

Pour Sami Aldeeb, c'est un rabbin défroqué et anti juif qui a écrit le coran,
moi, je crois que dans sa première période, Mahomet  a été sous l'influence d'un chrétien
puis à Médine c'est un rabbin qui a été son conseiller.
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PostPosted: Tue 18 Mar - 11:02 (2014)    Post subject: L'islam est né d'une secte juive ébionite Reply with quote

Le mahométan est dangereux pour la société, comme il est dangereux pour lui même, il faut écouter le bon Dr Sami Aldeeb.

Si on avait autant de juifs que de musulmans, le monde serait une pétaudière Sami Aldeeb

Lire ici

:M: Peur
 
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PostPosted: Tue 19 Aug - 17:51 (2014)    Post subject: L'islam est né d'une secte juive ébionite Reply with quote

Deux ouvrages universitaires récents prouvent que le coran a été falsifié
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PostPosted: Tue 2 Sep - 17:22 (2014)    Post subject: L'islam est né d'une secte juive ébionite Reply with quote

Philosophe, auteur de plusieurs ouvrages, Mustapha Cherif est l'invité de l'Esprit d'actu à l'occasion de la parution de son dernier livre "Le Coran et notre temps" (Ed. Al Bouraq).


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PostPosted: Sat 11 Oct - 12:02 (2014)    Post subject: L'islam est né d'une secte juive ébionite Reply with quote

Quote:

Bonjour yacoub , voudrais-tu m'explique ce que signifie " secte judéo-chrétienne elkassaite et ébionite " bien merci à toi .


Voici ce qu'en dit l'agnostique spécialiste des religions Frédéric Lenoir:

La secte judéo-chrétienne elkassaïte issue de la secte ébionite a sûrement inspiré Mahomet.
Il y a prohibition des boissons fermentés, nourriture licite et illicite,
et utilisation des crachats, des urines et autres saletés du corps
des "saints" comme remède contre les maladies.
Ils refusent de reconnaitre la divinité du christ mais le considèrent comme messie.
A leurs yeux Jésus est le dernier des prophètes, le sceau de la prophétie.
Ce qui a été adopté par Mahomet mais à son service

Certains ébionites d'Arabie peuvent avoir participé au mouvement du prophète Mahomet dès sa création.
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PostPosted: Wed 20 Jul - 12:20 (2016)    Post subject: L'islam est né d'une secte juive ébionite Reply with quote

Quote:

Le Coran déshumanise les infidèles, les assimile à des crétins et exhorte à les combattre.

Devrions-nous respecter une religion qui ne nous respecte pas ?

L'islam n'est pas une religion, c'est une gigantesque secte de 1 milliard 600 millions d'adeptes.

    l'Islam, une secte?

        ... ordre du Coran donc d'Allah :
        "S'ils se détournent, saisissez-les, tuez-les, partout où vous les trouverez"

        Abd-Al-Haqq (Serviteur de la Vérité)

       Impertinence?

        Poser cette question peut sembler d'une coupable impertinence. Mais ce n'est là qu'une apparence et c'est surtout ignorer les écrits de Jean Damascène.

        Jean Damascène est né vers 640 à Damas. Il portait le nom arabe de Mansour. Il devint administrateur des finances de la ville de Damas, qui avait dû capituler en 635 devant l'envahisseur musulman.

        Il se retira au monastère de Saint-Sabbas, près de Jérusalem où, après son ordination, il rédigea ses œuvres théologiques. Il est mort vers 750, plus que centenaire. Honoré comme saint à la fois par les orthodoxes et par les catholiques, sa Source de la connaissance a servi de manuel de théologie jusqu'au XIII ème siècle, et il fut même rangé parmi les docteurs de l’Église par le pape Léon XIII en 1890.

        Jean Damascène a qualifié l'Islam de 101ème secte chrétienne. A quel titre pouvait-il le faire? Pour répondre à cette question, il nous faut d'abord définir ce qu'est une secte.

        Secte: aspect social

        Pour le sociologue, la secte est un diverticule qui s'est séparé d'une Église-mère, et qui suit un processus évolutif qui la fait passer par des étapes assez clairement définies. Pour le juriste, et aussi le politicien, la secte est un mouvement qui est en infraction avec la législation, et plus particulièrement avec la législation concernant la protection des individus. Quant au théologien, il définit la secte comme une hérésie. Il y a enfin des mouvements sectaires qui ne se sont pas détachés d'une confession religieuse existante, mais qui naissent d'un conglomérat disparate de pensées et de pratiques religieuses variées. On préfère les appeler : nouvelles religiosités ou spiritualités nouvelles.

        Sociologiquement, on ne peut qualifier l'Islam de secte chrétienne ; son fondateur, Mohammed (570-632), est né dans un milieu polythéiste, peut-être hénothéiste (un Dieu dominant). Cependant, lors de ses voyages en Syrie, Mohammed avait rencontré le moine chrétien Bahira. Plus tard à Marwa, près de la Mekke, il rencontrait souvent un esclave chrétien du nom de Djabr (Voir Sirâ du Prophète). Une de ses concubines qu'il prit en 629, Myriam, était chrétienne.

        A la Mekke vivaient des Juifs, et Médine abritait trois tribus juives constituant environ la moitié de la population, avant leur extermination. Khaïbar, située à quelque 250 km au nord de Médine, était une ville forte juive.
    Rayhana, une concubine que Mohammed prit en 627 était juive, ainsi que Safiyya qu'il épousa en 629.

        Bien qu'il n'y eut pas encore, à l'époque de Mohammed, de traduction complète de la Bible en arabe, les récits de l'Ancien comme du Nouveau Testament circulaient, mais aussi des fables talmudiques et des légendes tirées d'écrits chrétiens apocryphes.

        L'Islam prit ainsi naissance dans un bouillon culturel qui englobait polythéisme et hénothéisme, judaïsme et christianisme, mais aussi zoroastrisme, voire hindouisme. En utilisant la terminologie d'aujourd'hui, Jean Damascène aurait dû qualifier l'Islam de religiosité nouvelle.

        Juridiquement et politiquement, il faut distinguer entre Islam modéré et Islam fondamentaliste/intégriste, ce dernier seul portant atteinte à la législation concernant la protection des individus.

        Le Coran

        Le Coran contient aussi de nombreuses réminiscences bibliques. Il rend un vibrant hommage à la fois à le Torah (taurat) et à l'Evangile (Indjil). Il reconnaît que ces livres, descendus de Dieu, sont véridiques (Sourate 'Al `Imran, III.3) ; les musulmans doivent y croire (Sourates Al-Baqara, II.87 ; 'Al `Imran, III.84 ; An-Nisa', IV.136).

        Le Coran témoigne de la naissance virginale de Jésus (Sourates Al-'Anbiya',XXI.91 ; At-Tahrim, LXVI.12), de sa messianité (III.45 ; IV.157), de son prophétisme (III.49 ; IV.157, 171 ; Al-Ma'ida, V.46, 75 ; Maryam, XIX.30), de sa vie sans péchés ( XIX.19 ; III.46) et le qualifie de Parole de vérité (XIX.34), de Parole de Dieu jeté en Marie (IV.171), de Verbe émané de Dieu (III.39, 45), d'Esprit émané de Dieu (IV.171 ; XXI.91 ; LXVI.12), mais sans reconnaître que Jésus est le Fils de Dieu.

        Jean Damascène n'a pas seulement dénoncé cette dernière hérésie, mais encore celle qui déclare que la crucifixion était un faux-semblant (IV.157, 158). Ici encore, la doctrine coranique diverge fondamentalement de la foi chrétienne selon laquelle la crucifixion apporte au monde le salut. Non seulement le Nouveau Testament, mais déjà les prophéties de l'Ancien attestent cette doctrine fondamentale.

        Une autre divergence concerne la résurrection de Jésus-Christ. Pour le Coran, dans les versets cités plus haut, Jésus est bien au ciel, auprès de Dieu ; il y a été élevé, mais sans passer par la mort et la résurrection.

        Jean Damascène avait donc raison de qualifier l'Islam d'hérésie ou de secte chrétienne.


        Secte: aspect juridique

        Mais juridiquement, qu'en est-il ? Une caractéristique des sectes que relèvent les juristes, c'est l'assujettissement des adeptes à leur mouvement et la très grande difficulté à en sortir. Les mots "Islam" et "Musulman" signifient : soumission, sous-entendu : soumission à Dieu. C'est là une des injonctions de toutes les religions. Mais, dans l'Islam, cette soumission est essentiellement une soumission aux lois de la Communautés (la Oumma), au sein de laquelle s'exerce une rigoureuse surveillance réciproque.

        Islam et Christianisme

        Aussi est-il difficile à un Musulman de sortir de son carcan religieux et adopter, par exemple, la foi chrétienne. Il est alors considéré comme un renégat ou apostat et encourt la vindicte de ses anciens coreligionnaires, conformément à cet ordre du Coran : "S'ils se détournent, saisissez-les, tuez-les, partout où vous les trouverez" (Sourate An-Nisa', IV.89).

    Les milliers de musulmans algériens qui ont été assassinés (300 000) ces derniers temps l'ont été parce qu'ils furent considérés, en raison de leur modération, de leur libéralisme, de leur ouverture comme des renégats de la foi coranique par les islamistes fondamentalistes fidèles à l'ordre coranique ci-dessus.

     Il faut certes, faire le départ entre Musulmans modérés et Islamistes fondamentalistes / intégristes. Mais tout musulman qui prend le Coran à la lettre peut devenir intégriste !

     On rétorquera en affirmant que le Coran est une religion tolérante et l'on invoquera les versets coraniques suivants : "A vous votre religion, à moi la mienne" (Al-Kafiruna, CIX.6) ou "Pas de contrainte en religion" (Al-Baqara, II.256) ou encore "Il est notre Seigneur et votre Seigneur...Notre Dieu qui est votre Dieu est unique" ( Al-Baqara, II.139 ; Al-`Ankabut, XXIX.46).

    Mais ces versets n'ont que l'apparence de la tolérance, au regard de l'ordre de tuer les renégats qui changent de religion. De plus, le Coran méprise la foi chrétienne : "Les Chrétiens ont dit :
    Le Messie est fils de Dieu. Qu'Allah les anéantisse ! Ils sont tellement stupides" (At-Tauba, IX.30).

    L'Islam peut donc, à juste titre, être qualifié de secte. La question qui se pose dès lors à nos autorités est de savoir si elles sont disposées à protéger les ex-musulmans comme elles protègent les transfuges des autres sectes ? Elles le devraient, que l'on considère l'Islam comme une religion ou comme une secte.
    Abd-Al-Haqq
       (Serviteur de la Vérité)
     

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PostPosted: Wed 26 Oct - 11:48 (2016)    Post subject: L'islam est né d'une secte juive ébionite Reply with quote

Saint Jean Damascène face à l’hérésie islamique
Publié le 31 août 2013 par bibliothequedecombat
Quote:

Saint Jean Damascène (676 – 749) – Arabe syrien, Docteur de l’Eglise 
Quote:

1. Il y a chez les Ismaélites [Arabes] une superstition trompeuse qui est toujours agissante, et qui sert de précurseur à l’Antéchrist. Elle a pour origine Ismaël, qui est né d’Abraham et d’Agar, et c’est pour cette raison qu’ils s’appellent Agarènes et Ismaëlites. On les appelle également Saracènes du fait, parait-il, d’avoir été renvoyés sans rien par Sarah ; car Agar a dit à l’ange:  » Sarah m’a renvoyée sans rien « . [signifie en réalité « habitants du désert » en grec. Ce terme n’a rien à voir avec le nom de Sarah. Il a donné « Sarrasins » en français.] Les Saracènes étaient idolâtres, et vénéraient l’étoile du matin ainsi qu’Aphrodite. Ce nom dans leur langue signifie Majestueux (Habar) c’est ainsi que jusqu’au temps d’Héraclius, ils étaient assurément idolâtres. 2. A partir de cette époque, un faux prophète survint au milieu d’eux ; il s’appelait Mohammed. Il a entendu quelquefois l’Ancien et le Nouveau Testament, et est censé avoir rencontré un moine arien, par la suite. Finalement il créera lui-même sa propre hérésie. Puis déçu, il fit croire au peuple qu’il était un « craignant Dieu », et fit propager la rumeur qu’un écrit saint lui avait été apporté du ciel [le Coran]. Il mit par écrit des sentences, qu’on ne peut que railler, dans son livre et le leur donna pour qu’ils y obéissent. Il disait qu’il n’existait qu’un seul Dieu, créateur de toutes choses, qui n’a ni engendré, ni été engendré. Il disait que le Christ était la parole de Dieu et son Esprit, qu’il a été créé et qu’il est un serviteur, qu’il est né de la semence de Marie, la soeur de Moïse et d’Aaron. Car, dit-il, la Parole de Dieu et l’esprit entrèrent en Marie, et elle donna naissance à Jésus, qui fut un prophète et un serviteur de Dieu. Il affirme que les Juifs, ayant eux-mêmes violés la loi, voulaient le crucifier, et après l’avoir arrêté, ils crucifièrent son ombre, mais Christ lui-même, disent-ils, n’a pas été crucifié et n’est pas mort ; car Dieu l’a élevé auprès de lui dans le ciel, parce qu’il l’aimait. Il affirme que lorsque Christ monta aux cieux, Dieu le questionna en disant :  » O Jésus, as-tu dit que je suis Fils de Dieu, et Dieu ? » Et Jésus, affirment-ils, répondit: « Aie pitié de moi Seigneur; tu sais que je ne me vanterai pas d’être ton serviteur, et que je ne leur ai pas dit cela ; mais les hommes qui se sont égarés ont écrit que c’est ainsi que j’ai parlé, et ils disent des mensonges à mon sujet, et ils se sont trompés. » Et ils disent que Dieu lui a répondu : « Je savais que tu ne dirais pas une telle chose« . Et bien qu’il introduisit dans cet écrit beaucoup d’autres absurdités, dont on ne peut que se moquer, il insiste sur le fait que cela lui a été apporté du ciel par Dieu. Quant à nous, nous nous demandons : « Et qui est celui qui peut témoigner que Dieu lui a donné les écrits ? Et lequel des prophètes a annoncé à l’avance qu’un tel prophète se lèverait ? » Et parce qu’ils sont étonnés et embarrassés, nous leur avons dit que Moïse reçut la Loi au Mont Sinaï à la vue de tout le peuple quand Dieu apparut dans la nuée et dans le feu, dans les ténèbres et dans la tempête ; ils sont étonnés de ce que tous les prophètes, en commençant par Moïse, puis ceux qui le suivirent ont prédit la venue du Christ, également le fait que le Christ est Dieu et que le Fils de Dieu viendra en s’incarnant, qu’il sera crucifié, qu’il mourra et qu’il sera le juge des vivants et des morts. Et alors quand nous demandons : « Comment se fait-il que votre prophète ne soit pas venu de cette manière, en ayant d’autres personnes qui témoignent à son sujet ? Car contrairement à Moïse à qui Dieu a donné la Loi, pendant que le peuple regardait et que la montagne était enfumée, Dieu n’a pas donné à votre prophète l’écrit en votre présence. Autrement vous aussi pourriez en avoir l’assurance« . Ils répondent que Dieu fait ce qui lui plaît. Ceci, disons nous, nous le savons également ; mais comment l’écrit est-il descendu vers votre prophète ? Voilà ce que nous demandons. Et à eux de répondre que, pendant qu’il était endormi, l’écrit saint est descendu sur lui. Alors nous leur disons en plaisantant que, puisque c’est pendant qu’il dormait qu’il a reçu l’écrit saint, il n’avait donc pas conscience de ce qui se passait, alors c’est à son sujet que le proverbe populaire s’accomplit [le proverbe n’est pas dans le texte]. Quant à nouveau nous leur demandons : « Comment se fait-il que bien que, dans vos écrits saints, il vous a commandé de ne rien faire ni de recevoir quoi que ce soit, sans la présence de témoins, vous ne lui ayez pas demandé :  » Prouve d’abord avec l’appui de témoins que tu es un prophète et que tu es venu de la part de Dieu, et quel écrit saint témoigne en ta faveur ? « , ils restent silencieux, car ils sont honteux. Puisque vous n’avez pas l’autorisation de vous marier sans témoins, ni d’acheter quoi que ce soit, ni d’acquérir aucune propriété (vous n’avez même pas le droit de prendre un âne, ou tout autre animal, sans témoins), ainsi donc vous avez des femmes, des propriétés, des ânes et toute autre chose, en présence de témoins ; et donc uniquement votre foi et vos écrits saints vous les acceptez sans témoins. Cela provient du fait que celui qui vous a donné les écrits, ne détient son autorité de nulle part. De plus il n’y a personne de connu qui ait témoigné à l’avance à son sujet. Il faut ajouter que le prophète reçut cela, alors qu’il dormait. 3. En outre ils nous appellent  » Associateurs « , car, affirment-ils, nous introduisons un associé aux côtés de Dieu, en disant que le Christ est le Fils de Dieu et est Dieu. Nous leur répondons : « C’est cela que l’Ecriture et les prophètes nous ont rapporté et vous, comme vous le proclamez, acceptez l’autorité des prophètes. Si, pour cette raison, nous nous sommes trompés en affirmant que Christ est le Fils de Dieu, alors ceux qui nous ont ainsi enseignés et qui nous ont rapporté de tels écrits se sont également trompés« . Certains Saracènes maintiennent que c’est nous qui avons ajoutés de telles choses, en allégorisant les prophètes. D’autres proclament que ce sont les Juifs, qui remplis de haine, nous ont trompés avec de faux écrits de prophètes, et cela en vue de nous égarer. A nouveau nous leur répondons : « Puisque que vous affirmez que le Christ est la Parole et l’Esprit de Dieu, comment donc pouvez-vous nous taxer d’associateurs ? Car la Parole et l’Esprit sont inséparables de celui en qui tout cela a son origine. Si donc, la parole est en Dieu, il est évident qu’elle est Dieu également. Si d’autre part, elle est en dehors de Dieu, alors Dieu, d’après vous, est sans Parole et sans Esprit. Ainsi donc en essayant de ne pas mettre d’associés auprès de Dieu, vous avez mutilé Dieu. Car il eût été avantageux pour vous de dire que Dieu a un associé, plutôt que de le mutiler et de le présenter de la même manière qu’on le ferait pour une pierre, du bois ou tout autre objet inanimé. C’est ainsi que vous nous appelez  » Associateurs  » à tort : nous par contre vous appelons  » Mutilateurs  » (koptas) de Dieu « 
4.
Ils nous accusent injustement d’être idolâtres, car nous vénérons la croix, et qu’eux la méprisent. A cela nous leur répondons :  »
Comment se fait-il que vous vous frottiez à une pierre, à votre Habathan, et que vous exprimiez votre vénération à la pierre en l’embrassant ? «  Certains répondent en affirmant qu’Abraham y eut des relations sexuelles avec Agar ; d’autres disent que c’est là qu’il avait attaché son chameau avant de sacrifier Isaac. Et à nous de leur répondre:  » Puisque l’Ecriture dit qu’il y avait une montagne et une forêt, d’où Abraham a coupé du bois pour l’holocauste sur lequel il coucha Isaac, et également qu’il laissa les ânes en arrière avec les serviteurs ; d’où tirez-vous alors votre histoire ? En cet endroit il n’y avait ni de bois provenant de la forêt, ni sentier pour les ânes« . Alors les voilà embarrassés. Toutefois, ils affirment bien qu’il s’agit de la pierre d’Abraham. Nous leur répondons :  » Supposons que ce que vous affirmez de manière insensée soit vrai, n’éprouvez-vous pas de honte à embrasser cette pierre, uniquement parce qu’Abraham y a eu des rapports avec une femme, ou parce qu’il y attacha son chameau ? Et vous nous blâmez, parce que nous vénérons la croix du Christ, par laquelle le pouvoir des démons et la ruse du Diable ont été annihilés ! ! ! «  Ainsi donc, ce qu’ils appellent  » pierre  » est la tête d’Aphrodite adoraient. Eux l’appelaient Haber et on voit des entailles dans la pierre encore aujourd’hui, ceux qui les comprennent y voient des gravures. 5. Comme nous l’avons déjà mentionné, Mohammed composa beaucoup d’histoires, et à chacune il attribua un titre, comme par exemple Le traité de la femme. Dans cet écrit, il admet que quelqu’un puisse d’une manière légale prendre quatre femmes et mille concubines, s’il pouvait se le permettre, donc autant qu’il pouvait entretenir en plus des quatre femmes. Chacun peut répudier chacune de ses femmes, selon son désir, et se remarier avec une autre femme. Il a créé cette loi à cause de l’histoire suivante. Mohammed avait un ami nommé Zaid. Cet homme avait une belle femme, et Mohammed en est tombé amoureux. Alors que les deux amis étaient assis ensemble un certain jour, Mohammed dit :  » Ecoute mon ami, Dieu m’a commandé de prendre ta femme, pour qu’elle devienne la mienne. » Et celui-ci de répliquer:  » tu es un apôtre, fais comme Dieu t’a dit ; prends ma femme « . Et il la répudia. Ou plutôt, pour raconter l’histoire dès le début ; il lui dit : « Dieu m’a ordonné (de te dire) que tu devais répudier ta femme » . Quelques jours plus tard il dit :  » Mais maintenant Dieu a ordonné que moi je la prenne pour femme. « . Ensuite, après l’avoir prise pour femme, et commis l’adultère avec elle, il a inventé la loi suivante :  » Quiconque le souhaite peut renvoyer sa femme. Mais, si après le divorce il veut retourner à elle, il faut que la femme ait auparavant été mariée à quelqu’un d’autre. Car il n’est pas permis de la reprendre, à moins qu’elle ne se soit mariée à quelqu’un d’autre. Un frère peut épouser la femme répudiée par son frère le souhaite  » (…) 7. Mohammed parle également du Traité de la Table. Il affirme que le Christ demanda à Dieu une table, et elle lui fut donnée. Parce que, rapporte-t-il, il lui répondit :  » Je t’ai donné, ainsi qu’à tes compagnons, une table incorruptible « . Il y a aussi Le traité de La Génisse, et quelques autres contes, dont on ne peut que se moquer, et que nous ne mentionnerons pas tous, du fait de leur grand nombre. Il créa une loi disant qu’hommes et femmes soient circoncis, et il leur ordonna de ne pas observer le sabbat et de ne pas se faire baptiser, et d’un côté de manger ce qui est interdit dans la Loi, de l’autre de s’abstenir des aliments (que la Loi permet) ; il a également interdit de boire du vin.
Saint Jean Damascène – « De Haeresibus » chapitres 100/101 – VIIIè siècle


https://bibliothequedecombat.wordpress.com/2013/08/31/saint-jean-damascene-…
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PostPosted: Mon 21 Nov - 17:00 (2016)    Post subject: L'islam est né d'une secte juive ébionite Reply with quote

Suspicions de manipulation idéologique et codicologie :
approche synthétique provisoire
Edouard-M. Gallez (Paris)
M. Lamsiah (Helsinki – fondation Keymedia-mn)
paru en anglais dans Inârah, tome 7, 2014 /mise à jour 2014
 

1. Introduction

 
          L’objectif de cette contribution est de procéder à une comparaison entre les résultats de l’étude des manuscrits les plus anciens actuellement connus et disponibles du Coran et les suspicions de manipulations du texte, fondées sur un croisement d’analyses exégétiques et idéologiques. Cette comparaison se présentera sous la forme d’un tableau dont, bien sûr, seuls quelques exemples pourront être développés dans le cadre de cet article.
          Les cinq manuscrits qui ont été pris en compte et qui ne sont généralement pas complets sont : le Paris BNF ar.328a 1, le British Or.2165 (qui est doté des points diacritiques), le manuscrit de Samarcande, le palimpseste de Şan‘ā’ accessible grâce aux photos rapportées par Gerd Puin et aux articles de Madame Elisabeth Puin, et enfin le manuscrit de Saint-Petersbourg (plus tardif et doté de diacritisme). Dans la mesure où ils seraient très anciens, il faudrait joindre au tableau certains manuscrits microfilmés dans les années ’30 et gardés ensuite par Anton Spitaler 2 – mais celui-ci les a systématiquement soustraits à la recherche, et celle qui lui a succédé a fait de même jusqu’à présent 3.
          À gauche des colonnes relatives respectivement aux cinq manuscrits (c’est-à-dire dans la colonne de gauche du tableau), figure une liste non exhaustive de 46 versets suspectés d’avoir subi une manipulation qui n’est pas de pure forme ou accidentelle comme le serait une faute de copiste, mais qui est volontaire et porte sur au moins deux mots ; il s’agit très généralement d’une interpolation. Il est vrai que le retrait intentionnel de mots est, lui, par nature, plus difficile à démontrer (nous envisagerons un cas). Au niveau de la fixation des points diacritiques ou plus tard encore de la voyellisation, des glissements, délibérés ou non, ont pu apporter un sens nouveau 4 mais cela ne rentre pas dans le cadre des comparaisons traitées ici et qui portent sur le rasm ou “squelette consonantique”, selon une formule de David S. Powers. En pratique, nous sommes partis d’études antérieures 5 portant sur 35 des 46 versets suspects de manipulations que nous abordons ici ; des recherches autres nous ont fourni les données relatives aux sept autres (E. Puin, M. Lamsiah, D. Powers), ce qui est peu, nous en avons conscience, par rapport au nombre d’études actuellement disponibles et qui évoquent des manipulations substantielles de versets coraniques. Le tableau qui suit est seulement une première étape.
          En fait, il s’agit moins de « démontrer » quelque chose, que de percevoir des rapprochements entre d’une part ces manuscrits étudiés à l’aide de méthodes exégétiques, et d’autre part un certain contexte historique et idéologique qui éclaire la question « pourquoi » (notamment pourquoi telle manipulation ?). Il s’est avéré que ces rapprochements sont doublement féconds : ils apportent certaines lumières à la fois sur l’histoire du texte et sur la validité du contexte idéologique et historique envisagé.
          Des manuscrits précités, un seul apparaît être antérieur au règne de ‘Abd al-Malik (685-705), en tout cas au niveau de sa strate de palimpseste : celui de Şan‘ā’. La datation par la méthode au Carbone 14 d’un de ses feuillets indique une datation antérieure à 655, tandis que d’autres donnent des résultats divers ; il est permis de s’interroger sur la validité de cette méthode appliquée aux parchemins 6. En tout cas, l’analyse des variantes que nous verrons suggère une première écriture ou scriptio inferior remontant à la seconde moitié du 7e siècle.
      Dans son livre de 2009, Muḥammad is not the father of any of your men, David S. Powers rappelle :
Les sources rapportent qu’une campagne systématique en vue de détruire les manuscrits coraniques non conformes fut menée en deux occasions séparées : d’abord durant le califat de ‘Uthmân et à nouveau durant celui de ‘Abd al-Malik; et que celle en 45/665, les ṣuḥuf ou feuillets collectés par Zayd b. Thâbit pour Abû Bakr furent détruits par le gouverneur de Médine. Autant que je sache, les seuls chercheurs qui aient accordé une attention sérieuse à l’activité rédactionnelle commandée par ‘Abd al-Malik sont A.-L. de Prémare et C. Robinson” 7.
          Bien entendu, nul ne s’attend à retrouver, dans les manuscrits parvenus jusqu’à nous, un état du texte antérieur à ces époques de manipulations et de destructions. Et si même des versets idéologiquement divergents avaient subsisté, il est certain qu’un jour où l’autre, les folios les présentant auraient été retirés de ces manuscrits. Or justement, nous constatons que, dans ces manuscrits, les folios devant présenter les 46 versets suspects semblent manquer assez généralement. Bien sûr, on peut attribuer cette situation à une suite de coïncidences, mais sa fréquence reste surprenante, comme en témoigne le tableau qui suit.
          Cette étude se limitera à en commenter brièvement quelques exemples. D’abord, un mot sur le code des couleurs utilisées. Les cases blanches signifient l’absence du folio ; elle mentionnent souvent quand commence le folio suivant ou quel est le dernier. Les cases vertes indiquent que le verset existe avec son rasm comme il est aujourd’hui. Les cases orange alertent sur la visibilité de l’ajout. Enfin, les cases en vert clair manifestent la visibilité d’un ou de plusieurs mots manquants.

          La première colonne, à gauche, donne la liste des versets qui posent question au point de vue à la fois de l’analyse historico-idéologique et de celui de l’exégèse. Le cadre de l’analyse historico-idéologique qui a été privilégié ici a pour origine la piste entrevue dès les débuts de l’islamologie germanique puis développée à partir des années ’70 dans un milieu plutôt franco-moyen-oriental 8 : il s’agit de la piste de recherche « nazaréenne », parfois appelée aussi « ébionite »9, et que nous appellerons « judéo-nazaréenne » pour éviter toute confusion 10.
 

 
2. Les versets où il est question des « 
naṣārā »

Commençons par dix versets parmi les 46 que donne le tableau. Il s’agit justement des versets suspectés d’avoir été interpolés par une expression contenant le terme de « nazaréen » – « naārā » en arabe – ou « narāniy » au singulier comme dans le cas du verset 67 de la sourate 3, La famille de ‘Imrān. Les voici extraits du tableau général :
pas de folio /le folio commence par… /état du manuscrit non connu
le verset existe avec son rasm actuel
ajout visible
manque visible
Coran
Paris ar.328a
British Or.2165
Samarkand
Şan‘ā’ DAM 01-27.1 scriptio superior
DAM 01-27.1 scriptio inferior
E20 St Petersburg
/Tashkent

s.2:111
F.1r 2:275-281
F.1r 7:42–53
2:109-111 /
2:111-113

F.1r 2:246-250
 
2:30-2:47
puis 2:126-140

s.2:113
F.1r 2:275-281
F.1r 7:42–53
2:111-113 /
2:113-115

F.1r 2:246-250
 
2:30-2:47
puis 2:126-140

s.2:120
F.1r 2:275-281
F.1r 7:42–53
2:118-120 /
2:120-123

F.1r 2:246-250
 
2:30-2:47
puis 2:126-140

s.2:135
F.1r 2:275-281
F.1r 7:42–53
2:133-135 /
2:135-137

F.1r 2:246-250
 
2:126-140
s.2:140
F.1r 2:275-281
F.1r 7:42–53
2:137-140 /
2:140-142

F.1r 2:246-250
 
2:126-140
s.3:67
F.3v 34–43
puis 3:84–96

F.1r 7:42–53
3:65-67 /
3:67-70

F.6r 3:57-71
 
3:42-61
puis 3:95-112

s.5:14
F. 21v 5:6-14
F.1r 7:42–53
4:142-145
puis 5:85-5:88

pas de folio
 
5:10-17
s.5:18
F. 22r 5:15-23
F.1r 7:42–53
4:142-145
puis 5:85-5:88

pas de folio
 
5:17-28
s.5:51
5:23–33
puis 6:20–33

F.1r 7:42–53
4:142-145
puis 5:85-5:88

F.20r 5:49-61
 
5:46-54
s.9:30
F.40v: 8:13-25 F.41r: 9:66-73
F.11v 9:21-30 -12r 9:39
7:103-106
puis 11:47-49

F.31v 9:27-39
 
F.20v 7:206 – 8:1-9
puis 9:61-70


          Dans les quatre grands manuscrits, rares sont les folios dans lesquels figurent ces versets (ils manquent à 65%). Mais le fait le plus surprenant encore, c’est d’imaginer que les chrétiens se seraient jamais appelés « nazaréens » : ils n’ont jamais porté un tel nom, ni en Occident, ni en Orient. Tout cela est très suspect.
          Il y a plus suspect encore. Le Coran présente encore quatre autres occurrences du terme : s.2:62 ; 5:69 ; 5:82 ; 22:17. Souvent les traducteurs le rendent là par « Nazaréens » – même les traducteurs saoudiens de l’IFTA –, tellement le co-texte empêche d’imaginer que le terme puisse signifier là « chrétiens ». Mais dans les dix occurrences déjà mentionnées, « naārā » ne peut vouloir dire que « chrétiens ». Pourquoi ?
          A chaque fois de ces 10, une même raison joue : le terme de « naārā » se situe juste après celui de « yahūd » (ou éventuellement de « hūd ») désignant les juifs judaïques ; donc, le sens du mot ne peut qu’être celui de « chrétiens ». Six fois sur dix, le mot se trouve dans une formule très courte : « et les naārā » ou éventuellement « ou naārā » et les quatre autres fois, le parallélisme entre les Yahûd et les naārā est légèrement plus long 11. De plus, dans la sourate 5, on se trouve devant une contradiction totale entre le rejet des « naārā » affiché au verset 51 et l’amitié envers eux au verset 82. Faudrait-il supposer deux groupes différents ? Or, une rupture de rythme correspondant à la formule « et les naārā » est parfaitement décelable à la psalmodie du verset 51 – ainsi qu’Antoine Moussali, un grand spécialiste de la langue arabe, l’avait montré dès 1996.
          Tous les indices exégétiques convergent : ces dix parallélismes brefs ou longs sont artificiels, il faut en enlever la partie qui contient le mot « naārā ». La confirmation qu’il faut le faire tient au résultat : le texte redevient parfaitement cohérent et limpide. Et on voit qu’à ces endroits, il ne parle jamais que des Yahūd.
          Quelle est la signification idéologique de ces interpolations ? Pourquoi les avoir introduites dans le texte coranique ? Pourquoi fallait-il absolument que le terme de « naārā » fasse penser aux chrétiens, même au risque de graves incohérences internes ?
          Pour comprendre cet enjeu, il faut suivre la piste de recherche judéo-nazaréenne à partir des années 639-640. En résumé, c’est à ce moment qu’eut lieu la rupture de l’alliance arabo-nazaréenne, entre les initiateurs du proto-Islam que furent les judéo-nazaréens et leurs alliés arabes : cette rupture fut déterminante pour l’avenir. Les seconds se retournèrent contre les premiers pour affirmer leur souveraineté propre sur les conquêtes et dire qu’ils forment désormais l’Ummah choisie par Dieu pour dominer le monde, c’est-à-dire l’Ummah des Arabes 12. L’idée des Califes est d’évoquer une volonté nouvelle et explicite de Dieu – Dieu venant cautionner en quelque sorte le pouvoir désormais arabe établi sur une large zone du Moyen-Orient. Ce passage du proto-Islam à l’Islam actuel n’était possible qu’en occultant soigneusement le passé « nazaréen ». Or, comment y arriver mieux qu’en modifiant le sens même du mot qui le désignait ? Les Nazaréens prétendaient être les seuls vrais juifs et les seuls vrais chrétiens : c’est sans doute ce qui a suggéré l’idée de noyer le sens de « nazaréens » dans celui de « chrétiens » et d’intégrer ce glissement de sens dans le texte du livre de référence appelé « Coran ».
 
3. Le texte coranique : à partir de quoi et vers quoi ?
          Très tôt en effet, les Califes ont eu besoin de produire un texte qu’ils puissent exhiber face au Livre des juifs et des chrétiens. À partir de quoi est-il fait ? Pourquoi la langue araméenne affleure-t-elle si souvent, jusque dans les mots « Coran »13 et « sourate »14? Pourquoi sa connaissance permet-elle de corriger des erreurs de diacritisme, comme l’ont montré les travaux de Christoph Luxenberg (ainsi par exemple qu’une étude de Munther Younès sur la sourate 100, montrant en plus que son verset 3 est probablement un ajout 15) ? Quels sont ces feuillets ou șuḥuf que la tradition islamique dit avoir été rassemblés avec beaucoup de peine ? Pourquoi étaient-ils dépourvus de tout diacritisme, alors que celui-ci existait déjà pour une bonne part, comme on le sait aujourd’hui 16? Sur tous ces points, la piste de recherche judéo-nazaréenne apporte des éclairages.
          Si les feuillets du recueil coranique original sont des aide-mémoire divers en arabe récupérés des enseignants judéo-nazaréens, les quatre questions posées là reçoivent ensemble leur réponse. Vu que leur langue maternelle était l’araméen et non l’arabe, le ou les enseignants nazaréens des alliés arabes préparaient leurs prédications par écrit ; et quand on met par écrit pour soi-même, on ne perd pas du temps à s’occuper du diacritisme : on sait ce que l’aide-mémoire veut dire.
          La période des șuhuf s’étend du début du 7e siècle jusqu’à l’entrée dans Jérusalem au temps de ‘Umar. Elle se termine par le retournement des chefs militaires arabes contre leurs mentors appelés « naārā » (dans les quatre mentions coraniques originelles du mot). L’enjeu devient alors de justifier le pouvoir acquis sur un vaste territoire par un Livre qui dise en arabe que c’est Dieu qui a voulu ce pouvoir arabe. Étant dans l’impossibilité de produire un tel écrit, l’entourage arabe des Califes a voulu utiliser les aide-mémoire laissés en arabe par les Nazaréens en divers lieux : ne suffirait-il pas de choisir parmi ces écrits divers ceux qui conviendraient le mieux ? Mais détourner des textes de leurs signification première ne va pas sans poser rapidement de nombreux problèmes. « L’activité rédactionnelle », comme dit Powers, va devoir s’exercer pour longtemps – surtout jusqu’à ‘Abd al-Malik inclus –, en même temps que l’activité toute différente qui consiste à faire disparaître tous les recueils ou feuillets qui divergeraient – et ces destructions continuent après ‘Abd al-Malik.
          Avons-nous quelque indication d’un tel cadre historique et théologique dans les manuscrits anciens, malgré l’absence de nombreux Folios ? La réponse est oui, autour de la question de l’inspiration du texte coranique.
 

 
4. Un Coran inspiré, mais comment et par qui ?

          L’étude du palimpseste de Șan‘ā’ atteste que l’article « al » fut tardivement enlevé à la formule « ar-rūḥ al-qudus ». Or, une telle manipulation est loin d’être anodine 17. Dans le texte actuel, on trouve l’expression « rūḥ al-qudus » quatre fois dont trois dans un co-texte identique à propos de Jésus-‘Īsā qui est dit être assisté par Dieu grâce à Son « rūḥ al-qudus ».

Suppression de l’article “al-” de “ar-Rūḥ al-qudus”, l’Esprit Saint, de sorte que la signification [de [i]
devienne : l’esprit du Saint[/i]
(et s’accorde avec le récit islamique d’un ange dictant le Coran) :
 

Coran
Paris ar.328a
British Or.2165
Samarkand
Șan‘ā’ DAM 01-27.1 scriptio superior
DAM 01-27.1
scriptiones inferiores

TEXT :
s.2:87
|| s.:253

F.1r 2:275-2:281
F.1r 7:42–7:53
2:85-87 /2:87-89
sans al

Folio 2r : 2 scriptiones inferiores:
ancienne : “ar-rūḥ al-qudus*
récente : sans “ al- ” .

Nous l’avons assisté [Jésus] par l’– – –
s.5:110
5:23–5:33
puis 6:20–6:33

F.1r 7:42–7:53
5:109-110-113
sans al

 
 
Je l’assisterai par l’– – –
s.16:102
15:52–15:87
th 35:13-35:30

F.37v 16:94-106
sans al

16:97-16:101
puis 16:114-16:116

024004 16:102-106
sans al

 
L’ – – – a fait descendre
de la part de ton Seigneur


* Cf. Puin Elisabeth, Ein früher Koranpalimpsest aus Şan‘ā’, Teil I, in Inârah 3, Berlin: Schiller, 2008, p.476 + Teil III, Inârah 5, 2010, p.275
          Remarquons déjà que cette formule avec son article « al » a toujours été la manière dont les Arabes chrétiens appellent l’Esprit Saint. C’est aussi une formule normale pour les judéo-nazaréens quoiqu’ils rejettent la foi chrétienne, car elle est biblique ; simplement le sens est différent : pour eux, « Esprit Saint » est une manière de dire comment Dieu anime et soutient Son « Messie-Jésus »18. Cet arrière-plan permet de comprendre les diverses lecture possible du quatrième des versets où figure rūḥ al-qudus, le si important verset 102 de la sourate Al-Naḥl :
“L’Esprit Saint [ou [i]du[/b]
Saint] l’a fait descendre de la part de ton Seigneur avec la vérité, pour fortifier ceux qui croient et comme guidée et bonne nouvelle (bušra) pour les soumis (muslimūn)” (s.16:102).
          Ce verset mériterait une étude à lui seul, tellement il est chargé : on y trouve le mot « muslimūn » qui ne sera employé qu’à partir du 8e siècle de notre ère pour désigner les instruments du pouvoir califal arabe, c’est-à-dire les « musulmans »19: dans le Coran, le terme muslim a simplement le sens de soumis (et celui d’islām, le sens de soumission). On y trouve aussi le mot « bušra » qui signifie Evangile pour les Araméens et les Arabes chrétiens, au sens où le mot est employé dans le Nouveau Testament pour désigner l’ensemble des enseignements des Apôtres et des témoins. Et on y trouve l’expression ar-rūḥ al-qudus avec ou sans l’article en rapport avec quelque chose qui est descendu du Ciel par la volonté de Dieu et dont au moins le résultat est un écrit. Or, le co-texte est très polémique ; au verset 101 se lit l’accusation de faussaire, tandis que le verset 103 indique :
“Un homme l’enseigne assurément (innamā). La langue de celui qu’ils pointent est étrangère (ağamyy), tandis que ceci est de l’arabe pur et clair” (s.16:103).
          La discussion porte donc sur le fait que la langue de l’enseignant n’est pas l’arabe, et non sur le fait que celui qui enseigne serait un ange plutôt qu’un homme : c’est l’interprétation erronée donnée à l’adverbe innamā (seulement à la place de assurément – voir plus loin) qui fait penser que certains croiraient à l’intervention d’un ange, tandis que d’autres objectent qu’il s’agit seulement d’un homme.
          Ce qui nous intéresse dans le verset 102, c’est sa formule ar-rūḥ al-qudus : si l’on veut qu’elle désigne l’ange Gabriel, il faut alors supprimer le premier article, de sorte qu’au lieu de signifier « l’Esprit Saint », elle veuille dire : « l’esprit du Saint » c’est-à-dire un ange de Dieu. Le changement est radical et on peut le dater : il est lié à l’idée selon laquelle l’ange Gabriel a dicté le Coran à Muḥammad. Or cette idée est postérieure à 735, année autour de laquelle Jean de Damas écrivit simplement que Muḥammad reçut le Coran durant son sommeil. On peut donc avancer que la scriptio superior ou texte dernier du manuscrit de Şan‘ā’ et même sa seconde scriptio inferior – la plus récente donc – sont postérieures à l’an 735.
 

 
5. Diviniser le Coran et /ou le
rasūl ?

          Ceci montre à nouveau l’intérêt qu’il y a à comparer l’analyse idéologique (ou « théologique ») du texte coranique avec ce qu’indique la codicologie, à la lumière des apports de l’exégèse. Le palimpseste de Şan‘ā’ révèle une autre modification encore, en deux versets de la sourate Al-Baqarah, les versets 89 et 101 20; ici, il ne s’agit plus d’une suppression mais d’un ajout, et il est idéologiquement et historiquement significatif.
 
DAM 01-27.1 / scriptio inferior
moins ancienne

DAM 01-27.1 / scriptio inferior plus ancienne
Text :
s.2:89
Folio 2 r: avec “min inda Llāhi
sans “min inda Llāhi
un Livre leur vint d’auprès de Dieu
s.2:101
Folio 2 v: sans “min inda Llāhi
sans “min inda Llāhi
un messager leur vint d’auprès de Dieu

          Pour comprendre, notons d’abord que l’expression « mininda Llāhi » est plus forte que « min Llāhi » qui signifie simplement « de Dieu » ou « de la part de Dieu ». « Mininda Llāhi » veut dire : « d’auprès de Dieu », ou « venant de chez Dieu »21. Elle est présente dans dans le texte standard mais absente des deux scriptiones inferiores du palimpseste sauf quant à la scriptio inferior la plus récente du verset 89. Or, de quoi parlent ces deux versets ? Face à des gens qui ne le croient pas, ils affirment respectivement qu’un livre ou qu’un messager (rasûl) est venu d’auprès de Dieu. Ils sont donc idéologiquement très importants, vu que, pour le lecteur musulman, le messager ne peut qu’être Muḥammad 22 et le livre ne peut qu’être le Coran.
          Du point de vue de l’exégèse, il y a une grosse difficulté. Le Coran parle certes de messagers qui viennent de la part de Dieu (min Llāhi), mais jamais d’auprès de Dieu (mininda Llāhi) – sauf au verset 101 de la sourate 2 dans le texte standard –; cette expression est employée à propos des récompenses que Dieu donne 23, et, si une message mis par écrit est dit venir d’auprès de Dieu, c’est seulement dans un co-texte de polémiques avec les Yahûd qui produisent des écrits autres que ceux de la Bible tout en disant qu’ils viennent d’auprès de Dieu : le texte coranique leur en fait grief (s.2:79 ; 3:78). Or, le co-texte de nos deux versets reflète une telle polémique, il évoque Moïse, le veau d’or, et le Mont – assurément le Sinaï –, et ce sont les Yahūd qui sont visés par les désignations de kāfirūn 24 (v.89) et de “ceux à qui le Livre a été donné” (v.101). Pourquoi de telles polémiques ?
          Depuis le 2e siècle, le judaïsme enseigne que près de Dieu se trouve une Torah éternelle et que celle de Moïse vient donc « d’auprès de Dieu »; plus tard, c’est ce qui sera dit aussi de la « Torah orale » qui est consignée dans les Talmud-s. Mais ces commentaires bibliques ne sont pas tenus pour inspirés par les judéo-nazaréens, qui reprochent également aux Yahūd de ne pas croire à l’injīl, notamment dans un verset où on trouve justement mininda Llāhi :
“Venez donc avec un livre [venant] d’auprès de Dieu, qui soit meilleur guide que ces deux-là [il s’agit de la Torah et l’Evangile]” (s.28:49) 25.
          Les judéo-nazaréens ne disent jamais que l’Évangile vient « d’auprès de Dieu »: ils savent bien que Jésus n’est pas l’auteur de l’injīl–évangile, même si Dieu le lui a enseigné d’après la sourate La famille de ‘Imrān – versets 48-49 –, tandis que Moïse, lui, est considéré comme l’auteur de la Torah. Mais le co-texte est polémique. Le « Livre » dont parle le verset 89, et avant lui le verset 87, c’est l’Évangile “qui est venu” aux Yahūd mais que ceux-ci ont écarté. De même, le messager du verset 101, c’est le Messie-Jésus qui vient accomplir ce qui est dans le Livre – la Bible. Jamais la théologie judéo-nazaréenne n’aurait ajouté que Jésus vient « d’auprès de Dieu »: cela irait trop dans le sens de la foi chrétienne. Dans les strates anciennes de ces deux versets, il est donc normal que la formule mininda Llâhi soit absente.
          Il en va tout autrement de la lecture induite par la doctrine islamique qui va exalter le « rasûl Muḥammad ». D’abord, elle va imaginer un Coran céleste « auprès de Dieu » tout comme le fait le judaïsme pour la Torah. Au verset 89, le Livre “qui leur est venu” ne peut qu’être le Coran, et il faut qu’à cet endroit soit dit clairement que ce Coran est auprès de Dieu. C’est ce qui va être dire dès l’époque de la seconde strate du palimpseste.
          Ensuite, les théologiens islamiques vont appliquer le mot « rasûl » à Muḥammad aussi souvent que possible, notamment ici, au verset 101. Pourquoi ajouter qu’il vient « d’auprès de Dieu » comme ce sera dit du Coran (déclaré d’origine céleste ? Il y a une raison à cela : donner à Muḥammad un statut au moins égal à celui de Jésus. Historiquement, on sait que la question de sa non-mort a été soulevée et discutée – certains musulmans voulaient probablement le faire monter aux Cieux tout comme Jésus. Et c’est ce que le verset s.3:144 vient contredire curieusement (en tout cas selon l’interprétation que la lecture islamique donne du verbe halā ):
“Muḥammad est seulement un messager ; des messagers avant lui ont passé” (halā – s.3:144a).
Coran
Paris ar.328a
British Or.2165
Samarkand
Şan‘ā’ DAM 01-27.1
scriptio superior

DAM 01-27.1
scriptio inferior

+ St Petersburg E20
s.3:144
F.6v 3:140-151
F.1r 7:42–7:53
3:142-144 /
3:144-146

142213
 
3:112-3:131
puis 3:163- 3:179


 
          À titre d’illustration, voici les photos des premiers mots “wa mā Muḥammad ila rasūl” du verset 144 de la sourate 3 dans les folios 6v du Paris BNF arabe 328a,

et dans celui de Samarcande (Muḥammad ila rasūl) :

          En d’autres mots, l’ajout de la formule mininda Llāhi au verset 101 dans le texte standard témoigne d’un moment où le statut du « messager-Muḥammad » se discutait encore. Nous tenons là une trace indubitable des tâtonnements idéologiques qui ont secoué les fabricateurs du récit islamique au cours de la seconde moitié du 8e siècle, voire plus tard encore.
 

 
6. « Islamisation » de Jérusalem et sourate 17
Al-Isra

          Passons maintenant au fameux verset 1 dit du « voyage nocturne » qui a donné son nom à la sourate 17 Al-Isra’ – mais elle s’appelait auparavant Les fils d’Israël (Bani Isra’il) à cause du verset 2 26. Ce premier verset parle-t-il vraiment d’un voyage effectué une nuit par le messager-Muḥammad jusqu’à Jérusalem sur le dos de la jument ailée Buraq ? Qu’est-ce qui y fait penser ? Voici le texte des deux versets :
“Gloire à Celui qui, une nuit, fit voyager [avec] son serviteur de la Mosquée sacrée (masjid al-ḥarām) vers la Mosquée al-aqşâ dont nous avons béni l’enceinte, afin de lui faire voir certains de nos signes. Il est l’Audient, le Clairvoyant.
Et Nous avons apporté à Moïse le Livre duquel Nous avons fait une guidée pour les fils d’Israël en ceci : Ne prenez hors de Moi aucun protecteur ” (s.17:1-2).
Coran
Paris ar.328a
British Or.2165
Samarkand
Şan‘ā’ DAM 01-27.1 scriptio superior
DAM 01-27.1 scriptio inferior
+ St Petersburg E20
s.17:1
F.54v 15:52–15:87 puis F.55r 35:13-35:30
F.38v-39r
17:1-4
134180,
049027, 119120

 
Folio 11:2-11:14
puis 20:89-20:108


 
          Diverses questions se posent : quant à la longueur inattendue du verset 1, quant à sa mention de la Mosquée al-Aqşa de Jérusalem qui ne sera construite que sous ou même après ‘Abd al-Malik 27, quant à l’identité de la « Mosquée sacrée », et finalement quant à l’identité du serviteur que Dieu fait voyager : est-ce bien Muḥammad ?
Pour ce qui est de la Mosquée al-Aqşa, on peut toujours dire que Dieu révéla à Muḥammad le nom de la mosquée qui serait élevée plus tard et qu’on nomma al-Aqşa en fonction du nom qu’Il lui avait donnée en sachant qu’elle serait construite sous le nom qu’il lui aurait donnée – ceci ressemble à un cercle vicieux.
          Quant à la « Mosquée sacrée », l’exégèse soulève des difficultés. Dans la même sourate 17, le traducteur Hamidullah voit dans le verset 5 une allusion à l’invasion de la Terre sainte par Nabuchodonosor, et une autre à l’occupation romaine au verset 7 ; mais alors, les expressions « La Mosquée sacrée » (al-masjid al-ḥarām) et « la Maison sacrée » (al-bayt al-ḥarām) ne désigneraient-elles pas les restes du Temple de Jérusalem ? Heureusement, un verset indique :
“Dieu a fait [de] la Ka‘ba, la Maison sacrée, une station pour les gens (qiyām, un lieu où les gens se tiennent debout)” (s.5:97).
s.5:97
5:23–5:33
puis 6:20–6:33

LNS 19
cf. note 1

5:96-97
/ 5:97-100

pas d’image
 
5:95-106

 
          Mais l’auditeur supposé de Muḥammad a-t-il besoin de savoir que la « Maison sacrée », c’est la Ka‘ba ? De plus, une apposition explicative (ou badal) et un attribut (qiyām) à Ka‘ba, cela fait vraiment beaucoup. Enfin, il apparaît que, psalmodiée, la phrase est nettement mieux balancée et équilibrée si l’on enlève « la Maison sacrée » ou « la Ka‘ba », ainsi que l’a fait remarquer Antoine Moussali. Ces trois raisons conjointes indiquent une interpolation certaine. Primitivement, la phrase devait être par exemple celle-ci :
    “Allah a fait [de] la Ka‘ba, une station pour les gens” (s.5:97) – ce qui a du sens au regard de l’existence d’un haut-lieu Ka‘ba ailleurs qu’en Arabie (en Syrie).
          Est-ce qu’une partie du verset 1 de la sourate 17 ne serait pas, de la même manière, une interpolation ? Elle aussi évoque des lieux saints qui sont rapportés à ceux de l’Islam. De plus, on est devant un problème de rime. Une rime en “an” court tout au long de la sourate pour marquer la fin de chaque verset (et même les pauses)… sauf précisément au verset 1 (qui se termine en îru). Mais il présente cette rime en “an” à la fin du mot laïlan (de nuit). N’est-ce pas là que le verset s’arrêtait ?
          Enfin, il y a un troisième argument. Dans ce verset 1, le rasm بعبدة peut être lu aussi bien au singulier bi ‘abdihi, avec son serviteur, qu’au pluriel, bi ‘ibādihi, avec ses serviteurs, le alif (ā) étant connu pour manquer fréquemment au milieu d’un mot. Un exemple d’alif manquant est le mot ar-raḥmān qui devrait être écrit
, mais qui est écrit
. Autre exemple : le rasm
, peut être lu aussi bien au pluriel (ar-rīyaḥ,
) qu’au singulier (le vent) – c’est sous ces deux formes que des “grammairiens” de l’époque abbasside le lisent en s.18:45 28. Tous les coranologues connaissent l’imprécision de l’alif qui, sous sa forme suscrite, fait partie du diacritisme ajouté après coup.
      Il est donc possible de lire le rasm ‘abd comme un pluriel, et c’est même nécessaire si l’on tient compte des parallèles que l’on trouve dans le Coran :
“Nous avons révélé à Moïse ceci : fais partir mes serviteurs (‘ibādiy)” (s.20:77 || s.26:52).
      Ou encore : “Fais partir mes serviteurs (‘ibādiy) de nuit ; vous allez être poursuivis” (s.44:23) 29.
      En conséquence, il apparaît que les deux premiers versets de la sourate 17 forment un ensemble et qu’originellement, ils concernaient tous deux Moïse : 
“Gloire à Celui qui, une nuit, fit voyager ses serviteurs [à travers la mer Rouge]. Et Nous avons apporté à Moïse le Livre duquel Nous avons fait une guidée pour les fils d’Israël en ceci : Ne prenez hors de Moi aucun protecteur ” (s.17:1-2).
Et il faut voir la fabrication du « voyage nocturne » en lien avec la modification apportée au verset premier de la sourate 17 qui s’appelait « les Fils d’Israël ». De quelle manière ? Qu’est-ce qui a précédé l’autre, le récit du voyage, la construction de la masjid al-Aqşa ou encore l’interpolation au début de la sourate 17 ? Il en impossible de le déterminer actuellement. Ce qui est certain en tout cas, c’est le but recherché : depuis la rupture avec les judéo-nazaréens, l’importance cultuelle de Jérusalem ne pouvait plus se justifier. Il fallait la fonder d’une nouvelle manière : c’est ce que va permettre la légende de l’isra’ de Muḥammad.
Une fois encore, force est de constater que l’analyse idéologique recoupe celle de l’exégèse et s’accorde avec les indications de la codicologie – le plus ancien des cinq manuscrits, le Paris arabe 328a – ne présentant curieusement pas le Folio de ce verset.
 

 
7. Quand l’analyse idéologique se fait eschatologie : s.4:176…

          Passons maintenant à un ensemble de problèmes soulevés par le manuscrit arabe 328a de Paris et qui sont recoupés par l’analyse exégétique et idéologique présentée dans Le messie et son prophète à propos du verset 171 de la sourate 4 An Nisā’. Ceci terminera le survol que nous faisons du tableau dans le cadre de notre contribution.
Coran
Paris ar.328a
British Or.2165
Samarkand
Şan‘ā’ DAM 01-27.1 scriptio superior
DAM 01-27.1 scriptio inferior
+ St Petersbourg E20
s.4:171b
F.20r
4:160-173a

F.1r 7:42–7:53
4:142-4:145
puis 5:85-5:88

Folio Christie’s
4:171-5:10

lisible
4:170-4:176 30
à la place de 4:171b
versets
disparus

 
 
 
 
 
s.4:176
ajout visible en 20v: 4:173b-5:3a
F.1r 7:42–7:53
4:142-4:145
puis 5:85-5:88

Folio Christie’s
4:171-5:10

lisible
4:170-4:176

 
          Constatant que le Folio 20 verso présente 25 lignes plutôt qu’une moyenne de 22, et surtout que les six premières sont trop serrées et trop larges, David S. Powers conclut que le dernier verset de la sourate 4, le verset 176 a été composé et ajouté durant la copie même de ce manuscrit. Pourquoi titre-t-il une telle conclusion ? Parce que ce verset juridique n’a aucun lien avec les versets qui précèdent, et surtout parce qu’il introduit une doctrine nouvelle en matière d’héritage. Tout tourne autour du mot kalālah qui apparaît seulement là et précédemment dans la même sourate au verset 12.
         Or, Powers constate qu’il y a un gros problème en s.4:12. Là, le mot a été réécrit, et on peut voir que le mot gratté est kallah, c’est-à-dire belle-sœur.
                                                                 
 

                                                                Fig. 1 : “kallah” en s.4:12
          En inventant un nouveau mot (inconnu en arabe mais non en araméen 31), kalālah, et en lui donnant la signification de « sans descendant », les manipulateurs du Coran obéissaient à des injonctions juridiques en matière d’héritage : pour les sacraliser, ils ont modifié le sens et les consonnes du mot apparaissant en 4:12 et ils ont explicité leur nouvelle doctrine juridique au dernier verset 176 32. C’est ainsi que Powers a découvert que “des versets ont été ajoutés, révisés, et /ou enlevés du texte” et qu’il a compris que “l’ossature consonantique du Coran est restée ouverte et fluide durant trois quarts de siècle” 33.

Fig. 2 : Verso du Folio 20 actuel du BNF ar328a
 

- fin de la sourate 4 et début de la sourate 5

          Ces questions juridiques nous intéressent peu, elles sont tardives et recouvrent peu d’enjeux idéologiques. Ce qui nous intéresse davantage, c’est d’abord que le Folio 20 recto (voir ci-après) présente trop de lignes, elles aussi très chargées : 27, c’est à peu près cinq de trop.
          Si l’on y ajoute les trois lignes excessives du verso et les deux lignes vides, on arrive à un excès total de dix lignes pour le recto et le verso ensemble, et il faut encore y ajouter les 6 lignes du verset 176 supplémentaire, soit 16 lignes. Selon Powers, le copiste avait prévu de commencer la sourate 5 Al-Mā’ida au milieu du verso du Folio 20 actuel, mais il fut interrompu dans son travail au milieu de l’écriture de la sourate 4 : c’est la seule explication rationnelle. Cependant, il y a une anomalie plus grave encore que révèle Powers en passant : le troisième des cinq cahiers qui forment le manuscrit de la BNF ne compte que sept Folios, alors qu’il devrait en avoir huit. La photo qu’il donne p.185 est explicite : le Folio 20 primitif a été coupé, on en voit encore le talon.
          Comme l’actuel, ce Folio 20 primitif commençait par les deux derniers mots du verset 160. Et le verset 171 devait se trouver en bas du recto : c’est justement celui qui est idéologiquement et exégétiquement si suspect que l’on peut penser que le travail du copiste a été arrêté à cet endroit, c’est-à-dire tandis même qu’il écrivait le Folio 20 primitif, qui a été a été enlevé ensuite.

Fig. 3 : Recto du Folio 20 actuel du BNF ar328a
 

 

8. … l’ajout manifeste du sous-verset 4:171b …
          Il faut comprendre l’enjeu que représente le verset 171 dans sa formulation actuelle et peut-être aurons-nous du même coup un éclairage sur les lignes manquantes qui figuraient sur le Folio 20 primitif.
     Sous sa forme actuelle, ce verset 171 se présente clairement en deux parties :
“Ô gens du Livre, n’errez pas dans votre jugement [plutôt que : n’exagérez pas dans votre religion, comme l’a montré Christoph Luxenberg 34], et ne dites de Dieu que [[i]lā illā[/i]] la vérité. Le-Messie-Jésus (‘Ī), fils de Marie, est inna-mā le messager (rasūl) de Dieu, Sa parole qu’Il envoya à Marie, et un souffle (de vie [/url]35) venant de Lui ! Croyez donc en Dieu et en Ses messagers [c’est-à-dire en lui et en Moïse 36%3C/a%3E]. (s.4:171a)

Et ne dites pas : Trois. Cessez ! Ce sera meilleur pour vous. Inna-mā Dieu est divinité unique. Pureté à Lui ! Il aurait un enfant (walad) ? À Lui tout ce qui est dans les cieux et sur la terre. Et Dieu suffit comme protecteur” (4:171b).
          La seconde partie de ce verset s’en prend manifestement à la foi chrétienne et s’adresse spécifiquement aux chrétiens ; et donc, à cause de la première partie, les chrétiens sont considérés comme étant des « Gens du Livre ». Mais prise en soi, cette première partie (4:171a) exprime le reproche de ne pas reconnaître “le messie-Jésus” et s’adresse aux Yahūd – et ce serait uniquement eux les « Gens du Livre » au sens de l’ensemble du peuple de Moïse à qui le Livre a été donné 
37. Certes, en 4:171a, on lit habituellement : “Le messie Jésus fils de Marie est seulement le messager de Dieu”, c’est-à-dire que ce sous-verset s’adresserait en fait aux chrétiens qui croient que Jésus est davantage qu’un “messager de Dieu”. La preuve de cette « lecture » serait le fait qu’en 4:171b, on lit : “Seulement Dieu est divinité unique” – et donc cet adverbe inna-mā aurait effectivement le sens de seulement.
Mais cela sonne faux. Trois raisons indiquent une manipulation :
• La formule de 4:171b : “Inna-mā Dieu est divinité unique” est un hapax très anormal par rapport à la formule consacrée :
Pas de divinité sinon Dieu” ( Ilāh illā Llāh). De plus, le sens restrictif exprimé en arabe par lā… illā… (pas de… sinon…) se trouve justement dans la partie 171a :
Ne dites de Dieu que la vérité ( taqūlū alā Llāh illā l-ḥaqq)”. Pourquoi alors ne se retrouve-t-elle pas en 4:171b ? Y aurait-il deux manières d’exprimer la même restriction, une fois par lā illā et une autre fois par inna-mā ? Ou y a-t-il une manipulation intentionnelle ?

Car que signifie inna-mā ? Si l’on regarde les autres occurrences de cet adverbe, le sens n’est clairement pas restrictif :
“Les croyants sont assurément (inna-mā) des frères” (49:10).
Manifestement, il serait absurde qu’ils soient “seulement des frères” ! Déjà les neuf premières occurrences de l’adverbe (c’est-à-dire celles de la sourate 2 Al-Baqara) ne laissent planer aucun doute, en 2:107 en particulier :
             “[Les anges de la magie disent :] Assurément (inna-mā), nous sommes une tentation”,
car s’ils ne sont qu’une tentation, leur action ne serait pas bien grave – au contraire de ce que le Coran veut dire. Voyons encore deux autres exemples où l’adverbe ne peut signifier seulement sous peine d’absurdité :
             “S’ils se détournent, ils sont alors assurément dans le désaccord” (2:137)
             “Alors, le péché pèse assurément sur ceux qui l’ont changé [le testament]” (2:181).
De plus, étymologiquement, le sens de inna-māne fait aucun doute : cet adverbe est un composé de deux intensifs qui se renforcent : oui vraiment 38.
La conclusion s’impose : 4:171b contient une manipulation destinée à changer le sens de l’adverbe inna-mā en 4:171a, et cela pour deux raisons théologico-idéologiques :
― pour que les musulmans puissent se dire « Gens du Livre », il est décisif que le texte coranique dise que les chrétiens le sont (ce qui est le cas ici mais jamais ailleurs), sans quoi le schéma des trois religions successives ne fonctionnerait pas ;
― grâce au sens nouveau donné à inna-mā, le titre de Messie en 171a devient (seulement) un titre négligeable, ce qui est également décisif en vue d’asseoir le prophétisme de Muḥammad qui, sans cela, resterait toujours inférieur au Messie.
          Or, c’est tout le sous-verset 4:171b qui veut suggérer que le prédicateur s’adresse ici aux Arabes chrétiens. Aussi doit-il être considéré comme un ajout et fabriqué, pour une bonne part, d’emprunts faits au reste du texte : “Pureté à Lui ! Il aurait un enfant 39? À Lui tout ce qui est dans les cieux et sur la terre. Et Dieu suffit comme protecteur”.
      Enfin, la logique textuelle confirme que 4:171b est bien un ajout. En effet, tout le passage redevient étonnamment clair quand on le supprime :
“Ô gens du Livre, n’errez pas dans votre jugement, et ne dites de Dieu que [[i]lā illā[/i]] la vérité. Le-Messie-Jésus (‘Ī), fils de Marie, est assurément le messager de Dieu, Sa parole qu’Il envoya à Marie, et un souffle (de vie) venant de Lui ! Croyez donc en Dieu et en Ses messagers [c’est-à-dire en lui et en Moïse] (s.4:171a).
“Le Messie n’a pas trouvé indigne d’être serviteur (‘abd) de Dieu non plus que les anges rapprochés. Quiconque dédaigne de Le servir (‘abada, adorer) et s’enfle d’orgueil, Il (Dieu) alors les rassemblera tous vers Lui [pour le Jugement]” (s.4:172).
          L’affirmation de la Messianité de Jésus (v.171a), si chère aux judéo-nazaréens, s’adresse évidemment à ceux qui la refusent, les Yahūd ; le verset 172 s’adresse toujours à eux quand il dénigre la foi des Arabes chrétiens par l’astucieux jeu de mots entre ‘abd et ‘abada. Quand le prédicateur veut s’adresser aux chrétiens, il s’exprime autrement : il met leur foi frontalement en cause ; et de manière incisive, il utilise inna… illā (certes… seulement), une locution adverbiale qui a un sens très restrictif (tout au contraire de inna-mā, précisément) :
      “Inna hu illāabdun : Oui, lui [le fils de Marie, v.57] est seulement un serviteur” (43:59),

     ou encore en utilisant mā… illā (quel… sinon… ?) :
     “ al-Masyḥ ibn Maryam illā rasulun : Qu’est le Messie fils de Marie sinon un messager ?” (5:75).
Il n’y a donc aucun doute sur les destinataires du message de 4:171: les Yahūd. C’est à eux encore qu’ensuite le verset 4:174 précise que ce Messie est la “lumière manifeste” que Dieu a “fait descendre vers vous” – c’est-à-dire vers eux qui ne croient pas en lui –; il doit être cru car il est aussi parfait serviteur de Dieu que les anges (auxquels croient les Yahûd).

Ce message n’est autre que celui de la vieille foi nazaréenne 40 qui tient Jésus pour un Messie-Roi-serviteur, ni plus, ni moins. L’intentionnalité idéologique (et textuelle) de l’ajout que constitue 4:171b est toute autre 41. Et, comme on l’a vu, l’intentionnalité sous-jacente à l’ajout du verset final 4:176 est différente encore : elle est moins théologique que juridique. Or, deux gros ajouts si proches, qui se trouvent respectivement au recto et au verso de l’actuel Folio 20, cela fait beaucoup. D’autres manipulations ont eu lieu, dont témoignent la découpe du Folio 20 primitif, dont il ne reste plus que le talon ; mais ces manipulations-là ont consisté à retirer du texte.
À ce stade, deux remarques s’imposent :
• le manuscrit BNF de Paris, qui a été changé au cours même de sa rédaction, semble être devenu la norme des autres manuscrits anciens, même si le Folio concerné est absent de deux d’entre eux, le British Oriental 2165 et celui de Samarkand (ceci constitue peut-être un indice de datation).
• la suppression de plusieurs versets figurant sur le Folio 20 primitif doit avoir un rapport avec le verset 171a ainsi qu’avec ce qui le précède, en vertu de la cohérence des feuillets primitifs.
 
 
Fig. 4 : Le talon du Folio 20 primitif est très visible entre le Folio 19 (verso) et l’actuel Folio 20 (recto) 

 
9. …
et la suppression de versets entre 171a et 172
          Or que pouvons-nous dire ? Logiquement, il manque un long développement entre les actuels versets 171a et 172, qui concernent tous deux le Messie-Jésus – et ce passage devait s’adresser aux Yahūd. En effet, avant le verset 160, le texte explique que Jésus a été enlevé au Ciel : “Dieu l’a élevé vers Lui” (s.4,158). Les traditions islamiques ont conservé le souvenir de la prédication – typiquement judéo-nazaréenne – qui annonçait que Jésus redescendrait un jour du Ciel comme Messie et ferait advenir le Jugement, dont il est justement question aux versets 173-175. Entre-temps, il est retenu au Ciel 42.
          Cette doctrine se retrouve dans une vaste littérature guerrière et eschatologique qui prône une délivrance politico-religieuse mondiale de l’emprise du mal, et à laquelle se rattachent des livres comme les versions les plus tardives du quatrième Livre d’Esdras 43, les manuscrits les plus tardifs des grottes de la mer Morte, les Testaments des douze Patriarches (dont plusieurs se trouvaient dans ces grottes), ou encore le Codex Damascus où on lit :
“Ceux-là seront sauvés au temps de la Visite mais les autres seront livrés au glaive, quand viendra le Messie d’Aaron et d’Israël, ainsi qu’il fut au temps de la première visite” (CD-b 1,10) 44.
          Il s’agit donc bien d’une seconde visite. Un exposé sur la cohérence de la doctrine judéo-nazaréenne serait nécessaire, elle devrait faire l’objet d’un article en soi 45. Ce qu’il importe de percevoir ici est l’absence tout à fait anormale, dans le texte coranique, de toute allusion au retour matériel du Messie-Jésus sur le mont des Oliviers (d’où il était parti) – car, bien sûr, sa redescente sur un minaret de la mosquée des Omeyyades à Damas est une transformation légendaire tardive. Plausiblement, le passage manquant de la sourate 4 portait non seulement sur cette redescente et la victoire sur les armées de la terre entière, mais aussi sur la reconstruction du Temple. Or, que fut donc le Cube rapidement construit en 638 sur son emplacement par des « juifs » alliés aux Arabes 46 ? Cinquante ans après, à l’époque des copistes du manuscrit BNF ar.328a, ce même cube était en train d’être remplacé par l’octogone de ‘Abd al-Malik (terminé après 692). Le travail de ces copistes et ses aléas ont dû être intimement liés aux révisions doctrinales que ce Calife Omeyyade imposait à l’époque.
          Quel était le nombre de versets qui furent supprimés entre l’actuel verset 171a et le 172 ? Sans tenir compte du folio manquant, Powers (p.188-190) a essayé un réarrangement des versets simplement en enlevant la finale ajoutée à la fin de la sourate 4 (le verset 176) ; mais même ainsi, deux lignes au moins paraissent être de trop : il est obligé de postuler des lignes longues et chargées – un peu comme on le voit dès le début du Folio 20 actuel. De plus, dans ce cas, les copistes se seraient retrouvés avec un folio en trop à la fin de leur travail. En réalité, on est amené à poser simplement l’hypothèse de la non copie de 41 ou 42 lignes du manuscrit original (puisqu’il faut compter 22 lignes par face de Folio) ; le copiste avait commencé à les copier sur le verso du Folio 20 primitif, mais il s’était arrêté avant d’atteindre le Folio 21 (qui est devenu l’actuel Folio 20 après que le 20 primitif ait été coupé). Une telle quantité de lignes correspond à la matière doctrinale que l’on peut supposer avoir été exposée là primitivement.
 
10. Une fécondité à développer

          La confrontation entre les études codicologiques et les approches exégétiques appuyées par les analyses idéologiques est une voie qui n’a encore livré qu’une petite partie de sa richesse. La piste judéo-nazaréenne montre une importante validité et fécondité. Et en matière de codicologie, on peut penser qu’une étude minutieuse de l’ensemble du manuscrit même de Paris apporterait davantage encore de compréhension de l’histoire du texte que la seule étude de ses photos, en attendant peut-être la découverte de nouveaux fragments coraniques aussi anciens.
________________________________________________
1 Divers folios doivent être rattachés aux soixante-dix que compte le manuscrit parisien BNF ar328a, en raison de critères d’identité d’écriture, de format, de couleur d’encre et de nombre de lignes ; leur matière ne recouvre pas de versets étudiés ici, sauf dans le cas du dernier groupe de folios que nous n’avons malheureusement pas été en mesure de consulter. Il s’agit de :
• les fragments
Vaticani arabi 1605 et 1606 (recto 10:102-11:3 /verso 11:4-11:35) publiés en 1947 par Levi Della Vida,
• un autre, le KFQ60 (recto, fin de la sourate 11 et début de la s.12) dans la N.D. Khalili Collection, chez Khalil Nasser à Londres, et publié en 1992,
• et surtout les vingt-six folios de la Bibliothèque Nationale de Russie à Sant-Petersbourg (Marcel 18, f. 1-24 et 45-46). La conservatrice Olga Valentinovna Vasiljeva a pu nous donner accès à des copies correctes.

    Selon François Deroche, l’ensemble comptant 98 folios correspond approximativement à 45% du manuscrit qui devait compter entre 210 et 220 folios à l’origine (216 en toute logique, puisque le nombre doit être divisible par 8, huit folios formant une « main » ou
codex) – cf. La vulgate ‘uthmanienne et le témoignage des premiers manuscrits, in Urvoy Marie-Thérèse, Ethique et religion au défi de l’histoire, Versailles, éditions de Paris, 2011, p.76. Quant au manuscrit LNS 19 CA (5:89-100 et 5:120-6:12) exposé au Koweit, il appartient visiblement au ms British Or.2165 (diacritisme, format, couleur, etc.).

2 L’Académie scientifique bavaroise avait réuni 154 microfilms d’anciens Corans. En 1944, elle fut détruite par les bombes américaines et tout le monde crut que ces microfilms avaient disparu. En réalité, ils avaient été mis en lieu sûr par un jeune orientaliste, Anton Spitaler (1910-2003), qui servait auprès des troupes musulmanes du régime nazi. Après la guerre, au long de sa carrière de professeur à l’Université de Munich, celui-ci garda secrets les microfilms. En 1970, Günther Lüling, qui était chargé de cours, avait préparé une thèse doctorale analysant certains passages du Coran par rapport à des hymnes syriaques. Spitaler s’acharna à détruire la carrière universitaire de Lüling et favorisa celle de sa disciple Angelika Neuwirth. Mise au courant de l’existence des microfilms, celle-ci les reçut de Spitaler vers 1990, comme elle l’a admis après avoir nié leur existence durant vingt ans. Mais elle ne les a pas publiés.

3 Le projet berlinois de « Corpus Coranicum », annoncé à grand renfort de publicité en 2007, est une réaction de A. Neuwirth face aux études qui commençaient sur les photos de manuscrits coraniques ramenées de Şan‘ā’ par Gerd Puin. Cf. HIGGINS Andrew, The lost archive missing for a half century, a cache of photos spurs sensitive research on Islam’s holy text, in The Wall Street Journal, Saturday, January 12, 2008, page A /1-4 ; ou l’article du 15 janvier 2008 de Asia Times online, atimes.com/atimes/Middle_East/JA15Ak03.html.

4 Concernant des voyellisations inexactes, voir par exemple Blachère Régis, Le Coran, Paris, Librairie Orientale et Américaine, 1957, p.429 (sourate ar-Rūm 30:1-3) ; Sfar Mondher, Le Coran est-il authentique ?, Paris, 2000, p.19 (à propos de l’expression “muadd●qan li-mā bayna yada–” où ● représente la divergence déterminante quant au sens, entre les voyelles i ou a).

   Concernant des ponctuations diacritiques inexactes, voir par exemple Munther Younes,
Charging Steeds or Maidens Doing Good Deeds?: A Reinterpretation of Qur’ān 100, in Arabica 55, Leyden, Brill, dec. 2008, pp. 362–386 ; Angels, Stars, Death, the Soul, Horses, Bows – or Women? The Opening Verses of Qur’ān 79, in Reynolds Gabriel Said (dir.), New Perspectives on the Qur’ān: The Qur’ān in Its Historical Context 2, 2012 (actes du colloque de l’Université Notre-Dame, Indiana, 2011), Londres, Routledge, 2011.

5 De ces versets suspects, la liste a été établie sur diverses sources (mentionnées dans les notes de cet article), surtout de l’étude de Gallez E.-M. parue en 2005 : Le messie et son prophète (Versailles, éditions de Paris, 1 100 pages, 1 659 notes). Diverses parties de cette étude ou des compléments sont accessibles sur le web en français et en anglais (lemessieetsonprophete.com).
5 bis   Concernant la partie centrale du verset 6 de la sourate 61 (mentionnant aḥmad, voir Blachère Régis, Le Coran, o.c. p.593 ; Samir Khalil Samir (dir.), Actes du 3e Congrès international d’études arabes chrétiennes, collection Paroles de l’Orient vol. XVI, Kaslik, Liban, 1990-1991, p.311-326 ; GALLEZ Edouard-M., Le messie et son prophète, Versailles, éditions de Paris, tome II, 3.1.6.2 – 3.1.6.4 (= p.141-153 éd. 2005). Sur le web : lemessieetsonprophete.com/annexes/s.61,6_ahmad.pdf.

6 Selon le site islamique très apologétique islamic-awareness.org/Quran/Text/Mss/radio.html, le manuscrit Dam 01-27.1 de Şan‘a’ remonterait ainsi à avant 655 avec une probabilité de 91,8%. Ce résultat concerne la datation de la scriptio inferior (ou plutôt des deux scriptiones inferiores) de ce palimpseste, le texte supérieur apparent étant évidemment plus tardif. Cependant, l’équipe de Christian Robin (CNRS, Paris) a fait analyser également divers palimpsestes provenant de Şan‘ā’ et obtient des résultats parfois clairement aberrants, comme quand un palimpseste se voit situé à 95% de chances entre 430 et 499. Ces résultats ont été communiqués lors du colloque international « Les origines du Coran, le Coran des origines », tenu l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres (Paris) les 3 et 4 mars 2011.

7 Les ouvrages de A.-L. de Prémare sont bien connus en français ; celui de C. Robinson que cite David S. Powers est : ‘Abd al-Malik, Oxford, OneWorld, 2005, p.100-104. La citation de Powers est tirée de : Muḥammad is not the father of any of your men, Philadelphia, University of Pennsylvania Press, p.161)

8 Theodor Nöldeke s’était demandé quelles pouvaient être les sources orales de Muḥammad : il envisage alors l’influence d’une certaine doctrine « juive », souvent appelée « ébionite », qui aurait contribué ainsi à la naissance de l’Islam ; mais cette remarque reste marginale, dans un traité qui reste globalement peu critique (Geschichte des Qorâns, Göttingen, 3 tomes, 1860sq). Ce sont les bons connaisseurs du monde juif et chrétien qui ont mis réellement en lumière cet aspect déterminant de la recherche historique, comme David S. Margoliouth qui entrevit l’importance de certains « juifs » dans l’émergence de l’Islam (The Relations between Arabs and Israelites prior to the Rise of Islam, Londres, 1924), comme Hans-Joachim Schoeps qui évoque des « éléments ébionites dans l’Islam » (Theologie und Geschichte des Judenchristentums, Tübingen, Mohr, 1949, p.334-342), comme J.-M. Magnin, patrologue (Notes sur l’ébionisme, éd. Proche-Orient Chrétien, 1979 – qui réunissent les cinq articles parus in POC de 1973 à 1977), comme Joseph Azzi, islamologue libanais (Le prophète et le prêtre, paru d’abord en arabe en 1979), comme Patrcia Crone ou comme Alfred-Louis de Prémare (1930 - 2006), un islamologue qui avait une vaste culture biblique et parabiblique. Pour ne citer que les principaux.

9 « Ebionites » est une appellation parfois employée par les Pères gréco-latins de l’Eglise, mais non une dénomination : il s’agit d’un adjectif biblique signifiant « pauvres », et que s’appliquaient les Nazaréens non sans arrière-pensée revendicatrice (celui qui est le « pauvre de Dieu » est innocent en ce monde et est donc en mesure de revendiquer le contrôle de celui-ci, au nom de Dieu).

10 Le néologisme de « judéo-nazaréens » offre également l’avantage de rappeler l’origine lointainement judéenne de ce mouvement lié aux suites de la première guerre juive (66-70), alors que l’appellation de « judéo-christianisme » est devenue un fourre-tout où l’on range, non sans malice parfois, le christianisme apostolique (dont la grande Eglise de l’Orient [assyro-chaldéenne] est la continuation directe) et ses dérives qui lui sont radicalement contraires – comme le nazaréisme, précisément. C’est à ce mouvement que se rattache la littérature politico-guerrière (messianiste) post-chrétienne, écrite en araméen ou en hébreu, qui a été étudiée dans Le messie et son prophète, op. cit., tome I.

11 Ces occurrences ont été étudiées pour la plupart dans Gallez E.-M., “Gens du Livre” et Nazaréens dans le Coran : qui sont les premiers et à quel titre les seconds en font-ils partie ? in Oriens Christianus, 92, 2008, p.219-231 ; on peut trouver l’article sur lemessieetsonprophete.com/annexes/Ahl-al-Kitab_'gens-du-livre'.pdf (ou .htm). L’étude exhaustive est parue dans Le messie et…, volume II, p.247-253.

12 L’analyse co-textuelle des occurrences du mot « ummah » dans le texte coranique suggère que ce mot, quand il n’a pas le sens général (et biblique) de tribu (notamment à propos des douze « tribus » d’Israël, s.7:60), pointe vers la secte judéo-nazaréenne, ce qui apparaît de manière particulièrement frappante en 3:113 et en 7:159.

13 Dans le texte « coranique », si le mot « qur’ān » désigne un lectionnaire (selon le sens du mot en syro-araméen), il s’agit de celui que les judéo-nazaréens traduisirent pour leurs alliés arabes et auquel renvoient les occurrences authentiques du mot (plutôt qu’à un « Coran céleste ») ; les versets redeviennent alors très clairs.

14 Cf. lemessieetsonprophete.com/annexes/Surat-le_mot.pdf (ou .htm).

15 Cf. Munther Younes, Charging Steeds, op. cit.

16 Cf. lemessieetsonprophete.com/annexes/Coran_&_diacritisme-II.pdf (ou .htm).

17 Les Chrétiens arabes n’ont jamais parlé de l’Esprit Saint qu’avec la formule ar-Rūḥ al-Qudus, qui comprend l’article al devant le substantif et qui est biblique (רוּחַ קָדְשׁוrūaḥ qadəš-ū, son Esprit Saint, Is 63:10.11 ; Sg 1:5 ; 9:17 ; רוּחַ קָדְשׁךrūaḥ qadəš-kā, ton Esprit Saint, Ps 51:11 ; Mt grec ou araméen 1:18.20 etc. – sinon le sens serait différent : l’esprit du Saint). Elisabeth Puin suggère arbitrairement que la présence de l’article serait facultative (cf. note suivante).

18 Cette expression « al-Masiḥ ‘Īsā » se lit quatre fois dans le Coran (le titre de « Masiḥ » apparaissant onze fois en tout et toujours à propos de Jésus).

19 Avant de s’appeler muslimūn (ceux qui sont soumiscf. lemessieetsonprophete.com/annexes/musulman.pdf), ils s’appelaient simplement « muhāğirūn », c’est-à-dire ceux qui ont fait l’Hégire.

20 Cf. Puin Elisabeth, Ein früher Koranpalimpsest aus Şan‘ā’, Teil I, in Inârah3, Berlin: Schiller, 2008, p. 477.485.

21 On peut traduire aussi « mininda Llāhi » par « de chez Dieu », à la manière du langage courant qui dit : ils sont “sortis de chez toi (min inda-ka)” (4:82), ou simplement par de, comme on dit : cela lui est venu “de lui-même” (2:109) ou “d’eux-mêmes” (3:16), etc.

22 En ce verset 2:89, il est possible d’appliquer le mot de « messager » (rasūl) à l’ange Gabriel ; mais cela ne se voit nulle part dans le Coran.

23 En plus des deux versets s.2:89.101, « mininda Llāhi » apparaît en s.2:103 ; 3:37 [pour Marie]; 3:126 [à propos d’une victoire]; 3:195 ; 3:198 ; 4:78 [d’une récompense ou punition]; 8:10 [d’un secours]; 24:61 [de salutations]; 41:52 ; 46:10 [d’un message]. Il faut ajouter les formules équivalentes où « Llāh » est mentionné sous un pronom personnel: s.3:7 [à propos d’un livre ou message]; 5:52 [d’une victoire ou d’un ordre]; 8:32; 9:52 [d’un châtiment]; 10,76 [de la vérité]; 11:28 [d’un message]; etc.

24 Les reproches exprimés par la racine kfr se rapportent aux Yahūd et à eux seuls, comme cela a été montré dans : La racine kfr, importance et significations biblique, post-biblique et coranique, in Le texte arabe non islamique, Studia Arabica vol. XI, éditions de Paris, 2009 (colloque de Toulouse, 22-23 octobre 2007), p.67-87 – cf. lemessieetsonprophete.com/annexes/kfr.htm.

25 Un autre verset utilise la formule mininda Llāhi et évoque expressément le lectionnaire-qur’ān en usage : “S’il [ce lectionnaire] provenait d’auprès d’un autre que Dieu, ...” (s.4:82).

26 Ibn ‘Ashur, 15.5.

27 Selon Bernard Flusin, la construction de la Mosquée al-Aqşa est postérieure à 710 – cf. L’esplanade du Temple à l’arrivée des Arabes, in Bayt al-Maqdis. Abd al-Malik’s Jerusalem part 1, Oxford Studies in Islamic Art xi, Oxford Univ. Press, 1992 p.30.

28 Al-Khatib (5:228) explique que certains ont lu le rasm ryḥ (sans alif) au singulier (vent) et d’autres au pluriel, ce qui montre bien que l’alif comme marque du pluriel est souvent un ajout diacritique.

29 Selon la traduction de Palmer. On peut citer ce verset encore : “Quand Moïse fut parti de nuit avec sa famille…” (s.28:29).

30 Le recto du Folio du manuscrit de St Petersbourg qui contient le verset 4:171 commence par le verset 170. Une partie importante du coin supérieur droit a été réécrit dans un style d’écriture différent et avec deux ajouts non significatifs : الذي (aladi, lui, le messager) sur la 1ère ligne, et ما في (mā fī, ce qui est [sur la terre]) sur la 3ème ligne.

31 En effet, une vieille racine araméenne, kelyla’, couronne, donne le mot kalalè’>, qui a le sens liturgique de « martyrs » – littéralement : ceux qui ont été couronnés (au Ciel), comme Christoph Luxenberg nous l’a indiqué (cf. Dictionnaire Köbert [[i]Vocabularium Syriacum[/i]], Rome, 1956, p.95). Il est permis de penser que le manipulateur de ce verset coranique est un lettré araméophone légèrement moqueur : puisque la cour du Calife exigeait de lui qu’il trouve à remplacer le mot kallah, il a « inventé » un mot qui existait déjà, à la barbe des Arabes qui n’y ont rien vu.

32 Ce cas de fin de sourate interpolée est loin d’être unique. Le long verset final s.48:29 en est un autre exemple : de nombreux indices, auxquels s’ajoutent des raisons doctrinales, montrent que ce verset 29 formant la fin actuelle de la sourate 48 al-Fatḥ peut être considéré comme une insertion – elle s’arrêtait au verset 28 –; ils ont été exposés dans Le Messie et…, tome II, p. 358-368.

33 “L’évidence littéraire et documentaire étudiée dans cette monographie suggère que l’ossature consonantique du Coran est restée ouverte et fluide durant ¾ de siècle [= jusque vers 700], entre la mort du prophète et le califat de ‘Abd-al-Malik. Le procédé de fixation de cette ossature fut rempli d’erreurs. Des problèmes furent identifiés et résolus, des erreurs furent corrigées, des versets ajoutés, révisés et /ou retirés du texte” (Powers David S., Muḥammad is not…, o.c., p. 227).
L’étude du Folio 20 primitif manquant se situe plus spécialement aux p.184-196.


34 Traduire “lâ taġlû fi dynikum” par “N’exagérez pas dans votre religion” n’a pas de sens. Comme l’explique Christoph Luxenberg, ceci doit être rendu selon le syro-araméen, de la sorte : “N’errez pas dans votre jugement” (cf. Neudeutung der arabischen Inschrift im Felsendom zu Jerusalem, in Die dunklen Anfänge, neue Forschungen zur Entstehung und frühen Geschichte des Islam, Berlin, Hans Schiler, 2005, p.136. Tout le monde peut vérifier que, dans le Coran, le mot “dîn” ne présente pas le sens de religion (c’est celui du mot “millah), mais bien celui de Jugement, comme on le voit dès le verset 4 de al-Fâtiḥah: “Maître du Jour du Jugement” (et non du “Jour de la Religion”!).

35 Dans l’arabe ancien comme en hébreu et en syro-araméen, le mot ruḥ signifie à la fois vent et esprit ; c’est la langue arabe classique qui différencie maintenant ruḥ (esprit) de rîḥ (vent – la racine reste la même).

36 Il est cependant possible que le texte originel de s.4:171a ait indiqué ici : Croyez donc en Dieu et en Son Messie. C’est ce qu’indique une traduction syriaque du Coran, faite au plus tard au 10e siècle, qui était certainement complète, mais seuls quelques passages nous sont parvenus grâce à Denys Bar Salibi (m. 1171), évêque d’Amid, dans son Traité contre les musulmans (cf. Mingana Alphonse, An ancient Syriac Translation of the Kur’ān exhibiting new Verses and Variants, Manchester / London, University Press, 1925, p.4.6.27.41). Ceci qui ne change pas le sens de fond, à savoir d’être un appel à croire en Jésus, rasūl et Messie.

37 Si l’on regarde les occurrences coraniques de ahl al-Kitāb, il apparaît clairement qu’elles désignent les Juifs dans leur ensemble, en tant qu’ils sont les héritiers et propriétaires légitimes de la Bible – quitte à préciser ensuite que certains en font une lecture juste et d’autres non – cf. lemessieetsonprophete.com/annexes/Ahl-al-Kitab_'gens-du-livre'.pdf.

38 De plus, dans un livre à paraître, Christoph Luxenberg indique que l’adverbe arabe ’inna + correspond exactement au syro-araméen ên + qui signifie : “Oui, assurément”! Cette correspondance s’ajoute à la liste déjà longue qu’a ouverte cet auteur (cf. Die syro-aramäische Lesart des Koran. Ein Beitrag zur Entschlüsselung der Koransprache, Berlin, Das Arabische Buch, 2000).

39 Le terme walad employé en 4:171b relève d’une polémique déloyale contre la foi chrétienne. Les chrétiens arabes n’ont jamais dit que Dieu avait un enfant-walad mais un fils-Ibn (au sens figuré ou analogique du mot). Cette polémique se retrouve en d’autres passages coraniques.

40 Voir notes 9 et 10.

41 Cette intentionnalité ne fait pas partie de ce qui est « religieusement correct » à aborder. C’est sans doute la raison pour laquelle, quoique très empressés d’imaginer dans les évangiles toutes sortes de manipulations, nombre d’exégètes n’en remarquent aucune dans le Coran – voir lemessieetsonprophete.com/annexes/Questions-debat.htm#RecensionGnilka.

42 Cette doctrine apparaît par exemple dans ce passage du quatrième Livre d’Esdras : “Quant au lion,... c’est le Messie que le Très-Haut a mis en réserve pour la fin des jours. Il se lèvera de la race de David, [...] jusqu’à ce que vienne la fin, ce jour du Jugement dont je t’ai parlé au début” (4Esdras 12,31-34 – Ecrits intertestamentaires, Paris, Gallimard, 1987, p.1452-53).

   Ou dans celui-ci : “Cet Homme que tu as vu monter du sein de la mer, c’est lui que le Très-Haut tient en réserve depuis longtemps pour délivrer sa création [...] Lorsqu’arriveront ces signes que je t’ai montrés par avance, alors sera révélé mon fils, cet Homme que tu as vu montant de la mer” (4
Esdras 13,25-32 – Ecrits…, p.1457).

43 Le quatrième Livre d’Esdras évoque les 400 ans de règne du Messie revenu après une mise en réserve au Ciel (4Esdras 7,28-31 – Ecrits…, p.1420sq.), ce qui n’est pas sans faire penser aux 40 ans de vie que la tradition islamique attribue au Messie-Jésus après son retour sur la terre – après quoi il meurt et le Jugement final advient.

44 Ecrits…, p.161

45 Pour donner une idée, voici l’analyse thématique de passages messianistes dans plusieurs des livres de cette mouvance (cf. Le messie…, tome I, p.181 et lemessieetsonprophete.com/annexes/quatre.htm), avec la mention du pourcentage des manuscrits donnant le texte (il apparaît ainsi improbable qu’il s’agisse d’interpolations « chrétiennes » – faussement, au demeurant : aucun chrétien ne se serait exprimé de la sorte, car il est question d’une descente de Dieu sur son Messie, non d’une union en lui, déjà enfant) :


http://www.lemessieetsonprophete.com/annexes/alterations-et-codicologie-cor…46 Selon la Chronique de Sebêos (xxxi), ce Cube avait été construit par des « juifs » : “Les juifs construisirent là un lieu de prière pour eux-mêmes […] Mais les Ismaélites les jalousèrent et les expulsèrent de l’endroit” – et ils durent se contenter d’un lieu marginal sur l’esplanade (cf. Macler Frédéric, Histoire d’Héraclius par l’Evêque Sebêos, Paris, 1904, p.102-103).

   Ces données sont recoupées par deux
apocalypses mises par écrit au 8e siècle. La première, appelée les Secrets de Rabbi Simon ben Yohay, donne à lire cette prophétie ex eventu : “Le deuxième roi qui se lève en Ismaël [c’est-à-dire en fait ‘Umar] réparera les brèches du Temple” (citée par Crone et Cook, Hagarism, The Making of the Islamic World, Cambridge University Press, 1977, p.5 /note 21).

   Et la seconde est une apocalypse qualifiée de « judéo-arabe » par son découvreur, Israël Lévi (il la date de vers 750) ; dans un des fragments, on lit que Mu‘âwîyah (660-680) a “restauré les murs du Temple”, et l’auteur « juif » de ce document “célèbre la construction d’une mosquée sur l’emplacement du Temple, comme si c’était le rétablissement de cet édifice”, remarque Israël Lévi non sans étonnement (
Une apocalypse judéo-arabe, in Revue des Etudes Juives[/i], t.67, n° 133, 1914, p.178-182).
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PostPosted: Fri 25 Nov - 17:00 (2016)    Post subject: L'islam est né d'une secte juive ébionite Reply with quote

Marmhonie

Prendre conscience que l’islam repose sur une imposture historique, une supercherie, une manipulation.


« Il faut que le grand public ait conscience que l’islam repose sur une imposture historique, une supercherie, une manipulation »  Olaf auteur de « Le grand secret de l’islam »
Depuis la tuerie de Charlie la vente du coran part en flèche. Plus de gens savent ce qui est écrit dans ce livre moins on va pouvoir raconter de carabistouilles.  
Actuellement la mode c’est de savoir s’il faut considérer le gentil coran de la Mecque ou le méchant coran de Médine… Mais cela n’est qu’une “discussion interne”. Par contre ce qui regarde tout le monde et surtout les disciples de Mahomet, c’est ce que les chercheurs, historiens et linguistes ont découvert au sujet de leur livre et qui contredit le credo selon lequel il serait tombé du ciel, tel quel, parole divine et parfaite donc intouchable.
 
Pour une première approche il suffit de lire sur Internet
http://fr.wikipedia.org/wiki/Coran
première remarque:  il n’est pas correct de dire qu’il n’existe pas de versions primitives du coran puisque, entre  autres, on a trouvé en 1972  les manuscrits de Sana’a qui datent des VII° et VIII° siècles
http://fr.wikipedia.org/wiki/Manuscrits_de_Sana'a
 
Luxenberg écrit en 2000 en allemand:
<< « Lecture syro-araméenne du Coran : une contribution pour décoder la langue du Coran » dont il ressort que les sources du Coran proviendraient de l'adoption de lectionnaires syriaques destinés à évangéliser l'Arabie.>>
 
Pour Robert Kerr,
<<les premiers corans ne sont pas écrits en alphabet sud-arabique mais en arabe d'Arabie Pétrée (Syrie, Jordanie, Iraq actuelles) (…) le Coran n’a [donc] pris naissance ni à La Mecque, ni à Médine >>
 
Pour Silvia Naef :
<< prof à l'Université de Genève, les premiers corans furent rédigés dans une écriture arabe sommaire (le hijâzî) qui permet des lectures complètement différentes.>>
 
François Déroche
<< La véritable fin de la "rédaction" du coran a lieu près de trois siècles après les fragments de Sana'a70. (…) "La période omeyyade a été témoin d'un véritable bouleversement en matière de transmission manuscrite du texte coranique. >>
 
Anne-Marie Delcambre publie en 2003 « L’islam des interdits » qui explique l’islam le plus simplement possible.
 
En 2004 Mordillat et Prieur publient  « Jésus après Jésus, l’origine du christianisme »
ARTE en fait une série de transmissions.
Dans ce livre ils parlent aussi du coran et citent
 
Guy Stroumsa : « Nombre d’indices nous laissent voir des traditions judéo-chrétiennes, araméennes, hérétiques chrétiennes et peut-être même manichéennes à l’origine du texte que nous appelons le coran.  Mais comme de moins en moins de chercheurs musulmans savent l’hébreu et l’araméen, leur réflexion sur le coran ne se fait plus qu’à l’intérieur de l’islam, dans un cadre islamique orthodoxe. Il me semble pourtant essentiel de se rendre compte à quel point nous devons relire le coran dans son substrat juif et chrétien »
 
Jacob Taubes : « Aujourd’hui, grâce à des manuscrits arabes, nous possédons des documents qui attestent l’existence de juifs chrétiens jusqu’au X° siècle. Ce qui révolutionne d’ailleurs la préhistoire de l’islam, dans la mesure où Mahomet n’a pas mélangé dans sa tête échauffée des traditions chrétiennes et juives, ni inventé quoi que ce soit sur cette base, mais il a très exactement absorbé la tradition judéo-chrétienne  et l’a reproduite dans le coran »
 
Sami Aldeeb a traduit et « remis en ordre » les textes du coran
http://www.blog.sami-aldeeb.com/2014/01/31/entre-lislam-de-la-mecque-et-lis…  “Seule la vérité peut sauver les musulmans et le monde de ces heures sombres que nous vivons. »
« Je prophétise la fin de l’islam »
http://www.lesobservateurs.ch/2013/01/24/sami-aldeeb-je-prophetise-la-fin-d…
 
J.J. Walter  a mis le coran sur ordinateur et l’a analysé selon la « théorie des codes » et en déduit que
http://ripostelaique.com/lautopsie-du-coran-par-jean-jacques-walter/
Le coran a été écrit sur un arc de 200 ans, l’histoire de Mahomet y a été ajoutée 150 ans après sa mort par un des nombreux auteurs des textes.
“Le fruit de cette recherche rigoureusement scientifique augure une nouvelle orientation dans l’islamologie et démasque les théories obscurantistes des défenseurs d’un Coran incréé. L’auteur en profite pour identifier la nature même de l’islam qui, en aucune manière, « ne peut être une religion fondée par un prophète inspiré, mais une idéologie politique fabriquée par un pouvoir ultra-dominant en l’espace de deux siècles. Ses concepteurs lui ont donné la forme apparente d’une religion afin de tirer parti du pouvoir sur les esprits que possède toute religion ».

 
Quant aux représentations de Mahomet, il suffit de digiter sur google « Mahomet images » ou bien
http://www.zombietime.com/mohammed_image_archive/
Pour découvrir les représentations même dans le monde musulman.
 
Dans « Aristote au Mont saint Michel » Sylvain Gouguenheim explique que pour les chercheurs musulmans « la recherche » consiste à « creuser » dans le texte du coran mais sans en sortir contrairement aux chercheurs occidentaux pour qui la recherche se base sur l’étude comparée, critique, linguistique et historique.
 
Cette étude critique a été faite au sein du christianisme ; en venant en Occident l’islam a mis le coran sous la loupe des chercheurs occidentaux.
Les horreurs commises au nom de l’islam contraignent tout le monde à s’informer, à lire le coran, mais surtout les études qui lui sont consacrées et dont on trouve une vaste documentation sur Internet.
 
Enfin de nombreuses personnes essayent de décrypter la situation actuelle et de briser les tabous comme le fait
Aldo Sterone
https://twitter.com/aldosterone111
qui explique dans des vidéos ce qui est en train de se passer au Moyen Orient : le “Califat” actuel répète les horreurs qui ont été commises par le premier califat c.-à-d. l’assassinat de la famille du prophète (ahl al bayt) , l’attaque de Médine avec l’extermination de ses habitants et le viol des femmes et ensuite l’attaque de la Mecque… “ils ont même brûlé la Kaaba”, ce qui n’est pas fait pour rassurer la famille royale d’Arabie… “si t’es musulman et tu n’as jamais entendu ces histoires je t’invite à faire des recherches car on t’a menti, on a menti à toi, à tes parents, à tes grands-parents…”
 
De plus en plus d’Occidentaux s’offrent pour aider les musulmans “à se libérer de l’abominable carcan qu’est l’islam” cet islam qui “n’est pas une religion mais une machination politique de domination” Il faut lire l’article de Lucien Daly
http://www.enquete-debat.fr/archives/la-seule-laicite-est-impuissante-la-ve…
dans lequel se trouve une intéressante audio de mon amie Leila Qadr qui analyse “les trois visages de l’islam” ^_^[/quote]
 
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PostPosted: Mon 28 Nov - 16:36 (2016)    Post subject: L'islam est né d'une secte juive ébionite Reply with quote


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PostPosted: Mon 9 Jan - 16:48 (2017)    Post subject: L'islam est né d'une secte juive ébionite Reply with quote

NAZARÉENS AUX SOURCES DU CORAN

    Des thèses, largement vérifiées, de Bardet, Théry et Bertuel : Le Coran est l’œuvre des nazaréens et en occurrence d'un prêtre judéo-chrétien (Waraqa Bin Nawfal), qui a converti Mahomet et les arabes au monothéisme (thèse expliquée en détail dans le grand ouvrage de Joseph Bertuel : « L'Islam : Ses véritables origines »). Les discours et les allocutions de Mahomet, qui composent les sourates du Coran, tirent essentiellement leur racines sur les textes de la secte des nazaréens.



    Le Coran.

    La création du Coran et du monothéisme arabe appelé Islam serait l’œuvre des nazaréens (secte des judéo-chrétiens), l'un d'eux est judéo-nazaréen, il s'appelle Waraqa Bin Nawfal, prêtre de la secte à la Mecque à l'époque de la jeunesse de Mahomet. Il est cousin à Khadija, la première femme de Mahomet, une juive convertie au christianisme de la secte nazaréenne des judéo-chrétiens.

    DES HADITHS AUTHENTIQUES ATTESTENT :
    Des hadiths de Aïsha en parlent de Waraqa :

    (...)

    (Sahih Al-Bukhari, Volume 4, Book 55, Number 605) : « Le Prophète retourna vers Khadija tandis que son coeur battait rapidement. Khadijâ le conduisit chez son cousin Waraqa bin Nawfal ibn Asad ibn 'Abd al-'Uzzä ibn Ouzzä. Celui-ci avait embrassé le christianisme lors de son âge d'ignorance, et il avait pris l'habitude de transcrire l’écriture hébraïque et l'Injil de l'hébreu, tant que Dieu lui en avait accordé la force de le faire. Waraqa était très âgé et il était privé de la vue .... ».

    (Sahih Al-Bukhari, Volume 9, livre 87,111) : « ... Waraqa était le fils de son oncle paternel, c'est à dire le frère de son père, qui pendant la période pré-Islamique était devenu un chrétien. Il savait tracer les caractères hébraïques et avait copié en hébreu toute la partie de l’Évangile qu’Allah avait voulu qu’il transcrivit. Il était âgé et était devenu aveugle .... ».

    (...)

    Waraqa a probablement influencé fortement Mahomet. En effet, Bukhari disait ceci : « Lorsque Waraqa est décédé, la révélation s’est tarie ». Cela montre qu'il était l'inspirateur de Mahomet pour l'écriture des Sourates. Lorsque Waraqa est mort, Mahomet n'en a plus écrit.

    La (Sourate 16, 105). : montre d'ailleurs que les Arabes soupçonnaient cette influence de Waraqa : « Certes nous savons que les infidèles disent : + Cet homme a seulement pour maître un mortel ! + Mais la langue de celui auquel ils pensent est une langue barbare, alors que cette prédication est en claire langue arabe ».

    D'autres hadiths principaux le mentionnent, qu'il a joué un rôle significatif :

    (...)

    Voici ce qu’écrit (Al Boukhari, Sahih, Livre 1, Chapitre 1) : « Cet homme (Waraqa Ibn Nawfal) qui était cousin de Khadidja du côté de son père, avait embrassé le nazaréisme avant l’apparition de l’islam. Il savait écrire l’hébreu, et avait copié en hébreu toute la partie de l’évangile que Dieu avait voulu qu’il transcrivît ».

    Autre citation de (Al Boukhari, Sahih, Livre 1, Chapitre 1) : « Le prêtre Waraqa écrivait le Livre hébreu. Il écrivait de l’évangile en hébreu ce que Dieu voulait qu’il écrivît ».

    Ibn Kusaïr, Biographie du prophète, 1, 386. Abû al-Faraj al-Isfahânî, Kitâb al-agânî, (Le livre des chants). Abû al-fida Ibn Kathîr, Tafsîr al-qur’ân, (Explication du Coran), une copie de l’ouvrage de Tabari.et al-Isfahânî et Ibn Kathîr donnent la même information : « Ce texte indique que Waraqa était un prêtre nazaréen ». Le fait qu’il ne mentionne qu’un seul évangile le signifiait également, et nous en verrons encore d’autres attestations.

    Muslim, compilateur de l’un des six recueils principaux, très célèbre, mais moins cependant que celui d’Al Boukhari, cite le même hadith, avec cependant une différence significative, (Muslim, Sahih, I, 78 et 79) : « Le prêtre Waraqa écrivait le Livre arabe. Il écrivait de l’évangile en arabe ce que Dieu voulait qu’il écrivît ».

    Dans la Sira (ce qui signifie l’histoire) d’Ibn Hichâm, écrite 200 ans après la mort de Mahomet, unique biographie n’ait pas disparu, on peut lire (Ibn Hicham, Sira, 1,175 et 203) : « Waraqa était devenu nazaréen et avait suivi les livres et appris la science des hommes ... Il était excellent connaisseur du nazaréisme. Il a fréquenté les livres des nazaréens, jusqu’à les connaître comme les gens du Livre ».

    Au début du dixième siècle, près de trois siècles après la mort de Mahomet, Al Yaqûbî publia un recueil de sermons attribués à Mahomet, dans lequel il écrit (Al-Yaqubi, Tarikh, 1, 256 et 257) : « Parmi les Arabes qui sont devenus nazaréens, il y a un groupe de Quraysh ... parmi eux figuren t... Waraqa ibn Nafal ibn Assad ».

    (Al Isfahânî, Al kital al-agânî, Le livre des chansons Le Caire, 1937, vol 3, 144) écrit lui aussi : « Waraqa s’est converti au nazaréisme au temps de l’ignorance (c’est-à-dire avant l’islam) ». Ainsi, Waraqa était un juif converti au nazaréisme, et devenu prêtre nazaréen. C'est lui qui célébra la bénédiction du mariage de Mahomet avec Khadidja.

    Al Halabi écrivit une biographie de Mahomet en utilisant essentiellement l’œuvre d’Ibn Hichâm. Quelques renseignements anciens ont pu lui parvenir par tradition orale, et enrichir son œuvre. D’après lui, lors du mariage de Mahomet avec Khadidja, Waraqa a déclaré : « Nous sommes les chefs et les guides des Arabes ».

    (...)

    Les sources islamiques elles-mêmes confirment la profondeur de leur accord, car Waraqa était l’inspirateur de Mahomet. Boukhari ajoute en effet cette indication (Al-Boukhari, Sahih, Livre 1, Chapitre 1) : « Lorsque Waraqa fut décédé, la révélation s’est tarie ».

    Cela laisse penser que Waraqa fournissait à Mahomet la matière des ses allocutions et discours, à partir de traductions en arabe de textes religieux ou liturgiques nazaréens. À la mort de Waraqa, Mahomet déclara qu’il l’avait vu au paradis (Alépine, vol 1. opus cit.).
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