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Mort d'un géant de la chanson française Charles Aznavour
 
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yacoub
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MessagePosté le: Mar 2 Oct - 13:08 (2018)    Sujet du message: Mort d'un géant de la chanson française Charles Aznavour Répondre en citant

Charles Aznavour, un fils de l’exil parvenu en haut de l’affiche

Charles Aznavour, de son vrai nom Shahnourh Varenagh Aznavourian, est mort lundi 1er octobre, à l’âge de 94 ans, dans son appartement situé dans les Alpilles (Bouches-du-Rhône), ont annoncé ses attachées de presse. En soixante-douze ans de carrière, Charles Aznavour a écrit plus de 1 400 chansons et en a enregistré plus de 1 200, chantées dans huit langues différentes. Il a également joué dans plus de quatre-vingts films et téléfilms.
Les enfants Aznavourian vivent entourés d’artistes
Charles Aznavour est né le 22 mai 1924, dans le 6e arrondissement de Paris, de deux réfugiés arméniens ayant fui la Turquie. Huit ans après le génocide perpétré par l’empire ottoman, en 1915, les massacres contre les Arméniens reprennent en 1923. Le couple fuit alors vers la Grèce, puis décide de s’installer en France pour rejoindre Missak, le grand-père paternel de Charles ; cet ancien cuisinier du tsar a ouvert à Paris Le Caucase, rue Champollion, à deux pas de La Sorbonne, un restaurant que fréquente la diaspora arménienne. Le père de Charles, Misha Aznavourian, y chante, quand sa mère, comédienne, joue ici ou là. Les enfants Aznavourian vivent ainsi entourés d’artistes.
Lire aussi :   Une pluie d’hommages à Charles Aznavour
Misha ouvre un café rue du Cardinal-Lemoine, en face de l’Ecole des enfants du spectacle. Charles y est inscrit. A l’âge de 9 ans, il prend pour nom de scène Aznavour et commence au Théâtre du Petit Monde une carrière de chanteur et de comédien.
Sa rencontre avec Pierre Roche
Bientôt la seconde guerre mondiale éclate. En 1941, il rencontre Pierre Roche, pianiste, compositeur et « directeur » de l’Ecole du music-hall, dont il devient l’ami et le complice. Ils forment le duo Roche et Aznavour. Charles commence à écrire des paroles de chansons que Roche met en musique. En 1946, la guerre achevée, il épouse Micheline Rugel et l’année suivante naît sa fille Séda. Il joue au cinéma dans Adieu chérie (1946), de Raymond Bernard.

  
Edith Piaf convainc Charles Aznavour de poursuivre une carrière solo
  
Cette même année, Charles Aznavour est remarqué par Edith Piaf, qui le convainc avec Roche de l’accompagner dans une tournée en France et aux Etats-Unis en 1947-1948. Entre 1948 et 1950, Roche et Aznavour enregistrent leurs premiers disques. Piaf convainc Aznavour de poursuivre une carrière solo. Il est séparé de sa femme et vit dans l’univers de la chanteuse comme homme à tout faire.
Pour la chanteuse, il adapte le titre américain Jezebel qui est un succès. Chez Piaf, il rencontre Gilbert Bécaud pour lequel il écrit plusieurs chansons entre 1950 et 1955. Il travaille aussi pour Juliette Gréco et lui écrit Je hais les dimanches. S’il s’impose par ses chansons dans l’univers musical du début des années 1950, il a plus de mal sur scène et pense à abandonner sa carrière. Mais en 1954, il sort ses premiers 45-tours, dont Sur ma vie, son premier grand succès. Sur le plan personnel, en 1956, il se remarie avec Evelyne Plessis.
Ses débuts au cinéma
Au tournant des années 1950-1960, il tourne dans plusieurs films remarquables, dont Tirez sur le pianiste, de François Truffaut, en 1960, ou Un taxi pour Tobrouk, de Denys de La Patellière (dialogues de Michel Audiard), sorti en 1961.
En 1960 a lieu une rencontre déterminante avec le compositeur américain d’origine arménienne Georges Garvarentz. Les deux commencent une collaboration fructueuse et il enchaîne les tubes dans les années 1960 : Tu t’laisses aller (1960), Il faut savoir (1961), Les Comédiens (1962), La Mamma (1963), Et pourtant (1963), Que c’est triste Venise (1964), La Bohème (1965) et Désormais (1969). En pleine vague yéyé, il écrit Retiens la nuit (1961) pour Johnny Hallyday et La plus belle pour aller danser (1963) pour Sylvie Vartan.
En mars 1963, l’Amérique s’ouvre à lui avec une représentation unique au Carnegie Hall de New York. Connu aux Etats-Unis grâce à son rôle dans Tirez sur le pianiste, il y reviendra fréquemment. Ses chansons sont autant applaudies en français que dans leur version américaine, interprétées par les plus grands comme Frank Sinatra. En 1967, il épouse à Las Vegas la Suédoise Ulla Thorsell. Ils auront trois enfants – Katia (1969), Misha (1971) et Nicolas (1977).
Un intérêt pour les faits de société
Au début des années 1970, il rédige ses mémoires, Aznavour par Aznavour (Fayard). Ses chansons marquent alors un intérêt plus marqué pour les faits de société‚ telle Le Temps des loups, en 1970, sur le thème de la violence, Mourir d’aimer, en 1971, inspiré d’un fait divers, ou encore Comme ils disent où il évoque l’homosexualité.
En 1972, Charles Aznavour s’est exilé fiscalement à Crans-Montana, en Suisse
Ce succès est terni par une affaire d’évasion fiscale. En 1972, Charles Aznavour s’est exilé fiscalement à Crans-Montana, en Suisse. Il est inculpé de fraude et la procédure s’étend sur plusieurs années devant la justice française. En 1980, l’affaire s’achève par un non-lieu. Presque quarante ans plus tard, fin mars 2018, des éléments révélés par Le Soir et Médiapart ont permis de montrer comment un montage lui a permis de défiscaliser une grande partie de sa fortune, estimée à plus de 100 millions d’euros, grâce à une société au Luxembourg.
En 1975, à l’occasion du 60e anniversaire du génocide arménien, il crée la chanson Ils sont tombés. Cette même année, il joue sous la direction de Claude Chabrol dans Folies bourgeoises et retrouvera le metteur en scène en 1983 pour Le Fantôme du chapelier. En 1979, il tourne dans le film Le Tambour, de Volker Schlöndorff qui obtient, ex aequo avec Apocalypse Now, de Francis Coppola, la Palme d’or au Festival de Cannes.
L’Arménie et les tournées internationales
En décembre 1988, un tremblement de terre ravage l’Arménie (il fait près de 50 000 morts et des centaines de milliers de sans-abri). L’artiste se mobilise et crée une fondation, Aznavour pour l’Arménie. Sa chanson Pour toi Arménie (1989), enregistrée avec la collaboration de plus de quatre-vingts artistes et avec le soutien du réalisateur Henri Verneuil, également d’origine arménienne (son vrai nom est Achod Malakian), se vend à un million d’exemplaires. A la suite de cette opération, Charles Aznavour est nommé ambassadeur permanent en Arménie par l’Unesco.
En avril 2002, il signe l’appel du Collectif Vive la France à venir « chanter La Marseillaise pour la République » et contre le leader d’extrême droite, le président du Front national, Jean-Marie Le Pen, qui accède au second tour de l’élection présidentielle. Cette année-là, il tient le rôle principal de son film le plus personnel : Ararat, d’Atom Egoyan, qui traite du génocide arménien.

  
Si Charles Aznavour fait lentement ses adieux à la scène, il n’a pas encore décidé d’arrêter sa production discographique. Au mois d’octobre 2006, il s’envole pour Cuba enregistrer un nouvel album, Colore ma vie, sorti en France en février 2007. Charles Aznavour y aborde le thème de la mort, parle d’immigration et d’intégration et, dans La Terre meurt, de la responsabilité de chacun en matière d’écologie.
Le 26 décembre 2008, le président de la République d’Arménie, Serge Sarkissian, lui accorde la citoyenneté arménienne et Charles Aznavour devient en 2009 ambassadeur d’Arménie en Suisse. A l’automne 2009, il publie une autobiographie intimiste, intitulée A voix basse (Don Quichotte/Le Seuil).
Infatigable, il continue à donner des concerts à travers le monde, comme à Moscou en décembre 2011 ou à Los Angeles en avril 2012. En 2015 et 2016, on le retrouve au Palais des sports, et, en décembre 2017, à l’AccorHotels Arena de Paris-Bercy où il étonne par son aisance devant 20 000 spectateurs enthousiasmés.
Charles Aznavour, en quelques dates
22 mai 1924 Naissance à Paris.
1933 Débute dans de petits rôles au théâtre et au cinéma.
1942 Rencontre Pierre Roche qui met en musique ses textes.
1946 Rencontre Edith Piaf.
1948 Enregistre ses premiers disques.
1955 « Sur ma vie ».
1963 « La Mamma ». Triomphe à New York.
1964 « Que c’est triste Venise ».
1972 « Comme ils disent ».
1989 « Pour toi Arménie ».
2015 « Encores », dernier album.
1er octobre 2018 Mort à son domicile dans les Alpilles (Bouches-du-Rhône).



 

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MessagePosté le: Mar 2 Oct - 13:08 (2018)    Sujet du message: Publicité

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MessagePosté le: Mar 2 Oct - 13:44 (2018)    Sujet du message: Mort d'un géant de la chanson française Charles Aznavour Répondre en citant

Mort de Charles Aznavour : comment un Manchois lui a soufflé le titre "Mes emmerdes"
mardi 2 octobre 2018 à 8:27 Par Anthony Raimbault, France Bleu Normandie (Calvados - Orne), France Bleu Cotentin et France Bleu
Victor Lebranchu, un habitant de Portbail dans la Manche, a été le cuisinier personnel de Charles Aznavour entre 1972 et 1977.

Un manchois a partagé pendant 5 ans le quotidien de Charles Aznavour © Maxppp - JEAN MICHEL MART  
  
Manche, France  

Victor Lebranchu a 19 ans lorsqu’il quitte la Normandie pour rejoindre la capitale. Ce natif de Portbail répond à une petite annonce. Le voilà embauché chez Charles Aznavour. Il restera son cuisinier personnel pendant cinq ans. Alors qu'on a appris la mort du chanteur ce lundi 1er octobre 2018, le Manchois se remémore les moments passés avec Aznavour au micro de France Bleu Cotentin.
Citation:

Il en recevait du monde. J’en ai vu : Gilbert Bécaud, les Beatles, Dalida…



Victor se souvient surtout d’un homme accessible. Charles Aznavour lui demandait souvent son avis sur ses compositions : 
Citation:

Je l’ai vu composer, déchirer des feuilles. Des fois il me disait "Victor écoutez, ce que je suis en train de faire. Je lui répondais écoutez monsieur Aznavour moi je sais faire à manger je n’y connais rien en musique."


Quand Victor aide Charles Aznavour sur la chanson "Mes emmerdes"
Citation:


En 1975, il  a eu des soucis avec le Fisc. Je lui dis : "Eh bien monsieur Aznavour, on vous casse les pieds, vous avez beaucoup d’emmerdes". Il me dit : "Victor, vous venez de trouver le titre de ma prochaine chanson !" 



 
 


à lire Mort de Charles Aznavour : l'ancien de la Star Academy Mathieu Johann salue un "monument"

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MessagePosté le: Mar 2 Oct - 14:33 (2018)    Sujet du message: Mort d'un géant de la chanson française Charles Aznavour Répondre en citant

Charles Aznavour, l'adieu à un géant
Par Julien Bordier, publié le 02/10/2018 à 07:00 , mis à jour à 15:29



 




Charles Aznavour en concert à Manama (Bahrein), le 15 mars 2013.
Hamad I Mohammed/REUTERS
 
Le chanteur est mort à 94 ans. Ses chansons l'avaient porté en haut de l'affiche. Retour sur une carrière exceptionnelle.
Anniversaire après anniversaire, la boutade prenait du crédit. On pensait bien voir Charles Aznavour fêter son centenaire sur scène. Le carnet de bal de l'indémodable patriarche était rempli jusqu'à la fin de l'année, alignant les salles prestigieuses dans le monde entier. Dire "stop", pour lui, c'était signer son arrêt de mort.  
Les concerts étant sa meilleure crème anti-âge, il continuait. Son dernier album, le 51e, paru en 2015, s'intitulait Encores, le précédent Toujours. Ses adieux n'en étaient jamais vraiment. La retraite, Charles Aznavour laissait ça aux autres, préférant collectionner les records de longévité. Monsieur avait sa fierté. "Je ne suis pas vieux, je suis âgé. Ce n'est pas pareil", se plaisait-il à nuancer, paraphrasant la coquetterie d'Obélix


Infatigable - il revenait du Japon -, il ne concédait qu'une chose sur les planches, le recours au prompteur pour pallier les trous de mémoire. Ambassadeur de la chanson et de la culture françaises, l'artiste était hors catégorie. En haut de l'affiche forcément, lui, ce géant de1,65 m. En 1998, le New York Times titrait : Aznavour, the Last Chanteur. Le monument est décédé le 1er octobre, à 94 ans, à son domicile, dans le sud-est de la France. Un lundi, forcément. Il avait prévenu : Je hais les dimanches
Mémoire collective
Charles Aznavour n'avait ni le physique de l'emploi, ni la voix. S'il avait écouté les critiques, il n'aurait pas fait cette carrière de marathonien. Aujourd'hui, ce sont les critiques qui l'écoutent et font les comptes : l'homme a vendu 180 millions de disques ; troussé près de 1000 chansons; reçu 18 disques d'or en France; rempli l'Olympia pour la première fois en 1956 ; conquis l'AccorHotels Arena (une première pour lui), en 2017 ; triomphé au Carnegie Hall, à New York ; chanté avec Edith Piaf, en chair et en os, et avec son hologramme ; croisé De Gaulle et serré la main de Macron ; tourné dans 80 films ; offert un tube à Johnny Hallyday (Retiens la nuit) et adoubé les rappeurs et les slameurs, toujours à l'affût des nouvelles formes d'écriture.  
Malgré ce CV de roi de la variété, ce résident suisse depuis 1972, marié en troisièmes noces à Ulla Thorsell, une Suédoise, avait au fond de lui le sentiment de ne pas avoir été apprécié à sa juste valeur. Son esprit de revanche lui servait de moteur. 
 
La bohème, Je m'voyais déjà, Les comédiens, La Mamma, Comme ils disent, Hier encore, For me Formidable, Mourir d'aimer... tous ses classiques, inscrits dans la mémoire collective, ont accompagné la vie des Français. Et pourtant, ces succès semblent ne jamais lui avoir fait oublier le goût amer des débuts.  
"Avec Aznavour, le malheur devient palpable"
"J'ai fait une carrière inespérée, mais exemplaire. Tout est une question de chance", disait-il. Charles Aznavour était peut-être veinard, il était surtout coriace. Cette résistance était le contrecoup des humiliations endurées à ses débuts. L'homme pouvait être cassant, voulait tout maîtriser, faisait la loi, mais il savait exprimer le désespoir, la peine, la solitude. Il n'était ni un jeune premier, ni un révolutionnaire. Il plaisait parce qu'il faisait entendre la mélancolie et la souffrance. Jean Cocteau l'a tourné plus joliment : "Avec Aznavour, le malheur devient palpable." C'est bien connu, le drame rapporte plus que le bonheur. Les happy-end amoureux et les gens heureux n'intéressent personne. Pire, ils rendent jaloux. Eternel insatisfait, Aznavour était une fabrique de larmes qui avait le sens du swing. 
LIRE AUSSI >> Au cinéma, les fantômes d'Aznavour 
Chahnour Vaghinag Aznavourian (son vrai nom) naît le 22 mai 1924 à Paris. Ses parents, Micha et Knar, de jeunes artistes fuyant les persécutions dont sont victimes les Arméniens, arrivent à Paris en provenance de Turquie, via la Grèce. Le couple apatride espère rejoindre les Etats-Unis avec sa fille Aïda. Il se pose finalement en France à la naissance de Charles. Leur fils poursuivra, lui, le voyage au-delà de l'Atlantique pour devenir le "Sinatra français", celui que Time Magazine, en 1998, sacre "artiste de variété du siècle".  
Dans les années 1940, le jeune Charles se lance dans la chanson avec le compositeur Pierre Roche, de cinq ans son aîné. A 22 ans, remarqué par Edith Piaf, il devient son chauffeur, son secrétaire, son confident. A la fois homme à tout faire et souffre-douleur. Il accompagne la Môme sur scène au piano, apprend le métier à son côté. Elle le surnomme le "génie con". Il lui écrit Plus bleu que tes yeux, Jezebel. Elle le convainc de se faire refaire le nez.  
Ses débuts n'ont rien d'un conte de fées. En tant qu'interprète, Aznavour n'a aucun succès. Le musicien n'a pas un organe de baryton. Il essuie les critiques : les perfides Anglo-Saxons le rebaptisent "Aznovoice", les Français "l'enroué vers l'or", "l'aphonie des grandeurs". Un vrai concours. "Quels sont mes handicaps ? Ma voix, ma taille, mes gestes, mon manque de culture et d'instruction, ma franchise, mon manque de personnalité, confie-t-il dans son autobiographie Aznavour par Aznavour (1970). Les professeurs m'ont déconseillé de chanter. Je chanterai pourtant, quitte à m'en déchirer la glotte." 
Les mots tiennent debout Il était une fois un jeune homme déterminé à renverser les montagnes. Si, dans les années 1950, le vent commence à tourner avec Sur ma vie (1954), tout bascule en 1960. Le 12 novembre, sur la scène de l'Alhambra, il joue le tout pour le tout en entonnant un nouveau titre, Je m'voyais déjà. Il salue, se retire. Depuis les coulisses, il entend le public l'ovationner. Moins de quinze jours plus tard, sort Tirez sur le pianiste, le film de François Truffaut. Aznavour y dévoile sa timidité et sa sensibilité à fleur de peau. Sa carrière est lancée. 


Il a 36 ans. Malgré son physique de souffreteux, sa voix blanche, il séduit les foules. Ses airs, d'autres les chanteraient sans doute mieux que lui mais il soutient que s'il ne le faisait pas, personne n'aurait envie de les chanter. Ses paroles sortent tout droit du coeur. La panoplie est large. Il y a les petits scénarios où le héros nage dans le malentendu ou l'incompréhension, les prières, les poèmes, les déclarations d'amour. Si on retire les béquilles instrumentales, les mots tiennent debout. Aznavour, ce sont des mélodies et une langue, à la fois crue et poétique. 
Quelques-uns de ses textes ont bousculé la société. Dès 1955, Après l'amour, sur l'intimité d'un couple dans ses "draps froissés", est censuré sur les ondes. Au début des années 1970, l'affaire Gabrielle Russier, une enseignante qui s'était suicidée après avoir eu une relation avec un élève mineur, lui inspire Mourir d'aimer. En 1972, dans Comme ils disent, il aborde l'homosexualité, un sujet longtemps tabou, qu'il développe avec empathie.  
Le prince Charles
Il a aussi mis en musique son attachement pour l'Arménie, sa terre de cœur, avec laquelle il a entretenu des liens étroits tout au long de sa vie, devenant l'un de ses porte-drapeaux. Charles Aznavour devait d'ailleurs chantait à Erevan, lors du sommet de la francophonie les 11 et 12 octobre prochain. 
 
D'où vient votre inspiration ? lui demande L'Express, en 2007. "Un artiste ne sort pas du bois en ayant du talent. C'est un caméléon, le résultat d'un nombre de choses vues, entendues, emmagasinées, de rencontres. Peut-on avoir meilleur modèle que les gens qui vous entourent ? Comme ils disent vient d'un garçon, Androuchka, qui passait souvent à la maison. Il avait une chatte blanche, la cendre tombait sur ses vêtements... J'ai gardé le geste. Je sais observer, imiter, reproduire. J'aime les personnages que je décris." Sa confession d'un travesti a connu le succès à l'étranger, sous le titre She.  
Depuis 2017, l'étoile de Charles Aznavour brille sur le "Walk of Fame" de Hollywood Boulevard. Un mythe, ça s'entretient. Ses derniers morceaux n'atteignaient pas le succès de ses précédents. A sa plus grande peine.
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MessagePosté le: Mar 2 Oct - 14:43 (2018)    Sujet du message: Mort d'un géant de la chanson française Charles Aznavour Répondre en citant

Aznavour au cinéma

https://www.lemonde.fr/disparitions/video/2018/10/01/de-truffaut-a-la-haut-…

 

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MessagePosté le: Mar 2 Oct - 15:10 (2018)    Sujet du message: Mort d'un géant de la chanson française Charles Aznavour Répondre en citant

Il s’appelait Shanourh Varenagh Aznavourian...
 2
Disparition
Il avait écrit pour Juliette Gréco les paroles de « Je hais les dimanches », et c’est un dimanche soir que Charles Aznavour, 94 ans, a quitté la table alors que son répertoire n’était pas encore desservi. Aujourd’hui, ce n’est pas seulement la France qui est orpheline, mais aussi l’Arménie, qui pleure son fils prodigue, et le Liban, dont le chanteur était devenu le grand ami.

Colette KHALAF | OLJ
02/10/2018



Personne d’autre que ce crooner à la voix légèrement éraillée n’aura si bien chanté la jeunesse, l’amour en fuite et le temps qui passe. Et s’il n’a pas nécessairement brillé au cinéma – sauf bien sûr dans le film de François Truffaut Tirez sur le pianiste où il incarnait un musicien –, il était un acteur né. Dès qu’il rentrait en scène, il chantait, mais jouait aussi la comédie en chantant. Et pour cause. Toutes ses chansons étaient des histoires extraites du quotidien : la femme qui commence à ressembler à sa mère et « qui n’a rien pour inspirer l’amour » (Tu t’laisses aller) ; l’amour qui s’enfuit dans Il faut savoir : « Il faut savoir quitter la table lorsque l’amour est desservi, sans s’accrocher, l’air pitoyable, mais partir sans faire de bruit. » Mais aussi l’arrogance de la jeunesse dans Hier encore : « Ignorant le passé, conjuguant au futur, je précédais de moi toute conversation et donnais mon avis que je voulais le bon pour critiquer le monde avec désinvolture », et la mort d’une mère dans La mamma : « On la réchauffe de baisers, on lui remonte ses oreillers. » Toutes ses chansons étaient des scènes de la vie où chacun pouvait se reconnaître, du papa qui accompagne sa fille à l’autel vers l’homme qui la dévêtira de son nom, à L’Homme, oh comme ils disent (abordant le sujet tabou de l’homosexualité, qu’il avait été le seul à mettre en chansons à l’époque). Sur cette scène qu’il a longtemps convoitée et où il était « heureux d’être », il aimait mimer ses chansons, s’enlaçant lui-même comme pour danser ou agitant un mouchoir (en chantant La Bohème), créant à chaque fois des atmosphères nouvelles.


(Lire aussi : Aznavour et le Liban : trois fois vingt ans...)



« Il faut en rire jusqu’au bout »
Shanourh Varenagh Aznavourian, né le 22 mai 1924 à Paris dans un milieu d’immigrés arméniens, d’une mère comédienne et d’un père baryton, s’est toujours vu au haut de l’affiche, et c’est à force de persévérance, de travail acharné, mais aussi de « regard toujours vers l’avant sans faire marche arrière », comme il le disait, qu’il a pu atteindre le Graal. Cet artisan des mots (puisqu’il était l’auteur de la plupart de ses chansons) occupera sa place sur cette affiche soixante-dix ans durant. Même que la prochaine était déjà préparée (était inscrit dessus : « Aznavour en tournée le 8 novembre 2018 »). Cette tournée, il l’avait moult fois repoussée à cause d’une fracture à l’humérus. L’artiste aux 1 400 chansons, dont une quarantaine en langues étrangères (parce qu’il tenait à ce que ses chansons soient traduites dans le pays qui l’accueillait) et aux 180 000 albums vendus, était infatigable. Il aimait les tournées au Japon, aux États Unis, mais aussi au Liban où il était venu de multiples fois (avant et après la guerre), surtout ces dernières années. « Je connais déjà tous les festivals du Liban, disait-il à L’Orient-Le Jour en 2015 : de Baalbeck à Beiteddine, en passant par les scènes du BIEL, de Byblos ou de Deir el-Qalaa, il restait encore Batroun. Maintenant, c’est fait. »
Les Anglo-Saxons, après l’avoir traité d’Az-no-voice à ses débuts, l’avaient honoré en lui offrant une étoile sur le Walk of Fame en 2009. Lui-même pratiquait l’autodérision en avouant qu’il avait été servi côté critiques « puisqu’on m’a traité de laid et de petit, et que j’avais accumulé 12 années de bides ». Le « recordman des bides » n’a pourtant jamais lâché prise. Cette affiche qui le séduisait, il l’obtiendrait.


(Lire aussi : Les chansons "For me...formidables" de Charles Aznavour)



Le môme de Piaf
Il s’était lancé dans la chanson en duo avec Pierre Roche au début des années 1940. En 1946, la rencontre avec Charles Trenet et Édith Piaf est décisive. Sarcastique, la Môme le surnomme « le génie con » et le force à se refaire le nez. Il restera huit ans dans son ombre et sera son homme à tout faire. Il lui écrira entre autres Plus bleu que le bleu de tes yeux et Je hais les dimanches, qu’elle refusera mais que Juliette Gréco adoptera. Cependant, il n’a aucun succès comme interprète. Il devra attendre 1956 et son premier passage à l’Olympia pour connaître son grand succès intitulé Sur ma vie. Quatre ans plus tard, il accède définitivement au statut de « star » de la chanson française avec son titre, Je m’voyais déjà. Il enchaîne alors toute une série de tubes qui deviennent aussitôt des standards que tout le monde fredonne. Il faut savoir, La mamma, La Bohème, Et pourtant ! Que c’est triste Venise ou Désormais. Charles Aznavour rentre dans la maison des jeunes et des adultes. Il sera à jamais indétrônable. Les années 70 sont aussi fastes, avec des titres comme Mourir d’aimer, Les plaisirs démodés, Idiote je t’aime, Comme ils disent, Nous irons à Vérone ou encore Mes emmerdes. C’est alors que commencent les tournées internationales, et le chanteur se produit dans les salles les plus prestigieuses. En 1988, lorsque l’Arménie est victime d’un terrible tremblement de terre, il n’est pas sourd à l’appel du pays de ses ancêtres. Il écrit alors Pour toi Arménie, qui l’aide à soulever des fonds en faveur des milliers de sinistrés. Il sera nommé en 2009 ambassadeur d’Arménie en Suisse.
Durant sa longue carrière d’auteur-interprète, le cinéma le sollicite. Il jouera dans une dizaine de films, notamment Un taxi pour Tobrouk (La Patellière), Le passage du Rhin (Cayatte), Les lions sont lâchés (Verneuil), ou Le tambour (Schlöndorff). Il tient même le rôle principal dans Ararat d’Atom Egoyan, en 2002, et écrira quelques scénarios, mais c’est toujours – et jusqu’à la fin – que la scène l’attire. Si sa carrière a été lente à démarrer, elle sera toujours axée toujours plus haut, sans jamais de chutes. Car ce crooner au verbe éloquent et à l’écriture trempée dans le réel saura en toute générosité passer le relais en écrivant des chansons, notamment à Johnny Hallyday Retiens la nuit ou à Sylvie Vartan La plus belle pour aller danser. Il y a quelques années (de 2012 à 2015 ) il présentait en collaboration avec Virginie Guilhaume une émission à la télévision intitulée Hier encore où plusieurs chanteurs et chanteuses interprétaient des tubes de Ferré, Ferrat ou Brassens.... Ces chansons étaient émaillées d’anecdotes et de souvenirs d’Aznavour qui avait côtoyé ces grands. Ce dernier des Mohicans s’en est allé suivre ses pairs. « J’ai fait une carrière inespérée mais exemplaire, avait-il déclaré un jour à l’AFP. Je n’ai pas vu le temps passer. » Marié à Ulla Thorsell depuis 1967, Charles Aznavour avait six enfants. Dans une interview récente et parlant de la mort, il avait avoué qu’il mourrait sûrement avec sa famille autour de lui, un livre à la main, mais avec beaucoup d’humour.



Trois regrets
Lors de son passage en août 1999, où il devait se produire à Baalbeck, il avait, au cours d’une entrevue, confié à notre collègue Zéna Zalzal qu’il n’était pas un nostalgique, mais qu’il avait eu quand même trois regrets dans sa vie : « Je devais jouer avec Fernandel dans Marius de Pagnol, faire Carmen avec Mario del Monaco et tourner Polichinelle avec Roberto Rossellini. Ces trois projets n’ont pas eu lieu parce que les personnes en question ont disparu avant que le travail ne prenne forme. »
Lors d’un passage au Liban, en 2015, il avait accueilli L’OLJ pour un entretien exclusif. La star, modeste malgré sa longue carrière, expliquait cette longévité par le travail acharné. « Il n’y a pas de secret, avait-il dit. Travailler, toujours travailler. » Soulevant le sujet du génocide, il avait encore avoué que sa mère lui avait appris à aimer les Turcs. C’est au gouvernement d’Ankara, pas au peuple turc, de reconnaître le génocide ». Et parlant de sa nationalité, il disait encore : « Ma langue, c’est le français, ma terre, la France ; l’Arménie, c’est la terre de mes ancêtres. Je suis ainsi un café-crème. »


Voir notre vidéo publiée en juillet 2015 à l'occasion de la visite de Charles Aznavour à Beyrouth :







 



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MessagePosté le: Mer 3 Oct - 14:36 (2018)    Sujet du message: Mort d'un géant de la chanson française Charles Aznavour Répondre en citant

  Charles Aznavour laisse un héritage financier colossal. 
 



Charles Aznavour a vendu 180 millions de disques dans le monde. En plus d’avoir défiscalisé ses droits d’auteurs et ses revenus, il a acquis un patrimoine immobilier important.

Ce n’est plus un secret, Charles Aznavour ne chantera plus. Ce 1er octobre, le compositeur-interprète d’origine arménienne s’est éteint à l’âge de 94 ans, à son domicile des Alpilles (Bouches-du-Rhône). Au terme de 72 ans de carrière, il laisse un répertoire de plus de 1.400 chansons (d’après son site officiel), faisant de lui l’un des chanteurs les plus populaires et prolifique. Charles Aznavour a vendu 180 millions de disques dans le monde, dont 15 millions dans l’Hexagone, tous supports confondus, d’après le site Infodisc dont l’évaluation s’arrête au 31 décembre 2017. Charles Aznavour arrive finalement en 20ème position du classement des meilleurs vendeurs en France, juste derrière Dalida (15.305.200) et devant Les Enfoirés (14.627.700). De quoi amasser une fortune colossale, estimée à 145 millions d’euros en 2014 par Via Capitale.

Et, Charles Aznavour ne s’est pas contenté de contempler son magot. D’après Mediapart, il a créé sa société Abricot SA, immatriculée au Luxembourg, afin de défiscaliser ses droits d’auteurs et une grande partie de ses revenus. Le tout sans payer l’intégralité de ses impôts en France, puisque Aznavour était résident suisse. Si la musique restait sa principale source de revenus, Charles Aznavour possédait par ailleurs un patrimoine immobilier conséquent.

En effet, l’auteur de La Mamma ou de La Bohème était le propriétaire de plusieurs demeures. Au cours des 35 dernières années, il a multiplié les acquisitions immobilières en Suisse, dont sa résidence principale sur les bords du Lac Léman. Charles Aznavour a également acheté une propriété dans les Alpilles, demeure qu’il a baptisée la maison des oliviers. D’une superficie de 40.000 mètres carrés, avec six hectares de champs d’oliviers autour, il y produisait 2.000 litres d’huile d’olive par an à 60 euros l’unité. Aujourd’hui, tout cela revient à ses cinq enfants et son épouse Ulla, qui payeront moins de frais de succession qu’en France avec le droit luxembourgeois.

Plus d'info: ICI


Nous espérons ne pas voir les mêmes problèmes d'héritage comme pour Johnny
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MessagePosté le: Jeu 4 Oct - 14:08 (2018)    Sujet du message: Mort d'un géant de la chanson française Charles Aznavour Répondre en citant

Charles Aznavour, l'adieu à un géant
Par Julien Bordier, publié le 02/10/2018 à 07:00



Charles Aznavour en concert à Manama (Bahrein), le 15 mars 2013.

Charles Aznavour en concert à Manama (Bahrein), le 15 mars 2013.

Hamad I Mohammed/REUTERS
Le chanteur est mort à 94 ans. Ses chansons l'avaient porté en haut de l'affiche. Retour sur une carrière exceptionnelle.

Anniversaire après anniversaire, la boutade prenait du crédit. On pensait bien voir Charles Aznavour fêter son centenaire sur scène. Le carnet de bal de l'indémodable patriarche était rempli jusqu'à la fin de l'année, alignant les salles prestigieuses dans le monde entier. Dire "stop", pour lui, c'était signer son arrêt de mort.

Les concerts étant sa meilleure crème anti-âge, il continuait. Son dernier album, le 51e, paru en 2015, s'intitulait Encores, le précédent Toujours. Ses adieux n'en étaient jamais vraiment. La retraite, Charles Aznavour laissait ça aux autres, préférant collectionner les records de longévité. Monsieur avait sa fierté. "Je ne suis pas vieux, je suis âgé. Ce n'est pas pareil", se plaisait-il à nuancer, paraphrasant la coquetterie d'Obélix.

Infatigable - il revenait du Japon -, il ne concédait qu'une chose sur les planches, le recours au prompteur pour pallier les trous de mémoire. Ambassadeur de la chanson et de la culture françaises, l'artiste était hors catégorie. En haut de l'affiche forcément, lui, ce géant de1,65 m. En 1998, le New York Times titrait : Aznavour, the Last Chanteur. Le monument est décédé le 1er octobre, à 94 ans, à son domicile, dans le sud-est de la France. Un lundi, forcément. Il avait prévenu : Je hais les dimanches.
Mémoire collective

Charles Aznavour n'avait ni le physique de l'emploi, ni la voix. S'il avait écouté les critiques, il n'aurait pas fait cette carrière de marathonien. Aujourd'hui, ce sont les critiques qui l'écoutent et font les comptes : l'homme a vendu 180 millions de disques ; troussé près de 1000 chansons; reçu 18 disques d'or en France; rempli l'Olympia pour la première fois en 1956 ; conquis l'AccorHotels Arena (une première pour lui), en 2017 ; triomphé au Carnegie Hall, à New York ; chanté avec Edith Piaf, en chair et en os, et avec son hologramme ; croisé De Gaulle et serré la main de Macron ; tourné dans 80 films ; offert un tube à Johnny Hallyday (Retiens la nuit) et adoubé les rappeurs et les slameurs, toujours à l'affût des nouvelles formes d'écriture.

Malgré ce CV de roi de la variété, ce résident suisse depuis 1972, marié en troisièmes noces à Ulla Thorsell, une Suédoise, avait au fond de lui le sentiment de ne pas avoir été apprécié à sa juste valeur. Son esprit de revanche lui servait de moteur.

La bohème, Je m'voyais déjà, Les comédiens, La Mamma, Comme ils disent, Hier encore, For me Formidable, Mourir d'aimer... tous ses classiques, inscrits dans la mémoire collective, ont accompagné la vie des Français. Et pourtant, ces succès semblent ne jamais lui avoir fait oublier le goût amer des débuts.
"Avec Aznavour, le malheur devient palpable"

"J'ai fait une carrière inespérée, mais exemplaire. Tout est une question de chance", disait-il. Charles Aznavour était peut-être veinard, il était surtout coriace. Cette résistance était le contrecoup des humiliations endurées à ses débuts. L'homme pouvait être cassant, voulait tout maîtriser, faisait la loi, mais il savait exprimer le désespoir, la peine, la solitude. Il n'était ni un jeune premier, ni un révolutionnaire. Il plaisait parce qu'il faisait entendre la mélancolie et la souffrance. Jean Cocteau l'a tourné plus joliment : "Avec Aznavour, le malheur devient palpable." C'est bien connu, le drame rapporte plus que le bonheur. Les happy-end amoureux et les gens heureux n'intéressent personne. Pire, ils rendent jaloux. Eternel insatisfait, Aznavour était une fabrique de larmes qui avait le sens du swing.

LIRE AUSSI >> Au cinéma, les fantômes d'Aznavour

Chahnour Vaghinag Aznavourian (son vrai nom) naît le 22 mai 1924 à Paris. Ses parents, Micha et Knar, de jeunes artistes fuyant les persécutions dont sont victimes les Arméniens, arrivent à Paris en provenance de Turquie, via la Grèce. Le couple apatride espère rejoindre les Etats-Unis avec sa fille Aïda. Il se pose finalement en France à la naissance de Charles. Leur fils poursuivra, lui, le voyage au-delà de l'Atlantique pour devenir le "Sinatra français", celui que Time Magazine, en 1998, sacre "artiste de variété du siècle".

Dans les années 1940, le jeune Charles se lance dans la chanson avec le compositeur Pierre Roche, de cinq ans son aîné. A 22 ans, remarqué par Edith Piaf, il devient son chauffeur, son secrétaire, son confident. A la fois homme à tout faire et souffre-douleur. Il accompagne la Môme sur scène au piano, apprend le métier à son côté. Elle le surnomme le "génie con". Il lui écrit Plus bleu que tes yeux, Jezebel. Elle le convainc de se faire refaire le nez.

Ses débuts n'ont rien d'un conte de fées. En tant qu'interprète, Aznavour n'a aucun succès. Le musicien n'a pas un organe de baryton. Il essuie les critiques : les perfides Anglo-Saxons le rebaptisent "Aznovoice", les Français "l'enroué vers l'or", "l'aphonie des grandeurs". Un vrai concours. "Quels sont mes handicaps ? Ma voix, ma taille, mes gestes, mon manque de culture et d'instruction, ma franchise, mon manque de personnalité, confie-t-il dans son autobiographie Aznavour par Aznavour (1970). Les professeurs m'ont déconseillé de chanter. Je chanterai pourtant, quitte à m'en déchirer la glotte."
Les mots tiennent debout

Il était une fois un jeune homme déterminé à renverser les montagnes. Si, dans les années 1950, le vent commence à tourner avec Sur ma vie (1954), tout bascule en 1960. Le 12 novembre, sur la scène de l'Alhambra, il joue le tout pour le tout en entonnant un nouveau titre, Je m'voyais déjà. Il salue, se retire. Depuis les coulisses, il entend le public l'ovationner. Moins de quinze jours plus tard, sort Tirez sur le pianiste, le film de François Truffaut. Aznavour y dévoile sa timidité et sa sensibilité à fleur de peau. Sa carrière est lancée.
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MessagePosté le: Sam 6 Oct - 14:00 (2018)    Sujet du message: Mort d'un géant de la chanson française Charles Aznavour Répondre en citant

 

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MessagePosté le: Sam 6 Oct - 14:33 (2018)    Sujet du message: Mort d'un géant de la chanson française Charles Aznavour Répondre en citant

VIDÉO – "Emmenez-moi" : le cercueil de Charles Aznavour quitte les Invalides sur sa célèbre chanson


ÉMOTION – Après le discours du chef de l’Etat Emmanuel Macron, le cercueil de Charles Aznavour a quitté la cour des Invalides au son de "Emmenez-moi", sa célèbre chanson interprétée par les membres de la Garde Républicaine.

05 oct. 12:12 - Jérôme Vermelin


C’est une chanson qui est sortie en 45 tours il y a 50 ans tout juste. Et qui depuis a fait le tour du monde, devenant l’un des classiques du répertoire de Charles Aznavour. C’est au son de "Emmenez-moi", réinterprétée par les membres de la Garde de la Républicaine, que le cercueil du chanteur a quitté ce vendredi la cour des Invalides.


Quelques instants auparavant, le chef de l’Etat Emmanuel Macron avait rendu hommage à celui était devenu "français par la langue et même disait-il parisien, ancrant par les mots son imaginaire dans une identité qui n'était pas celle de ses parents, prenant pied dans la longue tradition des conteurs, des poètes."


https://www.lci.fr/people/video-hommage-emmenez-moi-le-cercueil-de-charles-…
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MessagePosté le: Dim 7 Oct - 13:08 (2018)    Sujet du message: Mort d'un géant de la chanson française Charles Aznavour Répondre en citant

Charles Aznavour (1924-2018)
 
















Né dans une famille d'émigrés arméniens, Charles Aznavour (
1924-2018) était un artiste talentueux, intelligent, curieux, maîtrisant la comédie, le drame, la photographie, la composition de musiques et l'écriture de chansons narratives, généreux à l'égard des jeunes artistes, un amoureux de la langue française, et osant aborder des sujets sensibles. Le 26 octobre 2017, en Israël, il a reçu la médaille Raoul Wallenberg pour l’aide apporté par sa famille aux Juifs et Arméniens. Une distinction remise par le président israélien Reuven Rivlin. Arte rediffusera le 7 octobre 2018 « Aznavour en concert. Paris 2015 » (Aznavour in Concert - Paris 2015), réalisé par Marc di Domenico (2015) puis Tirez sur le pianiste, de François Truffaut. 

« Aznavour en concert. Paris 2015 », par Marc di Domenico
Brigitte Bardot
Georges Brassens (1921-1981)
Jacques Canetti. 50 ans de chansons. 50 ans de passion
Lemmy Constantine
« Je suis venu vous dire… Gainsbourg by Ginzburg » par Pierre-Henry Salfati
Le compositeur Norbert Glanzberg (1910-2001)
Joana chante Aznavour
« L’histoire d’Irène » par Damian Pettigrew
Luc Lazza, chanteur et comédien
Edith Piaf (1915-1963)
Paris en chansons
« Les chansons du Front populaire », par Yves Riou et Philippe Pouchain
« Chantons la Libération » par Philippe Pouchain et Yves Riou



Quatre-vingts ans de carrière, plus de mille chansons composées – Jezebel, Plus bleu que tes yeux, Le feutre taupé (1948), Sur ma vie (1956), Je m’voyais déjà (1960), Tu t’laisses aller (1960), Il faut savoir (1961), Les comédiens (1962), La mamma (1963), Et pourtant (1963), Hier encore (1964), For Me Formidable (1964), Que c'est triste Venise (1964), La Bohème (1965), Emmenez-moi (1967), Désormais (1969), Comme ils disent (1972), La Marguerite  -, concerts dans le monde en six langues différentes, plus de 180 millions de disques vendus, une filmographie de plus de 70 longs métrages, ambassadeur d’Arménie en Suisse... 


Exceptionnel palmarès d’un artiste, Charles Aznavour, né en 1924 lors du séjour de ses parents, survivants du génocide commis à l’égard des Arméniens dans l’empire ottoman et artistes amateurs, à Paris dans l’attente de leurs visas pour les Etats-Unis. Pour la terre de ses ancêtres, il crée une Fondation Aznavour pour l’Arménie, crée Pour toi Arménie chantée par 80 artistes émus par le séisme ayant frappé ce pays (1989).



Avec sa sœur Aïda qui a l’oreille absolue, cet enfant de la balle apprend son métier à l’Ecole des enfants du spectacle, et débute une carrière d’acteur et de chanteur, notamment dans la compagnie de Jean Dasté. Ses parents cachent  des Juifs et des résistants, dont des membres du groupe Manouchian.
Grâce à Raoul Breton, éditeur de Charles Trénet, Charles Aznavour est présenté aux artistes qui comptent dans la variété française.


A la Libération, il forme un duo avec le pianiste Pierre Roche et fait une tournée au Canada - le duo dure huit ans. Remarqué par Edith Piaf, il rentre en France, et sert d’homme à tout faire - secrétaire, chauffeur, etc. - pour la chanteuse qui le persuade de subir une rhinoplastie en 1950. 


S’il peine à s’imposer auprès du public comme interprète – « Mes handicaps ? Ma voix, ma taille, mes gestes, mon manque de culture et d'instruction, ma franchise, mon manque de personnalité. Ma voix ? Impossible de la changer. Les professeurs que j'ai consultés sont catégoriques : ils m'ont déconseillé de chanter. Je chanterai pourtant, quitte à m'en déchirer la glotte. D'une petite dixième, je peux obtenir une étendue de près de trois octaves. Je peux avoir les possibilités d'un chanteur classique, malgré le brouillard qui voile mon timbre. De la ténacité j'en ai eu, et elle a payé » -, il co-écrit notamment avec Gilbert Bécaud et son beau-frère Georges Garvarentz, des standards interprétés par les plus célèbres chanteurs : Edith Piaf (C'est un gars, Plus bleu que tes yeux, Jezebel) - Piaf reconnaissait en Aznavour la même manière de "croquer dans les mots" -, Juliette Gréco (Je hais les dimanches), Eddie Constantine (Et bâiller et dormir), Marcel Amont (Le Mexicain), Gilbert Bécaud (Mé-qué, mé-qué)…


Ses premiers succès de chanteur surviennent vers 1956 auprès des publics difficiles de Marseille et de Casablanc (Maroc). Et notamment auprès des spectateurs juifs.

Charles Aznavour comparait son métier d'auteur à celui d'écrivain, plutôt que de poète. Un "écrivain de la chanson".

"Tirez sur le pianiste"

Arte diffusera le 7 octobre 2018 "Tirez sur le pianiste" (Schießen Sie auf den Pianisten) réalisé par François Truffaut. "Hommage à Charles Aznavour le comédien, avec ce deuxième long métrage de
 François Truffaut, une parodie de série noire américaine et une bouleversante histoire d'amour et de mort."

"Qui est Charlie Kohler, le pianiste secret, distrait et triste du bistrot de Plyne ? Un soir, son frère Chico, poursuivi par des truands, se réfugie dans le bar. Amoureuse de Charlie, la serveuse Léna sait qu'il se nomme Édouard Saroyan, qu'il est un grand pianiste, qu'il a été marié. Un jour, sa femme Thérésa lui a avoué qu'elle avait acheté sa célébrité en couchant avec son imprésario, puis elle s'est jetée par la fenêtre. Depuis, Édouard a troqué son instrument de concert contre un piano de bastringue. Maintenant, Léna veut aider Charlie à redevenir Édouard. Ensemble, ils vont annoncer leur démission à Plyne. Mais celui-ci cherche la bagarre et Charlie le tue. Le couple se réfugie avec Chico dans son chalet à la montagne où, armés jusqu'aux dents, ils attendent l'assaut des gangsters qui ont retrouvé leur trace…"

"Dans cette adaptation du roman de Goodis, le genre policier est joyeusement parodié : depuis les gangsters peu effrayants, dont la conversation provoque le rire général, jusqu'à la prestation de Boby Lapointe, dont la célèbre chanson "Avanie et Framboise" est sous-titrée, Truffaut s'amuse avec le public, multiplie les surprises et les digressions. Le thème de l'amour, qui domine comme dans la plupart de ses films, prend ici trois aspects, trois visages de femmes clairement différenciés par les mouvements de caméra et le cadrage. La caméra se contente d'observer de loin Michèle Mercier, qui représente l'amour physique, détaché. L'isolement tragique de Nicole Berger s'exprime par un cadrage en gros plan sur son visage, sur fond blanc. Fondus enchaînés et images superposées créent un rythme plein de beauté, mais révèlent aussi la fragilité de l'amour de Marie Dubois, ici jeune débutante. Trois aspects de l'amour, tous trois voués à l'échec."

Un Taxi pour Tobrouk
Arte rediffusa le 25 juillet 2018 à 15 h 10 "Un taxi pour Tobrouk" (Taxi nach Tobruk) réalisé par Denys de La Patellière, avec Lino Ventura, Charles Aznavour, Maurice Biraud, Hardy Krüger, Germán Cobos.




"En 1942, le périple de quatre résistants et de leur prisonnier allemand dans le désert libyen... Un film drôle et touchant, porté par les dialogues de Michel Audiard, avec Lino Ventura et Charles Aznavour. Engagés dans la Résistance pour des motifs plus ou moins louables, quatre soldats des Forces françaises libres se retrouvent à Tobrouk, en Libye. Livrés à eux-mêmes après la mort de leur chef, ils s'enfuient dans le désert en direction d'El-Alamein, où les combats font rage. Leader par défaut de ce commando, le brigadier Théo Dumas peine à tenir ses hommes, plus doués pour la parlote que pour la guerre. Quand leur pick-up est détruit par l'aviation ennemie, à 700 kilomètres des lignes alliées, la mort leur semble promise. Mais par un hasard miraculeux, ils tombent sur un convoi allemand, abattent les soldats et font un prisonnier : le capitaine Ludwig von Stegel, francophone et redoutablement malin. Le début d'un périple aux multiples rebondissements".

"Denys de La Patellière a voulu évoquer dans ce film l'absurdité d'une guerre qui a coûté la vie à plusieurs membres de sa famille. Grâce au génie de Michel Audiard, son plaidoyer pacifiste se double d'une ironie féroce et désopilante, superbement maniée par Lino Ventura et Charles Aznavour, étonnant en médecin juif dont le père, vichyste, "a la légalité dans le sang". Le périple de ce "commando d'orateurs" égarés dans les sables se déguste sans modération".

La vague yé-yé
Las ! L’arrivée des chanteurs yé-yé représente un défi qu’il relève en nouant une amitié avec Johnny Hallyday et Sylvie Vartan pour lesquels il écrit des standards : respectivement Retiens la nuit (1961), et La plus belle pour aller danser (1963). Une expérience qu’il renouvellera avec les chanteurs apparus dans les années 1980-1990.


Un répertoire qui a enrichi le patrimoine musical français et qui est repris par la jeune génération, en particulier par Joana Mendil.

Filmographie


Parallèlement, Charles Aznavour trouve au cinéma des rôles intéressants, de la comédie au drame : La Tête contre les murs de Georges Franju, avec Pierre Brasseur, Jean-Pierre Mocky (1958), Le Passage du Rhin d’André Cayatte, Tirez sur le pianiste de François Truffaut et Un taxi pour Tobrouk de Denys de La Patellière avec Lino Ventura en 1960,  Le Rat d'Amérique de Jean-Gabriel Albicocco (1962), La Métamorphose des cloportes de Pierre Granier-Deferre (1965),  Le Tambour de Volker Schlöndorff avec David Bennent et Mario Adorf (1979),  Qu'est-ce qui fait courir David ? d'Élie Chouraqui avec Francis Huster, Nicole Garcia (1981), Les Fantômes du chapelier de Claude Chabrol avec Michel Serrault (1982),  Ararat de Atom Egoyan avec Marie-Josée Croze (2002)…


Mari et père comblé, il souffre de la mort de son fils Patrick (1951-1976), décédé d'une overdose.

Grand lecteur aux goûts éclectiques, il entame une carrière d’écrivain.

Concert 2015
Arte rediffusera le 7 octobre 2018 « Aznavour en concert. Paris 2015 » (Aznavour in Concert - Paris 2015), réalisé par Marc di Domenico (2015). En septembre 2015, au Palais des sports de Paris, Aznavour « interprète ses éternels succès devant un public ravi. À 91 ans, cet immense artiste démontre une nouvelle fois son talent d'écriture, de composition et d'interprétation sur la scène du Palais des sports. Son répertoire, qu'il a chanté dans le monde entier, de New York à Tokyo, de Moscou à Montréal, raconte toutes les facettes de l'existence humaine ».


Une « captation au plus près de l'artiste et de son immense talent. Privilégiant les plans serrés, la réalisation fait la part belle au visage et à la gestuelle du chanteur, adaptée à chaque titre".

"Un hommage chaleureux à l'un des grands de la chanson française ».

Israël



Le 26 octobre 2017, en Israël, Charles Aznavour a reçu la médaille Raoul Wallenberg pour l’aide apportée par la famille Aznavourian, dont les parents Knar et Mischa, proches du résistant Missak Manouchian, aux Juifs et Arméniens pendant la Deuxième Guerre mondiale, sous le régime de Vichy.

Une distinction remise par le président israélien Reuven Rivlin qui a déclaré : « On peut lire dans le Talmud que quiconque sauve une seule vie sauve tout un monde ».


« Nous avons tant de choses en commun, les Juifs et les Arméniens, dans le malheur, dans le bonheur, dans le travail, dans la musique, dans les arts », a affirmé Charles Aznavour. Et d’ajouter « J’ai un petit peu l’impression que je viens dans un coin de ma famille à moi parce que nous avons la même manière, aussi, de vivre et de manger et de boire. [J'ai des] "relations fortes avec le pays et avec le peuple juif ».

Charles Aznavour a demandé à Reuven Rivlin : « Pourquoi Israël n’a-t-il pas reconnu le génocide des Arméniens ? Je ne vous pose pas une question secrète et je n’attends pas une réponse, mais il est important de la poser. Pourquoi vous ne reconnaissez pas le génocide des Arméniens alors que vous-mêmes avez souffert du régime nazi ? ».

Reuven Rivlin "a répondu que c’était une question politique et que chaque année la question est posée à la Knesset et que lui-même en 2015 à la tribune de l’ONU, il avait évoqué clairement le génocide des Arméniens de 1915. « Nous étions présents à la Knesset lors de la cérémonie sur ces terribles événements. Malheureusement le gouvernement israélien n’a pas réussi à reconnaître les faits comme un génocide (...) et moi en tant que président d’Israël, je me dois de respecter les décisions du gouvernement israélien. Les massacres ou le génocide sont terribles. En 1915, le peuple arménien a été victime de choses terribles » dit Reuven Rivlin. Pourtant, le président israélien a pris position sur des sujets politiques, telle la Cour suprême israélienne accusée de politisation.




Le 1er août 2016, la "commission Knesset pour l’Education, la Culture et le Sport a reconnu le génocide arménien". Elle "a exhorté le gouvernement israélien à reconnaître officiellement l’extermination de masse de 1915 d’1,5 Arméniens en tant que génocide".

 « Notre obligation morale est de reconnaître le génocide arménien », a déclaré Yakov Margi, président de la commission et député  Shas, lors d’une réunion. Il a regretté que l’Etat d’Israël n'ait pas reconnu le génocide perpétré par les Turcs en 1915-1916.

La "députée de Meretz Zehava Gal-on, les députés de l’Union sioniste Zouheir Bahloul et Nahman Shai et le député de la Liste arabe unie, Dov Khenin", ont soutenu "la mesure".

Le 5 juillet 2016, des membres de la communauté arménienne de Jérusalem avaient manifesté devant la Knesset après l'accord diplomatique entre le gouvernement israélien et la Turquie, afin que l’Etat d’Israël reconnaisse le génocide. Le 23 avril 2015, ils avaient défilé avec des drapeaux et des torches dans la Vieille Ville de Jérusalem, à la veille du centenaire du génocide. Reuven Rivlin, qui "était l’un des défenseurs les plus virulents de la reconnaissance du génocide pendant son mandat en tant que président à la Knesset, a évité d’utiliser le terme de génocide" lors de cette commémoration ; ce qui avait déçu les dirigeants arméniens. Il "l’a utilisé, cependant, quelques semaines plus tôt lors d’un événement différent".

En juillet 2016, Yuli Edelstein, député membre du Likud, a souhaité qu'Israël reconnaisse ce génocide malgré les tensions que cette reconnaissance pourrait causer entre l'Etat juif et la Turquie. « Nous ne devons pas ignorer, minimiser ou nier ce terrible génocide. Nous devons déconnecter les intérêts actuels, liés à cette époque et à ce lieu, du passé difficile, dont ce sombre chapitre en fait partie », avait déclaré Edelstein lors de la commémoration par la Knesset du génocide.

Le "refus d’Israël de reconnaître officiellement le massacre des Arméniens comme étant un génocide repose sur des considérations géopolitiques et stratégiques et l’on retrouve en tête de ses considérations ses relations avec la Turquie, qui nie avec véhémence que les Turcs ottomans aient commis un génocide. Israël et la Turquie ont signé un accord de rapprochement au mois de juin, améliorant ainsi la qualité de leurs relations diplomatiques après des années de relations glaciales qui ont été aggravées par" les violences commises contre les soldats de Tsahal par des terroristes turcs lors de l'arraisonnement du navire qui voulait rompre en 2010 le blocus naval de la bande de Gaza dirigée par le mouvement islamiste Hamas.



"Je ne dis pas ça parce que je suis ici, mais il y a des villes dans le monde que je préfère, et je dois avouer que ma ville préférée est Tel-Aviv parce que ça bouge beaucoup. Ici, c'est Tel-Aviv, Barcelone en Espagne, New-York et Milan, j'ai toujours une ville où je me sens le plus à l'aise et où je me sens le plus en osmose avec le public", a confié Charles Aznavour lors d'une conférence de presse à Tel-Aviv le 26 octobre 2017.


"Je préfère qu'on traduise mes textes en hébreu et que les artistes locaux les chantent", a observé le chanteur en citant Avi Toledano en 1978 avec "la Bohême". Il estime que ses rencontres les plus importantes ont été Edith Piaf, Charles Trénet, Maurice Chevalier et Jean Cocteau : "Ce sont des artistes qui m'ont vraiment apporté et appris quelque chose".




Le 27 octobre 2017, il s'est rendu dans le village israélo-arabe Neve shalom (Oasis de paix, en hébreu)/Wahat as-Salam (Oasis de paix en arabe) dont les habitants sont citoyens israéliens. Il a visité l'Ecole pour la Paix


Le 28 octobre 2017, il a donné un concert au Heichal Menorah Mivtahim (ex Nokia) sur Ygal Alon à Tel-Aviv dans le cadre de sa tournée mondiale One Night Only!


Personne ne bouge !

Arte TV diffuse "Personne ne bouge ! Charles Aznavour" (2017). "De ses débuts comme auteur-compositeur à son incroyable succès aux États-Unis, voyage en compagnie d'un monument de

 la chanson française. Avec une perle rare de 1980 : invité de la BBC, Charles Aznavour évoque sans ciller les frasques de sa jeunesse dans la langue de Shakespeare... Pour commencer, révision des fondamentaux : devant le sacre de l'autodidacte, on oublie à quel point Aznavour fut à ses débuts un artiste à la voix et au style décriés. Retour sur la revanche artistique d'un auteur-compositeur hors du commun, avec Laurent Balandras, écrivain, et Bertrand Dicale, journaliste ; gros plan sur le deuxième long métrage de François Truffaut, Tirez sur le pianiste, sorti en 1960, dans lequel le grand Charles incarne le musicien taciturne du roman noir de David Goodis ; petite histoire d’"Aznavour l'Américain" avec Robert Belleret, son biographe, et Gérard Davoust, son producteur et éditeur ; et une perle rare de 1980, quand l’artiste, invité de Sir Michael Parkinson, l'étoile de la BBC, évoque sans ciller les frasques de sa jeunesse dans la langue de Shakespeare".

"Tirez sur le pianiste" par François Truffaut

France, 1960, 1 h 30
Image : Raoul Coutard
Montage : Claudine Bouché, Cécile Decugis
Musique : Georges Delerue, Boby Lapointe et Félix Leclerc
Production : Les Films de la Pléiade
Producteur/-trice : Pierre Braunberger
Avec Charles Aznavour, Marie Dubois, Michèle Mercier, Nicole Berger, Serge Davri, Claude Mansard, Richard Kanayan, Albert Rémy, Jean-Jacques Aslanian, Daniel Boulanger, Claude Heymann, Alex Joffé, Boby Lapointe, Catherine Lutz, Alice Sapritch
Auteur : François Truffaut
Marcel Moussy nach David Goodis' Roman "Down There"
Distributeur : Roissy Films
Son : Jacques Gallois
Sur Arte le 7 octobre 2018 à 22 h 30

"Un taxi pour Tobrouk" réalisé par Denys de La Patellière
France, Espagne, 1960, 90 minutes
Image : Marcel Grignon
Montage : Jacqueline Thiédot
Musique : Georges Garvarentz
Production : Franco London Films, S.N.E. Gaumont, Procusa, Continental Film
Réalisation : Denys de La Patellière
Scénario : Michel Audiard, Denys de La Patellière, René Havard
Acteurs : Lino Ventura, Charles Aznavour, Maurice Biraud, Hardy Krüger
Germán Cobos



« Aznavour en concert. Paris 2015  », par Marc di Domenico
86 min
Sur Arte les 3 janvier 2015 à 17 h 45 et 6 janvier 2015 à 3 h 15, 11 décembre 2017 à 0 h 00, 7 octobre 2018 à 17 h 45
Visuels : © Marc di Domenico
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Signature - Nouveau sujet, vérifier dans "Recherche" s'il n'existe pas. Il faut qu'il soit bien étoffé, un titre explicite, bien détaillé avec des preuves fiables et vérifiables


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MessagePosté le: Aujourd’hui à 10:52 (2018)    Sujet du message: Mort d'un géant de la chanson française Charles Aznavour

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